Nous partions de Beni (nord-Kivu) le
15 mai 2009 à bord d’une LandRover, sur la route Beni vers le mon Hoyo à 7 h, et déjà
vers 10 h, nous nous retrouvions à hauteur
du km 113 de la route de Beni - Kisangani. C'est une route actuellement
à très bon état. Nous roulions à une
vitesse moyenne de 80 à l'heure.
De là, un tronçon routier de 13,5 km
dirigé vers l’est, à travers la forêt, atteint le Mont Hoyo, petit massif de 12 km de long, 6 km de large sur une tranche
altitudinale de plus ou moins 500 m.
Celui-ci comporte un grand nombre
de grottes que les indigènes Walese désignent sous le nom de « Homa » d’où le nom de Mont Homa qui
lui est souvent donné. Il vaut cependant mieux lui conserver son nom de Mont Hoyo à moins qu’on ne dise
« Mont des Homa ».
La découverte des premières
grottes remonte de l'époque coloniale; elles ne furent étudiées, pour la
première fois, dans leur remarquable ensemble qu’en 1943 par l’ingénieur
géologue Ruscart, prospecteur au service du Syndicat d’Etudes du Nord-Est
congolais. C’est donc ce technicien qui signala l’importance des gisements de guano
tapissant les nombreuses grottes. Un premier dépôt, celui de l’Atshobaki, avait
été révélé, en 1941, par le Comité National du Kivu mais il n’avait pas fait
l’objet de recherches plus approfondies.
Le massif du « Hoyo » est
formé, de la cote 1000 à la cote 1130, de grès gris ou rougeâtres : de la
cote 1130 à la cote 1345 de dolomies diverses ; plus haut, de bancs de
schistes très laminés et minces ; enfin, au sommet, de grès et, dans les
parties les plus élevées (1450
m), de dolomies bleues.
Les grottes, qui se répartissent
sur toute la périphérie et à mi-flanc du massif, principalement aux étages 1100
et 1200, sont la conséquence d’une érosion souterraine. Jusqu’à ce jour, 26
grottes principales réparties en douze groupes ont été mises à jour, mais il en
reste un certain nombre non encore bien explorées et non accessibles au
public ; il est possible que de nouvelles découvertes soient faites, le
mont Hoyo étant une véritable éponge.
Certaines
de ces anfractuosités sont remplies d’une couche de guano (de chauve-souris)
d’une épaisseur d’environ 12 m ; toutes en contiennent une quantité plus
ou moins grande. On estime la réserve d’engrais à environ 30000 tonnes ;
toutefois une estimation plus exacte reste à établir. L’ensemble des monts du
Hoyo (alt. 1300 à 1500 m)
représente une valeur touristique de premier ordre. Il est parcouru par de très
nombreux ruisseaux et ruisselets à thalweg très encaissé, dont le cours est
entrecoupé de chutes remarquables et de passages souterrains. La forêt voisine
groupe des arbres admirables, véritables géants, dont la hauteur moyenne
s’établit à près de 22 m ; les arbres de 40 m de haut ne sont pas
rare.
Ressources fauniques, végétales, géologiques et touristiques du mont Hoyo