Je ne te connaissais pas beaucoup. Je pourrais même dire que je ne te connaissais pas du tout. Certes, tu étais mon cousin, mais on ne se côtoyait pas beaucoup. Tu étais beaucoup plus vieux que moi, nous n'avions pas grand chose en commun.
Seulement, lorsque j'ai su, j'ai eu beaucoup de peine. Beaucoup de peine en songeant à tes frères et à ta soeur, au vide, pourtant déjà si grand, que ta perte agrandit encore... T'as choisi de fermer les yeux, de te laisser aller. D'acord, c'était ta vie, je n'ai pas à te juger pour ce que tu as décidé d'en faire. Je veux simplement te dire à quel point tu vas manquer aux gens ici.
Je me souviens, lorsque j'étais petite, tu me prenais sur tes genoux et tu me chatouillais jusqu'à ce que je glisse, comme une couleuvre, entre tes grandes mains d'homme. C'est ce souvenir que je veux garder de toi. Pas le souvenir du André triste et noir que j'ai vu ces derniers temps. Pas que je te le reproche, loin de là! Perdre les deux personnes les plus importantes dans sa vie, en l'espace de trois mois, ce doit être épouvantable. Tu n'avais personne à qui confier ton malheur, tu étais seul. C'est triste...
Ce grand malheur, comme tout événement qui bouleverse la vie, est l'occasion d'une réflexion sur ma propre vie, sur les gens qui m'entourent. Plus que jamais, je me dis que Solitude est une mauvaise compagne. Je n'ai pas envie qu'une telle chose arrive à quelqu'un que j'aime, je vais être là pour eux...
Le 4 octobre 1999 Le 12 octobre 1999 Retour