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| INTOLERABLE CRULETY |
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| Cast: George Clooney, Catherine Zeta-Jones, Paul Adelstein, Cedric the Entertainer, Billy Bob Thornton
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| Année:
2003 |
| Studio: Universal |
| Longueur: 100 minutes |
| Classé Général |
Les frères Joel et Ethan Coen ont toujours évité, le plus possible, les lumières d’Hollywood. Ce sont des cinéastes indépendants, et fiers de l’être, ayant bâti leur prolifique carrière la plupart du temps avec des comédies étranges devenant souvent des films-culte (Fargo, The Big Lebowski). Malgré leur sérieuse – et brillante – exploration du genre du film noir il y a deux ans avec The Man Who Wasn’t There), leurs racines se trouvent immanquablement dans l’humour. Intolerable Cruelty (Intolérable Cruauté en v.f.) représente un retour dans cette catégorie, mais aussi simultanément un pas dans une nouvelle direction: celle du cinéma commercial.
Comme les Coen en ont l’habitude, ils refont ici équipe avec plusieurs de leurs collaborateurs habituels. La plupart des acteurs composant la distribution sont des vétérans des productions des deux frères, à l’exception peut-être de Catherine Zeta-Jones. Elle tient ici le rôle de Marylin Rexroth, une femme plantureuse et aguichante qui collectionne les maris comme elle collectionne les divorces. Elle marie la fortune de chacun pour ensuite la garder après la séparation. Tout fonctionne pour elle jusqu’au jour où elle croise le fer en court avec l’ambitieux avocat Miles Massey (George Clooney), qui met fin à sa série victorieuse… et qui allume son cœur du même coup. Mais l’amour est-il vraiment possible entre ces deux êtres possessifs et matérialistes, ou est-ce plutôt une ruse de l’un pour arnaquer l’autre?
Les films des frères Coen se divisent pour la plupart en deux catégories : ceux où ils préfèrent jouer tout à demi-ton, par suggestion, par sarcasme, et ceux où ils exagèrent et poussent tout de façon excentrique. Règle générale, leurs meilleurs efforts (Raising Arizona, Fargo, The Man Who Wasn’t There) se situent dans la première classe, leurs moins bons (The Big Lebowski, O Brother, Where Art Thou?) dans la seconde. Intolerable Cruelty appartient malheureusement davantage à cette dernière. Les Coen, qui ont ici pour une rare fois co-écrit le script avec deux autres scénaristes (Robert Ramsey et Matthew Stone), mettent en scène une dizaine de personnages, les uns les plus étranges que les autres, et chaque particularité artificielle n’a l’air qu’une tentative désespérée cherchant à donner du caractère à des personnes qui n’en ont autrement pas. Comment sinon expliquer les présences complètement surfaites d’Edward Hermann (jouant l’ex-mari de Marylin), Paul Adelstein (pleurant à toutes les occasions dans le rôle du partenaire de Miles) et même de Geoffrey Rush (incarnant, pour une brève scène d’ouverture, un millionnaire cocu)?
En fait, les deux seuls jouant leur rôle avec un minimum de calme sont Clooney et Zeta-Jones. Cette dernière, de loin meilleure dans sa performance oscarisée dans Chicago, ajoute un personnage typique pour elle à la liste déjà longue, mais au moins possède le physique nécessaire pour le rôle. Clooney, quant à lui, s’avère très bon. On s’habitue à toujours voir ses mêmes expressions faciales dans ses différentes prestations, spécialement son sourire nonchalant. Dans Intolerable Cruelty, Clooney ré-invente pratiquement sa façon d’acter, et le résultat est plaisant à voir. Tout se joue dans ses yeux, et il nous sert des visages jamais vus auparavant, parfois suffisants à eux-seuls pour nous soutirer un rire.
Il n’est pas le seul élément qui fonctionne dans le film. Quand les Coen se tiennent loin des excès et des clichés, Intolerable Cruelty marche remarquablement bien. Les deux stars dégagent un charisme et une belle complicité ensemble, et le scénario comporte quelques lignes amusantes de dialogues, en plus d’un gag visuel précis royalement hilarant (sans le décrire, je peux seulement dire qu’il continue à faire rire bien après le moment en question). Le problème est par contre que le film tombe justement trop souvent dans les stéréotypes (un discours du héros sur les vertus de l’amour nous fait lever les yeux au ciel) et l’exagération inutile. Si cela est dû à l’approche nouvellement commerciale des auteurs/réalisateurs, ou alors parce que leur scénario manquait de consistance, il se fait dur à dire exactement. Ce qui est certain, c’est qu’Intolerable Cruelty ne fait pas partie de leurs meilleurs films. --RJ
Cote: B-
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