Sainte Catherine de Sienne

" L'âme juste qui termine sa vie dans la charité est éternellement liée à l'Amour. Elle ne peut plus croître en vertu car le temps est passé , mais elle peut toujours aimer avec l'ardeur qu'elle a eue pour venir à moi, et c'est cette ardeur qui est la mesure de sa béatitude. Toujours elle me désire, toujours elle aime, et son désir n'est pas trompé : elle a faim et elle est rassasiée, elle est rassasiée et elle a faim, sans jamais éprouver l'ennui de la satiété ni la peine de la faim. Les élus de l'Amour jouissent de mon éternelle vision ; ils participent au bien que j'ai en moi-même, chacun selon sa mesure , et cette mesure est l'amour qu'ils avaient en venant à moi. Ils participent surtout d'une manière particulière au bonheur de ceux qu'ils aimaient plus étroitement sur la terre.

Ne crois pas que les élus jouissent seuls de leur bonheur particulier ; il est partagé par tous les heureux habitants du ciel, par les anges et par mes enfants bien-aimés. Dès qu'une âme parvient à la Vie éternelle, tous participent au bonheur de cette âme, et cette âme participe au bonheur de tous. La coupe de leur bonheur ne s'agrandit pas et elle n'a pas besoin d' être remplie , car elle est pleine et ne peut plus dilater ses bords; mais leur joie, leur félicité, leur ivresse s'augmentent à la vue de cette âme ; ils voient que ma Miséricorde l'a sauvée de la terre par la plénitude de la grâce, et ils se réjouissent en moi du bonheur que cette âme a reçu de ma bonté.

" L'âme est devenue immortelle et immuable en moi; le corps, par cette union, deviendra immortel; il perdra sa pesanteur et sera subtil et léger. Non l'�il de ton intelligence ne peut voir, l'oreille entendre, la langue raconter et le c�ur comprendre la félicité des bienheureux, "tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment" (1-Cor 2,9) . Que dire de cette joie ineffable des corps glorifiés dans l'Humanité Glorifiée de mon Fils unique, qui vous a donné la certitude de votre résurrection ! Ils tressailliront dans ses plaies glorieuses�.afin de crier sans cesse miséricorde pour vous, vers moi le Père éternel et souverain. Oui, par vos yeux, vos mains, votre corps tout entier, vous serez unis aux yeux, aux mains, au Corps de l'aimable Verbe, mon Fils bien-aimé ".

(Ste Catherine de Sienne, Docteur de l'Eglise, + 1380, Le Dialogue, chap. 41)




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