MINORITY REPORT
Cast: Tom Cruise, Colin Farrell, Samantha Morton Max Von Sydow, Lois Smith
Année: 2002
Studio: Dreamworks
Longueur: 145 minutes
Classé G - Déconseillé aux jeunes enfants

Tom Cruise. Steven Spielberg. Science-fiction. Voilà trois termes qui, associés ensemble, attirent assez rapidement notre attention. Et pour cause. Après avoir chacun dominé l'industrie depuis plus de deux décennies, Cruise et Spielberg semblent plus que jamais au sommet de leur art. Le fait de les voir s'unir ne peut faire autrement que piquer pour le moins notre curiosité.

Après avoir exploré de façon hypnotique, fascinante et bouleversante le futur avec A.I. Artifical Intelligence, le meilleur film de l'an dernier, on pouvait se demander ce que le cinéaste allait nous montrer cette fois. L'action, dans Minority Report (Rapport Minoritaire en v.f.), se déroule dans un futur plus rapproché - les années 2040 - où une agence spéciale, nommée "Pré-Crime", peut prévenir les meurtres avant même qu'ils ne soient commis. Le chef de l'unité, le capitaine John Andeton (Cruise), croit fermement à la validité du système: il n'y a pas eu le moindre homicide à Washington (où il opère) depuis l'instauration du système. Tout fonctionne alors pour le mieux...jusqu'au jour où l'on prédise que John est lui-même le prochain assassin sur la liste. Il doit alors prendre ses jambes à son coup, trouver la vérité et abandonner sa vie pour finalement pouvoir la retrouver.

Le problème avec un projet comme Minority Report, c'est que l'on est déjà tellement convaincu de la qualité du produit que l'on oublie à quel point c'est bon lorsque l'on le voit. C'est vrai: à quand remonte le dernier citron de Spielberg? La dernière performance douteuse de Cruise? Il faut garder en tête, même après avoir vu le film, que ce dernier ne possède pas moins de mérite parce qu'il était "déjà" sensé être extraordinaire.

Cela étant dit, comme on pouvait s'y attendre, Minority Report s'avère carrément magistral. Spielberg a pris le genre du film noir et l'a transposé dans un univers futuriste époustoufflant comme lui seul peut en concocter. Du début à la fin, il nous sert un roulement d'images renversantes - il se voit grandement aidé une fois de plus, faut-il le mentionner, par son directeur photo génial Janusz Kamininski - et donne un style à la fois émotif, vibrant, organique et fortement kinétique à son film.

Minority Report a l'air, comme toutes les meilleures oeuvres de Spielberg, semblent souvent l'être à première vue, d'un accomplissement spectaculaire au point de vue de la réalisation, point. C'est faux. Le concept du film et les questions morales et psychologiques qu'il engendre méritent notre réflexion. Si l'on pouvait, dans les faits, prévenir l'avenir dans un quelconque futur, devrait-on le faire? Quelles pourraient en être les conséquences? Le scénario, inspiré d'une histoire courte de Phillip Dick, possède donc non seulement une idée attirante à la base, mais il s'en sert pour bâtir un mystère complexe et haletant.

Les acteurs, spécialement les mégastars, reçoivent rarement le crédit qu'ils méritent lorsqu'ils tiennent la vedette d'un film d'action. Et pourtant, qu'aurait été, par exemple, Face/Off sans John Travolta et Nicolas Cage? La trilogie Die Hard sans Bruce Willis? Ça demande charisme, caractère et fougue pour transporter un thriller d'action sur ses épaules, et ici Tom Cruise le fait à merveille. Le rôle demande à l'acteur non seulement beaucoup physiquement - Cruise fait la plupart de ses propres cascades - mais aussi émotivement. Il livre une prestation puissante et même par moments touchante. Il est à noter que la futur-star australienne Colin Farrell partage quelques scènes avec Cruise en tirant son épingle du jeu avec une attitude et une facilité presque déconcertante. En moins d'un an, Farrell constituera un des nouveaux gros noms à Hollywood.

Minority Report brille de tout bord tout côté, et pourtant nous laisse avec un certain sentiment de déception. En partie parce que les trois dernières minutes ne se font pas à la hauteur du reste, mais aussi souvent parce que l'on n'a pas encore réalisé que le film avait totalement rencontré nos attentes - et ce n'est pas peu dire. --RJ

 

Cote: A

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