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| CRASH |
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| Cast: Don Cheadle, Matt Dillon, Ryan Phillippe, Terrence Howard, Thandie Newton, Sandra Bullock, Brendan Fraser, Jennifer Esposito, Ludacris, Larenz Tate, Michael Pena
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| Année:
2005 |
| Studio: Lions Gate |
| Longueur: 100 minutes |
| Classé 13 ans+ |
Si l'art existe pour nosu remettre en question, alors peu de formes le font mieux que le cinéma. Et si le cinéma est fait pour nous provoquer, peu de films le font mieux que Crash (même titre en v.f.).
Co-écrit et réalisé par le Canadien Paul Haggis (scénariste nominé aux Oscars pour Million Dollar Baby), Crash se déroule sur une période de 36 heures à Los Angeles, où le destin d'une multitude de personnages. Si ça sonne familier, ne vous en faites pas - vous n'avez aucune idée des directions que le récit prend. Le film ne se contente pas de simplement connecter des histoires ensemble - celles de deux détectives, de deux policiers, de deux voleurs de voitures, d'un politicien et de sa femme, d'un réalisateur de télévision et de sa femme, d'un serrurier et d'un propriétaire de magasin - mais de faire de leurs rencontres des moments de crise et de conflit, qui nous remuent profondément. Haggis se sert un peu de tous ces gens, venant tous de milieux totalement différents, pour explorer des thèmes beaucoup plus gros, notamment le racisme.
Un peu moins de quatre ans après le 11 septembre 2001, force est d'admettre que les tensions raciales ont grimpé à peu près partout autour du globe. Le scénario de Crash est écrit d'uen façon si brillante qu'il attaque nos préjugés et nos idées de front, sans faire de détour. Le film fait preuve d'une telle pertinence et d'une telle honnêteté qu'il nous force, et ce pendant et après son visionnement, à fouiller au plus profond de notre propre âme. Crash dépeint un monde bien trop réel où tous ont du bon et du mauvais en eux, où tous sont humainement capables du meilleur et du pire, et la différence de classe, de race, de culture et d'origine veut parfois tout dire.
Bâtir un long-métrage cohérent et complet d'à peine une heure quarante minutes autour de plus de dix personnages relève du suicide narratif, mais plutôt miraculeusement, Haggis y parvient. Il serait facile d'accuser le récit d'avoir trop de rencontres "fortuites" entre ses personnages, mais un tel reproche consisterait à complètement manquer le bateau; le film porte sur les situations et les contextes qui poussent les gens à réagir comme ils le font. Crash incite à la tolérance et à la réflexion, mais plus que tout, il nous laisse émotivement bouleversés. Deux séquences en particulier, une impliquant une arme à feu et l'autre un accident de voiture, s'avèrent carrément épuisantes émotivement.
Le casting se fait extrêmement intéressant lorsque l'on réalise que la distribution est remplie d'acteurs modestement célèbres qui n'ont rien fait depuis deux ou trois ans. Sandra Bullock, Brendan Fraser, Matt Dillon, Ryan Phillippe et Thandie Newton avaient tous plus ou moins disparu de la carte, et ils reviennent tous en force ici. Parmi tout le lot d'acteurs au premier plan de Crash (et ils sont tous, sans exception, superbes), Matt Dillon laisse une marque probablement plus forte que quiconque. Incarnant un policier vétéran de 17 ans, il fait preuve d'un charisme, d'une intelligence et d'une présence hors-du-commun. S'il n'a besoin d'une seule scène pour se faire détester de l'audience, il n'en a besoin que d'une autre pour nous faire entièrement changer notre perception de son personnage. Se démarquer d'un ensemble de performances si solides constitue en soit un exploit; on ne peut que souhaiter que l'Académie s'en souvienne au printemps prochain.
Crash n'a pas la vision épique de Magnolia, mais compense avec tout ce qu'il nous force à explorer et à vivre. Paul Haggis, dans un intervalle de six mois, vient de s'annoncer comme talent majeur à Hollywood. Continuer à écrire et réaliser des productions de la trempe de celle-ci constituerait pratiquement de la magie. Comme premier tour, ça en est tout un. --RJ
Cote: A
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