NOVOCAINE
Cast: Steve Martin, Helena Bonham Carter, Laura Dern, Elias Kotas, Scott Caan, Kevin Bacon
Année: 2001
Studio: Artisan
Longueur: 95 minutes
Classé 13 ans+

Il se fait toujours agréable, lorsqu'ils sont bien utilisés, de voir des acteurs connus accepter de faire de petites apparitions surprises - des "caméos", comme on les appelle. En 2001, je ne crois pas qu'un caméo m'aie fait rire autant que celui par Kevin Bacon dans Novocaine (même titre en v.f.). Les meilleurs caméos réussissent à bien paraître même dans les pires films; les célébrités savent généralement bien les repérer, ce qui fait que leur présence ne peut qu'ajouter du positif à la production. Jay and Silent Bob Strike Back avait beau contenir une tonne de stars s'autoparodiant, aucune ne le faisait aussi bien que Bacon ici. Il a l'avantage d'apparaître dans un film déjà bon à la base, et il l'élève à lui seul lors des quelques scènes où il évolue. Interprétant un acteur faisant de la recherche active pour se préparer à un rôle de policier, Bacon est carrément hilarant. Il parvient à voler la vedette à Steve Martin, lui-même un grand comique, et il le fait avec tant de naturel et de "timing" que c'est lui qu'on retient une fois le film terminé, même si on ne l'a vu que pour cinq minutes.

Les deux personnages en viennent à se rencontrer car celui de Martin, Frank Sangster, un dentiste à la vie totalement paisible, se retrouve au fur et à mesure que l'histoire progresse avec des problèmes avec la justice. Il se fait d'abord voler une grande quantité de narcotiques par une sensuelle patiente droguée, Susan Ivey (Helena Bonham Carter), puis est implqué dans une affaire de meurtre, se retrouvant avec la police et la DEA à ses trousses. Et on peut déjà apprécier là le casting; non seulement celui de Bacon, mais spécialement de Martin dans le rôle principal. Habitué à de la comédie pure et simple, il doit s'efforcer d'opérer ici dans un genre de film un peu différent, avec un personnage un peu différent, et le changement lui va bien. Helena Bonham Carter semble, depuis son interprétation mordante et mémorable de Marla Singer dans Fight Club, être faite sur mesure pour ce genre de rôle - ils sont tous les deux similaires. Bien que pas aussi amusante et marquante que dans le chef-d'oeuvre de 1999, elle s'avère plus qu'adéquoite dans Novocaine. En fait, on pourrait même dire qu'elle se trouve au coeur du film. Ce n'est qu'une honte que l'on ne lui offre pas de plus gros rôles majeurs.

Une chance que le duo Martin/Bonham-Carter est là, car il se doit de compenser pour un cast de soutien plutôt médiocre. La quasiment toujours mauvaise Laura Dern ajoute une performance d'"over-acting" mal dosée de plus à sa carrière dans le rôle de la fiancée de Frank, alors que Scott Caan en met lui aussi beaucoup trop en jouant le frère aggressif de Susan. Martin et Carter ajoutent aussi de la vie à un scénario qui autrement en manquerait probablement par moments. C'est David Atkins qui l'a écrit en plus de le porter à l'écran, ce qui marque son début comme réalisateur. Il n'a pas écrit un script très épais, mais tout de même amusant par sa structure et ses personnages. Comme réalisateur, il semble avoir un futur devant lui, s'il parvient à contrôler ses pulsions à donner du style où il ne devrait pas y en avoir - les petits trucs visuels avec les images de dents ne constituent pas la trouvaille cinématrographique de l'année, disons.

Il y a beaucoup de talent impliqué dans la production de Novocaine et, en bout de ligne, malgré les failles du film, ça paraît. David Atkins n'a peut-être pas mis sur pied une comédie noire à se tordre de rire ou remplie de suspense très intense, mais il a su détecter avec ses acteurs les points qui en feraient un divertissement efficace. Ça en est un. Et, s'il vous plaît, que l'Académie rajoute une catégorie pour Meilleur Caméo! --RJ

 

Cote: B

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