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| Le communautarisme et le favoritisme d’État envers les immigrés |
| Communautarisme : l’exemple des États-Unis |
L’exemple des États-Unis n’a pas été retenu. Dans les
années soixante, dans la foulée de la grande vague libérale
des civils rights et de l’utopie du melting pot, les autorités américaines
ont activement favorisé la mixité de l’habitat et de la scolarité
(busing) entre noirs, Latinos et Blancs. Résultat : les blancs déménageaient
des zones au delà d’un certain seuil d’allogènes, estimé
à 12 %, et retiraient leur enfants des écoles où l’on
imposait un pourcentage d’enfants d’autres origines. Le volontarisme des
autorités n’a rien pu faire contre ce « réflexe ethnique
». Le sociologue William S. Cohen, figure de la gauche libérale
antiraciste, notait avec ce pragmatisme anglo-saxon que les idéologues
français ne comprendront jamais : « la politique anti-ghetto
de mélange forcé a fait fuir les Blancs et renforcé
les ghettos. Peut-on accuser de mauvaises intentions racistes une famille
blanche qui déménage de son quartier ou retire ses enfants
de l’école publique parce que, objectivement, la situation se dégrade
du fait de la présence de nouvelles minorités ethniques ? »
(Los Angeles Times, 03/11/1995).
Aujourd’hui au États-Unis, l’administration favorise la politique des ghettos selon la logique du « chacun chez soi », afin d’éviter les frictions ethniques. États, Comtés et pouvoir fédéral attribuent des « zones » aux Noirs, aux Blancs, aux Latinos et aux Asiatiques, selon la logique d’un apartheid de fait. Un rapport commandé par l’état de Californie en 1994 notait : « les tensions raciales les plus fortes ont lieu entre Extrême-orientaux (Chinois, Coréens, Japonais d’origine) et Noirs ; en revanche, les zones de cohabitation entre asiatiques et Blancs ne posent pas de difficultés ». Aux États-Unis depuis cette discrète et systématique « politique des ghettos », les tensions ethniques et les émeutes urbaines sont beaucoup moins fortes qu’en France. Le Brésil a adopté la même politique, ainsi que le Mexique, autres pays multiraciaux. Malheureusement, ce qui est possible aux États-Unis, immense pays-continent qui ne manque pas de place, ne l’est pas dans les pays d’Europe, les États-Unis sont intrinsèquement un pays d’immigration et, dès leur fondation, une société multiraciale. Le communautarisme de partition est viable en Amérique, pas en Europe. En Europe, l’impasse est absolue : la politique des ghettos est impossible, la politique de la mixité ethnique aussi. |