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| THE VILLAGE |
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| Cast:
Bryce Dallas Howard, Joaquin Phoenix, William Hurt, Adrien Brody, Sigourney Weaver |
| Année:
2004 |
| Studio: Touchstone |
| Longueur: 108 minutes |
| Classé 13 ans+ |
La carrière de M. Night Shyamalan suit une bien drôle de trajectoire. Après un premier film ayant fracassé des records et laissé le monde entier pantois (The Sixth Sense), un second film extrêmement attendu - et un peu décevant - sorti très vite après (Unbreakable), il a fait montré tout le savoir-faire qu'un cinéaste peut jamais espérer posséder avec son troisième long-métrage, Signs. Aisément l'une des meilleures productions de 2002, Signs était admirable parce qu'il comportait tout - suspense, terreur, humour, drame, émotion - de façon toujours parfaitement dosé. C'était vraiment l'oeuvre d'un maître. Maintenant, Shyamalan vient de crouler, de signer un navet si navrant que l'on a peine à croire que c'est le travail du même homme seulement deux ans plus tard.
The Village (Le Village en v.f.) est d'une bêtise arrogante. Le scénario, aussi écrit par Shyamalan, semble avoir été écrit de tous bords tous côtés, en commençant par la fin. Tellement qu'au bout d'une heure, on se demande: mais quelle est l'histoire, au juste? Évidemment, le film a une fin "surprise"; sauf qu'elle n'a rien de surprenant, et rien d'intelligent. Et, à l'instar de celle des autres films de Shyamalan, elle est présentée sans le moindre applomb, la moindre conviction. Il devait essayer de surprendre, alors il fait faire au récit un virage sans la moindre utilité ou nécessité.
Tous les personnages du Village semblent vivre sur la même note, et tous les acteurs les jouant en font de même. Joaquin Phoenix est gaspillé; Adrien Brody, dans son premier rôle majeur après avoir gagné l'Oscar pour The Pianist, s'avère carrément mauvais; William Hurt, Sigourney Weaver et Brendan Gleeson se font mal exploités. Seule la nouvelle-venue Bryce Dallas Howard (fille du cinéaste Ron Howard), interprétante la héroïne aveugle, a le moindre impact.
Shyamalan, pour la première fois de sa carrière, échoue totalement autant dans la conception que dans l'exécution. Son script manque non seulement de direction, mais il emprunte un peu partout (dont à Signs même), par pur manque de créativité. Techniquement, il obtient de ses collaborateurs normalement experts (notamment le compositeur James Newton Howard et le directeur photo Roger Deakins) un travail de second calibre.
En fait, la production entière de The Village donne l'impression d'une troupe d'artistes talentueux, dont on attend beaucoup d'eux, mais à qui ça ne tentait tout simplement pas de faire un effort cette fois. Le problème, c'est qu'à la quantité de pourriture que Hollywood distribue de plus en plus sur nos écrans, s'il faut que les meilleurs commencent à prendre des vacances comme cela, les années au cinéma vont se faire de plus en plus longues... --RJ
Cote: D+
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