Un soir que je rentrais du travail, j'ai pris le métro. Il n'y avait personne à première vue dans cette rame. Alors il était tard et la nuit était déjà très avancée. Je prenais peut-être le dernier métro.
Je m'assoies, fatigué de ma longue journée et de ma longue vie. Tranquillement, je m'appuis sur le dossier inconfortable du siège, cherchant un certain réconfort d'une dure journée de labeur, lorsqu'il me semble apercevoir du coin de l’œil une Femme d'un certain âge avec tout son charme mais discrète, assise un peu plus loin.
Un peu surpris je me redresse sur ce banc . Quand tout-à-coup de l'autre côté, un Homme assis à l'opposé du wagon me fait un rictus un peu simple mais agréable. Je lui rends son sourire un peu troublé. Sans trop y porter attention, il me semble les reconnaître. Leurs visages me sont familiers. Et les stations passent sans que personne ne semble rentrer dans le wagon.
Perdu dans mes pensées à revoir la journée de boulot je regarde les bandes-annonces qui défilent dans ma tête. Et un petit garçon, et sa famille, qui n'était pas très loin vient me rejoindre et sans me dire un mot me regarde d'un large sourire et repart dans un autre coin du wagon. Un peu surpris je regarde dans les yeux de l'enfant et lui retourne son sourire et repars dans mes pensées.
Vient une autre station et personne ne semble bouger. C'est alors que je vois un groupe de filles et de garçons écouter de la musique; habillés d'une drôle de façon que je ne connais pas, me regardent de loin et me font un signe que je leur rends poliment.
Le wagon semble se remplir sans que je ne m'en aperçoive. Une tante, un oncle, une amie, un frère s'assoient tous autour de moi comme si de rien n'était. Et me disent qu'il est temps pour moi de partir, que ma station sera bientôt là . « Tu dois le rejoindre maintenant », me disent-ils. Je ne comprends pas vraiment ce qu'ils me disent, mais je ne porte que peu d'attention à leurs paroles et à leurs gestes. Malgré tout, je suis heureux qu'ils soient là.
Ma station est la prochaine et dans un petit flash de lumière les portes s'ouvrent rapidement. « Voilà, tu y es. » me dit une voix. Je me retourne et il est là . Dans ses yeux doux remplis d'amour, il me fixa. C'est là que je l'ai reconnu. Il est venu ainsi à ma rencontre sans autre préavis, simplement. Il me dit sans parler ni bouger ses lèvres de regarder autour de moi pour une dernière fois, que nous devions partir.
Un calme m'envahissait et comme si tout devenait clair et limpide je me suis retourné. Dans un moment de joie et de déception je les regarde tous et un peu nostalgique je leur dis bonsoir car ma journée a été longue et désire bien aller m'étendre.
Je suis débarqué du wagon et comme dans un léger nuage ils se sont évanouis. Je rentrai cher moi sachant que tout ne serait plus comme avant .