Cycle : La Nouvelle Terre

Titre : Songs of the North

Auteur : Chris

Genre : medieval fantastic/Post-apocalyptique

Source : Originale

 

Songs of the North

 

Chapitre II

 

" Sommeil difficile ? "

Une main m’effleura l’épaule.

" Oui, " répondis-je, la tête lourde, embrumée des souvenirs de la nuit.

Je l’avais passée à les retourner dans tous les sens. Malheureusement rien n’était revenu. Au contraire, le visage même de Minoa ne m’était pas réapparu.

" Général ? Ca va ? "

" Ca va… ça va Fritz. "

Je m’assis sur le lit, la tête dans les mains et pris une longue inspiration espérant qu’elle libèrerait mon esprit des brumes de Mère Sommeil.

" Vous voulez m’en parler Général ? "

Même si Fritz était mon cadet de plusieurs années et qu’il n’était que mon aide de camp personnelle, il n’en restait pas moins le seul homme auquel je m’étais confié. Je n’avais jamais compris pourquoi.

Peut-être était ce parce qu’il savait quoi me dire au moment où j’en avais le plus besoin. Il avait toujours pris le temps de m’écouter et de me réconforter. Il était devenu le confident qu’il me manquait depuis la mort de ma mère, il y avait sept ans.

" Pas pour l’instant, Fritz. Vas me chercher l’eau pour mon bain, il me faut partir prestement. "

" Bien Général, j’y vais dans la seconde. "

" Euh… merci Fritz. "

Je relevai les yeux et nos regards se croisèrent. Je sentis le mien s’embuer, j’avais envie de pleurer. Ceux de Fritz ne démentait pas mon sentiment, lui aussi était à la limite de la rupture.

" Bon c’est pas tout ça… "

Je bondis de mon lit et me dirigeai vers la salle d’eau.

" Fritz, mon eau… " dis-je d’un air détaché.

Le même qui me trahissait lorsque je me sentais mal à l’aise vis-à-vis de mon interlocuteur.

Fritz effectua la révérence d’usage et quitta la tente avec silence. M’étant retrouvé seul, je repassai ces évènements à vitesse rapide. Chaque fois que je revoyais son visage, je ne pouvais m’empêcher de frémir.

Que pouvait-il bien m’arriver ?

Je fus tiré de mes pensée par le retour de mon aide de camp.

" Général, je vous amène l’eau pour votre bain… "

" Bien, dépose la. Je m’en occupe. Tu peux me laisser maintenant. "

" A vos ordres. "

Il allait quitter ma tente lorsque je me pris à le rappeler. Je lui demandai de rester avec moi et de m’aider à effectuer ma toilette. Je prétextai un mal de tête persistant et des difficultés musculaires.

Fritz accepta sans poser de questions. Il prépara le bain avec soin et m’invita à l’y rejoindre. Son toucher m’était salvateur. Je croyais revivre entre ses mains. L’eau me coulait entre les omoplates et descendait vers mon entre jambe.

Etranges sensations…

Le regard du jeune homme se posait insidieusement sur moi. Je me sentais un peu mal à l’aise mais aussi intéressé. C’était la première fois que quelqu’un m’assistait dans cet acte si personnel. Je n’avais jamais laissé personne me regarder dans cet accoutrement…

A part ma mère, petit garçon.

Je sortis du bain, tout dégoulinant encore. La tenue d’apparat trônait sur une chaise. Fritz se tenait à son côté, droit comme un piquet.

Enfin sec, je me dirigeais vers lui. Il me tendit alors les habits un à un. Ce qu’il venait de vivre lui était si inhabituel qu’il semblait ne plus savoir comment me considérer.

Lui avais-je laissé croire qu’il était devenu autre chose que mon aide de camp personnel ?

Que m’avait-il pris de lui demander ce service ?

Cela me ressemblait tellement peu…

Mais il était trop tard pour regretter. Il nous faudrait vivre avec cet instant gravé au plus profond de notre âme jusqu’à notre dernier souffle. Plus rien ne serait plus comme avant…

Je me hâtais, le Roi attendait avec impatience mon retour ‘triomphal’ à Torus. De nombreuses questions m’assaillirent, je devins soudainement las, ma respiration se fit lourde et…

" Fritz, laisses-moi. "

" Pardonnez-moi, Général, mais je dois porter à votre attention que vos lieutenants attendent leurs feuilles de route. "

" Ah… bien sûr, ces maudites feuilles. Fritz, charge-t-en. Tu connais les formules d’usages. "

" Mon Général… "

" Faites ce que je vous dis Fritz, " dis-je en haussant ostensiblement la voix et le vouvoyant.

Le jeune homme baissa la tête comme un enfant qu’on aurait pris sur le fait. " C’est un ordre, " fis-je en évitant de croiser ses yeux. " Laisse-moi maintenant ! "

" Bien Général. "

Il fit quelques pas et se retourna sur moi. Son regard de chien battu se fixa sur mon auguste personne et devint tendre.

" Mac ? On se revoit dans deux jours à Torus ? "

" Oui… Sois prudent… "

Ma réponse fut reçue avec joie. Un sourire éclaira le visage juvénil de mon ami et il sortit.

Seul, je mesurai toute la lourdeur du silence ambiant. Je ressentis alors la responsabilité qui m’encombrait bientôt. Mais tout se compliquait dans ma tête. Je ne savais pas quoi dire, que répondre…

Comment allais-je expliquer que mes troupes s’étaient faites laminer ?

Que le Capitaine des Lanciers Royaux, le propre cousin du Roi, avait été blessé lors de l’engagement ?

Que je n’avais rien pu faire pour l’empêcher ?

L’épreuve me semblait de plus en plus insurmontable. Je songeai même à m’enfuir, loin, très loin. Peut-être que le repentir me serait alors accordé mais je restai là, prostré, ne sachant quoi faire.

Les larmes coulaient lentement le long de mes joues.

L’instant d’angoisse dépassé, un nouvel élan de courage s’insuffla en moi. Je repris confiance et je me résolus à chevaucher à brides abattues jusqu’à Torus.

" Plus vite le Roi serait mis au courant, moins je risquerais son courroux, " pensais je.

Mon cheval était fin prêt, Fritz lui tenant la bride.

Un étalon de cinq ans aux pattes fines, à la peau blanche comme le lait maternel, à la croupe galbée… Il portait bien ses origines estianes. Il me rendait fier à chacune de ses apparitions.

Qu’il était beau ainsi harnaché !

Sa mère m’avait été offerte par Balsta, le Raja des Sables de l’Est, un fort homme d’une quarantaine d’années, aux traits durs et au visage buriné par les vents et le soleil. Je lui avais permis d’unir sous sa maison les tribus du désert voilà près de dix ans.

La région connaissait alors une instabilité démographique et politique grave. Le conseil des Raja perdait de son autorité auprès de leur peuple. Certains chefs militaires devenaient même gourmands. Il fallut l’intervention du Roi et de ses soldats pour ramener le calme et déjouer leurs complots.

Une paix toute relative s’était ainsi installée. Sous l’égide de Aldam, les derniers représentants de l’ancien conseil élirent Balsta comme leur chef unique. Ses premières décisions furent de rétablir le conseil tout en supprimant les privilèges des tribus. Il fonda Estia, sa cité des Sables.

C’était maintenant une métropole riche et prospère. Grâce à des travaux d’irrigation, des palmeraies et des prés poussaient paisiblement à sa périphérie. Mais sa principale source de richesses était son marché couvert. Toutes les caravanes s’y arrêtaient et en profitaient pour y étaler leurs plus belles marchandises. Les pièces d’or et d’argent s’entrechoquaient dans des bourses plus fournies les unes que les autres.

Toutefois, quelque chose ne tournait plus rond. Notre monde était à la limite de la rupture.

Au Royaume des Sables de l’Est, c’était les chefs de tribus. Les richesses s’accumulaient, un sentiment de sécurité endormait les citadins sur leur deux oreilles… mais les Raja reprenaient du poil de la bête.

Leur appétit s’aiguisait sous l’impulsion du fils de Balsta. Il prônait le retour des anciens droits tribaux. Ei’Stefan, c’était son nom, regrettait le temps béni où son grand-père menait en maître absolu, son troupeau d’ovins à travers les dunes, entouré de sa famille et de ses proches…

Il est vrai que la sédentarité ne satisfaisait que la nouvelle génération encore trop peu nombreuse que pour asseoir son pouvoir. La nostalgie de l’ancien régime avait ainsi germé parmi une large part de la population.

Ei’Stefan, lui, s’efforçait de raviver les anciennes traditions, religions,… Son père, influencé par les idées laïques du Roi Dyioss, était embarrassé par la situation. Alors qu’il essayait de consolider son pouvoir, voilà que son propre fils mettait tout en œuvre pour le déstabiliser et risquer de voir le rêve de toute une vie tomber en miette.

" Ce jeune présomptueux… " disait-il. " Il ne comprend même pas ce qui est en jeu ".

J’avais tout essayé pour démontrer à ce jeune homme combien la politique de son père était primordiale pour la stabilité de la région. Je croyais que mes paroles avaient reçu un écho. Mais les derniers événements que Balsta m’avait écrit me démontrait tout le contraire.

En effet, il m’avait récemment avoué que son fils venait d’entrer à l’Académie des Guerriers des Sables, un célèbre centre d’entraînement militaire et d’endoctrinement religieux, un des plus extrémistes de Ligam.

Ces informations me confortaient dans l’idée que notre monde était à la limite de la rupture. Les nouvelles générations bousculent de plus en plus les ordres établis.

" Qu’allons-nous devenir? " soufflais-je.

Je songeai une dernière fois à Balsta. Mon cheval n’avait pas été la seule récompense que ce Raja m’avait offert.

Un cimeterre me battait la cuisse. Une lame de 70 centimètres de long, incurvée, faite de cuivre renforcé de fer. La garde était sertie de pierres précieuses telles que ruby, diamant… incrustées dans l’or massif des mines des Montagnes de l’Est.

Balsta m’avait félicité pour mon goût et raconté son histoire.

Cette épée aurait été forgée par les survivants du Grand Massacre. Une légende aussi vieille que la Nouvelle Terre. J’en avais souvent entendu parler par les Anciens de tous les Royaumes mais aucune traces, tant écrite que matérielle, n’avaient survécu de cette période.

Seuls des récits aussi farfelus les uns que les autres subsistaient. Ces derniers représentants des colons de la Nouvelle Terre auraient combattu contre un ennemi indéterminé pour leur liberté. Ils avaient ensuite voulu conjurer le sort et avaient conçu cette épée pour les protéger.

Balsta avait accueilli cet aveu avec un rire énorme. Je l’avais accompagné du bout des lèvres, envahi d’une étrange sensation.

A chaque fois que je levais sa lame en direction du soleil, je jurais entendre un chant, un hymne à une liberté retrouvée.

C’était pour cette raison que je l’avais toujours considérée comme magique. Quelques fois même, lorsque je me sentais triste, je n’avais qu’à la brandir et j’entendais la plus belle des mélodies. Le courage se ravivait alors en moi, comme si l’espoir de tous ces hommes et femmes m’était légué.

Et pour le moment, j’en avais besoin.

Je m’approchais de Witster, mon étalon, et de mon aide de camp. Ils m’attendaient patiemment. Je montai calmement, croisais tendrement le regard de Fritz et nous nous sourîmes.

Je pris les reines en main et dirigeai ma monture vers la sortie du camp lorsqu’une voix me glaça le sang.

Je me retournais et vis une face à moitié recouverte par les bandages. Le blessé fit quelques pas en ma direction.

" Alors, on va raconter ses ‘exploits’ ? "

L’individu accompagna ses paroles d’éclats de voix, de rires et de gestes exubérants.

" Capitaine… voyons, que faites-vous là ? "

" J’ai appris par mon sergent que vous leviez le camp. Mais qu’est-ce qui vous prend ? Vous avez peur ? "

" Capitaine, veuillez retourner à l’infirmerie. Je crois que la fièvre vous fait dire des choses qui dépassent votre pensée. Fritz, raccompagnez le, je vous prie. "

Fritz s’avança et tenta d’emmener le jeune chevalier. Ce dernier l’écarta vigoureusement, le projetant par terre.

" Capitaine, qu’est-ce qui vous prend ? " me sentant menacé, je jetai un coup d’œil en direction des gardes. " Soldats, veuillez arrêter cet homme, il divague. "

Leroy, se voyant encerclé, porta une main à la ceinture d’un d’entre eux. Il en dégaina une arme, les menaça et leur ordonna de tous reculer.

" Leroy, " fis-je nerveusement. " Attendez… qu’avez-vous ? "

" Moi ? " hurla-t-il. " Mais je n’ai rien. C’est vous qui avez quelque chose à vous reprocher ! Vous avez tout gâché. "

" Comment ? Mais voyons… J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour empêcher ce qui s’est produit. "

Leroy commença alors à pleurer, la tête dans ses mains. Il repensait certainement à ses compagnons tombés à quelques pas d’ici. Il s’écroula soudain. Deux soldats vinrent le soutenir et le désarmèrent.

" Attendez, messieurs. Je voudrais lui dire deux mots. "

Je mis pieds à terre et m’approchai. Il releva alors la tête. De ses yeux rouges, il fixa les miens. Je lui pris la main et lui parlais calmement.

" Leroy, je sais ce que vous ressentez. Je suis triste de la mort de tous ces braves mais mon rang m’oblige à ne pas m’y arrêter. Ce serait une offense à leur mémoire. C’est aussi pour cette raison que j’ai ordonné la retraite. Il nous faut maintenant protéger la Capitale. C’est notre dernière chance. Allons, calmez-vous… Je vous promets de prendre tout sous ma responsabilité en ce qui concerne la défaite. "

Apparemment apaisé par mes paroles, le jeune homme se laissa ramener sans plus rien dire. J’avais mal au cœur en le voyant réintégrer l’hôpital de campagne.

" Général ? Ca va ? " demanda Fritz.

" Oui… " fis-je en me retournant vers lui.

" Il a été fortement touché par la mort de ses Lanciers. "

" Je sais… " soufflai-je. " Bon, il n’y a plus de temps à perdre. N’oublie pas de rassembler nos troupes. Il nous faut rejoindre la Capitale le plus rapidement possible. Celles du Duc doivent déjà marcher sur Vechoum. La ville ne possède qu’une faible garnison et ce n’est pas son artillerie qui l’empêchera de la prendre… "

" Mais Général… et que faites-vous des moines de Faerin ? "

" Je sais, " fis-je en soupirant. " Mais rappelle-toi qu’ils refusent de se battre. "

Depuis la dernière Guerre Sainte…

Je refusais de me laisser repartir dans mes souvenirs. Ceux-ci étaient déjà assez pénibles pour le moment.

La remarque de mon jeune ami éveilla toutefois ma curiosité. Et si… je n’avais plus songé à solliciter leur aide mais leur magie pourrait nous être utile.

Serait-elle notre seule planche de salut ?

La solution face à celle du Duc ?

Je n’avais malheureusement pas le temps de m’en assurer, mais…

" Fritz, " fis-je soudain. " Pourrais-tu me rendre un service ? "

" Bien sûr mon Général… toujours ! "

Il bombait le torse et les yeux se remplissaient d’étoiles.

" Tu viens de me donner une idée géniale. Pars de suite pour Faerin. Vas voir le Père Abbé. Je compte sur toi pour qu’il accepte de nous aider. "

" Mais, Mac… je n’ai aucun pouvoir ! "

" Prends ma chevalière, elle sera la garante de mon autorité. Je peux te faire confiance ?

Je le saisis par les épaules et les étreignis pour lui donner du courage.

" Oui… " acquiesça-t-il tentant de cacher la disparition de sa belle assurance.

Je le comprenais bien. C’était la première fois que j’exigeais de lui qu’il accomplisse une mission aussi délicate. Il m’avait déjà accompagné lors de multiples négociations, toutes plus épineuses les unes que les autres.

Mais seul, la pression et la sensation d’échec augmenterait.

Je maintins mon étreinte, la desserrant lentement. Je me reculais et pris sa tête entre mes mains. J’y déposai un baiser sur le front. J’aurais tant aimé lui en déposer un sur ses lèvres. Mais il y avait trop de témoins.

Que dirait-on d’un Chef des Armées qui embrasse son aide de camp ?

J’en grimaçais tout en montant mon cheval. J’étais bien décidé à partir sur le champ. Je saluai Fritz et lui tournai le dos, pour la seconde fois.

J’allais lancer Witster au galop lorsqu’une nouvelle voix m’interrompit.

" Général, un courrier de Vechoum… " cria une sentinelle.

" Comment ?… "

Je tombais des nues.

" Vous êtes bien le Général Mac Allister, Défenseur des Terres de Ligam ? " fit le jeune homme.

Il portait les écussons de Vechoum sur son poitrail. Hors d’haleine, on eut dit qu’il venait de courir d’une traite jusqu’ici. En tout cas, une lueur de terreur couvait au fond de ses pupilles.

Aurait-il rencontré le Diable durant son voyage ?

" Oui, c’est comme cela qu’on m’appelle. Que me veux-tu soldat ? "

" Général, j’ai un message du chef de la garnison de Vechoum. "

Il me tendit un parchemin. Je reconnus aisément le seau de la famille des Mon Creifst, ce qui confirmait l’origine du message.

" Général Mac Allister,

Je dois porter à votre attention le fait que mes éclaireurs m’ont rapporté les évènements suivants. Il est plus que probable que les premiers escadrons du Duc d’Armond soient entrés dans les collines situées au pied de notre cité.

Acceptez de nous envoyer les renforts nécessaires afin de tenir le siège !

Je vous prie d’accéder à ma requête.

Capitaine Eicham,

Chef de Garnison Vechemite. "

" Mais c’est pas vrai ! " vociférais-je. " Vous ne m’apporterez donc que de mauvaises nouvelles ! ? "

Je pris une longue inspiration avant d’expirer avec grand bruit. Je décidais de prendre le taureau par les cornes et hurlais mes ordres :

" Préparez le départ immédiatement. Que tous les hommes valides retournent à Vechoum à marche forcée. L’artillerie prendra les troupes du Duc à revers aidée en cela par les Lanciers chargés de repérer les positions ennemies. Les archers et les légionnaires iront grossir la Garnison. Je compte sur vous ! "

Tous restèrent sans voix. Jamais ils ne m’avaient vu parler comme çà. Je compris que je possédais maintenant la plus formidable autorité qui m’ait été donné de connaître.

" Et les blessés ? " osèrent quelques réfractaires.

" Ils resteront ici, rien ne doit entraver la marche de nos soldats. A Vechoum, ils nous attendent avec la plus grande impatience. "

Certains se turent mais les irréductibles persistèrent et contestèrent à nouveau mes ordres. Du haut de ma selle, je les rabrouai.

" Ce sont des ordres messieurs et je ne souffrirai pas qu’on les discute. "

Mes lieutenants se résignèrent finalement à m’obéir. J’avais réussi à contrôler un début de mutinerie.

Mais pour combien de temps encore ?

Je donnais les derniers détails du départ et je me décidais enfin à tourner le dos à ce camp pour me rendre à Torus. Il fallait me presser.

Tous ces contretemps m’avaient retardé plus que je ne l’avais prévu.

J’éperonnais mon cheval. Ce long voyage allait peut-être me permettre de réfléchir et de trouver une solution à nos problèmes. Ayant dépassé la dernière tente, je ne voyais plus que le chemin qui se traçait devant moi.

Le ciel était dégagé. C’était une de ces journées au ciel bleu, au soleil haut. Une matinée automnale comme nombreuses à cette époque de l’année. Les arbres arboraient leurs teintes chaudes. Cette chaleur naturelle me réconfortait. Le vent jouait dans mes longs cheveux roux. Dernièrement, quelques mèches blanches y avaient fait leur apparition.

Quelle horreur ! Moi qui croyait vivre l’éternel printemps !

Ces pensées réussirent à me dérider et je ne remarquais pas l’ombre qui me scrutait à l’orée du bois.

J’allais bientôt la rencontrer…

 

A suivre

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