
|
| HOTEL RWANDA |
 |
| Cast: Don Cheadle, Sophie Okonedo, Nick Nolte, Cara Seymour, Desmond Dube, Joaquin Phoenix, Fana Mokoena, Tony Kgoroge |
| Année:
2004 |
| Studio: United Artists |
| Longueur: 121 minutes |
| Classé Général |
Il n'y a pas eu de génocide sur une plus grande échelle depuis l'Holocaust que les atrocités commises au Rouanda, il y a maintenant de cela dix ans. En 1994, plus d'un millions de civils, hommes, femmes et enfants, appartenant à la tribus des Tutsis, furent massacrés par des militaires Hutus. Trouver une histoire positive dans toute cette horreur est sans doute plus difficile que trouver une aiguille dans une botte de foin. Si l'Holocaust a eu Schindler's List, alors le Rouanda a Hotel Rwanda (Hôtel Rouanda en v.f.).
Tout comme Oskar Schindler était un Allemand qui a décidé de risquer sa vie pour sauver celles de Juifs, Paul Rusesabagina est un Hutu qui a tout risqué pour parvenir à sauver 1268 Tutsis. Les deux histoires ressortent de la masse évidemment par leur incroyable improbabilité, mais également par ce qu'elles ont à dire sur l'homme. Il faut un cinéaste des plus optimistes pour voir de la lumière dans des endroits si sombres, mais tout comme Steven Spielberg, le scénariste/réalisateur Terry George semble posséder cette vision distincte. George accomplit ici une prouesse remarquable: nous faire sentir une violence à peine soutenable pendant deux heures sans presque jamais en montrer à l'écran. Toute la tension dans Hotel Rwanda demeure par-dessus nos têtes, sans que l'on puisse la voir, et sans qu'elle ne nous laisse le moindre répit. Au plan de vue cinématographique, c'est aisément l'un des films les plus prenants de 2004; au plan de vue humain, c'est indéniablement le plus bouleversant.
En focusant sur la bravoure d'un seul homme, un film portant sur une tragédie aux telles proportions aurait pu être vu comme manquant de considération et de considération pour les centaines de milliers de vies qui n'ont pu être sauvées. Mais Hotel Rwanda est imprégné d'une telle dévotion et d'un tel respect pour le sujet que le film joue toujours de façon juste. À commencer par Don Cheadle qui, en interprétant le rôle principal, vient enfin de montrer sa capacité à mener une production. Cheadle est efficace dans de solides rôles de soutient depuis de nombreuses années (Boogie Nights, Out of Sight,
Traffic), et il fait bon de le voir enfin offert sa chance de briller. Et il le fait. L'actrice britannique Sophie Okonedo, jouant la femme de Paul, apporte également un support considérable. Nick Nolte campe quant à lui un colonel canadien des Nations Unies (non sans rappeller le général Roméo Dallaire), impuissant devant la situation.
Parlant des Nations Unies, j'aimerais prendre quelques lignes ici pour exprimer une opinion n'ayant rien à voir (directement du moins) avec le cinéma. Il me semble, au meilleur de ma connaissance personnelle, que l'Organisation des Nations Unies a été créée, après la Seconde Guerre Mondiale, précisément pour éviter de telles catastrophes ultérieures. En regardant uniquement la dernière décennie, des génocides aux proportions bibliques ont eu lieu en Somalie, au Rouanda et, pas plus tard que cette année, au Soudan. Leurs "pressions" ridicules sur Saddam Hussein pendant les douze ans après la Guerre du Golfe ont en fait contribué à la présente guerre en Irak. L'Iran et la Corée du Nord développent depuis plus d'une décennie des armes de destruction massive, alors que d'innombrables pays africains et asiatiques continuent d'oprimer leurs peuples. Et pourtant, les bureaucrates de l'ONU ont rendu leur mandat vital en club de débat entre intellectuels inactifs et corrompus. En un mot, c'est une honte.
Hotel Rwanda nous montre le récit d'un homme sur le terrain qui, à lui-seul, a fait une différence. Si seulement on pouvait rêver que les gens au pouvoir en fassent autant... --RJ
Cote: A-
Retour
|