RIDING IN CARS WITH BOYS
Cast: Drew Barrymore, Steve Zahn, Brittany Murphy, James Woods, Adam Garcia
Année: 2001
Studio: Columbia
Longueur: 132 minutes
Classé Général

La plupart des artistes ont ce qu'on appelle leur "pet project". L'oeuvre particulière à leur coeur à laquelle ils ont consacré souvent plusieurs années. Riding in Cars with Boys (Au Volant avec les Gars) en v.f.) représente l'accomplissement d'une carrière entière aux yeux de Drew Barrymore. Un peu comme Erin Brockovich, Riding in Cars with Boys s'inspire de la vie d'une pauvre mère monoparentale qui a su se sortir du pétrin. Dans ce cas, c'est celle de Beverly D'Onofrio. Dans ce cas, les ennuis ont commencé alors qu'elle est tombée enceinte à l'âge de 15 ans. Et dans ce cas, le film n'est qu'une simple dramatisation qui, sans pour autant s'avérer mauvaise, n'a pas grand effet.

Si l'on persister à jouer à la comparaison, Riding in Cars with Boys arrive difficilement à la cheville du film précédent. Mais on n'a pas besoin de comparer à de meilleures productions pour se rendre compte que Riding in Cars with Boys n'a rien d'extraordinaire. En tout premier lieu, si Barrymore est parvenu à convaincre Columbia Pictures de financer le projet, elle a engagé (en tant que productrice) la mauvaise cinéaste pour le réaliser: Penny Marshall. Depuis le brillant Awakenings, il y a déjà un peu plus d'une décennie, Marshall n'a rien fait qui vaille. Et elle expose dans Riding in Cars with Boys son manque de courage à représenter les situations comme elles le seraient vraiment dans la vraie vie. À chaque fois que le propos devient le moindrement sérieux, Marshall n'ose s'aventurer davantage, et reste constamment en territoire sécure. Sécure pour ne pas gaffer ou provoquer, certes, mais aussi assuré de ne pas produire une oeuvre mémorable le moins du monde.

On a droit ici à un survol de vie de Beverly: de son enfance où elle rêvait déjà des garçons, à son adolescence où aucun d'eux ne voulait d'elle, jusqu'au début de sa vie adulte où elle a tant peiné à continuer d'élever son garçon. Elle en bave beaucoup parce qu'elle se trouve seule dans cette dure épreuve: son père (James Woods) ne l'encourage pas, le petit ami l'ayant engrossé (Steve Zahn) est complètement irresponsable et immature, et elle ne peut par surcroît obtenir un emploi solide pour faciliter les choses. Ça n'a pas dû être aisé pour elle, je n'en doute pas un moment. Mais de la façon dont le film présente tout ça, on se demande par moments ce qu'il y a de si spécial dans ces événements. Après tout, je crois pouvoir affirmer sans me tromper que Beverly D'Onofrio ne constitue pas tout à fait la seule fille à avoir accouché d'un enfant plus tôt qu'elle l'aurait souhaité, avoir été peu supportée par ses parents ou avoir à prendre son existence en main. Pourtant, on nous la montre comme une véritable martyr, une qui, en plus de ne pas toujours faire preuve de beaucoup de jugement, ne pense qu'à elle-même. Il se fait alors difficile de sympathiser avec elle comme on le faisait, par exemple, avec Julia Roberts dans Erin Brockovich.

Ça n'aide pas non plus que, justement, la réalisatrice nous présente l'entourage de Beverly de façon aussi banale. Sans vendre la mèche, Steve Zahn nous révèle quelque chose en milieu de parcours sorti d'absolument nulle part et traité de façon si peu réaliste qu'on ne peut que se sentir manipulé. Le scénario tente pour un instant de traiter d'un sujet sérieux, et nous balance constamment des petis moments sentimentalistes "Taster's Choice". Et on ne peut blâmer les acteurs pour cela. Drew Barrymore, sans être spectaculaire, demeure constamment solide dans son rôle (même si on a parfois peine à la croire lorsque elle a 15 ans), et on peut facilement apprécier tout l'effort qu'elle a mis dans la production. Steve Zahn est également surprenant dans un rôle qu'il est parvenu à bâtir à lui seul. James Woods et Lorraine Braco sont adéquats dans les rôles de parents, sans apporter rien de trop nouveau à leur arc. C'est vraiment Brittany Murphy qui, incarnant Fay, la meilleure amie de Beverly, vole la vedette à tout le monde. Murphy avait aussi déjà capté l'attention du public plus tôt cet automne dans Don't Say A Word, mais en montrant son côté comique dans Riding in Cars with Boys, elle laisse une forte impression plaisante. Une scène vers le début du film, où elle immite en pleine rue la réaction des parents de Beverly à la découverte de la grossesse de leur fille, est hilarante et ce, en majeure partie à cause du talent de Murphy. Le script commet la bévue stupide dans sa seconde moitié de laisser son personnage de côté, et la perte se fait sentir.

Rien ne peut toutefois nous préparer à la mauvaise farce du film: l'acteur Adam Garcia. Jouant Jason, le fils de Beverly à 20 ans, il apparaît ici et là en cours de route (l'histoire se déroule en flashbacks), et lorsque il doit sortir ses "capacités" de comédien à la fin lors d'une scène se voulant émotive avec Barrymore, tout s'écrase. Mauvais n'est pas le mot. Il est carrément pitoyable. Son expression s'avère si artificielle que l'on se croirait soit devant une parodie ou alors un film de la collection "faits vécus". Mais, au même moment, sans que le film le veuille, on sympathise enfin pleinement avec la héroïne: on peut l'admirer de ne pas avoir abandonné son gamin plus tôt, s'il était toujours aussi lamentable. --RJ

 

Cote: B-

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