THE LAST CASTLE
Cast: Robert Redford, James Gandolfini, Mark Ruffalo, Delroy Lindo, Clifton Collins Jr.
Année: 2001
Studio: Dreamworks
Longueur: 131 minutes
Classé 13 ans+

Il y a certains films que l'on voudrait aimer. Malgré leur niveau de médiocrité, on tente vraiment de les prendre sous notre aile. Mais parfois, malheureusement, il y a simplement trop de problèmes pour y parvenir. C'est le cas de The Last Castle (Le Dernier Château en v.f.), le premier film mettant en vedette Robert Redford depuis plus de cinq ans (son dernier étant Up Close & Personal en '96). Redford, dans un rôle se voulant glorieux, incarne le Général Eugene Irwin, un homme militaire grandement respecté de tous, qui se retrouve incarcéré dans une prison menée par un sadique directeur (James Gandolfini). Irwin est vite témoin des mauvais traitements donnés administrés aux prisionniers, et il a tôt fait de rassembler ses collègues afin de prendre contrôle de la prison, ou du "château" (d'où le titre évidemment). Hmmm...Le général devenu esclave...L'esclave devenu gladiateur...Le gladiateur qui a défié l'empereur...Ça vous dit quelque chose?! Les comparaisons élogieuses s'arrêtent là.

Robert Redford a 64 ans. Russell Crowe en a 36. Crowe commande respect, authorité et honneur, Redford à peine. Plus maintenant, du moins. The Last Castle mise sur la stature du légendaire "golden boy" pour faire de son personnage un héros incontesté. Et, comme bien trop de choses dans le film, ça ne fonctionne pas. Il nous fait davantage ressentir de la pitié pour lui que de l'admiration, deux sentiments comportant une différence cruciale: on ne suivra pas un homme parce qu'on a pitié de lui, mais plutôt parce qu'on l'admire. D'ailleurs, tout le regroupement du millier de prisonniers pour Irwin ne fait pas grand sens, ni dans sa possibilité, ni dans son développement. On nous présente des dizaines et des dizaines d'hommes incarcérés, donc des criminels, qui n'attendent qu'un leader, leur sauveur, pour se rebeller contre les forces du Mal avec M majuscule. Ces forces sont composés d'autre dizaines d'hommes, eux des soldats, et il n'u en a pas un seul qui possède la moindre droiture. Ils suivent tous Colonel Gandolfini sans hésiter, sans se plaindre, et sans rien reporter aux autorités. Ils sont les monstres, alors que les prisionniers sont les pauvres victimes incomprises et ne demandant que la rédemption. Moins subtil surtout!

Mais The Last Castle conserve ses aspects les plus risibles pour sa fin, alors que Général Redford parvient finalement à déclencher le grand soulèvement. Et il y parvient avec une quantité de munition pratiquement suffisantes pour gagner une Guerre Mondiale! Sorties d'où? Aucune idée! Comment réussit-il à former un aussi bon plan? Aucune idée non plus! Pourquoi les soldats envoyés s'avèrent-ils incapables de vaincre les prisionniers armés uniquement de bouclier? Et pourquoi ces mêmes soldats ne sont-ils pas envoyés le plus rapidement possible afin d'étouffer la menace de façon efficace? Encore une fois, aucune idée! La réponse la plus probable: allonger le film et donner une chance aux bons gars. Franchement!

Redford possède un visage franc, et il se fait facile de sympathiser avec lui. Mais on ne peut carrément pas croire à ses exploits dans The Last Castle, pour toutes les raisons ci-haut mentionnées et plusieurs autres. Ses discours ne respirent pas vraiment la crédibilité non plus. Le meilleur exemple survient lorsqu'il réussit à obtenir au moins minute seul avec les autres prisonniers dans la cafétéria (situation complètement implausible), et qu'il nous sert un récit des moins convaincants terminé par "Je propose que nous prenions contrôle de ce château", le tout dis avec autant d'entrain que les applaudissements aux matchs locaux des Expos. Bien sûr, le réalisateur Rod Lurie (The Contender) accompagne cela d'un beau thème musical patriotique et de cris réjouis et motivés des bons gars. Non mais, s'il-vous-plaît!!! Peu importe à quel point on peut essayer d'embarquer, la mer est simplement trop grande de ridicule pour y réussir. --RJ

 

Cote: C

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