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| CONSTANTINE |
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| Cast:
Keanu Reeves, Rachel Weisz, Shia Labeouf, Tilda Swinton, Djimon Hounsou |
| Année:
2005 |
| Studio: Warner Bros. |
| Longueur: 121 minutes |
| Classé 13 ans+ |
On peut difficilement comprendre le choix de carrière de Keanu Reeves de s'être lancé, moins de deux ans après la fin de la trilogie The Matrix, dans un projet comme Constantine (même titre en v.f.). Quand on considère que Constantine se veut une sorte de croisement entre The Matrix et The Devil's Advocate, un autre film qui a aidé à bâtir la carrière de Reeves, on comprend encore plus mal. L'acteur appartient à l'univers de Constantine comme Jean-Claude Van Damme peut trouver appartenance à tout film d'action stupide; on voit seulement un peu difficilement pourquoi Reeves n'ose pas passer à autre chose.
Constantine n'est, dans les faits, pas grand chose de plus qu'un croisement bien fait mais moins bon entre ces deux films. Avec un antihéros comme John Constantine (Reeves), on peut difficilement s'attendre à un film très émotif; Constantine, déjà condamné du cancer, voit des démons depuis son enfance, et gagne sa vie en pratiquant des exorcismes. Lorsque une policière (Rachel Weisz) vient le voir pour lui demander de l'aide, les deux s'engagent dans un périple au coeur du monde sous-terrain des anges et des démons.
On peut respecter Constantine non pas par sa grande qualité, mais en considérant qu'il marque le début comme réalisateur de Francis Lawrence. Lawrence, qui a jusque là fait carrière dans l'univers des vidéoclips, montre un talent certain avec les images et l'ambiance. Lui et son directeur de photographie Philippe Rousselot (oscarisé pour A River Runs Through It) créent un monde à la fois surréel et étrangement crédible. Lawrence aurait grandement bénéficié d'un monteur ayant osé couper quelques longueurs affligeant le film, particulièrement dans son dernier quart, certes. Cela n'enlève pas son mérite d'être parvenu, à une époque où les films du genre abondent, à construire un monde distinct et, par moments, saisissant.
Dans cette autre orgie d'effets spéciaux, Keanu Reeves marche comme à nouveau comme un zombi - seulement, pour une fois, c'est approprié. On pourrait facilement l'accuser de jouer ce genre de rôle dans ce genre de film une fois de plus parce qu'il est incapable de faire autre chose. C'est peut-être vrai - même si sa présence explosive dans Speed, il y a dix ans, peut prouver le contraire - mais son manque d'expression donne à John Constantine, étrangement, sa personnalité. Je suis content de voir que Rachel Weisz, une actrice physique au regard perçant et intelligent, obtient peu à peu, au fil des années, sa place à Hollywood. Son rôle ici ne marquera certainement pas sa carrière, mais la place néanmoins comme joueuse importante.
Les vrais problèmes de Constantine, comme tant de films hollywoodiens à chaque année, ne viennent pas de la forme ou de l'exécution, mais du contenu. Constantine s'avère infiniment plus impressionnant au niveau technique que, pour donner un exemple récent, Million Dollar Baby; pourtant, le film de Clint Eastwood demeure avec nous pendant des jours, alors que celui de Francis Lawrence nous sort de la tête quand on franchit la porte de sortie. Constantine, sans être nécéssairement mal construit, n'a fondamentalement absolument rien de nouveau à offrir au genre - à part, peut-être, un message anti-tabac qui devient vite assomant. The Devil's Advocate était marquant par son intelligence, son atmosphère et sa morale nous portant à réfléchir; The Matrix était révolutionnaire par son concept et son exécution qui a brisé des barrières technologiques; Constantine n'est pas beaucoup plus qu'un autre film "vide" bien fait. --RJ
Cote: B-
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