Au bonheur du jour




retour page d'accueil

Avant

Après

Archives

 

Le mois d'octobre - du 1er au 7

Mardi, le 1er octobre

Et le pesto? Bien, comment dire ? ... encore à l'état de projet... :-) Oui, le basilic embaume encore la maison, les pignons et le fromage parmesan attendent patiemment dans le réfrigérateur... Et moi? Bien, j'ai un peu fait l'école buissonnière. Le temps est encore si beau ici, l'été se prolonge. Y a qu'à voir les roses dans le jardin de mon voisin quand le soleil les inonde. Y a qu'à entendre les mésanges et les geais bleus qui ne se contiennent pas de joie dans la chaleur du jour. Y a qu'à entendre aussi les coups de marteau d'un autre voisin qui se construit un patio, comme si l'été commençait... Pourquoi bouder mon plaisir quand tout m'appelle à l'oisiveté consciente? Le basilic est encore beau et ferme, il peut bien attendre un peu, non? En tous les cas, jusqu'à demain.

Aujourd'hui, j'ai lu, j'ai écouté de la musique, je suis allée dehors, j'ai eu quelques bonnes conversations téléphoniques. Puis, ce soir, j'ai mangé et longuement parlé avec une amie d'enfance, celle qui demeure dans ma ville. Comme elle me connait!!! Elle a toujours le don de poser les bonnes questions au bon moment... :-) Un ici/maintenant savouré à plein.

En ce moment, j'écoute le dernier disque de Jérôme Attal. Habituellement, c'est le matin que je le fais jouer, volume au fond... :-) Finalement, après réflexion, de ses deux disques, c'est celui que je préfère. Très belles chansons, certaines qui me font penser à mon voyage à Paris avec ma fille, l'an dernier. Un des beaux souvenirs de ma vie. Juillet Odéon, Paris m'as-tu vu? Les petits doigts de pied de la mélancolie, difficile de choisir la chanson que j'aime le mieux. Peut-être la très tendre et nostalgique Le jeune homme changé en arbre... Et puis non, je ne choisis pas et je les aime toutes et je les fais toutes jouer en enfilade. En ce moment, c'est la lancinante et très belle mélodie qui relie les couplets de Genoux, hiboux, cailloux. Heureusement, j'ai installé le repeat et tout va recommencer. Oh, que je ne suis pas près d'aller dormir... Les expressos font leur effet. Et dire que j'ai encore un petit déjeuner politique demain à 8h00 et que je suis d'une lenteur proverbiale le matin... Je ne suis pas sortie du bois, moi.

Mon chat est bizarre de ce temps-ci. Bon, c'est vrai qu'il vieillit mais il est surtout gâté. Ainsi, il est près de 1h00 dans la nuit de mardi à mercredi et il vient de me demander à manger. En le servant, j'en ai profité pour regarder le thermomètre extérieur par la fenêtre de la cuisine. Il fait encore +22. Sommes-nous au début d'octobre? Et ce n'est pas l'été des indiens, puisque celui-ci arrive habituellement à la fin du mois d'octobre, après une période de gel. Et de gel, point nous avons eu.

Bon, je fais quoi maintenant? Je reste ici jusqu'à mon désir de sommeil ou je vais lire un peu? Je vais aller lire. Oh, pas tout de suite, seulement après la fin de Paris m'as-tu vu? Bon, je veux bien, mais c'est la dernière chanson pour ce soir...

Mercredi, le 2 octobre

Il fait encore trop beau, comment vais-je faire??? Il faut que je travaille moi!! Et je ne suis pas certaine que cela me tente vraiment... Bon, je ne suis pas sur un blog, mais si je faisais comme si? La raison? Pour ordonnancer mes activités et établir certaines priorités en m'accordant des petits moments à mon goût. On est fin d'avant-midi et j'arrive de la réunion politique où j'étais quand même ponctuelle. (Félicitations à moi.) J'ai ensuite fait quelques courses. Là, tout se bouscule entre mes envies et la logique. Il y a la lessive qui attend, et aussi le basilic pour ce qui est en train de se transformer en mythique pesto... et le poulet à cuire. Mais il y a surtout mon envie d'aller vagabonder pour aboutir, oui encore une fois, dans mes bouquineries chéries. Surtout, surtout, ce goût de l'école buissonnière... de me promener dans cette belle ville, de prendre un café à une terrasse, de vraiment savourer le temps qui passe si joliment. Alors, je vais essayer de faire preuve d'un peu d'organisation et de méthode et ne consacrer, si possible, qu'une petite heure ou deux à ces tâches et ensuite prendre le large... On verra bien si j'y arrive. Il est 11h15, un, deux, trois, c'est parti...

*********

État de la situation? Pas très brillant mais quand même. Les plantes sont arrosées, il y a des draps frais dans mon lit, le poulet est cuit et délicieux, le bouillon mijote et cela sent si bon dans la maison. :-) Et le basilic ? Ah, le pauvre basilic qui se sent négligé... :-) Voilà, encore une fois j'avais mal évalué le temps... Mais là, c'est plus fort que moi, je n'en puis plus... :-) Il fait tellement beau, les fenêtres sont grandes ouvertes, le vent joue dans les rideaux et le beau temps m'appelle. Allez, il est 14h30 et j'abandonne, je m'envole... Oui bien sûr que je serai de retour, mais plus tard, beaucoup plus tard... :-)

*********

Que je suis fourbue... Contente mais fourbue. Il est très très tard dans la nuit de mercredi à jeudi et je viens de terminer. Victoire, le pesto est fait. Il est au réfrigérateur jusqu'à demain. Je pense bien que j'en aurai une vingtaine de pots de 250 ml. J'ai les mains desséchées, tachées par le basilic, mais je suis ravie. J'aurai une belle provision pour mes propres convives et aussi pour offrir en petit cadeau. Oh mais j'ai eu de l'aide pour ma corvée : mon chat que l'opération intéressait au plus haut point et qui ne cessait de tourner autour et Gilbert Bécaud qui m'a chanté quarante de ses plus belles chansons. Pour le moment, je bois un grand verre de jus de pamplemousse, je termine cette entrée en écoutant encore quelques chansons de Bécaud, puis j'irai dormir. Mes préférées ce soir, celles que j'ai fait rejouer et rejouer? Ah, quelques très beaux moments de nostalgie... :-) La balade des baladins, L'important c'est la rose, Quand il est mort le poète, Un peu d'amour et d'amitié qui sont de Bécaud et Louis Amade. De même que C'est en septembre, Les bains de minuit, Les Cerisiers sont blancs qu'il a composées avec Maurice Vidalin. Et enfin Je reviens te chercher, Et maintenant écrites avec Pierre Delanoë.

Un grand merci, monsieur Bécaud, quel bel héritage vous nous avez laissé.

Samedi, le 5 octobre

Pas facile d'écrire un journal en ligne avec un chat sur les genoux. Mon chat est un mélocat. Je lui ai inventé ce terme puisqu'il ne peut pas être un méloman(e)... :-) Il adore la musique et c'est la musique classique qu'il préfère entre toutes. En ce moment, j'écoute le Concerto pour violoncelle et orchestre en la mineur" de Robert Schumann avec Paul Tortelier et le Royal Philarmonic Orchestra. Un peu plus tard, sur le même disque, ce sera le Concerto pour violon et orchestre en ré mineur avec Giddon Kremer au violon. Je ne dirai pas que la queue de mon chat bat la mesure, mais en tous les cas elle ondule et me nuit pour l'écriture. Je trouve cela très comique. Auparavant, il se contentait, quand il m'entendait parler au téléphone, d'accourir de n'importe où dans la maison, supposant bien qu'il y aurait de fortes chances que je sois dans le fauteuil qu'il préfère. Alors, il montait sur mes genoux et venait se faire caresser et il ronronnait de plaisir. Bon, je n'aurais pas dû écrire cette phrase au passé, puisqu'il fait encore cela... :-) Maintenant, il a aussi ajouté une autre petite manie à son rituel félin. Ainsi, dès que son oreille fine entend le bruit de mes doigts sur le clavier, d'où qu'il soit dans la maison, il accourt et miaule jusqu'à ce que je consente à le laisser monter sur mes genoux. Là, il complique mes opérations, ajoutant de la distance entre moi et mon clavier, nuisant à mes mouvements pour écrire, me rendant la tâche beaucoup plus difficile et ça, c'est quand il accepte de gentiment s'écraser sur ses pattes parce que, souvent, il décide de rester debout!!! Alors, c'est l'enfer... :-) Mais il s'en fiche royalement, parce qu'il s'estime le roi de la situation. Les moments qu'il préfère? Ceux durant lesquels je relis ce que je viens d'écrire parce qu'alors je laisse mes doigts, libérés du clavier, distraitement s'enfoncer dans son poil et le caresser à son goût. Quand il grimpe sur mes genoux, en premier lieu, sa tête est orientée vers le côté droit, puis quand il estime avoir eu suffisamment de caresses sur le côté exposé, il se lève, se contortionne pour changer de position et me présenter son autre côté en dirigeant sa tête à la gauche. Et moi, il faut que je continue à écrire... S'il pense que je lui nuis trop dans son réaménagement de mon espace, il me le signale avec des miaulements d'impatience. Beau caractère celui-là. :-) Il est vieux mon cher, despotique, compliqué et adorable minou qui est dans ma vie depuis sa sixième semaine, et cela depuis quinze ans. Dans quelques années, après qu'il aura bien évidemment rejoint le ciel des minous (parce que c'est un excellent minou :-), je voudrai m'en rappeler comme d'une boule de tendresse, un petit bonheur de ma vie. Il est, à ma connaissance, le seul être vivant dont le seul et unique rôle dans la vie aura été d'enjoliver mon existence, puisqu'il n'a jamais connu d'autre maison que la mienne, ni d'autre partenaire de vie que moi. Mission bien accomplie, très cher mélocat. (Non, non, ce n'est pas son vrai nom, c'est son pseudonyme, voyons!... Jamais au grand jamais je ne lui ferais ce coup-là! :-)

C'est samedi fin d'après-midi. Je pensais venir écrire un peu plus tôt aujourd'hui et ensuite sortir faire des courses, mais tout est décalé dans le temps. Je resterai bien tranquillement chez moi jusqu'à ce soir où je rejoindrai le grand copain et des amis.

Hier, j'ai lunché avec un bon ami que je n'avais pas vu depuis quelques mois déjà. Lui et sa femme sont les parents adoptifs de quatre enfants. J'aime beaucoup ce couple et je les trouve formidables. Ce sont des gens de coeur, ils sont intelligents et ont des valeurs originales. Nous avons remis à jour notre connaissance des situations dans nos vies respectives. Nous avons aussi parlé de dossiers se rapportant au domaine de mon ancien emploi qui est aussi le sien. Il a un point de vue bien personnel sur la question et j'aime le voir, par moments, s'enthousiasmer ou, par moments, critiquer. Non, je ne suis pas trop décalée, puisque la problématique reste la même et que les acteurs n'ont pas beaucoup changé non plus. J'ai toutefois pris du recul, ce qui me donne une meilleure vue d'ensemble de la situation. Nous étions dans un restaurant marocain pour manger un couscous. Indice infaillible de l'automne qui s'installe, du moins en ce qui me concerne, qui nous fait délaisser les salades estivales pour une cuisine plus lourde et des repas plus sustentifs.

Après avoir quitté cet ami, je suis allée faire des courses. Je suis surtout allée chercher un livre de Julien Green que j'avais commandé dans une librairie : On est si sérieux quand on a dix-neuf ans. Il s'agit de la toute première partie du journal, couvrant la période de 1919 à 1924, que Green n'a fait paraître qu'en 1993, après qu'il en eut repris possession. Ces écrits faisaient partie d'un lot de manuscrits que Green avait oublié avoir remis à son ami Robert de Saint-Jean et qu'il n'avait récupérés qu'un an avant la mort ce dernier. Il s'agit du deuxième livre de Green que j'ai acquis dans une librairie régulière. J'ai interrompu ma lecture régulière de son journal, alors que j'en étais un peu avant le déclanchement de la guerre de 1939-1945, pour revenir vingt ans en arrière, au jeune Green de dix-neuf ans. Pour le moment, ce retour en arrière m'est un peu difficile puisque j'ai l'impression de régresser. Mais je veux absolument faire cet exercice, parce que le Green de trente-neuf ans est le produit de toutes ses années antérieures. Bon, je n'ai que quelques pages de lues, peut-être me laisserai-je à nouveau séduire par ses idées et sa merveilleuse façon de les traduire.

Je reviens devant mon ordinateur, avec une bonne tasse de thé Earl Grey. J'ai finalement eu raison de mon chat qui s'est lassé du peu d'attention qu'en définitive je lui accordais. Bon, c'est peut-être me faire beaucoup d'honneur.... Peut-être, au contraire, avait-il eu son quota de mon attention justement... :-) Il faut savoir se faire légère dans la vie des gens... même si ces gens sont, en l'occurance, un chat... :-) J'en suis rendue à écouter le merveilleux Petit livre d'Anna Magdalena Bach auquel je reviens si souvent. Quoi de mieux pour ce bel après-midi ensoleillé et venteux.

Zut, j'ai parlé trop vite... revoici le monstre. Il est là miaulant, pour ne pas dire rugissant, sur le bras du fauteuil tout à côté de mon ordinateur. Il miaule sa frustration, me donne des petits coups de sa patte avant droite, et me pousse l'épaule avec sa tête... :-) Bon, il s'installe, me piétine, termine son bougonnement et finalement se lance dans une grande opération ronron... Je disais quoi, moi, tout à l'heure? Qu'il avait pour mission d'enjoliver ma vie!!!??? Et si c'était l'inverse? :-)

 

 

haut de la page

C'est ici

Inscrivez votre courriel pour être avisé lorsque ce site sera mis à jour.

Ajout Retrait

Hosted by www.Geocities.ws

1