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Le mois de septembre - du 1er au 7

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Dimanche, le 1er septembre

Je vis entre parenthèses. Comme si le temps était suspendu, comme si j'avais perdu le contrôle de ma vie, que j'étais là, sur le bord de la route, incapable de me réinsérer dans le courant de la circulation. Il faut dire que la grippe s'est ensuite transformée en bronchite, qui elle n'en finissait plus. Et cette fatigue physique qui ne m'abandonne pas non plus.

Ah, j'ai bien évidemment fait plein de choses, vu des amis, été chez le coiffeur, suis aussi allée bouquiner et j'ai fait quelques courses, mais le coeur n'y est pas.

Finalement, c'est mardi que je partirai chez ma fille. Ce petit séjour me fera du bien. Et c'est à cause de ce départ que je viens aujourd'hui écrire dans mon journal. Comme je ne serai de retour qu'en fin de semaine prochaine, il me serait alors trop difficile de reprendre le cours de mon écriture. Je ne veux pas abandonner mon journal, j'en ai besoin. Ce qui me surprend cependant, c'est le fait que je n'aie pas spontanément tendance à venir ici écrire tous les sentiments qui ont été miens depuis ces dernières semaines ou noter les conversations téléphoniques, les messages reçus et les témoignages d'amitié qui m'ont fait si plaisir et tant de bien.

En tous les cas, je ne pensais pas que je serais aussi désorganisée par cette peine. Un de mes frères m'a cité une phrase reçue d'un de ses amis qui dit que la mort d'une mère c'est le premier chagrin que l'on vit sans elle.

Pour les questions bêtement matérielles, je ne vaux rien en ce moment. J'ai ressorti mon calepin pour faire des listes et je dois y écrire tout ce que je veux faire dans une journée, sinon je suis complètement désorganisée. J'ai de la difficulté à comprendre pourquoi, puisque ma mère n'avait rien à voir avec mon organisation matérielle, avec la façon dont j'assumais mes responsabilités. Non, c'est moi qui suis atteinte, au plus profond de moi, c'est moi qui ai perdu mes moyens. Mon jardin est le premier exemple de cette désorganisation. Avec tout ce que nous avons vécu, je ne m'en suis malheureusement pas occupée de l'été. Et l'été tire à sa fin, je ne l'ai pas vu passer. Heureusement, il fait très beau. Ce jardin négligé me semblerait sinistre sous la grisaille et la pluie.

Ma difficulté à écouter de la musique a persisté. La fois précédente où j'avais connu un tel éloignement de la musique, c'était à l'époque de mon divorce. J'en conclus que le coeur fragile tente d'éviter les émotions ou ce qui peut l'attendrir. Mais comme je suis fidèle à ma tradition, même récente... :-) j'ai placé un disque pour écrire cette entrée. Bon, bien évidemment, je ne me suis pas trop compromise : Le Concerto pour clarinette en la majeur et le Concerto pour hautbois en ut majeur de Mozart avec Christopher Hogwood et The Academy of Ancient Music. Cher Mozart qui me protège et ménage mes émotions et qui ne m'inspire en ce moment que de la sérénité et du dégagement.

Bon, si je prenais avec moi-même l'engagement de venir écrire quelques lignes demain... Allez, un petit effort, dis oui, dis oui... Ok, d'abord, puisque j'insiste... :-)
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Lundi, le 2 septembre

Beau lundi ensoleillé et confortable. Je n'ai pas fait grand chose d'utile cependant. J'avais d'abord dormi plus tard qu'à mon habitude, ce qui m'a fait le plus grand bien. Je pense que je commence à reprendre le dessus. J'ai passé quelques heures à mon ordinateur et j'ai notamment pris connaissance du dernier numéro de Claviers intimes, que j'ai beaucoup apprécié. J'ai arrosé les fleurs et ajouté de l'eau dans le petit bain pour oiseaux dans le fond du jardin. La période de sécheresse prendrait fin demain soir, semble-t-il. Je ne me souviens pas, depuis que je demeure dans ma maison, d'un été aussi sec et aussi chaud. Puis, j'ai passé quelques heures à lire, à l'ombre, sur mon banc de parc. Bon, on croirait que ma valise est déjà prête pour quitter demain pour mon petit voyage? Non, ce serait vraiment trop simple et trop logique. :-)

Hier soir, longue et agréable conversation avec l'ami très cher. Bizarrement, il avait passé quelques heures à écouter lui aussi les concertos de Mozart qui m'avaient accompagnée pour l'écriture de mon entrée d'hier et que j'avais ensuite, selon mon habitude, laissé jouer et rejouer. Je fus surprise de les entendre en arrière-plan quand il m'a téléphoné. Cette coïncidence l'a aussi étonné puisqu'il les a lui-même reconnus chez moi. Nous étions donc sur la même longueur d'onde, jusqu'à ce que nous discutions de politique... Sujet délicat s'il en est un entre nous, puisqu'il tient autant à ses idées que je suis attachée à mes convictions... Bon, je l'ai laissé parler, mais je n'en pense pas moins... et il le sait, ce qui le fait s'enflammer et exagérer... :-) C'est bizarre, je refuse toujours de croiser le fer avec lui sur ce sujet, pourtant je n'ai pas la langue dans ma poche et je ne manque pas d'arguments solides. Disons que je tiens à notre relation et que je préfère focaliser sur ce qui nous rapproche plutôt que sur ce qui nous divise.

Nous approchons de la période que j'aime habituellement le plus dans l'année, l'automne. Ici, il est tellement beau. Déjà que j'ai toujours aimé le ciel du mois d'août. J'ai en effet des souvenirs de jeunesse de longues promenades, la nuit, en groupe, sans lampe de poche, à la seule lumière de la lune d'août. Nous allions dans les champs et dans la lisière de la forêt. Souvent, le temps était frais. Et nous revenions affamés au chalet. Quels beaux souvenirs.

J'aime la lumière de la fin de l'été. Elle a un ton plus chaud, plus orangé. Aujourd'hui, justement, je remarquais combien c'était ravissant cette façon qu'elle avait de pénétrer de manière oblique dans la maison, et les jolis reflets qu'elle faisait sur les murs et le plancher. D'autant que le vent léger qui secouait les feuilles la laissait filtrer comme dans de gracieux mouvements de ballet. Non, il ne faut pas oublier. Douce journée qui a mis un baume.

Petites citations de Green en passant...
"Il est déjà sept heures et demie, je reprendrai demain. Cette page est la dernière de ce grand cahier qui contient presque autant de tristesse que de bonheur. Il n'est si bel été où ne passe quelque orage."
"Quelquefois, il m'arrive de penser vaguement aux mains entre lesquelles peuvent tomber mes livres, et ces mains, il y en a que je voudrais serrer, serrer contre moi; sans doute je ne les verrai jamais, celles-là. Un beau visage qui se penche sur mes livres, des yeux dans lesquels j'aurai mis quelque chose de mes rêves."
"En elle-même, l'oeuvre est moins importante que l'effort accompli pour la rendre aussi belle que possible. Puisque rien ne dure... Ce qu'il faut, c'est pouvoir s'en aller avec la certitude qu'on a fait tout ce qu'on pouvait faire."

Sur un air de Les Trois Concertos pour Piano et Orchestre de Joseph Haydn, avec Elena Mouzalas, pianiste grecque et l'Amadeus Chamber Orchestra de Pologne, un des disques les plus négligés de ma collection. C'est vraiment un très beau disque. À écouter plus souvent.

Bon, je viens d'avoir ma fille au téléphone. Ouf, il y a un bon dieu pour les imprévoyantes... Ma fille est en voyage dans l'est du pays et ne sera que demain en après-midi chez moi. Nous ne quitterons donc que vers 16h00 pour retourner chez elle. J'ai amplement le temps de faire tout ce qu'il faut avant mon départ... Ce n'est pas avec des chances comme cela que je vais apprendre à avoir plus de méthode, moi... :-)


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