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| FINAL FANTASY |
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| Cast: Voix de Ming-Na, Alec Baldwin, Ving Rhames, Steve Buscemi, James Woods, Donald Sutherland |
| Année:
2001 |
| Studio: Columbia |
| Longueur: 106 minutes |
| Classé Général |
Peu importe l'avancement technologique auquel on peut assister au cinéma, il se trouvera toujours des règles fondamentales à respecter afin d'avoir un bon film entre les mains. Les effets visuels ne remplacent pas un scénario brillant, tout comme l'animation par ordinateur ne peut remplacer une performance solide d'acteur. L'équipe technique derrière Final Fantasy (même titre en v.f.) a créé un monde que plusieurs qualifieront de révolutionnaire dans le domaine; ils l'ont cependant fait sans matériel à la base. Pas d'histoire, pas d'intrigue, pas de véritable intérêt non plus.
Il n'y a simplement pas de joie dans Final Fantasy. Le film n'est pas une simple version cinématographique d'un jeu vidéo: il donne l'impression au spectateur de voir quelqu'un jouer à un jeu vidéo. Ça n'a rien de particulièrement excitant. On doit endurer pendant près de deux heures un récit sans queue-ni-tête et surtout sans vie. En deux mots, l'héroïne, le Dr. Aki Ross doit sauver la planète Terre à temps d'une destruction inévitable. Wow. Attention à ne pas trop faire preuve d'originalité, ça pourrait dommager les neuronnes. Et à travers cet odyssey de clichés on se perd dans une mer d'invraisemblable et d'incompréhensible. On ne sait pas comment la planète en est venue au juste à l'état où elle se trouve, tout comme on saisit mal le concept des "huit esprits" et des autres sottises du genre. Le ton du film est constamment dépressif et sombre, et ce à un tel point que l'on a parfois de la difficulté à départager les séquences où Aki Ross rêve de celles qui appartiennent à la "réalité".
L'animation est impressionnante, je ne dirai pas le contraire. Impressionnant constitue peut-être même un qualificatif faible pour les réussites plus que louables des techniciens derrière Final Fantasy. À plusieurs reprises dans le film, on croit pratiquement que les figures à l'écran sont véritablement humaines - lorsqu'elles ne bougent pas. Car lorsque les personnages se déplacent, on voit sans équivoque qu'il reste encore beaucoup de travail à faire pour donner un look vraiment authentique à l'animation du genre. Les personnages ressemblent plus souvent qu'autrement à des blocs de pierre se mouvant dans secousses, et on peut ainsi difficilement les prendre au sérieux. Ce n'est pas une catastrophe, loin de là, mais, comme dans un jeu vidéo, on est toujours rappelés qu'on regarde de la fiction, et non de la réalité. Et au cinéma, c'est un des plus gros problèmes qu'un film peut rencontrer.
Un autre problème par rapport à la crédibilité du film réside dans les voix des personnages. Ceux qui verront Final Fantasy dans sa version originale anglaise qui connaîtront moindrement les acteurs prêtant leurs voix à la production n'y croiront carrément pas par moments. Le meilleur exemple est probablement ce qu'on a fait faire à James Woods: on l'a casté dans le rôle d'un corpulent et puissant général dans la force de l'âge. Tout le monde connaît Woods, et tout le monde sait aussi qu'il ne ressemble pas à cela. De plus, la direction de ces acteurs laisse à désirer. Dans un petit bijou d'animation comme Shrek, par exemple, les acteurs donnant leurs voix étaient si convaincants et si bien dirigés que l'on ne songeait pas un instant que l'âne n'était qu'un simple dessin auquel on avait superposé les paroles d'Eddie Murphy. Dans Final Fantasy, c'est exactement l'opposé de cela: on sent continuellement le manque de naturel, comme si l'on assistait à un montage sonore irréaliste. Et, en quelque sorte, ça en est un.
Non seulement n'y a-t-il pas de joie dans le film, mais il y a probablement encore moins d'émotion. Les personnages ne captent jamais notre attention, puisqu'ils ne sont que de simples "cartoons" d'arcade. Mettez-les dans un contexte auquel on croit très peu, et on n'a pas le moindre intérêt de demeurer dans la salle après avoir vu les premières prouesses visuelles. Final Fantasy sera peut-être bien comparé dans le futur par rapport à sa qualité d'animation et la mini-révolution qu'il a entraîné, mais personne ne pourra s'en rappeler pour sa qualité cinématographique. --RJ
Cote: C-
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