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| THE VIRGIN SUICIDES
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| Cast: Kirsten Dunst, Josh Hartnett, James Woods, Kathleen Turner, A.J. Cook, Hannah Hall, Leslie Hayman, Chelse Swain
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| Année:
2000 |
| Studio: Paramount |
| Longueur: 97 minutes |
| Classé
13 ans+ |
L'expression "la pomme n'est pas tombée loin de l'arbre" semble pouvoir s'appliquer à la famille Coppola. Le père, Francis Ford, légendaire maître derrière Apocalypse Now et la trilogie The Godfather, a donné naissance à une fille, Sofia, qui elle aussi s'est lancée dans l'industrie. Après des débuts peu glorieux en tant qu'actrice dans The Godfather Part III, elle a opté pour le travail derrière la caméra 10 ans plus tard. Et, si on se fie à ses débuts, The Virgin Suicides (Cri Ultime en v.f.), le changement lui va drôlement bien.
Coppola a choisi d'adapter son roman préféré du même titre, pour ensuite le porter elle-même à l'écran. Son père l'a aidé à financer le projet, et en conséquence elle vient de s'affirmer comme une cinéaste sérieusement talentueuse. Non seulement sait-elle brillamment écrire, mais elle possède une sensibilité qui lui permet de transmettre autant sur la page qu'à l'écran des émotions profondes et universelles. Pour se faire, elle raconte l'histoire de cinq soeurs adolescentes au Michigan dans les années '70 qui, en l'espace d'un an, se retrouvent toutes à la morgue - on le comprend très vite avec le titre et les premières paroles du film. Ce quintet de filles, les Lisbon, est composé de Mary (A.J. Cook), Therese (Leslie Hayman), Bonnie (Chelse Swain), Cecilia (Hannah Hall) et la plus belle de toutes, Lux (Kirsten Dunst). Cecilia, la plus jeune à 13 ans, est la première à s'enlever la vie, ce qui entraîne dans les mois suivants une chaîne d'événements qui bouleverse à jamais cette triste famille. Les Lisbon ont été élevées dans un cadre incroyablement strict par leurs parents (James Woods et Kathleen Turner), tous deux si conservateurs qu'ils semblent venir d'une autre planète, et leur véritable emprisonnement est probablement ce qui les pousse au bord du précipice.
Tout ce qui leur arrive est vu à travers les yeux d'un petit groupe d'adolescents voisin qui les idolâtre inconditionnellement. Le récit nous est conté par un narrateur (Giovanni Ribisi dans la version originale anglaise) à l'identité inconnue, qui faisait partie de ce cercle de copains et qui a passé sa vie entière obsédé par ces filles. Il nous fait également part des aventures du gars le plus populaire de leur école secondaire à l'époque, Trip Fontaine (Josh Hartnett), qui a été le plus près de Lux, la fille à laquelle on accorde aussi le plus d'importance. C'est précisément cette stratégie narrative, celle d'employer les garçons comme "guides de parcours", qui permet à The Virgin Suicides de toucher les cordes sentimentales auxquelles le film touche avec subtilité.
Cette subtilité s'avère difficile à mettre en mots. Coppola, comme tous les grands cinéastes de l'histoire (je ne dis pas qu'elle en est déjà une, je n'établis que la comparaison), a la capacité innée de peindre un portrait d'impressions et d'atmosphère (de nostalgie dans ce cas) qui vous absorbe et tisse un trait indélibile sur votre coeur. Que ce soit par son utilisation toujours exquisement dosée d'images et de musique poétiques, Coppola nous transporte littéralement ailleurs pour près de deux heures tout en nous faisant vivre quelque chose qui nous rammène à notre existence personnelle. Les acteurs comprennent tous cela, et offrent chacun une performance juste. James Woods (égal à lui-même) et Kathleen Turner (qui avait presque à refaire ses preuves) profitent de leurs rôles de parents surprotecteurs pour transcender la carricature qu'auraient pu en faire des comédiens moins expérimentés, et en font deux êtres profondément malheureux et ignorants de la condition humaine. Le reste de la distribution est majoritairement composée de jeunes, Kirsten Dunst et Josh Hartnett en tête, tous deux fort solides. Hartnett va faire débattre le coeur de bien des jeunes filles en l'apercevant, alors que Dunst se sert de sa beauté pour faire de Lux un être complexe lumineux et inoubliable. En la voyant oeuvrer, on comprend vite d'où vient l'obsession des garçons pour elle dans l'histoire.
The Virgin Suicides est fondamentalement un film de filles parce qu'il va faire reconnaître à toutes l'audience féminine des situations et des émotions qui leur sont exclusivement propres; c'est également fondamentalement un film de gars, car on y retrouve avec exactitude la représentation de ce que peuvent éprouver à l'intérieur des adolescents en puberté obsédés par un ou plusieurs membres du sexe opposé. Plus que tout, c'est un remarquable mélange des deux, puisque peu importe que l'on soit un homme ou une femme, un garçon ou une fille, on sera capable de sentir, en voyant The Virgin Suicides, ce que les mêmes situations signifient pour les personnes de l'autre sexe. Sofia Coppola marque avec The Virgin Suicides un début spectaculaire; Papa a dequoi à être fier. --RJ
Cote: A-
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