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| THE MAJESTIC |
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| Cast: Jim Carrey, Laurie Holden, Martin Landau, David Ogden Stiers, Jeffrey DeMunn
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| Année:
2001 |
| Studio: Warner Bros. |
| Longueur: 145 minutes |
| Classé Général |
Pour tout ce que la constitution américaine a de beau et de louable, le gouvernement a fait omission de ses principes fondamentaux au milieu du XXème siècle, alors qu'il craignait au plus haut point l'infiltration communiste au sein du pays. En cette période de grand patriotisme, depuis le 11 septembre, il fait du bien de voir un divertissement de bonne nature comme The Majestic (Le Majestic en v.f.), qui aborde ce sujet avec à son coeur une démonstration de la joie d'être américain.
The Majestic ne se prend pas pour de la propagande, et ce n'en est pas non plus. C'est plutôt le simple récit d'un homme qui découvre tout en le faisant découvrir aux autres le bonheur d'habiter dans ces lieux à cette époque. Plus précisément, le film raconte l'histoire de Peter Appleton (Jim Carrey), scénariste à Hollywood dans les années '50, qui se voit forcer de se faire oublier lorsqu'il est soupçonné de communisme. Son prochain contrat est annulé par les producteurs, sa petite amie le laisse tomber, et, dans un élan de déprime un soir, il prend la route après avoir beaucoup trop bu, et fait un accident en voiture. En reprenant conscience le matin suivant, Peter s'aperçoit qu'il ne se rappelle de rien. Il ne sait ni qui il est, ni d'où il vient ou ce qu'il fait. Il est vite repéré par des habitants d'une petite municpalité, qui le prennent tous pour un certain Luke Trimble, parti pour la guerre déjà neuf ans auparavant. Peter croit ce qu'on lui dit, n'ayant pas d'autre réalité à accepter de toute façon, et commence à vivre comme ce "Luke" en question le faisait: en développant une relation avec sa petite amie (Laurie Holden) et en aidant son père (Martin Landau) à faire fonctionner à nouveau un petit cinéma local appelé Le Majestic. Mais, évidemment, la mémoire de Peter lui revient graduellement, et il se voit bientôt confronté à plusieurs choix, le plus important étant quoi faire de sa propre existence, ainsi que de la personnalité de Luke à laquelle les gens de cette communauté tiennent tant.
The Majestic ne possède pas à sa base l'histoire la plus originale, et ne s'en sert pas non plus pour faire véhiculer des valeurs tout à fait nouvelles. Mais comme les deux premières oeuvres du réalisateur du film, Frank Darabont, The Shawshank Redemption et The Green Mile, le tout coule aisément, avec un flot complètement naturel. Darabont est un véritable maître dans l'art de nous présenter des récits simples avec des personnages simples mais combien attachants. John Coffey, le géant noir de The Green Mile ne constituait pas le personnage le plus complexe au monde, mais il nous prenait néanmoins au coeur en bonne grâce à la magie avec laquelle opère Darabont derrière la caméra. Peu importe à quel point la petite communauté dans The Majestic nous fait penser à des dizaines d'autres vu auparavant, le cinéaste parvient presque miraculeusement à nous faire attacher à ses habitants. Darabont constitue sans contredit l'un des meilleurs réalisateurs de drames du genre oeuvrant présentement à Hollywood.
Sa vedette, Jim Carrey, laisse une fois de plus ses grimaces de côté, et encore une fois, cet abandon lui va à merveille. Carrey, je n'ai pas peur de l'affirmer, prouve de plus en plus qu'il est l'un des acteurs les plus talentueux de son époque. Ses performances dans The Truman Show et Man on the Moon figurent parmi les meilleures de la dernière décennie, et celle dans The Majestic, sans atteindre ces sommets, est néanmoins surprenante et très solide. On ne peut tout simplement plus maintenant considérer Carrey comme un vulgaire comédien associé à des stupidités à la Ace Ventura; il s'approche de plus en plus du statut de grand acteur. La star a le privilège d'être fort bien entouré par des acteurs aussi très talentueux. Le vénérable Martin Landau parvient encore à nous toucher avec son rôle de soutien, alors que l'actrice de télévision Laurie Holden se fait convaincante dans le rôle de l'intérêt amoureux de Peter.
On peut difficilement détester quelquechose des films de Frank Darabont. Ils sont toujours produits avec une délicatesse remarquable et un humanisme poignant même quand il frôle le mélodrame - comme c'est à l'occasion le cas dans The Majestic. Autant par son emploi de la musique (Mark Isham a composé le thème ici, en remplacement de Thomas Newman, son collaborateur habituel) que des images simples mais toujours belles, Darabont sait ardemment comment construire un bon film "old-fashionned". The Majestic marque déjà son troisième en autant de tentatives. Et, même s'il n'atteind pas le niveau d'excellence de ses deux précédents, il possède assez de coeur, de vie et d'émotion pour nous faire passer deux heures et demie vraiment agréables. --RJ
Cote: B+
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