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| POLLOCK |
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| Cast:
Ed Harris, Marcia Gay Harden, Jeffrey Tambort, Amy Madigan, Jennifer Connelly, Bud Cort, Val Kilmer
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| Année:
2000 |
| Studio: Columbia |
| Longueur: 122 minutes |
| Classé Général |
Chaque artiste a, semble-t-il, son projet personnel, son rêve professionelà réaliser. Au cinéma, on peut souvent en témoigner. Tel fut le cas pour des personnalités connues de Hollywood dans les dernières années comme Winona Ryder avec Girl, Interrupted, Cameron Crowe avec Almost Famous et même John Travolta avec Battlefield Earth. Ces productions n'aboutissent pas toujours pour le meilleur (voir le dernier titre comme exemple plutôt parfait), mais il reste que leurs fondateurs s'y sont donnés corps et âmes.
Tel a été le cas d'Ed Harris avec Pollock (même titre en v.f.), le drame biographique de la vie tourmentée du célèbre peintre américain Jackson Pollock, dont la carrière éclata dans les années '40. Bien que certainement pas la catastrophe du projet de vanité de Travolta, celui de Harris échoue clairement. Pollock marque le début de Harris comme réalisateur, en plus de tenir le rôle principal, et il ne possède, du moins d'après son travail ici, de flair de ce côté. J'ai toujours conservé beaucoup d'estime pour lui en tant qu'acteur. Ses récentes performances de soutien dans The Truman Show et Enemy at the Gates m'ont grandement impressionné et il est fort bien respecté dans l'industrie entière. Mais rien de cela ne peut sauver Pollock, un film mort dans tous les sens du terme.
Harris a choisi de porter la vie de Pollock sur ses dernières années, plus précisément à partir du moment où il a rencontré (et par la suite marié) la peintre Lee Krasner (jouée par Marcia Gay Harden dans un rôle lui ayant valu un Oscar à la surprise générale en mars). Et il n'y a pas un seul et unique moment au cours de récit leeeeeent de plus de deux heures où je me suis vraiment intéressé à son héros. Que je ne sois pas un passionné de peinture n'a absolument rien à voir avec la question. Jackson Pollock n'est simplement pas intéressant, ou du moins pas dans Pollock. L'homme possède ses nombreux démons intérieurs il va s'en dire, ce qui explique son comportement souvent repoussant, mais le film n'ose jamais nous les exposer. Parce qu'il veut faire de Pollock un être plus mystérieux? Peut-être. Mais ça n'aide jamais l'audience à s'identifier avec lui ou même à s'y intéresser. Harris donne un portrait fidèle dans sa performance, mais il lui manque un degré d'humanité nous faisant sentir que son personnage est bien en chair et en os au lieu d'un simple malcontent alcoolique.
Sa co-vedette Harden tire mieux son épingle du jeu, mais elle ne peut faire grand chose pour sauver le film. Ce dernier semble durer une éternité. Pas seulement parce que son rythme semble ralentir de minute en minute, mais parce que le scénario ne se dirige tout simplement nulpart. Pollock à la maison en dispute avec la famille. Pollock au travail. Pollock à la maison de campagne. Pollock à la plage. Pollock devant sa bouteille d'alcool. Si j'arrondis les coins, ce n'est que pour illustrer comment le spectateur ne se sent jamais impliqué le moins du monde. Et quel absence de style visuel ou artistique quelconque! Pas le moindre petit segment musical ou de photographie captant l'attention! Vous voulez un vrai petit film lent excellent? Je ne saurai vous recommender The Straight Story trop souvent. Comparé à Pollock, c'est de la peinture blanche sur de la peinture noire: performances extraordinaires, histoire prenante malgré son rythme, et touchant directement le coeur. Harris, avant sa mort, devrait se trouver un second projet personnel. --RJ
Cote: C-
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