Suivant
différentes recherches,
l’utilisation des forêts (et Parcs) dans les pays
africains est passé par trois
étapes et le Virunga n’a pas
échappé à cette
réalité ;
l'occupation
précoloniale, lorsque les habitants
étaient libres de convertir et d'utiliser les terres
boisées. Pour le Virunga,
cette étape a été
caractérisée par des expropriations, des cessions,
des rachats des droits
indigènes et déplacements des populations.
les
périodes coloniale et postcoloniale qui
excluaient les populations des forêts denses;
la
récente période de l'évolution de la
conservation prévoyant des formes de gestion communautaire.
Après
sa création, le Parc couvrait 50.000 ha
autour de la
chaîne des volcans éteints. Il a connu des
modifications des limites pour son
extension entre 1929 et 1950 pour couvrir les autres parties de
Rutshuru, Beni
et Lubero.
Avant
la création du Parc, période
précoloniale, la terre constituait la base
matérielle du pouvoir des chefs
coutumiers comme pour l’ensemble de l’Afrique car
la terre et les forêts
renforçaient le pouvoir et le prestige du chef. Surtout que
« les forêts
étaient conservées, mais avant tout pour une
valeur autre que les ressources
qu'elles renfermaient: elles servaient de refuge, et assumaient souvent
des
vocations religieuses ».
La
constitution du Parc a eu comme
conséquences : la réduction des terres
destinées aux cultures, la perte de
la jachère, des droits de pêche, de chasse, de
coupe du bois, etc.
En
dehors de ces conséquences sur les
activités économiques des populations, ces
actions eurent aussi comme
conséquences la naissance des conflits fonciers entre
communautés et entre
cette dernière et les autorités du Parc.
En
ces jours, ces conflits et conséquences
pèsent encore sur la gestion du Parc et la vie
socio-économique de la
population qui s’est traduite durant cette
dernière décennie par l’occupation
spatiale illégale des terres du parc suivant les
territoires, l’expansion des villages
des pêcheurs officiellement reconnus et implantation des
nouveaux villages
illégalement installés, la
multiplicité des cas d’envahissement du Parc pour
diverses raisons : propagande politique, culture,
élevage, sciage, pêche,
etc. Cette situation a été plus
aggravée par les conflits et crises armés
à
répétition avec le clientélisme
politique.
La
gestion du
Parc a été faite comme pour le reste des autres
aires protégées avec
l’application
« stricte » de la loi sans
intégration des communautés.
Avec l’impulsion des changements dans la gestion des
ressources naturelles qui
exige que les communautés constituent une classe des
partenaires de la
conservation. Certaines actions ont été
initiées par l’ICCN et les
organisations de conservation afin d’impliquer dans la mesure
du possible les
communautés riveraines, mais cela avec peu
d’impacts.
Pour
le PNVi,
ces changements sont entrain de s’opérer
à pas de tortue. C’est depuis 1989 que
le projet WWF-PEVi s’est lancé dans le programme
d’intégration des communautés
par des actions d’éducation environnementale et
des activités de terrain
(reboisement, encadrement des Associations locales de
développement, etc.), de
même que d’autres ONGs de conservation intervenant
dans le PNVi, mais faut-il
le dire, beaucoup reste à faire d’autant plus que
le cadre juridique pour la
conservation communautaire n’est pas encore là et
les résultats ne sont pas
aussi satisfaisants aux yeux des communautés riveraines.
Toutefois, certains
retombés sont visibles; plus de 4.000.000 personnes vivent
directement ou
indirectement au dépend du Parc ; surtout quand on
considère les
différentes villes et centres urbains environnants. Nous
pensons qu’avec
l’évolution de la situation, cette
réalité devrait avoir pris une plus grande
ampleur.
Les
conflits
opposant l’ICCN aux populations riveraines
présentent différentes formes au
point qu’il est difficile de cerner le vrai
déterminant.
Toutefois,
on note :
La violation
des limites du Parc par les
populations locales à la recherche dit- on de la terre pour
raison de
croissance démographique et infertilité des
terres. Mais aussi par incitation
politicienne pour des raisons électorales. Cette violation
prend différentes
formes suivant les milieux : installation humaine
(construction des maisons),
envahissement pour des raisons agropastorales, etc.
L’occupation des certaines
portions du Parc par les populations riveraines ne date pas seulement
de cette
décennie. Ce sont des actes qui se
répètent surtout durant les périodes
troubles de la
RDC
comme le signale Mugangu (op.cit) pour les périodes de
« 1958 par le
MNC/L, 1964 durant la rébellion, 1978 par les Ougandais
fuyant la guerre, 1980
dans les Ruwenzori » et durant les dix
dernières durant les deux
guerres de l’AFDL et du RCD.
L’absence
ou mieux l’inadéquation des mesures
(actions) incitatives au profit des communautés locales. Ces
dernières,
reconnaissant qu’elles ont perdu leurs terres au profit du
Parc, ne tirent
aucun profit de la protection du Parc alors qu’elles
présument que
l’Institution en charge de la gestion (ICCN) fait entrer des
recettes de ce
Parc.
L’insécurité grandissante
dans la province.
Depuis plus d’une décennie, la province du
Nord-Kivu subit des guerres et
conflits armés à
répétitions avec des conséquences
graves sur les populations
de cette contrée : pillage, destruction des
cultures, assassinat et tuerie
des populations, déplacement des populations, etc. Cette
population se rabat
sur les ressources du Parc pour survivre et assurer un futur
à leurs familles.
La
pauvreté et le manque d’opportunité
d’emploi
est un autre déterminant au point que toute la population
active se rabat sur
l’exploitation des ressources du Parc sans
conscience : fabrication de
braises, sciage, braconnage, coupe de bois de construction et tuteurs,
etc.