ENEMY AT THE GATES
Cast: Jude Law, Joseph Fiennes, Rachel Weisz, Ed Harris
Année: 2001
Studio: Paramount
Longueur: 131 minutes
Classé 13 ans+ - Violence

Steven Spielberg a commis un crime. En produisant le classique contemporain Saving Private Ryan, le cinéaste révolutionnaire a grandement handicapé à jamais tous les films de guerre qui allaient sortir à l'avenir. Ils devraient tous être comparés à Ryan, ce qui, bien sûr, n'en avantagera pratiquement aucun. Enemy at the Gates (L'Ennemi aux Portes en v.f.) constitue l'une de ces nouvelles productions à grande échelle portant sur la Deuxième Guerre Mondiale qui s'est vue traitée d'inférieur à Saving Private Ryan. Quelle injustice.

Enemy at the Gates est à ce jour le meilleur film de guerre que j'ai eu la chance de voir depuis Three Kings (même si ça ne veut pas dire grand chose!). Bien sûr que ça n'a pas le même impact qu'un film comme celui de Spielberg ou encore The Thin Red Line; ce qu'il faut comprendre, c'est que ça n'a pas les mêmes ambitions non plus. En effet, au lieu de s'attaquer à un portrait d'ensemble de la guerre, on concentre le récit sur l'histoire d'un homme extraordinaire, ayant déjà vécu, le tireur d'élite russe Vassili Zaitsev (Jude Law). L'ennemi titulaire s'avère à être rien de moins qu'un autre tireur d'élite, celui-là plus expérimenté, et allemand en plus, nommé Major Konig (Ed Harris). En fait, Vassili cause tellement de dommages à l'armée nazie que le pays ennemi envoye Konig dans l'unique mission de l'éliminer. Enemy at the Gates relate justement, lors de ses meilleures scènes, ce duel stratégique entre les deux rivaux.

Et ces scènes en sont littéralement absorbantes et renversantes. C'est l'équivalent d'un éternel jeu du chat et de la souris porté à l'écran avec une grâce magistrale. Un des facteurs y contribuant grandement est la grande habilité du réalisateur français Jean-Jacques Annaud de mettre en situtation et développer ces moments intenses. Annaud utilise un principe intriguant et fonctionnant à merveille: celui de ne pas toujours nous dévoiler tout ce que les personnages voient eux-même. Ce qui cause à quelques reprises un effet fort réussi de surprise et d'excitation.

Combiné à ces moments remplis d'adrénaline et de pur plaisir cinématographique sont les excellentes performances de tous les acteurs, spécialement Jude Law et Ed Harris. Law, après eXistenz et The Talented Mr. Ripley, commence sérieusement à frôler à la crème de la crème hollywoodienne. Tout comme les plus grands de sa profession, l'acteur britannique possède l'énergie, le charisme et le talent naturel suffisants pour garder les yeux d'une audience entière rivés sur lui peu importe la situation. Quant au bon vieux et toujours fiable Ed Harris, il joue ici davantage de finesse, donnant un portrait fidèle de ce quoi avaient l'air les soldats nazis: de froides machines à exécuter des ordres.

Enemy at the Gates possède ses failles, je le concède. Ce n'est pas parfait; par exemple, certaines longueurs occasionelles se font sentir. Mais c'est totalement insuffisant afin de vraiment faire pancher la balance de notre appréciation du film. Probablement majoritairement parce que tous les éléments cruciaux sont admirablement bien réussis. Enemy at the Gates ne constitue pas le nouveau Saving Private Ryan, mais plutôt un récent exemple de haute qualité de divertissement poétique. --RJ

 

Cote: A-

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