ONE HOUR PHOTO
Cast: Robin Williams, Connie Nielsen, Dylan Smith, Michael Vartan, Gary Cole
Année: 2002
Studio: Fox Searchlight
Longueur: 96 minutes
Classé 13 ans+

Ayant déjà prouvé de façon brillante plus tôt cette année, avec Insomnia, qu'il pouvait jouer les méchants, Robin Williams s'attaque à un premier rôle principal d'anti-héros en carrière, dans le thriller One Hour Photo (Photo Obsession en v.f.). Il incarne Seymour Parrish (communément appelé Sy), un commis à un laboratoire de développement de photos d'un magasin à grande surface. Cela fait maintenant plus de 20 ans qu'il exerce ce métier et, avec le temps, il s'est attaché à une famille qu'il juge idéale. Will et Nina Yorkin (Michael Vartan et Connie Nielsen), ainsi que leur fils Jakob (Dylan Thomas), font souvent affaire à Sy pour faire développer leurs photos familiales, sans se douter que ce dernier conserve toujours un double...pour sa collection personnelle.

Sy se considère pratiquement comme un oncle pour cette famille qu'il croit pertinemment parfaite. Mais lorsqu'il tente de s'infiltrer davantage dans leur vie privée et qu'il vient à réaliser les problèmes réels les habitant, quelque chose éclate en lui...et il décide d'intervenir.

Il se fait facile de comprendre pourquoi Robin Williams a accepté un rôle pareil. Cela représente pour lui un départ complet par rapport à ses performances antérieures: non seulement est-ce un personnage probablement plus foncièrement méchant que bon, mais l'acteur doit le jouer avec une retenue complète, chose qu'il a fait très rarement dans le passé. Et la transformation lui va diablement bien. Williams transporte le film sur ses épaules, montrant de façon toujours subtile l'évolution complexe de son anti-héros, et ce autant dans la façon de parler que dans les manières les plus spécifiques. Il nous montre un homme dérangé et terriblement solitaire chez qui "le bouchon saute" d'un seul coup, un jour, comme s'il avait difficilement su le contrôler pendant des années, et qu'il n'en pouvait plus.

Et c'est lorsque Sy perd le cap que les choses tournent sérieusement au suspense. Auparavant, l'auteur/réalisateur Mark Romanek nous titille avec quelques scènes plutôt inconfortables - notamment une où Sy reconduit Jakob chez lui après un match de soccer - et nous avertit en quelque sorte que le pire est à venir. Puis viennent le dernier acte, dans lequel Romanek nous sert un build-up de tension remarquable. Le Sy qui nous semblait seulement étrange en début de récit devient carrément terrifiant, et le dernier quart d'heure nous fait travailler le coeur jusqu'à un point presque insoutenable.

Certains pourraient qualifier One Hour Photo d'un Taxi Driver pour les années 2000. Comme le classique de Martin Scorcese, le premier film de Mark Romanek explore les effets extrêmes de la solitude chez un homme chez qui la violence n'attend qu'un prétexte pour sortir. Les deux oeuvres comportent une performance centrale clé et une réalisation soignée, même si One Hour Photo n'essaye pas d'envoyer des messages sociaux par surcroît, comme Taxi Driver le faisait si brillamment. Mais surtout, dans un cas comme dans l'autre, on ne souhaite jamais croiser ces gens à l'apparence si ordinaire et banale dans notre quotidien. --RJ

 

Cote: A-

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