BRUCE ALMIGHTY
Cast: Jim Carrey, Jennifer Aniston, Morgan Freeman
Année: 2003
Studio: Universal
Longueur: 101 minutes
Classé Général

L'idée de placer les pouvoirs de Dieu entre les mains d'un gars ordinaire a tout de génial. Elle ouvre les portes sur un monde infini de possibilités narratives pouvant jouer dans absolument tous les genres: comédie, drame, fantastique, notamment. Bruce Almighty (Bruce le Tout-Puissant en v.f.) a opté pour l'angle plus comique de la chose, sans manquer d'ajouter une dose de sérieux que l'on ne soupçonne pas en voyant la simple bande-annonce.

Jim Carrey, après son flop commercial The Majestic, revient au style de production qui lui ont valu la gloire en premier lieu. Il incarne Bruce Nolan, un reporter minable de Buffalo qui, après s'être plaint successivement que Dieu lui rend la vie misérable, se voit offrir la chance par le Créateur lui-même (personnifié par Morgan Freeman) de jouir de la capacité de faire du monde ce que bon lui semble.

L'aspect comique du concept trouve précisément là sa base fondatrice: toutes les bêtises les plus inutiles les unes que les autres que le premier venu commettra lorsqu'il se verra offert cette extraordinaire opportunité. À cet égard, Bruce Almighty explore relativement peu les possibilités. Le film s'allume littéralement à la première seconde où le héros jouit de ses nouveaux pouvoirs, alors que la chanson "I've Got the Power" accompagne les "changements" apportés par Bruce. La séquence s'avère brève mais efficace, puis est suivie quelques minutes plus tard par un second montage musical remarquable, alors que "The Rockeffaler Skank" se fait entendre tandis que Bruce se prépare pour une nuit pour le moins mouvementée avec sa copine Grace (Jennifer Aniston).

À ce moment, Bruce Almighty nous emplit de contentement et d'espoir à la fois, nous annonçant que l'idée de base a effectivement été développée à son maximum. Seulement, le film décide de demeurer sur un plateau après cela et, sans vraiment se gâcher, n'ose pas pousser les choses plus loin. Le scénario de Steve Koren, Mark O'Keefe et Steve Oedekerk préfère tomber dans une trame épuisée d'infidélité et de problèmes conjugaux qui ralentit toute la motion énergétique que le film possédait. Puis arrive le dernier droit moralisateur auquel on pouvait s'attendre, spécialement en tenant compte que le réalisateur se nomme Tom Shadyac et qu'il a réalisé Patch Adams.

Pour se faire juste avec Bruce Almighty, on doit toutefois mentionner que cette morale - que plusieurs jugeront forcée - a quand même sa place ici. Shadyac n'essaye pas de faire pleurer personne, seulement de nous faire réaliser que le monde n'a rien de simple, et que l'unique fait de se soucier de son prochain peut améliorer notre existence. Il n'y a bien sûr rien de trop subtil dans cette pensée, tout comme la performance de Carrey ne joue pas dans les virgules et les nuances. Sa présence fait davantage penser à Liar, Liar qu'à The Majestic. Cela étant dit, il nous soutire des rires et n'exagère pas trop, comme il le faisait dans ses comédies précédentes, et tout le monde en bénéfécie. À ses côtés, Jennifer Aniston fait ce qu'elle peut avec un personnage de faire-valoir sous-développé, alors que Morgan Freeman prouve qu'il constituait un choix éloquent pour interpréter le Tout-Puissant. L'effet de Bruce Almighty est peut-être diminué par son conformisme, mais ses idées de base ne trompent pas, et permettent de nous faire rire et de nous divertir. --RJ

 

Cote: B

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