TODO SOBRE MI MADRE
Cast: Cecilia Roth, Marisa Paredes, Penelope Cruz, Candela Pena
Année: 1999
Studio: Columbia
Longueur: 105 minutes
Classé 13 ans+

Si 1998 a servi d'année de reconnaissance internationale pour Roberto Begnini et La Vita È Bella, '99 a fait de même pour l'Espagnol Pedro Almodovar et Todo sobre mi madre (Tout sur ma Mère dans un titre plus simple en version française), raflant absolument tous les prix internationaux et de films étrangers en Amérique. Mérité? Comparativement au chef d'oeuvre italien un an précédent, je ne crois pas que ce soit le cas ici, même assez loin de là.

L'histoire, souvent simpliste, est celle de Manuella (Cecila Roth, très bonne) qui, après avoir perdu son fils de 18 ans mort sous ses propres eux, décide de partir à Barcelone retrouver son ex-mari. En cours de route, elle croise plusieurs gens, dont une actrice de théâtre, idole de son fils, une héroïnomane, une transsexuelle, et autres personnages qui tenteront de changer sa vie.

Pour de fausses éloges, il y en eu abondamment ici. Je ne parle pas ici comme les crétins (désolé d'être brutalement honnête) prétendant qu'American Beauty était sur-évalué, mais de véritables sur-évaluation. Tout sur ma Mère constitue un bon film, appuyé de solides performances et de belles et sincères émotions, et pouvant sérieusement valoir la peine d'être vu, mais le film comporte en son ensemble bien trop de points faibles pour que ces derniers passent inaperçus. En effet, en plus de créer un monde simpliste et grotesquement idéaliste, Almodovar ne nous présente pas un seul personnage vraiment de mauvaise nature ou mal-intentionné, à part celui de l'héroïnomane (Candela Pena), et encore là, il sous-utilise le rôle abobinablement, s'attardant davantage aux attributs physiques de "drag queens". Parlant de ces "drag queens", l'élément du scénario suggérant la 'transformation' du mari d'Emmanuella suivi de la conception de leur fils ne fait pas grand sens, pour ne pas dire aucun. Et à chaque personne rencontrée par la héroïne, les changements ou événements intéressants se font bien trop mineurs.

Si l'on prend un autre petit film de '99 ayant très bien réussi, The Straight Story de David Lynch, on avait ici un fait vécu d'un homme qui donnait un peu de son riche baggage partout où il allait sur sa route. Alors que dans Tout sur ma Mère n'ose jamais vraiment s'aventurer ou alors aller en profondeur, même lorsqu'il se croit une étude approfondie de la femme. C'est loin d'être un mauvais film, mais ça s'avère aussi très loin de constituer le "chef d'oeuvre" promis à peu près partout autour du monde. --RJ

 

Cote: B-

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