K-PAX
Cast: Jeff Bridges, Kevin Spacey, Mary McCormarck, Alfre Woodard, David Patrick Kelly, Saul Williams
Année: 2001
Studio: Universal
Longueur: 125 minutes
Classé Général

Depuis le début des temps rêvons-nous des possibilités que notre univers détient, et que l'on ignore pour l'instant. K-Pax (même titre en v.f.) s'avère la plus récente production hollywoodienne à s'attarder sur le sujet, après les nombreuses autres l'ayant précédé. Ce que K-Pax nous propose au plan de vue scientifique, c'est qu'un extra-terrestre nommé Prot (Kevin Spacey) soit descendu de sa planète lointaine, K-Pax, pour venir étudier ce qui se passe sur Terre. Prot affiche une silhouette humaine, mais il possède d'étonnants dons, comme celui de détecter les rayons infra-rouges à l'oeil nu. On l'oblige vite à consulter un psychiatre de premier ordre, Mark Powell (Jeff Bridges), et ce dernier en vient à croire que ce conte fantastique renferme peut-être la vérité, aussi fou que ça puisse paraître.

Alors, Prot vient-il vraiment d'une autre galaxie? Je ne m'avancerai pas là-dessus. Pas parce que je veux pas, mais parce que je ne peux le faire avec certitude. En effet, le film joue avec notre cerveau, nous entraînant d'abord à croire les dires de Prot, puis à le dénier en apportant de nouveaux éléments rendant son status d'extra-terrestre moins probable. Sans rien dévoiler, je vais me contenter de vous conseiller de demeurer attentif, afin d'être capable d'au moins avancer une théorie sur le sujet après le visionnement. Car l'intérêt de K-Pax réside en grosse partie là.

L'autre partie de plaisir du film est l'interaction entre Bridges et Spacey, spécialement grâce à la présence de ce dernier. Que de sagesse et de bon jugement que de les avoir casté dans ces rôles! On n'aurait pu trouver mieux. Et une chance, car sans Spacey, certaines facettes du personnage de Prot n'auraient carrément pas passer, alors que le brillot éternel de Spacey les fait couler avec plus de faciliter. Par exemple, combien de fois va-t-il falloir dans un film de science-fiction voir l'alien regarder l'humain de haut en lui disant, avec un demi-sourire, "Vous les humains!" pour prouver la supériorité de sa race? K-Pax n'évite pas toujours ces quelques clichés, mais Spacey et Bridges produisent une bonne chimie ensemble et actent précisément comme ils doivent le faire ici.

Ce que les deux stars ne peuvent malheureusement pas contrôler, c'est où le récit se dirige. Le scénario de K-Pax débute de façon extrêmement prometteuse, et continue d'ajouter de bons éléments additionnels en cours de route, comme les trois consignes que Prot donne à un autre patient de l'hopital psychiatrique (David Patrick Kelly) afin qu'il parvienne à guérir. Cependant, environ à partir de la moitié du récit s'opère un changement radical de direction, inapproprié et conventionnel: il faut trouver le problème de Prot. On ne peut accepter qu'il soit simplement ce qu'il prétend être, ou on ne lui permet pas d'aller encore plus loin dans son excentricité. Au contraire, on l'oblige lui et le film à tomber dans du sentimentalisme qui, sans être nécessairement manipulateur ou pénible, n'a pas sa place ici. Le tout fait grandement ralentir le rythme, et on se retrouve en bout de ligne avec une histoire qui n'apporte rien de bien nouveau. Si un développement additionnel d'une heure sert uniquement à apporter la théorie que le héros s'avère à être un humain, alors c'est que le scénariste Charles Leavitt (se basant sur le roman de Gene Brewer) a un problème de synthèse certain.

Si K-Pax ne demeure pas constamment à la hauteur au niveau de sa structure, il le fait par contre au niveau technique, particulièrement par sa splendide photographie et sa musique enchantante. Le directeur photo John Mathieson, nouveau bras-droit de Ridley Scott (pour lequel il a filmé Gladiator et Hannibal avec un goût impeccable) transforme des scènes sur la page banale en images magnifiquement composées. Pour ce faire, il utilise beaucoup les jeux de lumière, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, et il donne une vie spéciale au film. On peut en dire autant du superbe thème musical composé par Ed Shearmur, qui nous enveloppe à chaque fois qu'il se fait entendre.

Donc en bout de ligne K-Pax mérite-t-il d'être vu? Sans aucun doute, malgré quelques défauts décevants. Il ne faut ni s'attendre à E.T. où à une révélation cinématographique du genre. Le film n'ose pas explorer un terrain plus aventureux, et il y paye en bout de compte. Il offre cependant une bonne dose de beaux moments et de matière sur laquelle réfléchir à l'apparition du générique, et même avec sa longueur (un peu plus de deux heures), réussit à divertir un public de tout âge. --RJ

 

Cote: B

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