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| LOST IN TRANSLATION |
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| Cast: Bill Murray, Scarlett Johansson, Giovanni Ribisi, Anna Faris
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| Année:
2003 |
| Studio: Focus Features |
| Longueur: 102 minutes |
| Classé Général |
N'étant rendue qu'à son deuxième film (son premier étant la révélation The Virgin Suicides), Sofia Coppola commence à "mériter" aux yeux de plusieurs son nom de famille. Lost in Translation (Traduction Infidèle en v.f.), qu'elle a écrit et réalisé, n'est peut-être pas tout à fait Apocalypse Now ou The Godfather, mais constitue néanmoins un effort impressionnant.
En suivant le parcours un peu désorienté de Bob Harris (Bill Murray), une star hollywoodienne seul au Japon en voyage promotionel en pleine crise de la quarantaine, Coppola fait preuve d'un atout plus que tout autre: la maturité. Ne précipitant jamais les émotions ni les réponses des personnages, elle construit un drame intéressant où on peut croire à un sens remarquable de la réalité humaine. Le récit s'élève d'un cran lorsque Murray croise le fer avec la jeune et talentueuse Scarlett Johansson, qui joue superbement une Américaine elle aussi en voyage à Tokyo, elle aussi solitaire. La relation qui se construit entre eux se fait fort intéressante, car on fait confiance à Coppola dès leur rencontre pour qu'on ne se retrouve pas avec une mauvaise version de Lolita. Plutôt, l'auteur/réalisatrice se sert adéquatement de leur relation pour pouvoir aller voir plus loin chez ces deux âmes tristes.
Il y a plusieurs moments sans paroles dans Lost in Translation qui en disent beaucoup plus que des pages entières de dialogue. À ce titre, la scène finale du film, où l'homme murmure à l'oreille de sa jeune compagne, sans que l'audience puisse entendre, suscite à la fois notre admiration et nos émotions. Lorsqu'il y a des paroles entre les deux protagonistes, Coppola ne vise pas le dialogue shakespearien, mais plutôt quelquechose de beaucoup plus simple et concret que le monde exaspérant qui les entoure. Le scénario semble par moments s'égarer un peu en milieu de parcours, et la réalisatrice fait preuve d'un peu trop de patience lors de certaines scènes avec où Murray est seul, mais le film se tient néanmoins généralement droit.
Ce genre de rôle représente une opportunité parfaite pour un acteur comme Bill Murray, car il peut y exploiter son talent comique tout en y ajoutant une touche de sérieux sans jamais craindre de tomber dans l'exagération. En effet, sa prestation ici est, contrairement à de nombreux rôles dans le passé où il se pavanait littéralement devant la caméra, dominée par la retenue. Même si le personnage ne fait en bout de ligne vraiment qu'évoquer une ombre de celui de Lester Burnham, joué par Kevin Spacey dans American Beauty, Murray mérite une certaine reconnaissance pour s'être vraiment investi dans l'énergie du film. Johnasson s'avère aussi bonne, sinon meilleure, que sa co-vedette, et annonce à tout le monde qu'elle vient d'arriver pour de bon dans la cour des grands. Lorsqu'une cinéaste a autant confiance en son matériel, elle permettra généralement à ses acteurs d'aller puiser le meilleur en eux. C'est exactement ce que Sofia Coppola accomplit avec Lost in Translation, un deuxième pas en autant d'essais dans la direction du satut que son père avait autrefois. --RJ
Cote: B+
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