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Sainte Faustine - Héléna Kolwaska Petit Journal de Sœur Faustine Cahier 1 1. Ô Amour Eternel, Vous me faites peindre votre sainte image, Et Vous nous découvrez la source de miséricorde inconcevable Vous bénissez ceux qui approchent Vos rayons, Et l'âme noire deviendra blanche comme neige. Ô Doux Jésus, c'est ici que Vous avez établi Le trône de Votre Miséricorde, Pour réjouir et aider l'homme pécheur. De Votre Cœur ouvert, comme d'une source limpide, Coule la consolation pour l'homme repentant. Que l'honneur et la gloire pour cette image Ne cessent jamais de jaillir de l'âme humaine ! Que la gloire de la miséricorde divine découle De chaque cœur, Maintenant et à chaque heure, Et dans les siècles des siècles. 2. Oh mon Dieu, Lorsque je regarde les lendemains, la peur me prend. Mais pourquoi sonder le futur ? Pour moi, ce n'est que le moment présent qui est cher, Car l'avenir peut ne pas s'établir dans mon âme. Le temps passé n'est plus en mon pouvoir, Pour changer quelque chose, corriger ou ajouter. Car ni le sage, ni les prophètes ne seront parvenus à le faire. Donc, il faut remettre à Dieu ce que l'avenir contient. Ô moment présent, tu m'appartiens tout entier. Je désire tirer profit de toi selon mes possibilités, Et bien que je sois petite et faible, Vous me donnez la grâce de Votre Toute-Puissance. C'est donc par la confiance en Votre miséricorde Que j'avance dans la vie comme un petit enfant, Et je vous offre chaque jour mon cœur Brûlant d'amour pour Votre plus grande gloire. 3. J.M.J. Dieu et les âmes. Roi de Miséricorde, dirigez mon âme ! Sœur Marie Faustine Du Très Saint Sacrement. 4. Ô mon Jésus, c'est en ayant confiance en Vous, Que je tresse des milliers de guirlandes, Et je sais qu'elles vont toutes fleurir, Lorsque le divin soleil les illuminera. Ô mon Dieu caché Dans ce grand et Divin Sacrement ! Jésus, soyez avec moi à chaque moment ! Et mon cœur sera tranquillisé. 5. J.M.J. Dieu et les âmes. Soyez adorée, ô Très Sainte Trinité, maintenant et toujours. Soyez adorée dans
toutes Vos œuvres et toutes Vos créatures. Ô Dieu ! que la grandeur de Votre
Miséricorde soit admirée et louée ! 6. Je dois noter les rencontres de mon âme avec Vous, mon Dieu, dans les
moments de Vos visites particulières. Je dois parler par écrit de Vous. Oh !
inconcevable Miséricorde envers moi, pauvre créature. Votre sainte volonté est
la vie de mon âme. Celui qui Vous remplace auprès de moi sur cette terre et
m'explique Votre sainte Volonté, m'a donné cet ordre. Jésus, voyez comme il
m'est difficile d'écrire, de noter clairement ce que mon âme éprouve .O! mon
Dieu, la plume peut-elle matérialiser ce qui parfois n'a pas de mot ? Mais Vous
m'ordonnez d'écrire, O ! mon Dieu, et cela me suffit. 7. L'entrée au couvent. Dès l'âge de sept ans, je perçus l'appel définitif du Seigneur, la grâce de la
vocation à la vie religieuse. Pour la première fois, j'entendis en moi la voix de
Dieu, c'est-à-dire l'invitation à une vie plus parfaite ; mais je n'ai pas toujours été
obéissante à cette invitation de la grâce. Je n'ai rencontré personne qui aurait pu
m'expliquer ces choses. 8. A dix-huit ans, j'ai prié très instamment mes parents de me permettre d'entrer au couvent ; ils repoussèrent catégoriquement ma demande. Après quoi je me suis adonnée aux vanités de la vie, ne faisant aucune attention aux signes de la grâce, bien que mon âme ne trouvât contentement en rien. Cet appel constant était un grand tourment pour moi ; je tâchais pourtant de
l'assourdir par des divertissements. J'évitais intérieurement Dieu et me tournais
résolument vers les créatures. Cependant la grâce de Dieu fut victorieuse. 9. Un soir, j'étais au bal avec une de mes sœurs. Pendant que tout le monde s'amusait, j'éprouvais des tourments intérieurs. Soudain, au moment où je commençais à danser, j'aperçus près de moi Jésus supplicié, dépouillé de ses vêtements, tout couvert de blessures, qui me dit ces mots : « jusqu'à quand vais-Je te supporter, et jusqu'à quand vas-tu Me décevoir ? » A ce moment la charmante musique cessa pour moi, la société où je me trouvais disparut à mes yeux, il ne restait que Jésus et moi. Je m'assis auprès de ma sœur, simulant un mal de tête, pour cacher ce qui venait de se passer. Quelques instants plus tard, je quittai discrètement la société de ma sœur, et je
me rendis à la cathédrale Saint Stanislas Kosta , l'heure commençait à prendre
une teinte grise, il y avait peu de personnes dans la cathédrale ; ne faisant
attention à rien de ce qui se passait autour de moi je me prosternai devant le
Très Saint Sacrement et demandai au Seigneur qu'il daigne me faire connaître ce
que je devais faire. 10. Tout à coup j'entendis ces paroles « pars tout de suite pour Varsovie; là tu
entreras au couvent. » Me redressant après cette prière, je rentrai à la maison
où je rangeai mes affaires. De mon mieux j'appris à ma sœur ce qui s'était passé.
Je l'invitais à dire adieu de ma part à mes parents et ainsi, avec une seule robe,
sans bagages, j'arrivai à Varsovie. 11. En quittant le train et en voyant que chacun des passagers prenait sa route,
je fus saisie de frayeur : que faire ? A qui m'adresser ? Je dis à la Sainte Vierge
« Marie, conduisez moi, guidez-moi ! » Aussitôt je perçus que je devais quitter
la ville pour un village où je pourrais passer la nuit en sûreté. Je trouvais tout
comme la Sainte Vierge me l'avait dit. 12. Le lendemain de très bonne heure, j'arrivai en ville. J'entrai dans la première église rencontrée, et me mis à prier pour connaître la volonté divine. Les messes se succédaient. Pendant l'une d'elles j'entendis ces mots: Va trouver ce prêtre ! et dis-lui tout. Il t'expliquera ce que tu dois faire. » La messe finie, je suis allée à la sacristie. J'ai raconté au prêtre tout ce qui s'était
passé et je lui ai demandé de m'indiquer dans quel couvent je devais entrer. 13. Le prêtre s'étonna d'abord mais il me dit avoir grande confiance, que Dieu disposerait de mon avenir. « En attendant je t'enverrai chez une pieuse dame qui t'hébergera jusqu'au moment où tu entreras au couvent. » Pendant mon séjour chez cette dame qui me reçut avec beaucoup de
bienveillance, je cherchais le couvent, mais à chaque porte où je frappai, on me
refusait. La douleur serrait mon cœur et je dis au Seigneur Jésus: « Aidez moi,
ne me laissez pas seule » 14. Enfin, je frappais à notre porte. La Mère Supérieure, l'actuelle Mère
Générale Michèle, m'accueillit. Après une brève conversation, elle m'invita à
aller chez le Maître de la maison demander s'Il me recevrait. Je compris tout de
suite que je devais prier le Seigneur Jésus. Avec grande joie, je suis allée à la
chapelle et lui dit : « Maître de cette maison, est ce que vous me recevrez ? c'est
ce qu'une sœur m'a ordonné de demander. » Et tout de suite j'entendis : «
J'accepte tu es dans mon cœur . » Quand je sortis de la chapelle, la Mère
Supérieure me demanda : »Eh bien, est ce que le Seigneur t'a reçue ? » « Oui »,
lui répondis-je. « Si le Seigneur t'a reçue, je te reçois aussi. » 15. Telle fut ma réception. Mais pour plusieurs raisons, je dus rester dans le monde chez cette dame pendant plus d'une année, mais je ne suis plus retournée à la maison. Entre temps, je dus affronter de nombreuses difficultés, mais Dieu ne m'épargnera pas ses grâces. Une nostalgie de Dieu, toujours grandissante, s'empara de moi. Mon hôtesse, bien que très pieuse, ne comprenait pas le bonheur de la vie
religieuse et, très honnêtement, elle commença à élaborer d'autres projets pour
ma vie ; malgré tout, je ressentais que mon cœur était si grand que rien ici bas ne
pouvait le combler. 16. Alors je me tournai vers Dieu de toute mon âme languissante. C'était pendant l'octave de la Fête-Dieu. Dieu me remplit d'une lumière intérieure, d'une connaissance approfondie de Celui qui est le plus Grand Bien et la plus Grande Beauté. Je reconnus combien j'étais aimée de Dieu de toute éternité. Pendant les vêpres, par des mots tout simples, je fis vœu de chasteté
perpétuelle. Depuis ce moment je sentis une grande intimité avec Dieu, mon
Epoux, et fis une petite cellule dans mon cœur, où je demeurai toujours avec
Jésus. 17. Enfin, vint le moment, où la porte du couvent s'ouvrit pour moi. C'était le
premier août au soir, la veille de la fête de Notre-Dame des Anges. Je me
sentais extrêmement heureuse, il me semblait que j'étais entrée au Paradis. Mon
cœur n'était qu'action de grâce. 18. Mais après trois semaines, je m'aperçus que l'on consacrait peu de temps à l'oraison et, pour bien d'autres désirs de mon âme, je pensais que je devais entrer dans un couvent plus strict. Cette idée, ou plutôt cette tentation s'affermissait dans mon âme et devenait de plus en plus forte, bien qu'elle soit opposée à la volonté divine. Un jour je me décidai à m'en expliquer avec la Mère Supérieure et à quitter
immédiatement cette maison. Mais, Dieu dirigea les évènements de telle façon
que je ne pus voir la Mère Supérieure. Avant d'aller me coucher, j'entrai en
passant dans la petite chapelle et je demandai à Jésus de m'éclairer sur ce point,
mais je ne fus pas, semble-t-il, exaucée : seule une inquiétude surprenante
m'envahit. Malgré tout, je pris la résolution d'en parler à la Mère Supérieure et
de lui faire part de ma décision, le lendemain après la messe. 19. C'est dans ces dispositions que j'entrai dans ma cellule, tourmentée et mécontente ; les sœurs étaient déjà couchées et la lumière éteinte. Je ne savais que faire de ma personne. Je me jetai à terre et commençai à prier intensément pour connaître la volonté de Dieu. Le silence régnait partout comme dans un tabernacle. Toutes les sœurs, telles de blanches hosties, reposaient, enfermées dans le calice de Jésus ; et c'est de ma cellule seulement que montaient vers Dieu les gémissements d'une âme. J'ignorais qu'il n'était pas permis de prier dans sa cellule, sans autorisation, après neuf heures. Après un moment, « Qui m'a fait une telle douleur ma cellule s'éclaira et sur le rideau j'aperçus le Visage très douloureux de Jésus. Il était couvert de plaies ouvertes, et de grosses larmes tombaient sur mon couvre-lit. J'ignorais tout ce que cela signifiait. Je demandai à Jésus : « Qui Vous a fait une telle douleur ? » Jésus me dit : « C'est toi qui Me fera souffrir, si tu quittes ce couvent. C'est ici et non ailleurs que je t'ai appelée et je t'y ai préparée de nombreuses grâces.» Je demandai pardon à Notre Seigneur et tout de suite j'oubliai la résolution que j'avais prise. Le lendemain était jour de confession. Je racontai les faits de la nuit. Mon
confesseur déclara que la volonté divine était évidente : je devais rester dans ce
couvent, et il m'était même défendu de penser à un autre. Depuis ce moment je
me suis toujours sentie heureuse et satisfaite. 20. Peu après je tombai malade. La chère Mère Supérieure m'envoya avec deux autres Sœurs en vacances à Scolimow non loin de Varsovie. C'est alors que j'ai demandé au Seigneur pour qui je devais encore prier. Je compris qu'Il me le ferait connaître la nuit suivante. Je vis mon ange gardien qui m'ordonna de le suivre. En un instant je me trouvai
dans un endroit enfumé, rempli de flammes, où se trouvaient une multitude
d'âmes souffrantes qui prient avec ferveur, mais sans efficacité pour elles-mêmes
; nous seuls pouvons les aider. Les flammes qui les brûlaient ne me touchaient
pas. Mon ange gardien ne me quittait pas un seul instant. Et je demandais à ces
âmes quelle était leur plus grande souffrance. Elle me répondirent d'un commun
accord que c'était la nostalgie de Dieu. J'ai vu la Sainte Vierge, visitant les âmes
au Purgatoire. Elles l'appellent « Etoile de la mer ». Elle leur apporte du
soulagement. Je voulais encore leur parler, mais mon ange gardien m'avait déjà
donné le signal du départ. Nous sortions de cette prison de douleurs quand Dieu
a dit : « Ma Miséricorde ne veut pas cela, mais la justice l'exige. » Depuis ce
moment je suis en relations plus étroites avec les âmes souffrantes. 21. Fin du postulat. 29 .IV.1926 . Mes Supérieures m'envoyèrent à Cracovie, au noviciat. Une joie inconcevable inondait mon âme. Lorsque nous arrivâmes au noviciat, Sœur … .. était mourante. Quelques jours plus tard elle vint vers moi et me pria d'aller chez la Mère Maîtresse pour lui dire qu'elle demande à son confesseur l' Abbé Rospond de célébrer une messe et de prier trois ferventes oraisons à son intention. Tout d'abord j'acceptai ; mais le lendemain après réflexion, je résolus de ne pas me rendre chez la Mère Maîtresse, car je me demandais si je n'avais pas rêvé. Je me rendis donc immédiatement chez elle. Je n'y suis pas allée. La même chose se répéta plus distinctement la nuit
suivante. Je n'avais plus aucun doute. Cependant, au matin, je résolus de n'en
parler à la Maîtresse que lorsque je la verrais dans le courant de la journée.
L'ayant rencontrée tout de suite dans un couloir, elle me reprocha de n'être pas
allée immédiatement la voir et une grande inquiétude remplit mon âme. Je me
rendis donc chez elle et lui racontai tout ce qui m'était arrivé. La Mère promit de
régler cette affaire. Trois jours après, celle-ci vint me dire : « Que Dieu vous le
rende ! » 22. Au moment de ma prise d'habit, Dieu me fit connaître combien je devrais
souffrir. Je voyais clairement ce à quoi je m'engageais. Ce fut un moment de
douleur. Mais, de nouveau, le Seigneur inonda mon âme de grandes
consolations. 23. Vers la fin de la première année de noviciat, mon âme commençait à s'assombrir. Je ne ressentais aucune consolation dans l'oraison et devait faire beaucoup d'efforts pour méditer. La peur commençait à s'emparer de moi. Rentrant profondément en moi-même, je ne voyais qu'une grande misère. Je découvrais aussi clairement l'immense sainteté de Dieu. N'osant lever les yeux vers Lui, je me jetais à ses pieds, dans la poussière, pour implorer Sa Miséricorde. Près d'une demi-année s'écoula ainsi sans grand changement. Notre chère Mère Maîtresse m'encourageait dans ces moments difficiles, mais ma souffrance ne cessait de s'accroître. La seconde année de noviciat approchait et je me souviens qu'à l'idée de prononcer mes vœux un frisson me traversait l'âme. Je ne comprenais rien de ce que je lisais, je ne pouvais méditer. Il me semblait que mon oraison était désagréable à Dieu et que je l'offensais plus encore en m'approchant des Saints Sacrements. Cependant mon confesseur ne me permit jamais d'omettre une seule Communion. Dieu agissait étrangement en moi. Je ne comprenais absolument rien des enseignements de mon confesseur. Les simples vérités de la foi devenaient incompréhensibles pour moi. Mon âme était tourmentée et ne trouvait de satisfaction nulle part. A un certain moment, l'idée que j'étais rejetée de Dieu s'empara de moi. Cette pensée affreuse me poursuivit au point que je crus agoniser de douleur. Je voulais mourir et je ne le pouvais pas. La tentation me vint aussi : « A quoi bon acquérir des vertus ? A quoi bon se mortifier lorsque tout déplait à Dieu ? » Quand j'ai parlé de cela à la chère Mère Maîtresse, elle me répondit : « Sachez ma Sœur, que Dieu vous prédestine à une grande sainteté. C'est un signe qu'Il veut vous avoir tout près de Lui au ciel. Ayez grande confiance en Notre Seigneur Jésus. » Cette terrible idée d'être rejeté de Dieu, est le véritable supplice des damnés. Je
recourus aux Plaies de Jésus. Je répétais des mots de confiance qui ne faisaient
que s'ajouter à mon supplice. Je suis allée devant le Saint Sacrement et j'ai
commencé à parler à Jésus : « Seigneur, Vous qui avez dit qu'une mère
oublierait son nourrisson plutôt que Dieu sa créature et « même si elle l'oubliait,
Moi, Dieu, Je n'oublierai pas Ma créature ». Jésus, entendez-vous mon âme ?
Daignez entendre les cris de douleur et les plaintes de Votre enfant ! J'ai
confiance en Vous mon Dieu, parce que le ciel et la terre passeront mais Votre
parole durera éternellement ». Cependant je ne trouvais pas le moindre
soulagement. 24. Un matin à mon réveil, en me mettant en présence de Dieu, le désespoir commença à me saisir. Dans une obscurité extrême je luttai de mon mieux jusqu'à midi. Dans l'après midi, des frayeurs vraiment mortelles m'envahirent, mes forces physiques commencèrent à m'abandonner. Vite j'entrai dans ma cellule, me jetai à genoux devant le Crucifix pour implorer Sa Miséricorde. Mais Jésus semblait sourd à mes appels. Complètement épuisée, je tombai à terre, en proie au désespoir, j'endurai de véritables douleurs infernales absolument semblables à celles que l'on éprouve en enfer. Au bout de trois quarts d'heures, je voulus aller chez la Maîtresse, mais je n'en avais pas la force. Je voulus appeler, mais je n'avais pas de voix. Heureusement une Sœur entra dans ma cellule, elle en informa la Mère Maîtresse qui vint aussitôt. Dès qu'elle entra dans ma cellule elle dit « Au nom de la sainte obéissance relevez-vous !» Aussitôt, une force me souleva de terre et me tint debout près de la chère Mère Maîtresse. Elle me rassura affectueusement, me disant que cette épreuve venait de Dieu. : « Soyez très confiante. Dieu est toujours notre Père, même s'Il envoie des épreuves». Je revins à mes devoirs comme au sortir de la tombe, les sens pénétrés de ce que j'avais éprouvé. Le soir au salut, mon âme commença à agoniser dans des ténèbres affreuses.
J'avais la sensation d'être livrée au pouvoir du Dieu Juste et d'être l'objet de sa
fureur. Dans ces moments redoutables, j'ai dit au Seigneur: « Jésus qui Vous
comparez dans l'Evangile à la plus tendre des mères, j'ai confiance dans vos
paroles, parce que Vous êtes la Vérité et la Vie. Jésus, malgré tout, j'ai
confiance en Vous en dépit de ces sentiments intérieurs qui s'opposent à tout
espoir. Faites ce que vous voudrez de moi. Je ne Vous quitterai jamais, car
Vous êtes la source de ma vie. » Seul, celui qui a vécu de semblables moments,
peut comprendre combien terrible est le tourment de l'âme. 25. Durant la nuit la Sainte Vierge me rendit visite, tenant Jésus dans ses bras.
La joie remplit mon âme et j'ai dit : « Marie ma Mère, savez-vous quelles
terribles souffrances j'endure ? » Et la Mère de Dieu me répondit : « Je sais
combien tu souffres, mais n'aie pas peur, j'ai et j'aurai toujours compassion de
toi. » Elle me sourit affectueusement et disparut. Aussitôt mon âme se trouva
emplie de force et d'un grand courage. Mais cela n'a duré qu'un jour. C'était
comme si l'enfer avait conspiré contre moi. Une haine terrible fit irruption dans
mon âme, la haine de tout ce qui est saint et divin. Il me semblait que ces
tourments de l'âme seraient le partage constant de mon existence. Je me suis
tournée vers le Saint Sacrement et j'ai dit : « Jésus, Epoux de mon âme, ne
voyez-Vous pas qu'elle agonise sans Vous? Pourquoi Vous dérober devant un
cœur qui Vous aime si sincèrement? Pardonnez moi, Jésus, que Votre sainte
Volonté se fasse en moi ! Je souffrirai tout en silence, comme une colombe, sans
me plaindre. Je ne laisserai pas mon cœur pousser un seul gémissement, une
seule plainte de douleur.» 26. Fin de noviciat. La douleur ne diminue pas. Affaiblie physiquement, je suis dispensée de tous les exercices spirituels, éventuellement remplacés par de courtes prières spontanées. Vendredi Saint : Jésus plonge mon cœur en plein ravissement, dans le brasier
même de l'amour. C'était pendant l'adoration du soir, la présence divine
s'empara tout à coup de moi. J'oubliai tout. Jésus me fit connaître combien Il a
souffert pour moi. Cela dura très peu de temps. J'en ressentis une nostalgie
affreuse, la soif d'aimer Dieu. 27. Premiers vœux. Fervent désir de m'anéantir pour Dieu par un amour actif, mais imperceptible, même aux Sœurs les plus proches. Après les vœux, mon âme resta encore dans les ténèbres pendant près de six mois. Puis à la faveur d'une oraison, Jésus l'envahit. Les ténèbres se retirèrent. Je perçus ces paroles : « Tu es Ma joie, tu es le
délice de mon cœur ». Depuis ce moment, j'ai senti dans mon cœur -
intérieurement - la présence de la Très Sainte Trinité. J'étais inondée de lumière
divine et depuis lors, mon âme est en rapport intime avec Dieu, comme un
enfant avec son Père bien aimé. 28. Un jour, Jésus me dit « Demande à la Mère Supérieure la permission de
porter un cilice pendant 7 jours ; la nuit venue, tu te lèveras et tu viendras à la
chapelle. » Je répondis : « Bien », mais j'eus une certaine difficulté à aller chez la
Supérieure. Le soir Jésus me demanda : « Jusqu'à quand vas-tu différer ? » - Je
résolus d'en parler à la Mère Supérieure dès la première rencontre. Le
lendemain, avant midi, j'ai vu la Mère Supérieure se rendre au réfectoire. Et
comme la cuisine, le réfectoire et la petite chambre de sœur Aloïse sont voisins,
j'ai demandé à la Mère Supérieure d'entrer dans la petite chambre de Sœur
Aloïse et là j'ai formulé la demande du Seigneur. La Supérieure répondit : « Je
ne vous autorise absolument pas à porter un cilice ! Si Jésus vous donnait les
forces d'un colosse, je vous permettrais cette mortification ». Après avoir
demandé pardon à la mère de lui avoir pris du temps, je sortis de la chambre.
Alors je vis le Seigneur Jésus qui se tenait debout dans l'embrasure de la porte
de la cuisine et je dis : « Seigneur, Vous m'ordonnez d'aller demander cette
mortification à la Mère Supérieure et elle me la refuse. » Jésus me dit : « J'étais
ici pendant ta conversation avec la Supérieure. Je sais tout. Je n'exigeais pas tes
mortifications mais l'obéissance. En te soumettant, tu me rends grande gloire et
tu gagnes du mérite. » 29. Lorsqu'une des Mères apprit que je vivais dans une telle intimité avec Jésus, elle me dit : « vous êtes dans l'illusion. Le Seigneur Jésus, n'a de telles relations qu'avec les saints, pas avec les âmes pécheresses comme la vôtre, ma Sœur.» A dater de ce moment, je me mis en quelque sorte à me défier de Jésus. Dans
notre conversation matinale je dis à Jésus : « N'êtes-Vous pas une illusion ? » -
Il me répondit « Mon amour ne trompe personne. » 30. Un jour je réfléchissais sur la Sainte Trinité, sur l'Essence divine. Je voulais
absolument approfondir et connaître ce mystère de Dieu… Subitement mon
esprit fut ravi dans l'autre monde. Je vis une clarté inaccessible où brillaient
comme trois sources de lumière, que je ne pouvais comprendre. Il en sortait des
paroles sous la forme de foudre, qui encerclaient le ciel et la terre. Ne
comprenant rien, j'étais toute triste. Soudain de cette mer de lumière
inaccessible je vis apparaître notre bien-aimé Sauveur, d'une beauté
inconcevable. Ses plaies étaient brillantes. Et de cette clarté une voix se fit
entendre: « Ce qu'est Dieu dans son être, personne ne peut le saisir, en
profondeur, ni l'esprit angélique, ni l'esprit humain » Jésus me dit : « Fais la
connaissance de Dieu par la contemplation de ses attributs. » Puis Jésus, de la
main, traça le signe de la croix et disparut. 31. Une autre fois, j'ai vu une multitude de personnes qui se pressaient dans notre chapelle, devant notre chapelle et jusque dans la rue, car il n'y avait plus de place. La chapelle était solennellement parée. Près de l'autel se tenaient de nombreux Prêtres, nos Sœurs et beaucoup de Religieuses d'autres congrégations. Tout le monde attendait quelqu'un qui devait prendre place sur l'autel. C'est alors que j'entendis une voix : c'était moi qui devait prendre place sur l'autel. Je me dirigeais vers la chapelle en suivant la voix qui m'appelait. Mais dès que je sortis du corridor pour passer dans la cour, tous ces gens commencèrent à jeter sur moi de la boue, des pierres, du sable, des balais, n'importe quoi ; si bien qu'au premier moment, j'hésitais à avancer mais la voix m'appelait encore plus fort. Malgré tout je me mis à avancer avec plus de hardiesse. Lorsque je passai le seuil de la chapelle les Supérieures, les Sœurs, les élèves et même les parents commencèrent à me frapper avec ce qu'ils avaient en main, si bien que, bon gré mal gré, je dus vite monter à la place qui m'étais destinée sur l'autel. Dès que j'eus occupé cette place, cette même foule, les élèves, les Sœurs, les
Supérieures et les parents, tous commencèrent à tendre leurs mains en
demandant des grâces. Et moi, loin de leur tenir rigueur de m'avoir jeté toutes
sortes de projectiles, c'est étonnant comme je me suis mise à aimer justement
tous ces gens qui m'avaient forcés à monter plus vite à la place qui m'était
destinée. Alors mon âme fut inondée d'un bonheur inconcevable, et j'entendis « :
Fais ce que tu veux, distribue les grâces comme tu veux, à qui tu veux et quand
tu veux ! » Et la vision disparut. 32. Une fois j'entendis ces mots ; « Vas chez la Supérieure et demande-lui la
permission de faire une heure d'adoration chaque jour pendant 9 jours. Pendant
cette adoration tâche d'unir ta prière à celle de Ma Mère. Prie de tout cœur en
union avec Marie. Tâche aussi pendant ce temps de faire le chemin de la croix.
» J'obtins la permission, mais pas pour une heure entière, seulement pour le
temps qui me resterait une fois mes devoirs accomplis. Je devais faire cette
neuvaine à l'intention de ma Patrie. 33. Le. Septième jour de la neuvaine, je vis la Très Sainte Vierge vêtue d'une
robe claire, entre ciel et terre. Elle priait les mains jointes sur la poitrine, les yeux
levés au ciel. De son cœur sortaient des rayons de feu dont les uns se dirigeaient
vers le ciel, les autres recouvraient notre terre. Je mis mon confesseur au courant
de certaines de ces manifestations. Il me dit que cela pouvait vraiment venir de
Dieu, mais que cela pouvait n'être également qu'une illusion. Et comme je
changeais souvent de confesseur, je n'en avais donc pas un de permanent. 34. Et de plus, j'avais d'incroyables difficultés à parler de ce que je vivais. Je
priais ardemment que Dieu me fasse la grande grâce de me donner un directeur
spirituel. Mais, cette grâce, je ne l'obtins qu'après mes vœux perpétuels, lorsque
je vins à Wilno. Il s'agit de l'abbé Sopocko . Dieu me donna d'en avoir d'abord
une vision intérieure, avant même d'arriver à Wilno. 35. Si j'avais eu un directeur de conscience depuis le début, je n'aurais pas
gaspillé tant de grâces divines. Un confesseur peut beaucoup aider les âmes,
comme il peut aussi leur causer beaucoup de difficultés. Oh ! Comme les
confesseurs devraient être attentifs à l'action de la grâce divine dans l'âme de
leurs pénitents, c'est tellement important. D'après les grâces reçues par l'âme, on
peut savoir son degré d'intimité avec Dieu. 36. Une fois je fus appelée au jugement de Dieu. Je comparus, devant le
Seigneur seule à seul. Je vis Jésus tel qu'il était durant sa passion. Après un
moment Ses Plaies disparurent . Il n'en resta que cinq, celles des Mains, des
Pieds et du Côté. Aussitôt je vis exactement l'état de mon âme avec le regard
de Dieu. Je vis clairement tout ce qui déplaît. J'ignorais qu'on doive rendre
compte même de ses menues souillures. Qui décrira un tel moment où l'on se
tient devant le Dieu trois fois Saint ? Jésus me demanda : « Qui es-tu ? » Je
répondis « Votre servante, Seigneur. » Tu es redevable d'un jour au feu du
Purgatoire. » Je voulus tout de suite me jeter dans les flammes, mais Jésus me
retint, disant : » Préfères-tu souffrir maintenant un jour au Purgatoire ou pendant
un court espace de temps sur la terre ? » Je répondis : « Jésus, je veux souffrir
au Purgatoire et je veux aussi souffrir sur terre les plus grands tourments, fût-ce
jusqu'à la fin du monde. » Jésus reprit : « Un jour suffira, tu descendras sur la
terre où tu vas souffrir intensément mais pour peu de temps. Tu accompliras
ainsi Ma volonté et Mon souhait. Mon fidèle serviteur te viendra en aide.
Maintenant pose la tête sur Ma poitrine, sur Mon Cœur et puise en lui des
forces et de la vigueur pour supporter toutes les souffrances ; car ailleurs tu ne
trouveras ni soulagement, ni aide, ni consolation. Sache que tu devras beaucoup,
beaucoup souffrir, mais que cela ne t'effraye pas ! Je suis avec toi. 37. Peu après je tombai malade. Les malaises physiques étaient pour moi une
école de patience. Seul Jésus sait combien d'efforts j'ai pu m'imposer pour
accomplir mon devoir. 38. Voulant purifier l'âme, Jésus emploie les outils qu'Il veut. Mon âme éprouvait un délaissement complet de la part des créatures. Parfois la plus pure intention était mal interprétée par les Sœurs .Cette souffrance était très douloureuse, mais permise par Dieu, elle doit être acceptée, car de cette manière nous devenons semblables à Jésus. Pendant longtemps, je ne pouvais comprendre une chose : c'est que Jésus m'avait ordonné de tout dire à mes Supérieures qui ne me croyaient pas ; elles me témoignaient de la pitié, comme si j'étais dans l'illusion ou bien sous l'influence de mon imagination. Aussi, je pris la résolution d'éviter intérieurement Dieu par crainte des illusions. Mais la grâce divine me poursuivait à chaque pas et lorsque je m'y attendais le
moins, Dieu me parlait. 39. Un jour Jésus me dit qu'Il enverrait un châtiment sur la plus belle ville de
notre patrie. Cette punition devait être celle subie par Sodome et Gomorrhe. J'ai
vu la grande colère de Dieu et un frisson d'angoisse me traversa le cœur. Je priai
en silence et bientôt Jésus me dit : « Mon enfant, unis-toi étroitement à Moi
pendant le Saint Sacrifice et offre à mon Père Mon Sang et Mes Plaies, pour
obtenir le pardon des péchés de cette ville. Renouvelle ceci sans interruption
pendant toute la Sainte Messe. Fais cela pendant sept jours. » Le septième jour,
Jésus m'apparut dans une nuée lumineuse et je lui demandai de jeter un regard
sur cette ville et sur notre pays tout entier Il le fit de bonne grâce. Sa
bienveillance m'encouragea à le supplier de le bénir. Alors Jésus dit : « Pour toi,
Je bénis le pays tout entier. » Et il fit de la main un grand signe de croix sur notre
Patrie. Cette bonté de Dieu inonda mon âme d'une grande joie. 40. L'année 1929. Pendant la Sainte Messe, je sentis une fois d'une manière plus particulière la proximité de Dieu, malgré mon opposition intérieure et ma fuite. Je fuyais Dieu souvent, car je craignais d'être la victime du démon comme on m'avait dit plus d'une fois que je l'étais. Cette incertitude se prolongea un certain temps. Un jour de renouvellement des vœux pendant la Sainte Messe, alors que nous
venions de quitter nos prie-Dieu et commencions à réciter la formule des vœux,
soudain Jésus parut à côté de moi, portant une tunique blanche et une ceinture
d'or. Il me dit : « Je t'accorde un amour perpétuel pour que ta pureté soit sans
tache et tu n'éprouvera plus de tentations contre la pureté. En voici le gage ».
Jésus ôta alors Sa ceinture d'or et m'en ceignit. A partir de cet instant je ne
ressentis plus aucune tentation contre cette vertu ni dans mon cœur ni dans mon
esprit. Je compris plus tard que c'est l'une des plus grandes grâces que m'avait
obtenue la Très Sainte Vierge Marie, car je la lui avais demandée pendant de
nombreuses années. Depuis lors, j'ai une plus grande dévotion envers la Sainte
Vierge. C'est elle qui m'a appris à aimer Dieu intérieurement et m'a montré
comment accomplir en tout Sa Sainte Volonté. « Marie, vous êtes la joie, car,
par Vous Dieu descendit sur la terre et dans mon cœur. 41. Une certaine fois, je vis un serviteur de Dieu en danger de péché mortel. J'ai
prié Dieu qu'il fasse descendre sur moi tous les tourments de l'enfer, toutes les
douleurs qu'Il voudrait pour libérer ce prêtre et l'arracher à cette grande
tentation. Je fus exaucée et au même moment je sentis sur ma tête la couronne
d'épines dont les piquants pénétraient jusqu'à mon cerveau. Cela dura trois
heures. Le serviteur de Dieu fut libéré et son âme fortifiée par une grâce
particulière. 42. Une fois, le jour de Noël, je sentis la présence et la Toute Puissance de Dieu m'envelopper. Et de nouveau j'évitai la rencontre intérieure avec le Seigneur. Je demandai à la Mère Supérieure la permission d'aller à « Jozefinek » rendre visite aux Sœurs. Elle nous l'accorda et, tout de suite après dîner, nous commençâmes à nous préparer. Les Sœurs m'attendaient déjà à la porte. Je courus à ma cellule pour prendre ma pèlerine ; en revenant, alors que je passais près de la petite chapelle, je vis Jésus sur le seuil, qui me dit : « Vas-y, mais Moi je prends ton cœur ». A l'instant, je sentis que je n'avais plus de cœur dans ma poitrine. Mais les Sœurs m'appelaient, se demandant pourquoi je n'arrivais pas plus vite, car il se faisait tard. Si bien que je les rejoignis aussitôt. Mais j'étais tourmentée par le mécontentement. Une sorte de langueur envahit mon âme. Personne, hormis Dieu ne savait ce qui s'était passé dans mon âme. Après quelques moments passés à « Josefinek », je dis aux Sœurs : « Rentrons à la maison. » Elles souhaitaient se reposer encore un peu, mais mon esprit ne pouvait s'apaiser. J'expliquais que nous devions revenir, avant qu'il ne fasse nuit, car nous avions un bon bout de chemin à faire. Nous sommes donc revenues tout de suite à la maison. Lorsque la Mère Supérieure nous rencontra dans le corridor, elle me demanda : « Est-ce que les Sœurs ne sont pas encore parties ou sont-elles déjà de retour ? J'ai répondu que nous étions déjà revenues, car je ne voulais pas rentrer le soir. J'ai ôté ma pèlerine et aussitôt, je suis allée à la petite chapelle. A peine étais-je rentrée que Jésus me dit : « Vas chez la Mère Supérieure et dis lui que tu es rentrée, non pas pour être à la maison avant le soir, mais parce que j'ai pris ton cœur. » Bien que cela m'en coûtât beaucoup, je suis allée chez la Supérieure et je lui ai
dit avec sincérité la raison pour laquelle j'étais revenue si tôt. Et j'ai demandé
pardon au Seigneur pour tout ce qui avait pu Lui déplaire. A cet instant Jésus
inonda mon âme d'une grande joie. Je compris qu'il n'y a de contentement nulle
part en dehors de Dieu. 43. Une certaine fois, je vis deux Sœurs qui entraient en enfer. Une douleur
indicible étreignit mon âme, j'intercédais pour elles auprès de Dieu et Jésus me
dit ; « Va chez la supérieure et dis-lui que ces deux Sœurs ont l'occasion de
commettre un péché grave ». Ce que je fis le lendemain. Aujourd'hui une de ces
Sœurs vit dans une grande ferveur, l'autre mène un grand combat. 44. Un jour, Jésus me dit : « Je quitterai cette maison… car il y a ici des choses
qui ne me plaisent pas. » Et l'Hostie sortit du tabernacle et se posa sur mes
mains. Et moi, avec joie, je la remis dans le tabernacle. Ceci se répéta une
seconde et même une troisième fois. Alors l'Hostie se transfigura, laissant
apparaître Jésus vivant qui me dit : « Je ne resterai plus ici. » Aussitôt dans mon
âme se réveilla un grand amour pour Jésus. Je répondis:« Et moi, je ne vous
laisserai pas quitter cette maison. » Et Jésus disparut, et l'Hostie revint sur mes
mains. Après l'avoir remise dans le Ciboire, j'ai fermé le tabernacle. Et Jésus est
resté avec nous. Pendant trois jours, je tachai de faire une adoration expiatoire. 45. Une fois Jésus me dit : « Dis à la Mère Générale que dans cette maison
…se commet telle chose …qui ne Me plaît pas et M'offense beaucoup. ». Je ne
l'ai pas dit tout de suite à la Mère, mais le trouble que le Seigneur me fit sentir ne
me permit point de différer plus longtemps. J'écrivis à la Mère Générale et la
paix rentra dans mon âme. 46. J'éprouvai souvent, mais d'une manière invisible, la Passion du Seigneur
Jésus dans mon corps. Je m'en réjouissais puisque Jésus le voulait. Cela durait
peu de temps. Les douleurs enflammaient mon âme du feu de l'amour de Dieu et
des âmes immortelles. L'amour endure tout, l'amour n'a peur de rien, l'amour
survivra à la mort. 47. Un soir, dans ma cellule, je vis Jésus vêtu d'une tunique blanche, une main
levée pour bénir, la seconde touchait son vêtement sur la poitrine. De la tunique
entr'ouverte sortaient deux grands rayons, l'un rouge, l'autre pâle. Je fixais le
Seigneur en silence, l'âme saisie de crainte, mais aussi d'une grande joie. Après
un moment, Jésus me dit ; « Peins un tableau de ce que tu vois, de ce qu tu vois
avec l'inscription « Jésus, j'ai confiance en vous ! »Je désire qu'on honore cette
image, d'abord dans votre chapelle, puis dans le monde entier. 48. Je promets que l'âme qui honorera cette image, ne sera pas perdue. Je lui
promets aussi la victoire sur ses ennemis dès ici bas, et, spécialement à l'heure
de la mort. Moi-même je la défendrai comme Ma propre gloire. » 49. Lorsque j'en informai mon confesseur, il me répondit : « Oui, cela te
concerne, peins l'image de Dieu dans ton âme. » Lorsque je sortis du
confessionnal, j'entendis de nouveau ces paroles : « Mon image est en toi .Je
désire qu'il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu
peindras avec un pinceau, soit solennellement bénie le premier dimanche après
Pâques : ce dimanche doit être la Fête de la Miséricorde. 50. Je désire que les prêtres proclament Ma grande miséricorde envers les âmes pécheresses. Quelles n'aient pas peur de s'approcher de Moi ! Les flammes de la miséricorde Me brûlent. Je veux les répandre sur les âmes. » Jésus se plaignit ainsi: « La méfiance des âmes Me déchire le Cœur, mais la
méfiance d'une âme choisie Me fait encore plus mal. Malgré la Miséricorde dont
Je l'inonde, elle se méfie de Moi. Même Ma Mort ne lui suffit pas. Malheur à qui
en abuse !». 51. Lorsque je dis à la Mère Supérieure ce que Dieu exigeait de moi, elle me
répondit qu'il fallait que Jésus se fasse connaître plus clairement par un signe. Je
demandai donc au Seigneur un signe qui me prouvât qu'Il était vraiment mon
Dieu et Seigneur et que c'était bien de Lui que venait cette demande. J'entendis
une voix intérieure qui disait : « Je le donnerai aux Supérieures par les grâces
que J'accorderai par l'intermédiaire de cette image. » 52. Comme je voulais fuir ces inspirations intérieures, Dieu me dit qu'au Jour du Jugement, Il me demanderait compte d'un grand nombre d'âmes. Une fois, lassée par toutes les difficultés soulevées par le fait que Jésus me
parlait et me demandait de peindre cette image, je résolus de demander au père
Andrasz, avant mes vœux perpétuels, de me délivrer de ces inspirations
intérieures et de me dispenser de peindre cette image. Après avoir écouté ma
confession, le père Andrasz me répondit: « Je ne vous dispense de rien et il ne
vous est pas permis de vous soustraire à ces inspirations intérieures. Mais vous
devez absolument en parler à votre confesseur, autrement vous tomberez dans
l'erreur malgré ces grandes grâces de Dieu. Pour le moment c'est à moi que
vous confessez, mais sachez que vous devez avoir un confesseur permanent,
c'est-à-dire un directeur de conscience ». 53. J'étais bien affligée de cette situation. Je pensais que j'allais me délivrer de tout et voilà que c'était le contraire: un ordre formel de satisfaire les exigences de Jésus. A ceci s'ajoutait le tourment de ne pas avoir de confesseur permanent. Et si, pendant quelques temps, je me confessais au même prêtre, je n'arrivais pas à lui ouvrir entièrement mon âme en raison des grâces indicibles que je n'osais lui révéler, et cela me faisait souffrir. Je priai Jésus de donner ces grâces à quelqu'un d'autre, car je ne savais pas en profiter et je ne faisais que les gaspiller. « Jésus, ayez pitié de moi, ne me commandez pas de si grandes choses. Vous voyez que je suis inexistante et incapable». Mais la bonté de Jésus est infinie. Il me promit une aide 53a . visible sur terre, et peu de temps après, je l'obtins à Wilno . Je reconnus cette aide divine en la personne de l'abbé Sopocko. Avant d'arriver
à Wilno je le connaissais déjà par une vision intérieure. Un jour, je l'avais vu
dans notre chapelle entre l'autel et le confessionnal. J'avais alors entendu une
voix qui me disait: « Voilà l'aide visible pour toi, ici bas, il t'aidera à accomplir
Ma volonté. » 54. Lorsqu'une fois, fatiguée par ces incertitudes, je demandais à Jésus : «
Etes-Vous Jésus ou quelque fantôme ? car mes Supérieures me disaient qu'il y
avait des illusions et des fantômes de toutes sortes. Si Vous êtes mon Seigneur,
je Vous en prie, bénissez-moi ! » Alors Jésus fit un grand signe de croix,
au-dessus de moi .. Je me signai. Lorsque je lui demandai pardon pour cette
question, Il me répondit que je ne Lui faisais aucune peine par cette question et
que ma confiance lui plaisait beaucoup. 55. 1933. Le conseil spirituel que le Père Andrasz S.J. me donna : « Il vous est défendu de vous soustraire à ces inspirations intérieures mais informez-en toujours votre confesseur. Si vous reconnaissez que ces inspirations intérieures vous concernent, c'est-à-dire sont de quelque profit pour votre âme ou pour d'autres âmes ,je vous prie de les suivre car il n'est pas permis de les négliger, mais faites-le toujours en vous entendant avec votre confesseur. Si ces inspirations ne sont pas en accord avec la foi ni avec l'esprit de l' Eglise , il faut les rejeter tout de suite car cela vient du Malin. Si ces inspirations ne concernent pas le bien des âmes, ni en général, ni en particulier, ne les prenez pas trop à cœur et n'y faites aucune attention. Mais ne vous guidez pas seule en cela. D'une manière ou d'une autre, vous pouvez tomber dans l'erreur malgré ces grandes grâces de Dieu. Humilité, humilité et toujours humilité car nous ne pouvons rien de nous-mêmes. Tout n'est que grâce de Dieu. Vous me dites que Dieu exige des âmes une grande confiance. Eh bien, montrez cette confiance, vous la première. Encore un mot : acceptez tout cela dans la paix. » La réflexion d'un des confesseurs : « Ma Sœur, Dieu vous prépare de nombreuses grâces particulières mais tâchez que votre vie soit pure comme une larme devant le Seigneur. Laissez le monde vous juger sans en être troublée. Que Dieu vous suffise, Lui seul !». Vers la fin du noviciat, mon confesseur me dit : « avancez dans la vie en faisant le bien pour que je puisse inscrire sur le livre de votre vie : elle a passé sa vie à faire le bien. Dieu le veuille !» Une autre fois mon confesseur me dit : « Agissez envers Dieu comme la veuve de l'Evangile. Elle n'avait mis qu'une menue monnaie dans le trésor, mais cette obole, devant Dieu, avait plus de poids que les offrandes de prix des autres. » Une autre fois, je reçus cette instruction : « Que tous ceux qui sont en contact avec vous, en retirent de la joie ! Semez le bonheur autour de vous puisque vous avez beaucoup reçu de Dieu, donnez donc beaucoup aux autres ! Qu'ils vous quittent heureux, même s'ils n'ont touché que la frange de votre vêtement ! Rappelez-vous bien ce que je vous dis maintenant. » Une autre fois, il me dit : « Permettez à Dieu d'éloigner la barque de votre vie vers les profondeurs insondables de la vie intérieure. Quelques mots d'un entretien avec la Mère Maîtresse vers la fin de mon noviciat
: « que la simplicité et l'humilité soient les signes caractéristiques de votre âme !
Marchez dans la vie comme une enfant, toujours confiante, toujours pleine de
simplicité et d'humilité, contente de tout, toujours heureuse ! Là où les autres
âmes s'effrayent, passez tranquillement par la simplicité et l'humilité.
Souvenez-vous de ceci, ma Sœur, durant toute votre vie : comme les eaux se
déversent des montagnes dans les vallées, ainsi les grâces de Dieu se déversent
seulement sur les âmes humbles. 56. Ô mon Dieu ! Je comprends bien que Vous exigez de moi cette enfance spirituelle, car par la voix de Vos remplaçants, Vous l'exigez continuellement de moi. Les douleurs et les contrariétés au début de ma vie religieuse m'effrayaient et me
décourageaient. Je priais sans cesse Jésus de m'aguerrir et de me donner la
force de Son Esprit-Saint, pour accomplir en tout Sa Sainte Volonté, car dès le
départ je connaissais ma faiblesse. Je sais bien que ce que je suis de moi-même,
car Jésus m'a fait voir intérieurement tout l'abîme de misère que je suis. Et à
cause de cela, je comprends bien que tout ce qu'il y a de bon en mon âme est
uniquement dû à Sa Sainte Grâce. En prenant conscience de ma misère, je
prends en même temps conscience de la profondeur infinie de Votre
Miséricorde. Dans ma vie intérieure, je garde constamment sous les yeux
l'abîme de misère et d'abjection que je suis, d'une part, et d'autre part l'abîme de
Votre Miséricorde, ô mon Dieu. 57. Ô mon Jésus, Vous êtes la vie de ma vie ! Vous savez bien que je ne désire rien d'autre que la gloire de Votre Nom, et que les âmes aient la connaissance de Votre bonté. Pourquoi les âmes Vous évitent-elles, Jésus ? Je ne comprends pas cela. Oh ! si je pouvais découper mon cœur en menues parcelles et de cette manière, Vous offrir, Jésus, chaque parcelle comme un cœur entier, pour Vous dédommager ainsi pour les cœurs qui ne Vous aiment pas. Je Vous aime Jésus avec chaque goutte de mon sang. Je les verserais volontiers pour Vous, afin de Vous donner la preuve de la sincérité de mon amour. O Dieu, plus je Vous connais, et moins je puis vous concevoir, mais cette « incapacité » me fait comprendre combien Vous êtes grand, Ô Dieu. Et cette « incompréhension » de Vous, allume une nouvelle flamme en mon cœur pour Vous, Seigneur. Depuis le moment où Vous m'avez permis de fixer le regard de mon âme sur Vous, Jésus, je goûte le repos et je ne désire plus rien. J'ai trouvé ma destinée au moment où mon âme s'est noyée en Vous, l'unique objet de mon amour. Tout est néant en comparaison de Vous. Les douleurs, les contrariétés, les humiliations, les insuccès, les soupçons qui surviennent sont des échardes, qui enflamment mon amour pour Vous, Jésus. Mes désirs sont fous et inaccessibles. Je veux Vous cacher ma souffrance. Je désire ne jamais être récompensée pour mes efforts et mes bonnes actions.Ô Jésus, Vous seul êtes ma récompense. Trésor de mon cœur, Vous me suffisez. Je désire compatir à la souffrance de mon prochain et enfouir les miennes dans mon cœur, afin de les cacher non seulement aux yeux des autres, mais aussi aux Vôtres, Jésus. La souffrance est une grande grâce. Par elle, l'âme devient semblable au
Sauveur. L'amour se décante dans la souffrance ; plus la souffrance est grande,
plus l'amour devient pur. 58. Une nuit, je reçus la visite d'une Sœur, morte depuis deux mois. C'était une
Soeur du premier chœur. Je la vis dans une condition effrayante: toute en
flammes, le visage tordu par la douleur. Cela dura quelques instants puis elle
disparut. Un frisson me saisit l'âme, car j'ignorais si elle souffrait au Purgatoire
ou en Enfer. Malgré cela, j'intensifiais mes prières à son intention. Elle revint la
nuit suivante, dans un état encore plus effrayant, assaillie de flammes plus
intenses, le désespoir peint sur ses traits. Je m'étonnai, après les prières que
j'avais offertes pour elle, de voir que son état avait empiré, et je lui demandai : «
Est-ce que mes prières ne vous ont pas aidée ? » Et elle me répondit que ma
prière n'avait été et ne lui serait d'aucun secours. Je lui demandai : « Et les
prières que toute la communauté a offertes pour vous ne vous ont-elles apporté
aucune aide ? » Elle me répondit de même « Ces prières avaient profité à
d'autres âmes ». Je lui répliquai : « Si mes prières ne vous sont d'aucun secours,
veuillez cesser de venir me voir. » Elle disparut aussitôt. Malgré cela, je ne
cessais de prier pour elle. Au bout d'un certain temps, elle m'apparut à nouveau,
de nuit mais déjà dans un autre état. Elle n'était plus environnée de flammes
comme auparavant, le visage rayonnant et les yeux brillants de joie, elle me dit
que j'avais un véritable amour du prochain, que beaucoup d'autres âmes avaient
profité de mes prières ; elle m'encouragea à persévérer dans mes prières pour
les âmes du Purgatoire, et me dit qu'elle n'y resterait plus longtemps. Les
jugements de Dieu sont surprenants ! 59. 1933. Un autre jour j'entendis ces mots dans mon âme : « Fais une neuvaine
pour ta Patrie. Elle se composera des litanies des Saints. Demandes-en la
permission à ton confesseur ». En ayant obtenu la permission lors de la
confession suivante, je commençai cette neuvaine le soir même. 60. Vers la fin des litanies, je vis une grande clarté et, dans cette clarté, Dieu le
Père. Entre cette clarté et la terre, je vis Jésus cloué en Croix, placé de telle
façon que lorsque Dieu voulait voir la terre, Il devait la regarder à travers les
Plaies de son fils. Et je compris que c'est à cause de Jésus que Dieu bénit la
terre. 61. « Jésus, je Vous remercie pour cette grand grâce, ce confesseur que Vous avez Vous-même daigné me choisir, et que vous m'avez fait connaître par une vision avant de l'avoir jamais rencontré. » Lorsque je me confessais au Père Andrasz, je lui confiais mon désir d'être libéré de ces inspirations intérieures. Le Père me répondit que ce n'était pas en son pouvoir et m'encouragea à prier pour avoir un directeur de conscience. Après une courte et fervente prière, je vis une deuxième fois l'abbé Sopocko. Je le vis dans notre chapelle, entre le confessionnal et l'autel. J'étais alors à Cracovie. Ces deux visions fortifièrent mon esprit d'autant plus que je le trouvais tel que je l'avais vu dans mes visions, tant celle de Varsovie lors de ma troisième probation, que celle de Cracovie. Jésus, je Vous remercie pour cette grande grâce. Maintenant, je suis maintes fois saisie de crainte lorsque j'entends des personnes
dire qu'elles n'ont pas de confesseur attitré, c'est-à-dire de directeur de
conscience. Car je sais quels grands dommages j'ai moi-même subi alors que je
n'avais pas cette aide. Sans directeur, on s'égare facilement. 62. Ô vie grise et monotone, que de trésors tu recèles ! Aucune heure ne
ressemble à une autre, car la grisaille et la monotonie disparaît quand je regarde
tout avec l'œil de la foi. La grâce qui m'est donnée à cette heure-ci ne se
représentera pas à l'heure suivante. La grâce me sera encore donnée, mais ce ne
sera plus la même. Le temps passe et ne reviens jamais. Ce qu'il contient ne
changera plus. Il est scellé du sceau éternel. 63. L'abbé Sopocko doit être très aimé de Dieu. Je le dis, parce que j'ai
éprouvé avec quelle force Dieu le réclame à certains moments ; voyant ceci, je
me réjouis infiniment que Dieu ait de tels élus. 64. 1928. - Excursion à Kalwaria. J'avais été désignée pour remplacer pendant deux mois une Sœur de Wilno, partie pour sa troisième probation. J'y restai un peu plus longtemps. Un jour, voulant me faire plaisir, la Mère Supérieure, m'autorisa à me rendre à Kalwaria en compagnie d'une Sœur pour faire ce qu'on appelle le tour des petits sentiers du Chemin de la Croix. J'en étais très heureuse. Nous devions faire le voyage en bateau bien que cela fût tout près. La veille au soir, Jésus me dit : « Je désire que tu restes à la maison. » Je répondis « Jésus tout est prêt pour partir demain matin ; que dois-je faire ? » Le Seigneur ajouta « Cette excursion serait préjudiciable à ton âme. » Je répondis : « Dirigez les circonstances pour que Votre Volonté soit faite ». A ce moment la cloche sonna le coucher. D'un regard je dis adieu à Jésus et je me rendis à ma cellule. Le lendemain matin, la journée s'annonçait belle. Ma compagne se réjouissait à l'idée de tout visiter. Quant à moi, j'étais sûre que nous ne partirions pas. Cependant aucun obstacle ne semblait s'opposer au départ. Nous allions communier plus tôt et nous mettre en route immédiatement après l'action de grâce. Pendant la Sainte Communion, le temps changea. Des nuages assombrirent le ciel et une averse se mit à tomber. Tout le monde s'étonna d'un changement aussi soudain. La Mère Supérieure nous dit : « Mes Sœurs, cela me peine que vous puissiez
partir. » Je répondis : Petite Mère, cela ne fait rien ; c'était la volonté de Dieu
que nous restions à la maison ». Cependant personne ne savait que c'était le
désir exprès de Jésus pour moi. Je passai toute la journée dans le recueillement
et la méditation : je remerciais le Seigneur de m'avoir retenue à la maison. Ce
jour là, Dieu m'accorda beaucoup de consolations célestes. 65. Au noviciat, lorsque la Mère Maîtresse me destina à la cuisine des enfants, je m'en affligeais grandement, car j'étais incapable de maîtriser les énormes marmites. Le plus difficile pour moi était de vider l'eau des pommes de terre cuites dont la moitié parfois s'échappait avec l'eau de cuisson. La Mère Maîtresse à qui j'avais exposé mes craintes, me répondit que je m'accoutumerais et que j'allais acquérir de l'expérience. Cependant la difficulté demeurait. Et je sentais mes forces diminuer de jour en jour. Pour cette raison je m'écartais lorsque venait le moment de vider l'eau des pommes de terre. Les Sœurs s'aperçurent que j'évitais ce travail et s'en étonnèrent beaucoup car elles ignoraient que malgré tous mes efforts et sans me ménager, je ne pouvais arriver à les aider. A midi pendant l'examen de conscience je me plaignis à Dieu de ma faiblesse. Soudain j'entendis ces paroles. « A partir d'aujourd'hui tu n'auras plus aucune peine à faire ce travail. Je vais accroître tes forces. » Le soir, lorsque vint le moment de ce service, je me hâtai la première, confiante dans la promesse du Seigneur. Je pris le récipient avec facilité et versai l'eau parfaitement. J'ôtai le couvercle pour faire évaporer les pommes de terre et que vis-je ? Des bottes de roses rouges d'une beauté indescriptible. Je n'en ai jamais vues de pareilles. Cela m'étonna beaucoup, je n'en comprenais pas la signification. A ce moment, j'entendis une voix en mon âme : « Je change ton travail si pénible en bouquet des plus belles fleurs et leur parfum monte jusqu'à Mon trône. Dès lors, je tâchais de vider l'eau des pommes de terre non seulement pendant
la semaine qui m'était assignée, mais aussi durant celle des autres Sœurs.
J'essayais de m'offrir la première pour tous les travaux pénibles, car j'avais
expérimenté combien cela plaît à Dieu. 66. Ô trésor inépuisable de la pureté d'intention, qui rend toutes nos actions parfaites et si agréables à Dieu ! Ô Jésus, Vous savez combien je suis faible, soyez donc toujours avec moi !
Dirigez mes actes et tout mon être. Vous, mon Maître incomparable ! En vérité,
Ô Jésus je suis saisie d'angoisse quand je vois ma misère. Mais je retrouve la
paix dès que je vois Votre insondable miséricorde, qui de toute éternité, est plus
grande que ma misère. Cette disposition intérieure me fait revêtir Votre
puissance, et quelle joie de connaître ce que je suis. Ô Vous ,Vérité Inaltérable,
Votre durée est éternelle. 67. Je suis tombée malade après mes premiers vœux. Malgré les soins
affectueux et attentifs de mes Supérieures et les efforts du médecin je ne me
sentais ni mieux, ni moins bien. J'appris que l'on croyait que je simulais. Cela me
causa une grande souffrance morale et dura assez longtemps. Un jour que je me
plaignais à Jésus d'être à charge de mes Sœurs, Il me répondit : « Tu ne vis pas
pour toi, mais pour les âmes qui vont profiter de tes souffrances. Tes
souffrances prolongées leur donneront lumière et force pour accepter Ma
Volonté. » 68. La souffrance qui me pesait le plus était la pensée que ni mes prières ni mes bonnes actions ne plaisaient à Dieu. Je n'osais regarder le Ciel. Cela m'occasionnait une peine si profonde, durant les exercices spirituels communs, qu'un jour la Mère Supérieure me fit venir après les exercices et me dit : « Demandez à Dieu, ma Sœur la grâce de la consolation, car je vois bien moi-même ce que me disent les Sœurs. On a pitié rien qu'à vous voir. Je ne sais vraiment que faire de vous. Je vous ordonne de ne vous affliger de rien ». Mais ces entretiens avec la Mère Supérieure ne m'apportaient aucun soulagement, et ne m'éclairaient en rien. Des ténèbres encore plus épaisses me voilaient Dieu. Je cherchais de l'aide au confessionnal, mais là non plus je n'en trouvais pas. Un saint prêtre voulut m'aider, mais j'étais si malheureuse que je ne savais même pas définir mes souffrances et cela ajoutait encore à mes tourments. Une tristesse mortelle saisissait mon âme à tel point que je ne pouvais pas la cacher et que cela transparaissait au dehors. Je perdis espoir. La nuit devint de plus en plus sombre. Le prêtre à qui je me confessais me dit : « Je vois en vous des grâces particulières, et je suis tout à fait tranquille en ce qui vous concerne. Pourquoi vous tourmentez-vous autant ? Cependant je ne comprenais pas alors, et j'étais très étonnée lorsque, pour pénitence, il me disait de réciter un Te Deum ou un Magnificat, parfois de faire un tour dans le jardin au pas de course le soir, ou encore de rire tout haut dix fois par jour. Ces pénitences me surprenaient beaucoup. Et pourtant ce prêtre ne me fut pas d'un grand secours. Manifestement Dieu voulait que je lui rende gloire par ma souffrance. Le prêtre cherchait à me consoler en me disant que j'étais plus agréable à Dieu dans cet état que si je jouissais en abondance des plus grandes consolations. « Quelle grande grâce l'état de tourment où vous vous trouvez, ma Sœur ! Non seulement vous n'offensez pas Dieu, mais vous vous exercez à la vertu. En considérant votre âme, je découvre en vous de grands desseins de Dieu, des faveurs spéciales, et je Lui en rends grâce ». Malgré cela, mon âme était à la torture, en proie à des tourments indicibles.
Comme un aveugle qui se confie à son guide et lui tient fermement la main, je
m'attachais à l'obéissance qui devint, pour moi, la main secourable durant cette
épreuve. Journal Faustine 3 « Jésus, Vérité éternelle, affermissez mes faibles forces. Vous pouvez tout, Seigneur. Je sais que sans Vous mes efforts sont inutiles. Ô Jésus, ne me cachez pas Votre Visage, car je ne puis vivre sans Vous ! Soyez attentif à l'appel de mon âme, ayez pitié de ma misère, parce que Votre miséricorde est inépuisable ! Votre amour infini dépasse l'intelligence des Anges et celle de l'humanité toute entière, et bien qu'il me semble que Vous ne m'entendiez pas, j'ai déposé ma confiance dans l'océan de Votre miséricorde et je sais que mon espoir ne sera pas déçu. Jésus seul sait combien il est difficile et pénible de s'acquitter de ses devoirs,
lorsque l'âme est tourmentée intérieurement, les forces physiques amoindries, et
l'esprit assombri. Dans le calme de mon cœur, je répétais : « Ô Christ à Vous
les délices, l'honneur et la gloire, à moi la souffrance. Je ne ralentirai pas d'un
seul pas à Votre suite bien que les épines me blessent les pieds ». 71. Lorsque je fus envoyée pour une cure à la maison de Plock, j'eus le bonheur d'avoir à orner la chapelle de fleurs. C'était à Biala , Sœur Tekla n'en avait pas toujours le temps. Je fleurissais donc souvent, seule, la petite chapelle. Un jour j'avais cueilli de très belles roses pour fleurir la chambre d'une certaine personne. Comme j'arrivais près de la galerie, j'y aperçus Jésus qui me demanda gracieusement : « Ma fille, à qui portes-tu ces fleurs ? » Mon silence fut ma réponse, car au même moment, je reconnus que j'éprouvais pour cette personne un très subtil attachement dont je ne m'étais pas encore aperçue. Et Jésus disparut. A l'instant même, j'ai jeté les fleurs et me suis rendue devant le Saint Sacrement, le cœur comblé de gratitude pour la grâce de la connaissance de moi-même. Ô Soleil divin ! A la lumière de vos rayons, l'âme voit les plus petits grains de
poussière qui peuvent vous déplaire. 72. Jésus, Vérité éternelle, notre vie, j'implore et je mendie Votre miséricorde
pour les pauvres pécheurs. Très doux cœur de mon Seigneur, empli de pitié et
d'indicible bonté, je vous supplie pour les pauvres pécheurs. Ô Cœur Sacré,
Source de Miséricorde dont les rayons de grâces inconcevables se répandent
sur tout le genre humain, je vous en supplie, donnez la lumière aux pauvres
pécheurs. Ô Jésus, souvenez-Vous de Votre Passion amère et ne permettez pas
que périssent les âmes rachetées au prix de Votre précieux Sang. Ô Jésus,
lorsque je considère le don de Votre Sang, je me réjouis de son inestimable
valeur car une goutte aurait suffi pour tous les pécheurs. Bien que le péché soit
un gouffre de méchanceté et d'ingratitude, le prix donné pour nous est sans
commune mesure - c'est pourquoi chaque âme doit avoir confiance en la
passion du Seigneur, confiance dans Sa miséricorde. Dieu ne refuse Son Pardon
à personne. Le ciel et la terre peuvent changer, mais la Miséricorde de Dieu ne
s'épuisera jamais. Oh ! Quelle joie brûle dans mon cœur quand je vois Votre
inconcevable bonté ! Ô mon Jésus, je désire amener tous les pécheurs à Vos
pieds pour qu'ils louent Votre Amour infini, pendant des siècles sans fin. 73. Mon Jésus, bien que la nuit soit obscure autour de moi et que de sombres nuages me voilent l'horizon, je sais que le soleil ne s'éteint pas. Ô Seigneur, bien que je ne puisse concevoir ni comprendre Votre action, j'ai confiance en Votre Miséricorde ! Si Votre Volonté, Seigneur, est que je vive toujours dans de telles ténèbres, soyez béni ! Je vous demande une chose, mon Jésus, ne permettez pas que je vous offense jamais, en quoi que ce soit. Ô mon Jésus, vous seul connaissez les langueurs et les douleurs de mon cœur ! Je me réjouis de pouvoir souffrir, si peu que ce soit, pour vous. Lorsque je sens que la souffrance dépasse mes forces, j'ai recours au Seigneur
dans le Saint Sacrement et un profond silence est ma façon de parler au
Seigneur. 74 La confession d'une de nos élèves Un jour, je fus poussée à faire des démarches pour obtenir la Fête de la
Miséricorde et je ne pouvais goûter de repos avant que ne fût peinte l'image de
Jésus Miséricordieux. Ce sentiment me pénétra entièrement, mais une certaine
peur me prit : Est-ce que je n'étais pas dans l'illusion ? A vrai dire, ces
incertitudes venaient toujours du dehors, car au fond de moi, je sentais que mon
âme était toute pénétrée du Seigneur. Le confesseur, auquel je me confessais
alors me dit que parfois on peut s'illusionner et je sentais que ce prêtre semblait
avoir peur de me confesser. C'était pour moi un supplice. Voyant que je ne
pouvais attendre beaucoup d'aide de la part des hommes, je recourus d'autant
plus à Jésus, ce Maître incomparable. Une fois, dans l'incertitude où j'étais de
savoir si la voix qui me parlait était ou non celle du Seigneur, je me suis adressée
à Jésus intérieurement sans prononcer de paroles. Tout de suite une force me
pénétra et je dis : « Si Vous êtes vraiment mon Dieu, si c'est Vous qui m'êtes
présent et qui me parlez, je Vous en prie, Seigneur, que cette élève aille
aujourd'hui encore se confesser. Ce signe me rassurera. » Au même moment,
cette enfant demanda à se confesser. La Maîtresse de classe s'étonna de cette
décision soudaine mais elle tâcha, tout de suite de trouver un prêtre et l'enfant se
confessa avec grande contrition. Alors, j'entendis en mon âme cette voix : «
Est-ce que tu Me crois maintenant ». Et de nouveau, une force étonnante me
pénétra et m'affermit de telle sorte, que j'étais stupéfaite moi-même d'avoir pu
me laisser envahir par le doute. Ces doutes viennent toujours de l'extérieur, ce
qui me dispose à m'enfermer en moi-même. 75. Lorsque je perçois l'incertitude du prêtre pendant la confession, alors je ne
dévoile pas mon âme plus profondément, je m'accuse seulement de mes péchés.
Un tel prêtre ne me donnera pas la paix puisque lui-même ne la possède pas. Ô
prêtres, vous, les cierges lumineux qui éclairent les âmes, que votre clarté ne
s'obscurcisse jamais. J'ai compris alors que ce n'était pas la volonté de Dieu que
je dévoile le fond de mon âme. Plus tard, Dieu me donna cette grâce. 76. « Mon Jésus, dirigez mon âme, prenez complète possession de tout mon être, enfermez-moi au fond de votre cœur et défendez moi contre les attaques de l'ennemi. En vous est ma seule espérance ! Parlez par ma bouche quand je serai avec les puissants et les savants, moi, la plus misérable des créatures, pour qu'ils reconnaissent que cette affaire est la Vôtre et qu'elle vient de vous ». Ténèbres et tentations 77. Mon esprit était assombri d'une manière singulière ; aucune vérité ne me semblait claire. Quand on me parlait de Dieu, mon cœur était comme un roc. Je ne pouvais en tirer un seul sentiment d'amour pour lui. Lorsque je m'efforçais de rester auprès de Dieu par un acte de volonté, j'éprouvais de grands tourments et il me semblait que je poussais Dieu à une plus grande colère. Je ne pouvais plus méditer comme auparavant. J'ai senti dans mon âme un grand vide que je ne pouvais remplir. J'ai commencé à souffrir la soif et la nostalgie de Dieu, mais je voyais toute mon impuissance. J'essayais de lire lentement, phrase par phrase, et de méditer de cette façon, mais cela aussi était vain. Je ne comprenais rien de ce que j'avais lu. Mon gouffre de misère m'était sans cesse présent. Chaque fois que j'entrais pour quelque exercice à la chapelle, j'éprouvais les pires tourments et tentations. Plus d'une fois j'ai dû combattre des pensées de blasphèmes qui, pendant toute la Sainte Messe, se pressaient sur mes lèvres. Je ressentais un désir de m'éloigner des Saints Sacrements. Il me semblait que je n'en profitais aucunement. Je ne les fréquentais que par obéissance à mon confesseur, et cette obéissance aveugle était pour moi le seul chemin sur lequel je devais marcher, la Voie du salut. Le prêtre m'expliquait que c'étaient des épreuves permises par Dieu et que dans l'état où j'étais, non seulement je n'offensais pas Dieu, mais que je lui étais très agréable. C'est un signe, me disait-t-il que Dieu vous aime énormément, qu'Il a confiance
en vous lorsqu'Il vous afflige par de pareilles épreuves. Mais ces mots ne me
consolaient pas, il me semblait qu'ils ne s'appliquaient nullement à moi. Une
chose m'étonnait : il m'arriva plus d'une fois, lorsque je souffrais terriblement ces
terribles tourments, qu'au moment où je m'approchais du confessionnal, mais
dès que je m'éloignais, ils revenaient à la charge avec encore plus
d'acharnement. Alors je tombais face contre terre, devant le Saint Sacrement et
je répétais ces paroles : « Même si vous me tuez, j'aurai confiance en Vous ! » Il
me semblait que j'agonisais dans ces douleurs. Une pensée terrible pour moi
était de croire que j'étais rejetée par Dieu. Puis d'autres pensées me venaient : -
Pourquoi tâcher d'acquérir des vertus et de faire des bonnes actions ? Pourquoi
se mortifier et s'anéantir ? A quoi bon faire des vœux ? A quoi bon prier ? A
quoi bon se sacrifier et s'anéantir ? A quoi bon faire, à chaque pas, le sacrifice
de soi-même ? A quoi bon ? Si j'étais déjà rejetée par Dieu, à quoi bon ces
efforts ? Ici Dieu seul sait ce qui se passait dans mon cœur. 78. Un jour où ces souffrances terribles m'étreignaient, j'entrai à la chapelle et je
dis ces mots du fond de mon âme : « Faites de moi ce qui Vous plaît, ô Jésus, je
veux Vous adorer en tout. Que Votre volonté soit faite en moi, ô mon Seigneur
et mon Dieu, et moi je vais louer votre infinie miséricorde !». Cet acte de
soumission dissipa mes terribles tourments. Tout à coup, j'aperçus Jésus, qui me
dit : « Je suis toujours dans ton cœur. » Une joie inconcevable pénétra mon âme
et la remplit d'un grand amour de Dieu, ce qui enflamma mon pauvre cœur. Je
vois que Dieu ne permet jamais plus que ce que nous pouvons supporter. Oh !
je n'ai peur de rien. Si Dieu envoie à l'âme un si grand tourment, il la soutient par
une grâce plus grande encore, bien que nous ne nous en rendions pas compte.
Dans de tels moments, un acte de confiance rend à Dieu plus de gloire que des
heures entières passées en prières, remplies de consolation. Maintenant je vois
que si Dieu veut maintenir une âme dans les ténèbres, aucun livre, ni aucun
confesseur ne pourra l'éclairer. 79. Marie, notre Mère et notre Reine, je vous confie mon âme, mon corps, ma
vie, ma mort et tout ce qui la suivra. Je dépose tout entre vos mains. Ô ma
Mère, couvrez mon âme de votre manteau virginal et donnez-moi la grâce de la
pureté du cœur, de l'âme et du corps ; défendez-moi par votre puissance de
tous les ennemis et spécialement de ceux qui cachent leur méchanceté sous le
masque de la vertu. Ô Lis ravissant, vous êtes pour moi un miroir, ô ma Mère ! 80. Jésus, divin prisonnier de l'amour, lorsque je considère Votre amour et
Votre anéantissement pour moi, mes sens m'abandonnent. Vous cachez Votre
inconcevable majesté et Vous Vous abaissez vers mon néant. Ô Roi de gloire,
bien que Vous cachiez Votre beauté, le regard de mon âme déchire le voile. Je
vois les chœurs angéliques qui ne cessent de Vous rendre honneur et toutes les
Puissances célestes, qui vous louent sans fin, chantant : « Saint, Saint, Saint. » 81. Oh ! qui comprendra Votre amour et Votre insondable miséricorde envers nous ! Ô prisonnier de l'amour, j'enferme mon pauvre cœur dans ce tabernacle pour qu'il vous adore sans cesse nuit et jour; je ne connais aucun obstacle à cette adoration et même quand je serai éloignée physiquement, mon cœur sera toujours avec Vous. Rien ne peut mettre des barrières à mon amour pour Vous. Les obstacles n'existent pas pour moi. Ô mon Jésus, je vais Vous consoler de toutes les ingratitudes, blasphèmes froideurs, haines et sacrilèges des impies ! Ô Jésus, je désire brûler comme une offrande pure, immolée devant le trône de Votre abaissement, Vous priant sans cesse pour les pécheurs agonisants… Ô Sainte Trinité, Dieu Unique, Indivisible, soyez béni pour cet immense don et
ce testament de Miséricorde ! Mon Jésus, en expiation pour les blasphémateurs,
je garderai le silence quand on me réprimandera injustement, pour réparer au
moins un peu. Je vous chante un hymne incessant dans mon âme, et personne ne
s'en doutera, ni ne comprendra. Le chant de mon âme n'est connu que de Vous,
ô mon Créateur et mon Seigneur. 82. Je ne permettrai pas que le tourbillon du travail m'absorbe au point d'oublier
Dieu. Je passerai tous mes moments libres aux pieds du Maître, caché dans le
Saint Sacrement. Là Il m'enseigne depuis mes plus tendres années. 83. « Ecris ceci : Avant de venir comme un Juge équitable, Je viens d'abord
comme Roi de Miséricorde. Avant qu'advienne le jour de Justice, il sera donné
aux hommes ce signe dans les cieux : toute lumière dans le ciel s'éteindra et il y
aura de grandes ténèbres sur toute la terre. Alors le signe de la Croix se
montrera dans le ciel ; des Plaies des Mains et des Pieds du Sauveur, sortiront
de grandes lumières, qui, pendant quelques temps illumineront la terre. Ceci se
passera peu de temps avant le dernier jour. » 84. Ô Sang et Eau, qui avez jailli du Coeur de Jésus, comme source de miséricorde pour nous, j'ai confiance en vous ! Wilno 2.VIII. 1934 85. Vendredi, après la Sainte Communion, je fus transportée en esprit devant le Trône de Dieu entouré par les Puissances célestes qui L'adorent sans cesse. Derrière le trône, je vis une clarté inaccessible aux créatures, uniquement réservée au Verbe Incarné, Médiateur. Lorsque Jésus pénétra dans cette clarté, j'entendis ces paroles : « Ecris tout de suite, ce que tu entends : Je suis le Seigneur dans Sa réalité et Je ne connais ni ordres, ni besoins. Si J'appelle la créature à la vie, c'est en vertu de Ma Miséricorde infinie. » Et à ce moment je revins à la réalité ; j'étais dans notre chapelle, sur mon
prie-Dieu, la Sainte Messe finissait. Ces paroles étaient déjà écrites. 86. Quand je vis combien mon confesseur aurait à souffrir à cause de cette œuvre que Dieu veut mener à bien par son entremise, la peur me prit un instant et je dis au Seigneur : « Jésus, cette affaire est vôtre pourquoi agissez-Vous de la sorte envers lui ? Il me semble que Vous lui suscitez des difficultés, tout en lui ordonnant d'agir. » « Ecris que nuit et jour Mon regard se pose sur lui et que Je permets ces contrariétés pour augmenter ces mérites. Ce n'est pas la réussite que Je récompense, mais la patience et la peine prises pour Moi. » Wilno , 26.X. 1934 87. Vendredi, quand je revenais du jardin avec nos élèves à l'heure du souper (il était six heures moins dix), je vis Jésus au-dessus de notre chapelle, exactement comme Il était lorsque je Le vis pour la première fois, tel qu'Il est peint sur l'image. Les deux rayons qui sortaient de Son Cœur couvraient notre chapelle et l'infirmerie, puis toute la ville, et ils se répandirent sur le monde entier. Cela dura environ quatre minutes, puis tout s'évanouit. Une des enfants, qui m'accompagnait, un peu en arrière des autres, voyant
également ces rayons, mais pas Jésus, ne pouvait imaginer d'où sortaient ces
rayons. Elle était saisie et le raconta à ses compagnes. Les élèves riaient d'elle
disant qu'elle avait rêvé ; peut-être était-ce la lumière d'un avion ? Mais elle
s'obstinait et disait que jamais elle n'avait vu de tels rayons. Des compagnes lui
dirent alors que ce pouvait être un réflecteur ; elle répondit qu'elle savait ce
qu'était la lumière d'un réflecteur, mais qu'elle n'avait jamais vu de tels rayons.
Après le souper, cette enfant me dit que ces rayons l'avaient tellement émue
qu'elle ne pouvait rester tranquille. « J'en parlerai toujours ! » Cependant elle
n'avait pas vu Jésus. Revenant sans cesse sur ces rayons elle me mit dans une
position difficile, car je ne pouvais lui dire que j'avais vu Jésus. Je priais pour
elle, demandant au Seigneur qu'Il lui donne les grâces dont elle avait tant besoin.
Mon cœur se réjouit que Jésus seul se fasse connaître dans Son œuvre. Cela
m'a causé de grands ennuis, mais on peut tout supporter pour Jésus. 88. Pendant mon adoration, je sentis la proximité de Dieu. Après un moment,
j'aperçus Jésus et Marie. Cette vision emplit mon âme de joie, et je demandai au
Seigneur : « Quelle est Votre volonté, Jésus, dans cette affaire ? Mon
confesseur m'a ordonné de Vous le demander. » Jésus répondit : « Ma volonté
est qu'il soit ici et qu'il ne se dispense de rien lui-même. »J'ai demandé à Jésus :
« Est-ce que l'inscription peut-être comme suit : « Christ, Roi de Miséricorde »
? Il me répondit : « Je suis le Roi de Miséricorde - et il n'a pas dit « Christ ». -
Je désire que cette image soit publiquement exposée le premier dimanche après
Pâques, jour de la fête de la Miséricorde. Par le Verbe Incarné, Je fais
connaître l'infini de ma Miséricorde. » 89. Il est étonnant de voir que les choses s'arrangèrent comme le Seigneur
l'exigeait. La première fois, que cette image reçut les honneurs publics, elle était
placée à Ostra Brama, au faîte de la fenêtre, et l'on pouvait l'apercevoir de très
loin. A Ostra Brama, l'on célébrait solennellement, durant ces trois jours, la
Clôture du Jubilé de la Rédemption du monde, 1900 après la Passion du
Sauveur. Je comprends maintenant que l'œuvre de la Rédemption est unie à
cette œuvre de la Miséricorde que le Seigneur exige. 90. Un jour, je vis intérieurement combien mon confesseur allait souffrir. Tous
vont vous contredire et vos forces physiques diminueront. Je vous ai vu telle une
grappe de raisins, choisie par le Seigneur et jetée dans le pressoir des
souffrances. Votre âme, mon Père, sera à certains moments remplie de doute et
d'incertitude à propos de cette œuvre et de moi. Et j'ai vu, comment Dieu seul
vous contredisait. J'ai demandé au Seigneur pourquoi Il agissait de la sorte
envers vous, comme pour rendre difficile ce qu'Il ordonnait Lui-même. Et le
Seigneur dit : « J'agis ainsi envers lui pour témoigner que cette œuvre est
Mienne. Dis-lui qu'il n'ait peur de rien, Mon regard repose sur lui nuit et jour. Il
y aura tant de fleurons dans sa couronne et tant d'âmes seront sauvées par cette
œuvre ! Je ne récompense pas le succès du travail, mais la souffrance. » 91. Mon Jésus, Vous seul savez quelles persécutions je souffre, uniquement parce que je Vous suis fidèle et que j'accepte Vos exigences. Vous êtes ma force - soutenez-moi, pour que j'accomplisse toujours fidèlement ce que Vous exigez de moi. Seule, je ne puis rien, mais toutes les difficultés s'évanouissent si Vous me soutenez. Ô mon Seigneur, ma vie est devenue un combat continuel et de plus en plus acharné dès le moment où mon âme reçut la faculté de Vous connaître. Chaque matin pendant la méditation, je me prépare au combat pour toute la journée ; la Sainte Communion est une garantie que je remporterai la victoire, et il en est ainsi. Je crains le jour où je ne pourrais recevoir la Sainte Hostie. Ce pain des Forts me donne toute l'énergie nécessaire pour accomplir cette œuvre, et le courage de faire tout ce qu'exige le Seigneur. Le courage et la force qui sont en moi ne viennent pas de moi, mais de Celui qui demeure en moi par l'Eucharistie. Mon Jésus que l'incompréhension est grande ! Parfois, sans l'Eucharistie, je
n'aurais pas le courage d'aller plus loin sur la voie que Vous m'indiquez. 92. L'humiliation est ma nourriture de chaque jour. Je comprends que l'épouse
participe à tout ce qui concerne son Epoux, donc son manteau d'injures doit me
couvrir aussi. Aux moments où je souffre beaucoup, je tâche de me taire, car je
me méfie de ma langue qui, en de tels moments, est encline à parler de soi, alors
qu'elle doit me servir à louer Dieu pour tant de bienfaits et de dons accordés.
Quand je reçois Jésus dans la Sainte Communion, je Le prie avec ferveur de
guérir ma langue pour que par elle, je n'offense ni Dieu, ni le prochain. Je veux
qu'elle ne cesse de rendre gloire à Dieu. Les fautes que commet la langue sont
graves. L'âme ne parviendra pas à la sainteté si elle ne maîtrise pas sa langue. 93. Abrégé du catéchisme des vœux religieux Question : Qu'est-ce qu'un vœu ? Réponse : Le vœu est une promesse volontaire, faite à Dieu d'accomplir un acte plus parfait. Question : Est-ce que le vœu oblige dans une matière ordonnée par un commandement ? Réponse : Oui. La réalisation d'un acte dans la matière ordonnée par un Commandement est à double valeur et mérite ; et sa négligence est double transgression et perversité, car si on viole un vœu, on ajoute alors au péché contre le Commandement, celui du sacrilège. Question : Pourquoi les vœux religieux ont-ils une telle valeur ? Réponse : Parce qu'il sont le fondement de la vie religieuse approuvée par l'Eglise, dans laquelle les membres réunis en une communauté religieuse, s'engagent à tendre toujours vers la perfection par trois vœux religieux : de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, observé selon les règles. Question : Que veut dire : tendre à la perfection ? Réponse : Tendre à la perfection veut dire que l'état religieux n'exige pas de perfection déjà acquise, mais oblige, sous peine de péché à un travail quotidien pour l'atteindre. Donc, le religieux qui ne veut pas se perfectionner, néglige son principal devoir d'état. Question : Que sont les vœux religieux solennels ? Réponse : Les vœux religieux solennels sont tellement absolus que, dans les cas extraordinaires, seul le Saint Père peut en relever. Question : Que sont les vœux simples ? Réponse : Ce sont des vœux moins absolus - Le Saint Siège peut relever des vœux perpétuels et des vœux simples. Question : Quelle est la différence entre le vœu et la vertu ? Réponse : Le vœu renferme seulement ce qui est commandé sous peine de péché. La vertu s'élève plus haut et facilite l'exécution de vœu. Au contraire en violant le vœu, on manque à la vertu et on la blesse. Question : A quoi engagent les vœux religieux ? Réponse : Les vœux engagent à s'efforcer d'acquérir les vertus et à se soumettre
complètement à ses Supérieurs et aux Règles en vigueur ; ainsi le religieux donne
sa personne à la Communauté, renonce à tout droit sur elle et sur ses actions
qu'il sacrifie au service de Dieu. Le vœu de pauvreté Le vœu de pauvreté est un renoncement volontaire au droit de propriété ou à l'usage de cette propriété dans le but de plaire à Dieu. Question : Quels objets concernent le vœu de pauvreté ? Réponse : Tous les biens et objets appartenant à la Communauté, Tout ce que l'on a donné, choses ou argent : lorsque ces dons ont été acceptés, on y a plus droit. Tous les dons ou les présents à titre de remerciement ou autre, appartiennent de droit à la Communauté. On ne peut employer, sans violer le vœu, tout payement de travail y compris la rente viagère. Question : Quand rompt-on ou viole-t-on le vœu selon le septième commandement ? Réponse : On le rompt ou on le viole, lorsque sans permission : - On prend pour soi ou pour quiconque une chose appartenant à la maison ; - On garde une chose pour se l'approprier ; - On vend ou on échange une chose appartenant à la Communauté ; - On emploie un objet à un autre usage que celui auquel le Supérieur l'avait destiné ; - On donne ou on accepte n'importe quoi ; - On détruit ou abîme par négligence ; - On emporte avec soi quelque chose en changeant de maison. En cas de rupture de vœu, le religieux est obligé à la restitution envers la
Communauté. La vertu de pauvreté C'est une vertu évangélique qui contraint le cœur à se libérer de l'attachement aux choses temporelles ; en vertu de sa profession, le religieux y est strictement obligé. Question : Quand pèche-t-on contre la vertu de pauvreté ? Réponse : Lorsqu'on désire une chose contraire à cette vertu. Lorsqu'on s'attache à quelque chose et lorsqu'on emploie des choses superflues. Question : Quels sont les degrés de pauvreté ? Réponse : Il y a pratiquement quatre degrés de pauvreté selon la profession : - Ne disposer de rien ; dépendre des Supérieurs : la stricte matière du vœu. - Eviter le luxe, se contenter des choses indispensables, cela dépend de la vertu. - Se contenter volontiers des choses les moins bonnes en ce qui concerne la cellule, le vêtement, la nourriture etc. et en éprouver du contentement intérieur. - Se réjouir de la gène. Le vœu de chasteté Question : A quoi oblige ce vœu ? Réponse : A renoncer au mariage et à éviter tout ce qui est interdit par le sixième et le neuvième Commandements. Question : Est-ce que une faute contre cette vertu est une violation de vœu ? Réponse : Chaque faute contre cette vertu est en même tems une violation du vœu, car ici il n'y a pas de différence, comme dans la pauvreté ou l'obéissance, entre le vœu et la vertu. Question : Est-ce que chaque mauvaise pensée est un péché ? Réponse : Non, chaque mauvaise pensée n'est pas un péché, elle le devient seulement lorsque la complaisance de la volonté et le consentement se joignent à la considération de l'esprit. Question : Qu'est-ce qui, outre les péchés contre la chasteté, nuit à cette vertu ? Réponse : La liberté des sens, la liberté de l'imagination et la liberté des sentiments, la familiarité et les tendres amitiés, nuisent à cette vertu. Question : Par quels moyens conserve-t-on cette vertu ? Réponse : En repoussant les tentations intérieures par la pensée de la présence de Dieu et en les combattant sans peur. Et pour les tentations extérieures, en évitant les occasions de pécher. Il y a en tout sept principaux moyens : - Surveiller les sens ; - Eviter les occasions ; - Eviter l'oisiveté ; - Eloigner promptement les tentations ; - S'écarter de toute amitié, notamment des amitiés particulières ; - Cultiver l'esprit de mortification ; - Révéler toutes les tentations à son confesseur. Outre cela il y a encore cinq moyens de préserver cette vertu : - l'humilité ; - l'esprit d'oraison ; - la modestie ; - la fidélité à la règle : - une sincère dévotion à la Sainte Vierge Marie. Vœu d'obéissance Le vœu d'obéissance est supérieur aux deux premiers, car il est, à vrai dire, un holocauste. Et il est le plus nécessaire, parce qu'il forme et anime le corps monastique. Question : A quoi oblige le vœu d'obéissance ? Réponse : Par le vœu d'obéissance, le religieux promet à Dieu d'être obéissant à ses Supérieurs légitimes en tout ce qu'ils ordonneront au nom de la règle. Le vœu d'obéissance rend le religieux dépendant de son supérieur, au nom de la règle, dans toute sa vie et toutes ses affaires. Le religieux commettra un péché grave contre ce vœu, chaque fois qu'il désobéira à un ordre donné. La vertu d'obéissance La vertu d'obéissance va plus loin que le vœu, elle embrasse les règles, les règlements et même les conseils des supérieurs. Question : Est-ce que la vertu d'obéissance est indispensable au religieux ? Réponse : La vertu d'obéissance lui est tellement indispensable que, même s'il faisait des bonnes actions en dehors de l'obéissance, elles deviendraient mauvaises ou sans mérite. Question : Peut-on pécher gravement contre la vertu d'obéissance ? Réponse : On pèche gravement quand on méprise l'autorité ou l'ordre du Supérieur. Quand un dommage spirituel ou temporel pour la Communauté résulte de la désobéissance. Question : Quelles fautes mettent le vœu en danger ? Réponse : Etre prévenu contre le Supérieur ou avoir de l'antipathie pour lui, les
murmures ou critiques, la lenteur et la négligence. Les degrés de l'obéissance 1. L'exécution prompte et entière. 2. L'obéissance de la volonté, lorsque la volonté décide la raison à se soumettre à l'avis du Supérieur. Pour faciliter l'obéissance, Saint Ignace suggère trois moyens : - Toujours voir Dieu dans son Supérieur, quel qu'il soit. - Justifier en soi l'ordre ou l'avis du Supérieur. - Accepter chaque ordre comme un ordre de Dieu, sans examiner ou réfléchir. Moyen général : l'humilité par laquelle rien n'est difficile. 94. Ô mon Seigneur, enflammez mon cœur d'amour pour Vous, pour que mon
esprit ne se lasse pas parmi les orages, les souffrances et les épreuves ! Vous
voyez comme je suis faible. L'amour peut tout. 95. La connaissance plus profonde de Dieu peut effrayer l'âme. Au
commencement, Dieu se révèle comme Sainteté, Justice, Bonté, c'est-à-dire
Miséricorde. L'âme ne connaît pas tout à la fois, mais par étapes ou lueurs
successives, qui la rapprochent, chaque fois de Dieu. Ces lueurs sont de courte
durée, car l'âme ne pourrait supporter l'intensité de cette lumière. C'est pendant
l'oraison que l'âme reçoit les éclairs de cette lumière, qui rendent impossible son
ancienne manière de faire oraison. L'âme peut faire les efforts qu'elle voudra
pour revenir à l'ancienne oraison, ce sera en vain ; il lui devient complètement
impossible de continuer à prier de la même façon qu'avant d'avoir reçu cette
lumière. La lumière qui a touché l'âme brille en elle, sans que rien puisse
l'étouffer, ni l'obscurcir. Cette lueur de la connaissance de Dieu attire l'âme et
allume son amour pour Lui. Mais cette vive clarté révèle en même temps à l'âme
son état particulier ; elle se voit intérieurement toute entière dans la lumière d'en
haut, et elle se lève effrayée et alarmée. Mais elle ne reste pas sous l'effet de
cette frayeur et commence à se purifier, à s'humilier et à s'abaisser devant le
Seigneur. Et ces lumières deviennent plus fortes et plus fréquentes. Plus l'âme
s'épure et plus ces lumières sont pénétrantes. Dieu comble de Ses consolations
et Se donne de manière sensible à l'âme qui répond fidèlement et
courageusement à ces premières grâces. Elle entre par instants dans une sorte
d'intimité avec Dieu et en éprouve une grande joie. Elle croit déjà avoir atteint le
degré de perfection qui lui était destiné; ses imperfections et ses défauts
sommeillent toujours en elle, mais elle croit les avoir perdus. Rien ne lui semble
difficile, elle est prête à tout. Elle commence à se plonger en Dieu et à en goûter
les délices. Portée par la grâce, elle ne se rend pas du tout compte que le temps
de l'épreuve peut venir. Et en effet, cet état ne dure pas longtemps. Voici venir
des moments d'une autre nature. Mais je dois souligner que l'âme répond plus
fidèlement à la grâce divine, si elle a un confesseur éclairé à qui elle confie tout. 96. Les épreuves de Dieu dans une âme particulièrement aimée de Lui. Tentations et ténèbres, Satan. L'amour de Dieu, en cette âme, n'est pas encore tel que Dieu l'exige. Elle perd tout à coup le sentiment de la présence de Dieu, toutes sortes de fautes et de défauts, qu'elle doit combattre avec acharnement, se lèvent en elle. Toutes ses propres imperfections réapparaissent, mais sa vigilance est grande. Au lieu de sentir la présence de Dieu, elle connaît la sécheresse spirituelle. Elle ne se sent plus aucun goût pour les exercices spirituels. Elle ne peut plus prier, ni comme autrefois, ni comme elle priait désormais. Elle s'élance de tous cotés et ne trouve nulle part de satisfaction. Dieu s'est caché d'elle et elle ne trouvera de consolation en rien ni en personne.
L'âme désire passionnément Dieu, mais elle voit sa propre misère et commence
à ressentir la justice divine. Elle croit avoir perdu tous les dons de Dieu, sa
raison en est comme affaiblie. Les ténèbres l'envahissent toute entière. C'est le
commencement de tourments inconcevables. Elle tente d'exposer son état
intérieur à son confesseur qui ne la comprend pas. Son trouble augmente
encore. Satan commence son œuvre. 97. La foi de l'âme commence à chanceler, c'est une lutte acharnée. L'âme fait des efforts ; par un acte de volonté, elle reste auprès de Dieu. Satan, avec la permission de Dieu, avance encore plus loin : l'espérance et l'amour sont mis à l'épreuve. Ces tentations sont terribles. Secrètement, sans qu'elle le sache, Dieu soutient l'âme ; autrement il lui serait impossible de se maintenir, et Dieu sait combien il peut permettre à l'âme de souffrir. L'âme est tentée par l'infidélité envers les vérités révélées, par le manque de franchise envers son confesseur. Satan lui dit : « Vois, personne ne te comprend, à quoi bon parler de tout cela ? » Des paroles effrayantes sonnent à ses oreilles, et il lui semble qu'elle les prononce contre Dieu. Elle voit ce qu'elle ne voudrait ne pas voir. Elle entend ce qu'elle voudrait ne pas entendre ; et il est terrible en de tels moments, de ne pas avoir de confesseur expérimenté. Elle porte seule tout le fardeau ; cependant, autant qu'il est en son pouvoir, elle doit s'efforcer de trouver un confesseur éclairé, car elle risque de succomber sous le poids, ce qui la mènerait au bord du précipice. Toutes ces épreuves sont dures et pénibles ; et Dieu ne les envoie pas à une âme qui n'aurait pas d'abord été admise à une profonde intimité avec Lui, et qui n'aurait pas goûté aux délices divins. Il a aussi, dans tout cela, Ses desseins, qui nous sont impénétrables. Souvent, Dieu prépare de cette manière les âmes à de futurs desseins et à de grandes œuvres. Il veut les éprouver comme l'or pur, mais ce n'est pas encore la fin. Il reste l'épreuve suprême : le complet délaissement de l'âme par Dieu. 98. L'épreuve suprême, le délaissement complet. Le désespoir. L'âme sort victorieuse des batailles précédentes, même si elle a trébuché, elle se bat vaillamment ; elle appelle Dieu en toute humilité : « Sauvez-moi, je péris ! » Elle est encore capable de combattre. Maintenant de terribles ténèbres enveloppent l'âme. Elle ne voit en elle que péché. Elle souffle cruellement. Elle se voit complètement abandonnée de Dieu, elle a le sentiment d'être pour Lui un objet de haine ; elle est au bord du désespoir. Elle se défend de son mieux, elle tâche d'éveiller la confiance. Mais l'oraison n'est pour elle qu'une plus grande peine ; il lui semble qu'elle attise la colère de Dieu. Elle se tient sur un sommet qui se perd dans les nuées, mais qui surplombe un gouffre. L'âme brûle du désir d'être près de Dieu, mais elle se sent repoussée. Tous les
supplices du monde ne sont rien, comparés au sentiment dont elle est la proie :
l'abandon de Dieu. Personne ne peut la soulager. Elle voit qu'elle est toute seule, qu'elle n'a personne pour la défendre. Elle lève les yeux au ciel, mais elle sait qu'elle n'a rien à en attendre ; pour elle, tout est perdu. Elle tombe dans des ténèbres de plus en plus épaisses ; Il lui semble qu'elle a perdu Dieu pour toujours, ce Dieu qu'elle a tant aimé. Cette pensée lui cause un tourment indescriptible. Mais elle n'y consent pas. Elle tente de regarder vers le ciel, en vain : et cela redouble son tourment. Personne n'éclairera cette âme si Dieu veut la maintenir dans les ténèbres. Elle a le sentiment aigu et terrifiant d'être rejetée de Dieu. Des élans douloureux jaillissent de son cœur si douloureux, qu'aucun prêtre ne les comprendra, à moins qu'il ne soit lui-même passé par ces épreuves. Et en tout cela, Satan ajoute encore aux souffrances de l'âme par ses moqueries : « Tu vois bien ! Resteras-tu encore fidèle ? Voilà ton sort, tu es en notre pouvoir ! » Mais Satan n'a pas plus d'influence sur cette âme que Dieu ne le permet, et Dieu sait combien nous pouvons supporter. -« A quoi cela t'a-t-il servi de te mortifier ? D'être fidèle à la règle ? A quoi bon tous ces efforts ? Tu es rejetée de Dieu ! » dit Satan. -Ce mot « rejetée » devient un feu qui brûle chaque nerf ; il transperce tout l'être
jusqu'à la moelle des os. Le moment le plus important de cette épreuve arrive.
L'âme ne cherche plus d'aide nulle part : elle se plonge en elle-même, perd tout
le reste de vue. C'est comme si elle acceptait ce supplice du délaissement. C'est
un moment que je ne saurais décrire. C'est l'agonie de l'âme 99. La première fois que j'eus à vivre un tel moment, j'en fus arrachée en vertu
de la Sainte Obéissance. La Mère Maîtresse, effrayée à ma vue, m'envoya me
confesser ; mais le confesseur ne me comprit pas, je ne sentis pas l'ombre d'un
soulagement. Ô Jésus, donnez-nous des prêtres expérimentés ! Quand je lui dis
que mon âme traversait les tourments de l'enfer, il me répondit qu'il était
tranquille quant à l'état de mon âme, car il y voyait une grande grâce de Dieu.
Mais je ne comprenais rien à tout cela, et pas un rayon de lumière ne pénétra
dans mon âme. 100. Puis les forces physiques commencèrent à me manquer ; je n'étais plus en état de remplir mes devoirs. Je ne pouvais plus dissimuler mes souffrances, bien que n'en disant rien à personne, car la douleur que reflétait mon visage, me trahissait. La Supérieure me dit que les Sœurs venaient lui dire qu'elles étaient prises de pitié lorsqu'elles me voyaient à la chapelle, tant ma mine était effrayante. Malgré ses efforts, l'âme n'est plus en état de dissimuler cette souffrance.
101. Jésus, vous seul savez comment l'âme, enveloppée de ténèbres, gémit dans
ces supplices et que, malgré cela, elle a faim et soif de Dieu comme une bouche
brûlée a soif d'eau. Elle meurt et se dessèche, elle meurt d'une mort sans mort,
c'est-à-dire qu'elle ne peut pas mourir. Ses efforts sont inutiles, une main
puissante est posée sur elle. Désormais elle est au pouvoir du Juste. Toutes les tentations extérieures cessent, tout ce Qui l'entoure se tait. Comme l'agonisant, l'âme perd de vue tout ce qui est extérieur : Elle est toute entière recueillie sous la puissance du Dieu Juste et Trois fois Saint. « Rejetée pour l'éternité » : c'est le moment suprême, et Dieu seul peut éprouver
l'âme de cette façon, car lui seul sait qu'elle est capable de le supporter. Quand
l'âme a été entièrement consumée par ce feu infernal, elle est prise de désespoir. Mon âme a vécu ce moment, alors que j'étais seule dans ma cellule. Quand elle
commença à s'enfoncer dans le désespoir, j'entrais en agonie ; je saisis ma petite
croix et la serrait convulsivement dans la main. Je sentis qu'en moi, le corps se
détachait de l'âme, si bien que, désirant aller voir mes Supérieures, je n'en avais
plus la force. J'ai alors prononcé les derniers mots : « Miséricorde de Dieu, j'ai
confiance en vous ! » et il m'a semblé que j'avais augmenté la colère de Dieu. Je sombrais dans le désespoir et seul, de temps en temps, un gémissement douloureux, un gémissement inexprimable s'exhalait de mon âme, à l'agonie. Il me semblait
que je resterais dans cet état, car je me sentais incapable d'en sortir par mes
propres forces. Chaque souvenir de Dieu me plonge dans un océan d'indicibles
souffrances ; et malgré cela, il y a quelque chose dans l'âme qui est attiré vers
Lui, mais il lui semble que ce n'est que pour qu'elle souffre davantage. Le
souvenir de l'amour dont Dieu l'entourait autrefois lui est un surcroît de tourment.
Son regard la transperce, et sous ce regard, tout est brûlé dans l'âme. 102. Après un certain temps, une des Sœurs entra dans la cellule et me trouva
presque morte. Effrayée, elle alla trouver la Mère Maîtresse, qui, en vertu de
l'obéissance, m'ordonna de me lever. Aussitôt, je sentis des forces me revenir et
je me relevai de terre, toute tremblante. La Maîtresse identifia d'emblée mon
état, elle me parla de l'inconcevable miséricorde divine : « Ne vous affligez de
rien, ma sœur, je vous l'ordonne en vertu de l'obéissance. » Elle ajouta : «
Maintenant je sais que Dieu vous appelle à une haute sainteté, le Seigneur veut
vous avoir bien près de Lui, puisque Il permet de telles choses si tôt. Soyez
fidèle à Dieu, ma Sœur, car c'est le signe qu'Il veut vous avoir haut dans le ciel. »
Mais je ne comprenais rien à ces paroles. Quand je suis entrée à la chapelle, je sentis comme si tout se détachait de mon
âme, comme si je venais de sortir de la Main de Dieu. Je sentis l'inviolabilité de
mon âme. Je sentis que j »étais un tout petit enfant. 103. Soudain je vis intérieurement le Seigneur qui me dit : « N'aie pas peur, ma
fille, Je suis avec toi. » A ce moment tous les tourments et les ténèbres prirent
fin, mes sens furent pénétrés d'une joie indicible et les puissances de mon âme
inondées de lumière. 104. Je veux encore mentionner que, bien que mon âme fut déjà sous les rayons
de Son amour, les traces du tourment passé restèrent sur mon corps : pendant
deux jours j'eus la figure mortellement pâle et les yeux injectés de sang. Jésus
seul sait ce que j'ai souffert. Ce que j'ai écrit est bien faible en comparaison de la réalité. Je ne sais comment
l'exprimer, il me semble que je suis revenue de l'au-delà. Je sens un dégoût pour
ce qui est crée. Je me blottis contre le Cœur de Dieu comme un nourrisson
contre la poitrine de sa mère. Je vois tout avec un autre regard. Je suis
consciente de ce que le Seigneur a achevé, d'un mot, en mon âme : je vis de
cela. Au souvenir du supplice passé, un frisson me saisit. Je n'aurais pas cru
qu'on pût tant souffrir si je n'étais pas moi-même passée par là. C'est une
souffrance purement spirituelle. 105. Cependant au milieu de toutes ces souffrances et ces combats, je n'ai jamais omis la Sainte Communion. Quand il me semblait que je ne devais pas communier, j'allais avant la Messe chez la Maîtresse pour lui dire que je ne pouvais communier, car il me semblait que je ne le devais pas. Mais elle ne me permettait pas d'y manquer et je reconnais que l'obéissance seule m'a sauvée. La Maîtresse me confia plus tard que ces épreuves avaient rapidement pris fin,
parce que: « Vous étiez obéissante, ma Sœur. C'est par la force de l'obéissance
que vous avez passé ceci, avec tant de courage. » C'est vrai, que, Seul le
Seigneur fait sortir de ce tourment. Mais la fidélité à l'obéissance Lui plaît. Bien
que ce soit là des supplices affreux, l'âme ne doit pas s'en effrayer ; car Dieu
n'éprouve pas au-delà de ce que nous pouvons supporter. D'un autre côté, Il
pourrait ne jamais nous donner de telles souffrances. 106. J'écris ceci, car s'il plait au Seigneur de faire passer une âme par de pareils
tourments, qu'elle n'ait pas peur ; mais qu'elle soit, autant que cela dépend d'elle,
fidèle à Dieu qui ne lui fera pas de tort. Car il est tout amour. Il l'a créée en vertu
de cet amour inconcevable. Quand j'étais ainsi tourmentée, je ne comprenais
pas. 107. O mon Dieu, je reconnais que je ne suis pas de cette terre :le Seigneur a
fortement imprégné mon âme de ce sentiment. Je me trouve davantage en
contact avec le Ciel qu'avec la terre, mais je ne néglige rien de mes devoirs. 108. A ce moment-là, je n'avais pas de directeur spirituel et je ne recevais
aucune direction. Je demandai un directeur au Seigneur, mais il ne m'en donnait
pas. C'est Jésus, Lui-même, qui est mon maître depuis l'enfance jusqu'à
maintenant. Il m'a menée à travers tous les déserts et tous les dangers ; et je vois
clairement que seul Dieu pouvait me faire traverser de tels dangers, sans qu'il
n'en résultat aucun dégât, ni aucun dommage pour mon âme qui resta intacte. Je
remportais la victoire sur toutes les difficultés, qui étaient inconcevables, et j'en
sortais… Le Seigneur ne me donna un directeur que plus tard. 109. Après ces souffrances, l'âme connaît une grande pureté spirituelle et se
trouve très proche de Dieu ; je dois cependant remarquer qu'au milieu de ces
tourments spirituels, , elle est proche de Dieu, mais elle est aveugle. Le regard
de l'âme est plongé dans les ténèbres ; Dieu est tout proche de l'âme qui souffre,
seulement tout le secret est qu'elle n'en sait rien. Elle affirme que non seulement
Dieu l'a délaissée, mais qu'elle l'objet de Sa haine. Quelle grave maladie que cet
aveuglement de l'âme ! Frappée de la lumière divine, l'âme affirme que cette
lumière n'existe pas, alors que justement elle est si forte qu'elle l'aveugle. Malgré
tout, j'ai reconnu plus tard que Dieu est plus proche de l'âme dans ces moments
qu'à d'autres, car elle ne pourrait pas endurer ces épreuves à l'aide d'une simple
grâce. La toute -puissance de Dieu agit ici à l'aide d'une grâce extraordinaire,
car autrement l'âme succomberait au premier choc. 110. O Divin Maître, Vous seul êtes à l'œuvre dans mon âme. O Seigneur,
Vous ne craignez pas de placer une âme au bord d'un précipice où elle ressent
peur et angoisse, et de nouveau vous la rappelez vers Vous. Voilà Vos
inconcevables mystères. 111. Lorsque pendant ces tourments de l'âme, je tâchais de m'accuser dans la
confession de toutes les plus petites choses, le prêtre s'étonnait que je ne
commette pas de faute plus grave et il me dit « Si vous êtes aussi fidèle à Dieu
pendant ces tourments, ceci, seul, est la preuve que Dieu vous soutient, ma
Sœur, d'une grâce particulière ; et c'est aussi bien que vous ne le compreniez
pas. » Mais c'est chose étonnante que dans cette matière, les confesseurs n'aies
pu me comprendre, ni m'apaiser, jusqu'à ce que je rencontre le père Andrasz
Sopocko. 112. Quelques mots sur la confession et les confesseurs. C'est seulement le souvenir de ce que j'ai éprouvé dans mon âme. Il y a trois choses qui empêchent l'âme de tirer profit de la confession dans ces moments exceptionnels : a) Quand le confesseur connaît peu les voies extraordinaires et qu'il manifeste de
l'étonnement lorsque l'âme lui dévoile les grands mystères que Dieu opère en
elle. Cet étonnement effraye une âme sensible. Elle se rend compte que le
confesseur hésite à donner son avis, elle ne s'apaise pas. Et elle éprouvera
encore plus de doutes après la confession qu'avant, car elle sent que le
confesseur s'efforce de la tranquilliser sans conviction. Ou bien, ce qui m'arriva, le confesseur, ne pouvant pénétrer quelques uns des
secrets de l'âme, refuse d'entendre sa confession et manifeste une certaine peur
quand cette personne s'approche du confessionnal. Comment peut-on, dans ces
conditions, puiser de l'apaisement au confessionnal ? A mon avis dans ces moments d'épreuves divines peu ordinaires pour l'âme, il
devrait lui indiquer un confesseur expérimenté et instruit, ou bien chercher
lui-même la lumière pour donner à l'âme ce dont elle a besoin, mais non pas lui
refuser la confession. Car en agissant ainsi, il expose le pénitent à u grand
danger et plus d'une âme peut s'écarter de la voie où Dieu voulait la voir
s'engager. C'est une chose très grave, je l'ai moi-même expérimentée. Je
commençais déjà à vaciller malgré les dons tout particuliers de Dieu ; et bien
que Dieu, Seul, m'apaisât, j'ai toujours désiré y ajouter le sceau de l'Eglise. b) Quand le confesseur ne permet pas de s'exprimer en toute sincérité et qu'il
montre son impatience. Alors l'âme se tait et ne dit pas tout. Et elle retirera
moins encore si le confesseur commence à éprouver cette âme, sans la connaître
; car alors au lieu de l'aider, il lui fait du tort. Car elle sait que le confesseur ne la
connaît pas, puisqu'il ne lui à pas permis de dévoiler complètement ses grâces et
sa misère. L'épreuve n'est donc pas conforme. J'ai subi quelques épreuves qui
m'ont fait rire. J'exprimerai mieux ceci par une comparaison : le confesseur est le médecin de
l'âme. Mais comment le médecin peut-il donner le remède qui convient s'il ne
connaît pas la maladie ? Ou bien, le remède ne produit pas l'effet désirable, ou
bien le remède sera trop fort et augmentera encore la maladie, ou provoquera
même, parfois, la mort. Je dis cela, car j'ai éprouvé qu'en certain cas, le
Seigneur, Seul, me soutenait directement. c) Le troisième cas. Il arrive aussi que le confesseur méprise parfois les petites
choses. Or, il n'y a rien de petit dans la vie spirituelle. Parfois un détail, en
apparence insignifiant, permettra de découvrir une chose plus grave, et sera
pour le confesseur le faisceau lumineux qui lui permettra de connaître l'âme. Les
choses infimes recèlent beaucoup de nuances spirituelles. Si nous rejetons les
petites briques, le magnifique édifice ne s'élèvera jamais. Si Dieu exige de telle
âme une grande pureté,il lui donnera une connaissance plus profonde de sa
misère. Et éclairée par la lumière d'en haut, elle découvrira mieux ce qui plait à
Dieu et ce qui lui déplait. Le péché est selon la connaissance et la lumière de
l'âme, le même mal que les imperfections, bien qu'elle sache que le péché est
strictement la matière du sacrement. Mais pour l'âme qui tend à la sainteté, ces petites choses sont d'une grande importance, et le confesseur ne peut les mépriser. La patience et la douceur du confesseur ouvrent la voie aux plus profonds secrets de l'âme. Elle dévoile à son insu, ce qui est au plus profond d'elle-même, et elle se sent plus forte et plus résistante. Elle combat plus courageusement, elle tâche de mieux faire, car elle sait qu'elle doit en rendre compte. Je mentionnerai encore une chose, à propos du confesseur. Il doit mettre l'âme à
l'épreuve, la sonder, l'exercer pour savoir s'il a affaire à de la paille, à de fer ou à
de l'or pur. Ces trois catégories d'âmes ont besoin d'exercices différents. Il doit
- et ceci absolument - se former un jugement clair sur chacune d'elles pour
savoir ce qu'elles peuvent supporter dans de tels moments, telles circonstances,
tel cas. Quant à moi, plus tard, après beaucoup d'épreuves, lorsque je voyais
que je n'étais pas comprise, je ne dévoilais plus mon âme et je ne troublais plus
sa paix. Mais je ne le fit qu'à partir du moment où toutes ces grâces étaient
soumises au jugement d'un confesseur sage, instruit et expérimenté. Maintenant
je sais comment je dois me conduire dans certains cas. 113. Et à nouveau je voudrais ajouter quelques mots pour les âmes qui désirent tendre à la sainteté et porter du fruit grâce à la confession. Premièrement : entière sincérité, franchise absolue. Le plus saint et le plus sage des confesseurs ne peut faire violence à l'âme pour y infuser de force ce qu'il veut pour elle, si celle-ci n'est ni sincère ni franche. L'âme qui n'est pas sincère et qui dissimule, s'expose à de grands dangers dans sa vie spirituelle. Et Jésus, Lui-même ne se donnera pas d'une manière plus profonde à cette âme, car Il sait qu'elle ne profitera pas de ces grâces particulières. Deuxièmement : humilité. L'âme ne profite pas comme il faut du sacrement de la confession, si elle n'est pas humble. L'orgueil la tient dans l'obscurité. Elle ne sait pas et ne veut pas rentrer avec précision au fond de sa misère. Elle se masque et évite tout ce qui pourrait la guérir. Troisièmement : obéissance. L'âme désobéissante ne remportera aucune
victoire, même si Jésus Lui-même la confesserait directement. Le plus
expérimenté des confesseurs n'aidera en rien cette âme. L'âme désobéissante
s'expose à de grands dangers. Elle ne progressera pas dans la perfection. Dieu
comble très généreusement l'âme de Ses grâces, mais seulement l'âme
obéissante. 114. Oh ! qu'ils sont beaux les hymnes que chante une âme souffrante. Elle
enchante le ciel entier quand elle se répand en en lancinantes élégies, surtout
quand Dieu l'éprouve. Sa beauté est grande, car elle vient de Dieu. Cette âme
passe par le désert de la vie, blessée par l'amour divin. Elle ne touche pas terre,
elle l'effleure. 115. Quand l'âme est sortie de ces tourments, elle est profondément humble. Sa
pureté est grande. Sans réfléchir, elle sent mieux ce qu'elle doit faire à tel
moment et ce à quoi elle doit renoncer. Elle ressent la plus légère touche de la
grâce et elle est très fidèle à Dieu. Elle reconnaît Dieu de loin et se réjouit
continuellement en Lui. Elle découvre très rapidement Sa Présence dans les
âmes des autres, et en général dans son entourage. Elle est purifiée par Dieu
seul. Dieu étant pur esprit, introduit l'âme dans une vie purement spirituelle.
Dieu, Seul, l'a tout d'abord préparée et purifiée, c'est-à-dire, qu'Il l'a rendue
capable d'une étroite intimité avec Lui. Reposant dans l'amour, d'une manière
toute spirituelle, elle demeure avec le Seigneur. Elle parle à Dieu, sans
s'exprimer avec les sens. Dieu remplit l'âme de Sa lumière. Son intelligence voit
clairement et distingue les degrés de la vie spirituelle. Elle voit qu'elle était unie à
Dieu de façon imparfaite : ses sens prenaient part à cette union, et le spirituel se
trouvait mêlé au sensoriel d'une manière déjà supérieure et particulière, il est
vrai, mais encore imparfaite. Il existe une union à Dieu plus haute et plus parfaite
: c'est l'union spirituelle. L'âme y est davantage à l'abri des illusions. Sa
spiritualité est plus profonde et plus pure. Dans la vie,où les sens jouent un rôle,
on est plus exposé aux illusions. La prudence de l'âme elle-même, et des
confesseurs, devrait être plus grande. Il y a des moments où Dieu introduit l'âme
dans un état purement spirituel. Les sens s'éteignent et sont quasi morts. L'âme
est unie à Dieu de la façon la plus étroite : elle est plongée dans la Divinité. Sa
connaissance est complète et parfaite, non plus sporadique - comme
auparavant, mais totale et entière. Elle en éprouve de la joie. Mais je veux encore parler des moments d'épreuves : il faut alors que les
confesseurs soient patients envers l'âme. Mais l'âme doit aussi avoir la plus
grande patience avec elle-même. 116. Mon Jésus, vous savez ce que ressent mon âme au souvenir de ces
souffrances. Plus d'une fois je m'étonnais que les anges et les Saints puissent se
taire devant de telles souffrances de l'âme. Mais ils nous aiment particulièrement
dans ces moments là. A maintes reprises, mon âme a crié vers Dieu, comme un
petit enfant, quand sa mère se voile le visage et qu'il ne peut la reconnaître ; il
crie alors de toutes ses forces. O mon Jésus, honneur et gloire Vous soient
rendus pour ces épreuves d'amour. Votre miséricorde est grande et
inconcevable. Toutes vos intentions envers mon âme sont imprégnées de votre
miséricorde. 117. Je noterai ici que l'entourage ne devrait pas ajouter aux souffrances extérieures, car vraiment, lorsque le calice de l'âme est plein jusqu'au bord, c'est parfois justement cette petite goutte que nous ajoutons qui sera de trop, et la coupe d'amertume débordera. Et qui en sera responsable ? Prenons garde de ne pas ajouter aux souffrances des autres, car cela ne plait
pas au Seigneur. Si les Sœurs ou les Supérieures savaient ou soupçonnaient
seulement qu'une âme est soumise à de telles épreuves, et lui ajoutaient des
souffrances supplémentaires, elles pécheraient gravement et Dieu Lui-même
revendiquerait Ses droits. Je ne parle pas des cas qui de par leur nature sont
péché ; je parle de ce qui ne l'est pas d'habitude. Gardons-nous d'avoir de telles
âmes sur la conscience. C'est grande faute dans la vie religieuse, d'ajouter des
souffrances à une âme souffrante. Je ne parle pas pour tous, mais cela arrive.
Ne nous permettons pas d'émettre des jugements de toutes sortes et de parler
quand il vaudrait mieux se taire. 118. La langue n'est qu'un petit membre, mais elle fait de grandes choses. Une religieuse, qui n'est pas silencieuse n'arrivera jamais à la sainteté, c'est-à-dire qu'elle ne deviendra jamais sainte. Qu'elle ne s'illusionne pas. A moins que ce soit l'Esprit Divin qui parle par sa bouche ; il lui est alors défendu de se taire. Cependant pour entendre la voix divine, il faut garder le silence intérieur, et être silencieuse, non d'un silence morne, mais d'un silence de l'âme qui est recueillement en Dieu. On peut beaucoup parler sans rompre le silence, et par contre, parler peu et toujours rompre le silence. Oh ! quel dommage irréparable cause le manque de silence ! On fait beaucoup
de tort au prochain, mais plus encore à soi-même. A mon avis, et d'après mon
expérience la règle concernant le silence devrait figurer à la première place. Dieu
ne se donne pas à une âme bavarde qui bourdonne comme un faux-bourdon
dans la ruche, mais n fait pas de miel : l'âme bavarde est vide à l'intérieur. Il n'y a
en elle ni vertu fondamentale, ni intimité avec Dieu. Il n'est pas question pour
elle, d'une vie plus profonde, d'une douce paix, ni du silence où demeure le
Seigneur. Celui qui n'a jamais goûté à la douceur du silence intérieur est un esprit
inquiet qui trouble le silence d'autrui. J'ai vu beaucoup d'âmes qui étaient dans
les gouffres de l'enfer pour n'avoir pas su garder le silence. Elles me l'ont dit elle
mêmes, lorsque je les questionnais pour savoir ce qui avait causé leur perte.
C'était des âmes religieuses. Mon Dieu, quelle douleur de penser qu'elles
pourraient non seulement être au Ciel, mais même être Saintes. 119. O Jésus-Miséricorde, je tremble à la pensée de devoir rendre compte de ma langue. Elle peut engendrer la vie, mais aussi causer la mort et nous tuons plus d'une fois avec notre langue. Nous commettons de véritables meurtres. Et cela aussi nous devrions le considérer comme choses de peu d'importance ? Vraiment je ne comprends pas ceux qui ont la conscience ainsi faite. J'ai connu une personne, qui ayant appris d'une autre qu'on avait dit telle et telle chose sur son compte,…tomba gravement malade. Elle perdit beaucoup de sang, versa beaucoup de larmes et ainsi jusqu'au dénouement fatal… qui fut ainsi l'effet, non du glaive, mais de la langue. O mon Jésus silencieux, miséricorde pour nous ! 120. Je me surprends à parler du silence et ce n'est pas de cela que je voulais
parler, mais de la vie de l'âme avec Dieu et comment elle répond à la grâce.
Quand l'âme est purifiée, que le Seigneur à établi avec elle une relation
d'intimité, elle commence à tendre vers Dieu de toute sa force. Mais elle ne peut
rien par elle-même. Dieu seul fait tout, l'âme le sait et elle en a conscience. Elle
vit encore en exil et elle sait bien qu'il peut y avoir encore des jours gris et
pluvieux ; mais elle le voit d'une autre manière. Loin de s'endormir dans une
fausse paix, elle tend au combat. Elle sait qu'elle appartient à une génération
chevaleresque. Elle se rend mieux compte de tout maintenant. Elle sait qu'elle est
de race royale et que tout ce qui est grand et saint la concerne. 121. De nombreuses grâces que Dieu accorde à l'âme après cette épreuve du feu, lui permettent de jouir d'une étroite union avec Dieu. Elle a un grand nombre de visions sensibles et spirituelles. Elle entend un grand nombre de paroles surnaturelles et plus d'une fois des ordres précis ; mais malgré ces grâces, elle ne se suffit pas à elle-même. D'autant que, comme Dieu la visite de Ses grâces, elle s'expose à toutes sortes de dangers et peut facilement tomber dans l'illusion. Elle devrait prier pour avoir un guide spirituel ; car il faut s'efforcer d'en trouver un qui s'y connaisse, tel un chef dont le devoir est de connaître les chemins par lesquels il doit mener ses troupes au combat. Il faut préparer l'âme unie à Dieu à soutenir de grandes batailles, des combats acharnés. Après ces purifications et ces épreuves, Dieu demeure dans l'âme d'une façon
singulière ; mais l'âme ne collabore pas toujours avec ces grâces. Non qu'elle se
refuse d'elle-même œuvrer, mais elle rencontre de si grandes difficultés
extérieures et intérieures que vraiment il faut un miracle pour qu'elle se
maintienne sur ces hauteurs. Ici, elle a absolument besoin d'un directeur averti. Faustine 5 Souvent, on emplissait mon âme de doute, quand ce n'était pas moi qui
m'alarmais moi-même, en me disant qu'après tout, je n'étais qu'une ignorante,
qui connaissait si peu, et en particulier aux choses spirituelles. Cependant, quand
les doutes augmentaient, j'allais chercher de la lumière auprès de mon
confesseur ou des Supérieures. Mais je n'obtenais pas ce que j'aurais désiré. 122. Quand j'ai dévoilé mon âme aux Supérieures, l'une d'elles reconnut mon âme et la voie où Dieu voulait me conduire. En mettant en pratique ses indications, j'ai commencé à progresser sur la voie de la perfection. Mais cela n'a pas duré longtemps. Quand je lui ai dévoilé mon âme plus à fond, je n'ai pas reçu ce que je désirais. Ces grâces semblaient invraisemblables à la Supérieure, je ne pouvais donc plus trouver aucune aide auprès d'elle. Elle me disait qu'il était impossible que Dieu ait de tels rapports avec une créature. « J'ai peur pour vous, ma Sœur, n'est-ce pas une illusion ? Consultez un prêtre. » Mais le confesseur, lui non plus ne m'a pas comprise, il me dit : « Il vaudrait mieux, ma Sœur, parler de ces choses avec vos Supérieures. » Et je passais ainsi des Supérieures au confesseur et du confesseur aux Supérieures, sans trouver aucun apaisement. Les grâces divines devinrent, pour moi, de grandes souffrances. Plus d'une fois il
m'arriva de dire carrément au Seigneur : « Jésus, j'ai peur de Vous. N'êtes-Vous
pas quelque fantôme ?» Il me tranquillisait toujours mais je restais incrédule.
Chose étonnante : plus j'étais, plus Jésus me donnait de preuves qu'il était
l'auteur de ces choses. 123. Quand je me rendis compte que je ne recevais aucun apaisement de la part des Supérieures, je pris la résolution de ne plus leur parler de ces choses purement intérieures. A l'extérieur je tâchais, comme doit le faire une bonne religieuse, de tout dire aux Supérieures ; mais je ne parlais qu'au confessionnal des besoins de mon âme. Je reconnus pour maintes raisons très justes, que la femme n'avait pas été appelée à discerner de tels mystères. Je m'étais exposée à beaucoup de souffrances inutiles. Pendant longtemps, je fus considérée comme une possédée du démon et on me
regardait avec pitié. La Supérieure pris certaines précautions à mon égard. Il
m'arrivait d'entendre que les Sœurs aussi me considéraient comme telle. Et
l'horizon s'assombrit autour de moi. Je tentais d'éviter ces grâces divines, mais
ce n'était pas en mon pouvoir. Soudain, un tel recueillement s'empara de moi
que, contre ma volonté, je me plongeai en Dieu et le Seigneur me garda auprès
de Lui. 124. Mon âme toujours un peu alarmée au début, connut ensuite une paix
ineffable et une force envahissante. 125. Tout était encore à supporter car, lorsque le Seigneur exigea que je peigne ce tableau, on se mit à parler de moi et à me regarder vraiment comme une hystérique, une illuminée, et on commença à en parler un peu ouvertement. Une Sœur vint me parler cœur à cœur. Elle commença à s'apitoyer sur moi : « J'entends dire de vous, ma Sœur, que vous êtes illuminée, que vous avez des visions. Ma pauvre Sœur, défendez-vous de cela. » Elle était sincère et me rapportait fidèlement qu'elle avait entendu. Mais c'est chaque jour que je devais écouter de semblables choses : Dieu seul sait combien cela me fatiguait. 126. Je résolus, malgré tout, de tout supporter en silence et de ne pas
m'expliquer quand on me questionnait. Les uns étaient irrités de mon silence,
surtout les plus curieux ; d'autres, qui réfléchissaient plus profondément disaient :
« Pourtant Sœur Faustine doit être très près de Dieu puisqu'elle a la force de
tant souffrir. » Et je voyais devant moi comme deux groupes de juges. Je tâchais
d'être silencieuse intérieurement et extérieurement. Je ne parlais pas de ce qui
concernait ma personne, malgré les questions directes de certaines Sœurs. Ma
bouche devint muette. Je souffrais sans me plaindre comme une colombe. Mais
certaines Sœurs trouvaient, semble-t-il, du plaisir à me vexer d'une manière ou
d'une autre. Ma patience les irritait, mais Dieu me donnait tant de force
intérieure que je supportais cela paisiblement. 127. J'ai compris qu'en de tels moments, personne ne m'aiderait, et j'ai
commencé à prier et à demander au Seigneur de me donner un confesseur. Je
désiras qu'un prêtre me dise seulement : « Soyez tranquille, vous êtes en bonne
voie » ; ou bien : « Rejetez tout ceci, car cela ne vient pas de Dieu. » Mais je ne
trouvais aucun prêtre aussi résolu, qui m'aurait ainsi parlé clairement au nom du
Seigneur. L'incertitude se prolongeait donc. O Jésus, si c'est Votre volonté que
je vive dans une telle incertitude, que Votre nom soit béni. Je Vous prie,
Seigneur, dirigez Vous-même mon âme et soyez avec moi, car de moi-même, je
ne suis rien. 128. Voilà que je suis jugée de tous côtés. Il n'y a plus rien en moi, qui n'ait
échappé aux jugements de mes Sœurs. Mais bientôt tout se tassa en quelque
sorte, et on commença à me laisser en paix. Mon âme exténuée se reposa un
peu. Mais j'ai reconnu que le Seigneur était plus proche de moi au temps de ces
persécutions. Cela ne dura pas longtemps. Un violent orage éclata à nouveau.
Les soupçons d'autrefois étaient devenus désormais une sorte de certitude. Et il
me fallut, à nouveau, écouter les mêmes chansons. C'est ainsi qu'il plut au
Seigneur. Mais, chose singulière, même à l'extérieur je rencontrais des insuccès. Cela me causa beaucoup de souffrances de toutes sortes, connues de Dieu seul. Je faisais tout mon possible pour tout faire avec la plus grande pureté d'intention. Je voyais désormais que j'étais partout surveillée, comme un voleur, comme un voleur : à la chapelle, pendant mon travail, dans ma cellule. Je sais que maintenant, outre la présence de Dieu, une présence humaine était sans cesse près de moi. Cette présence humaine me fatiguait beaucoup. A certains moments je me demandai si je devais oui ou nom me déshabiller pour me laver. Mon pauvre lit était décidément souvent contrôlé. Le rire me prit quand je vis qu'on ne laissait même pas mon lit en paix. Une Sœur me dit elle-même, que chaque soir, elle venait voir dans ma cellule comment je me comportais. Mais malgré tout, les Supérieures sont toujours des Supérieures, et en dépit des
humiliations personnelles que j'en reçus plus d'une fois et des doutes de toutes
sortes dont elles me remplirent, elles me permettaient toujours ce que le
Seigneur exigeait de moi, Non comme je le demandais, mais d'une autre façon,
elles satisfaisaient les exigences du Seigneur, et me donnaient la permission de
ces pénitences et de ces rigueurs Un jour, une de ces Mères se fâcha si fort contre moi, et m'humilia tellement que
je crus que je ne pourrais pas le supporter. Elle me dit : « Extravagante,
hystérique, visionnaire allez-vous-en de cette chambre, que je ne vous voie plus.
» Elle déversa sur moi tout ce qui lui passait par la tête. Arrivée dans ma cellule,
je suis tombée devant la croix et je regardais Jésus, ne pouvant plus prononcer
un mot. Pourtant je gardai ceci secret devant les autres et je fis comme si rien ne
s'était passé entre nous. 129. Satan profite toujours de tels moments; des pensées de découragement
commencèrent à me venir à l'esprit ; « Voila la récompense de ta fidélité et de ta
sincérité. Comment peut-on être sincère lorsqu'on est si incomprise ? » Jésus,
Jésus, je n'en puis plus. Et je tombais de nouveau à terre sous le poids de ce
fardeau. La sueur commença à m'inonder, et je fus saisie de frayeur. Je n'avais
personne sur qui m'appuyer intérieurement. Tout à coup, j'entendis une voix
dans mon âme : « N'aie pas peur, Je suis avec toi ». Une singulière lumière
éclaira mon esprit et je compris que je ne devais pas me laisser aller à une telle
tristesse. Une force me remplit et je sortis de la cellule avec un nouveau courage
pour souffrir. 130. Cependant j'ai commencé à me négliger un peu. Je ne prêtais plus attention
à ces inspirations intérieures et m'appliquais à me dissiper. Mais malgré le bruit
et la dissipation, je voyais ce qui se passait en mon âme. La parole de Dieu est
éloquente et rien ne peut l'assourdir. J'ai commencé à éviter les rencontres du
Seigneur dans mon âme, car je ne voulais pas être victime d'illusions. Mais Lui
me poursuivait pour ainsi dire de Ses dons. Et vraiment je ressentais tour à tour
tourments et joie. Je ne mentionne pas ici les diverses visions et grâces que Dieu
m'accorda dans ces moments, j'en ai parlé ailleurs. Je noterai seulement ici que
ces souffrances, ayant déjà atteint un sommet, je pris la résolution d'en finir avec
mes doutes avant mes vœux perpétuels. 131. Pendant tout ce temps d'épreuve, je priais pour que Dieu éclaire le prêtre auquel je devais dévoiler mon âme à fond. Je demandais à Dieu, de m'aider Lui-même et de me donner la grâce de pouvoir exprimer les choses les plus cachées qui ont lieu entre le Seigneur et moi, et de me disposer à accepter toutes les décisions de ce prêtre comme venant de Jésus Seul. Sa décision m'importait peu. Je ne désire que la vérité, et une réponse décisive, à certaines questions. Je m'en remets complètement à Dieu, et mon âme désire la vérité. Je ne puis rester plus longtemps dans le doute, tout en ayant dans mon âme une si grande certitude que ces choses proviennent de Dieu, que je donnerai ma vie pour cela. J'ai cependant placé l'avis du confesseur au-dessus de tout. Et j'ai décidé de faire ce qu'i déciderait, et d'agir d'après les indications qu'il me donnera. Je regarde ce moment comme étant décisif pour le progrès de toute ma vie. Je sais que de cela dépendra tout. Peu importe, si ce qu'il me dira, sera en accord avec mes inspirations, ou tout à fait contraire, cela ne me trouble pas. Je désire connaître la vérité et la suivre. « Jésus, vous pouvez m'aider ! » Et depuis ce moment j'ai pris une nouvelle voie.
Gardant secrètes toutes les grâces reçues, j'attends ce que le Seigneur
m'enverra. Ne doutant de rien, dans mon cœur, je priais le Seigneur qu'il daigne
m'aider dans ces moments, et un certain courage entra dans mon âme. 132. Je dois encore mentionner que certains confesseurs aident l'âme et sont
comme des pères spirituels quand tout va bien. Mais quand l'âme se trouve dans
de plus grands besoins, alors ils sont perplexes et ne peuvent ou ne veulent pas
comprendre l'âme. Ils tâchent de se débarrasser d'elle au plus vite ; mais si l'âme
est humble, elle peut en retirer au moins un peu de profit. Dieu seul jettera
parfois un faisceau de lumière au fond de cette âme, à cause de son humilité et
de sa foi. Quelquefois le confesseur dit des choses qu'il n'avait pas du tout
l'intention de dire, sans s'en rendre compte lui-même. Oh ! que l'âme croie bien
que ce sont les paroles mêmes du Seigneur. Certes nous devons croire que
chaque mot entendu dans le confessionnal a un caractère divin, mais les paroles
dont je viens de parler proviennent, elles, directement de Dieu. Et l'âme sent que
le prêtre ne parle pas de lui-même, il dit des choses qu'il n'avait pas l'intention de
dire. Voilà comment Dieu récompense la foi. J'ai éprouvé cela moi-même à maintes reprises. Il y avait un prêtre très savant et fort estimé - il m'arrivait parfois d'aller me confesser à lui - qui était toujours très sévère. Et il s'opposait à ces choses. Mais une fois il me répondit « Sachez, ma Sœur que si Dieu exige que vous acheviez ceci, il ne faut pas vous y opposer. Dieu veut parfois être loué justement de cette façon. Soyez tranquille, ce que Dieu a commencé, Dieu le finira. Mais je vous le dis : fidélité envers Dieu et humilité. Une fois encore : humilité. Rappelez-vous bien ce que je vous ai dit aujourd'hui. » Je me suis réjouie et j'ai pensé que peut-être, ce prêtre m'avais comprise. Mais les circonstances changèrent de telle sorte que je ne me suis plus jamais confessée à lui. 133. Une fois, une des Mères plus âgées m'appela et ce fut sur ma tête comme
un coup de foudre dans un ciel qui semblait serein, à tel point que je ne savais
pas ce dont il s'agissait. Je compris assez vite que c'était pour des choses qui ne
dépendaient pas de moi. Elle me dit : « Ôtez-vous de la tête, ma Sœur, que
Jésus soit si intime avec vous. Une telle misère, une telle imperfection !
Rappelez-vous que Jésus n'est en rapport si intime qu'avec les Saints. » J'ai
avoué qu'elle avait raison, que j'étais misérable, mais néanmoins confiante en la
Miséricorde divine. Quand j'ai rencontré le Seigneur, je me suis humiliée et j'ai
dit : « Jésus Vous n'êtes pas, à ce qu'il parait , en rapport intime avec des
misérables comme moi ? »-« Sois tranquille, ma fille, c'est justement par une
telle misère, que je veux montrer la puissance de Ma Miséricorde. » J'ai compris
que cette Mère voulait seulement m'humilier. 134. O mon Jésus, Vous m'avez bien éprouvée pendant cette courte vie, j'ai
compris beaucoup de choses, tellement même que cela m'étonne maintenant.
Oh ! Comme il est bon de se livrer totalement à Dieu et de lui permettre d'agir
pleinement dans l'âme ! 135. Pendant la troisième probation, le Seigneur me fit comprendre que je
devais me sacrifier pour Lui, afin qu'il puisse faire de moi tout ce qu'il Lui
plairait. Je dois me placer devant Lui en attitude d'oblation. Au premier moment,
j'étais toute effrayée, sentant que j'étais un abîme de misère, moi qui me
connaissais bien. J'ai répondu encore une fois au Seigneur : « Je suis la misère
même, comment puis-je être un otage ? » -« Tu ne le comprendra pas
aujourd'hui. Demain, pendant ton adoration, je te le ferai connaître. » Mon cœur
frémit autant que mon âme. Ces mots s'enfoncèrent profondément dans mon
âme. La parole de Dieu est vivante. Lorsque je suis venue pour l'adoration, j'ai senti intérieurement que j'étais entrée
dans le temple du Dieu vivant dont la Majesté est grande et inconcevable. Et Il
me fit connaître ce que sont vis-à-vis de Lui les esprits les plus purs. Bien que ne
voyant rien, la présence divine me pénétra jusqu'au fond de moi-même. Dans le
moment même, mon esprit fut singulièrement éclairé. Devant les yeux de mon
âme passa une vision, comme la vision de Jésus au Jardin des Oliviers. D'abord
les souffrances physiques et toutes les circonstances qui augmenteront, puis les
souffrances spirituelles dans toute leur étendue et celles aussi dont personne ne
saura jamais rien. Tout entra dans cette vision : les soupçons injustes, la perte de
la bonne renommée. Je l'ai écrit en résumé, mais cette connaissance était déjà si
nette, que tout ce par quoi je suis passée plus tard, n'a rien changé au moment
où je l'ai connu. Mon nom doit être : »sacrifice ». Quand la vision fut finie, une sueur froide baignait mon front. Jésus me fit savoir
que m^me si je n'y consentais pas, je pouvais me sauver. Il ne me donnerais pas
moins de grâces, et Il continuerait a avoir avec moi les mêmes rapports intimes.
Donc, même si je ne consentais pas à ce sacrifice, la largesse de Dieu ne
diminuerait pas en ma faveur. Et le Seigneur me fit savoir que tout le mystère
dépendait de moi, de mon consentement volontaire au sacrifice avec la pleine
connaissance de mon esprit. C'est cet acte volontaire et conscient qui fait toute
sa puissance et sa valeur aux yeux de Sa Majesté. Même si rien de ces choses
pour lesquelles je me suis offerte n'arrivait, tout était déjà comme consommé
pour le Seigneur. 136. A ce moment je connus que j'entrais directement en communication avec la
Majesté inconcevable. Je sentis que Dieu attendait ma réponse, mon
consentement. Alors mon esprit se plongea dans le Seigneur et je dis : « Faites
ce qu'il Vous plaira de moi, Seigneur. Je me livre à Votre volonté qui sera
désormais ma nourriture. Je serai fidèle à Vos exigences, avec l'aide de Votre
grâce. Faites de moi ce qu'il Vous plaira. Mais je vous en supplie, Seigneur,
soyez avec moi à chaque instant de ma vie. » 137. Au moment où j'ai consenti au sacrifice avec ma volonté et mon cœur, la
Présence divine me pénétra. Mon âme fut plongée en Dieu et inondée d'un tel
bonheur, que je ne puis le décrire, même en partie. Je sentais que la Majesté
divine m'entourait. J'étais singulièrement unie à Dieu. Je voyais à quel point je
plaisais à Dieu et réciproquement, mon esprit s'abîmait en Lui. Consciente de
cette union avec Dieu, je sens que je suis particulièrement aimée, et, en retour,
je L'aime de toute la force de mon âme. Un grand mystère eut lieu pendant cette
adoration. Un mystère entre le Seigneur et moi. Il me semblait en voyant l'amour
dans Son regard que j'allais expirer. J'eu une longue causerie avec le Seigneur,
sans prononcer un mot. Et il me dit : « Tu es le délice de mon Cœur. A partir
d'aujourd'hui, le moindre de tes actes, est un plaisir à Mes yeux, quoi que tu
fasses. » De ce moment je me sentis consacrée. L'enveloppe du corps reste la
même, mais l'âme est autre. Dieu demeure en elle et se complait en elle. Ce n'est
pas un sentiment, mais une réalité consciente que rien ne peut assombrir. Un
grand mystère s'est accompli entre Dieu et moi. Mon âme en fut affermie et
fortifiée. 138. L'adoration finie, je sortis, regardant paisiblement en face tout ce dont
j'avais tellement peur avant. Quand j'arrivai dans le corridor, une grande
souffrance et une humiliation m'attendaient infligées par une certaine personne.
Je les acceptais en soumission à une volonté plus haute et je me suis fortement
serrée contre le Sacré-Cœur de Jésus montrant, de cette façon, que je suis
prête à ce à quoi je me suis offerte. La souffrance semblait surgir sous mes pas,
même Mère Marguerite Gimbutt en fut étonnée. Beaucoup de choses
échappaient aux autres, car vraiment il n'y avait pas de quoi y faire attention.
Mais à moi rien n'échappait, chaque mot était analysé, chaque pas observé. Une Sœur me dit : « Préparez-vous, ma Sœur à recevoir une petite croix, que
vous réserve la Mère Supérieure, j'ai pitié de vous, ma Sœur. » Et mon âme se
réjouit, car j'y étais prête depuis longtemps ; quand elle perçut mon courage elle
fut étonnée. Je vois maintenant que l'âme seule ne peut grand-chose par
elle-même, mais avec Dieu elle peut tout. Telle est la puissance de la grâce de
Dieu. Peu d'âmes restent toujours attentives aux inspirations de Dieu; et encore
moins, suivent ces inspirations divines. 139. Cependant l'âme fidèle à Dieu ne peut pas décider seule de ses inspirations, elle doit les soumettre au contrôle d'un prêtre prudent et avisé et tant qu'elle n'a pas acquit la certitude, il faut qu'elle reste incrédule. Quelle ne se fie pas, seule, à ces inspirations et à toutes ces grâces reçues d'en haut ; car elle peut s'exposes à de grands désastres. Bien que l'âme discerne les fausses inspirations de celles de Dieu, qu'elle soit
cependant prudente. Car il y a beaucoup de choses incertaines. Dieu aime et
apprécie quand l'âme ne croit pas en Lui, par amour pour Lui, quand elle
demeure prudente, qu'elle demande et cherche de l'aide pour se prouver à
elle-même que c'est vraiment Dieu, qui agit en elle. Et si un confesseur éclairé le
lui affirme, quelle soit tranquille et se rende à Dieu suivant les indications du
confesseur. 140. L'amour pur est capable de grandes actions et ni les difficultés ni les
contrariétés ne peuvent le briser. Quand l'amour surmonte de grandes difficultés,
il est aussi persévérant dans la vie monotone et ennuyeuse de chaque jour. Il sait
qu'une seule chose plaît à Dieu : tout faire, même les moindres choses avec un
grand amour - l'amour et l'amour seul. L'amour pur ne s'égare pas et ne fait rien qui pourrait déplaire à Dieu. Il est
ingénieux pour faire ce qui est le plus agréable à Dieu et personne ne l'égalera ;
son bonheur est de s'anéantir et de brûler comme une offrande pure. Plus il se
donne, plus il est heureux. De plus, personne ne sait deviner les dangers d'aussi
loin que lui. Il sait démasquer et il sait aussi à qui il a affaire. 141. Mais mes tourments arrivaient à leur fin. Le Seigneur me donna l'aide
promise. Je la vis en la personne de deux prêtres : le Père Andrasz et l'abbé
Sopocko. Pendant la retraite, avant mes vœux perpétuels, je fus, pour la
première fois, tranquillisée à fond. Et plus tard, je fus guidée dans la même
direction par l'Abbé Sopocko. Ainsi s'accompli la promesse du Seigneur. 142. Lorsque je fus tranquillisée et instruite de la façon dont je devais avancer
dans les voies divines, mon esprit s'est réjoui dans le Seigneur, et il me semblait
que je ne marchais pas, mais que je courrais. Les ailes déployées pour le vol,
j'ai commencé à planer en plein soleil, et je ne descendrai pas jusqu'à ce que je
repose en Celui en qui mon âme s'est perdue pour l'éternité. Et je me suis
totalement soumise à l'influence de la grâce ; les abaissements de Dieu envers
mon âme sont bien grands. Je ne m'écarte ni ne me refuse; mais je me noie en
lui, comme mon seul trésor. Je suis un avec le Seigneur. Le gouffre qui nous
sépare : le Créateur et sa créature, semble avoir disparu. Pendant quelques jours, mon âme vécut comme en une incessante extase. La présence de Dieu ne me quittait pas un instant. Et je restais en continuelle union amoureuse avec le Seigneur. Cependant cela ne m'empêchait pas d'accomplir mes devoirs. Je sentais que j'étais transformée en amour, je brûlais toute mais sans me consumer. Je m'anéantissais continuellement en Dieu. Dieu m'attirait à Lui avec une telle force et une telle puissance que par moment je ne me rendais plus compte que j'étais sur terre. Si longtemps j'avais gêné et craint la grâce ! et maintenant Dieu, par
l'intermédiaire du Père Andrasz éloignait toutes les difficultés. Mon esprit fut
tourné vers le soleil et s'épanouit dans sa lumière pour Lui seul, je ne comprends
plus…(ici la phrase s'interrompt et Sœur Faustine commence une toute autre
pensée à la ligne suivante 143. J'ai gaspillé bien des grâces divines, car j'avais toujours peur d'être dans
l'illusion. Dieu m'attirait à Lui avec une telle puissance que souvent il n'était pas
en mon pouvoir de résister à Sa grâce lorsque j'étais soudain plongée en Lui.
Dans ces moments, Il me remplissait d'une telle paix que, même quand je
voulais, par la suite, m'inquiéter, je ne le pouvais pas.. Et, un jour, j'entendis
dans mon âme ces paroles : « Pour que tu sois assurée que c'est Moi qui suis
l'auteur de toutes ces exigences, Je t'accorderai une paix si profonde que, même
si tu voulais t'inquiéter et t'effrayer, aujourd'hui ce ne sera pas en ton pouvoir ;
l'amour va inonder ton âme jusqu'à l'oubli de toi. » 144. Plus tard, Jésus me donna un autre prêtre, devant lequel il m'ordonna de
dévoiler mon âme. Je le fis au premier moment avec un peu d'hésitation ce qui
me valut une sévère réprimande de Jésus, à la suite de laquelle mon âme fut
envahie par une profonde humilité. Sous sa direction cependant, mon âme
progressait rapidement dans l'amour de Dieu, et de nombreuses demandes du
Seigneur furent extérieurement accomplies. Plus d'une fois, son courage et sa
profonde humilité retinrent mon attention 145. Oh ! que mon âme est misérable, elle a gaspillé' tant de grâces ! Je fuyais
Dieu et il me poursuivait de Ses grâces. Le plus souvent je recevais des faveurs
de Dieu lorsque je ne m'y attendais pas. Depuis que le Seigneur m'a donné un
directeur, je suis plus fidèle à la grâce. C'est avec ce directeur, et en vertu de sa
vigilance pour mon âme que j'ai expérimenté ce qu'est la direction spirituelle, et
comment Jésus la conçoit. Jésus m'avertissait de la plus petite faute. Il insistait
sur le fait que c'est Lui qui décide dans toutes les affaires que je soumettais à
mon directeur et que tous les manquements envers celui-ci L'atteignaient
Lui-même. Quand mon âme commença à goûter un profond recueillement et la paix, sous
cette direction, j'entendis souvent ces mots, plus d'une fois répétés : «
Fortifie-toi pour le combat. » Jésus m'a souvent révélé que ce qui lui déplait en moi, et plus d'une fois, Il m'a
réprimandée pour des choses minimes en apparence, mais qui, à vrai dire,
avaient une grande signification. Il m'avertissait et m'exerçait comme un Maître.
Pendant de nombreuses années c'est Lui-même qui m'a élevée, jusqu'au
moment où Il me donna un directeur de conscience. Auparavant, il m'expliquait
Lui-même ce que je ne comprenais pas ; maintenant il m'ordonne de questionner
en toutes choses mon confesseur. Il m'a souvent dit : « Je te répondrai par sa
bouche, sois tranquille. » Il ne m'est jamais arrivé de recevoir une réponse contraire à ce que le Seigneur
exigeais de moi, dans le cadre de ce que j'avais soumis à mon directeur. Parfois
Jésus me recommandait certaines choses, ignorées de tous, et quand je
m'adressais à mon confesseur, celui-ci me recommandait la même chose. Cela
n'arrivais pas souvent. Lorsqu'une âme a longtemps reçu lumière et inspiration en abondance et que ses
confesseurs ont confirmé sa paix et la provenance divine de ces inspirations, si
son amour est grand, Jésus lui indique qu'il est temps d'utiliser ce qu'elle a reçu
et de passer à l'action. L'âme réalise que le Seigneur compte sur elle et cette
connaissance augmente ses forces. Elle sait que, pour rester fidèle, elle devra,
plus d'une fois s'exposer à des difficultés, mais elle a confiance en Dieu et, grâce
à cette confiance, elle arrive là où Dieu l'appelle. Les difficultés ne l'effrayent
pas, elles sont pour elle comme le pain quotidien. Elles ne l'effrayent ni ne
l'épouvantent, de même que le fracas des canons ne terrifie pas le chevalier qui
est constamment au cœur du combat. Loin d'avoir peur elle écoute, afin de
remporter la victoire, de quel côté l'ennemi attaque. Elle ne fait rien aveuglément,
mais elle scrute, elle réfléchit profondément et, ne comptant pas sur elle-même,
elle prie avec ferveur et consulte des chevaliers expérimentés et sages.
Lorsqu'elle agit de la sorte, elle remporte presque toujours la victoire Il y a des attaques où l'âme n'a le temps ni de réfléchir ni de consulter, alors il faut combattre à la vie, à la mort Il est bon parfois de se réfugier dans la Blessure du Cœur de Jésus, sans répondre un seul mot, par cela même l'ennemi est déjà vaincu. En temps de paix l'âme doit aussi s'imposer des efforts comme au moment du
combat, Elle doit s'exercer et bien s'exercer, sinon elle n'a aucune chance de
victoire. J'estime le temps de paix comme un temps de préparation à la victoire.
Elle doit veiller sans cesse ; vigilance et encore vigilance. L'âme qui réfléchit
reçoit beaucoup de lumière. L'âme dissipée s'expose à la chute ; qu'elle ne
s'étonne pas si elle tombe. O Esprit divin, Directeur de l'âme, sage est celui que
vous avez exercé. Mais pour que l'Esprit divin puisse agir dans une âme, la paix
et le recueillement sont nécessaires. 146. L'oraison : Par l'oraison, l'âme s'arme pour le combat ; en quelque état
qu'elle soit, elle doit prier. L'âme pure et belle doit prier, sous peine de perdre
sa beauté. L'âme qui tend vers cette pureté, sinon elle n'y arriverait pas. L'âme
qui vient de se convertir doit prier, pour persévérer. L'âme pécheresse, plongée
dans le péché, doit prier pour pouvoir se relever. Ainsi il n'y a pas d'âme qui ne
soit obligée de prier, car s'est par la prière que la grâce descend sur elle. 147. Je me rappelle que j'ai reçu beaucoup de lumière pendant les adorations
que je faisais pendant une demi-heure chaque jour, pendant le Carême,
prosternée devant le Saint-Sacrement. C'est alors que j'approfondis la
connaissance que j'avais de moi-même, ainsi que celle de Dieu. Bien qu'ayant la
permission des Supérieures, j'eus beaucoup de difficulté à faire ainsi oraison.
Que l'âme sache que pour prier et persévérer dans l'oraison, il faut s'armer de
patience et surmonter courageusement toutes les difficultés intérieures t
extérieures. Les difficultés intérieures : les découragements, les sécheresses, les
lourdeurs, les tentations. Les difficultés extérieures: c'est l'opinion humaine. Il
faut savoir sauvegarder les moments destinés à l'oraison. J'en ai fait moi-même
l'expérience, car si je ne faisais pas mon oraison au moment fixé, je la négligeais
parce que, plus tard, mes devoirs m'en empêchaient ; et m^me si j'avais la
chance de la faire, c'était à grande peine, car ma pensée fuyais vers mes devoirs. J'avais aussi une autre difficulté: quand l'âme a bien fait son oraison, elle reste
ensuite profondément recueillie intérieurement; et si d'autres personnes
contrarient, alors, son recueillement, elle doit être patiente pour persévérer dans
l'union à Dieu. Plus d'une fois il m'est arrivé que lorsque mon âme était très
profondément abîmée en Dieu elle retirât un plus grand profit de l'oraison. Et
Dieu m'accompagnait de sa présence durant la journée Et; je restais recueillie
pendant mon travail et je réalisais avec plus de soins et de précision. Et c'est
justement alors qu'il m'est arrivé de recevoir le plus de reproches : sur mon
manque de fidélité à mon devoir, sur mon indifférence à tout. Car les âmes
moins recueillies veulent que les autres, qui sont pour elles un remord incessant,
leur ressemblent. 148. L'âme noble et sensible qui peut même être très simple, mais qui a des sentiments délicats, voit Dieu en tout et Le rencontre partout, elle sait trouver Dieu même dans les choses les plus secrètes. Tout a de l'importance pour elle. Elle apprécie tout, elle remercie Dieu pour tout, elle tire un profit spirituel de tout, et tout lui est une occasion de louer Dieu. Elle a confiance en Lui et ne de trouble pas quand vient le temps des épreuves. Elle sait que Dieu est toujours le meilleur des Pères,et elle fait peu de cas de l'opinion humaine. Attentive au moindre souffle de l'Esprit Saint elle jouit de cet hôte spirituel et se tient près de Lui comme un enfant près de sa mère. Là, où d'autres âmes s'arrêtent et ont peur, elle passe sans crainte et sans
difficulté. 149. Quand le Seigneur veut être Seul près de l'âme et la conduire, Il éloignera d'elle tout ce qui est extérieur. Lorsque je tombai malade et qu'on me transporta à l'infirmerie, cela me causa des ennuis. Nous étions deux malades à l'infirmerie. Les Sœurs venaient voir Sœur N., personne ne venait me voir. Il est vrai que c'est une infirmerie, mais chacune a sa cellule. Sœur N., personne ne venait me voir. Il est vrai que c'est une infirmerie, mais chacune a sa cellule. Les soirées d'hiver étaient longues, Sœur N. avait de la lumière, un récepteur de radio, moi je ne pouvais même pas préparer ma méditation, faute de lumière. Près de deux semaines plus tard, un soir, je me plaignis au Seigneur de beaucoup souffrir et de ne même pas pouvoir préparer ma méditation, faute de lumière. Et le Seigneur me répondit que chaque soir Il viendrait et m'indiquerait les points à méditer le lendemain.. Ces points concernaient toujours Sa douloureuse Passion. Il me disait : « Considère Ma Passion devant Pilate ». - Et ainsi, pendant toute la semaine, je considérais, un par un, les différents moments de Sa douloureuse Passion. A partir de ce moment, une grande joie pénétra dans mon âme, et je ne désirais plus ni visites ni lumière : Jésus me suffisait en tout. La sollicitude des Supérieures pour les malades était bien grande, pourtant le Seigneur en avait disposé ainsi : je me sentais délaissée. Pour pouvoir agir Seul, ce Maître incomparable éloigne tout ce qui est crée. Parfois j'éprouvais de telles persécutions et souffrances que, même Mère
Marguerite me dit : sur votre voie, ma Soeur, les souffrances surgissent comme
d'elles-mêmes sous vos pas. Je vous vois, ma Sœur, comme une crucifiée.
Cependant j'ai remarqué que Jésus y est pour quelque chose. Soyez fidèle au
Seigneur. 150. Je désire noter un rêve que j'ai eu : j'ai rêvé de Sainte Thérèse de l'Enfant
Jésus. J'étais encore novice et j'avais certaines difficultés que je ne pouvais
surmonter. Ces difficultés étaient intérieures et des difficultés extérieures s'y
mêlaient. Je faisais des neuvaines à divers Saints. Mais l'épreuve devenait de
plus en plus lourde. Mes souffrances étaient si grandes que je ne savais plus
comment vivre et soudain l'idée me vint de prier Sainte Thérèse de l'Enfant
Jésus. J'ai commencé une neuvaine à cette Sainte. Avant mon entrée au couvent,
j'avais une grande dévotion envers elle. Je l'avais un peu négligée depuis. Mais
dans la nécessité où je me trouvais, j'ai recommencé à la prier avec une grande
ferveur. Le cinquième jour de la neuvaine, Sainte Thérèse m'apparut en rêve, mais elle me semblait être encore sur la terre. Elle m'avait caché qu'elle était Sainte et elle me consolait, disant que je ne devais pas tellement m'attrister de cette affaire, mais être plus confiante envers Dieu. Elle me disait « Moi aussi, j'ai beaucoup souffert ». Je ne croyais pas trop qu'elle avait tant souffert, et je lui dis : « Il me semble que vous ne souffrez pas du tout. » Cependant Sainte Thérèse me répondit d'une manière convaincante. Elle: ajouta, « Sachez ma Soeur que dans trois jours cette affaire arrivera à bonne fin. » Comme je ne voulais pas trop la croire, elle me révéla qu'elle était Sainte. A ce moment une grande joie emplit mon âme et je lui dis : « Vous êtes Sainte ? » Elle me répondit : « Oui, je suis Sainte. Ayez confiance, cette affaire sera réglée en trois jours. » Et je lui dit : « Sainte Thérèse, dites-moi, est ce que j'irai au ciel ? » Elle répondit: « Oui, vous irai au Ciel, ma Sœur. » « Et serais-je Sainte ? » - « Oui, vous serez sainte » répondit-elle. - « Mais, Thérèse, serais-je sainte comme Vous, sur les autels ? » Et elle répondit : « Oui, vous serez Sainte comme moi.. Mais vous devez avoir une grande confiance en Jésus. » Et je lui demandai alors si mon père et ma mère iraient au Ciel, si…( ici Sœur
Faustine a interrompu la phrase). Elle me répondit qu'ils iraient au Ciel. - « Et
mes frères et mes sœurs iront-ils au Ciel ? » Elle ne me donna pas une réponse
sûre, mais elle me dit que je devais beaucoup prier pour eux. Je compris qu'ils
avaient besoin de beaucoup de prières. C'était comme un rêve et, comme dit le proverbe : « Dieu est foi, songe est
mensonge. Cependant le troisième jour, je réglai cette difficulté très facilement.
Tout s'accomplit exactement comme elle me l'avait dit. C'est un rêve, mais il
avait sa signification. 151. Une fois, alors que j'étais à la cuisine avec Sœur N., elle s'est un peu fâchée contre moi ; et comme pénitence elle me fit asseoir sur la table. Elle-même s'activait, elle nettoyait, frottait ; et moi je restais assise sur la table. Les sœurs venaient et s'étonnaient de me voir ainsi. Chacune disait son mot ; - Elle est désoeuvrée… - Quelle extravagante ! - Quelle Sœur fera-t-elle ? (Je n'étais alors que postulante). Néanmoins, au nom de l'obéissance, je ne pouvais descendre, puisque la sœur
m'avait ordonné, au nom de l'obéissance de rester assise jusqu'à ce qu'elle me
dise de descendre. Vraiment, Dieu sait combien d'actes d'abnégations je fis
alors. Il me semblait brûler de honte. Plus d'une fois, Dieu m'éprouva de la sorte
pour me tremper intérieurement, mais il me récompensa de cette humiliation par
une grande consolation. Pendant la Bénédiction, je le vis très beau. Jésus me
regarda avec bienveillance et dit : « Ma fille, n'aie pas peur des souffrances, Je
suis avec toi. » 152. Une autre fois j'étais de service pendant la nuit, et la peinture de ce tableau
me faisait beaucoup souffrir. Je ne savais plus à quoi m'en tenir tant on m'avais
persuadé que c'était une illusion. Par ailleurs, un prêtre m'avait dit que peut-être
justement, Dieu voulait être honoré par ce tableau et qu'il fallait donc tâcher de
le faire peindre. Cependant mon âme était très fatiguée. Quand je suis entrée
dans la petite chapelle, j'ai approché ma tête du tabernacle, j'ai frappé à la porte
et j'ai dit : « Jésus, voyez quelles grandes difficultés me cause ce tableau. »
J'entendis alors une voix venant du Tabernacle : « Ma fille, tes souffrances ne
vont plus durer longtemps. » 153. Un jour je vis deux routes : l'une large, sablonneuse et semée de fleurs,
pleine de joie, de musique et de toutes sortes de plaisirs. Les hommes passaient
sur cette route dansant et s'amusant. Ils arrivaient au terme sans s'en apercevoir.
Or à la fin de cette route il y avait un horrible gouffre, l'abîme infernal. Les âmes
y tombaient aveuglément et en si grand nombre qu'on ne pouvait les compter ; La deuxième était plutôt un sentier, car elle était étroite, semée de ronces et de
pierres. Et ceux qui avançaient sur cette route étaient en larmes, la souffrance
était leur part. Les uns tombaient sur les pierres, mais ils se relevaient aussitôt et
continuaient à avancer. Au bout de la route, il y avait un magnifique jardin rempli
de toutes sortes de bonheurs. Toutes les âmes y entraient et dès qu'elles en
avaient franchi le seuil, elles en oubliaient leurs souffrances. 154. Une fois il y avait l'adoration chez les Sœurs de la Sainte Famille, j'y suis
allée le soir, avec une de nos Sœurs. Dès que je suis entrée dans la petite
chapelle, la présence de Dieu envahit mon âme. Je priais comme en de tels
moments, sans prononcer de paroles. Soudain je vis le Seigneur qui me dit : «
Sache que si tu néglige la peinture de ce tableau et toute l'œuvre de la
miséricorde, tu devras rendre compte au Jour du Jugement, d'un grand nombre
d'âmes. » A ces paroles du Seigneur, la frayeur s'empara de moi. Je n'arrivais
pas à me tranquilliser. Ces mots sonnaient à mes oreilles. Ainsi je ne devrai pas
répondre seulement pour moi-même au Jour du Jugement de Dieu, mais aussi
pour d'autres. Ces mots se gravèrent profondément dans mon cœur. Rentrée à ma maison je suis allée chez le Petit Jésus, je me suis prosternée
devant le Saint Sacrement et j'ai dit au Seigneur : « Je ferai tout mon possible,
mais je Vous en supplie, soyez toujours avec moi et donnez-moi la force
d'accomplir votre Sainte Volonté. Car Vous pouvez tout, et moi je ne peut rien
de moi-même. » 155. Il m'arrive depuis quelque temps que mon âme sente aussitôt quand
quelqu'un prie pour moi ; et de même si une âme désire (même sans me le dire)
que je prie pour elle, je le ressens aussi dans mon âme, au point que j'éprouve
une certaine inquiétude, comme si quelqu'un m'appelait. Et, quand je prie, je
recouvre la paix. 156. A un certain moment je désirais beaucoup communier. Mais j'avais un
doute, et je ne suis pas allé à la Sainte Table. J'en souffrais terriblement. Tandis
que j'étais occupée à mon travail ; il me semblait que mon cœur éclatait de
douleur. Tandis que j'étais occupée à mon travail, le cœur plein d'amertume,
Jésus se trouva soudain près de moi et me dit : « Ma fille, n'omets pas la Sainte
Communion, à moins que tu sache que tu es tombée gravement. De plus
qu'aucun doute ne t'arrête pour t'unir à Moi dans Mon mystère d'amour. Tes
menues fautes disparaîtront dans mon amour, comme un brin de paille jeté dans
une grande fournaise. Sache que tu M'attristes beaucoup quand tu Me délaisses
dans la Sainte Communion. » 157. Le soir, quand je suis entrée dans la petite chapelle, j'entendis : « Ma fille,
médite ces paroles : Étant tombé en agonie, Il priait plus instamment. » -
Lorsque j'ai commencé à réfléchir plus profondément, mon âme fut envahie par
une grande lumière. J'ai reconnu qu'il nous faut beaucoup de persévérance dans
l'oraison et que notre salut dépend souvent d'une prière bien difficile. 158. J'étais à Kiekrz pour peu de temps, pour remplacer une de mes Sœurs. Or
un après midi, passant par le jardin, je me suis arrêtée au bord du lac. Pendant
un long moment je restais là, pensive. Soudain, je vis Jésus près de moi. Il me
dit avec bonté : « J'ai crée tout ceci pour toi, Mon épouse. Mais sache que
toutes ces beautés ne sont rien comparées à ce que Je t'ai préparé dans
l'éternité. » Mon âme fut inondée d'une si grande consolation que je restai là
jusqu'au soir. Et il me sembla que ce n'était qu'un moment bien court. C'était
mon jour libre destiné à la retraite d'un jour, j'avais donc liberté complète de
tester en oraison. Oh ! que la bonté de Dieu est infinie ! Il nous poursuit de Sa
bonté. Il arrive le plus souvent que le Seigneur me donne les plus grandes grâces
alors que je m'y attends le moins. 159. O Sainte Eucharistie ! Pour loi, Vous êtes enfermé dans le ciboire d'or, Pour que, dans le grand désert de l'exil je puisse passer immaculée, intacte Par la puissance de Votre amour. O Sainte Eucharistie ! Pour moi, Vous êtes enfermé dans le ciboire d'or, Pour que, dans le grand désert de l'exil, je puisse passer immaculée, intacte, Par la puissance de votre amour. O Sainte Eucharistie ! Hôte de mon âme, Le plus pur amour de mon cœur, Que votre clarté dissipe les ténèbres. Vous ne refusez pas vos faveurs au cœur plein d'humilité .O Sainte Eucharistie ! Enchantement du ciel, Bien que vous cachiez Votre beauté, Et que Vous Vous présentiez à moi dans une parcelle de pain, La force de la foi déchire ce voile. 160. Le jour de la croisade, qui est le cinquième jour du mois, tombait le premier vendredi du mois. Aujourd'hui c'est mon jour pour monter la garde d'honneur devant Jésus. Mon devoir était de réparer tous les outrages et les manques de respect envers le Seigneur, de prier qu'en ce jour aucun sacrilège ne soit commis. Mon esprit était ce jour là d'un singulier amour pour l'Eucharistie. Il me semblait être changée en brasier. Quand je m'approchai de la Sainte Communion et que le prêtre me donna Jésus, une seconde hostie s'accrocha à sa manche et je ne savais pas laquelle des deux je devais recevoir. Alors que je réfléchissais un instant, le prêtre impatient me fit de la main le signe de recevoir l'hostie qu'il me présentait. Dès que je l'eus reçue, l'autre tomba sur mes mains. Le prêtre continua à donner la Sainte Communion jusqu'au bout de la table de Communion, cependant que moi je tenais Jésus sur mes mains pendant tout ce temps. Quand le prêtre revint, je lui présentai l'hostie pour qu'il la remette dans le ciboire. Car, après avoir reçu Jésus, je ne pouvais, avant de L'avoir consommé, dire que l'autre hostie était tombée… Mais pendant tout le temps où j'ai eu l'hostie en main, je ressentais une telle
puissance d'amour que, de toute la journée, je ne pus ni manger ni reprendre
connaissance. J'ai entendu ces paroles venant de l'hostie : « Je désirais reposer
sur tes mains et pas seulement dans ton cœur. » Et soudain, au même instant, je
vis Jésus. Mais quand le prêtre s'approcha, je ne vis plus que l'hostie à nouveau. 161. O Marie, Vierge Immaculée, Pur cristal pour mon cœur, Vous êtes ma force, ô ancre puissante. Vous êtes le boulier et la défense du cœur pauvre. O Marie, vous êtes pure, incomparable, Vierge et Mère en même temps, Vous êtes belle comme le soleil, sans tache. Incomparable est votre âme ! Votre beauté a charmé le regard du Trois fois Saint, Quittant le Trône éternel, Il descendit du Ciel, Et Il a reçu Son Corps et Son Sang de Votre Cœur, Pendant neuf mois se cachant dans le cœur d'une Vierge. O Vierge Mère, personne ne concevra ceci : Dieu infini devint homme. Par Son amour et Son insondable Miséricorde. Par vous, Mère, Il nous est donné de vivre éternellement avec Lui. O Marie, Vierge, Mère et Porte du Ciel Par vous le salut nous est venu. De vos mains jaillit chaque grâce pour nous, Une fidèle imitation de vous peut seule me sanctifier. O Vierge Marie, le plus beau des Lys, Votre Cœur était pour Jésus le premier tabernacle sur terre. C'est parce que votre humilité était la plus profonde Que vous êtes élevée au dessus des Chœurs angéliques et des Saints. O Marie, ma douce mère, Je vous rends mon âme, mon corps et mon pauvre cœur, Soyez gardienne de ma vie, Et particulièrement à l'heure de la mort, dans le combat suprême. 162. J.M.J. 1er janvier 1937 Jésus, j'ai confiance en vous. La carte du contrôle intérieur de l'âme. L'examen particulier. S'unir au Christ Miséricordieux. Pratique : le silence intérieur, garder strictement le silence. La conscience Janvier : Dieu et l'âme, le silence. Victoires: 41; chutes 4. Court acte de piété : « Et Jésus gardais le silence. » Février Dieu et l'âme, le silence. Victoires 36 ; chutes 3 Mars : Dieu et l'âme, le silence. Chutes :3. Court acte de piété : « Jésus, enflammez mon cœur d'amour.» Avril : Dieu et l'âme, le silence. Victoires : 61 ; chutes : 4. Court acte de piété : « Avec Dieu, je peux tout. » Mai : Dieu et l'âme, le silence. Victoire : 92 ; chutes : 3. Court acte de piété : « Dans Son Nom est ma force. » Juin : Dieu et l'âme, le silence. Victoires : 64, chutes : 1. Court acte de piété : « Tout pour Jésus. » Juillet Dieu et l'âme, le silence. Victoires : 62 ; chutes : 8. Court acte de piété : « Reposez-Vous, Jésus, dans mon cœur. » Août Dieu et l'âme, le silence. Victoires :88 ; chutes : 7. Court acte de piété : « Jésus, Vous savez… » Septembre Dieu et l'âme, le silence. Victoires : 99 ; chutes 1. Court acte de piété : « Jésus, cachez-moi dans Votre Cœur. » Octobre : Dieu et l'âme, le silence. Victoires : 41 ; chutes : 3. Court acte de piété : « Marie, unissez-moi à Jésus. » (Ici c'est une nouvelle page. Retraite.) Novembre : Dieu et l'âme, le silence. Victoires, chutes Court acte de piété : « O mon Jésus, miséricorde ! » Décembre : Dieu et l'âme, le silence. Victoires, chutes. Court acte de piété : « Salut, vivante Hostie ! » 163. J.M.J. Année 1937 Exercices généraux O très Sainte Trinité,je désire adorer Votre Miséricorde par chaque souffle de
mon être, chaque battement de mon cœur, chacune de mes pulsations. Je désire être toute transformée en Votre Miséricorde et être ainsi un vivant
reflet de Vous, Seigneur. Que le plus grand des attributs divins Votre insondable
Miséricorde, se déverse par mon âme et mon cœur sur le prochain. Aidez-moi, Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, pour que je ne
soupçonne jamais ni ne juge d'après les apparences extérieures, mais que je
discerne la beauté dans l'âme de mon prochain et que je lui vienne en aide. Aidez-moi, Seigneur, pour que mon oreille soit miséricordieuse, afin que je me
penche sur les besoins de mon prochain et ne reste pas indifférente à ses
douleurs ni à ses plaintes. Aidez-moi, Seigneur, pour que ma langue soit miséricordieuse, afin que je ne
dise jamais du mal de mon prochain, mais que j'aie pour chacun un mot de
consolation et de pardon. Aidez-moi, Seigneur, pour que mes mains soient miséricordieuses et remplies de
bonnes œuvres, afin que je sache faire du bien à mon prochain et prendre sur
moi les tâches les plus lourdes et les plus déplaisantes. Aidez-moi, Seigneur, pour que mes pieds soient miséricordieux, pour me hâter
au secours de mon prochain, en dominant ma propre fatigue et ma lassitude.
Mon véritable repos est de rendre service à mon prochain. Aidez-moi, Seigneur, pour que mon cœur soit miséricordieux afin que je
ressente toutes les souffrances de mon prochain. Je ne refuserai mon cœur à
personne. Je fréquenterai sincèrement m^me ceux qui, je le sais, vont abuser de
ma bonté ; et moi, je m'enfermerai dans le Coeur Très Miséricordieux de Jésus.
Je tairai mes propres souffrances. Que Votre miséricorde repose en moi,
Seigneur. Vous m'ordonnez Vous-même de m'exercer aux trois degrés de la miséricorde.
Le premier : l'acte de charité quel qu'il soit ; le second : la parole miséricordieuse
: si je ne puis aider par l'action, j'aiderai par la parole ; le troisième : la prière. Si
je ne peux témoigner la miséricorde ni par l'action, ni par la parole, je le pourrai
toujours par la prière. J'envoie ma prière même là où je ne puis aller
physiquement. O Jésus, transformez-moi en Vous, car Vous pouvez tout. (Ici
quatre pages sont restées libres). 164. J.M.J. Varsovie, 1933 Probation avant les vœux perpétuels Lorsque j'appris que je devais partir pour la probation, mon cœur fut empli de
joie à la perspective d'une telle joie : mes vœux perpétuels ! Je suis allée devant
le Saint Sacrement et je me suis plongée dans l'action de grâce. J'ai entendu : «
Mon enfant, tu es mon délice, tu es le soulagement de Mon Cœur. Je t'accorde
autant de grâces que tu es capable d'en supporter. Parle au monde entier de Ma
grande et insondable Miséricorde, si tu veux Me faire plaisir. » 165. Quelques semaines avant l'annonce de mon entrée en probation, je suis allée passer un moment à la chapelle, et Jésus me dit : « A cet instant les Supérieures annoncent quelles Sœurs prononceront leurs vœux perpétuels. Elles ne recevront pas toutes cette grâce, mais c'est leur faute. Qui ne profite pas des petites grâces n'en reçoit pas de grandes. Mais à toi, mon enfant, cette grâce est donnée. » Un joyeux étonnement envahit mon âme, parce que, quelques jours auparavant,
une des Sœurs m'avait dit : « Vous ne ferez pas la troisième probation, ma
Sœur. Je vais déconseiller moi-même de vous laisser faire vos vœux ; » Je n'ai
rien répondu à cette Sœur, mais j'en ai grandement souffert ; pourtant je tâchais
de cacher ma douleur. O Jésus, comme vos actions sont singulières. Je vois
maintenant que les gens ne peuvent grand'chose par eux mêmes, car je vas en
probation comme l'a dit Jésus. 166 Je trouve toujours lumière et force de l'âme dans la prière. Bien qu'à
certains moments particulièrement lourds et pénibles il me soit difficile d'imaginer
que ces choses puissent avoir lieu dans un couvent. Dieu le permet parfois
étrangement ainsi, mais toujours pour que la vertu se manifeste dans l'âme ou s'y
développe. Voilà la raison d'être des ennuis. 167. Novembre, 1932. Je suis arrivée aujourd'hui à Varsovie pour ma troisième
probation. Après avoir salué affectueusement les chères Mères, je suis entrée
dans la petite chapelle. Soudain la présence divine inonda mon âme et j'entendis
ces paroles : « Ma fille, je désire que ton cœur soit semblable à Mon Cœur
miséricordieux. Tu dois être toute imprégnée de Ma miséricorde. » Ma chère Mère Maîtresse me demanda tout de suite si j'avais fait une retraite
cette année ; je répondis que non. « Eh bien ma Sœur, il faut que vous fassiez
une retraite de trois jours au moins. » Dieu merci il y avait à Valendov une
retraite de huit jours, je pouvais donc en profiter. Mais des difficultés survinrent
quant au départ pour cette retraite. Une certaine personne y était opposée et il
était déjà décidé que je ne partirais pas. Après dîner, j'entrai à la chapelle pour
une adoration de cinq minutes. Tout à coup je vis Jésus, qui me dit : « Ma fille,
je te prépare beaucoup de grâces. Tu les recevras pendant la retraite que tu
commenceras demain. » Je répondis : « Jésus, cette retraite est commencée et je
ne dois pas partir. » Et Il me dit : « Prépares toi à commencer demain la retraite.
Et c'est moi qui arrangerai ton départ avec les Supérieures. » Et soudain Jésus
disparut. Je me suis demandée comment cela allait arriver. Mais tout de suite j'ai
rejeté toute réflexion, et j'ai consacré tout mon temps à la prière, demandant au
Saint-Esprit la lumière pour connaître toute la misère que je suis. Et après un
moment, je sortis de la chapelle pour aller à mon devoir. Bientôt la Mère
Générale m'appela et me dit : « Ma Sœur, vous partirez aujourd'hui avec Mère
Valéria à Valendov. Vous pourrez ainsi commencer votre retraite demain. Mère
Valéria est là, vous partirez avec elle. » Pres de deux heures après, j'étais à
Valendov. Je rentrai un instant en moi-même, et je reconnus que seul Jésus peut
arranger des affaires de la sorte. 168. Dès que la personne qui était si fortement opposée à ce que je fasse cette
retraite me vit, elle manifesta son étonnement et son mécontentement. Sans y
prêter attention, je l'ai saluée affectueusement, et je suis allée chez le Seigneur
pour savoir comment me conduire pendant la retraite. 169. Dans une conversation avec Lui, avant la retraite, Jésus m'apprit que cette
retraite serait un peu différente des autres : « Tu vas tâcher d'avoir une grande
paix dans tes rapports avec Moi. J'éloignerai tous tes doutes à cet égard. Je sais
que maintenant, quand je te parle, tu es tranquille. Mais, dans un moment, quand
J'aurai cessé, tu recommenceras à chercher des raisons de douter. Sache
cependant que J'affermirai si bien ton âme que même si tu voulais t'inquiéter, ce
ne sera pas en ton pouvoir. Et, comme preuve que c'est Moi qui te parle, tu iras
le deuxième jour de la retraite te confesser au prêtre qui la prêche. Tu iras à lui
dès qu'il aura fini sa conférence. Tu lui exposeras tes craintes envers Moi, et je
te répondrai par sa bouche. Alors tes craintes se dissiperont. Pendant cette
retraite, garde un silence complet, comme si rien n'existait autour de toi. Tu ne
parleras qu'avec Moi et ton confesseur ; à tes Supérieures tu ne demanderas
que des pénitences. » J'éprouvai un immense bonheur de voir le Seigneur Jésus
me montrer tant de bienveillance et S'abaisser ainsi jusqu'à moi. 170. Le premier jour de la retraite, j'ai tâché d'être la première le matin à la
chapelle. Avant la méditation, j'avais un moment pour prier le Saint Sacrement
et la Sainte Vierge. Je demandais ardemment à la Mère de Dieu qu'Elle
m'obtienne la grâce de la fidélité aux inspirations intérieures et à la volonté
divine, quelque qu'elle soit. J'ai commencé cette retraite avec un singulier
courage. 171. Combat pour garder le silence. Comme il est de coutume, des Sœurs de
toutes les maisons se réunissent pour la retraite. Une Sœur,que je n'avais pas
vue depuis longtemps, vint dans ma cellule et me dit qu'elle voulait me parler. Ne
lui ayant rien répondu, elle s' aperçut que je ne voulais pas rompre le silence et
me dit : « Je ne savais pas que vous étiez si étrange. » Et elle s'en alla. J'ai
compris que cette personne n'avait d'autre souci que de rassurer sa propre
curiosité. O mon Dieu, maintenez-moi dans la fidélité. 172. Le Père qui prêchait la retraite arrivait d'Amérique. Il était venu faire un
court séjour en Pologne et les circonstances avaient fait qu'il nous prêchait la
retraite. Une profonde vie intérieure l'animait, c'était visible. Son aspect respirait
l'intelligence ; l'esprit de mortification et de recueillement caractérisait ce prêtre.
Mais malgré ses hautes vertus, j'éprouvais d'immenses difficultés à lui dévoiler
entièrement mon âme. Pour ce qui est des péchés, c'est toujours facile ; mais
quand au grâces reçues, je devais vraiment faire un grand effort, et encore je ne
disais pas tout. Les tentations du démon pendant la méditation Une singulière peur me prit que le prêtre ne me comprenne pas ou qu'il n'aie pas assez de temps pour me laisser m'exprimer jusqu'au bout. Comment lui parler de tout cela ? Si encore il s'agissait du Père Bukowski, je l'aurais fait plus facilement. Mais c'était la première fois que je voyais ce Jésuite. Ici, je me suis rappelée un conseil du Père Bukowski, qui m'avait dit que, lorsque je faisais une retraite, je devais prendre au moins quelques notes au sujet des lumières que Dieu m'envoyait, et lui en faire un bref compte rendu. Mon Dieu, pendant une journée et demie tout allait si bien ; et voilà que
commençait. un combat à mort. Dans une demi heure il y aurait la conférence, et
ensuite la confession. Le démon me persuada que, si les Supérieures avaient dit
que ma vie intérieure était une illusion, à quoi on questionner et fatiguer encore le
confesseur ? Mère X t'a dit que Jésus ne vivait pas en intimité avec des âmes
aussi misérables. Ce confesseur te répondra de même. Pourquoi en parler ? Ce
ne sont pas des péchés, et Mère X t'a dit bien précisément que toute cette
intimité avec Jésus n'est que rêverie ou pure hystérie. Pourquoi en parler au
confesseur ? Tu ferais mieux de rejeter toutes ces illusions. Vois, tu as souffert
tant d'humiliations déjà, et beaucoup d'autres t'attendent encore. Et les Sœurs
savent que tu es hystérique. J'ai appelé de toutes les forces de mon âme : «
Jésus ! » - A ce moment, le Père commença la conférence. 174. Il a parlé peu de temps, comme s'il se dépêchait. Après la conférence il alla au confessionnal. Voyant qu'aucune des Sœurs ne s'y rendait, je me suis élancée de mon prie-Dieu et m'agenouillai dans le confessionnal. Je n'avais pas le temps de réfléchir. Au lieu de dire au Père tous les doutes qu'on avait formulé à l'égard de mes rapports avec Jésus, j'ai commencé à parler de toutes ces tentations que j'ai décrites plus haut. Mais le confesseur comprit tout de suite ma situation, et il dit : « Vous vous méfiez, ma Sœur, de Jésus, parce qu'il est si bienveillant envers vous. N'est-ce pas ? Soyez donc complètement tranquille. Jésus est votre Maître, et vos rapports avec Jésus ne sont ni hystérie, ni rêverie, ni illusion. Sachez que vous êtes dans la bonne voie. Tâchez d'être fidèle à ces grâces ; il vous est défendu de vous en écarter. Vous n'avez pas du tout besoin d'en parler à vos Supérieures, sauf quand Jésus vous donne un ordre précis et dans ce cas, il faut d'abord vous entendre avec votre confesseur. Mais si Jésus exige quelque chose d'extérieur, alors, après vous être entendue avec votre confesseur, vous devez accomplir ce qu'exige le Seigneur, même si cela doit vous coûter énormément. D'un autre côté, vous devez tout dire à votre confesseur. Il n'y a absolument pas d'autre voie pour vous, ma Sœur. Priez pour avoir un directeur spirituel, car autrement vous gaspillerez ces grands
dons de Dieu. Je le répète encore une fois : soyez tranquille. Vous êtes dans la
bonne voie. Ne faites attention à rien de ce que l'on dit de vous. C'est justement
avec de telles âmes misérables que Jésus est en intimité et plus vous vous
abaisserez, plus Jésus s'unira à vous. » 175. Quand j'ai quitté le confessionnal, une joie inconcevable inonda mon âme,
de sorte que je m'écartais dans un endroit solitaire du jardin, pour me cacher
des Sœurs et permettre à mon cœur de s'épancher intérieurement en Dieu. La
présence divine me submergea et, en un instant, mon être s'anéantit totalement
en Dieu et je sentis, je discernai alors les Trois Personnes Divines qui
demeuraient en moi. Et j'éprouvais une si grande paix dans mon âme que je
m'étonnais d'avoir pu tellement m'inquiéter. 176. Résolution : fidélité aux inspirations intérieures, quoi qu il pût m'en coûter.
Ne rien faire de moi-même sans m'être entendue avec mon confesseur. 177. La rénovation des vœux. Dès le matin, lorsque je m'éveillai, mon esprit fut
tout entier immergé en Dieu, cet océan d'amour. Je sentais que j'étais toute
plongée en Lui ! Pendant la Sainte Messe, mon amour pour Lui arriva à une
grande puissance. Après la rénovation des vœux et la Sainte Communion, je vis
soudain Jésus, qui me dit avec bienveillance : « Ma fille, regarde Mon Cœur
miséricordieux. ». Fixant mon regard sur ce Cœur Très Saint 176. Résolution : fidélité aux inspirations intérieures, quoi qu il pût m'en coûter.
Ne rien faire de moi-même sans m'être entendue avec mon confesseur. 177. La rénovation des vœux. Dès le matin, lorsque je m'éveillai, mon esprit fut
tout entier immergé en Dieu, cet océan d'amour. Je sentais que j'étais toute
plongée en Lui ! Pendant la Sainte Messe, mon amour pour Lui arriva à une
grande puissance. Après la rénovation des vœux et la Sainte Communion, je vis
soudain Jésus, qui me dit avec bienveillance : « Ma fille, regarde Mon Cœur
miséricordieux. ». Fixant mon regard sur ce Cœur Très Saint je vis en sortir des
rayons comme du Sang et de l'Eau, les mêmes que sur le tableau, et je compris
combien la miséricorde du Seigneur est grande. Et de nouveau, Jésus me dit
gracieusement : « Ma fille, parles aux prêtres de mon inconcevable Miséricorde.
Les flammes de Ma Miséricorde Me brûlent, Je veux les déverser sur les âmes,
mais les âmes ne veulent pas croire en ma bonté. » Et tout à coup Jésus
disparut. Mais mon esprit resta toute la journée plongé en Dieu, dans sa
présence divine, sensible malgré le bruit et les conversations qui suivent
habituellement une retraite. Cela ne me dérangeais pas. Mon esprit était en Dieu,
tout en prenant part aux conversations. Je suis même allée visiter Derdy. 178. Aujourd'hui nous commençons la troisième probation. Nous nous sommes rassemblées, toutes les trois, chez Mère Marguerite, car les autres Sœurs avaient leur troisième probation au noviciat. Mère Marguerite commença par une prière, elle nous expliqua en quoi consiste la troisième probation, et rappela combien la grâce des vœux perpétuels était grande. Soudain j'ai commencé à pleurer à haute voix. En un instant, toutes les grâces de Dieu parurent devant le regard de mon âme. Et je me voyais tellement misérable et ingrate envers Lui. Les Sœurs commencèrent à me réprimander disant : « Pourquoi éclate-t-elle en sanglots ? » Cependant Mère Marguerite pris ma défense et dit qu'elle ne s'en étonnait pas. L'heure finie, je suis allée devant le Saint Sacrement et, consciente de mon
immense misère, Je Lui demandai miséricorde afin qu'il daigne purifier et guérir
ma pauvre âme. Alors j'entendis ces paroles : « Ma fille toutes tes misères sont
brûlées dans le feu de Mon amour, comme un brin d'herbe jeté dans un brasier
dévorant. Par cet abaissement, tu attires sur toi et sur d'autres âmes toute
l'immensité de Ma Miséricorde. » Je répondis : « Jésus, façonnez mon pauvre
cœur à votre gré. » 179. Pendant tout le temps de la troisième probation, j'avais le devoir d'aider la
Sœur au vestiaire. Ce devoir me donna de nombreuses occasions de m'exercer
à la pratique des vertus. Parfois il fallait aller par trois fois chez certaines Sœurs
avec le linge, et encore on ne pouvait les satisfaire. Mais j'ai découvert aussi les
grandes vertus de certaines sœurs, qui demandaient toujours de leur donner ce
qu'il y avait de pire dans tout le vestiaire. J'admirais cet esprit d'humilité et de
mortification. 180. Pendant l'Avent, une grande nostalgie de Dieu s'éveilla dans mon âme. Mon esprit, de toutes les forces de son être, s'élançait vers Dieu. Et le Seigneur m'accorda de nombreuses lumières dans la connaissance de Ses attributs. Le premier attribut que le Seigneur me fit connaître, ce fut Sa Sainteté. Cette Sainteté, est si grande que toutes les Puissances, les Vertus, tremblent devant Lui. Les purs esprits voilent leur face et s'abîment dans une incessante adoration. La Sainteté de Dieu se répand sur l'Église de Dieu et sur chaque âme vivant en elle - à des degrés divers. Il y a des âmes toutes pénétrées de Dieu, et il y en a qui vivent à peine. La seconde connaissance que Dieu m'accorda, ce fut celle de Sa Justice. Elle est si grande et si pénétrante qu'elle atteint les choses dans leur essence. Tout se présente à Lui dans sa vérité, mi à nu, et rien ne pourrait Lui résister. Le troisième attribut fut l'Amour et la Miséricorde. Et j'ai compris que c'est là le
plus grand, celui qui unit la créature au Créateur. Le suprême Amour et l'infini de
la Miséricorde se manifestent dans l'Incarnation du Verbe et dans la
Rédemption. Et c'est ainsi que j'ai découvert que cette qualité était première en
Dieu. 181. Aujourd'hui je mettais de l'ordre dans la chambre d'une des Sœurs. Je tâchais de nettoyer avec le plus grand soin ; cependant cette personne me suivait partout en disant : « Ici il reste une poussière. Et là une petite tâche sur le plancher. » A chacune de ses remarques, je corrigeais un détail, refaisant jusqu'à dix fois la même chose dans le but de la satisfaire. J'étais moins fatiguée par le travail que par ces bavardages et exigences immodérées. Mon martyre de toute la journée ne lui ayant pas suffi, elle est encore allée se plaindre chez la Maîtresse : « Ma Mère, quelle est cette Sœur qui ne sais pas se dépêcher ? » Le lendemain je suis allée faire la même besogne sans protester. Lorsqu'elle s'en prit à moi, j'ai pensé : « Jésus, on peut être une martyre silencieuse ; ce n'est pas le travail qui m'affaiblit mais ce martyre… » Je me suis aperçue que certaines personnes ont l'art de vexer les autres. Elles s'y
emploient de leur mieux et la pauvre âme qu'elles ont sous la main n'y pourra
rien : les meilleures choses seront critiquées avec malice. 182. Veille de Noël. Aujourd'hui je me suis unie étroitement à la Mère de Dieu
et j'ai vécu ses sentiments intérieurs. Le soir, avant la cérémonie pendant laquelle
on rompt le pain azyme, je suis allée à la chapelle pour le rompre, par la pensée
avec les êtres qui me sont cher, et j'ai demandé à Notre Dame des grâces pour
eux. Mon esprit était entièrement plongé en Dieu. Pendant la Messe de minuit,
j'ai vu l'enfant Jésus qans l'Hostie et mon esprit s'est aimé en Lui. C'est un petit
Enfant, mais sa Majesté submergeait mon âme. J'ai pénétré ce mystère très
profondément : ce grand abaissement de Dieu et Son inconcevable
anéantissement. Ce sentiment resta vivant dans mon âme pendant la durée des
fêtes. Oh ! nous ne comprendrons jamais ce grand abaissement de Dieu - plus
je le considère…(ici la pensée est interrompue). 183. Un matin, après la Sainte Communion, j'entendis cette voix : « Je désire que tu M'accompagnes quand J e vais chez les malades. ». Je répondis que j'étais d'accord. Après un moment de réflexion je me suis demandée comment je pourrai le faire : Les Sœurs du second chœur n'accompagnent pas le Saint Sacrement, ce sont les Sœurs directrices qui y vont toujours. J'ai pensé que Jésus y remédierait. Peu après, Mère Raphaële m'envoya chercher : « Ma Sœur, vous allez
accompagner Jésus quand le prêtre ira chez les malades. » Et pendant tout le
temps de ma probation, j'ai pu porter le flambeau en accompagnant le Seigneur.
Et comme chevalier de Jésus, je tâchai toujours de me ceindre d'une ceinture de
fer, cela me paraissait s'imposer pour avancer devant le Roi. Et j'offrais chaque
fois cette mortification pour les malades. 184. L'Heure Sainte. Pendant cette heure je tâchais de méditer la Passion du Seigneur. Cependant la joie inonda mon âme et, soudain je vis le petit Enfant Jésus. Mais Sa Majesté me pénétra tellement que je dis : « Jésus, Vous êtes si petit, mais je sais que Vous êtes mon Créateur et mon Seigneur. » Jésus me répondit : « Oui, Je le suis et c'est pour t'apprendre l'humilité et la simplicité, que je suis avec toi sous l'aspect d'un enfant. » Je déposais comme un bouquet pour Jésus toutes mes souffrances et mes
difficultés, le jour de nos épousailles perpétuelles. Rien ne m'était difficile lorsque
je me souvenais que c'était pour mon Epoux, comme preuve de mon amour
pour Lui. 185. Mon silence pour Jésus. Je tachais de garder un grand silence pour Jésus.
Au milieu du plus grand bruit, Jésus trouvait toujours le silence dans mon cœur,
bien que cela me coûtât parfois beaucoup. Qu'est-ce qui serait trop grand pour
Jésus, pour Celui que j'aime de toute la force de mon cœur ? 186. Aujourd'hui Jésus me dit : « Je désire que tu connaisses plus profondément l'amour dont brûle mon cœur. Tu le comprendras en méditant Ma Passion. Appelle Ma Miséricorde sur les pécheurs, Je désire leur salut. Quand tu réciteras cette prière pour un pécheur d'un cœur contrit et avec foi, Je
lui donnerai la grâce de la conversion. Voici cette petite prière : 187. « O Sang et Eau, qui avez jailli du Cœur de Jésus comme source de
Miséricorde pour nous, j'ai confiance en Vous! » 188. Pendant les derniers jours du carnaval, alors que je faisais mon heure
sainte, je vis comment Jésus avait souffert pendant la flagellation. C'est un
supplice inconcevable. Quelles terribles douleurs Jésus a endurées lorsqu'Il a été
flagellé ! Pauvres pécheurs, comment ferez-vous pou rencontrer, au Jour du
Jugement, Jésus que vous torturez tellement aujourd'hui ? Son sang a coulé à
terre, et la chair commençait à se détacher en certains endroits. Et j'ai vu dans
Son dos quelques os à nu… Jésus gémissait et soupirais en silence. 189. Un jour, Jésus me fit comprendre combien Lui est agréable une âme qui
observe fidèlement la règle. L'âme reçoit une plus grande récompense pour
l'observance de la règle que pour des pénitences et de grandes mortifications. Si
elles sont entreprises en plus de la règle, elles recevront aussi leur récompense,
mais elles ne surpasseront pas la règle. 190. Au cours d'une adoration, Jésus exigea de moi que je m'offre à Lui comme oblation, pour endurer certaines souffrances, en expiation, non seulement pour les péchés du monde en général, mais en particulier pour les fautes commises dans cette maison. J'ai dit à l'instant : « Très bien, je suis prête. » Cependant Jésus me fit connaître ce que j'allais souffrir ; et instantanément, je vis défiler devant mes yeux toutes les parties successives de ce supplice. Premièrement, mes intentions seraient mal interprétées ; puis viendraient nombre de soupçons et méfiances, humiliations et contrariétés de toutes sortes - et j'en passe. Tout cela se présenta à mes yeux comme un sombre orage, dont la foudre allait tomber ; elle n'attendait que mon consentement. Un moment, ma nature s'effraya. Soudain la cloche sonna pour le dîner. Je sortis de la chapelle tremblante et indécise.. Mais ce sacrifice restait toujours présent à mon esprit, car sans le refuser au
Seigneur, je ne me décidais pas à l'accepter. Je voulais me rendre à Sa volonté.
Si Jésus Seul me l'imposait, j'y étais prête. Mais Jésus me fit connaître que je
devais moi-même y consentir volontiers, sinon il n'aurait pas de valeur. Toute sa
force devant le Seigneur résidait dans mon acte volontaire. En même temps il me
fit comprendre que tout était en mon pouvoir : Je pouvais le faire, mais je
pouvais aussi ne pas le faire. Je répondis donc aussitôt : « Jésus, j'accepte tout
ce que Vous voudrez m'envoyer, j'ai confiance en Votre bonté. » Et au même
instant, je ressentis que j'avais ainsi rendu grande gloire à Dieu. Cependant je
m'armai de patience. Dès que je sortis de la chapelle, je rencontrai la réalité. Je
ne veux pas la décrire en détail, mais il y en avait autant que je pouvais en
supporter. Je n'aurais pu en venir à bout, si il y avait eu une goutte de plus. 191. Un certain matin, j'entendis ces paroles dans mon âme : « Vas chez la mère
Générale, et dis que cette chose ne Me plaît pas dans telle et telle maison. »
Quelle chose et dans quelle maison ? Je l'ignore, mais je l'ai dit à la Mère
Générale, bien que cela m'ait bien coûté. 192. Un jour je me suis engagée à prendre sur moi une terrible tentation dont
souffrait une de nos élèves dans la maison de Varsovie : la tentation du suicide.
J'ai souffert pendant sept jours, au bout desquels Jésus lui donna la grâce
demandée, et moi aussi j'ai cessé de souffrir. C'était une grande souffrance. Je
prends souvent sur moi les tourments de nos élèves. Jésus me le permet, mon
confesseur aussi. 193. Mon cœur est la demeure permanente de Jésus. Personne n'y a accès qu
Lui. C'est en Jésus que je puise la force de combattre les difficultés et les
contrariétés. Je désire passer en Jésus pour pouvoir me donner complètement
aux âmes. Sans Lui, je ne pourrai m'approcher d'elles. Car je sais ce que je suis.
J'absorbe Dieu en moi pour le donner aux âmes. 194. Je désire de toutes mes forces, travailler, m'anéantir pour notre œuvre de
salut des âmes immortelles. Peu importe si ces efforts doivent raccourcir ma vie.
Elle ne m'appartient plus, mais elle est la propriété de la Congrégation. Je désire
être utile à toute l'Eglise par ma fidélité à notre Congrégation. 195. O Jésus, mon âme est comme assombrie par la souffrance. Pas un seul rayon de lumière. La tempête fait rage, et Jésus dort. O mon Maître, je ne Vous réveillerai pas, je n'interromprai pas Votre doux sommeil. Je crois que Vous me donnez la force sans que je le sache. Pendant des heures entières, je Vous adore, ô Pain vivant, dans une grande sécheresse d'âme. O Jésus, pur amour, je n'ai pas besoin de consolations, je me nourris de Votre volonté. O Puissant ! Votre volonté est le but de mon existence. Il me semble que le monde entier me sert et qu'il dépend de moi. Seigneur, Vous comprenez mon âme dans toutes ses aspirations. Jésus, lorsque je ne puis moi-même Vous chanter l'hymne de l'amour, j'admire alors le chant des Séraphins, eux que Vous aimez tant. Je désire m'abîmer en Vous de la même manière. Rien ne fera obstacle à un tel amour, et aucune puissance, et aucune puissance n'a la force de le détruire. Il est semblable à l'Eclair, qui illumine les ténèbres, mais n'y reste pas. O mon Maître, formez mon âme selon Votre volonté et Vos desseins éternels 196. Une certaine personne s'est fait comme un devoir de m'exercer de toute
façon dans la vertu. Un jour elle m'arrêta dans le corridor et, pour commencer,
elle me dit qu'elle n'avait aucun motif de me faire des remarques, mais qu'elle
m'ordonnait de rester debout pendant une demi-heure, en face de la petite
chapelle et d'attendre la Mère Supérieure, qui devait passer là après la
récréation. Je m'accuserai alors de différentes choses qu'elle m'ordonna de dire.
Mon âme était totalement étrangère à ces choses, mais je fus obéissante et j'ai
attendu pendant toute la demi-heure la Supérieure. Chaque Sœur qui passait me
regardais avec un sourire. Quand je me suis accusée à la Mère Supérieure, elle
me renvoya à mon confesseur. Quand je me suis confessée, ce prêtre remarqua
aussitôt que c'était quelque chose qui ne venait pas de mon âme, que je n'avais
aucune idée de ce dont il s'agissait. Et il était très étonné que cette personne ait
pu se décider à donner de tels ordres. 197. O Divine Église, vous êtes la meilleure des mères. Vous seule savez élever
et faire grandir l'âme. Oh quel grand amour et quelle déférence j'éprouve pour
l'Église, cette Mère incomparable. 198. Une autre fois, le Seigneur me dit : « Ma fille, ta confiance et ton amour
retiennent Ma Justice. Et Je ne puis punir, car tu M'en empêches. » Oh quelle
grande force possède l'âme pleine de confiance. 199. Quand je pense aux vœux perpétuels, et qui est Celui qui désire s'unir à
moi, cette pensée m'absorbe pendant des heures entières, pendant lesquelles je
médite sur Lui. Comment cela arrivera-t-il ? Vous êtes Dieu et moi Votre
créature. Vous le Roi immortel, et moi une mendiante et la misère même. Mais
maintenant tout est clair pour moi. Votre grâce et votre amour, Seigneur vont
combler cet abîme qui existe entre Vous, Jésus, et moi. 200. O Jésus, comme l'âme est profondément blessée lorsqu'elle tâche d'être sincère, et qu'on la soupçonne d'hypocrisie et qu'on la traite avec méfiance. O Jésus, vous avez souffert tout cela pour donner satisfaction à Votre Père.
201. Je désire si bien me cacher, qu'aucune créature ne connaisse mon cœur.
Jésus, Vous Seul le connaissez et le possédez tout entier. Personne ne connaît
notre secret. Nous nous comprenons mutuellement d'un regard. Depuis ce
moment où nous avons fait connaissance, je suis heureuse. Votre grandeur est
ma plénitude. Jésus, quand je suis la dernière, plus bas que les postulantes,
même les plus jeunes, c'est alors que je me sens à ma place. Je ne savais pas
que dans ces petits coins sans éclats le Seigneur avait placé tant de bonheur. Je
comprends maintenant que, même en prison, peut jaillir d'une poitrine pure vers
Vous, Seigneur, la plénitude de l'amour. Les choses extérieures n'ont pas
d'importance pour le pur amour, il pénètre tout. Ni les portes de la prison, ni les
portes du Ciel n'ont de force contre lui. Il atteint Dieu Seul et rien ne peut le faire
mourir. Il n'y a pas d'obstacle pour Lui, il est libre comme un roi, et peut passer
librement partout. La mort même doit baisser la tête devant Lui… 202. Aujourd'hui, ma sœur est venue me voir. Quand elle me fit part de ses
épreuves, la peur me saisit. Etait-ce possible ? Une petite âme, si belle devant
Dieu, et cependant environnée de telles ténèbres qu'elle ne savait pas comment
se tirer d'affaire. Elle voyait tout en noir. Le Bon Dieu me l'a confiée et pendant
deux semaines je pouvais m'occuper d'elle. Mais combien cette âme m'a coûté
de sacrifices, Dieu seul le sait. Pour personne d'autre je n'ai porté devant le
trône de Dieu autant de sacrifices, de souffrances et de prières. Je sentais que
j'avais forcé Dieu à lui accorder Sa grâce. Je considère ceci comme un vrai
miracle. Je vois maintenant quelle force a, devant Dieu, la prière d'intercession. 203. En ce moment, au cours de ce carême, je ressens souvent la Passion de
Jésus dans mon corps et j'endure profondément dans mon cœur ce qu'Il a
souffert. Cependant rien ne trahit extérieurement mes souffrances, seul mon
confesseur les connaît. 204. Une courte conversation avec la Mère Maîtresse. Je lui ai demandé
quelques conseils de conduite dans la vie intérieure. Cette sainte Mère me
répondit à tout avec une grande clarté. Elle me dit : « Si vous continuez à
collaborer ainsi avec la grâce de Dieu, vous serez, ma Sœur, bien près de
l'intime union avec Dieu. Vous comprenez, ma Sœur, ce que je veux dire. Que
votre trait caractéristique soit la fidélité à la grâce du Seigneur ! Dieu ne mène
pas toutes les âmes par cette voie. » 205. La Résurrection. Aujourd'hui, pendant la célébration de la Résurrection, je
vis Jésus dans une grande clarté. Il s'approcha de moi et dit : « Que la paix soit
avec vous, Mes enfants ! » Il leva la main et nous bénit. Les plaies de Ses
Mains, de Ses Pieds et de Son Côté n'étaient pas effacées, mais lumineuses. Il
me regarda avec une telle bonté et un tel amour que mon âme entière se fondit
en Lui. Il me dit : « Tu as pris une grande part à Ma Passion, c'est pour cela que
Je te donne cette grande part à Ma gloire et à Ma joie. » Tout le temps de la
Résurrection me sembla durer une minute à peine. Un singulier recueillement
envahit mon âme et y demeura pendant toute la durée des fêtes. La grâce de
Jésus est si grande que je ne puis l'exprimer. 206. Le lendemain, après la Sainte Communion, j'entendis une voix qui disait ; «
Ma fille, regarde l'abîme de Ma Miséricorde. Honore-la et glorifie-la de la façon
suivante: rassemble tous les pécheurs du monde entier et plonge-les dans le
gouffre de Ma Miséricorde. Je désire Me communiquer aux âmes. Je désire les
âmes, Ma fille. Pendant Ma fête, la Fête de la Miséricorde, tu vas parcourir le
monde entier et amener les âmes défaillantes à la source de Ma Miséricorde. Je
les guérirai et les fortifierai. » 207. Aujourd'hui, j'ai prié pour une agonisante, qui mourait sans les Saints
Sacrements qu'elle désirait pourtant ardemment. Mais il était trop tard. C'est une
parente, la femme de mon oncle. Cette âme était agréable à Dieu. A ce moment
là, l'espace n'existait pas entre nous. 208. Ô vous, menues offrandes, vous êtes pour moi comme les fleurs des
champs dont je jonche les pieds de mon Bien-Aimé Jésus. Je compare ces
petites choses aux vertus héroïques, car pour les renouveler constamment, il faut
de l'héroïsme. 209. Dans les souffrances, je ne cherche pas l'aide des créatures, mais Dieu est
tout pour moi. Cependant, plus d'une fois il m'a semblé que même le Seigneur
ne m'entendait pas. Je m'arme de patience et de silence comme un pigeon qui ne
se plaint pas et n'a pas de rancune quand on lui prend ses petits. Je veux planer
sans cesse dans l'air embrasé du soleil, et ne veux pas m'arrêter dans les
brumes. Je ne faiblirai pas, car de Vous je reçois tout, ô Vous, ma force. 210. Je prie le Seigneur qu'Il daigne fortifier ma foi, pour que je ne me conduise
pas dans la grisaille de la vie quotidienne selon des dispositions humaines, mais
selon celles de l'esprit. Oh ! Comme tout retient l'homme à terre, mais la foi vive
attire l'âme vers les régions supérieures, et remet l'amour propre à la place qui
lui est due, c'est-à-dire la dernière. 211. De nouveau les ténèbres commencent à descendre sur mon âme. Il me
semble que je suis sous l'influence de l'illusion. Quand je suis allée me confesser
pour puiser de la lumière et de la paix, je ne les ai pas trouvées. Le confesseur
m'a créé encore plus de doutes que je n'en avais d'abord. Il m'a dit : « Je ne puis
discerner quelle force agit sur vous, ma Sœur, peut-être Dieu, ou peut-être le
mauvais esprit ? » En m'éloignant du confessionnal, j'ai reconsidéré ses paroles.
Plus je les méditais, plus mon âme se plongeait dans les ténèbres. Jésus, que
faire ? Quand Jésus s'approchait gracieusement de moi, j'avais peur. Etes-vous
vraiment Jésus ? D'un côté l'amour m'attire, de l'autre la peur me retient. Quel
supplice, je ne sais le décrire ! 212. Lorsque je suis allée me confesser à nouveau, je reçus cette réponse : « Je
ne vous comprends pas, ma Sœur, il vaudrait mieux que vous ne confessiez pas
à moi. » Mon Dieu, je dois me faire violence avant de dire quoi que ce soit de
ma vie intérieure. Et voilà que je reçois comme réponse : « Je ne vous
comprends pas, ma sœur ! » 213. Quand j'ai quitté le confessionnal, une multitude de tourments s'abattirent sur moi. Je suis allée devant le Saint Sacrement et j'ai dit : « Jésus, sauvez-moi ! Vous voyez combien je suis faible. » Soudain j'entendis ces paroles : « Pendant la retraite avant les vœux, Je te donnerai de l'aide. » Réconfortée par ces mots, j'ai commencé à progresser, ne demandant plus
conseil à personne. Mais j'éprouvais une telle méfiance envers moi-même que je
résolus d'en finir une fois pour toutes avec ces doutes. J'attendais donc
spécialement cette retraite qui devait précéder les vœux perpétuels. Plusieurs
jours auparavant déjà, je ne cessais de demander à Dieu la lumière pour le
prêtre qui allait me confesser, afin qu'il décide une bonne fois nettement ce qui
en était. Et je pensais que je serais tranquillisée une fois pour toutes. Mais je
continuais à m'affliger à l'idée que personne ne voudrait m'écouter dans toutes
ces affaires. Je me résolus à ne plus penser à tout cela et à faire confiance au
Seigneur. Ses paroles à propos de la retraite résonnaient à mes oreilles. 214. Tout est prêt. Demain matin nous partons en retraite à Cracovie.
Aujourd'hui je suis entrée à la chapelle pour remercier Dieu des innombrables
grâces qu'Il m'avait accordées pendant ces cinq mois. Mon cœur était tout
attendri à la vue de tant de grâces et de la protection des Supérieures. 215. « Ma fille, soit tranquille, Je prends sur Moi toutes tes affaires. Je vais Seul
arranger les choses avec tes Supérieures et avec le confesseur. Parle au Père
Andrasz comme tu me parles, avec la même simplicité et la même confiance. » 216. 18.4.1933. Nous sommes arrivées aujourd'hui à Cracovie. Quelle joie de
me trouver de nouveau ici où j'ai appris à faire mes premiers pas dans la vie
spirituelle ! La chère Mère Maîtresse est toujours la même, gaie et pleine
d'amour du prochain. Je suis entrée à la chapelle pou y passer un moment. En
un éclair je me suis rappelée les flots de grâce qui me furent accordés ici, étant
encore novice. 217. Et aujourd'hui nous nous rassemblons pour passer une heure au noviciat. Mère Marie-Josèphe nous dit quelques mots et prépare le programme de la retraite. Pendant qu'elle nous parlait, se présenta mes yeux tout ce que cette chère Mère avait fait de bon pour nous et j'en ressentis en mon âme une grande reconnaissance. A la pensée que c'était la dernière fois que j'étais au noviciat, une douleur serra mon cœur. Je dois déjà combattre avec Jésus, travailler avec Jésus et souffrir avec Jésus. En un mot : vivre et mourir avec Jésus. Désormais la Maîtresse ne va plus marcher pas à pas derrière moi, pour m'instruire ici, m'avertir là ou m'adresser des reproches, des encouragements ou encore des blâmes. J'ai singulièrement peur de rester seule. Jésus, veuillez arranger les choses. J'aurai toujours une Supérieure, pourtant je me sentirai très seule. Cracovie, le 21. 4.1933 218. A la plus grande Gloire de Dieu La retraite de huit jours avant les vœux perpétuels. Je commence aujourd'hui la retraite. Jésus, mon Maître, dirigez-moi !
Gouvernez-moi selon votre volonté, purifiez mon amour pour qu'il soit digne de
Vous, faites de moi ce que désire Votre Cœur très miséricordieux ! Jésus, nous
resterons pendant ces jours en tête à tête jusqu'au moment de notre union.
Gardez-moi ô Jésus dans le recueillement de l'esprit ! 219. Le soir le Seigneur me dit : « Ma fille, que rien ne t'effraye ni ne te trouble.
Garde une paix profonde ! Tout est dans Ma main. Je te ferai tout comprendre
par la bouche du Père Andrasz . Sois comme un enfant envers lui !» 220. Un moment devant le Saint Sacrement Ô mon Seigneur et mon Créateur éternel, comment dois-je vous remercier pour
cette grande grâce d'avoir daigné me choisir pour Votre épouse, moi misérable,
et de m'unir à Vous par un vœu perpétuel. Ô bien-aimé Trésor de mon cœur, je
dépose devant Vous toute les adorations et les actions de grâce des âmes
saintes, de tous les cœurs angéliques, en m'unissant tout spécialement à Votre
Mère. Ô Marie, Mère chérie, je vous le demande humblement, couvrez mon
âme de votre manteau virginal en ce moment si important pour moi, afin que je
devienne plus agréable à votre Fils et que je puisse dignement glorifier Sa
miséricorde à la face du monde entier et pour toute l'éternité. 221. Aujourd'hui je n'ai pu comprendre la méditation. Mon esprit était
singulièrement noyé en Dieu. Je n'arrivais pas à me forcer à penser à ce que le
Père disait pendant la retraite. Il m'est souvent difficile de méditer selon les
points donnés. Mon esprit est avec le Seigneur et c'est là ma méditation. 222. Quelques mots de mon entretien avec la Mère Maîtresse Marie-Josèphe .
Elle m'a éclairée et tranquillisée en beaucoup de choses quant à ma vie
intérieure, disant que je suis dans la bonne voie. J'ai remercié Jésus pour cette
grande grâce, car c'est la première des Supérieures à ne pas avoir de doutes à
ce sujet. Oh ! que la bonté de Jésus est infinie ! 223. Vivante Hostie, ma seule force, Source d'amour et de miséricorde,
emparez-vous du monde entier, fortifiez les âmes défaillantes ! Oh ! béni soit
l'instant et le moment où Jésus nous laissa Son Coeur Très Miséricordieux ! 224. Souffrir sans se plaindre, consoler autrui et noyer ses propres souffrances dans le Cœur très saint de Jésus. Je passerai toutes mes heures libres auprès du Saint Sacrement. Aux pieds de Jésus je vais chercher lumière, consolation et force. Je vais témoigner au Seigneur une incessante reconnaissance pour sa grande miséricorde envers moi. Je n'oublierai jamais les bienfaits que le Seigneur m'a accordés, et surtout la grâce de la vocation… Je me cacherai parmi les Sœurs comme une petite violette entre les lis… Je veux
fleurir pour mon Créateur et mon Seigneur, m'oublier moi-même, m'anéantir
complètement au profit des âmes immortelles, voila ce qui fait mon délice. 225. Certains de mes avis Quant à la Sainte Confession : je vais choisir ce qui m'humilie et me coûte le
plus. Parfois un rien coûte davantage qu'une chose plus importante. A chaque
confession, je me rappellerai la Passion de Jésus et je veux ainsi susciter le
repentir dans mon cœur. Autant que possible, avec la grâce de Dieu, m'exercer
toujours à la contrition parfaite. J'y consacrerai davantage de temps. Avant de
m'approcher de confessionnal, j'entrerai d'abord dans le Cœur ouvert et très
miséricordieux de Jésus. Après la confession, j'éveillerai dans mon âme ma
profonde reconnaissance envers la Sainte Trinité, pour ce merveilleux et
inconcevable miracle de Miséricorde, qui s'opère en elle. Et plus mon âme est
misérable, plus je sens que l'océan de la Miséricorde divine me pénètre et me
donne force et vigueur. 226. Les règles contre lesquelles je suis le plus souvent fautive : rompre le silence, ne pas obéir au signal de la cloche, me mêler des affaires d'autrui. Je ferai mon possible pour m'en corriger. Je vais éviter les Sœurs qui murmurent et, si je ne peux pas les éviter, au moins je me tairai devant elles, pour montrer ainsi combien il est pénible de les écouter. Ne pas faire attention à l'opinion des autres, mais écouter sa propre conscience, pour savoir quel témoignage elle nous donne. Avoir Dieu pour témoin de toutes nos actions. Je vais me conduire ainsi maintenant et régler toutes mes affaires comme je voudrais me conduire et les régler au moment de la mort. C'est pourquoi je dois vivre constamment sous le regard de Dieu. Eviter les permissions présumées. Expliquer aux Supérieures les choses mineures, et si possible, en détail. Fidélité aux exercices, ne pas recourir facilement aux dispenses. En dehors du temps de la récréation, me taire. Eviter les plaisanteries et les bons mots qui provoquent le rire et rompent le silence. Accorder une grande importance aux plus minimes prescriptions : Ne pas me laisser absorber par le tourbillon du travail, mais savoir l'interrompre un instant pour regarder vers le ciel. Parler peu avec les gens - mais beaucoup avec Dieu. Eviter la familiarité. Ne pas tenir compte de ce qui est pour moi et qui est contre moi. Ne pas faire de confidence sur ce que j'ai enduré. Eviter de parler avec quelqu'un à haute voix pendant le travail. Garder la paix et l'équilibre dans les souffrances. Aux moments difficiles recourir aux Plaies de Jésus ; chercher en elles la
consolation, le soulagement, la lumière et la force. 227. Dans les épreuves, je vais tâcher de voir la main aimante de Dieu. Il n'y a
rien d'aussi durable que la souffrance : elle tient toujours fidèlement compagnie à
l'âme. Ô Jésus, je ne permettrai à personne de me devancer dans mon amour
pour Vous. 228. Jésus, caché dans le Saint Sacrement Jésus, caché dans le Saint Sacrement, Vous voyez qu'en prononçant mes vœux perpétuels, je sors aujourd'hui du noviciat. Vous connaissez ma faiblesse et ma petitesse. Eh bien ! Dès aujourd'hui je passe d'une manière toute particulière dans Votre noviciat. Je continue à être novice, mais Votre novice, Jésus, et Vous serez mon Maître jusqu'au dernier jour. Me tenant à Vos pieds, je vais chaque jour me mettre à Votre école. Je ne ferai pas la plus petite chose de moi-même, sans Vous avoir d'abord consulté comme mon Maître. Jésus, je suis si heureuse que Vous m'ayez attirée et agréée à Votre noviciat,
c'est-à-dire au tabernacle. En prononçant mes vœux, je ne suis pas une parfaite
religieuse - non, non ! Je continue à être une toute petite et faible novice de
Jésus et je vais tâcher d'acquérir la perfection, comme pendant les premiers
jours du noviciat. Et je vais m'efforcer d'avoir la même disposition d'âme que le
premier jour, quand la porte du cloître s'ouvrit pour moi. Avec la confiance et la
simplicité d'un petit enfant, je me rends aujourd'hui à Vous, Jésus mon Maître.
Je vous laisse la liberté complète de diriger mon âme. Conduisez-moi par les
voies que Vous voulez, je ne vais pas chercher à pénétrer Vos raisons !
Confiante, je vous suivrai ! Votre Cœur Miséricordieux peut tout ! La petite
novice de Jésus - Sœur Faustine. 229. Au commencement de la retraite Jésus me dit : « Pendant cette retraite Je vais, Moi-même, diriger ton âme. Je veux t'affermir dans la paix et l'amour. » Et ainsi passèrent les premiers jours. Le quatrième jour, des doutes commencèrent à me tourmenter. Ne suis-je pas dans une fausse paix. Soudain j'entendis ces paroles : « Ma fille, figure-toi que tu es la souveraine de toute la terre et que tu as le pouvoir de disposer de tout selon ton bon plaisir. Tu as tout pouvoir pour faire le bien. Quand soudain, un petit enfant frappe à ta porte. Il est tout tremblant, les larmes aux yeux, mais avec une grande confiance en ta bonté, il demande un morceau de pain pour ne pas mourir de faim. Comment agiras-tu envers cet enfant ? Réponds-Moi, ma fille !» Et j'ai dit : « Jésus, je lui donnerais tout ce qu'il demande et encore mille fois plus
» Et le Seigneur me dit : « J'agis de la même manière envers ton âme. Au cours
de cette retraite, Je t'accorde non seulement la paix, mais aussi une telle
disposition d'âme que, même si tu voulais t'inquiéter, tu ne le pourrais pas. Mon
amour s'est emparé de ton âme et Je veux que tu t'affermisses dans cet amour.
Approche ton oreille de Mon Cœur oublie tout et contemple Mon inconcevable
Miséricorde ! Ton amour te donnera la force et le courage, qui te sont
nécessaires dans ces affaires. » 230. Jésus, Vivante Hostie, Vous êtes une Mère pour moi, Vous êtes mon tout
! C'est avec simplicité et amour, avec foi et confiance que je viens à Vous, Jésus
! Je vais tout partager avec Vous, comme un enfant avec sa mère aimée, mes
joies et mes souffrances, en un mot, tout. 231. Quand je pense que Dieu s'unit à moi par les voeux, c'est-à-dire moi à Lui, personne n'est en état de concevoir ce que ressent mon âme. Déjà maintenant Dieu me donne la connaissance de toute l'immensité de l'amour dont Il m'aimait bien avant les siècles ; et moi je viens de commencer à L'aimer dans le temps. Son amour était grand, pur et désintéressé, et mon amour pour Lui provient de ce que je commence à Le connaître. Plus je Le connais, plus je L'aime et de plus en plus ardemment et fortement, et
mes actes deviennent de plus parfaits. Cependant quand je me souviens que,
dans quelques jours, je dis devenir un avec le Seigneur par les vœux perpétuels,
mon âme est inondée d'une joie inouïe, que je ne peux décrire. Depuis le
premier instant où je fis la connaissance du Seigneur, le regard de mon âme se
perdit en Lui pour l'éternité. A chaque fois que le Seigneur S'approche de moi et
que je Le connais plus profondément, un amour plus parfait grandit dans mon
âme. 232. Avant de me confesser j'ai entendu ces paroles : « Ma fille, dis-lui tout et
dévoile ton âme comme tu le fait avec Moi. N'aie peur de rien, c'est pour te
tranquilliser que Je place ce prêtre entre toi et Moi, et les paroles par lesquelles
il te répondra seront Mes paroles. Dévoile les choses les plus secrètes de ton
âme ! Je lui accorderai la lumière qui lui fera connaître ton âme. » 233. Quand je me suis approchée du confessionnal, j'ai ressenti dans mon âme une si grande facilité pour lui parler de tout, que plus tard, j'en fus moi-même très surprise. Ses réponses établirent une paix profonde dans mon âme. Ses paroles étaient, sont et resterons toujours des colonnes flamboyantes, qui ne cesseront d'éclairer mon âme dans son élan vers la plus haute sainteté. J'ai noté sur une autre page de ce cahier les indications que j'ai reçues du Père
Andrasz. 234. Après avoir fini cette confession, mon esprit s'anéantit en Dieu. Je restai en oraison pendant trois heures mais il me sembla que ce n'était que quelques minutes. Depuis lors je ne fais plus obstacle à la grâce qui agit dans mon âme. Jésus savais pourquoi j'avais peur des rapports intimes avec Lui, et cela ne L'a pas du tout offensé. Depuis que le confesseur m'a assuré que ce n'était pas une illusion mais la grâce de Dieu, je tâche d'être en tout fidèle à Dieu. Je vois maintenant qu'il y a peu de prêtres qui comprennent toute la profondeur de l'action divine dans l'âme. Depuis ce temps j'ai les ailes déployées pour voler et je désire planer dans le brasier même du soleil. Mon vol ne s'arrêtera que lorsque je reposerai en Dieu pour l'éternité. Si nous planons très haut, toutes les vapeurs, les brumes, les nuages se trouvent
sous nos pieds : c'est ainsi que tout notre être sensible doit être soumis à l'esprit. 235. Ô Jésus, je désire le salut des âmes, des âmes immortelles. C'est dans le
sacrifice que je donnerai libre cours à mon cœur, un sacrifice dont personne ne
se doutera. Et je vais m'anéantir et me consumer invisiblement dans les saintes
flammes de l'amour de Dieu. La présence divine m'aidera pour que mon
sacrifice soit parfait et pur. 236. Que les apparences sont trompeuses et les jugements injustes ! Que la
vertu souffre souvent seulement parce qu'elle est silencieuse ! Il faut beaucoup
d'abnégation pour avoir des relations sincères avec ceux qui vous piquent
incessamment. On sent que le sang diminue, mais on ne voit pas les blessures. Ô
Jésus, que de choses ne seront dévoilées qu'au dernier jour ! Quelle joie ! Rien
ne périra de nos efforts. 237. L'Heure Sainte. Pendant cette heure d'adoration j'ai perçu tout le gouffre
de ma misère. Ce que j'ai de bon en moi est tout à Vous, Seigneur. Mais parce
que je suis petite et misérable, j'ai le droit de compter sur Votre infinie
Miséricorde. 238. Le soir. Jésus, demain matin, je vais prononcer mes vœux perpétuels. J'ai prié tout le ciel et toute la terre et tous les êtres. Je les ai appelés pour qu'ils glorifient Dieu de cette grâce immense, inconcevable. Soudain, j'entendis ces paroles : « Ma fille, ton cœur est mon ciel. » Encore un moment de prière et puis il faut fuir. On nous chasse de partout, car pour demain on arrange la chapelle, le réfectoire, la salle et la cuisine et nous devons aller dormir. La joie m'a ôté le sommeil. Je pensais : « Qu'est ce qu'il y aura au Ciel, si déjà
ici, dans cet exil, Dieu comble mon âme de cette façon ? » 239. Prière, pendant la Sainte Messe, le jour des vœux perpétuels : je dépose
aujourd'hui mon coeur sur cette patène où repose votre cœur, et je m'offre
aujourd'hui, avec Vous à Dieu, Votre Père et le mien, en oblation d'amour et de
louanges. Père de Miséricorde, jetez un regard sur le sacrifice de mon cœur,
offert par la Plaie du Cœur de Jésus ! 1933 année, V . Première journée. L'union avec Jésus, le jour de mes vœux perpétuels. Jésus, Votre Cœur est ma propriété depuis aujourd'hui comme mon cœur est exclusivement Vôtre. La seule évocation de Votre Nom, Jésus, fait le délice de mon cœur. En vérité, je ne saurai vivre un seul moment sans Vous, Jésus. Aujourd'hui mon âme s'est fondue en Vous qui êtes mon unique trésor. Aucun obstacle n'empêchera mon amour d'en donner des preuves à mon Bien-Aimé. Les paroles de Jésus pendant les vœux perpétuels : « Mon épousée, nos cœurs sont unis pour tous les siècles. Rappelle-toi à Qui tu as fait tes vœux…. » Tout ne se peut dire. Ma demande. Pendant que nous étions étendues sous le drap noir. J'ai demandé au Seigneur qu'il m'accorde la grâce de ne jamais L'offenser, volontairement et sciemment par aucun péché, même le plus minime, par aucune imperfection. Jésus, je Vous aime de tout mon cœur ! Dans les moments les plus difficiles, Vous êtes ma Maman. Je meurs aujourd'hui complètement à moi-même par amour pour Vous, Jésus,
et je commence à vivre pour la plus grande gloire de Votre Saint nom ! L'amour. C'est par amour que je m'offre à Vous, Très Sainte Trinité, comme
une offrande de louange, un holocauste de complet anéantissement de soi. Par
cet anéantissement de moi-même, je désire que votre nom soit sanctifié,
Seigneur. Je me jette à Vos pieds, Seigneur, comme un tout petit bouton de
rose. Que le parfum de cette fleur ne soit connu que de Vous, Seigneur ! 240. Trois demandes au jour des vœux perpétuels. Je sais, Jésus, qu'aujourd'hui Vous ne me refuserez rien. La première demande. Jésus, mon Epoux Bien-Aimé , je prie pour le triomphe de l' Eglise , surtout en Russie et en Espagne. Bénissez le Saint Père Pie XI et tout le clergé. Je demande la grâce de la conversion pour tous les pécheurs endurcis, et une bénédiction particulière, et la lumière, pour tous les prêtres auxquels je vais me confesser durant ma vie. La deuxième demande. Je demande Votre bénédiction pour notre congrégation ; dotez-la d'un grand zèle ! Bénissez, Jésus, la Mère Générale, la Mère Maîtresse et tout le noviciat et toutes les Supérieure ! Bénissez mes parents bien-aimés ! Accordez, Jésus, Votre grâce à nos élèves ! Fortifiez-les puissamment dans Votre grâce, pour que celles qui quittent nos maisons ne Vous offensent plus par aucun péché ! Jésus, je prie pour ma Patrie, défendez-la contre les assauts de l'ennemi ! La troisième demande. Jésus, je Vous prie pour les âmes qui ont le plus besoin de prières. Je Vous prie pour les agonisants, Soyez miséricordieux envers eux ! Je Vous prie aussi pour la libération de toutes les âmes du Purgatoire ! Jésus, je Vous recommande particulièrement mes confesseurs, les personnes qui se sont recommandées à mes prières, une certaine personne…, le Père Andrasz , l'abbé Czaputa et ce prêtre dont j'ai fait la connaissance à Wilno, et qui doit être mon confesseur. Ensuite, telle âme…, tel prêtre, tel religieux, à qui, Vous le savez, Jésus, je dois tant. Jésus, en ce jour, Vous pouvez tout faire pour ceux pour lesquels je vous prie. Pour moi, Seigneur, je Vous le demande, transfigurez-moi complètement en Vous, maintenez-moi constamment dans un saint zèle pour Votre gloire, donnez-moi la grâce et la force d'esprit pour accomplir en tout Votre Sainte Volonté ! Je Vous remercie, mon Epoux bien-aimé, pour la dignité que Vous m'avez accordée. Et spécialement pour les armoiries royales que je reçois dès aujourd'hui, et que les Anges mêmes ne possèdent pas : la croix, le glaive et la couronne d'épines. Mais, ô mon Jésus, par-dessus tout, je Vous remercie pour Votre Cœur : Il va me suffire en tout. Marie, Très Sainte Mère de Dieu, ma Mère, Vous l'êtes maintenant, tout particulièrement, puisque Votre Fils bien-aimé est mon Epoux, nous sommes donc tous deux Vos enfants. Par égard pour Votre Fils, Vous devez m'aimer, Marie, ma Mère bien aimée, dirigez ma vie intérieure pour qu'elle soit agréable à Votre Fils ! Dieu Saint et Tout-Puissant, en ce moment où Vous me faites la grande grâce de m'unir à Vous pour l'éternité, moi, tout petit néant, je me jette à Vos pieds avec la plus profonde gratitude, comme une petite fleur inconnue ; et le parfum de cette fleur d'amour va s'élever chaque jour jusqu'à Votre trône. Dans les moments de combat et de souffrances, de ténèbres et d'orages, de
nostalgie et de tristesse, dans les moments de dure épreuve, dans les moments
où je ne serai comprise par aucune créature, et où je serai même condamnée et
dédaignée, je me souviendrai de ce jour de mes vœux perpétuels, jour
d'inconcevable grâce divine. 241 J.M.J. Résolutions particulières de la retraite 1933. V. I. L'amour du prochain. Premièrement : empressement envers les sœurs. Secondement : ne pas parler des absents et défendre la réputation du prochain. Troisièmement : se réjouir des réussites du prochain. 242. Ô Dieu, comme je désire être une petite enfant. Vous êtes mon père. Vous savez comme je suis petite et faible, je Vous supplie donc, gardez-moi près de Vous, dans tous les moments de ma vie et particulièrement à l'heure de la mort. Jésus, je sais que Votre bonté surpasse la bonté de la plus tendre mère. Je remercierai Jésus pour chaque humiliation, je prierai particulièrement pour la personne qui me donne l'occasion de m'humilier. Je vais m'anéantir au profit des âmes. Ne compter aucun sacrifice, m'étendant sous les pieds des Sœurs comme un tapis sur lequel elles peuvent, non seulement marcher, mais aussi s'essuyer les pieds. Ma place est sous les pieds des Sœurs. Je tâcherai de mettre ceci en pratique de façon imperceptible pour l'œil humain. Il suffit que Dieu le voie. Le jour gris et quotidien a déjà recommencé. Les instants solennels des vœux
perpétuels sont passés, mais cette grande grâce de Dieu demeure en mon âme.
Je sens que je suis toute à Dieu, je sais que je suis Son enfant. Je sens que je
suis toute entière propriété de Dieu. J'expérimente ceci même de façon physique
et sensible. Je suis parfaitement tranquille en tout, car je sais que c'est l'affaire de
l' Epoux de penser à moi. Je ne me soucie plus du tout de moi-même. Ma
confiance dans son Cœur très Miséricordieux est sans bornes. Je Lui suis
continuellement unie. Il me semble que Jésus ne pourrait pas être heureux sans
moi, ni moi sans Lui. Je comprends bien cependant qu'étant Dieu Il est heureux
en Lui-même et qu'Il n'a besoin d'absolument aucune créature. Mais sa bonté le
contraint à Se communiquer à Sa créature, et cela avec une inconcevable
générosité. 245. Mon Jésus, je vais faire des efforts maintenant, pour l'honneur et la gloire de Votre Nom, combattant jusqu'au jour où Vous Seul me direz : Assez ! Je vais tâcher de secourir chacune des âmes que Vous m'avez confiée, je vais tâcher de les secourir par la prière et le sacrifice, pour que votre grâce puisse agir en elles. Ô grand amant des âmes, mon Jésus, je vous remercie pour cette grande confiance avec laquelle Vous avez daigné confier ces âmes à notre protection ! Jours de travail et de routine, vous n'êtes pas du tout monotones, car chaque
moment m'apporte de nouvelles grâces et la possibilité de bien faire. 246. 25.III.1933. Les permissions mensuelles En passant, entrer à la chapelle. Prier aux moments libres. Accepter peu de choses, donner, prêter. Pour le deuxième petit déjeuner et goûter. Parfois je ne pourrai participer à la récréation. Je ne pourrai pas toujours assister aux exercices communs. Je ne pourrai pas toujours réciter en commun les prières du soir et du matin. Parfois rester un moment à mes devoirs après neuf heures. Parfois faire les exercices après neuf heures. Ecrire ou noter quelque chose quand j'aurai un moment. Téléphoner. Sortir de la maison. Entrer à l'église lorsque je suis en ville. Rendre visite aux Sœurs malades. Entrer dans la cellule d'une autre Sœur en cas de besoin. Boire parfois un peu d'eau, en dehors du temps prescrit. Petites mortifications Réciter le chapelet à la Miséricorde Divine les bras en croix. Le samedi, une partie du rosaire, les bras en croix. Parfois réciter une prière, prosternée. Jeudi, l'Heure Sainte. Vendredi quelques plus grandes mortifications pour les pécheurs agonisants. 247. Jésus, ami du cœur solitaire, Vous êtes mon port, Vous êtes ma paix, Vous
êtes mon seul secours. Vous êtes le calme dans mes combats et dans mes
doutes. Vous êtes le lumineux rayon qui éclaire la route de ma vie. Vous êtes
tout pour l'âme solitaire. Vous comprenez l'âme, même quand elle se tait. Vous
connaissez nos faiblesses comme un bon médecin. Vous consolez et soignez,
ménageant les souffrances, parce que Vous nous connaissez bien. 248. Les paroles que Monseigneur l' Evêque, prononça pendant la cérémonie
des vœux perpétuels : « Acceptez ce cierge en signe de la lumière céleste et de
l'amour enflammé. » Donnant l'anneau : « Je vous unis à Jésus-Christ, le Fils du
Père, du Très Haut, qu'Il vous garde sans tache ! Recevez cet anneau en signe
de l'éternelle alliance que vous contractez avec le Christ, Epoux des Vierges.
Qu'Il soit pour vous l' Anneau de la foi, le signe de l' Esprit- Saint , pour que
vous vous appeliez épouse du Christ, et que vous soyez couronnée pour
l'éternité, si vous Le servez fidèlement ! » 249. Ô Jésus, j'ai confiance en Vous, j'ai confiance en Votre inépuisable
Miséricorde, Vous êtes ma Maman ! 250. Cette année 1933 est particulièrement solennelle pour moi, car en cette
année du Jubilé de la Passion du Seigneur, j'ai prononcé mes vœux perpétuels.
J'ai déposé mon offrande, tout particulièrement avec l' Offrande de Jésus
Crucifié, pour être par là-même plus agréable à Dieu. Je réalise toutes mes
actions avec Jésus, par Jésus, en Jésus. 251. Après les vœux perpétuels, je restai encore tout le mois de mai à Cracovie. Je devais aller soit à Rabka, soit à Wilno. Un jour la Mère Générale me demanda : « Eh bien ! ma Sœur, Vous restez tranquille et Vous ne Vous disposez à partir nulle part » ? Je répondis : « Je veux la volonté de Dieu à l'état pur. Où Vous m'ordonnerez d'aller, petite Mère, là je saurai que c'est la pure volonté de Dieu, sans aucune addition de ma part. » « Très bien ! » me répondit-elle. Le lendemain, la Mère Générale m'appela et me dit : « Vous vouliez, ma Sœur,
avoir la volonté de Dieu à l'état pur. Eh bien, vous partirez pour Wilno. » J'ai
remercié et j'attendis le jour de mon départ. Cependant une certaine joie mêlée
de peur remplit mon âme. Je sentais que Dieu me préparait là bas de grandes
grâces, mais aussi de grandes souffrances. Mais je suis restée à Cracovie
jusqu'au 27 mai. Je n'avais pas d'emploi stable, j'allais seulement aider au jardin
et, comme je travaillais seule, j'ai pu, pendant tout un mois, faire les exercices de
Saint Ignace, bien qu'assistant à la récréation commune. J'ai obtenu pendant ce
temps beaucoup de lumières divines. 252 .Quatre jours ont passé depuis mes vœux perpétuels. Je tâchais de faire l' Heure Sainte. C'était le premier jeudi du mois. Dès que je suis rentrée dans la chapelle, je fus envahie jusqu'au plus profond de moi-même par la présence de Dieu. Je sentais nettement que le Seigneur était près de moi. Après un moment je vis le Seigneur, tout couvert de plaies. Il me dit : « Vois, Celui que tu as épousé. » J'ai compris la signification de ces mots, et je répondis à Jésus : « Je vous aime plus, en vous voyant ainsi blessé et anéanti, que si je Vous voyais dans Votre Majesté. » Jésus demanda « Pourquoi ? » Je répondis : « Une grande Majesté me fait peur, à moi, le petit néant que je suis tandis que Vos Plaies m'attirent vers Votre Cœur et me parlent de Votre grand amour pour moi. » Un silence régna après cette conversation. Je fixais mes yeux sur Ses Saintes
Plaies, et je me sentais heureuse de souffrir avec Lui. Souffrant ainsi, je ne
souffrais pas, car je me sentais heureuse en reconnaissant la profondeur de Son
amour, et cette heure passa comme une minute. 253. Ne jamais juger personne, avoir un regard indulgent pour les autres et,
pour soi-même, un regard sévère. Tout rapporter à Dieu et, me montrer à mes
propres yeux, telle que je suis, c'est-à-dire la plus grande misère et le néant.
Garder la patience et la tranquillité dans les souffrances, sachant que tout passe
avec le temps. 252. Il ne faut pas parler des moments que j'ai vécus pendant les vœux perpétuels. Je suis en Lui, et Lui en moi. Au moment où Monseigneur l' Evêque mettait
l'anneau à mon doigt, Dieu envahit tout mon être. Je ne sais l'exprimer, je passe
donc ce moment sous silence. Mes rapports avec Dieu sont, depuis ces vœux
perpétuels, si étroits que je n'en ai jamais connus de tels auparavant. Je sens que
j'aime Dieu et que Lui m'aime. Mon âme ayant goûté Dieu, ne saurais plus vivre
sans Lui. Une heure passée au pied de l'autel, dans la plus grande sécheresse de
l'âme, m'est plus agréable que cent ans de délices mondains. J'aime mieux être
au couvent un souffre-douleur insignifiant, que reine dans le monde. 255. Je vais cacher aux yeux des hommes ce que je pourrais faire de bien, pour
que Dieu seul soit ma récompense. Comme la petite violette cachée dans l'herbe
ne blesse pas le pied qui la foule, mais exhale son parfum, ainsi, m'oubliant
moi-même, je tâcherai de faire plaisir à la personne qui m'a foulée aux pieds.
C'est très dur pour la nature, mais la grâce de Dieu me vient en aide. 256. Merci, Jésus, pour cette grande grâce de m'avoir permis de mesurer tout
l'abîme de ma misère. Je sais que je suis un gouffre de néant et, si Votre grâce
ne me soutenait pas, je retournerais en un instant au néant. C'est donc par
chaque battement de mon cœur que je Vous remercie, mon Dieu, pour Votre
grande miséricorde envers moi. 257. Demain je dois partir pour Wilno. Je suis allée me confesser au Père Andrasz , ce prêtre qui est tellement habité par l'esprit de Dieu. Il a délié mes ailes pour me permettre de voler sur les hauteurs les plus élevées. Il m'a tranquillisée en toutes choses et m'ordonne de croire en la Providence. « Ayez confiance, avancez courageusement. » Une singulière puissance divine fut mon partage après cette confession. Le Père a insisté pour que je sois fidèle à la grâce divine. Et il m'a dit : « Rien ne
vous arrivera de mal si, à l'avenir, vous gardez la même simplicité et la même
obéissance. Ayez confiance en Dieu, vous êtes dans la bonne voie et en bonnes
mains : dans les Mains de Dieu. » 258. Le soir, je suis restée un peu plus longtemps à la chapelle. Je causais avec Jésus à propos de… Encouragée par sa bonté, j'ai dit : « Jésus, Vous m'avez donné ce Père qui m'a comprise dans mes inspirations ; et de nouveau, Vous me prenez. Que ferai-je à Wilno ? Je n'y connais personne, même le langage de là-bas m'est étranger. » Et le Seigneur m'a dit : « N'aie pas peur, je ne te laisserai pas seule. » Mon âme s'abîma alors dans la louange, pour toutes les grâces que Dieu m'a accordées par l'intermédiaire du Père Andrasz. Tout à coup, je me suis rappelée cette vision, dans laquelle j'avais vu un prêtre
entre le confessionnal et l'autel. J'ai confiance que je ferai un jour sa
connaissance, et les mots que j'avais entendus alors résonnèrent vivement à mes
oreilles : « Il t'aidera à faire Ma volonté sur terre. » 259. Aujourd'hui, le 27 mai 1933, je pars pour Wilno. Quand je suis sortie de la
maison, j'ai regardé le jardin, la maison, et lorsque mon regard s'arrêta, les
larmes jaillirent soudain de mes yeux. Je me suis souvenue de tous les bienfaits
et grâces que le Seigneur m'avait accordés. Subitement, d'une manière
inattendue, j'aperçus, près de la plate-bande, le Seigneur qui me dit : « Ne
pleure pas, Je suis toujours avec toi ! » La présence de Dieu, qui m'enveloppa
quand Jésus parlait, dura pendant tout le voyage. 260. J'avais la permission d'entrer dans le sanctuaire, en passant à Czestochowa. C'était la première fois que je voyais l'icône de la Mère de Dieu. A mon arrivée, à cinq heures, on dévoilait l'image. Je priai sans interruption jusqu'à onze heures, et il me semblait que je venais d'entrer. La Mère Supérieure de là-bas envoya une Sœur me chercher pour que j'aille déjeuner. Elle s'affligeait de ce que j'allais manquer mon train. La Mère de Dieu m'a
beaucoup parlé. Je lui ai renouvelé mes vœux perpétuels, je sentais que j'étais
son enfant et qu'elle était ma Mère. Elle ne m'a rien refusé de ce que je lui ai
demandé. 261. Je suis arrivée à Wilno. Le couvent est constitué de petites cabanes
dispersées. Cela semble étrange en comparaison des grands bâtiments de
Jozefow. Il n'y a que dix-huit Sœurs. La maison est petite, mais la vie commune
est admirable. Toutes les Sœurs m'accueillirent très affectueusement. Ce fut pour
moi un grand encouragement pour endurer les fatigues qui m'attendaient. Sœur
Justyna a même nettoyé le plancher pour mon arrivée. 262. Quand je suis allée à la Bénédiction, Jésus m'éclaira sur la façon dont je devais me comporter avec certaines personnes. Je me suis serrée de toutes mes forces contre le Très Doux Cœur de Jésus,
lorsque je vis combien je serais exposée extérieurement à la dissipation puisque
l'emploi que je vais avoir ici, au jardin, me forcera à avoir des relations avec des
personnes laïques. 263. La semaine de la confession arriva et, à ma grande joie, j'aperçus ce prêtre que je connaissais déjà avant de venir à Wilno . Je le connaissais pour l'avoir vu en vision. J'entendis à ce moment ces paroles dans mon âme : « Voila Mon fidèle serviteur, il t'aidera à accomplir Ma Volonté sur terre. » Mais je ne me fis pas connaître à lui, comme le Seigneur le désirait. Pendant quelques temps, je résistai à la grâce. A chaque confession, la grâce divine me pénétrait singulièrement. Cependant je ne dévoilais pas mon âme à ce prêtre et me proposai de ne plus me confesser à lui. Dès que j'eus pris cette décision, mon âme fut en proie à une terrible inquiétude. Dieu me réprimandait bien fort. Quand, enfin, j'ai dévoilé toute mon âme à ce prêtre, Jésus y versa une surabondance de grâces. Je comprends maintenant, ce qu'est la fidélité à une grâce particulière : elle attire toute une série d'autres grâces. 264. Ô mon Jésus, gardez-moi près de Vous, voyez comme je suis faible. Seule
je ne puis faire un seul pas en avant ! Vous donc, Jésus, devez être
constamment avec moi, comme une mère auprès d'un faible enfant, et plus
encore. 265. Les jours de travail, de combat et de souffrances ont commencé. La vie
religieuse va son train. On est toujours novice, on doit apprendre beaucoup de
choses et les connaître. La règle est la même. Malgré cela chaque maison à ses
habitudes, donc chaque changement est un tout petit noviciat. 266. 5.VIII.1933. La fête de Notre-Dame de la Miséricorde. Aujourd'hui j'ai reçu une grande grâce, purement intérieure, pour laquelle je suis
reconnaissante à Dieu dans cette vie et pour l'éternité… 267. Jésus m'a dit que je Lui serai le plus agréable lorsque je méditerai Sa
Douloureuse Passion, et que cette méditation ferait descendre sur mon âme de
nombreuses lumières. Que celui qui veut apprendre la véritable humilité
considère la Passion de Jésus. J'ai une claire conception de beaucoup de choses
que je ne pouvais comprendre d'abord. Je veux être semblable à Vous, Jésus, à
Vous crucifié et humilié. Jésus, que Votre humilité se reflète dans mon âme et
dans mon Cœur ! Je Vous aime, Jésus, à la folie, Vous, anéanti, tel que le
prophète Vous montre, lorsqu'il dit ne plus pouvoir discerner en Vous l'être
humain, si grandes étaient Vos douleurs. C'est dans cet état que je vous aime,
Jésus, à la folie. Qu'a fait de vous l'amour, Dieu éternel et infini ?... 268. 11.X.1933. Jeudi je tâchais de faire l' Heure Sainte, mais j'ai eu beaucoup de peine à la commencer. Une certaine langueur commença à me pénétrer le cœur. Mon esprit s'assombrit tellement que je ne pouvais comprendre les plus simples formules de prière. Ainsi passa une heure d'oraison ou plutôt de combat. Je résolus de prier une seconde heure, mais les souffrances intérieures grandissaient; grande sécheresse et découragement. Je résolus de prier une troisième heure. Pendant cette troisième heure, que j'ai décidé de faire à genoux, sans aucun appui, mon corps commença à réclamer un peu de relâche… Mais je ne lui ai rien accordé. J'ai étendu les bras et, sans un mot, je persistai par un acte de volonté. Après un moment, j'ai ôté l'anneau de mon doigt et j'ai demandé à Jésus de regarder ce signe de notre éternelle union. J'ai offert à Jésus les sentiments que j'avais le jour des vœux perpétuels. Après un moment j'ai senti qu'une vague d'amour commençait à envahir mon cœur. Puis l'esprit soudain recueilli, les sens silencieux, la présence de Dieu m'enveloppa. Je sais seulement que Jésus est là. Je Le vis à nouveau tel que je L'avais vu, immédiatement après mes vœux perpétuels, pendant l' Heure Sainte. Là aussi, Jésus se tint soudain devant moi, dépouillé de ses vêtements, le Corps couvert de plaies, les yeux noyés de sang et de larmes, le Visage défiguré et couvert de crachats. Alors le Seigneur me dit : « L'épouse doit être semblable à son époux. » J'ai compris ces paroles à fond. Il n'y a pas l'ombre d'un doute ici. Ma ressemblance avec Jésus doit passer par la souffrance et par l'humilité. « Vois ce qu'a fait de Moi Mon amour, Ma fille. Dans ton cœur Je trouve tout ce que Me refuse un grand nombre d'âmes. Ton cœur est un repos pour Moi, Je te réserve souvent de grandes grâces pour la fin de l'oraison. » Une fois, ayant fini une neuvaine au Saint-Esprit à l'intention de mon confesseur,
le Seigneur me répondit ainsi : « Je te l'ai dit bien avant que tes Supérieures ne
t'envoient ici : J'agirai envers toi comme tu agiras envers ton confesseur. Si tu lui
caches quelque chose, serait-ce même la plus petite grâce, Moi aussi, Je me
cacherai de toi et tu resteras seule. » Je me conformai donc au désir de Dieu et
une profonde paix régna dans mon âme. Je comprends maintenant comment
Dieu défend les confesseurs et comment il prend leur parti. 270. Conseil de l' Abbé Sopocko « Sans humilité, nous ne pouvons plaire à Dieu. Exercez-vous au troisième degré
d'humilité. C'est-à-dire que, non seulement il ne faut pas s'expliquer ni se justifier
quand on nous reproche quelque chose, mais se réjouir de l'humiliation. Si ces
choses dont vous me parlez viennent vraiment de Dieu, alors préparez votre
âme à de grandes souffrances. Vous rencontrerez la désapprobation, la
persécution ; vous passerez pour une hystérique, une toquée, mais Dieu vous
comblera de Ses grâces. Les véritables œuvres de Dieu rencontrent toujours
des difficultés, et sont marquées du sceau de la souffrance. Si Dieu veut mener
quelque chose à bonne fin, tôt ou tard, Il y arrivera malgré les difficultés. Et
vous, en attendant, armez-vous d'une grande patience. » 271. Lorsque l'abbé Sopocko partit pour la Terre Sainte, le Père Dabrowski, S.J., confessa la Communauté. Pendant une des confessions, il me demanda si j'étais consciente de la grandeur de la vie de mon âme. J'ai répondu que j'en étais consciente et que je savais ce qui se passait en moi. A quoi le Père répondit : « Il ne vous est pas permis, ma Sœur, de détruire ni de changer quoi que ce soit dans votre âme, de vous-même. Le bonheur et la grâce d'une vie intérieure de grande élévation ne sont pas visibles dans chaque âme, comme ils le sont chez vous, ma Sœur. Faites attention de ne pas gaspiller de si grandes grâces divines, une grande… »-ici, Sœur Faustine a interrompu sa pensée. 272. Cependant, ce Père m'a d'abord exposée à beaucoup d'épreuves. Quand je lui avais dit que ce que le Seigneur exigeait de moi, il s'était moqué de moi et il m'avait dit de venir me confesser à huit heures du soir. Quand je suis venue à huit heures, un Frère fermait déjà l'église. Lorsque je lui ai dit qu'il fasse savoir au Père que j'étais là, ainsi qu'il me l'avait ordonné, le brave Frère y est allé. Le Père me fit répondre que les Pères ne confessaient plus à cette heure là. Je
suis rentrée à la maison, les mains vides et j'ai cessé de me confesser à lui. Mais
j'ai fait une heure d'adoration et certaines mortifications pour lui obtenir la
lumière de Dieu, afin qu'il connaisse les âmes. Lorsque l'abbé Sopocko, partit et
qu'il le remplaça, je fus forcée de me confesser à lui. Et bien qu'auparavant il
n'ait pas voulu me croire, maintenant, il m'engageait à une grande fidélité envers
ces inspirations intérieures. Dieu permet parfois cela ; qu'Il soit loué en tout ! Il
faut cependant une grande grâce pour ne pas chanceler. 273. Retraite annuelle 10.1.1934. Mon Jésus, de nouveau approche le moment où je resterai en tête-à-tête avec
Vous. Jésus, de tout mon cœur je Vous prie de me faire connaître ce qui ne
Vous plait pas en moi. Et, en même temps, faites-moi connaître ce que je dois
faire pour Vous être plus agréable. Ne me refusez pas cette grâce et restez avec
moi. Je sais que sans Vous, mes efforts ne conduiraient pas à grand-chose. Oh !
Comme je me réjouis de Votre grandeur, Seigneur. Plus je Vous connais et plus
je Vous désire ardemment et soupire après Vous. 274. Jésus m'a accordé la grâce de me connaître moi-même. Dans cette lumière divine j'ai vu mon défaut dominant : c'est l'orgueil qui a pris la forme du repliement sur moi-même, et du manque de simplicité envers la Mère Supérieure. La seconde lumière concerne la parole : Il m'arrive de trop parler. Je passe trop de temps à régler des affaires pour lesquelles deux ou trois mots suffiraient. Et Jésus voudrait que je passe ce temps à réciter de petites prières pour les âmes souffrantes du Purgatoire. Et le Seigneur dit que chaque mot sera pesé au jour du jugement. La troisième lumière concerne notre règlement. J'évite trop peu les occasions qui mènent à l'enfreindre, surtout la règle du silence. Désormais, j'agirai comme si la règle n'était écrite que pour moi. La façon dont les autres agissent ne me regarde pas, pourvu que moi j'agisse comme Dieu le désire. Résolution. Quand il s'agit de choses extérieures, j'irai immédiatement dire aux
Supérieures tout ce que Jésus exige de moi. Et dans mes relations avec la
Supérieure, je tâcherai d'être franche et sincère comme un enfant. 275. Jésus aime les âmes cachées. La fleur cachée renferme le plus de parfum.
M'efforcer de créer à l'intérieur de mon âme un endroit retiré pour le Cœur de
Jésus. Dans les moments pénibles et douloureux, je fredonnerai pour Vous Ô
mon Créateur, un hymne de confiance. Car le gouffre de ma confiance envers
Vous, envers Votre Miséricorde, est sans bornes. 276. Depuis que je me suis mise à aimer la souffrance, elle a cessé d'être
souffrance. C'est la nourriture quotidienne de mon âme. 277. Je n'irai pas parler avec telle personne, car je sais que cela déplait à Jésus,
et elle n'en tire aucun profit. 278. Aux pieds du Seigneur. Jésus caché, Amour éternel, notre vie, Vous oubliant Vous-même, Vous ne voyez que nous. Avant de créer le ciel et la terre, Vous nous portiez déjà dans Votre Cœur. Ô Amour, ô profondeur de votre abaissement, ô mystère du bonheur, pourquoi si peu d'âmes Vous connaissent-elles ? Pourquoi ne trouvez-Vous pas de réciprocité ? Ô Divin Amour, pourquoi cachez-Vous Votre beauté ? Ô Inconcevable et Infini, plus je Vous connais, moins je Vous comprends. Mais parce que je ne puis Vous comprendre, je conçois mieux Votre grandeur. Je n'envie pas leur feu aux Séraphins, car un don plus grand est déposé en mon coeur. En extase, eux Vous admirent, mais Votre Sang s'unit au mien. L'Amour , c'est le ciel qui nous est déjà donné ici sur la terre. Oh ! pourquoi Vous cachez-Vous dans la foi ? L'Amour déchire le voile. Il n'y a pas de voile. Il n'y a pas de voile devant le regard de mon âme. Car Vous-même, Vous m'avez attirée au sein du mystérieux amour, pour l'éternité. Gloire et louange à Vous, ô Indivisible Trinité, Dieu unique pour tous les siècles !
Partie 278 Jésus m'a accordé la grâce de me connaître moi-même. Dans cette lumière
divine j'ai vu mon défaut dominant : c'est l'orgueil qui a pris la forme du
repliement sur moi-même, et du manque de simplicité envers la Mère
Supérieure. La seconde lumière concerne la parole. Il m'arrive de trop parler. Je passe trop
de temps à régler des affaires pour lesquelles deux ou trois mots suffiraient. Et
Jésus voudrait que je passe ce temps à réciter de petites prières pour les âmes
souffrantes du purgatoire. Et le Seigneur dit que chaque mot sera pesé au jour
du jugement. La troisième lumière concerne notre règlement. J'évite trop peu les occasions qui
mènent à l'enfreindre, surtout la règle du silence. Désormais, j'agirai comme si la
règle n'était écrire que pour moi. La façon dont les autres agissent ne me
regarde pas, pourvu que moi j'agisse comme Dieu le désire. Résolution . Quand il s'agit de choses extérieures, j'irai immédiatement dire aux
Supérieures tout ce que Jésus exige de moi. Et dans mes relations avec ka
Supérieure, je tacherai d'être franche et sincère comme un enfant. 275.Jésus aime les âmes cachées. La fleur cachée renferme le plus de parfum. M'efforcer de créer à l'intérieur de mon âme un endroit retiré pour le cœur de Jésus. Dans les moments pénibles et douloureux, je fredonnerai pour Vous, ô mon Créateur, un hymne de confiance. Car le gouffre de ma confiance envers Vous, envers Votre Miséricorde, est sans borne. 276.Depuis que je me suis mise à aimer la souffrance, elle a cessé d'être souffrance. C'est la nourriture quotidienne de mon âme. 277.Je n'irai pas parler avec telle personne, car je sais que cela déplaît à Jésus, et elle n'en tire aucun profit. 278.Aux pieds du Seigneur. Jésus caché, Amour éternel, notre vie, Vous oubliant Vous-même, Vous ne voyez que nous. Avant de créer le ciel et la terre, Vous nous portiez déjà dans Votre Cœur. O Amour, ô profondeur de Votre abaissement, ô mystère du bonheur, pourquoi si peu d'âmes Vous connaissent-elles ? Pourquoi ne trouvez-Vous pas de réciprocité ? O Divin Amour, pourquoi cachez-Vous votre beauté ? O Inconcevable et Infini, plus je Vous connais, moins je Vous comprends. Mais parce que je ne puis Vous comprendre, je conçois mieux Votre grandeur. Je n'envie pas leur feu aux Séraphins, car un don plus grand est déposé en mon cœur. En extase, eux Vous admirent, mais Votre Sang s'unit au mien. L'amour c'est le ciel qui nous est déjà donné ici sur la terre. Oh ! pourquoi Vous cachez-Vous dans la foi ? L' Amour déchire le voile. Il n'y a pas de voile devant le regard de mon âme. Car Vous-même m'avez attirée au sein du mystérieux amour pour l'éternité. Gloire et louange à Vous, ô indivisible Trinité, Dieu unique pour tous les siècles ! 279. Dieu m'a fait comprendre en quoi consiste l'amour et Il m'a accordé la lumière pour que je sache comment je dois Lui témoigner en pratique. Le véritable amour de Dieu consiste à accomplir la volonté divine. Pour
manifester l'amour de Dieu dans nos actions, il faut que toutes, même les plus
petites, découlent de notre amour pour Dieu. Et le Seigneur me dit : " Mon
enfant, tu Me plais davantage par la souffrance. Dans les souffrances physiques,
comme dans les souffrances morales. Ne cherche pas, Ma fille, de compassion
auprès des créatures. Je veux que le parfum de tes souffrances soit pur et sans
mélange. J'exige que tu te détaches, non seulement des créatures, mais aussi de
toi-même. Ma fille, Je veux Me désaltérer à l'amour de ton cœur, un amour pur,
virginal, immaculé et sans aucune éclipse. Plus tu aimeras la souffrance, Ma fille,
plus pur sera ton amour envers Moi. " 280.Jésus me donne l'ordre de célébrer la fête de la Miséricorde Divine, le
premier dimanche après Pâques. Avec un grand recueillement intérieur, portant
la ceinture pendant, en guise de mortification extérieure, je n'ai cessé de prier
pour les pécheurs, et pour obtenir la miséricorde divine dans le monde entier.
Alors Jésus me dit : " Mon regard repose aujourd'hui avec plaisir sur cette
maison. " 281.Je sens bien que ma mission ne finira pas à ma mort, mais qu'elle
commencera alors. O vous, âmes qui doutez, j'écarterai pour vous le voile qui
vous cache le Ciel, afin de vous convaincre de la bonté de Dieu, pour que votre
incrédulité ne blesse plus le doux Cœur de Jésus. Dieu est Amour et
Miséricorde. 282.Une fois le Seigneur me dit : " Mon Cœur s'est ému d'une grande
miséricorde envers toi, Mon enfant très chère, quand Je t'ai vu réduite en
lambeaux à cause de la grande douleur que tu as endurée, en te repentant de tes
péchés. Je vois ton amour si pur et si sincère que Je te donne la primauté entre
les vierges. Tu es l'honneur et la gloire de Ma Passion. Je vois chaque
abaissement de ton âme, et rien n'échappe à Mon attention. J'élève les humbles
jusqu'à Mon trône, car Je le veux ainsi. " 283.Dieu unique en la sainte Trinité Je désire vous aimer plus que personne ne vous a jamais aimé. Et malgré ma
misère et ma petitesse, j'ai ancré ma confiance à une grande profondeur dans le
gouffre de Votre miséricorde, mon Dieu et mon Créateur ! Malgré ma grande
misère, je n'ai peur de rien, mais je garde l'espoir de chanter éternellement mon
chant de louange. Que nulle âme ne doute, même si elle est la plus misérable, et
tant qu'elle est en vie, de pouvoir devenir une grande sainte. Car grande est la
puissance de la grâce divine. C'est à nous de ne pas résister à l'action divine. 284.O Jésus, si je pouvais devenir un brouillard devant Vous pour couvrir la
terre, afin que Votre regard n'en voit pas les horribles crimes ! Jésus, lorsque je
regarde le monde et son indifférence envers Vous, cela fait jaillir les larmes de
mes yeux, mais quand je vois la froideur chez une âme religieuse, alors mon
cœur saigne. 285.1934. Un jour en arrivant dans ma cellule, j'étais si fatiguée que j'ai du me
reposer un instant avant de me déshabiller. Lorsque je fus déshabillée, une des
Sœurs vint me demander de lui apporter de l'eau chaude. Malgré ma fatigue, je
m'habillai rapidement et lui apportai l'eau quelle désirait, bien qu'il y eu une
bonne distance entre la cuisine, et qu'on eût de la boue jusqu'au chevilles. En rentrant dans ma cellule, j'aperçus le ciboire avec le Saint sacrement et
j'entendis : " Prends ce ciboire et transporte-le au Tabernacle. " J'hésitai un
moment, mais lorsque je me suis approchée et que j'ai touché le ciboire,
j'entendis ces mots : " Approche-toi de chacune des Sœurs, avec le même
amour que tu as pour Moi, et tout ce que tu leur fais, fais-le pour Moi. " Après
un instant je m'aperçus que j'étais seule. 286.Un jour, après une adoration faite à l'intention de notre Patrie, une douleur
m'enserra l'âme, et je me mis à prier ainsi : " Très Miséricordieux Jésus, je vous
supplie de bénir ma Patrie. Je vous le demande par l'intercession de Vos Saints,
et surtout de Votre Très Aimable Mère, qui Vous a élevé depuis Votre Enfance.
Jésus, ne regardez pas nos péchés, mais les larmes des petits enfants, la faim et
le froid dont ils souffrent. Jésus, à cause de ces êtres innocents, accordez-moi la
grâce que je vous demande pour ma Patrie. " A ce moment, je vis Jésus, les
yeux pleins de larmes, qui me dit : " Vois, Ma fille, comme j'ai pitié d'eux. Sache
que ce sont eux qui maintiennent le monde. " 287.Mon Jésus, lorsque j'observe la vie des âmes, je vois que beaucoup Vous
servent avec défiance. Et à certains moments surtout, lorsqu'elles en ont
l'occasion de montrer leur amour envers Dieu, comme elles quittent alors le
champ de bataille ! Et Jésus me dit à ce moment ; " Veux-tu toi aussi, mon
enfant, agir ainsi ? " - J'ai répondu : " Oh ! non, non Jésus, je ne déserterai pas le
champ de bataille. Quand même une sueur mortelle inonderait mon front, ma
main ne lâchera pas le glaive, jusqu'à ce que je repose aux pieds de la Sainte
Trinité. " Quoi que je fasse, je ne compte pas sur mes forces, mais sur la grâce
de Dieu. Avec la grâce de Dieu l'âme peut triompher des plus grandes
difficultés. 288.Une fois je parlai très longtemps avec Jésus de nos élèves ; encouragée par
Sa bonté, j'ai demandé : " Avez-Vous parmi nos élèves parmi nos élèves des
âmes qui pourraient être une consolation pour Votre Cœur ? " - Le Seigneur me
répondit : " Il y en a mais leur amour est faible, c'est pourquoi Je les mets sous ta
protection particulière, prie pour elles. " O grand Dieu, j'admire Votre bonté. Vous ^tes le seigneur des armées célestes,
et Vous Vous abaissez jusqu'à la plus misérable créature. Oh ! comme je désire
Vous aimer ardemment par chaque battement de mon cœur. L'étendue de la
terre ne me suffit pas, le ciel est trop petit, les espaces ne sont rien, Vous seul
me suffisez, Dieu Eternel ! Vous seul pouvez remplir la profondeur de mon âme. 289.Mes heures les plus heureuses sont celles où je reste en tête-à-tête avec
mon Seigneur. Pendant ces moments je découvre la grandeur de Dieu et ma
propre misère. Une autre fois, Jésus me dit : " Ne t'étonne pas d'être plus d'une fois injustement
soupçonnée. C'est Moi qui le premier ai bu ce calice des souffrances injustes,
par amour pour toi. " 290.Un jour que j'étais impressionnée par l'éternité et ses mystères, mon âme
commença à se troubler. Comme je continuais ma méditation pendant un
moment, diverses incertitudes commencèrent à me tourmenter. Soudain Jésus
me dit : " Mon enfant, n'aie pas peur de la maison de ton Père. Laisse les vaines
recherches aux sages de ce monde. Je veux te voir toujours petit enfant.
Demande tout avec simplicité à ton confesseur, Je te répondrai par sa bouche. " 291.Une fois, je fis la connaissance d'une personne qui avait l'intention de
commettre un péché mortel. J'ai alors prié le Seigneur de m'envoyer les plus
grands tourments pour que cette âme soit sauvée. Tout à coup je sentis les cruelles douleurs de la couronne d'épine sur ma tête.
Cela dura assez longtemps, mais cette personne conserva la grâce de Dieu. O mon Jésus, comme il est facile de se sanctifier, il faut seulement un petit peu
de bonne volonté. Et si Jésus découvre ce minimum de bonne volonté dans
l'âme, Il se hâte de Se donner à elle. Et rien ne peut L'arrêter, ni les fautes, ni les
chutes, absolument rien. Jésus est pressé d'aider cette âme et si l'âme est fidèle à
cette grâce de Dieu, elle pourra en peu de temps, parvenir à la plus haute
sainteté qu'une créature puisse atteindre ici bas. Dieu est très généreux et ne
refuse Sa grâce à personne. Il donne même plus que nous ne demandons. La
voie la plus courte, c'est la fidélité aux inspirations de l' Esprit-Saint . 292.Quand l'âme aime sincèrement Dieu, elle ne doit avoir peur de rien dans sa
vie spirituelle. Qu'elle se laisse influencer par la grâce et qu'elle ne réduise pas
son union avec le Seigneur. 293.Lorsque Jésus m'a ravie par Sa beauté et m'a attirée à Lui, j'ai vu, alors ce
qui Lui déplaisait en mon âme et j'ai résolu de l'écarter coûte que coûte. Et, avec
la grâce de Dieu, je l'ai fait. Cette détermination a plu au Seigneur et depuis ce
temps, Il a commencé à m'accorder de plus grandes grâces. Je ne raisonne pas
dans ma vie intérieure et je n'analyse pas par quelles voies l' Esprit de Dieu me
conduit. Il me suffit de savoir que je suis aimée et que j'aime. L'amour pur me
fait connaître Dieu et comprendre beaucoup de mystères. Mon confesseur est
un oracle pour moi, sa parole est sainte à mes yeux. Je parle ici de mon
directeur de conscience. 294.Une fois le Seigneur me dit : " Agis comme un mendiant qui ne refuse pas
d'accepter une plus grande aumône, il remercie seulement plus affectueusement.
Ainsi ne refuse pas d'accepter, à cause de ton indignité, de plus grandes grâces
lorsque Je te les donne. Je sais que tu en es indigne. Mais réjouis-toi plutôt et
prends autant de trésors de Mon Cœur que tu peux en porter. C'est ainsi que tu Me plais davantage. J'ajouterai encore quelque chose : Prends
ces grâces, non seulement pour toi, mais aussi pour les autres. C'est-à-dire,
encourage les âmes avec lesquelles tu es en contact, à la confiance en mon
infinie Miséricorde. Oh ! comme j'aime les âmes qui ont une entière confiance en
Moi. Je ferai tout pour elles. " 295.A ce moment Jésus m'a demandé : " Mon enfant, comment vas ta retraite ?
" - J'ai répondu : " Jésus, Vous le savez. " -" Oui, Je le sais, mais Je veux
l'entendre de ta bouche et de ton cœur. " - " O mon Maître, lorsque Vous me
conduisez, tout va facilement. Je Vous en prie, Seigneur, ne me quittez jamais. " Jésus me dit : " Oui, Je serai toujours près de toi si tu restes toujours un petit
enfant sans crainte. Comme Je suis ici ton commencement, Je serai aussi ta fin.
Ne te fie pas aux créatures, même dans les plus petites choses, car cela ne me
plaît pas. Je veux être Seul dans ton âme. Je fortifierai ton âme et Je t'éclairerai
par la bouche de mon remplaçant. Tu apprendras que Je suis en toi, et ton
inquiétude se dissipera comme le brouillard devant les rayons du soleil. " 296 . Mon Bien suprême, je désire Vous aimer comme personne ne Vous a
encore aimé sur terre. Je désire Vous louer à chaque moment de ma vie et
conformer étroitement ma volonté à Votre Sainte Volonté. Ma vie n'est ni
monotone, ni grise, mais elle aussi variée qu'un jardin de fleurs parfumées. Je ne
sais quelle fleur cueillir : le lys des souffrances, les roses de l'amour du prochain,
ou la violette de l'humilité. Je ne vais pas énumérer ces trésors, j'en ai en
abondance pour chaque jour. C'est une grande chose que de savoir tirer profit
du moment présent. 297. Jésus, Lumière Eternelle, accordez-moi la grâce de Vous connaître,
pénétrez de Votre lumière mon âme assombrie et remplissez de Vous-même le
gouffre de mon âme car seul vous-même. . . 298. O mon Jésus, Vie, Voie et Vérité, je Vous en prie, gardez-moi près de
Vous, comme une mère tient son enfant tout contre elle, car je ne suis pas
seulement un enfant impuissant, mais un amas de misère et de néant. 299. Le secret de l'âme Wilno , 1934 Mon confesseur m'ayant dit, un jour de demander à Jésus ce que signifiait ces
deux rayons, qui sont sur cette image, je répondis : " Bien, je vais le demander
au Seigneur. " Pendant l'oraison j'entendis intérieurement ces paroles : " Ces deux rayons
indiquent le Sang et l' Eau : le rayon pâle signifie l' Eau , qui purifie les âmes ; le
rayon rouge signifie le Sang, qui est la vie des âmes. . . Ces deux rayons jaillirent des entrailles de ma Miséricorde, alors que Mon
Cœur, agonisant sur la croix, fut ouvert par la lance. Ces rayons protègent les âmes de la colère de Mon Père. Heureux est celui qui
vivra dans leur lumière, car la Main du Dieu Juste ne l'atteindra pas. Je désire
que le premier dimanche après Pâques soit la fête de la Miséricorde. 300. Demande à Mon fidèle serviteur, de proclamer en ce jour, Ma grande
miséricorde au monde entier. Qui s'approchera, ce jour-là, de la Source de vie
obtiendra la rémission de ses fautes et de leurs châtiments. L'humanité ne trouvera pas la paix tant qu'elle ne se tournera pas avec confiance
vers Ma miséricorde. Oh ! comme l'incrédulité de l'âme Me blesse. Cette âme confesse que Je suis
Saint et juste, et ne croit pas que Je suis la Miséricorde ! Mais elle se méfie de
Mon amour. Les démons aussi croient en Ma justice, mais ne croient pas en Ma
bonté. Mon cœur se réjouit de ce titre de Miséricordieux. Proclame que la
Miséricorde est le plus grand attribut de Dieu. Toutes les œuvres de mes Mains
sont couronnées de Miséricorde. "
301. O Amour éternel, je désire que toutes les âmes, que Vous avez créées,
vous connaissent. Je désirerais devenir prêtre, je parlerais sans cesse de Votre
Miséricorde aux âmes pécheresses plongées dans le désespoir. Je désirerais
être missionnaire et porter la lumière de la foi dans les pays sauvages, pour
Vous faire connaître des âmes et m'immoler entièrement pour elles, mourir
martyre comme Vous êtes mort pour moi et pour elles. O Jésus, je sais
parfaitement que, en m'anéantissant totalement et en me renonçant
complètement à moi-même, pour l'amour de Vous, Jésus, et pour celui des
âmes immortelles, je peux être prêtre, missionnaire, prédicateur, et mourir
martyre. 302. Un grand amour peut transformer les petites choses en grandes. Ce n'est
que l'amour qui donne de la valeur à nos actions. Plus notre amour deviendra
pur, plus le feu de la souffrance se consumera en nous, et plus la souffrance
cessera d'être pour nous une souffrance : elle deviendra un délice ! Par la grâce
de Dieu, j'ai maintenant reçu cette disposition du cœur qui fait que jamais je ne
suis aussi heureuse que lorsque je souffre pour Jésus, que j'aime par chaque
battement de mon cœur. Un jour, éprouvant une grande souffrance, j'ai abandonné mon emploi pour aller
chez Jésus et Le prier de me donner Sa force. Après une très courte prière, je
suis revenue à mon travail, pleine d'ardeur et de joie. Une des Sœurs me dit : " Vous devez avoir aujourd'hui beaucoup de
consolations, ma Sœur, car vous êtes si radieuse. Dieu ne vous envoie sûrement
aucune souffrance, mais seulement des consolations. " - " Vous vous trompez
bien, ma Sœur, répondis-je, car c'est justement quand je souffre beaucoup, que
ma joie est la plus grande, et quand je souffre moins, ma joie est moindre aussi.
" Cependant cette âme me laissa entendre qu'elle ne me comprenait pas. J'ai taché de lui expliquer que, quand nous souffrons beaucoup nous avons une
merveilleuse occasion de témoigner notre amour à Dieu. Tandis que quand nous
souffrons peu, nous n'avons qu'une petite occasion de Lui témoigner notre
amour. Et quand nous ne souffrons pas du tout, alors . . . c'est que notre amour
n'est ni grand, ni pur. Nous pouvons, par la grâce de Dieu parvenir à ce que la
souffrance se change en nous en délice, car l'amour est capable d'accomplir de
telles choses dans les âmes pures. 303. O mon Jésus, mon seul espoir, je Vous remercie pour ce livre que Vous
avez ouvert aux yeux de mon âme. Ce livre, c'est Votre Passion que Vous avez
endurée par amour pour moi. C'est là que j'ai appris comment aimer Dieu et les
âmes. Ce récit renferme, pour nous des trésors inépuisables. O Jésus, peu
d'âmes Vous comprennent dans Votre martyre d'amour. Oh ! qu'il est grand le
feu du plus pur amour qui brûle dans Votre Sacré Cœur ! Heureuse l'âme qui a
compris l'amour du Cœur de Jésus ! 304. C'est mon plus grand désir que les âmes sachent que Vous êtes leur
bonheur éternel, qu'elles croient en Votre bonté et glorifient Votre infinie
miséricorde. 305. J'ai prié Dieu de m'accorder la grâce d'être résistante et forte contre les
influences qui veulent parfois me détourner de l'esprit de la règle et des menues
observances, car ce sont des petits vers rongeurs, qui peuvent détruire la vie
intérieure. Et ils la détruiront si l'âme est consciente de ces fautes légères et les
méprise parce que ce sont de petites choses. Pour moi, je ne vois rien de petit
dans la vie religieuse. Peu importe si parfois je m'expose à des ennuis, et à des
allusions malicieuses, pourvu que mon esprit soit en harmonie avec l'esprit des
règles, de vœux et des statuts religieux. O Jésus, délice de mon cœur, Vous connaissez mes désirs, je voudrais me
cacher aux regards humains pour que vivante, je sois comme si je ne vivais pas.
Je veux vivre pure, comme une fleur des champs. Je veux que mon amour soit
toujours une fleur des champs. Je veux que mon amour soit toujours tourné vers
Vous, comme une fleur qui se tourne toujours vers le soleil. Je désire que le
parfum et la fraîcheur de la fleur de mon cœur Vous soient toujours
exclusivement réservés. Je veux vivre sous Votre divin regard, car Vous seul me
suffisez. Je n'ai peur de rien, quand je suis avec Vous, Ô Jésus, car rien ne peux
me nuire. 306. 1934. Une fois, pendant le carême, je vis au dessus de notre chapelle une
grande clarté et une profonde obscurité. J'ai vu le combat de ces deux
puissances. . . 307. 1934. Jeudi Saint, Jésus me dit : " Je désire que tu fasses une offrande de
toi-même pour les pécheurs et en particulier pour les âmes qui ont perdu
confiance en la Miséricorde divine. " 308. Dieu et l'âme - Acte d'offrande En présence du ciel et de la terre, en présence de tous les chœurs angéliques, en
présence de la Très Sainte Vierge Marie, en présence de toutes les Puissances
célestes, je déclare au Dieu Unique en la Sainte Trinité, qu'aujourd'hui, en union
avec Jésus Christ, Sauveur des âmes, je m'offre volontairement pour la
conversion des pécheurs et en particulier, pour ceux qui ont perdu espoir en la
Miséricorde divine. Cette offrande consiste à accepter avec une entière soumission à la volonté
divine toutes les souffrances, les peurs, les frayeurs dont les pécheurs sont
remplis. En revanche, je leur donne toutes mes consolations, qui découlent de
mon intimité avec Dieu. En un mot, j'offre tout pour eux : les Saintes Messes, les
Saintes communions, les pénitences, les mortifications, les prières. Je n'ai pas
peur des coups - des coups de la justice divine, car je suis unie à Jésus. O mon Dieu, je désire de cette manière, faire réparation pour les âmes qui ne
croient pas à Votre bonté. J'ai confiance contre tout espoir en l'immensité de
votre Miséricorde. Mon Seigneur et mon Dieu, ma part - ma part pour l'éternité,
je fais cet acte d'offrande en comptant non pas sur mes forces, mais sur la
puissance qui découle des mérites de Jésus-Christ. Je vais répéter chaque jour cet acte d'offrande, en récitant la prière suivante que
Vous-Même , Jésus, m'avez apprise : " O Sang et Eau, qui avez jailli du Cœur
de Jésus comme Source de Miséricorde pour nous, j'ai confiance en vous ! " Sœur Marie Faustine du Très Saint Sacrement Jeudi Saint pendant la Sainte Messe, 29.3.1934. 309. " Je te donne part à la Rédemption du genre humain. Tu es Mon
soulagement au moment de Mon agonie. " 310. Quand j'ai reçu de mon confesseur la permission de faire cet acte
d'offrande, j'ai vite compris qu'il était agréable à Dieu, car j'ai commencé tout de
suite à en expérimenter les effets. En un instant mon âme devint comme un
rocher : sèche, pleine de tourments et d'inquiétudes. Toutes sortes de
blasphèmes et de malédictions se pressèrent à mes oreilles. La méfiance et le
désespoir s'installèrent dans mon cœur. Voilà l'état des pauvres que j'ai pris sur
moi .. Au premier moment j'ai eu peur de ces horreurs. Mais à la première
confession j'ai été tranquillisée. 311. Un jour que j'étais sortie pour me confesser, mon confesseur était
justement en train de célébrer la Sainte Messe. J'aperçu l' Enfant Jésus sur
l'autel. Il tendait tendrement et joyeusement Ses petites mains vers lui. Alors, ce
prêtre prit ce bel Enfant, Le cassa et Le mangea tout vivant. Au premier instant,
je pris ce prêtre en aversion pour avoir agi de la sorte envers Jésus. Mais je fus
aussitôt éclairée et je compris que ce prêtre était très agréable à Dieu. 312. Une fois j'étais chez le peintre, chargé de peindre cette image. Comme j'ai
été peinée en voyant qu'elle n'est pas aussi belle que l'est Jésus. Mais j'ai caché
ma déception profondément dans mon cœur. En sortant de chez le peintre, la
Mère Supérieure resta en ville, pour diverses affaires, et moi je suis revenue
seule à la maison. Je suis allée aussitôt à la chapelle où j'ai beaucoup pleuré. J'ai
dit au Seigneur " Qui Vous peindra aussi beau que Vous l'êtes ? " Soudain j'ai
entendu ces paroles : " Ce n'est ni dans la beauté des couleurs, ni dans celle du
coup de pinceau, que réside la grandeur de cette image, mais dans ma grâce. " 313. Un après midi, je me rendis au jardin, mon Ange gardien me dit : " Prie
pour les agonisants. " Alors j'ai tout de suite commencé à réciter le rosaire avec
les jardinières. Après le rosaire nous avons récité diverses petites prières pour
les agonisants. Les prières terminées, les élèves commencèrent à causer
gaiement. Malgré le bruit qu'elles faisaient, j'entendis en mon âme ces mots " Prie pour moi
! " Mais je ne pouvais pas bien comprendre ces mots. Je me suis éloignée de
quelques pas de mes élèves, en me demandant qui pouvait bien me demander
des prières. Soudain j'entendis ces mots : " Je suis Sœur . . . " Cette Sœur était à
Varsovie, et moi à Wilno maintenant. " Prie pour moi jusqu'à ce que je te dise
de cesser. Je suis en agonie ! " Sur le champs, je recommençai à prier
ardemment pour elle et sans relâche, je priai ainsi de trois heures à cinq heures. A cinq heures j'entendis le mot : " Merci " - J'ai compris qu'elle avait expiré.
Cependant le lendemain à la Sainte Messe j'ai prié pour son âme avec ferveur.
Dans l'après midi est arrivée une carte postale annonçant que Sœur . . . était
morte à telle heure. C'était l'heure où elle me disait " Prie pour moi. " 314. " Mère de Dieu, votre âme était plongée dans une mer d'amertume,
regardez votre enfant et enseignez-lui à souffrir et à aimer en souffrant. Fortifiez
mon âme pour que la douleur ne la brise pas. Mère de grâce, apprenez-moi à
vivre de Dieu. " Un jour, Notre-Dame m'a rendu visite. Elle était triste et tenait les yeux baissés.
Elle me fit comprendre qu' Elle avait quelque chose à me dire et, d'un autre côté,
il me semblait qu'elle ne voulait pas me le dire. Lorsque je l'ai compris, j'ai
commencé à la prier de me parler et de me regarder. 315. Un moment après, Marie me regarda avec un affectueux sourire et me dit :
" Tu vas éprouver certaines souffrances du fait de la maladie et des médecins.
Beaucoup de souffrances te viendront aussi à cause de cette image, mais ne
crains rien. " Le lendemain, je tombai malade, et je souffris beaucoup, ainsi que me l'avais dit
la Mère de Dieu. Mais mon âme était prête à endurer des souffrances. La
souffrance est la fidèle compagne de ma vie. 316. O mon Dieu, mon unique espoir, j'ai mis toute ma confiance en Vous et je
sais que je ne serai pas déçue. 317. Je sens maintenant, après la Sainte Communion, d'une manière singulière et
sensible, la présence de Dieu. Je sais que Dieu est dans mon cœur. Et cela ne
me dérange pas dans l'accomplissement de mes devoirs.
307. 310. Quand j'ai reçu de mon confesseur la permission de faire cet acte
d'offrande, j'ai vite compris qu'il était agréable à Dieu, car j'ai commencé tout de
suite à en expérimenter les effets. En un instant mon âme devint comme un
rocher : sèche, pleine de tourments et d'inquiétudes. Toutes sortes de
blasphèmes et de malédictions se pressèrent à mes oreilles. La méfiance et le
désespoir s'installèrent dans mon cœur. Voilà l'état des pauvres que j'ai pris sur
moi .. Au premier moment j'ai eu peur de ces horreurs. Mais à la première
confession j'ai été tranquillisée. 311. Un jour que j'étais sortie pour me confesser, mon confesseur était
justement en train de célébrer la Sainte Messe. J'aperçu l' Enfant Jésus sur
l'autel. Il tendait tendrement et joyeusement Ses petites mains vers lui. Alors, ce
prêtre prit ce bel Enfant, Le cassa et Le mangea tout vivant. Au premier instant,
je pris ce prêtre en aversion pour avoir agi de la sorte envers Jésus. Mais je fus
aussitôt éclairée et je compris que ce prêtre était très agréable à Dieu. 312.Une fois j'étais chez le peintre, chargé de peindre cette image. Comme j'ai
été peinée en voyant qu'elle n'est pas aussi belle que l'est Jésus. Mais j'ai caché
ma déception profondément dans mon cœur. En sortant de chez le peintre, la
Mère Supérieure resta en ville, pour diverses affaires, et moi je suis revenue
seule à la maison. Je suis allée aussitôt à la chapelle où j'ai beaucoup pleuré. J'ai
dit au Seigneur " Qui Vous peindra aussi beau que Vous l'êtes ? " Soudain j'ai
entendu ces paroles : " Ce n'est ni dans la beauté des couleurs, ni dans celle du
coup de pinceau, que réside la grandeur de cette image, mais dans ma grâce. " 313.Un après midi, je me rendis au jardin, mon Ange gardien me dit : " Prie
pour les agonisants. " Alors j'ai tout de suite commencé à réciter le rosaire avec
les jardinières. Après le rosaire nous avons récité diverses petites prières pour
les agonisants. Les prières terminées, les élèves commencèrent à causer
gaiement. Malgré le bruit qu'elles faisaient, j'entendis en mon âme ces mots " Prie pour moi
! " Mais je ne pouvais pas bien comprendre ces mots. Je me suis éloignée de
quelques pas de mes élèves, en me demandant qui pouvait bien me demander
des prières. Soudain j'entendis ces mots : " Je suis Sœur . . . " Cette Sœur était à
Varsovie, et moi à Wilno maintenant. " Prie pour moi jusqu'à ce que je te dise
de cesser. Je suis en agonie ! " Sur le champs, je recommençai à prier
ardemment pour elle et sans relâche, je priai ainsi de trois heures à cinq heures. A cinq heures j'entendis le mot : " Merci " - J'ai compris qu'elle avait expiré.
Cependant le lendemain à la Sainte Messe j'ai prié pour son âme avec ferveur.
Dans l'après midi est arrivée une carte postale annonçant que Sœur . . . était
morte à telle heure. C'était l'heure où elle me disait " Prie pour moi. " 314." Mère de Dieu, votre âme était plongée dans une mer d'amertume,
regardez votre enfant et enseignez-lui à souffrir et à aimer en souffrant. Fortifiez
mon âme pour que la douleur ne la brise pas. Mère de grâce, apprenez-moi à
vivre de Dieu. " Un jour, Notre-Dame m'a rendu visite. Elle était triste et tenait les yeux baissés.
Elle me fit comprendre qu' Elle avait quelque chose à me dire et, d'un autre côté,
il me semblait qu'elle ne voulait pas me le dire. Lorsque je l'ai compris, j'ai
commencé à la prier de me parler et de me regarder. 315.Un moment après, Marie me regarda avec un affectueux sourire et me dit :
" Tu vas éprouver certaines souffrances du fait de la maladie et des médecins.
Beaucoup de souffrances te viendront aussi à cause de cette image, mais ne
crains rien. " Le lendemain, je tombai malade, et je souffris beaucoup, ainsi que me l'avais dit
la Mère de Dieu. Mais mon âme était prête à endurer des souffrances. La
souffrance est la fidèle compagne de ma vie. 316. O mon Dieu, mon unique espoir, j'ai mis toute ma confiance en Vous et je
sais que je ne serai pas déçue. 317. Je sens maintenant, après la Sainte Communion, d'une manière singulière et
sensible, la présence de Dieu. Je sais que Dieu est dans mon cœur. Et cela ne
me dérange pas dans l'accomplissement de mes devoirs. Même dans les affaires
les plus importantes qui exigent un effort d'attention, Dieu m'est présent et je Lui
resterai étroitement unie. Avec Lui, je vais à mon travail ou en récréation. Avec
Lui je souffre et avec Lui je me réjouis : je vis en Lui et Lui en moi. Je ne suis
jamais seule car il est mon compagnon de tous les instants. Il m'est présent à
chaque moment, notre intimité est étroite par l'union du sang et de la vie. 318. 9.8.1934. L'adoration nocturne du jeudi. J'ai fait mon heure d'adoration de
onze heures à minuit. J'ai offert cette adoration pour la conversion des pécheurs
endurcis, et particulièrement pour ceux qui ont perdu confiance en la
miséricorde divine. J'ai considéré combien Dieu a souffert et quel immense
amour Il nous a témoigné. Mais nous ne croyons pas que Dieu nous aime tant.
O Jésus, qui le comprendra ? Quelle douleur pour notre Sauveur ! Comment
nous persuadera-t-il de Son amour si sa mort même ne peut nous persuader ? J'ai demandé au ciel entier d'offrir avec moi réparation au Seigneur pour
l'ingratitude de certaines âmes. Jésus m'a fait connaître combien l'oraison
d'expiation Lui est agréable. Il m'a dit : " La prière d'une âme humble et aimante
désarme la colère de Mon Père et libère des torrents de bénédictions. " Faustine 318 à 321 318. 9.8.1934. L'adoration nocturne du jeudi. J'ai fait mon heure d'adoration de
onze heures à minuit. J'ai offert cette adoration pour la conversion des pécheurs
endurcis, et particulièrement pour ceux qui ont perdu confiance en la
miséricorde divine. J'ai considéré combien <dieu a souffert et quel immense
amour Il nous a témoigné. Mais nous ne croyons pas que Dieu nous aime tant ..
O Jésus, qui le comprendra ? Quelle douleur pour notre Sauveur ! Comment
nous persuadera-t-il de Son amour si Sa mort même ne peut nous persuader ? J'ai demandé au ciel entier d'offrir avec moi réparation au Seigneur pour l'ingratitude de certaines âmes. Jésus m'a fait connaître combien l'oraison d'expiation Lui est agréable. Il m'a dit : « La prière d'une âme humble et aimante désarme la colère de Mon Père et libère des torrents de bénédictions. » 319. L'adoration finie, à mi-chemin de ma cellule, un grand nombre de grands
chiens noirs m'environnèrent ; sautant et hurlant, ils voulaient me lacérer. J'ai
compris que ce n'était pas des chiens mes des démons. L'un d'eux parla avec
colère : « C'est parce que, cette nuit, tu nous as enlevé tant d'âmes que nous te
mettrons en pièce. » Je lui ai répondu : « Si telle est la volonté du dieu de
Miséricorde, faites-le à juste titre. Je l'ai mérité, car je suis la plus misérable des
pécheresses, et Dieu est toujours Saint, Juste et infiniment Miséricordieux. » A
ces mots, tous les démons répondirent ensemble :Fuyons , car elle n'est pas
seule, le Tout-Puissant est avec elle. » - Et ils disparurent comme la poussière
et le bruit de la route. Et tout en achevant un Te Deum, j'allai tranquillement
jusqu'à ma cellule en considérant l'infinie et insondable Miséricorde de Dieu. 320. 12.8.1934. Un malaise soudain, une souffrance mortelle. Ce n'était pas la mort en tant que passage à la vraie vie, mais un avant-goût de ses souffrances. La mort est terrible bien qu'elle nous donne la vie éternelle. Brusquement, je me sentis mal : la respiration me manqua, ma vue s'obscurcit, je sentis le dépérissement de mes membres. Cette suffocation est effrayante. Un seul moment d'une telle suffocation paraît extrêmement long…. S'y ajoute une singulière peur malgré la confiance. Je désirais recevoir les Derniers Sacrements. Mais la Sainte Confession me
causa bien des difficultés, malgré mon désir de me confesser. On ne sait ce que
l'on dit on commence une chose et on finit par une autre. Oh ! que <dieu garde
toute âme de la pensée de remettre la confession à la dernière heure ! J'ai
compris l'extrême puissance que les paroles du prêtre font descendre sur l'âme
du malade. Quand j'ai demandé à mon Père spirituel si j'était prête à paraître
devant Dieu et si je pouvais être en paix, je reçus cette réponse : « Oui, vous
pouvez être tout à fait en paix maintenant, comme après chaque confession
hebdomadaire. » Grande est la grâce divine qui accompagne ces paroles
sacerdotales ! L'âme en retire force et courage pour le combat. 321. O Ordre religieux, ma mère, comme il est doux de vivre en toi, mais plus
doux encore d'y mourir ! Ste Faustine 321 . O ordre religieux, ma mère, comme il est doux de vivre en toi, mais plus
doux encore d'y mourir ! 322. Après avoir reçu les Derniers Sacrements j'éprouvai une complète
amélioration. Je suis restée seule pendant une demi-heure, puis l'attaque revint,
mais déjà moins forte grâce aux soins médicaux. J'unissais mes souffrances aux
souffrances de Jésus et je les offrais pour moi et pour la conversion des âmes
qui ne croient pas à la bonté divine. Soudain ma cellule se remplit d'êtres noirs
pleins de colère et de haine contre moi. L'un d'eux dit : « Soi maudite comme
Celui qui est en toi, car tu nous tourmentes déjà en enfer. » J'ai dit : « Et le
Verbe s'est fait chair et Il a habité parmi nous. Et ces êtres disparurent
bruyamment sur le champ. 323. Le lendemain, je me sentais très faible, mais je ne souffrais plus. Après la
Sainte Communion, j'aperçu Jésus sous le même aspect qu'Il avait lors d'une
adoration. Le regard du Seigneur transperça mon âme : pas un grain de
poussière n'échappait à Son attention. Et j'ai dit à Jésus : « Jésus, je pensais que
Vous me prendriez. » Et Jésus me répondit : « Ma volonté ne s'est pas encore totalement accomplie en toi, tu restera encore sur terre, mais pas longtemps .Ta confiance Me plait beaucoup, mais il faut que ton amour soit plus ardent!. Le pur amour donne à l'âme de la force, même au moment de l'agonie. Quand
J'agonisais sur la Crois, Je ne pensais pas à Moi, mais aux pauvres pécheurs et
Je priais Mon Père pour eux. Je veux que tes derniers instants aussi soient
semblables aux Miens sur la croix. Il n'y a qu'un prix, par lequel on rachète les
âmes : c'est la souffrance, unie à Ma souffrance sur la Croix. L'amour pur
comprend ces paroles, mais l'amour charnel ne les comprendra jamais. » 324. L'année 1934. Le jour de l'Assomption de Notre-Dame, je n'assistai pas à
la Sainte Messe. La Doctoresse me l'avait défendu; je priais avec ferveur dans
ma cellule. Bientôt, j'aperçus la Sainte Vierge, d'une beauté indicible. Elle me dit
: « Ma fille, j'exige de toi des prières, des prières, des prières et encore des
prières pour le monde, et en particulier pour ta Patrie. Pendant neuf jours,
unis-toi étroitement au Sacrifice de la Messe, et reçois la Sainte Communion en
expiation. Pendant ces neuf jours tu te tiendras devant Dieu, comme une
offrande, partout, toujours, en tout endroit et à tout moment, nuit et jour. A
chaque réveil, prie en esprit. En esprit on peut toujours rester en prière. » 325. Un jour, Jésus me dit : « Mon regard sur cette image est le même que celui
que J'avais sur la Croix. » 326. Une fois, mon confesseur me demanda comment devait être placée
l'inscription sur cette image, car il n'y avait pas assez de place pour tout y
mettre. J'ai répondu que je prierai et qu je répondrai la semaine suivante. En
quittant le confessionnal, je passai près du Saint Sacrement et je reçus la
connaissance intérieure sur la façon de placer cette inscription. Jésus me
rappela, comme Il me l'avait dit la première fois, que ces mots « Jésus, j'ai
confiance en vous » devait être mis en évidence. J'ai compris que Jésus désire
que toute la formule : « Je présente aux hommes un moyen, avec lequel ils
doivent venir puiser la grâce à la source de la Miséricorde. Ce moyen, c'est
cette image, avec l'inscription : « Jésus, j'ai confiance en Vous! » soit placée,
mais Il n'en donne pas un ordre aussi formel que pour cette invocation. 327. O Amour le plus pur, régnez dans toute votre plénitude dans mon cœur et
aidez-moi à remplir très fidèlement votre sainte volonté. 328. A la fin de la retraite de trois jours, je me vis marchant sur un chemin
inégal, trébuchant à chaque pas. Et je voyais qu'une personne me suivait et me
soutenait continuellement. Mais j'en fus mécontente et la priai de s'éloigner de
moi, car je voulais aller seule. Or, cette personne que je ne pouvais reconnaître,
ne m'abandonnait pas un seul instant. Cela m'impatienta. Me retournant, je l'ai
repoussée. A cet instant, je reconnu la Mère Supérieure. Et au même moment,
je vis que ce n'était pas la Mère Supérieure, mais Jésus qui me regarda
profondément et me fit comprendre combien cela Lui faisait mal, lorsque dans
les plus petites choses, je n'accomplissais pas la volonté de la Supérieure, « qui
est Ma volonté » dit Il. J'ai demandé pardon au Seigneur et je pris cet
avertissement profondément à cœur. 329. Une fois mon confesseur me demanda de prier à son intention. J'ai donc commencé une neuvaine à la Mère de Dieu qui consistait en la récitation de neuf Salve Regina. Vers la fin de cette neuvaine, je vis la Mère de Dieu avec l'enfant Jésus dans ses
bras et je vis aussi mon confesseur qui était agenouillé à ses pieds et lui parlait. .
. Je ne comprenais pas de quoi il parlait avec la Sainte Vierge, car je conversais
avec l'Enfant Jésus qui était descendu des bras de sa Mère et s'était rapproché
de moi. Je ne revenais pas de mon étonnement à la vue de Sa beauté. J'entendis
quelques-unes des paroles que la Mère de Dieu adressait au prêtre, mais pas
toutes. Ces paroles sont les suivantes : « Je suis non seulement la Reine du Ciel,
mais aussi la Mère de Miséricorde et ta Mère. » Puis, Elle tendit sa main droite
dans laquelle Elle tenait son manteau et en couvrit ce prêtre. A ce moment la
vision disparut. 330. Oh ! qu'elle est grande la grâce d'avoir un directeur spirituel ! On
progresse plus vite dans la vertu, on connaît plus clairement la volonté divine et
on l'accomplit plus fidèlement, on marche dans une voie sûre et sans danger. Le
directeur permet d'éviter les rochers sur lesquels l'âme pourrait se briser. Dieu
m'a donné cette grâce, tard, il est vrai, mais je m'en réjouis beaucoup quand je
vois comment Dieu s'incline devant les désirs de mon directeur. Je mentionnerai un fait entre mille. Comme d'habitude, le soir , j'avais prié Jésus de me donner des points pour la méditation du lendemain. J'ai reçu cette réponse. : « Médite sur le prophète Jonas et sa mission. » J'ai remercié le Seigneur, mais j'ai commencé à penser que cette méditation était différente des autres. Cependant je tâchai de toutes les forces de mon âme de méditer et je me suis reconnue dans ce prophète en ce sens, que moi aussi, je donne souvent un refus à Dieu, pensant que quelqu'un d'autre remplirait mieux Sa Sainte Volonté - ne comprenant pas que Dieu peut tout, que Sa Toute Puissance se manifestera d'autant mieux que l'outil sera inexistant. Dieu m'éclaira ainsi. Dans l'après-midi eut lieu la confession de la Communauté. Quand j'ai exposé à
mon directeur spirituel quelle peur me prend devant cette mission pour laquelle
Dieu se sert de moi comme instrument, un instrument inapte, mon Père spirituel
répondit que, bon gré mal gré, nous devions accomplir la Volonté divine et il m'a
donné l'exemple du Prophète Jonas. Après la confession, je me demandais
comment le confesseur savait que Dieu m'avait fait méditer sur Jonas ; je ne lui
avait pas parlé de cela. Soudain j'entendis ces paroles : « Quand le prêtre Me
remplace, ce n'est pas lui qui agit, mais Moi par lui. Ses souhaits sont les miens.»
Je vois comment Jésus défend ses remplaçants. Il se place Lui-même dans leur
action. 331. Jeudi. Lorsque j'ai commencé l'Heure Sainte, je voulais me plonger dans
l'agonie de Jésus au Jardin des Oliviers. Soudain, j'entendis intérieurement une
voix dans mon âme : « Médite le mystère de l'Incarnation : » et tout d'un coup,
devant moi apparut l'Enfant Jésus, rayonnant de beauté. Il me dit combien la
simplicité d'âme Lui plaisait : « Bien que Ma grandeur soit inconcevable, Je
demeure seulement avec les petits. J'exige de toi l'esprit d'enfance. » 332. Maintenant je vois clairement comment Dieu agit par le confesseur et
combien Il est fidèle à Ses promesses. Il y a deux semaines mon confesseur m'a
invitée à réfléchir sur cette enfance spirituelle. Cela me fut assez difficile au
début. Mais mon confesseur me fit continuer ces réflexions, sans faire attention à
mes difficultés. Dans la pratique, cet esprit d'enfance doit se manifester ainsi :
l'enfant ne s'occupe ni du passé, ni de l'avenir. Il profite du moment présent. « Je
veux accentuer cet esprit d'enfance en vous, ma Sœur et j'insiste beaucoup
là-dessus ». Je vois ainsi combien Dieu confirme les désirs de mon confesseur,
puisqu'au même moment, Il ne m'apparaît pas comme un Maître dans la
plénitude de Ses forces et dans Son humanité adulte, mais bien plutôt comme un
petit Enfant. Le Dieu inaccessible s'abaisse ainsi jusqu'à moi sous l'aspect d'un
petit Enfant Cependant le regard de mon âme ne s'arrête pas à cette apparence. 333. Bien que Vous assumiez la taille d'un petit enfant, je vois en Vous le
Seigneur des Seigneurs, Immortel et Infini, que les purs esprits louent nuit et
jour, pour Lequel les choeurs des Séraphins flambent du feu du plus pur amour.
O Christ, Ô Jésus, je souhaiterais les surpasser dans mon amour pour Vous. Je
vous demande pardon, Ô Esprits célestes, pour oser me comparer à vous, moi
cet abîme, ce gouffre de misère. Mais vous, Ô, Dieu, qui êtes un abîme
insondable de miséricorde, absorbez-moi, comme l'ardeur du soleil absorbe
une goutte de rosée. Votre regard rempli d'amour comble tout abîme. La
grandeur de Dieu fait mon bonheur. Il me suffira pleinement pour être heureuse
pendant toute l'éternité, de contempler la grandeur de Dieu. 334. Un jour en voyant Jésus sous l'apparence d'un petit Enfant, je Lui ai
demandé : « Jésus, pourquoi Vous manifestez-Vous ainsi à moi sous l'apparence
d'un petit Enfant ? Malgré tout, je vois en Vous le Dieu infini, mon Créateur et
mon Seigneur. » Jésus me répondit que tant que je n'aurais pas appris la
simplicité et l'humilité, Il se manifesterait à moi sous la forme d'un petit enfant. 335. 1934. Pendant la Sainte Messe, quand Jésus était exposé dans le Saint
Sacrement, avant la Sainte Communion, j'aperçus deux rayons sortant de la
Très Sainte Hostie, les mêmes que ceux qui sont peints sur cette image, l'un
rouge, le second pâle. Et ils se reflétaient sur chacune des Sœurs et des élèves,
mais pas de la même manière. Sur quelques unes ils se dessinaient à peine.
C'était le jour où finissait la retraite des enfants. 336. 22.11.1934. Une autre fois, Mon Père spirituel m'ordonna de bien
réfléchir sur moi-même et de bien m'examiner pour voir si je n'avais pas
d'attachements pour quelque chose ou quelque créature, ou bien pour
moi-même, et s'il n'y avait pas en moi de bavardages inutiles : « car tout cela
empêche Jésus d'agir librement dans votre âme. Dieu est jaloux de nos cœurs et
il veut que nous n'aimions que Lui. » Lorsque j'ai commencé à réfléchir ainsi
profondément sur moi-même, je n'ai remarqué aucun attachement pour quoi que
ce soit. Cependant, comme en tout ce qui me concerne, j'avais peur et je me
défiais de moi-même. 337. Fatiguée par cet examen minutieux, je suis allée devant le Saint Sacrement et de toute la force de mon âme, j'ai prié Jésus. « Jésus mon Epoux, Trésor de mon cœur, Vous savez que je ne connais que
Vous et que je n'ai pas d'autre amour que Vous. Mais si je devais m'attacher à
quoi que ce soit qui ne serais pas Vous, je Vous prie et Vous supplie, Jésus, par
la force de Votre miséricorde, faites descendre immédiatement la mort sur moi,
car j'aime mieux mourir mille fois que commettre la moindre infidélité envers
Vous, fût-elle minime. » 338. A ce moment Jésus se tint soudain devant moi, venant je ne sais d'où,
rayonnant d'une beauté indescriptible, dans un vêtement blanc, les Mains levées.
Il me dit ces paroles : « Ma fille, ton coeur est Mon repos, il est Mon plaisir, Je
trouve en lui tout ce qu'un si grand nombre d'âmes Me refusent. Dis le à celui
qui Me remplace. » Et à l'instant je ne vis plus rien. Un océan de consolations
inonda mon âme. 339. Jésus, je comprends maintenant que rien ne peux faire obstacle à mon
amour pour Vous : ni la souffrance, ni les contrariétés, ni le feu, ni le glaive, ni la
mort elle-même. Je me sens plus forte que tout. Rien ne peut égaler l'amour. Je
vois que les choses les plus minimes accomplies par une âme qui aime
sincèrement Dieu, prennent une valeur inouïe aux yeux de Ses Saints. 340. 5.11.1934. Un matin après avoir ouvert la porte pour laisser passer nos gens, qui distribuent le pain, je passai un instant à la petite chapelle, pour rendre visite à Jésus et renouveler l'intention du jour. « Voilà Jésus, je vous offre aujourd'hui toutes mes souffrances, mes mortifications, mes prières à l'intention du Saint-Père, pour qu'il approuve cette fête de la Miséricorde. Mais, Jésus, j'ai encore un mot à vous dire. Cela m'étonne beaucoup que Vous me fassiez parler de cette fête de la Miséricorde, on me dit qu'elle est déjà approuvée, pourquoi dois-je en parler ? » Jésus me répondit : « Qui en sait quelque chose ? Personne! Et même ceux qui
ont à la publier et à enseigner les gens en leur parlant de cette Miséricorde,
souvent, ne le savent pas eux-mêmes. C'est pourquoi, Je désire que cette image
soit solennellement bénie, le premier dimanche après Pâques, et qu'elle reçoive
les honneurs publics, afin que chaque âme en soit informée. Fais une neuvaine à
l'intention de Saint-Père. Celle-ci doit se composer de 33 actes, c'est-à-dire
que tu répéteras 33 fois cette petite prière à la Miséricorde que Je t'ai apprise. » 341. La souffrance est le plus grand trésor sur cette terre, elle purifie l'âme.
C'est dans la souffrance que nous reconnaissons qui est notre véritable ami. 342. L'amour authentique se mesure avec le thermomètre des souffrances.
Jésus, je Vous remercie pour les petites croix quotidiennes, pour les contrariétés
dans mes desseins, pour les peines de la vie commune, pour la mauvaise
interprétation de mes intentions, pour les humiliations infligées par autrui, pour la
manière revêche de nous traiter, pour les faux soupçons, pour ma faible santé,
pour l'épuisement de mes forces, pour le sacrifice de ma propre volonté, pour
l'anéantissement de moi-même, pour la désapprobation en tout, pour le
dérangement de tous mes plans. Je Vous remercie, Jésus, pour les souffrances intérieures, pour les sécheresses
de l'esprit, pour les frayeurs, pour les peurs et les incertitudes, pour les ténèbres
et la profonde nuit intérieure, pour les tentations et les diverses épreuves, pour
les tourments qu'il m'est difficile d'exprimer, surtout pour ceux que personne ne
peut comprendre, pour l'heure de la mort, pour son dur combat, pour toute son
amertume. Je Vous remercie, Jésus, Vous qui avez d'abord bu ce calice d'amertume avant
de me le tendre. Voila que j'ai appliqué mes lèvres à ce calice de Votre sainte
volonté. Qu'il soit fait selon Votre bon plaisir, et qu'il advienne de moi selon ce
que Votre Sagesse a prévu de toute éternité. Je désire vider ce calice jusqu'à la
dernière goutte. Dans l'amertume je trouve ma joie, dans ma désespérance, ma
confiance. En Vous, Seigneur, tout est bon, tout est donné par Votre Cœur
paternel. Je ne préfère pas les consolations aux amertumes, ni les amertumes
aux consolations, mais merci pour tout, Jésus ! C'est mon délice de fixer mes
regards sur Vous, Dieu infini. Mon esprit séjourne dans ces mystérieuses
réalités, et là je sens que je suis chez moi. Je connais bien la demeure de mon
Epoux. Je sens qu'il n'y a pas en moi une seule goutte de sang, qui ne se
consumerait d'amour pour Vous. O Beauté incroyable, celui qui a fait votre
connaissance ne peux rien aimer d'autre. Je sens que mon âme est un gouffre
sans fond et que rien ne le comblera, sinon Dieu seul. Je sens que je me perd en
Lui, comme un grain de sable dans un océan sans bornes. 343. 20.XII.1934. Un soir en entrant dans ma cellule, je vis Jésus exposé dans
l'ostensoir. Il m'a semblé que c'était en plein air. Aux pieds de Jésus, je voyais
mon confesseur et derrière lui un grand nombre de hauts dignitaires de l'Eglise,
dont je n'avais jamais vu les ornements sacerdotaux, sauf en vision. Derrière
eux, des membres du clergé, plus loin encore je vis de grandes foules, que je ne
pouvais embrasser d'un coup d'œil. Je voyais les deux rayons sortant de
l'Hostie, les mêmes qui sont sur l'image. Ils étaient étroitement unis, mais ne se
confondaient pas. Ils passèrent par les mains de mon confesseur, puis par les
mains de ce clergé et, de leurs mains, à la foule, puis revinrent à l'Hostie…et à
ce moment je me suis vue dans ma cellule comme j'y étais entrée. 344. 22.XII.1934. Pendant un certain temps je fus obligée d'aller me confesser
durant la semaine. Je suis arrivée quand mon confesseur célébrait la Sainte
Messe. Pendant la troisième partie de la Sainte Messe, j'aperçus l'Enfant Jésus
un peu plus petit que de coutume. Il avait une écharpe de couleur violette alors
que d'habitude Il en porte une blanche. 345. 24.XII.1934. Vigile de Noël. Pendant la Sainte Messe du matin je sentis la proximité de Dieu et mon esprit,
sans le vouloir, s'abîma en Lui. Soudain j'entendis ces mots : « Tu m'est une
demeure agréable, Mon Esprit repose en toi. » Puis j'ai senti le regard du
Seigneur sondant la profondeur de mon cœur. A la vue de ma misère, je
m'humiliai en esprit admirant l'immense miséricorde divine, qui permet que le
Très-Haut s'approche d'une telle misère. Pendant la Sainte Communion, la joie inonda mon âme, je me sentais
étroitement unie à la Divinité. Sa Toute Puissance absorba tout mon être.
Pendant la journée, je sentis d'une manière singulière la proximité de Dieu. Bien
que mes devoirs ne me permissent pas d'aller à la chapelle un seul instant de
toute la journée, il n'y eut pas un moment où je ne fusse unie à Dieu. Je Le sentais en moi, d'une manière plus sensible qu'autrefois. Je saluais sans
cesse la Mère de Dieu pénétrant son esprit. Je la priai de m'apprendre le
véritable amour de Dieu. Tout-à-coup j'ai entendu ces mots : « Cette nuit,
pendant la Sainte Messe, Je partagerai avec toi le mystère de mon bonheur. » Le dîner eut lieu avant six heures. Malgré la joie et le bruit extérieur qui
accompagne toujours la cérémonie pendant laquelle on partage le pain azyme et
l'on échange des vœux, je ne perdis pas un seul instant le sentiment de la
présence divine. Après le souper nous nous sommes hâtées de finir notre travail,
et à neuf heures je pus aller à la chapelle pour l'adoration. J'ai reçu la permission de ne pas aller dormir, mais d'attendre la Messe de
minuit. Je me réjouissais d'avoir du temps libre de neuf heures à minuit. De neuf
heures à dix heures, j'ai offert mon adoration à l'intention de mes parents et de
toute ma famille, de dix heures à onze heures à l'intention à l'intention de mon
directeur spirituel. J'ai d'abord remercié Dieu de m'avoir donné, comme il me
l'avait promis, cette grande aide visible sur terre. Je l'ai aussi prié de lui donner la
lumière nécessaire pour connaître mon âme et me guider d'après le bon plaisir
de Dieu. De onze heures à minuit j'ai prié pour la Sainte Eglise et pour le clergé,
pour les pécheurs, pour les missions et pour nos maisons. J'offrais les
indulgences pour les âmes du Purgatoire. 346. Minuit, 25.XII.1934. La Messe de Minuit. Dès le commencement de la Sainte Messe, j'ai éprouvé un grand recueillement
intérieur, la joie inonda mon âme. Pendant l'Offertoire, j'ai vu Jésus sur l'autel,
d'une beauté incomparable. Cet Enfant ne cessait de regarder tout le monde,
tendant Ses petites mains. Pendant l'Elévation, l'Enfant ne regardait plus la
chapelle, mais vers le ciel. Après l'Elévation, Il nous regarda de nouveau, mais
cela dura peu car, comme d'habitude, Il fut rompu par le prêtre et mangé. Mais
Il avait déjà une écharpe blanche. Le lendemain je vis la même chose, et le
surlendemain aussi. Il m'est difficile d'exprimer ma joie. Cette vision se répéta
pendant les trois Saintes Messes, comme à la première. 1934. Le premier jeudi après Noël. J'avais complètement oublié que c'était
aujourd'hui jeudi, je n'ai pas fait mon adoration et je suis allée avec les Sœurs
tout de suite au dortoir à neuf heures. Par extraordinaire je ne pouvais pas m'endormir. Il me semblait que j'avais encore quelque chose à faire. Mentalement je repassais mes devoirs en revue, mais je ne pus rien me rappeler. Cela dura jusqu'à dix heures. Je vis alors la Face de Jésus supplicié. Et soudain Jésus me dit : « Je t'attendais pour partager Mes souffrances, car qui les comprendra mieux que Mon épouse ? » J'ai demandé pardon à Jésus pour ma froideur, et, 348. honteuse, n'osant pas le regarder mais le cœur contrit, je L'ai prié de daigner me donner une épine de Sa couronne. Jésus me répondit qu'il m'accorderait cette grâce, mais le lendemain, et la vision disparut sur le champ. Le matin suivant, à la méditation, je sentis comme une douloureuse épine dans
ma tête, du côté gauche. Cette douleur dura toute la journée et je ne cessais de
me demander comment Jésus avait pu supporter la douleur de toutes les épines
qui formaient Sa couronne. J'ai uni mes souffrances à celles de Jésus et je les ai
offertes pour les pécheurs. A quatre heures, quand je suis venue pour l'adoration, je vis une de nos élèves,
qui offensais Dieu terriblement par des péchés d'impureté. Je voyais aussi la
personne avec qui l'élève péchait. La peur s'empara de mon âme et je priais
Dieu, par les douleurs de Jésus, de daigner l'arracher à cette affreuse misère. 349. Jésus me répondit qu'Il lui accorderait cette grâce, non pour elle, mais à
cause de ma prière. Alors j'ai compris combien nous devions prier pour les
pécheurs et particulièrement pour nos élèves. Notre vie est vraiment apostolique. Je veux imaginer une religieuse qui virait
dans nos maisons, c'est-à-dire dans notre communauté, et qui ne serait pas
animée de l'esprit apostolique. La ferveur pour le salut des âmes devrait brûler
dans nos cœurs. 350. O mon Dieu, qu'il est doux de souffrir pour vous dans les recoins les plus
secrets du cœur, dans la plus grande solitude; de brûler comme une offrande
que personne ne remarque, pure comme le cristal, sans consolation ni
compassion. Mon esprit brûle en proie à un amour actif. Je ne perds pas de
temps en rêveries. Je prends chaque instant séparément, car cela est en mon
pouvoir. Le passé ne m'appartient plus, l'avenir n'est pas encore à moi. De toute
mon âme, je tâche de profiter du temps présent. 4.I.1935. Le premier chapitre de Mère Borgia. 351. Pendant ce chapitre, la Mère mit l'accent sur la vie de foi et la fidélité dans les petites choses. Vers la moitié du chapitre, j'ai entendu ces paroles : « Je désire qu'il y ait plus de foi en vous au moment présent. Quelle grande joie Me cause la fidélité de mon épouse dans les petites choses. » - Alors j'a regardé la croix et j'ai vu que Jésus avait la tête tournée vers le réfectoire, Ses lèvres remuaient. Quand j'en ai parlé à la Mère Supérieure, elle me répondit : « Vous voyez, ma Sœur combien Jésus exige que notre vie soit une vie de foi. » 352. Puis la Mère se rendit à la chapelle, et moi, je restais pour mettre la pièce
en ordre et j'entendis soudain ces mots : « Dis à toutes les Sœurs que j'exige
qu'au temps présent, elles vivent leurs rapports avec les Supérieures, dans un
esprit de foi. » J'ai prié mon confesseur de me dispenser de ce devoir. 353. Un jour que je parlais avec une personne, qui devait peindre cette image,,
mais qui pour certaines raisons ne le faisait pas, j'entendis cette voix dans mon
âme : « Je désire qu'elle soit plus obéissante. » J'ai compris que les plus grands
efforts, s'ils n'ont pas le cachet de l'obéissance, ne sont pas agréables à Dieu. Je
parle ici pour une âme religieuse. O Dieu, qu'il est facile de connaître Votre
Volonté dans un ordre religieux. Pour nous, les âmes consacrées, la volonté de
Dieu est clairement tracée du matin au soir. Et dans les moments d'incertitude,
nous avons nos Supérieurs, par lesquels Dieu nous parle. 354. 1934.I.1935 ; Veille du Nouvel An. J'ai obtenu la permission de ne pas aller dormir, mais de prier à la chapelle. Une des Sœurs me demanda d'offrir une heure d'adoration pour elle, ce que j'ai accepté et j'ai prié pour elle pendant une heure. Pendant cette prière, Dieu me révéla que cette âme Lui était très agréable. J'ai offert la deuxième heure d'adoration pour la conversion des pécheurs, tâchant particulièrement d'expier les outrages de l'heure présente, ceux qui offensent le plus le Seigneur. J'ai offert la troisième heure à l'intention de mon père spirituel. J'ai instamment
demandé pour lui la lumière pour certaine affaire. Enfin, minuit sonne. La dernière heure de l'année. Je l'ai finie au nom de la Sainte
Trinité. De même en son Saint Nom, j'ai commencé la première heure du
Nouvel An. J'ai prié chacune des Trois Personnes de me bénir, et, avec grande
confiance, j'ai dirigé mon regard vers la nouvelle année qui ne sera certainement
pas exempte de souffrances. 355. Hostie Sainte, en Vous est contenu le testament de la Miséricorde divine
pour nous, et spécialement pour les pauvres pécheurs. Hostie Sainte, en Vous sont contenus le Corps et le Sang de Jésus, preuves de
l'infinie Miséricorde envers nous et spécialement envers les pauvres pécheurs. Hostie Sainte, en Vous sont contenues la vie éternelle et l'infinie Miséricorde, qui
nous sont abondamment accordées, particulièrement aux pauvres pécheurs. Hostie Sainte, en Vous est contenue la Miséricorde du Père, du Fils et du Saint
Esprit envers nous et particulièrement envers les pauvres pécheurs. Hostie Sainte, en vous est contenu le prix infini de la Miséricorde, qui paye
toutes nos dettes et particulièrement celles des pauvres pécheurs. Hostie Sainte, en vous est contenue la Source de l'eau vive, jaillissante de
l'infinie Miséricorde pour nous et particulièrement pour les pauvres pécheurs. Hostie Sainte, en vous est contenu le feu du plus pur amour, qui flambe au sein
de Père Eternel comme d'un volcan d'infinie Miséricorde pour nous et
particulièrement pour les pauvres pécheurs. Hostie Sainte, en Vous est contenu le remède à toutes nos faiblesses, découlant
de l'infinie Miséricorde comme d'une source, pour nous et particulièrement pour
les pauvres pécheurs. Hostie Sainte, en vous est contenu le lien entre Dieu et nous, don de l'infinie
Miséricorde envers nous et particulièrement envers les pauvres pécheurs. Hostie Sainte, en vous sont contenus tous les sentiments du Très doux Cœur de
Jésus envers nous et particulièrement envers les pauvres pécheurs. Hostie Sainte, notre unique espoir, dans toutes les souffrances et les contrariétés
de la vie. Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu des ténèbres et des orages
intérieurs et extérieurs. Hostie Sainte, notre unique espoir, dans la vie et à l'heure de notre mort. Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu des insuccès et dans l'abîme des
désespoirs. Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu de la fausseté et des trahisons. Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu des ténèbres et de l'impiété qui
submergent la terre. Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu de la nostalgie et de la douleur
résultant de l'incompréhension de tous. Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu du travail pénible et de la
monotonie de la vie quotidienne. Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu de la destruction de nos espoirs et
de nos efforts. Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu des ravages de l'ennemi et des
efforts de l'enfer. Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous, lorsque les fardeaux dépasseront mes
forces et quand je verrai l'inutilité de mes efforts. Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous lorsque les orages secouent mon cœur et
que l'esprit effrayé penche vers le doute. Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous lorsque mon cœur va frémir et quand la
sueur mortelle mouillera mon front. Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous lorsque tout sera conjuré contre moi et que
le sombre désespoir envahira mon âme. Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous lorsque mon regard va se détourner des
choses temporelles et que mon esprit verra pour la première fois des mondes
inconnus. Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous, lorsque les travaux vont surpasser mes
forces et que l'insuccès sera mon constant partage. Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous, lorsque l'accomplissement des vertus me
semblera difficile et que la nature se révoltera. Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous, lorsque les coups de l'ennemi serons
dirigés contre moi. Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous, lorsque mes fatigues et mes efforts seront
méconnus des hommes. Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous, lorsque Vos jugements retentiront sur moi,
alors j'aurai confiance en votre Miséricorde sans limites. 356. Très Sainte Trinité, j'ai confiance en votre infinie Miséricorde. Dieu est
mon Père. Donc moi, Son enfant, j'ai tous les droits sur Son divin Cœur. Et plus
les ténèbres son grandes, plus totale doit être notre confiance. 357. Je ne comprends pas comment on peut ne pas avoir confiance en Celui qui
peut tout. Tout est par Lui et rien sans Lui. Lui, le Seigneur, ne permettra ni
n'admettra la confusion de ceux qui ont mis toute leur confiance en Lui. 358. 10.1.1935. Jeudi soir pendant la bénédiction certaines pensées commencèrent à me tourmenter : Est-ce que, par hasard, tout ce que je dis au sujet de cette grande Miséricorde de Dieu ne serait pas mensonge ou illusion ?... Je voulais réfléchir un moment là-dessus, quand, soudain, j'entendis une voix intérieure forte et distincte : « Tout ce que tu dis de Ma bonté est la vérité et il n'y a pas d'expression suffisante pour la louer. » - Ces paroles étaient si pleine de puissance et si claires, que je donnerais ma vie pour elles : elles viennent de Dieu. Je Le reconnais à la paix profonde qui m'envahit alors et continue de m'accompagner. 358 morceau Cette paix me donne une puissance et une force si grande, que toutes les
difficultés, les contrariétés, les souffrances et la mort même ne sont rien. Cette
lumière souleva un coin du voile et je vis que tous mes efforts pour que les âmes
connaissent la Miséricorde du Seigneur, sont très agréables à Dieu. Cela fit
naître une si grande joie dans mon âme, que je ne sais si, au Ciel, elle peut être
plus grande. Oh !si les âmes voulaient écouter, au moins un peu, la voix de leur
conscience et la voix, ou plutôt les inspirations de l'Esprit Saint ! Je dis : « au
moins un peu », car lorsque nous nous livrons à l'influence de l'Esprit Saint divin,
Il complète Lui-même ce qui nous manque. 359. Nouvel An 1935. Jésus aime entrer dans les menus détails de notre vie. Bien des fois, Il réalise mes secrets désirs que je Lui cache parfois, bien que je sache que rien ne peut être caché devant Lui. Il est en usage chez nous, le jour de l'An, de tirer au sort des Patrons particuliers
pour toute l'année. Le matin, pendant la méditation, un secret désir s'éveilla en
moi que Jésus Eucharistie soit mon Patron particulier pour cette année comme
avant. Cependant, cachant ce désir à mon Bien-aimé, je Lui parlai de tout, sauf
de cela. Quand nous sommes arrivées au réfectoire pour déjeuner, après le
signe de croix, nous commençâmes à tirer au sort. Lorsque je me suis
approchée des petites images où sont inscrits les Patrons j'en ai pris une sans
réfléchir. Cependant pour me mortifier pendant quelques minutes, je ne l'ai pas
lue tout de suite. Soudain j'entendis une voix dans mon âme : « Je suis ton Patron, lis. » A ce
moment, j'ai regardé l'inscription et j'ai lu : Patron pour l'année1935, la Sainte
Eucharistie ». Mon cœur frémit de joie. Je me suis éloignée discrètement du
cercle des Sœurs et je suis allée, pendant un court instant, devant le Saint
Sacrement et là j'ai soulagé les sentiments de mon cœur. Cependant Jésus me fit
doucement remarquer qu'en ce moment, je devais être en communauté avec les
Sœurs, j'y suis immédiatement retournée, conformément à la règle. 360. Sainte Trinité, Dieu unique, inconcevable dans la grandeur de Votre
Miséricorde envers les créatures et particulièrement envers les pauvres
pécheurs. Vous avez révélé l'abîme de Votre Miséricorde inconcevable dont
aucune intelligence humaine, ni angélique ne sondera jamais les limites. Notre
néant et notre misère s'anéantissent dans Votre grandeur. O Bonté infinie, qui
vous louera dignement ? Se trouvera-t-il une âme, qui Vous comprenne dans
Votre amour ? O Jésus, de telles âmes existent, mais il n'y en a pas beaucoup. 361. Un jour, pendant la méditation matinale, j'ai entendu cette voix : « Je suis Moi-même ton directeur, Je l'étais, Je le suis et Je le serai. Quand tu M'as prié de te donner une aide visible, Je te l'ai accordée, l'ayant choisie Moi-même avant même que tu Me l'aies demandé, car ainsi l'exigeait Mon œuvre. Sache que les fautes que tu commets envers lui, blessent Mon Cœur. Surtout garde-toi d'être indépendante, que chacun des plus petits détails portent le cachet de l'obéissance. » Le cœur humilié et anéanti, j'ai demandé pardon à Jésus pour ces fautes. J'ai également demandé pardon à mon Père spirituel et j'ai pris la résolution de ne rien faire plutôt que d'agir à tort et à travers. 362. O Bon Jésus, je vous remercie pour cette grande grâce de me faire
comprendre que je suis en moi-même misère et péché, rien de plus. Par
moi-même je ne puis qu'une chose : Vous offenser, Ô mon Dieu. Car la misère
ne peut rien faire d'autre par elle-même que Vous offenser, ô Bonté infinie ! 363. Un jour on m'a demandé de prier pour une âme, j'ai résolu tout de suite de faire une neuvaine à la Miséricorde du Seigneur, en y joignant une mortification, celle de porter des chaînettes aux deux pieds pendant la Sainte Messe. Au bout de trois jours de pratique de cette mortification, je suis allée me confesser et j'ai fait part à mon Père spirituel de la mortification que j'avais entreprise, présument qu'il n'aurait rien contre. Mais j'entendis le contraire, à savoir que je ne devais rien faire seule, sans permission. O mon Jésus, voilà que de nouveau j'ai été indépendante. Mais je ne me
décourage pas de ces chutes, je sais bien que suis misère. Ma santé m'interdit
les mortifications et mon Père spirituel s'étonnait que je fasse de plus grandes
mortifications, sans autorisation. J'ai demandé pardon pour avoir agi de ma
propre volonté, ou plutôt, pour avoir présumé la permission. Je lui ai demandé
une autre mortification à la place. 364. Il me proposa une mortification intérieure, notamment ; je devais considérer, pendant la Sainte Messe, pourquoi Jésus a consenti à être baptisé. Cette méditation n'était pas une mortification pour moi, car ce m'est un délice de penser à Dieu. Mais il y avait là une mortification de la volonté, puisque je faisais, non pas ce qui me plaisait, mais ce qui m'était indiqué. C'est en cela que consiste la mortification intérieure. Lorsque je me suis éloignée du confessionnal et que j'ai commencé à réciter ma
pénitence, j'entendis ces mots : « J'ai accordé la grâce que tu M'avais
demandée pour cette âme, cependant je ne l'ai pas fait à cause de la
mortification que tu t'étais toi-même choisie. C'est pour ton acte d'obéissance
absolue envers celui qui Me représente, que J'ai accordé à cette âme la grâce
pour laquelle tu as intercédé auprès de Moi, et pour laquelle tu as imploré Ma
Miséricorde. Sache que lorsque tu détruis ta volonté propre, la mienne règne en
toi. » 365. O mon Jésus, soyez patient avec moi, je serai plus attentive à l'avenir. Je
ne m'appuierai plus sur moi-même, mais sur Votre grâce et sur Votre bonté, qui
sont si grandes pour moi qui suis si misérable. Une fois, Jésus me fît connaître que lorsque je Le priais aux intentions qu'on me
confiait, Il était toujours prêt à accorder Ses grâces, mais que les âmes ne
voulaient pas toujours les accepter. « Mon Cœur déborde d'une grande
miséricorde pour les âmes et particulièrement pour celles des pauvres pécheurs.
Si elles pouvaient comprendre que Je suis le meilleur des Pères, que c'est pour
elles que le Sang et l'Eau ont jailli de Mon Cœur comme d'une source pleine de
miséricorde. Pour elles Je demeure au tabernacle comme Roi de Miséricorde.
Je désire combler les âmes de grâces, mais elles ne veulent pas les accepter. Toi
au moins, viens vers Moi le plus souvent possible et prends ces grâces qu'elles
ne veulent pas. Ainsi tu consoleras Mon Cœur. Oh ! Que l'indifférence des âmes
pour tant de bonté, tant de preuves d'amour est grande! Mon Cœur n'est
abreuvé que d'ingratitude et d'oubli de la part des âmes qui vivent dans le
monde. Elles ont du temps pour tout, mais elles n'ont pas de temps pour venir
vers Moi, ni pour chercher des grâces. Je me tourne donc vers vous, âmes choisies, est-ce que, vous aussi resterez aveugles à l'amour de Mon Cœur ? Et ici aussi, Mon Cœur éprouve une déception. Je ne trouve pas en vous un abandon total à Mon amour, mais tant de réserves, tant de méfiance, tant de précautions ! Pour te consoler, Je te dirai qu'il y a des âmes vivant dans le monde, qui M'aiment sincèrement. Je séjourne avec délices en elles. Mais elles sont peu nombreuses. Dans les couvents aussi il y a des âmes qui remplissent Mon Cœur de joie : Mes traits sont gravés en elles et c'est pour cela que le Père Céleste les regarde avec une prédilection particulière. Elles seront un spectacle pour les Anges et les hommes. Mais leur nombre est très petit. Ce sont elles qui protègent le monde de la justice du Père Céleste et qui lui obtiennent miséricorde, par leur prières. L'amour de ces âmes et leurs sacrifices soutiennent l'existence du monde. C'est l'infidélité d'une âme, spécialement élue par Moi, qui blesse le plus
douloureusement Mon Cœur : ces infidélités sont des larmes qui Me
transpercent le Cœur. » 367. 29.1.1935. Ce mardi matin, pendant la méditation, j'ai aperçu
intérieurement, le Saint-Père qui célébrait la Sainte Messe. Après le Pater
Noster il causait avec Jésus de cette affaire que Jésus m'a ordonné de lui dire.
Bien que je n'en aie jamais parlé au Saint-Père personnellement, mais que ces
affaires soient arrangées par quelqu'un d'autre, à cet instant, j'ai su, par
connaissance intérieure, qu'il y réfléchissait et que dans peu de temps, l'affaire
serait conclue selon les désirs de Jésus. 368. Avant la retraite de huit jours, je suis allée chez mon directeur spirituel et je l'ai prié de me désigner certaines mortifications pour le temps de la retraite. Il ne m'en a permis que quelques unes seulement, et non toutes celles que je désirais. J'ai reçu la permission de faire une heure de méditation sur la Passion de Jésus et de m'imposer certaines humiliations. J'étais un peu mécontente de ne pas avoir reçu la permission pour tout ce que je lui avais demandé. Quand nous sommes rentrées à la maison, j'ai passé un moment à la chapelle et j'entendis dans mon âme une voix « Une heure de méditation sur Ma douloureuse Passion a un plus grand mérite, que toute une année de flagellation jusqu'au sang. La considération de Mes Plaies douloureuses est d'un grand profit pour toi et Me procure une grande joie. Je suis étonné que tu n'aies pas encore renoncé complètement à ta propre volonté, mais Je me réjouis, car ce changement surviendra pendant la retraite. » 369. Le même jour, alors que j'étais à l'église, pour me confesser, j'ai aperçu
ces mêmes rayons sortant de l'ostensoir. Ils se répandaient dans toute l'église.
Cela dura pendant tout l'office. Après la bénédiction, ils se répandirent des deux
côtés, puis revinrent à l'ostensoir. Leur aspect était clair et transparent comme
du cristal. J'ai prié Jésus qu'il daigne allumer le feu de son amour dans toutes les
âmes froides. Sous ces rayons, leur cœur se réchaufferait, même s'il était froid
comme de la glace, et il serait réduit en poussière, même s'il était dur comme le
roc. 370. J.M.J. Wilno, 4,11.1935 Retraite de huit jours. Jésus, Roi de Miséricorde, voici revenu le moment où je reste en tête avec
Vous, c'est pourquoi je Vous supplie par tout l'amour dont brûle Votre divin
Cœur, détruisez en moi, tout amour propre et, par contre, enflammez mon cœur
du feu de Votre très pur amour. 371. Le soir, la conférence finie, j'ai entendu ces mots : « Je suis avec toi. Pendant cette retraite, je t'affermirai dans la paix et le courage, pour que les forces ne te manquent pas dans l'accomplissement de Mes desseins. C'est pourquoi tu vas absolument renoncer à ta propre volonté pendant cette retraite et ainsi toute Ma volonté s'accomplira en toi. Sache que cela va te coûter beaucoup, c'est pourquoi écris sur une carte blanche ces mots : « A partir d'aujourd'hui ma volonté propre n'existe plus. » Et raye la carte. De l'autre côté, écrit ces mots : « A partir d'aujourd'hui j'accomplis la volonté de
Dieu, partout, toujours, en tout. » Ne t'effraie de rien. L'amour t'en donnera la
force et en facilitera l'accomplissement. » 372. Méditation fondamentale sur le but c'est-à-dire sur les choix de l'Amour.
L'âme doit aimer, elle a besoin d'aimer. L'âme doit déverser son amour, non pas
dans la boue, ni dans le vide, mais en Dieu. Comme je me réjouis quand je
réfléchis là-dessus, car je sens réellement que Lui seul est dans mon cœur.
Jésus, Seul, Unique. J'aime les créatures en tant qu'elles m'aident à m'unir à
Dieu. J'aime tous les hommes parce que je vois en eux l'image divine. 373. J.M.J. Wilno, 4.11.1935 A partir d'aujourd'hui ma volonté propre n'existe plus Au moment où je m'agenouillais pour rayer ma volonté propre, comme le
Seigneur m'a dit de le faire, j'ai entendu dans mon âme cette voix : « A partir
d'aujourd'hui, n'aie pas peur des jugements de Dieu, car tu ne seras pas jugée. » J.M.J. Wilno, 4.11 1935 A partir d'aujourd'hui j'accomplis la volonté de Dieu, partout, toujours, en tout. J.M.J. Wilno, 8.11.1935 Le travail intérieur, personnel, ou examen de conscience. Du renoncement de soi et de sa volonté propre. I Le renoncement de la raison : c'est-à-dire soumettre ma raison à celle de ceux
qui remplacent Dieu sur terre auprès de moi. II Le renoncement de la volonté : c'est-à-dire, accomplir la volonté de Dieu qui
se manifeste à moi dans la volonté de ceux qui tiennent la place de Dieu auprès
de moi, ainsi que dans le règlement de notre ordre religieux. III Le renoncement du jugement : c'est-à-dire accepter immédiatement, sans
réfléchir, sans analyser, ni raisonner chaque ordre, qui m'est donné par ceux qui
tiennent la place de Dieu auprès de moi. IV Le renoncement de ma langue. Je ne lui donnerai aucune liberté. En un seul
cas, elle sera totalement libre : pour la proclamation de la gloire de Dieu. A
chaque fois que je communie, je prie Jésus qu'il daigne fortifier et purifier ma
langue, pour que je ne blesse pas mon prochain. C'est pour cela que j'ai le plus
grand respect pour la règle qui parle du silence. 375. Mon Jésus, j'ai confiance que Votre grâce m'aidera à tenir ces résolutions.
Bien que ces articles soient contenus dans le vœu d'obéissance, je veux pourtant
m'y exercer d'une manière particulière, car c'est l'essence de la vie religieuse.
Miséricordieux Jésus, je Vous en prie ardemment, éclairez mon esprit pour que
je puisse mieux Vous connaître, Vous qui êtes l'Être infini, et pour que je puisse
mieux me connaître, moi qui suis le néant même. 376. De la Sainte confession. Nous devrions tirer deux profits de la Sainte Confession. Nous allons nous confesser : 1. Pour la guérison. 2. Pour l'éducation. Notre âme a besoin, comme un petit enfant, d'une éducation continuelle. O mon Jésus, je comprends ces mots à fond et je sais, par expérience, que lâme n'arrivera pas loin par ses propres forces. Elle peinera beaucoup rt ne fera rien pour la gloire de Dieu. Elle va s'égarer constamment, car mon esprit est obscur et ne sait pas discerner en ce qui le concerne. Je vais appliquer mon attention spécialement sur deux points : 1. Choisir en me confessant, ce qui m'humilie le plus, serais-ce une chose
minime, pourvu que cela me coûte beaucoup et voilà pourquoi je le dirai. 2. Je vais m'exercer à la contrition, non seulement pendant la confession, mais à
chaque examen de conscience. Je vais éveiller en moi la contrition parfaite,
surtout au moment d'aller me coucher. Encore un mot : l'âme, qui désire sincèrement avancer dans la perfection, doit
s'en tenir strictement aux conseils que lui donne son conseiller spirituel. Autant
de sainteté que de dépendance. 377. Un jour où je causais avec mon directeur, j'aperçus intérieurement, et dans un éclair, son âme en proie à une grande souffrance, à un supplice tel que rares sont les âmes que Dieu touche d'un pareil feu. Cette œuvre en était la cause. Un jour viendra où cette œuvre tant recommandée par Dieu paraissant presque réduite à néant, resurgira soudain sous l'action de Dieu avec une grande force qui témoignera de sa vérité. Et bien qu'elle existât depuis longtemps déjà, elle donnera une nouvelle splendeur à l'Eglise. Personne ne peut nier que Dieu est infiniment miséricordieux. Il désire que tout le monde le sache, avant qu'il ne revienne comme Juge. Il veut que les âmes Le connaissent d'abord comme Roi de Miséricorde. Quand viendra ce triomphe, nous serons déjà dans cette vie nouvelle où il n'y a plus de souffrance. Mais, avant cela, « votre âme sera abreuvée d'amertume devant l'anéantissement de vos efforts. » Cependant cet anéantissement ne sera qu'apparent, car Dieu ne change pas ce qu'Il a une fois décidé. Mais bien que l'anéantissement ne soit qu'apparent, pourtant la souffrance sera bien réelle. Quand cela arrivera-t-il ? Je ne le sais pas. Combien de temps cela durera-t-il ? Je l'ignore. Mais Dieu m'a promis une grande grâce particulière ainsi qu'à tout ceux qui proclameront la grandeur de Sa Miséricorde. Il les défendra à l'heure de la mort. Lorsqu'un pécheur se tourne vers Sa Miséricorde, même si ses péchés étaient noirs comme la nuit, il Lui rend la plus grande gloire et fait honneur à Sa Passion. Lorsqu'une âme glorifie Sa bonté, alors le démon tremble à cette vue et s'enfuit au fond de l'enfer. Au cours d'une adoration, Jésus m'a promis : « J'agirai, à l'heure de leur mort, selon Mon infinie Miséricorde, envers les âmes qui auront recours à Ma Miséricorde, et envers celle qui la glorifieront et en parleront aux autres. » « Mon Cœur souffre, dit Jésus, à cause des âmes choisies, qui ne comprennent
pas elles-mêmes l'immensité de Ma Miséricorde. Leur relation envers Moi,
d'une certaine manière, comporte de la méfiance. Oh ! Comme cela blesse
Mon Cœur ! Souvenez-vous de Ma Passion et si vous ne croyez pas à Mes
paroles, croyez au moins à mes plaies. » 379. Je ne ferai aucune démarche, aucun geste, selon ma propre inclination, car
je suis liée par la grâce. Je suis constamment attentive à ce qui est le plus
agréable à Jésus. 380. Pendant§ une méditation sur l'obéissance, j'ai entendu ces paroles : « Le
prêtre parle, ici, exceptionnellement pour toi, sache que J'emprunte sa bouche. »
Je m'efforçais d'écouter avec la plus grande attention, et j'appliquais tout à mon
cœur comme pour chaque méditation. Lorsque le prêtre a dit que l'âme
obéissante se remplit de la force de Dieu - « Oui quand tu es obéissante, Je
t'enlève ta faiblesse et en échange Je te donne Ma force. Cela m'étonne que les
âmes ne veuillent pas faire cet échange avec Moi. » J'ai dit : « Jésus, éclairez
mon âme, sinon, moi non plus, je ne comprendrai pas bien ces paroles. » 381. « Je sais que je ne vis pas pour moi, mais pour un grand nombre d'âmes.
Je sais que les grâces, qui me sont accordées, ne sont pas seulement pour moi,
mais aussi pour les autres. O Jésus, l'immensité de Votre Miséricorde se
déverse en mon âme qui est le gouffre même de la misère. Je Vous remercie
Jésus, pour les grâces et les parcelles de la Croix que Vous me donnez à
chaque instant de ma vie. » 382. Au commencement de la retraite, j'ai aperçu Jésus cloué à la Croix, sur le plafond de la chapelle. Il regardait les Sœurs avec un grand amour, mais pas toutes. Il y a trois Sœurs sur lesquelles Jésus jetait un regard sévère, je ne sais pour quelle raison. Je sais seulement qu'il est terrible de rencontrer un tel regard qui est celui d'un Juge sévère. Ce regard ne me concernait pas et cependant je fus saisie de crainte et de frayeur. J'en frémis encore tout en écrivant ces mots. Je n'ai pas osé en dire le moindre mot à Jésus. Mes forces s'en allaient et je craignis ne plus pouvoir rester jusqu'à la fin de la conférence. Le lendemain, j'ai vu de nouveau la même chose que la première fois. Et j'ai osé dire : « Jésus, comme Votre Miséricorde est grande. » Le troisième jour, le regard bienveillant sur toutes les Sœurs, excepté ces trois,
se reproduisit encore. Alors je pris mon courage à deux mains, et mue par
l'amour du prochain je dis au Seigneur : « Vous qui êtes la Miséricorde même,
comme Vous me l'avez affirmé, je Vous supplie, par la puissance de Votre
Miséricorde, posez aussi Votre regard bienveillant sur ces trois Sœurs. Si cela
ne s'accorde pas avec Votre Sagesse, je Vous en prie, faisons un échange : que
le regard bienveillant que Vous portez sur mon âme soit pour elles, et que le
regard sévère que Vous portez sur leur âme, soit pour moi. » Alors Jésus me dit
: « Ma fille, pour ton amour sincère et magnanime, Je leur accorde beaucoup de
grâces, bien qu'elles ne Me prient pas. Mais c'est à cause de la promesse que Je
t'ai faite. » Et, au même instant Il embrassa aussi du regard ces trois Sœurs. Une
grande joie me fit battre le cœur, à la vue de la Bonté divine. 383. Je suis restée en adoration de 9 heures à 10 heures, ainsi que quatre autres
Sœurs. M'approchant de l'autel, j'ai commencé à méditer la Passion de Jésus.
Au même instant une terrible douleur inonda mon âme à cause de l'ingratitude
d'un si grand nombre d'âmes qui vivent dans le monde. Et plus encore à cause
de celle des âmes spécialement choisies par Dieu. On ne peut s'en faire une idée
ni tenter de comparaison. A la vue de cette ingratitude des plus noires, je sentis
comme si mon cœur se déchirait. Mes forces physiques m'abandonnaient
complètement. Je me suis prosternée et sans me cacher, je pleurais tout haut.
Chaque fois que je pensais à la grande Miséricorde de Dieu et à l'ingratitude
des âmes, la douleur transperçait mon cœur. J'ai compris aussi combien le Doux
Cœur de Jésus en est douloureusement blessé. J'ai renouvelé d'un cœur ardent
mon acte d'offrande pour les pécheurs. 384. Avec joie et envie j'ai pressé mes lèvres à l'amertume du calice que je prend chaque jour pendant la Sainte Messe.. Je ne la donnerai à personne, la goutte que Jésus me réserve à chaque moment. Je vais consoler le très doux Cœur Eucharistique de Jésus. Je jouerai de belles mélodies sur les cordes de mon cœur, la souffrance est la plus douce musique. Je vais assidûment rechercher ce qui peut aujourd'hui réjouir Son Cœur. Les jours de la vie ne sont pas monotones. Quand les nuages noirs me
cacheront le soleil, je fendrai les nuées comme un aigle et je signalerai à tos que
le soleil ne s'éteint pas. 385. Je sens que Dieu me permettra de soulever le voile pour que la terre ne
doute pas de Sa bonté. Dieu n'est sujet ni à éclipse, ni à changement, Il est pour
tous les siècles Un et Le Même. Rien ne peut s'opposer à Sa volonté. Je sens en
moi une force plus grande que la force humaine : un courage et une force issus
de la grâce qui demeure en moi. Je comprends les âmes qui souffrent du
manque d'espoir, j'ai moi-même expérimenté ce feu. Mais Dieu, n'impose rien
au delà de nos forces. J'ai longtemps vécu dans l'espérance contre toute
espérance et j'ai ainsi fait naître l'espérance jusqu'à la confiance totale en Dieu.
Qu'il m'arrive ce qu'Il a décidé depuis tous les siècles. Le principe général. 386. Il serait bien laid pour une religieuse de chercher du soulagement dans la
souffrance. 387. Voici ce qu'on fait la grâce et la méditation, d'un très grand criminel. Celui
qui meurt a beaucoup d'amour. « Souvenez-Vous de moi lorsque Vous serez
dans Votre Royaume. » La vraie contrition change l'âme immédiatement. Il faut
diriger la vie spirituelle sérieusement et sincèrement. 388. L'amour doit être réciproque. Si Jésus a bu pour moi toute l'amertume,
moi, Son épouse, j'accepterai toutes les amertumes pour Lui prouver mon
amour. 389. Celui qui sait pardonner se prépare de nombreuses grâces divines. Je
pardonnerai sincèrement chaque fois que je regarderai le crucifix 390. L'union avec les âmes nous a été donnée au Sacrement du Saint-Baptème.
La mort resserre l'amour. Je devrai toujours être une aide pour les autres. Si je
suis une bonne religieuse, je serai utile non seulement à notre Ordre, mais aussi à
ma Patrie. 391. Dieu donne Ses grâces de deux façons : par l'inspiration et par
l'illumination. Si nous prions pour obtenir la grâce, Dieu nous la donnera. Il suffit
de l'accepter, mais pour cela, i !l faut de l »abnégation. L'amour ne réside ni
dans les mots, ni dans les sentiments, mais dans les actes. C'est un acte de
volonté, c'est un don, c'est-à-dire une donation. Raison, volonté, cœur : nous devons exercer ces trois facultés dans la prière. Je
ressusciterai en Jésus, mais d'abord je dois vivre en Lui. Si je ne me sépare pas
de la croix, alors l'Evangile fera son chemin en moi. Jésus efface en moi toutes
mes imperfections. Sa grâce agit sans cesse. La Sainte Trinité m'accorde Sa vie
en plénitude par le don de l'Esprit Saint. Les Trois Personnes Divines demeurent
en moi. Lorsque Dieu aime, Il le fait de tout Son Etre, de toute la puissance de
Son Etre. Si Dieu m'a tant aimée, que dois-je faire, moi, Son épouse ? 392. Pendant une des conférences, Jésus me dit : « Dans la petite grappe élue,
tu est une douce baie, Je désire que la sève, qui circule en toi, se communique
aux autres âmes. » 393. Pendant le renouvellement des vœux, j'aperçus Jésus du côté de l'Epître, dans un vêtement blanc, ceint d'une ceinture dorée, Il tenait à la main un terrible glaive. Cela dura jusqu'au moment où les Sœurs commencèrent à renouveler leurs vœux Soudain je vis une clarté insoutenable, et en avant de cette clarté, un plateau de nuage blanc en forme de balance. Jésus s'approcha et mis le glaive sur un plateau de la balance, qui tomba sous son poids, vers la terre, et faillit la toucher complètement. A ce moment les Sœurs finissaient le renouvellement de leurs vœux. Et je vis des Anges prendre à chaque Sœur quelque chose qu'ils mettaient dans un vase d'or, qui avait la forme d'un encensoir. Lorsqu'ils eurent fait le tour de toutes les Sœurs, ils déposèrent sur le second plateau de la balance le vase dont le poids l'emporta tout de suite sur celui du plateau avec le glaive. Alors une flamme jaillit de l'encensoir et monta jusqu'à la clarté. Et soudain j'entendis une voix venant de cette clarté : « Remettez le glaive à sa place, il a moins de poids que le sacrifice. » A ce moment Jésus nous accorda Sa bénédiction, et tout ce que j'avais vu, disparut. Les Sœurs avaient déjà commencé à communier. Quand j'ai reçu la Sainte
Communion, la joie inonda mon âme, une joie si grande que je ne pourrais la
décrire. 394. Départ pour quelques jours à la maison paternelle chez ma mère qui se
mourait.. J'ai appris que ma mère est très gravement malade, q'elle est
mourante, et qu'elle me prie de venir, car elle veut me voir avant de mourir.
Alors ce réveillèrent tous les sentiments de mon cœur. Comme une enfant aimant
sincèrement sa mère, je désirais exaucer son désir . Mais j'ai laissé à Dieu la
liberté d'agir et je me suis livrée complètement à Sa volonté. Sans faire attention
à la douleur de mon cœur, je suivais la volonté divine. Le jour de ma fête, le 15 février au matin, la Mère Supérieure me remit une
seconde lettre de ma famille et m'accorda la permission de retourner à la maison
pour exaucer le désir et les prières de ma mère mourante. Tout de suite, j'ai fait
les préparatifs nécessaires et le soir j'ai quitté Wilno. J'ai offert toute cette nuit
pour ma mère gravement malade, afin que Dieu lui accorde la grâce de ne rien
perdre des mérites de ses souffrances. 395. Mes compagnes de voyage étaient bien gentilles; plusieurs dames de la Congrégation mariale se trouvaient dans le même compartiment ; j'ai senti que l'une d'elle souffrait beaucoup et qu'un combat acharné se livrait dans son âme. J'ai prié pour cette âme. A onze heures, ces dames passèrent dans un autre compartiment pour causer et en attendant nous sommes restées toutes les deux seules, dans le wagon. Je sentis que ma prière augmentait encore le combat de cette âme. Je ne la consolais pas, aussi je priais encore plus ardemment. Enfin cette personne s'adressant à moi me pria de lui dire si elle devait accomplir une certaine promesse faite à Dieu. A ce moment, j'ai eu intérieurement connaissance de cette promesse et lui ai répondu : « Vous êtes obligée, Madame, d'accomplir cette promesse, car autrement, vous serez malheureuse toute votre vie. Cette pensée ne vous laissera pas en paix. » Etonnée de cette réponse, elle le dévoila toute son âme. C'était une maîtresse d'école qui, lorsqu'elle devait passer un examen, promit à Dieu de se consacrer à Son service, c'est-à-dire entrer au couvent si elle était reçue à cet examen. Elle réussit très bien l'examen. Mais, dit-elle, « Je suis entrée dans le tourbillon du monde et je ne veux plus entrer au couvent. Cependant ma conscience ne me laisse pas en paix et malgré les distractions, je suis toujours mécontente. » Après une assez longue conversation cette personne changea du tout au tout et
me dit qu'elle allait tout de suite faire des démarches pour se faire religieuse. Elle
me demanda de prier pour elle. Je sentais que Dieu ne lui épargnait pas ses
grâces. 396. Le matin, j'arrivais à Varsovie et le soir à 8 heures, j'étais à la maison. Il est difficile de décrire quelle joie ce fut pour mes parents et pour toute la famille. Ma mère se trouvait un peu mieux, cependant le médecin ne laissait aucun
espoir quant à la guérison complète. Après nous être salués, nous sommes tous
tombés à genoux pour remercier Dieu de la grâce de pouvoir nous rencontrer
tous encore une fois dans cette vie. 397. En voyant prier mon père, j'étais bien honteuse, après tant d'années
passées au couvent, de ne pas savoir prier avec autant de sincérité et de ferveur.
Je ne cesse de rendre grâces à Dieu pour de tels parents. 398. Oh ! Comme tout avait changé en dix ans ! Impossible de rien reconnaître.
Le jardin était si petit maintenant que je ne pouvais le reconnaître. Mes frères et
sœurs que j'avais quittés encore enfants, étaient maintenant tous adultes… Je
m'étonnais de ne pas les retrouver tels que lors de notre séparation. 399. Stasio m'accompagnait chaque jour à l'église. Je sentais que cette âme était
très agréable à Dieu. Le dernier jour, quand il n'y avais plus personne à l'église,
je suis allée devant le Saint Sacrement, et nous avons récité ensemble le Te
Deum. Après un moment de silence j'ai offert cette âme au Très Doux Cœur de
Jésus. Comme il m'était bon de prier dans cette petite église ! Je me suis
souvenue de touts les grâces que j'y avais reçues, grâces que je ne comprenais
pas alors et dont j'avais si souvent abusé, et je m'étonnais moi-même d'avoir pu
être aussi aveugle. Je regrettais vivement mon aveuglement et, soudain j'ai vu
Jésus, éclatant d'une beauté indicible. Il me dit gracieusement : « Mon élue, Je
t'accorderai de plus grâces encore, pour que tu sois pendant toute l'éternité
témoin de Mon Infinie Miséricorde. » 400. Ces jours à la maison passaient pour moi en grande compagnie, car
chacun voulait me voir et causer un peu. Souvent je comptais jusqu'à vingt-cinq
personnes. Elles écoutaient avec curiosité mes récits de la vie des saints. Je
m'imaginais que notre maison était vraiment la maison de Dieu, car jusqu'au soir
on ne parlait que de Lui. Lorsque, fatiguée par ces récits et soupirant après la
solitude et le silence, je m'échappais le soir au jardin afin de pouvoir parler avec
Dieu en tête-à-tête, cela non plus ne me réussissait pas. Mes frères et sœurs
venaient tout de suite et me reconduisaient à la maison où, de nouveau, il me
fallait parler avec tant d'yeux fixés sur moi ! Mais je parvins à trouver un peu de répit, et je priais mes frères, qui avaient de
très belles voix, de chanter. De plus, l'un d'entre eux jouait du violon, le second
de la mandoline.. Ce qui me permettait de prier spirituellement sans fuir leur
société Faustine 12 400…) Ce qui me coûtait beaucoup, c'étais d'embrasser les enfants. Des
femmes de ma connaissance venaient avec leurs enfants et me priaient de les
prendre dans mes bras ne serais-ce que pour un instant, et les embrasser. Elles
considéraient cela comme une grande grâce. Pour moi c'était une occasion de
m'exercer à la vertu, car plus d'un enfant était assez sale. Mais pour me vaincre
et ne montrer aucune répugnance, je baisai deux fois un enfant sale. L'une d'elle
apporta son enfant, qui avait les yeux malades et purulents, et me dit « Prenez-le
un instant dans vos bras, ma Sœur. » Ma nature ressentait du dégoût, mais sans
y prêter attention, je pris l'enfant dans mes bras, et je le baisai deux fois, juste à
l'endroit purulent de l'œil, en demandant à Dieu une amélioration. J'avais ainsi
beaucoup d'occasions de m'exercer à la vertu. En les écoutant tous exprimer leurs griefs, j'ai remarqué qu'il n'y avait pas de
cœur joyeux, car il n'y avait pas de cœurs aimant sincèrement Dieu et cela ne
m'a pas du tout étonnée. Je fus très peinée de ne pas voir deux de mes sœurs.
Je sentis intérieurement que leur âme était en grand danger. Lorsque je pensais à
elles, la douleur me serrait le cœur. Un jour, me sentant très près de Dieu, je
priais ardemment le Seigneur de leur accorder Sa grâce. Le Seigneur me
répondit : « Je leur accorde non seulement les grâces nécessaires, mais aussi des
grâces particulières. » J'ai compris que le Seigneur les appellerait à une plus
grande union avec Lui et je me réjouis profondément qu'un si grand amour règne
dans notre famille. 401. Quand vint le moment de dire adieu à mes parents, je les priai de me bénir : j'ai senti la puissance de la grâce divine qui se déversa dans mon âme. Mon père, ma mère et ma marraine en me bénissant, les larmes aux yeux, me souhaitèrent la plus grande fidélité à la grâce divine. Ils me priaient de ne jamais oublier combien de grâces Dieu m'avait accordées en m'appelant à la vie religieuse et me demandaient de prier pour eux. Tous pleuraient, mais moi, je 'ai pas versé une seule larme. Je tâchais d'être
courageuse et je les consolais tous de mon mieux, leur rappelant qu'au ciel il n'y
aura plus de séparation. Stasio m'a reconduite jusqu'à la voiture. Je lui dis que
Dieu aime beaucoup les âmes pures et l'assurai qu'il était content de lui Lorsque
je lui parlai de la bonté divine et à quel point Dieu pense à nous, il se mit à
pleurer comme un petit enfant. Je n'en fut pas étonnée, car c'était une âme pure,
capable de reconnaître Dieu facilement. 402. Une fois installée dans la voiture, j'ai soulagé mon cœur et j'ai pleuré aussi
comme une enfant, mais de joie parce que Dieu accordait tant de grâces à notre
famille. Puis je me suis plongée dans l'action de grâces. . Le soir j'étais à
Varsovie. J'ai d'abord salué le Maître de la maison, puis toute la communauté 403. Avant d'aller dormir, je suis venue dire bonsoir au Seigneur lui demandant
pardon d'avoir si peu parlé avec Lui pendant mon séjour à la maison. J'entendis
une voix dans mon âme : « Je suis très content que tu n'aies pas parlé avec Moi,
car tu as fait connaître Ma bonté aux âmes, et tu les as éveillées à Mon amour. » 404. La Mère Supérieure me dit que, le lendemain, nous irions toutes deux à Jozefinek et que nous aurions l'occasion de parler avec la Mère Générale. J'en étais très contente. La Mère Générale est toujours la même, pleine de bonté, de paix et remplie de l' Esprit Divin. J'ai longuement parlé' avec elle. Nous avons assisté à la bénédiction de l'après-midi. 404. On a chanté les litanies du Très Doux Coeur de Jésus. Le Seigneur était
exposé dans l'ostensoir, et au bout d'un moment, je vis le Petit Jésus sortir de l'
Hostie , et venir Lui-même reposer dans mes bras. Cela dura un court instant.
Une grande joie inonda mon âme. L'enfant Jésus avait la même apparence qu'au
moment où nous sommes entrées dans la petite chapelle : la Mère Supérieure,
mon ancienne Maîtresse, Mère Marie Josèphe, et moi-même. 406. Le lendemain, je me trouvais déjà à mon cher Wilno . Oh ! Comme je me
sentais heureuse d'être de retour dans notre couvent. Il me semblait que j'y
entrais pour la deuxième fois. Je ne pouvais assez jouir du calme et du silence où
l'âme se plonge si facilement en Dieu. Tout y aide et personne ne la dérange. Le Carême 407. Quand je me plonge dans la Passion du Seigneur, je vois souvent, pendant
mon adoration, Jésus se présenter tel qu' Il était après la flagellation, lorsque les
bourreaux l'emmenèrent et Lui ôtèrent Son vêtement, qui déjà collait à Ses
Plaies. Celles-ci se rouvrirent pendant qu'ils ôtaient le vêtement. Alors on jeta
sur les épaules du Seigneur et sur ses Plaies ouvertes un manteau rouge, sale et
déchiré. Le manteau atteignait à peine les genoux .. On fit asseoir le Seigneur sur
une poutre, puis on tressa une couronne d'épines, qu'on Lui posa sur la tête. On
Lui mit en main un roseau et tous se moquaient de Lui et Lui rendaient hommage
comme à un roi. Ils Lui crachaient au Visage d'autres prenaient le roseau et Le
frappaient à la Tête, d'autres encore Lui voilaient la Face et le frappaient à
coups de poings. Jésus supportait tout avec douceur. Qui le comprendra, qui
comprendra Sa douleur ? Jésus avait le regard baissé à terre. J'ai ressenti ce qui
se passait alors dans Son Coeur très doux. Que chaque âme considère ce que
Jésus souffrait à cet instant. Ils s'acharnaient à insulter Jésus et je me demandais
d'où venait une telle méchanceté dans l'homme. C'est le péché qui agit ainsi : l'
Amour et le péché se sont rencontrés. 408. Un jour où je me trouvais dans une certaine église avec une Sœur, pendant
la Sainte Messe, j'ai éprouvé la grandeur et la Majesté de Dieu. Je sentais que
cette église était imprégnée de Dieu… Sa Majesté m'enveloppait, elle m'effrayait
et cependant, me remplissait de paix et de joie. J'ai vu que rien ne pouvait
s'opposer à Sa Volonté. Oh ! i toutes les âmes savaient Qui demeure dans nos
sanctuaires ! Il n'y aurait pas tant d'outrages ni de manque de respect dans les
endroits sacrés. 409. O Eternel et inconcevable Amour, je vous prie de m'accorder une grâce,
éclairez ma raison de la lumière d'en haut, faites-moi connaître et apprécier
toutes les choses d'après leur valeur. La plus grande joie de mon âme est de
connaître la vérité. 410. 21.III.35. Souvent, pendant la Sainte Messe, je vois le Seigneur en mon
âme, je sens sa présence qui me transperce. Je sens Son divin regard, je
converse avec Lui, sans dire un mot. Je sais ce que désire Son Divin Cœur, et
j'accomplis toujours ce qui Lui plait le plus. Je L'aime à la folie et je sens que je
suis aimée de Dieu. Dans les moments où je Le rencontre dans les profondeurs
de mon âme, je me sens si heureuse que je ne peut l'exprimer. Ce sont de courts
instants car l'âme ne pourrait les supporter plus longtemps : la séparation d'avec
le corps devrait suivre un si grand bonheur. Ces moments sont très courts, mais
leur puissance se communique à l'âme et s'y prolonge longtemps. Sans le
moindre effort je sens qu'un profond recueillement s'empare alors de moi qui ne
diminue pas, même si je parle avec des gens. Il ne me dérange pas non plus
dans l'accomplissement de mes devoirs. . Je sens la continuelle présence de
Dieu, sans aucun effort, je sais que je Lui suis unie aussi étroitement que la
goutte d'eau à l'insondable océan. Jeudi dernier, vers la fin des prières, j'ai senti cette grâce qui a duré,
exceptionnellement, pendant toute la Sainte Messe. Je pensais qu j'allais mourir
de joie. Dans ces moments-là, j'apprends à mieux connaître Dieu et Ses
attributs, ainsi que moi-même et ma misère, et je m'étonne de l'immense
abaissement de Dieu envers une âme aussi misérable que la mienne. Après la
Sainte Messe, je me sentais toute plongée en Dieu et chacun de ses regards
dans le fond de mon être reste présent à mon esprit. 411. Vers midi, j'ai passé un instant à la chapelle et de nouveau la puissance de la grâce frappa mon cœur. Alors que je persévérais dans le recueillement, Satan pris un pot de fleurs et le jeta ç terre de toutes ses forces avec colère. Je vis tout son acharnement et sa jalousie ! Il n'y avait personne à la chapelle, je me suis donc levée, j'ai ramassé le pot brisé, j'ai replanté la fleur et je voulais la remettre à sa place, avant que quelqu'un ne vienne à la chapelle. Je n'y suis pas arrivée : car aussitôt la Mère Supérieure, la Sœur sacristine et plusieurs autres Sœurs entrèrent. La Mère Supérieure s'étonna que je touche à quelque chose sur le petit autel, et que le pot de fleurs soit tombé. La Sœur sacristine montra du mécontentement, mais je tâchai de ne pas m'expliquer, ni me justifier. Cependant le soir, me sentant tout-à-fait épuisée et incapable de faire mon
Heure Sainte, j'ai prié la Mère Supérieure de me permettre d'aller me coucher
plus tôt .. Je m'endormi aussitôt. Cependant vers onze heures, Satan secoua
mon lit. Je me suis tout de suite réveillée, et j'ai commencé tranquillement à prier
mon Ange Gardien. Soudain je vis des âmes du Purgatoire, qui faisaient
pénitence. Leur aspect était celui d'une ombre et parmi elles, j'ai vu beaucoup
de démons. L'un d'eux tâchait de me vexer sous l'aspect d'un chat. Il se lançait
sur mon lit et sur mes pieds, et pesait très lourd .. Je priais pendant tout ce
temps, récitant le rosaire. Vers le matin, ces êtres disparurent et j'ai pu
m'endormir. En arrivant le matin à la chapelle, j'ai entendu une voix : « Tu es à Moi, n'aie
peur de rien. Sache cependant, Mon enfant que Satan te hait ; il hait chaque
âme, mais envers toi il brûle d'une haine particulière, parce que tu as arraché tant
d'âmes à son règne. » Jeudi Saint 18.IV 412. Ce matin, j'ai entendu ces paroles : « Jusqu'à la cérémonie de la
Résurrection, tu n'éprouvera plus Ma présence, mais ton âme sera emplie d'une
grande nostalgie. » Et aussitôt une immense nostalgie inonda mon âme. Je
sentais la séparation d'avec mon Bien-Aimé Jésus. Et quand approche le
moment de la Sainte Communion, je vis dans le calice, sur chaque Hostie, la
Face douloureuse de Jésus. Depuis ce moment, j'éprouvai, en mon cœur, une
nostalgie plus grande encore. 413. Vendredi Saint à trois heures de l'après-midi, quand je suis entrée à la chapelle, j'ai entendu ces paroles : « Je désire que cette image soit honorée publiquement. » Tout d'un coup j'aperçus Jésus agonisant sur la Croix dans de grandes douleurs,
de Son Cœur sortirent ces deux rayons qui sont représentés sur l'image. 414. Samedi. Pendant les Vêpres, j'aperçu Jésus resplendissant de lumière
comme le soleil, dans un vêtement clair, qui me dit : « Que ton cœur se
réjouisse. » - Une grande joie m'inonda et la présence de Dieu me pénétra toute
entière : c'est un trésor inéffable pour l'âme. 415. Quand l'image fut exposée, j'ai vu le vif mouvement de la main de Jésus,
qui traça un grand signe de croix. Le soir du même jour, quand je fus couchée
dans mon lit, je vis cette image survoler la ville qui était elle-même tendue de
réseaux et de filets. En passant, Jésus coupait tous les filets et à la fin, Il traça un
grand signe de croix et dispatut . Je me vis entourée d'un grand nombre d'êtres
méchants, brulants d'une immense haine contre moi .. Leur bouche proférait
toutes sortes de menaces, cependant aucun ne m'a touchée. Après un moment,
cette apparition disparut, mais je mis longtemps à m'endormir. 416. 26.IV. Vendredi, alors que j'étais à Ostra Brama, pour les cérémonies au
cours desquelles l'image a été exposée, j'assistai au sermon de mon confesseur.
Ce sermon sur la Miséricorde divine était le premier de ceux que Jésus exigeait
depuis si longtemps. Quand il commença à parler de cette grande miséricorde
du Seigneur, l'image prit un aspect vivant et Ses rayons pénétraient dans les
cœurs des personnes rassemblées, mais pas dans la même mesure. Les uns en
recevaient plus et d'autres moins. Mon âme fut inondée d'une grande joie à la
vue de la grâce de Dieu .. Soudain j'entendis ces paroles : « Tu es le témoin de Ma miséricorde. Tu vas te
tenir, pour l'éternité, devant Mon trône comme un vivant témoin de Ma
miséricorde. » 417. Le sermon fini, je n'attendis pas la fin des cérémonies, car j'étais pressée
de revenir à la maison. Je fis quelques pas, mais un grand nombre de démons
me barrèrent la route. Ils me menaçaient de terribles supplices et des voix se
firent entendre : « Elle nous a ravi tout ce pourquoi nous avons travaillé pendant
tant d'années. » Lorsque je les ai questionnés : « Qui êtes-vous en si grand
nombre ? - Les maudits me répondirent : « Des cœurs humains ; ne nous
tourmente pas. » Voyant leur terrible haine contre moi, j'ai 418. appelé tout de
suite mon Ange Gardien au secours : et immédiatement sa claire et rayonnante
apparence se tint près de moi. Et il me dit : « N'aie pas peur, épouse de Mon
Seigneur. Sans Sa permission, ces esprits ne te feront aucun mal. »
Immédiatement les mauvais esprits disparurent, et le fidèle Ange Gardien m'a
accompagné de manière visible, jusqu'au seuil de la maison. Son regard était
modeste et paisible ; un rayon de feu jaillissait de son front. O Jésus, je
désirerais peiner, me tourmenter et souffrir pendant toute ma vie, pour ce seul
moment où je vis, Seigneur, Votre gloire et le salut des âmes. Dimanche, 28.IV.1935. 419. Dimanche de Quasimodo ou Fête de la Miséricorde du Seigneur, et clôture du Jubilé de la rédemption. Nous sommes allées assister à ces cérémonies et mon cœur battait de joie, parce que ces deux fêtes sont si étroitement unies. J'ai prié Dieu d'être miséricordieux pour les âmes des pécheurs. A la fin de la cérémonie, le prêtre prit le Saint Sacrement pour donner la bénédiction, alors je vis Jésus exactement comme il est représenté sur l'image. Le Seigneur accorda Sa bénédiction, et les rayons se répandirent sur le monde entier. Soudain je vis une clarté inexprimable, qui avait la forme d'une demeure en
cristal, tissée de vagues, une clarté inaccessible à toute créature, à tout esprit.
Trois portes y mènent. A ce moment Jésus tel qu'il est sur l'image, entra dans
cette clarté par la seconde porte. Il entra dans l'intérieur de l'unité. C'est une
unité triple, qui est inconcevable, c'est l'infini. J'entendis une voix : « Cette Fête
est issue des entrailles de Ma Miséricorde et elle est confirmée dans les
profondeurs de Mon amour infini, toute âme qui croit et à confiance en Ma
Miséricorde, l'obtiendra. » Je me duis profondément réjouie de la bonté et de la
grandeur de mon Dieu. 420. 29.IV.35. Le jour précédant l'exposition de cette image, je suis allée avec
notre Mère Supérieure chez notre confesseur. Quand on parla de l'image, il
demanda qu'une des Sœurs vienne l'aider à tresser des couronnes de verdure.
La Mère Supérieure répondit que je l'aiderais. Ce qui me causa beaucoup de
joie. Lorsque nous rentrâmes à la maison, je me suis tout de suite occupée à
préparer la verdure ; avec une des élèves, nous l'avons transportée. Une
personne qui est employée à l'église nous a aussi aidée. A sept heures du soir,
tout était prêt et l'image était exposée. Cependant certaines dames avaient
observé que je rôdais là-bas, car je dérangeais plutôt que je n'aidais. Le lendemain donc, elles ont demandé aux Sœurs quelle était cette belle image
et ce qu'elle signifiait. « Les Sœurs doivent le savoir, car, hier, l'une d'elles ornait
l'image. » Les Sœurs en furent fort étonnées, car elles n'en savaient rien.
Chacune voulait voir l'image et tout de suite elles m'ont soupçonnée. Elles
disaient : « Sœur Faustine le sait bien, naturellement. » Quand on a commencé à
me questionner, je gardai le silence, car je ne pouvais dire la vérité. Mais mon
silence augmenta leur curiosité et je redoublais de vigilance pour ne pas mentir
tout en taisant la vérité, car je n'en avais pas la permission. Alors on commença
à me témoigner du mécontentement. On me reprochait ouvertement le fait que
des personnes étrangères étaient au courant et pas la Communauté On
commença à porter sur moi divers jugements. J'ai beaucoup souffert pendant
trois jours, mais une singulière force m'animait. Je me suis réjouie de pouvoir
souffrir pour Dieu, et pour les âmes, qui ont obtenu Sa miséricorde ces jours-ci.
En voyant que tant d'âmes avaient obtenu la miséricorde divine ces jours-ci, je
considère comme rien, les peines et les souffrances les plus grandes que j'ai
éprouvées, même si elles durer jusqu'à la fin du monde, car elles ont une fin
tandis que des âmes ont été à des maux sans fin. Ce fut une grande joie pour
moi de voir des personnes revenant à la source du bonheur, au sein de la
miséricorde divine. 421. En voyant le dévouement et les fatigues de l'abbé Sopocko dans cette
œuvre, j'admirait sa patience et son humilité. Tout cela à coûté non seulement
beaucoup de peines et de contrariétés diverses, mais aussi beaucoup d'argent et
l'abbé Sopocko subvenait à toutes les dépenses. Je vois que la providence l'a
préparé à accomplir cette œuvre de miséricorde avant que je n'aie prié Dieu
pour cela. Oh ! que Vos Voies sont surprenantes mon Dieu heureuses les âmes
qui suivent l'appel de la grâce divine.. 422. Mon âme glorifie le Seigneur pour tout et loue Sa bonté infinie. Tout passera, mais Sa miséricorde n'a ni bornes, ni limites. La méchanceté atteindra sa mesure, la Miséricorde est sans mesure O mon Dieu, je vois l'abîme de Votre miséricorde même dans les punitions,
dont Vous affectez la terre. Car en nous punissant ici, sur terre, Vous nous
délivrez des peines éternelles .. Réjouis-toi, créature, car tu es plus proche de
Dieu, dans son infinie Miséricorde, que le bébé du cœur de sa mère. O Dieu,
Vous êtes la pitié même, pour les plus grands pécheurs repentants. Plus le
pécheur est grand, plus il a droit à la miséricorde divine. 423. Le 12.V.1935. Une fois, le soir, dès que je fus dans mon lit, je me suis
immédiatement endormie. Mais je fus réveillée encore plus vite. Un petit enfant
est venu et m'a réveillée. C'était un enfant d'un an peut-être, et je m'étonnais qu'
Il parle si bien, car à cet âge, les enfants ne parlent pas ou indistinctement. Il
était indiciblement beau et ressemblait à l' Enfant Jésus. Il me dit ces mots : «
Regarde le ciel. » Lorsque j'ai regardé le ciel, j'ai aperçu les étoiles et la lune qui
brillaient. Alors l'enfant m'a demandé : « Vois-tu cette lune et ces étoiles ? » J'ai
répondu «oui. » - « Ces étoiles, reprit-Il, sont les âmes des fidèles chrétiens et la
lune et la lune ce sont les âmes religieuses. Tu vois la grande différence de
lumière entre la lune et les étoiles. Telle est au ciel la différence entre l'âme
religieuse et l'âme d'un fidèle chrétien. » Et Il me dit que la véritable grandeur
réside dans l'amour de Dieu et dans l'humilité. 424. Puis je vis une âme, qui se séparait du corps dans de terribles supplices. O
Jésus, lorsque je dois écrire ceci, je frémis à la vue de ces atrocités, qui
témoigne contre lui… Je voyais des âmes de petits enfants et de plus grands,
vers les neuf ans, qui sortaient d'une sorte de gouffre boueux. Ces âmes étaient
répugnantes et dégoûtantes, semblables aux plus horribles monstres et à des
cadavres décharnés. Mais ces cadavres étaient vivants et rendaient hautement
témoignage contre cette âme agonisante. Et l'âme que je voyais en agonie était
une âme qui avait reçu de grands honneurs et des applaudissements mondains,
et qui finissait dans le vide et le péché. Enfin une femme est sortie elle tenait des
larmes, comme dans un tablier, et elle témoignait avec force contre lui. 425. Oh ! L'heure terrible où il faut voir toutes ses actions dans leur nudité et
leur misère ! Aucune d'elles ne périra. Elles vont nous accompagner fidèlement
jusqu'au jugement de Dieu. Je n'ai pas de mots ni de comparaisons pour
exprimer des choses aussi terribles. Et bien que je croie que cette âme n'est pas
damnée, cependant ses supplices ne diffèrent en rien des supplices de l'enfer, il y
a seulement cette différence qu'ils finiront un jour. 426. Après un moment, j'aperçus à nouveau ce même Enfant qui m'avait
réveillée. Il était d'une délicieuse beauté. Il m'a répété : « La véritable grandeur
de l'âme réside dans l'amour de Dieu et dans l'humilité. » Je Lui demandai «
D'où sais-tu que la véritable grandeur de l'âme réside dans l'amour de Dieu et
dans l'humilité ? Les théologiens seuls peuvent savoir ces choses et toi, tu n'as
même pas encore appris le catéchisme. Comment le sais-tu ? » Il me répondit :
« Je le sais. Je sais tout. »- Et au même moment il disparut. 427. Cependant je ne pus me rendormir. Mon esprit était fatigué, paece que
j'avais commencé à réfléchir à ce que j'avais vu. O âmes humaines, comme vous
reconnaissez tard la vérité. O immensité de la miséricorde de Dieu,
déversez-vous au plus vite sur le monde entier, comme vous-même me l'avez
dit. 428. V.1935. Lorsque j'ai compris les grands desseins de Dieu sur moi, je fus effrayée de leur grandeur .. Et me sentant tout à fait incapable de les accomplir, j'ai commencé à éviter intérieurement les conversations avec Dieu et je remplaçais ce temps par des prières vocales. Je le faisais par humilité, mais je m'aperçus bientôt, que ce n'était pas la véritable humilité, mais une grande tentation du démon. Quand, un jour au lieu de l'oraison, je pris un livre de lecture spirituelle, j'ai
entendu distinctement et fortement ces paroles : « Tu prépareras le monde à Ma
venue dernière. » Ces paroles m'ont profondément impressionnée et quoique faisant semblant de
ne pas les avoir entendues, je les comprenais bien et je n'avais aucun doute. Un
autre jour, fatiguée de ce combat entre mon amour pour Dieu et mon refus
continuel, à cause de mon incapacité à accomplir cette œuvre, je voulus quitter
la chapelle, mais une singulière puissance m'en empêcha. Je me sentais
impuissante, et j'entendis soudain ces paroles : « Tu veux sortir de la chapelle,
mais tu ne t'éloigneras pas de Moi, car je suis partout. Par toi-même, tu ne
feras rien. Mais avec Moi tu peux tout. » 429. Quand au cours de la semaine, le suis allée chez mon confesseur, je lui ai
dévoilé l'état de mon âme, et en particulier le fait que j'évitais la conversation
intérieure avec Dieu. Il me répondit qu'il ne m'était pas permis d'éviter la
conversation intérieure avec Dieu, mais que je devais au contraire bien écouter
les paroles qu' Il me dit. J'ai agi d'après les indications du confesseur et à la
première rencontre avec le Seigneur je suis tombée à Ses pieds et, le cœur
brisé, je Lui ai demandé pardon pour tout. 430. Alors Jésus me souleva de terre, me fit asseoir près de Lui et Il me permit de poser ma tête sur Sa poitrine, pour que je puisse comprendre et mieux ressentir les désirs de Son Très Doux Cœur. Alors Jésus me dit : « Ma fille, n'aies peur de rien. Je suis toujours avec toi. Tous tes adversaires ne te nuiront que dans la mesure où Je le leur permettrai. Tu es Ma demeure et Mon continuel repos. Pour toi Je vais arrêter la main qui punit. Pour toi Je bénis la terre. » 431. Au même moment j'ai senti comme un feu dans mon cœur, mes sens
dépérissaient, je ne savais plus ce qui se passait autour de moi. Je sentais le
regard u Seigneur qui me transperçait. Je reconnus bien Sa grandeur et ma
misère. Une singulière douleur envahit mon âme et une telle joie, que je ne puis
comparer la comparer à quoi que ce soit. Je me sens impuissante dans les bras
de Dieu. Je sens que je suis en Lui et que jz me fond en Lui, comme une goutte
d'eau dans l'océan. Je ne sais pas exprimer ce qui se passe en moi. Après une
telle oraison intérieure, je sens en moi la force et la puissance de pratiquer les
vertus les plus difficiles, ainsi qu'une aversion pour toutes les vanités que le
monde a en estime. De toute mon âme, je désire la solitude et le silence. 432. V.1935. Pendant l' Office des quarante heures, j'ai vu la face de Jésus
dans la Sainte Hostie exposée dans l'ostensoir. Jésus regardait tout le monde
avec bienveillance. 433. Je vois souvent l' Enfant Jésus pendant la Sainte Messe. Il est extrêmement beau et paraît avoir à peu près un an. Un jour dans notre chapelle, quand je vis ce même Enfant pendant la Sainte Messe, un désir fou et une envie irrésistible me prirent de m'approcher de l'autel et de Le prendre dans mes bras. Or à ce moment, l' Enfant Jésus vint près de moi, près de mon prie-Dieu. Il appuya Des deux petites Mains sur mon épaule, gracieux et joyeux, le regard profond et pénétrant. Cependant, quand le prêtre rompit l' Hostie , Jésus revint sur l'autel et Il fut rompu et consommé par ce prêtre. Après la Sainte Communion, j'ai vu ce même Jésus dans mon cœur, et pendant
tute la journée je Le sentais physiquement vraiment dans mon cœur. Un très
profond recueillement m'enveloppa à mon insu, et je ne parlai à personne.
J'évitais autant que possible, la présence des gens. Je répondais toujours au
questions concernant mon travail, en dehors de cela ,, pas un mot. 434. 9.VI.1935. La Pentecôte. Le soir, passant par le jardin, j'ai entendu ces paroles : « Avec tes compagnes tu
vas tâcher par la prière d'obtenir la miséricorde pour toi-même et pour le
monde. » J'ai compris que je ne resterai pas dans la Congrégation où je suis
maintenant. Je vois clairement qu'il a pour moi un autre projet divin. Cependant
je m'excuse sans cesse devant Dieu, Lui disant que je suis incapable d'accomplir
cette œuvre. Jésus, Vous savez bien ce que je suis, puis j'ai commencé à
énumérer mes faiblesses devant le Seigneur. Je me cachais derrière elles pour
qu' Il reconnaisse que mon refus était fondé, et que je suis incapable
d'accomplir Ses desseins. Alors j'entendis ces paroles : « N'aies pas peur.
Moi-même Je complèterez tout ce qui te manque. » Ces mots me pénétrèrent
entièrement et je compris mieux encore ma misère. Je compris que la parole du
Seigneur est vivante et qu'elle pénètre jusqu'à l'âme. J'ai compris que Dieu
exigeait de moi un genre de vie plus parfait. Cependant, je continuai à m'excuser
à cause de mon incapacité. 435.29 .VI.1935.Lorsque je fis part à mon directeur spirituel des divers points
que le Seigneur exigeait de moi, je pensais qu'il me répondrait que j'étais
incapable d'accomplir ces choses, que Jésus n'emploie pas des âmes aussi
misérables, que je ne convenais pour aucune des œuvres. Pourtant j'ai entendu
que Dieu choisit justement le plus souvent ces âmes là pour réaliser Ses
desseins. Ce prêtre, guidé par l' Esprit de Dieu, a pénétré les secrets de mon
âme, les secrets les plus cachés qui existaient entre Dieu et Moi dont je ne lui
avais encore jamais parlé. Et je n'en avais pas parlé, car je ne les connaissais
pas moi-même, et que le Seigneur ne m'avait pas donné formellement l'ordre
d'en parler. 436. Voilà ce secret : Dieu exige qu'il y ait une Congrégation qui annoncera sa
Miséricorde au monde et qui par ses prières l'obtiendra pour le monde. Quand
le prêtre me demanda si je n'avais pas de telles inspirations, j'ai répondu que je
n'avais pas d'ordres précis. Cependant en un instant, une lumière pénétra mon
âme et je compris que le Seigneur parlait par sa bouche. Je me défendis en vain
disant que je n'avais pas d'ordre formel. Vers la fin de la conversation, j'aperçus
Jésus sur le seuil ainsi qu' Il est peint sur l'image. « Je désire qu'une telle
congrégation existe », me dit-Il. Cela n'a duré qu'un instant. Pourtant, je n'en ai pas parlé tout de suite, mais j'étais pressée de rentrer à la
maison et j répétais constamment au Seigneur : « Je ne suis pas capable
d'accomplir Vos desseins, Ô mon Dieu ! » Cependant, chose curieuse, Jésus ne
faisait pas attention à mes appels, mais il me fit comprendre combien j'aurais de
difficultés à surmonter. Et moi, Sa pauvre créature, je ne savais rien dire d'autre
que : « Je suis incapable, ô mon Dieu ! » 437. 30.VI.1935. Le lendemain pendant la sainte Messe, tout au commencement, j'ai aperçu Jésus indescriptible ment beau. Il me dit qu' Il exigeait qu'une telle Congrégation soit fondée au plus tôt : « Tu vas y vivre avec tes compagnes. Mon esprit sera la règle de votre vie, qui doit Me prendre pour modèle, depuis la crèche jusqu'à l'agonie sur la Croix. Pénètre Mes mystères et tu découvriras l'abîme de Ma Miséricorde envers les créatures et Mon insondable bonté et tu les feras connaître au monde. Par tes prières, tu vas être l'intermédiaire entre la terre et le Ciel. » Alors vint le moment de communier Jésus disparut. J'ai vu une grande clarté. Soudain j'ai entendu ces paroles : 438. « Nous te donnons Notre bénédiction. » A cet instant, un rayon lumineux sortit de cette clarté et transperça mon cœur. Un feu singulier s'alluma dans mon âme. Je pensais que j'allais mourir de joie et de bonheur. Je sentais que mon âme se détachait de mon corps, je sentais que j'étais complètement plongée en Dieu, et que le Tout-Puissant m'emportait comme un grain de poussière dans des espaces inconnus. Frémissante de bonheur dans les bras du Créateur, je sentais qu' Il me soutenait Lui-même pour que je puisse supporter l'immensité de ce bonheur et contempler Sa Majesté. Je savais maintenant que s' Il ne m'avait pas fortifiée d'avance par Sa grâce, mon
âme n'aurait pu supporter ce bonheur et que la mort aurait suivi un instant après.
La Sainte Messe finit je ne sais quand, car il n'était pas en mon pouvoir de faire
attention à ce qui se passait dans la chapelle. Cependant, quand je repris mes
sens, je sentis que j'avais la force et le courage d'accomplir la volonté divine.
Rien ne me semblait difficile et, tandis qu'auparavant je m'excusais devant le
Seigneur, maintenant, ressentant en moi le courage et la force du Seigneur qui vit
en moi, je lui ai dit, je suis prête, quel qu soit le signe de Votre Volonté! »
Intérieurement j'avais déjà vécu tout ce que l'avenir me réservais. 439. O mon Créateur et mon Seigneur, voilà tout mon être ! Disposez de moi
selon Votre divin plaisir, d'après Vos éternels desseins et Votre insondable
Miséricorde. Que toute âme sache comme est bon le Seigneur. Que personne
n'ait peur de vivre dans Son intimité ni ne s'excuse de son indignité ni ne remette
jamais à plus tard les invitations divines, car cela ne plait pas au Seigneur. Il n'y à
pas d'âme plus misérable que la mienne. Je me connais véritablement et je
m'étonne que la Majesté Divine ne soit ainsi abaissée. O éternité, il me semble
que tu seras trop courte pour exprimer l'infinie miséricorde du Seigneur. 440. Une fois, pendant la procession de la Fête-Dieu , cette image était exposée
sur l'autel. Quand le prêtre y déposa le Saint Sacrement et que le chœur
commença à chanter, les rayons de l'image traversèrent la Sainte Hostie et se
répandirent dans le monde entier. Alors j'entendis ces paroles : « Ces rayons te
traverseront, comme ils ont traversé cette Hostie et ils passeront dans le monde
entier. » A ces mots ,une grande joie envahit mon âme. 441. Une autre fois, alors que mon confesseur disait la Sainte Messe, je vis
comme toujours, l' Enfant Jésus sur l' Autel , à partir de l'offertoire. Puis, un
moment avant l'élévation, le prêtre disparut à mes yeux et seul Jésus resta.
Quand le moment de l'élévation approcha, Jésus prit dans Ses petites mains l'
Hostie et le calice ,et Il les souleva ensemble, en regardant le ciel. Peu après, je
vis de nouveau mon confesseur. J'ai demandé à l'enfant Jésus où était le prêtre
quand je ne le voyais pas. Il me répondit : « Dans mon Cœur. » 442. Une autre fois, j'ai entendu ces mots : « Je désire que tu vive de Ma
volonté dans les plus secrètes profondeurs de ton âme. » - Je réfléchissais à ces
mots qui m'allaient droit au cœur. C'était un jour de confession de la
Communauté. Or pendant ma confession, lorsque je me suis accusée de mes
péchés, le prêtre me répéta mot pour mot ce que Jésus m'avait dit avant lui. Puis il me dit ces paroles profondes : 443. « Il y a trois degrés dans l'accomplissement de la volonté divine : Le premier, quand l'âme accomplit tout ce qui est contenu extérieurement dans les ordres et les statuts. Le second, quand l'âme suit les inspirations intérieures et y est fidèle. Le troisième, quand l'âme abandonnée à la volonté de Dieu, Lui laisse la liberté
de disposer d'elle et que Dieu fait d'elle ce qui Lui plaît : elle est un instrument
docile dans Sa main. » Le prêtre me dit que j'en étais au deuxième degré de l'accomplissement de la
volonté divine, que je n'avais pas encore atteint le troisième. Mais que je devais
cependant m'efforcer d'y arriver. Ces paroles pénétrèrent jusqu'au fond de mon
âme. Je vois clairement que Dieu donne à ce prêtre la connaissance de ce qui se
passe au fond de mon âme. cela ne m'étonne pas. Je remercie Dieu qu' Il ait de
tels élus 444. Jeudi. L'adoration nocturne. Quand je suis venue pour adorer, un recueillement intérieur me saisit
immédiatement. J'ai aperçu Jésus attaché à une colonne, dépouillé de ses
vêtements et tout de suite la flagellation commença. J'ai vu quatre hommes qui,
tour à tour, frappaient le Seigneur avec des fouets. Le cœur me manquait en
regardant ce supplice. Le Seigneur me dit : « Je souffre une plus grande douleur
que celle que tu vois. » Et Jésus me fit connaître pour quels péchés Il se soumit à
la flagellation ; ce sont les péchés d'impureté. Oh ! Que les souffrances morales
de Jésus furent cruelles, quand Il se soumit à la flagellation ! Il me dit alors : «
Regarde et vois le genre humain dans son état actuel ! » Et au même instant, je vis des choses horribles : les bourreaux abandonnèrent
Jésus et d'autres personnes procédèrent à la flagellation. Elles saisirent des
fouets, et frappèrent le Seigneur sans miséricorde. C'était des prêtres, des
religieux, des religieuses et de hauts dignitaires de l' Eglise , ce qui m'a bien
étonnée. Il y avait aussi des laïcs d'âges divers et de divers états. Ils exerçaient
toute leur méchanceté sur l'innocent Jésus. Mon cœur était dans une sorte
d'agonie. Quand les bourreaux Le frappaient, Jésus se taisait et regardait au loin.
Mais quand ces âmes dont j'ai parlé plus haut se mirent à Le flageller, Jésus
ferma les yeux et un gémissement sourd, mais terriblement douloureux, s'exhala
de Son Cœur. Il me fit voir en détail et connaître la gravité de la méchanceté et
de l'ingratitude de ces âmes : « Vois-tu, c'est là un supplice plus douloureux
pour Moi que la Mort. » Alors mes lèvres se turent, et sans mot dire, j'ai commencé à ressentir l'agonie.
Je sentais que personne ne pourrait me consoler, ni m'arracher à cet état, sinon
Celui qui m'y avait mise. Et le Seigneur me dit : « Je vois la douleur sincère de
ton cœur, qui a apporté un immense soulagement à Mon Cœur. Regarde et
console-toi » 445. Alors j'ai aperçu Jésus cloué à la Croix. Il était suspendu à la Croix depuis un moment, quand je vis toute une légion d'âmes crucifiées comme Lui. Et je vis une deuxième légion q'âmes et une troisième légion d'âmes. La deuxième légion n'était pas clouée à la croix, mais les âmes tenaient fermement la croix en main. La troisième légion n'était ni crucifiée, ni en ferme possession de la croix ; ces âmes traînaient leur croix derrière elles, d'un air mécontent. Alors Jésus me dit : « Vois-tu ces âmes qui Me ressemblent dans les souffrances et dans les mépris Me ressemblent aussi dans la gloire. Et celles qui sont le moins semblables à Moi dans les souffrances et les mépris, seront aussi le moins semblables à Moi dans la gloire. » Parmi les âmes crucifiées, le plus grand nombre étaient des âmes
d'ecclésiastiques. J'ai reconnu aussi, en croix des âmes que je connaissais, ce
qui m'a causé une grande joie. Alors Jésus me dit : « Dans ta méditation de
demain tu vas réfléchir à ce que tu as vu aujourd'hui. » - Et aussitôt Jésus
disparut. 446. Vendredi. J'étais malade et je ne pouvais pas assister à la Sainte Messe.
A sept heures du matin, j'ai vu mon confesseur en train de célébrer la Sainte
Messe, au cours de laquelle j'ai vu l' Enfant Jésus. A la fin de la Sainte Messe, la
vision disparut et je me suis retrouvée dans ma cellule, comme auparavant. Une
joie indicible s'empara de moi parce que, ne pouvant être présente à la Sainte
Messe dans notre chapelle, j'avais assisté à la Sainte Messe dans une église bien
éloignée. Jésus peut remédier à tout. 447. 30 juillet 1935. Fête de Saint Ignace. J'ai ardemment prié ce Saint. Je lui faisait des reproches : comment pouvait-il me
regarder sans me venir en aide dans des questions si importantes, sans m'aider à
accomplir la volonté de Dieu ? Je lui dis : « O notre saint Patron, vous qui
brûliez du feu de l'amour et du zèle de la gloire de Dieu, je vous prie
humblement, aidez-moi dans l'accomplissement des desseins de Dieu. » C'était
pendant la Sainte Messe. Alors j'ai vu Saint Ignace du côté gauche de l'autel, un
grand livre à la main, qui me dit : « Ma fille, je ne suis pas indifférent à ton affaire
: cette règle peu s'adapter dans cette Congrégation ». Montrant de la main le
grand livre, il disparut. J'ai été infiniment heureuse de ce que les saints pensent à
nous et que notre union avec eux soit si étroite. O Bonté divine, comme le
monde intérieur est beau, dès ici bas nous pouvons vivre en communion avec les
saints. J'ai ressenti pendant toute la journée la proximité de ce cher Patron. 448. 5 août 1935. Fête de Notre-Dame de la Miséricorde. Je me suis préparée à cette fête avec plus de ferveur que les années
précédentes. Le matin, j'ai ressenti un combat intérieur, à la pensée que je
devais quitter cette congrégation, qui jouit de la protection particulière de Marie.
La méditation passa dans ce combat et la première Messe aussi. Pendant la
seconde Messe, j'ai prié la Sainte Mère e lui disant qu'il m'était difficile de me
séparer de cette Congrégation placée sous sa particulière protection. Je vis alors la Sainte Vierge, indiciblement belle, venir de l'autel vers mon
prie-Dieu. Elle me serra contre Elle et me dit : « Je suis votre Mère, grâce à
l'insondable Miséricorde de Dieu, et l'âme m'est d'autant plus agréable qu'elle
remplit fidèlement la volonté divine. »Elle m'a fait comprendre que je réalisais
tous les souhaits de Dieu et que pour cette raison j'avais trouvé grâce à Ses
yeux. « Sois courageuse, n'aies pas peur des obstacles illusoires, mais fixe tes
regards sur la Passion de Mon Fils. De cette manière tu remporteras la victoire.
» 449. Adoration nocturne. Je me sentais bien souffrante, et il me semblait que je ne pourrais pas faire mon
adoration. Cependant, j'ai rassemblé toutes les forces de ma volonté et, bien
que je sois tombée à terre dans ma cellule, je n'accordais aucune attention à ce
qui me faisait mal, ayant la Passion de Jésus devant les yeux. Lorsque je suis
arrivée à la chapelle, j'ai compris intérieurement quelle grande récompense Dieu
nous prépare, non seulement pour les bonnes actions, mais aussi pour le sincère
désir de les remplir. Qu'elle est grande cette grâce de Dieu ! Oh !comme il est
doux de se donner beaucoup de mal pour Dieu et pour les âmes ! Je ne veux
point de repos dans ce combat, je vais lutter jusqu'au dernier souffle de ma vie
pour la gloire de mon Roi et Seigneur. Je ne poserai pas le glaive jusqu'à ce qu'il
m'appelle devant son trône. Je n'ai pas peur des coups, car Dieu est mon
bouclier. C'est l'ennemi qui devrait avoir peur de nous, et non nous de lui. Satan
ne remporte de victoire que sur les orgueilleux et les poltrons, car les humbles
sont forts. Rien ne confondra ni n'effrayera une âme humble. Elle a dirigé son
vol droit sur le brasier du soleil et rien ne pourra l'arrêter. L'amour ne se laisse
pas emprisonner, il est libre comme un roi. L'amour atteint Dieu. 450. Un jour après la Sainte Communion, j'ai entendu ces mots : « Tu es Notre demeure. » - A ce moment j'ai ressenti dans mon âme la présence de la Sainte Trinité : Père, Fils et Saint-Esprit. Je sentais que j'étais le temple de Dieu. Je sens que je suis l'enfant du Père. Je ne puis expliquer tout cela, mais mon esprit le comprend bien. O Bonté infinie, comme Vous Vous abaissez vers Votre misérable créature ! 451. Si les âmes voulaient se recueillir, Dieu leur parlerait tout de suite. Car c'est
la dispersion qui assourdit la parole du Seigneur. 452. Une fois le Seigneur me dit : « Pourquoi as-tu peur et pourquoi frémis-tu
quand tu es unie à Moi ? Cela ne me plaît pas que l'âme se laisse aller à de
vaines peurs. Qui oserait te toucher, lorsque tu es avec Moi ? L'âme est Ma
bien aimée quand elle croit à Ma bonté et qu'elle se fie complètement à Moi. Je
la comble de Ma confiance et Je lui donne tout ce qu'elle demande. » 453. Et une autre fois : « Ma fille, prends les grâces que dédaignent les autres.
Prends-en autant que tu peux en porter. »- A cet instant mon âme fut inondée
de l'amour divin. Je sens que je suis unie au Seigneur si étroitement que je ne
trouve pas de mot pour bien définir cette union. Et soudain je sens que tout ce
que Dieu possède, tous les biens et tous les trésors sont à moi. Je ne m'en
préoccupe cependant pas beaucoup, car Il me suffi, Lui Seul, l'Unique. En Lui
je vois tout, et rien sans Lui. Je ne cherche pas de bonheur en dehors de mon
être intérieur où demeure Dieu. Je me réjouis de Dieu à l'intérieur de moi-même.
J'y vis sans cesse avec Lui : c'est là ma plus grande intimité avec Lui. J'y
demeure, sûre de Lui, à l'abri des regards humains. La Sainte Vierge
m'encourage à me comporter de la sorte avec Dieu. 454. Quand survient une souffrance, elle ne me cause aucune amertume. Les grandes consolations ne m'enorgueillissent pas. En moi règnent la paix et l'égalité d'âme qui découle de la connaissance de la vérité. Vivre entourée de cœurs mal disposés ne peut me nuire puisque mon âme
connaît la plénitude du bonheur. La bienveillance des autres ne m'aidera pas si
Dieu n'est pas dans mon propre cœur. + 455. J.M.J. Wilno , 12.VIII.1935 Retraite de trois jours. La veille de la retraite, au soir, en écoutant les points de la méditation, j'ai
entendu ces paroles : « Pendant cette retraite, je te parlerai par la bouche de ce
prêtre, pour t'assurer de l'authenticité des paroles que je t'adresse au fond de
l'âme. Bien que ce soit une retraite pour toutes les Sœurs, Je te prends
spécialement en considération pour te fortifier et te rendre intrépide dans toutes
les contrariétés qui t'attendent. Aussi écoute soigneusement les paroles du prêtre
et médite-les dans les profondeurs de ton âme. 456. Quel ne fut pas mon étonnement en constatant que tout ce que le Père
disait de l'union avec Dieu et des obstacles à cette étroite union, je l'avais
littéralement vécu dans mon âme. Jésus, qui se communique à moi au fond de
l'âme, m'en avait déjà parlé. La perfection consiste en cette étroite union à Dieu. 457. Pendant la méditation de neuf heures, le Père parlait de la miséricorde divine et de la bonté de Dieu envers nous. Il disait que lorsque nous repassons l'histoire de l'humanité, à chaque pas nous voyons cette grande bonté de Dieu. Tous les attributs de Dieu, comme Sa Toute-Puissance , s'efforcent de nous dévoiler ce suprême attribut de Dieu, Sa bonté. Mais beaucoup d'âmes qui tendent à la perfection ne connaissent pas cette grande bonté de Dieu. Tout se que le Père disait pendant cette méditation sur la bonté de Dieu, est exactement ce que Jésus m'a confié à propos de la Fête de la Miséricorde. Tout est clair maintenant au sujet de ce que le Seigneur m'a promis. Je
n'éprouve plus aucun doute. La parole de Dieu est claire et nette. 458. Pendant toute cette méditation, je voyais Jésus sur l'autel en tunique
blanche. Il tenait en main le cahier dans lequel j'écris ceci. Pendant toute la
méditation, Jésus feuilletais les pages du cahier et se taisait. Cependant mon
cœur ne pouvait plus supporter le feu qui brûlait mon âme. Malgré l'effort de ma
volonté pour me maîtriser et ne pas faire voir à mon entourage ce qui se passait
en mon âme, vers la fin de la méditation, je sentis que je ne dépendais plus de
moi-même. Alors Jésus me dit : « Tu n'as pas tout écrit dans ce cahier sur Ma
bonté envers les hommes. Je désire que Tu n'omettes rien et que ton cœur soit
affermi dans une paix complète. » 459. O Jésus, mon cœur cesse de battre quand je considère tout ce que Vous
avez fait pour moi ! Je Vous admire, Seigneur, de Vous abaisser à ce point vers
mon âme misérable. Quels moyens inconcevables Vous employez pour me
persuader ! 460. C'est la première fois de ma vie que je fais une telle retraite. Je comprends d'une manière particulière et claire chaque mot du Père, ayant déjà vécu tout cela en mon âme. Je vois maintenant que Jésus ne laissera pas dans l'incertitude une âme qui l'aime sincèrement. Jésus désire que l'âme soit en étroit rapport avec Lui, et remplie de paix malgré les souffrances et les contrariétés. 461. Je comprends bien maintenant ce qui unit le plus étroitement l'âme à Dieu,
c'est le renoncement à soi, c'est-à-dire l'union de notre âme à la volonté de
Dieu. Cela rends l'âme vraiment libre, l'aide à avoir un profond recueillement de
l'esprit, lui rend légères toutes les peines de la vie, et la mort douce. 462. Jésus m'a dit que si j'avais quelque incertitude en ce qui concerne cette Fête, ou la fondation de cette Congrégation, ou sur tout autre point don Il m'a parlé au fond de l'âme, Il me répondrait immédiatement par la bouche de ce prêtre. 463. Pendant une méditation sur l'humilité, une vieille inquiétude me revint à l'esprit : une âme aussi misérable que la mienne ne peut accomplir la tâche que le Seigneur exige. A cet instant, alors que j'examinais ce doute, le prêtre qui prêchait la retraite interrompit le fil de son discours et parla de ce dont je doutais. C'est-à-dire que Dieu choisit, la plupart du temps, les âmes les plus faibles et les plus simples comme instruments, pour réaliser Ses plus grandes œuvres. Et c'est une vérité incontestable, car c'est ainsi qu' Il a choisi les Apôtres. Et voyons dans l' Histoire de l' Eglise , quelles grandes œuvres ont été
accomplies par des âmes qui en étaient le moins capables ! Car justement de
cette manière, les œuvres de Dieu nous montrent qu'elles sont vraiment de Dieu.
Quand mon incertitude eût tout à fait disparu, le prêtre revint au thème de
l'humilité. Jésus, comme pendant chaque méditation, se tenait debout sur l'autel. Il ne me
disait rien, mais son regard bienveillant pénétrait ma pauvre âme, qui n'avait plus
aucune excuse. 464. O Jésus, ma vie, je sens bien que Vous me changez en Vous-même, dans
le secret de l'âme, où les sens n'atteignent guère. O mon sauveur, cachez-moi
dans le fond de Votre Cœur, et couvrez-moi de Vos rayons devant tout ce qui
n'est pas Vous. Je Vous en prie, Jésus, que ces deux rayons sortis de Votre
Cœur très Miséricordieux fortifient sans cesse mon âme. 465. Le moment de la confession. Mon confesseur m'a demandé si à cet instant Jésus était là, et si je Le voyais. -«
Oui, Il est là et je Le vois. » Alors il m'a demandé de le questionner sur certaines
personnes. Jésus ne m'a rien répondu, mais il l'a regardé. Quand après la
confession j'ai récité ma pénitence, Jésus m'a dit : « Va et console-le de ma
part. » - Ne comprenant pas la signification de ces mots, je lui ai tout de suite
répété ce que Jésus venait de me dire. 466. Pendant tout le temps de la retraite, sans interruption, j'étais en rapport
avec Jésus et je me suis familiarisée avec Lui de toute la force de mon cœur. 467. Jour de la rénovation des vœux. Au commencement de la Sainte Messe,
comme d'habitude, comme d'habitude j'ai vu Jésus. Il nous bénissait, puis Il est
entré dans le tabernacle. Soudain je vis la <sainte Vierge en robe blanche et
manteau bleu, tête nue. Elle vint de l'autel, s'approcha de moi, me toucha de ses
mains et me couvrit de son manteau. Elle me dit : « Offre ces vœux pour la
Pologne. Prie pour Elle. » 468. 15.VIII. Le soir de ce même jour, j'ai éprouvé une grande nostalgie de
Dieu. Je ne Le voyais pas en ce moment avec mes yeux de chair, comme
auparavant, mais je Le sens, de façon indéfinissable. Cela me cause cette
nostalgie et un supplice indescriptible. Je meurs de soif de Le posséder, pour
me noyer en Lui pour l'éternité. Mon esprit est tendu vers Lui, et rien au monde
ne pourrait me consoler. O amour éternel, je comprend maintenant combien
mon cœur vivait en étroite intimité avec Vous. Car qu'est-ce qui pourra me
contenter au Ciel ou sur la terre, en dehors de Vous, ô mon Dieu en qui s'est
abîmée mon âme ? 469. Un soir, de ma cellule, je regardais le Ciel, et j'ai vu ce beau firmament
semé d'étoiles, et la lune .. Soudain un feu d'amour inconcevable jaillit de mon
âme vers mon Créateur. Ne sachant supporter la nostalgie qui montait en mon
âme vers Lui, je me suis prosternée, m'humiliant dans la poussière. Je Le louais
pour toutes Ses créatures. Et lorsque mon cœur n'eut plus la force de supporter
ce qui se passait en lui, j'ai éclaté en sanglots. Alors mon Ange Gardien m'a
touchée et m'a dit : « Le Seigneur te fait dire de te relever. » J »obéis
immédiatement, mais je n'était pas consolée. La nostalgie de Dieu m'envahit plus
encore. 470. Un jour où j'étais en adoration, mon esprit était comme en agonie et je ne pouvais pas retenir mes larmes ; alors j'ai vu un esprit d'une grande beauté qui me dit : « Le Seigneur dit : ne pleure pas. » Après un moment, j'ai demandé : « Qui es tu ? » Il me dit : « Je suis l'un des sept esprits, qui se tiennent nuit et jour devant le trône de Dieu et Le louent sans cesse. » Cependant cet esprit, n'a pas apaisé ma nostalgie de Dieu, il n'a fait que l'accroître. La beauté de cet esprit provient de son étroite union à Dieu. Il ne me quitte pas un seul instant, il m'accompagne partout . Le lendemain, pendant la Sainte Messe, avant l' Elévation , il commença à
chanter ces mots : « Saint ! Saint ! Saint ! » Sa voix résonnait comme les voix de
milliers de personnes, cela m'est impossible à décrire. Tout d'un coup, mon
esprit fut uni à Dieu. A ce moment-là, j'ai vu la grandeur et la sainteté
inconcevables de Dieu et en même temps j'ai eu connaissance de mon néant. Les Trois Personnes Divines : le Père, le Fils et le Saint-Esprit m'ont été révélées plus distinctement qu'autrefois. Cependant Leur existence, Leur égalité et Leur majesté sont une. 471. Mon âme est en relation avec les Trois. Je ne puis l'exprimer par des mots, mais mon âme le comprend bien. Quiconque est uni à l' Une des Trois personnes est par là même uni à la Sainte Trinité, car Son unité est indivisible. Cette vision, cette connaissance plutôt, inonda mon âme d'un bonheur inconcevable : Dieu est si grand ! Je n'ai pas vu de mes yeux, comme autrefois, ce que je viens d'écrire, mais d'une manière purement intérieure, spirituelle et indépendante des sens. Cela dura jusqu'à la fin de la Sainte Messe. Maintenant cela m'arrive souvent, non seulement à la chapelle, mais aussi
pendant le travail et dans les moments où je m'y attends le moins. 472. Quand mon confesseur partit, je me confessais à l'Archevêque. Après lui avoir dévoilé mon âme, je reçus cette réponse : « Ma fille, armez-vous d'une grande patience . . Si ces choses viennent de Dieu, tôt ou tard elles se réaliseront. Je vous en prie, soyez tout-à-fait tranquille. Je vous comprends très bien et quand à votre désir de quitter la Congrégation pour penser à une autre, je vous le demande, n'admettez pas cela, même en pensée. Car ce serait une grave tentation intérieure. » Après cette confession, j'ai dit à Jésus : « Pourquoi me demandez-Vous de faire
ces choses et ne me donnez-Vous pas la possibilité de les réaliser ? » Alors j'ai
vu Jésus après la Sainte Communion dans la même petite chapelle où je m'étais
confessée, sous le même aspect qu'il avait sur l'image. Le Seigneur m'a dit : «
Ne sois pas triste. Je lui ferai comprendre ce que j'exige de toi. » Au moment où
nous sortions, l' Archevêque était très occupé, mais il nous fit retourner et
attendre un instant. Lorsque nous sommes rentrées dans la petite chapelle,
j'entendis ces paroles dans mon âme : « Dis-lui ce que tu as vu dans cette
chapelle. » A cet instant, l' Archevêque entra et nous demanda si nous n'avions
rien à lui dire. Cependant, bien qu'ayant l'ordre de parler, je ne le pouvais pas,
car j'étais accompagnée par un Sœur. Encore un mot de la Sainte Confession : « Obtenir par la prière la miséricorde
pour le monde ; c'est une grande et belle idée. Priez beaucoup la Miséricorde
pour le monde ; c'est une grande et belle idée. Priez beaucoup la Miséricorde
divine pour les pécheurs, ma Sœur, mais faites-le dans votre propre couvent. » 473. Le lendemain, vendredi 13.IX.35. Le soir ,quand j'étais dans ma cellule, j'ai vu un Ange, l'exécuteur de la colère de
Dieu. Il était en robe claire, la face rayonnante, une nuée sous les pieds et de
cette nuée sortaient la foudre et les éclairs qu'il lançait de sa main sur la terre.
Lorsque je vis le signe de la colère de Dieu qui devait frapper la terre, et surtout
un certain endroit, qu'évidemment je ne puis nommer, j'ai commencé à prier l'
Ange , pour qu'il s'arrête quelques instants, lui disant que le monde allait faire
pénitence. Mais ma prière n'était rien devant la colère de Dieu. A ce moment,
j'ai aperçu la Très Sainte Trinité. La grandeur de Sa Majesté me pénétra
jusqu'au fond de l'âme et je n'osais plus répéter mes supplications. Au même
instant, je sentis en mon âme, la force de la grâce de Jésus qui habite mon âme.
A l'instant même où je pris conscience de cette grâce, j'ai été enlevée devant le
Trône de Dieu. Oh ! qu' Il est grand, notre Seigneur et notre Dieu. Inconcevable
est Sa Sainteté ! Je ne vais pas tenter de décrire cette grandeur, car bientôt nous Le verrons tous, tel qu' Il est. J'ai commencé à supplier Dieu pour le monde. par des paroles entendues intérieurement. Alors que je priais ainsi, j'ai vu l'impuissance de l' Ange , qui ne pouvait accomplir la juste punition qui revient de plein droit au péché. Je n'avais jamais encore prié avec tant de force intérieure. Voilà les paroles par lesquelles je suppliais Dieu : 474. « Père Eternel, je vous offre le Corps, le Sang, l' Âme et la Divinité de
Votre très doux Fils Notre Seigneur Jésus Christ, pour nos péchés et ceux du
monde entier. Par Sa douloureuse Passion, soyez-nous miséricordieux. » 475. Le lendemain, en entrant dans la chapelle, j'ai entendu intérieurement ces paroles : « Chaque fois que tu entres à la chapelle, récite tout de suite la prière que je t'ai apprise hier. » Lorsque j'ai récité cette prière, j'entendis : « Cette prière doit apaiser Ma colère. Tu vas la réciter pendant neuf jours, sur un chapelet, de la manière suivante : « Père Eternel, je vous offre le Corps, le sang, l' Âme et la Divinité de Votre Fils Bien )Aimé , Notre Seigneur Jésus-Christ, pour implorer de Vous le pardon de nos péchés et de ceux du monde entier. » Sur les grains de l' Ave Maria, tu diras : « Par Sa douloureuse Passion, ayez pitié de nous et du monde entier. » A la fin, tu réciteras trois fois ces paroles : « Dieu Saint, Dieu fort, Saint
Immortel, ayez pitié de nous et du monde entier. 476. Le silence est un glaive dans le combat spirituel. Une âme bavarde n'arrivera jamais à la sainteté. Le glaive du silence coupera tout ce qui voudrait s'accrocher à l'âme. Nous sommes tous vulnérables en ce qui concerne la parole, nous voulons immédiatement répondre, sans nous demander si c'est la volonté de Dieu, pour nous, de parler. L'âme silencieuse est forte. Si elle persévère dans le silence, aucune contrariété
ne la touchera. L'âme silencieuse est capable de s'unir à Dieu de la façon la plus
profonde, elle vit presque toujours sous l'inspiration du Saint-Esprit. Dans l'âme
silencieuse, Dieu agit sans rencontrer d'obstacle. 477. O mon Jésus, Vous seul savez que mon cœur n'a pas d'autre amour que
Vous. Mon amour virginal s'est abîmé en Vous, ô Jésus, pour l'éternité. Je sens
bien Votre Sang divin circuler dans mon cœur et nul doute qu'avec Votre Très
Saint Sang ne soit entré en lui Votre amour le plus pur. Je sens que vous
demeurez en moi avec le Père et l' Esprit Saint, ou plutôt, je sens que c'est moi
qui vis en Vous, ô Dieu insondable. Je sens que je me perds en Vous comme
une goutte d'eau dans l'océan. Je sens que Vous êtes en moi et hors de moi. Je
sens que Vous êtes dans tout ce qui m'environne, dans tout ce qui m'arrive. O
mon Dieu, je Vous ai connu à l'intérieur de mon cœur et je Vous aime
par-dessus tout ce qui existe sur la terre ou au Ciel. Nos cœurs se comprennent
mutuellement ; personne ne comprendra cela. 478. Ma seconde confession à l'Archevêque. « Sachez ma fille, que si c'est la
volonté de Dieu, cela se réalisera tôt ou tard. Car la volonté de Dieu doit être
accomplie. Aimez Dieu dans votre cœur, ayez … » (la pensée est interrompue.) 479. 29.IX. Fête de saint Michel Archange. Je suis unie intérieurement à Dieu. Sa présence me pénètre jusqu'au fond de moi-même et elle me remplit de paix, de joie et de stupéfaction. Après de tels moments d'oraison, je suis remplie de force et d'un singulier courage pour souffrir et combattre. Rien ne m'effraye, même si le monde entier était contre moi. Toutes les contrariétés ne touchent que la surface, elles n'atteignent pas les profondeurs, car Dieu y demeure. Il me fortifie, Il me remplit. Tous les pièges de l'ennemi se brisent à Ses pieds.
En ces moments d'union, Dieu me soutient de Sa puissance. Cette puissance se
communique à moi, et elle me rend capable de L'aimer. L'âme n'arrive jamais à
cet état par ses propres efforts. Au commencement de cette grâce intérieure, la
peur me remplissait, et j'ai commencé à y céder. Mais le Seigneur me fit
rapidement comprendre à quel point cela Lui déplaisait. Cet aussi Lui seul qui
me donne la paix. 480. Presque chaque solennité de la Saint Eglise me donne une plus profonde
connaissance de Dieu et une grâce particulière. C'est pourquoi je me prépare à
chaque fête en étroite union à l'esprit de l'Eglise. Quelle joie d'être une fidèle
enfant de l'Eglise. Oh ! Comme j'aime la Sainte Eglise et tous ceux qui en font
partie ; je les considère comme des membres vivants du Christ, qui est leur tête.
Je brûle d'amour avec ceux qui aiment, je souffre avec ceux qui souffrent, la
douleur me consume à la vue des âmes froides et ingrates. Alors je tâche d'avoir
un tel amour de Dieu, qu'il puisse réparer pour ceux qui ne L'aiment pas, qui
n'ont pour leur Sauveur qu'une noire ingratitude. 481. O mon Dieu, je suis consciente de ma mission dans la Sainte Eglise. Mon
incessant effort doit être la prière pour obtenir la Miséricorde pour le monde. Je
m'unis étroitement à Jésus et je me tiens devant Lui, comme une offrande
suppliante pour le monde. Dieu ne me refusera rien si je le supplie par la voix de
son Fils. Mon offrande n'est rien en elle-même. Mais lorsque je l'unis au
sacrifice de Jésus-Christ, elle devient toute puissante et elle peut fléchir la colère
divine. Dieu nous aime dans Son Fils. La douloureuse Passion du Fils de Dieu
est ce qui ne cesse de tempérer la colère de Dieu. 482. O mon Dieu, comme je désire que les âmes sachent que Vous les avez crées à cause de Votre amour inconcevable ! O mon Créateur et mon Seigneur, je sens que j'écarterai le voile du Ciel, pour que la terre ne doute pas de Votre bonté. Faites de moi, Jésus, une offrande agréable et ure devant la Face du Père.
Jésus, transformez-moi en Vous, car Vous pouvez tout, et rendez-moi à Votre
Père Eternel. Je désire devenir une hostie expiatoire devant Vous et devant les
hommes. Je désire que le parfum de mon offrande ne soit connu que de Vous.
O Dieu Eternel, un feu inextinguible brûle en moi, implorant Votre miséricorde :
je sais et je comprends que c'est lon devoir ici bas et pour l'éternité. Vous
m'avez vous-même fait parler de cette grande miséricorde et de Votre bonté. 483. Un jour j'ai compris combien déplaît à Dieu une action, qui peut paraître
très louable mais qui n'est pas inspirée par une intention pure. Ces actions
portent Dieu à punir, plutôt qu'à récompenser. Qu'il y en ai le moins possible. Et
même ,dans la vie religieuse, il ne devrait pas y en avoir du tout.. 484. J'accepte la joie ou la souffrance, la louange ou l'humiliation, dans la même
disposition d'esprit. Je sais que lus unes et les autres sont passagères. Que
m'importe ce que l'on dit de moi ? Il y a déjà longtemps que j'ai renoncé à tout
ce qui touche à ma personne. Mon nom est « hostie », c'est-à-dire offrande, pas
en paroles, mais en action : par l'anéantissement de mon moi-même, en me
rendant pareille à Vous sur la croix, ô Bon Jésus, mon Maître ! 485. Jésus, lorsque Vous venez à moi dans la Saint Communion, Vous qui avez daigné demeurer avec le Père et le Saint-Esprit dans le ciel de mon âme, je tâche de Vous tenir compagnie pendant toute la journée. Je ne Vous laisse pas seul un seul instant. Bien que je sois dans la société des hommes ou avec nos élèves, mon coeur est toujours avec le Vôtre. Quand je m'endors, je Vous offre chaque battement de mon cœur, quand je me réveille, je me plonge en Vous sans prononcer de paroles. Quand je me réveille, j'adore un moment la Sainte Trinité et je remercie Dieu de daigner m'accorder encore un jour, qu'encore une fois, je puisse revivre en mon âme le mystère de l' Incarnation de Son Fils ; qu'une fois de plus, Sa douloureuse Passion se déroule devant mes yeux. Je m'efforce alors de faire passer Jésus par moi aux autres âmes. Je vais partout avec Jésus, Sa présence m'accompagne partout.
486. Je tâche de garder le silence dans les souffrances de l'âme ou du corps, car
mon esprit est rempli de la force, qui découle de la Passion de Jésus. J'ai
constamment devant les yeux Sa Face douloureuse, outragée et défigurée, Son
Cœur divin transpercé par nos péchés et particulièrement par l'ingratitude des
âmes choisies. 487. Un double avertissement : je dois me préparer aux souffrances qui
m'attendent à Varsovie. Le premier avertissement était intérieur fait par une voix
que j'ai entendue. Le second a eu lieu pendant la Sainte Messe. Avant l'
Elévation , j'ai vu Jésus crucifié ,. Il me dit : « Prépare-toi à des souffrances. »
J'ai remercié le Seigneur de cette grâce prévenante et Lui que je n'allais
sûrement pas plus souffrir que Lui, mon Sauveur. Cependant j'ai pris cela à
cœur et je me fortifie par la prière et de petites souffrances pour pouvoir en
supporter de plus grandes, quand elles viendront. 488. 19.X.35 .. Départ de Wilno pour Cracovie, pour huit jours. Vendredi
soir, pendant le rosaire, en pensant au voyage de demain et de la gravité de
l'affaire que je devais présenter au Père Andrasz , la peur me prit à la vue de ma
misère, de mon incapacité, et de la grandeur de l'œuvre de Dieu. Broyée par
cette souffrance, je m'en remis à la volonté divine. A ce moment, j'ai vu Jésus
dans une tunique claire, près de mon prie-Dieu. Il me dit : « Pourquoi as-tu peur
d'accomplir Ma volonté ? Est-ce que Je ne vais pas t'aider comme je l'ai fait
jusqu'à présent ? Répète chacune de Mes exigences, à ceux qui me remplacent
sur la terre et fais seulement ce qu'ils t'ordonneront. » A l'instant, une grande
force envahit mon âme. 489. Le lendemain, j'ai vu mon Ange Gardien, qui m'a accompagnée pendant le voyage jusqu'à Varsovie. Quand nous sommes entrées par la porte du couvent, il disparut. En passant près d'une petite chapelle pour aller saluer nos Supérieures, la présence de Dieu s'empara de moi et le Seigneur me remplit du feu de Son amour. En de pareils moments, je reconnais toujours mieux la grandeur de Sa Majesté. A Varsovie nous avions pris place dans le train pour Cracovie et j'ai de nouveau
vu mon Ange Gardien près de moi. Il priait en contemplant Dieu, ma pensée l'a
suivi. Et quand nous sommes entrées au couvent, il disparut. 490. A mon entrée dans la chapelle, à nouveau la Majesté de Dieu s'empara de
moi. Je me sentais plongée en Dieu, complètement submergée et pénétrée par
Lui, en voyant combien notre Père céleste nous aime, Oh ! le grand bonheur qui
remplit mon âme de la connaissance de Dieu et de la vie divine ! Je désire
partager ce bonheur avec tous les hommes. Je ne peux l'enfermer dans mon
cœur seulement, car ses flammes me brûlent et elles feraient éclater mon cœur et
mon corps. Je désire parcourir le monde entier et parler aux âmes de la grande
miséricorde de Dieu. Prêtres, aidez-moi en cela. Employez les expressions les
plus fortes pour publier Sa miséricorde, car la parole exprime faiblement quelle
est Sa Miséricorde .. 491. J.M.J. Cracovie, 20.X.35 Retraite de huit jours Dieu éternel, Seule bonté, inconcevable dans Votre miséricorde à tout esprit humain ou angélique, aidez votre faible enfant, pour que je puisse accomplir Votre Sainte Volonté, telle que Vous me la faite connaître. Je ne désire rien d'autre que l'accomplissement des désirs divins. Voici, Seigneur, mon âme et mon corps, mon esprit et ma volonté, mon cœur et tout mon amour, gouvernez-moi selon Vos éternels desseins. 492. Après la Sainte Communion, mon âme fut encore submergée par l'amour
divin. Je me réjouis de sa grandeur. Je vois alors nettement quelle est Sa
Volonté, ce que je dois accomplir. Et au même moment je vois ma faiblesse et
ma misère. Je vois que puis rien faire sans Son aide. 493. Second jour de retraite Je devais aller chez le Père Andrasz au parloir j'ai eu peur pensant que le secret
existe seulement au confessionnal ; c'était une crainte futile, la Mère Supérieure
m'a tranquillisée d'un mot. Cependant, lorsque je suis entrée à la chapelle, j'ai
entendu ces mots dans mon âme : « Je désire que tu sois sincère et simple
comme une enfant telle que tu l'es avec Moi. Sinon Je T'abandonnerai et je
n'aurai plus aucun rapport avec toi. » Et de fait, Dieu m'accorda la grande grâce
d'une confiance totale. La conversation finie, Il me fit la grâce d'une profonde
paix et de la lumière au sujet de ces choses. 494. Jésus, lumière éternelle, éclairez ma raison, affermissez ma volonté,
enflammez mon cœur. Soyez avec moi comme Vous me l'avez promis, car sans
Vous je ne suis rien. Vous savez, mon Jésus combien je suis faible. Ai-je besoin
de Vous le dire, Jésus, car Vous savez parfaitement combien je suis misérable.
En Vous est toute ma force. 495. Jour de confession Depuis le matin, j'éprouvais un combat intérieur si fort que je n'en avais jamais éprouvé de semblable. Complètement abandonnée de Dieu., j'ai expérimenté toute ma faiblesse. Des pensées m'accablaient : pourquoi dois-je quitter ce couvent où je suis aimées par les Soeurs et les Supérieures, cette vie tranquille ? Liée par les vœux perpétuels, j'accomplis facilement mes devoirs. Pourquoi dois-je écouter la voix de ma conscience ? Pourquoi suivre l'inspiration, qui sait de qui elle provient ? N'est-ce pas mieux de cheminer comme toutes les Sœurs ? Peut-être pourrais-je étouffer les paroles du Seigneur, ne pas y faire attention ? Peut-être que Dieu n'en demandera pas compte au Jour du Jugement ? Où me conduira cette voix intérieure ? Quelles grandes peines, contrariétés et souffrances m'attendent, si je suis cette voix ? J'ai peur de l'avenir et j'agonise dans le présent. Cette souffrance dura avec la même intensité pendant toute la journée. Lorsque le soir, je suis allée me confesser et, bien que je m'y sois préparée, je
ne pus me confesser. J'ai reçu l'absolution et me suis retirée, ne comprenant rien
à ce qui se passait en moi. Quand je me suis couchée, la souffrance augmenta encore, ou plutôt elle se
changea en un feu qui pénétrait comme un éclair, toutes les facultés de mon âme
jusqu'à la moelle, mon cœur jusqu'au plus secrets remplis. Souffrant ainsi, je ne
pouvais me à rien. Que Votre volonté soit faite, Seigneur. Par moments, je ne
pouvais même pas penser à cela. J'étais vraiment saisie par une peur mortelle,
touchée par un feu infernal. Le calme revint vers le matin, les souffrances
disparurent en un instant. Mais je me sentais si affaiblie que je ne pouvais faire
aucun mouvement. Peu à peu, pendant ma conversation avec la Mère
Supérieure, les forces me revinrent. Cependant Dieu Seul sait comment je me
sentis pendant toute la journée. 496. O Vérité éternelle, Verbe incarné, qui avez si fidèlement accompli la volonté de Votre Père, voilà qu'aujourd'hui je deviens martyre de Vos inspirations, car je ne peux les réaliser, n'ayant pas de volonté propre .. Bien qu'intérieurement je reconnaisse clairement Votre Volonté, je me rends en
tout à la volonté de mes Supérieures et de mon confesseur. Et je n'accomplirai
Votre Volonté qu'autant que vous me le permettrez par Votre remplaçant. O
mon Jésus, c'est difficile : je dois préférer la voix de l' Eglise à la Voix par
laquelle Vous me parlez. 497. Après la Sainte Communion. Comme d'habitude, j'ai aperçu Jésus. Il me
dit : « Appuie la tête sur Mon épaule. Repose-toi et prend des forces. Je suis
toujours avec toi. Dis à l'ami de Mon Cœur que J'emploie d'aussi faibles
créatures pour réaliser Mes œuvres. » Mon esprit s'en trouva singulièrement
fortifié. - « Dis-lui, que je lui ai révélé ta faiblesse dans ta confession, pour lui
montrer ce que tu es de toi-même. » 498. Chaque combat, soutenu courageusement m'apporte joie et paix, lumière
et expérience, et courage pour l'avenir. Il rend honneur et gloire à Dieu, et pour
moi, en fin de compte, une récompense. 499. C'est aujourd'hui la fête du Christ-Roi . J'ai prié ardemment pendant la
Sainte Messe, pour que Jésus soit Roi de tous les cœurs, pour que la grâce
divine brille dans chaque âme. Soudain, j'ai aperçu Jésus, tel qu' Il est peint sur
cette image. Il me dit : « Ma fille, tu Me rends une très grande gloire, en
accomplissant fidèlement mes désirs. » 500. Oh ! Que Votre Beauté est grande, Jésus mon Epoux ! Fleur vivante en
qui se cache une rosée vivifiante pour l'âme qui a soif. C'est en Vous que s'est
noyée mon âme. Vous Seul êtes l'objet de mes aspirations et de mes désirs.
Unissez-moi très étroitement à Vous, au Père et au Saint-Esprit. Que je vive et
meure en Vous. 501. L'amour seul a un sens, il donne à nos plus petites actions les dimensions
de l'infini. 502. Mon Jésus, vraiment je ne saurais pas vivre sans Vous, mon esprit s'est uni
au Vôtre. Personne ne le comprendra bien. Il faut d'abord vivre de Vous, pour
Vous reconnaître dans les autres. 503. Cracovie, 25.X.35 Résolutions de la retraite Je ne ferai rien sans la permission du confesseur et le consentement des Supérieures, en tout et surtout dans ces inspirations et exigences du Seigneur. Je passerai tous mes moments libres avec l' Hôte divin, à l'intérieur de mon âme. J'observerai le silence intérieur et extérieur pour que Jésus se repose dans mon cœur. Le repos que je préférerai sera de rendre service aux Sœurs et de m'empresser auprès d'elles. M'oublier moi-même pour leur faire plaisir. Je ne m'expliquerai ni ne m'excuserai pour aucune remarque qui me sera faite. Je permettrai qu'on me juge comme on en a envie. Je n'ai qu'un seul confident à qui je confierai tout ; c'est Jésus Eucharistie et son remplaçant : mon confesseur. Je garderai le silence, sans me plaindre dans toutes les souffrances de l'âme et du corps, dans les ténèbres et dans les délaissements .. Je vais m'anéantir à chaque moment, comme une offrande déposée à Ses Pieds,
afin d'obtenir miséricorde pour les pauvres pécheurs. 504. Tout mon néant se noie dans l'océan de Votre Miséricorde. Avec la
confiance d'un enfant je me jette dans Vos bras, Père de miséricorde, pour
expier la méfiance de tant d'âmes, qui ont peur de s'abandonner à Vous. Qu'il
est petit le nombre d'âmes qui Vous connaissent vraiment. Avec quelle ardeur je
désire que la Fête de la Miséricorde soit connue des âmes ! La Miséricorde est
le couronnement de Vos œuvres. Vous pourvoyez à tout avec l'amour de la
mère la plus tendre. 505. J.M.J. Cracovie, 27.X. 1935 Le Père Andrasz - Conseils spirituels « Ne rien faire sans le consentement des Supérieures. Il faut bien réfléchir à cette affaire et beaucoup prier. Une grande prudence s'impose car, ici, la volonté de Dieu est sûre et visible, ma Sœur. En effet vous êtes liée à votre Congrégation par des vœux, des vœux perpétuels et donc il ne devrait pas y avoir de doutes. F'autre part ce que vous pensez intérieurement ne sont que des lueurs sur un projet. Dieu peut faire des déplacements, mais c'est très rare. Ne vous précipitez donc pas, ma Sœur tant que vous n'aurez pas de notion plus précise. Les œuvres de Dieu se font lentement. Vous les reconnaîtrez avec netteté si elles sont de Dieu ; sinon, elles disparaîtront et vous, en obéissant, vous ne vous égarerez pas. Mais dites tout sincèrement à votre confesseur et obéissez-lui aveuglément. Maintenant, vous n'avez plus rien à faire, ma Sœur, sinon accepter la souffrance, jusqu'au moment où tout s'éclaircira, c'est-à-dire quand ces affaires, jusqu'au moment où tout s'éclaircira, c'est-à-dire quand ces affaires seront arrangées. Vous vivez dans de sages dispositions vis-à-vis d'elles. Et je vous demande de continuer à être aussi pleine de simplicité et d'esprit d'obéissance ; c'est un bon signe. Tant que vous continuerez à être dans cette disposition, Dieu ne permettra pas que vous vous égariez. Mais autant que possible, tenez-vous loin de ces choses. Si malgré cela, elles se produisent, acceptez-les paisiblement. N'ayez peur de rien. Vous êtes dans de bonnes mains, celles d'un Dieu si bon. Je ne vois ni illusions, ni contradictions, en tout ce que vous m'avez dit. Ce sont des choses bonnes en elles mêmes. Il serait même bon qu'il y ait un groupe d'âmes qui prient Dieu pour le monde, car nous avons tous besoin de prières. Vous avez un bon directeur, ne le quittez pas et soyez tranquille. Je vous demande d'être fidèle à la volonté de Dieu et de l'accomplir. Quant à vos occupations, faites ce que l'on vous dit de faire, et comme on vous
dit de le faire, même si c'est très humiliant et très pénible. Choisissez toujours la
dernière place, alors on vous dira : montez plus haut. En esprit et en action, vous
devez vous estimer comme la dernière de toute la maison, et de toute la
Communauté. En tout et toujours une grande fidélité à Dieu. » 506. O Jésus, je désire souffrir et brûler du feu de Votre amour en toutes les
circonstances de ma vie. Je suis entièrement vôtre, et désire me perdre en Vous.
O Jésus, je désire m'égarer dans Votre Divine Beauté. Vous me poursuivez,
Seigneur, de Votre amour. Vous pénétrez mon âme comme un rayon de soleil et
Vous changez mes ténèbres en Votre clarté. Je sens bien que je vis en Vous
comme une petite étincelle perdue dans le feu du brasier dévorant dont Vous
brûlez, ô inconcevable Trinité. Il n'y a pas de plus grand amour que l'amour de
Dieu. Et dès ici bas, nous pouvons goûter le bonheur de ceux qui sont au Ciel,
par une étroite à Dieu - union bien singulière, et bien souvent incompréhensible
pour nous. On peut avoir la même grâce par la simple fidélité de l'âme. 507. Lorsque le dégoût et le sentiment de la monotonie de mes devoirs
s'empare de moi, je me rappelle que je suis dans la maison du Seigneur, où il n'y
a rien de petit, où de ma petite action, accomplie d »une manière divinisée,
dépend la gloire de l' Eglise et le progrès de plus d'une âme. Il n'y a donc rien de
négligeable dans une Congrégation religieuse. 508. Dans les contrariétés que j'éprouve, je me rappelle que le temps du
combat n'est pas fini. Je m'arme de patience et de cette manière, je remporte la
victoire sur mon ennemi. 509. Je ne cherche nulle part la perfection avec avidité, mais je me pénètre de
l'esprit de Jésus. Je fixe mon regard sur Ses actions dont j'ai le résumé dans l
»Evangile. Et même si je vivais mille ans, je n'en épuiserai pas le contenu. 510. Lorsque mes intentions ne sont pas approuvées, ou même lorsqu'elles sont
condamnées, je ne m'en étonne pas trop, car je sais que Dieu seul pénètre mon
cœur. La vérité ne périt pas. Le cœur blessé s'apaisera avec le temps, mais mon
esprit gagne des forces dans les contrariétés. Je n'écoute pas toujours ce que
mon cœur me dit. Mais je prie Dieu de me donner la lumière. Alors quand que
j'ai retrouvé mon équilibre, je garde le silence. 511. Jour de la rénovation des vœux. La présence de Dieu inonda mon âme.
Pendant la Sainte Messe j'ai aperçu Jésus, qui me dit : « Tu es Ma grande joie.
Ton amour et ton humilité Me font quitter le trône céleste et M'unir à toi.
L'amour comble l'abîme qui existe entre Ma grandeur et ton néant. » 512. L'amour inonde mon âme, je suis immergée dans un océan d'amour. Je me
sens défaillir et je me perds complètement en Lui. 513. Jésus, rendez mon cœur semblable au Vôtre. Ou plutôt changez-le en
Votre propre Cœur pour que je sache ressentir les besoins des autres cœurs, et
surtout des cœurs souffrants et tristes : que pour eux, les rayons de la
miséricorde reposent dans mon cœur. 514. Le soir, je me promenais au jardin, récitant mon rosaire. Quand je suis
arrivée au cimetière des Sœurs, j'ai entr'ouvert la porte et j'ai prié un certain
temps. Je leur ai demandé intérieurement : « vous êtes heureuses, bien sur ? »
J'entendis alors ces mots : « Oui, nous sommes heureuses dans la mesure où
nous avons accompli la volonté de Dieu. » Puis le silence régna comme avant.
Rentrant en moi-même, j'ai longuement réfléchi à la manière dont
j'accomplissait la volonté divine et dont je profitais du temps que Dieu
m'accorde. 515. Ce même jour, alors que j'étais couchée, une âme vint à moi dans la nuit,
me réveilla en frappant sur la table de nuit et me demanda de prier pour elle.
J'aurais voulu demander qui elle était. Mais j'ai renoncé à cette curiosité et
unissant cette petite mortification à ma prière, je les ai offertes pour elle. 516. Un jour où je rendais visite à une Sœur malade, âgée de
quatre-vingt-quatre ans et qui se distinguait par de nombreuses vertus, je lui ai
demandé : « vous êtes sûrement prête, ma Sœur, à paraître devant le Seigneur ?
» Elle me dit : « Je me suis préparée toute ma vie à cette dernière heure ». Et elle
ajouta : « L'âge ne dispense pas du combat. » 517. La veille du jour des Morts, je suis allée, à la nuit tombante, au cimetière
qui était fermé. Cependant j'ai entr'ouvert la porte et j'ai dit : « Si vous attendez
de moi quelque chose, mes petites âmes, je le ferai volontiers si la règle le
permet. » Alors j'ai entendu ces mots : « Fais ce que Dieu veut. Nous sommes
heureuses dans la mesure où nous avons accompli la volonté de Dieu. » 518. Le soir, ces âmes sont venues et m'ont demandé de prier pour elles, ce
que j'ai fait et, longuement. Et le soir, quand la procession revenait du cimetière,
j'ai vu un grand nombre d'âmes qui nous accompagnaient à la chapelle. Il y en
avait qui priaient avec nous. J'ai beaucoup prié, car j'avais la permission de mes
Supérieures. 519. Pendant la nuit, je fus à nouveau visitée par une âme que j'avais déjà vue autrefois. Elle ne m'a pas demandé de prier pour elle, mais elle me fit des reproches disant qu'autrefois j'étais très vaniteuse et orgueilleuse. Et voila que maintenant j'intercédais pour les autres, alors que j'avais encore des défauts. J'ai répondu que j'étais très orgueilleuse et vaniteuse ; mais que je m'en étais confessée, que j'avais fait pénitence pour ma stupidité, et que j'avais confiance en la bonté de mon Dieu. Si je tombais parfois maintenant, c'était plutôt involontairement, jamais avec préméditation, même dans les plus petites choses. Cependant cette âme se mit à me reprocher de méconnaître sa grandeur,
universellement reconnue pour ses grandes actions : « Pourquoi es-tu la seule à
ne pas me louer ? » Soudain, j'ai compris que c'était le démon sous l'aspect de
cette âme, et j'ai dit : La gloire n'est due qu'à Dieu. Va-t-en Satan ! » Aussitôt
cette âme tomba dans un gouffre effrayant, impossible à décrire. Et je lui ai dit
que j'en parlerai à toute l'Eglise. 520. Samedi, nous retournons déjà à Wilno . Nous sommes passées à
Czestochowa. Alors que je priais devant l'image miraculeuse, j'ai senti que sont
agréable …( la pensée est interrompue). (Fin du premier brouillon.) Cahier II Inscription sur la couverture du deuxième cahier : Durant les siècles, je chanterai La Miséricorde du Seigneur, Et la Miséricorde de Dieu Dans mon âme. Petit Journal Sœur Marie-Faustine + J.M.J. 521. C'est la miséricorde du Seigneur, que je vais chanter Dans les siècles, Je vais la chanter devant tous les peuples, Car c'est le plus grand attribut de Dieu, Et pour nous un incessant miracle. Tu jaillis de la Divine Trinité Mais d'un seul cœur plein d'amour. La miséricorde du Seigneur se montrera dans l'âme Dans la plénitude, quand le voile tombera. De la source de Votre miséricorde, ô Seigneur, Découle tout bonheur et toute vie, Ainsi donc, toutes les créatures et toutes les œuvres du Seigneur Chantez en extase un chant de miséricorde. Les entrailles de la miséricorde divine sont ouvertes pour nous, Par la vie de Jésus, cloué sur la croix. Tu ne dois pas douter, ni désespérer, pécheur, Mais avoir confiance en la miséricorde, Car toi aussi, tu peux devenir Saint. Deux sources en forme de rayons ont jailli du Coeur de Jésus, Non pour les Anges, ni pour les Chérubins, ni pour les Séraphins, Mais pour l'homme, plein de péchés. + 522. J.M.J. O volonté de Dieu, Sois mon amour. Mon Jésus, Vous savez, que je n'écrirais pas une seule lettre de moi-même, et si j'écris, c'est seulement au nom de la sainte obéissance. Dieu et l'âme Sœur Faustine du Saint Sacrement 523. O Jésus, Dieu caché Mon cœur Vous connaît. Quoique les voiles Vous cachent, Vous savez, que je Vous aime. + 524. J.M.J. Wilno , 24.IX.1935 Second cahier Que Dieu soit adoré ! O Sainte Trinité, en Vous est enfermée la vie intime de Dieu le Père, le Fils et
le Saint Esprit, Joie éternelle, inconcevable profondeur d'amour qui coule sur
toutes les créatures et fait leur bonheur; honneur et gloire à Votre Saint Nom
dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. Quand je considère Votre grandeur et Votre beauté, ô mon Dieu, je me réjouis
infiniment que le Seigneur que je sers soit si grand. Avec amour et allégresse je
fais Sa Sainte volonté. Et mieux je Le connais, plus ardemment je désire
L'aimer. Je suis brûlée du désir de L'aimer toujours davantage. 525. Le 14. Ce jeudi, alors que nous faisions de l'adoration nocturne, d'abord il
me fut difficile de prier. Une sécheresse s'emparait de moi, je ne pouvais méditer
la douloureuse passion de Jésus. Je me prosternai donc à terre et j'offris la
douloureuse Passion de notre Seigneur Jésus au Père Céleste, en expiation pour
les péchés du monde entier. Puis en me relevant pour aller vers mon prie-Dieu,
soudain j'aperçus Jésus près de lui. Le Seigneur Jésus était comme au moment
de la flagellation. Dans Ses mains, Il tenait une robe blanche, dont Il m'habilla et
une corde dont Il me ceignit. Il me couvrit d'un manteau rouge, comme celui
dont Il était couvert pendant Sa Passion et d'un voile de la même couleur. Il me
dit : « Tel sera ton vêtement et celui de tes compagnes. Ma vie sera pour vous
une règle depuis Ma naissance jusqu'à Mon agonie sur la Croix. Fixe les yeux
sur Moi et vis comme Moi. Je désire que tu pénètre plus profondément dans
Mon esprit et comprennes que Je suis doux et humble de cœur. » 526. A un certain moment, je ressentis dans mon âme, une impulsion à me
mettre en état d'accomplir tout ce que Dieu exige de moi. J'entrai un instant à la
chapelle, et j'entendis cette voix dans mon âme : « Pourquoi as-tu peur ?
Penses-tu que Je manque de Toute-Puissance pour te soutenir ? » A ce
moment je sentis dans mon âme une force étrange et toutes les contrariétés qui
pourraient m'advenir dans l'accomplissement de cette volonté me semblèrent
méprisables. 527. Vendredi pendant la Sainte Messe, alors que mon âme était inondée du
bonheur de Dieu, j'entendis en elle ces paroles : « Ma miséricorde est passée
dans les âmes par le cœur humano-divin de Jésus, comme le rayon de soleil à
travers le cristal. » Je compris ainsi que tout rapprochement avec Dieu, est
opéré par Jésus, en Lui et avec Lui. 528. Le dernier soir de la neuvaine à Ostra Brama, après le chant des litanies,
un des prêtres exposa le Saint Sacrement dans l'ostensoir et quand il le posa sur
l'autel, je vis aussitôt l' Enfant Jésus élever ses petites mains vers Sa Mère, qui
avait alors une forme vivante. Quand la Sainte Vierge me parla, Jésus tendit Ses
menottes vers les fidèles réunis. La Très Sainte Mère m'invitait à accepter tout
ce que Dieu demandait comme un enfant, sans approfondir, autrement cela ne
plairait pas à Dieu. A ce moment, l'enfant Jésus disparut et la Sainte Vierge
perdit toute apparence de vie. Le tableau demeura tel qu'il était auparavant.
Mais mon âme avait été remplie d'une grande joie et d'allégresse. Je dis au
Seigneur : « Faite de moi ce qu'il Vous plait, je suis prête à tout. Mais Vous, ne
m'abandonnez pas, même pas un seul instant. + 529. J.M.J. A la gloire de la Sainte Trinité ! Je priai la Mère Supérieure de me permettre de jeûner pendant quarante jours,
en ne prenant qu'un morceau de pain et un verre d'eau par jour .. Cependant la
Mère Supérieure ne consentit pas à quarante jours, mais à sept jours, suivant
l'avis du confesseur, « Je ne puis, ma Sœur, vous écarter complètement du
devoir, à cause des Sœurs, qui pourraient remarquer quelque chose. Je vous
donne la permission, si vous pouvez vous y appliquer, de prier et de prendre
quelques notes. Mais il me sera bien difficile de vous protéger à l'égard des
jeûnes, ici, vraiment, je ne puis rien inventer. » Et elle ajouta : « Allez, ma Sœur,
peut-être que quelque lumière me viendra. » Le dimanche matin, je compris
intérieurement que quand la Mère Supérieure me désignait comme tourière
durant le temps du repas, elle pensait me donner l'occasion de jeûner. Le matin,
je ne participai pas au déjeuner. Mais quelques moments après, je me rendis
chez elle pour lui demander si, étant tourière, je pouvais éviter d'attirer l'attention
sur moi. Elle me répondit : « Quand je vous ai proposé, ma sœur, c'est à quoi je
pensais. » Alors je compris, que j'avais eu la même pensée. 530. 24.XI.1935. Dimanche, premier jour. J'allai tout de suite devant le Saint Sacrement et m'offris au Père éternel avec Jésus présent dans l'Eucharistie. Alors j'entendis dans mon âme ces paroles : « Ton but et celui de tes compagnes est de vous unir à Moi le plus complètement possible par l'amour. Tu vas unir la terre aux cieux, tu vas adoucir la juste colère de Dieu et tu vas obtenir, par la prière la Miséricorde pour la terre. Je confie à ta protection deux perles précieuses de Mon Cœur, ce sont les âmes des prêtres et les âmes consacrées. Tu vas prier tout particulièrement pour elles. La force leur viendra par tes jeûnes. Tu vas unir tes prières, tes jeunes, tes mortifications, tes travaux et toutes tes
souffrances, à Mes prières, Mon jeûne, Mon travail, Mes souffrances et alors
elles auront de la force devant Mon Père. » 531. Après la Sainte Communion, je vis le Seigneur Jésus, qui me dit : «
Aujourd'hui pénètre dans l'esprit de Ma pauvreté et arrange tout, pour que les
plus dénués n'aies rien à M'envier. Ce n'est pas dans les grandes bâtisses, ni
dans les constructions magnifiques, mais dans un cœur pur que Je trouve plaisir.
» 532. Quand je suis restée seule, j'ai commencé à considérer l'esprit de pauvreté.
Je vois clairement que Jésus n'avait rien, quoiqu'Il soit le Seigneur de toutes
choses. Depuis la crèche empruntée, Il va vers la vie, faisant du bien à tous, sans
avoir Lui-même, où reposer la tête. Et sur la Croix je vois le comble de son
indigence, car Il n'a même pas de vêtement sur Lui. O Jésus, par le vœu solennel
de pauvreté, je veux me faire semblable à Vous, la pauvreté sera ma mère. Extérieurement ne rien posséder, ne disposer de rien, intérieurement ne rien
désirer. Et dans le Saint Sacrement, comme est grande Votre pauvreté ! Y eut-il
jamais une âme aussi délaissée que Vous, sur la Croix… Jésus ? 533. La pureté (ce vœu se comprend de lui-même) interdit tout ce dont parlent
les sixième et neuvième commandements : actes, pensées, paroles, sentiments
et… Je comprends que le voeu solennel diffère du vœu simple, je comprends
cela dans toute son étendue. Alors que je méditais ceci, j'entendis dans mon
âme ces paroles : « Tu es Mon épouse à jamais. Ta pureté doit être plus
qu'angélique, car je n'admets aucun ange dans une telle intimité. Le moindre acte
de mon épouse a une valeur infinie, une âme pure a devant Dieu une force
incroyable. » 534. L'obéissance. « Je suis venu accomplir la volonté de Mon Père. J'étais
obéissant à mes parents, obéissant aux bourreaux. J'obéis aux prêtres. » Je
comprends, ô Jésus, l'esprit d'obéissance et en quoi il consiste ; il concerne non
seulement l'exécution extérieure, mais il implique la raison, la volonté et le
jugement. En obéissant à nos Supérieurs, nous obéissons à Dieu Il est indifférent
que ce soit un ange ou un homme qui, remplaçant Dieu, me donne un ordre, je
dois toujours obéir. Je n'écrirai pas grand chose sur les vœux, car ce sont des
choses claires et concrètement formulées. Ici je me propose de noter d'une
façon générale quelques pensées sur cette congrégation. 535. Résumé général Il n'y aura jamais d'édifices somptueux, mais une petite église et auprès d'elle une petite Congrégation, un petit groupe d'âmes, qui ne comprendra pas plus que dix personnes. De plus il y en aura deux qui se chargeront des rapports de la Communauté
avec l'extérieur, et s'occuperont de l'Eglise. Elles ne porteront pas l'habit, mais
des vêtements séculiers, prononceront des vœux simples et dépendront
strictement de la Supérieure qui, elle, sera cloîtrée. Elles auront part à tous les
biens spirituels de la communauté, mais il ne pourra jamais y en avoir plus de
deux, et de préférence une seule. Chaque maison sera indépendante des autres,
quoiqu'elles restent strictement unies par la règle et par l'esprit. Cependant, dans
les cas exceptionnels on pourra transférer une Sœur d'une maison à un autre, et
aussi en cas de fondation nouvelle, en cas de nécessité , on pourra prendre
quelques religieuses. Chaque maison dépendra de l'évêque ordinaire du lieu. 536. Chaque religieuse habitera une cellule séparée, mais la vie sera commune
en ce qui concerne la prière, les repas et la récréation. Chaque religieuse professe ne verra plus jamais le monde, même à travers une
grille, car celle-ci sera couverte de drap de couleur sombre, et même ses
conversations seront strictement limitées. Elle sera comme une personne morte,
que le monde ne saurait comprendre, ni elle - le monde. Elle devra se situer
entre le ciel et la terre et suppliera sans cesse Dieu d'accorder sa miséricorde
au monde et de donner aux prêtres la force pour que leurs paroles ne soient pas
vaines et qu'ils sachent, dans leur dignité inouïe et exposée à tant de risques, se
garder de toute tache… Quoique ces âmes ne soient pas nombreuses, ce sont
des âmes héroïques. Il n'y aura pas de place pour les âmes efféminées ou
timorées. 537. Il n'y aura entre elles aucune distinction. Il n'y aura ni Mère, ni Révérende, ni Vénérable ; toutes seront égales, même s'il y avait entre elles une grande différence d'origine. Nous savons qui était Jésus Mais nous savons aussi combien Il s'est humilié et quel était son entourage. Elles porteront la robe qu' Il portait pendant Sa Passion. Et non seulement la robe, elles doivent graver en elles l'empreinte dont Il était
marqué : la souffrance et le mépris. Chacune s'efforcera de se renier elle-même,
de goûter l'humilité, et celle qui donnera les meilleures preuves de ces vertus
sera capable de diriger les autres. 538. Dieu nous a fait des compagnes de Sa Miséricorde, plus encore ses
dispensatrices. Donc notre amour pour chaque âme doit être grand, en
commençant par les élues, et en finissant par l'âme qui ne connaît pas encore
Dieu. Par la prière et la mortification, nous parviendrons jusqu'au pays les plus
sauvages, frayant le chemin aux missionnaires. Nous devons nous souvenir que,
comme au front, le soldat ne pourrait tenir longtemps s'il n'était pas soutenu par
les forces de l'intérieur du pays, qui, sans participer directement à la lutte, lui
assurent tout ce dont il à besoin. Et c'est de la prière qu'il a le plus besoin. Donc
chacune de nous doit posséder l'esprit d'apostolat. 539. Un certain soir, alors que j'écrivais, j'entendis dans ma cellule ces mots : «
Ne quitte pas cette Congrégation. Aie pitié de toi-même, de telles souffrances
t'attendent ! » Je regardai du coté de la voix, mais je ne vis rien et continuai à
écrire. A ce moment j'ai entendu un bruit et ces mots : « Quand tu sortirs, nous
te détruirons. Ne nous tourmente pas. » Je regardai et vis une multitude de
vilains monstres. Je fis mentalement le signe de la croix, aussitôt ils se
dispersèrent. Satan est terriblement laid. Pauvres âmes damnées qui doivent
vivre dans sa société ! Sa seule vue est plus dégoûtante que toutes les
souffrances de l'enfer. 540. Un instant après, j'entendis en mon âme : « N'aie peur de rien. Rien ne
t'atteindra sans Ma volonté. » Une force étrange envahit mon âme et je me
réjouis vivement de la grande bonté de Dieu. 541. Postulat. L'âge d'admission. Toute personne peut être admise de quinze à
trente ans. En premier lieu il faut considérer la disposition que montre la
candidate et son caractère ; voir si elle a une forte volonté et le courage de
suivre les traces de Jésus avec allégresse, car Dieu aime celui qui donne avec
joie. Elle doit posséder le mépris du monde et de soi-même. Le manque de dot
ne sera jamais un obstacle à l'admission. Toutes les formalités doivent être
claires. Ne peuvent être admises les personnes mélancoliques, encline à la
tristesse, souffrant de maladies contagieuses, les caractères compliqués, les
personnes soupçonneuses, ne s'adaptant pas à la vie religieuse. Il faut choisir
très judicieusement les membres de la Communauté, car une personne mal
assortie suffit pour mettre la confusion dans tout le couvent. 452. La durée du postulat sera d'une année. Pendant ce temps, la candidate
devra étudier si ce mode de vie lui plait et lui convient. La maîtresse, elle aussi
devra soigneusement étudier si la personne en question s'adapte à ce genre de
vie ou non. Si après une année l'on constate qu'elle a une volonté ferme et
sincère de servir Dieu, il faudra la recevoir au noviciat. 543. Le noviciat. Il doit durer une année sans aucune interruption. La novice doit être instruite des vertus se rapportant aux voeux, ainsi que des points importants contenus dans les vœux. La maîtresse s'efforcera avec diligence de les former à fond. Qu'elle les exerce
surtout à l'humilité car seul un cœur humble observe facilement les vœux et
éprouve les grandes joies que Dieu déverse sur l'âme fidèle. Les novices ne
doivent pas être chargées de travaux impliquant une responsabilité, pour pouvoir
s'adonner librement à leur propre perfectionnement. Elles ont le devoir
d'observer strictement les règlements et les statuts, de même que les postulantes. 544. Après une année de noviciat, si la novice se montre fidèle, on peu
l'admettre à faire sa profession pour une année, qui peut être renouvelée trois as
de suite. On pourra alors lui confier des responsabilités, mais elle relève encore
du noviciat et une fois par semaine, elle doit avec les novices, assister aux
conférences. Quand aux six derniers mois, elle les passera entièrement pour bien
se préparer à la profession solennelle. 545. Repas. Nous ne mangerons pas de viande. Nos repas doivent être tels que
les pauvres n'aient rien à nous envier. Cependant les jours de fête peuvent être
quelque peu différents des jours ordinaires. Il y aura trois repas par jour. Elles
observeront un jeûne strict selon l'esprit primitif et surtout les deux grands. Que
la nourriture soie la même pour toutes les Sœurs, sans aucune exception, pour
que la vie commune reste pure aussi bien dans la nourriture que dans
l'habillement et dans l'arrangement des cellules. Cependant, si une des Sœurs
tombe malade, elle doit être entourée de tous les égards. 546. Prières. Une heure de méditation, la Sainte Messe et la Sainte
Communion, les prières, deux examens de conscience, l'office, le rosaire, la
lecture spirituelle, une heure de prière pendant la nuit. Quant à l'horaire, mieux
vaut le faire quand on aura déjà commencé ce genre de vie. 547. J'entendis alors ces paroles en mon âme : « Ma fille, je t'assurerai un
revenu permanent dont tu vivras. Ton devoir t'assurera d'avoir une complète
confiance en Ma bonté. Et Mon devoir sera de te donner tout ce dont tu auras
besoin. Je me rends Moi-même dépendant de ta confiance. Si ta confiance en
Moi est grande, Ma largesse n'aura pas de mesure. » 548. Le travail. Comme personnes pauvres, elles feront elles-mêmes tous les
travaux du couvent. Chacune doit se réjouir s'il lui incombe quelque travail
humiliant ou contraire à sa nature, car ce sera une aide pour son développement
intérieur. La Supérieure changera souvent les emplois des Sœurs pour les aider
de cette manière, à ce détacher de ces détails pour lesquelles les femmes ont
une forte inclination. Souvent, cela m'amuse vraiment quand je vois de mes
propres yeux que les âmes font de grands renoncement pour s'attacher ensuite à
des bagatelles et à des riens. Chaque Sœur ira pendant un mois à la cuisine, sans
en excepter la Supérieure. Que toutes prennent part à chacun des travaux du
couvent. Que chacune ait toujours une intention pure en tout, car tout mélange
déplaît beaucoup à Dieu. 549. Quelles s'accusent elles-mêmes de tout manquement extérieur, et prient la
Supérieure de leur donner une pénitence ; qu'elles le fassent en esprit d'humilité.
Quelles s'aiment mutuellement d'un amour supérieur, d'un amour pur, voyant en
chaque Sœur l'image de Dieu. Que la qualité particulière de cette petite
Congrégation soit l'amour. Qu'elles ne referment donc pas leur cœur, mais u'il
embrasse le monde entier, témoignant à chacun la miséricorde par la prière
selon sa vocation. Si nous demeurons dans cet esprit miséricordieux, alors, nous
aussi, nous obtiendrons miséricorde. 550. L'amour que chacune de nous doit avoir pour l' Eglise doit être aussi
grand que l'amour que chaque enfant a pour sa mère, et qu'il en témoigne par la
prière. Ainsi toute âme chrétienne doit prier pour l' Eglise qui est pour elle une
mère. Que dire alors de nous, religieuses qui sommes particulièrement vouées à
la prière pour l' Eglise ? Notre apostolat, quoique caché, est donc de grande
importance. Ces petits riens quotidiens vont se déposer aux pieds du Seigneur
Jésus comme un sacrifice de supplication pour le monde. Mais pour que notre sacrifice soit agréable à Dieu, il doit être pur et pour que le
sacrifice doit se libérer de tout attachement naturel. Tous nos sentiments doivent
être orientés vers notre Créateur, tout en aimant en Lui toutes les créatures selon
Sa sainte volonté. Ainsi, chacune, dans un esprit de zèle, apportera de la joie à
l'Eglise. 551. En dehors des vœux, je vois un règlement très important quoique tous
soient importants, mais à celui-ci, je donne la première place : c'est le silence.
Vraiment, si cette règle était observée strictement, je serais tranquille au sujet
des autres. L'inclination des femmes à parler est forte. Le Saint-Esprit ne
s'adresse pas à l'âme dissipé et bavarde, mais Il parle par de silencieuses
inspirations à l'âme qui sait se taire. Si le silence était strictement observé, il n'y
aurait pas de murmures, d'amertumes, de médisances et de potins. L'amour du
prochain ne serait pas terni. En un mot, beaucoup de fautes cesseraient d'exister. La bouche qui se tait est
de l'or pur et témoigne de la sainteté intérieure 552. Mais immédiatement après, je veux parler d'une deuxième règle : la parole.
Se taire quand on devrais parler, est un manque de perfection, parfois même
une faute. Que toutes les Sœurs prennent donc part à la récréation. Que la
Supérieure n'en dispense pas les Sœurs, à moins qu'il ne s'agisse d'une question
de grande importance. Les récréations doivent être joyeuses dans l'esprit du
Seigneur. Les récréations nous donnent l'occasion de nous connaître
mutuellement. Que chacune dise son avis simplement et pour l'édification des
autres, non pas dans un esprit de supériorité, ni, ce qu'à Dieu ne plaise, pour se
quereller. Ceci ne s'accorderait pas avec la perfection ni avec l'esprit de notre
vocation qui doit se faire connaître par la charité. Deux fois par jour. Il y aura
une récréation d'une demi-heure, mais chaque Sœur qui a manqué au silence a le
devoir de s'en accuser devant la Supérieure et de la prier de lui imposer une
pénitence. La Supérieure lui donnera publiquement cette pénitence pour son
infraction. S'il en était autrement elle en serait responsable devant le Seigneur. 553. La clôture. Personne ne pourra entrer dans la clôture, sans la permission
de l'évêque ordinaire, et cela dans des circonstances extraordinaires, comme
pour administrer les sacrements aux malades, pour les disposer à la mort et pour
les cérémonies d'enterrement. Il est possible aussi qu'il soit absolument
nécessaire d'admettre un ouvrier pour faire quelques réparations au couvent ;
mais en ce cas, une permission spéciale est nécessaire. La porte de la clôture
doit toujours être fermée et seule la Supérieure peut en avoir la clé. 554. Le parloir. Aucune Sœur n'ira au parloir sans une permission spéciale de la
Supérieure qui ne doit pas accorder facilement cette permission. Celles qui sont
mortes au monde ne doivent pas y revenir, même par la conversation .. Mais si
la Supérieure juge à propos qu'une Sœur aille au parloir, qu'elle le fasse de cette
manière : qu'elle y accompagne elle-même la Sœur. Et si elle ne peut le faire
elle-même, qu'elle désigne une remplaçante qui à le devoir de la discrétion. Elle
ne doit pas répéter ce qu'elle a entendu au parloir, mais elle en informera la
Supérieure. Les conversations doivent être courtes, à moins que les égards dûs
à la personne ne retiennent la Sœur plus longtemps. Mais jamais on ne pourra
écarter les rideaux de drap, sauf circonstances extraordinaires, telles que les
instances pressantes d'un père ou d'une mère. 555. Les lettres. Chaque Sœur peut écrire des lettres cachetées, à l'évêque dont
la maison dépend ; pour toute autre lettre, elle doit demander la permission et la
remettre ouverte à la Supérieure qui inspirée par l'esprit de charité et par la
prudence a le droit de l'envoyer ou non, selon la plus grande gloire de Dieu.
Mais je désirerais beaucoup que ces communications aient lieu aussi rarement
que possible. Offrons notre secours aux âmes par la prière et la mortification,
mais pas par des écrits. 556. La confession. Les confesseurs de la Communauté seront nommés par l'évêque, tant le confesseur ordinaire qu'extraordinaire. Le confesseur ordinaire confessera toute la communauté une fois par semaine. Le confesseur extraordinaire viendra une fois par trimestre et chaque Sœur est obligée de le voir, même si elle ne se confesse pas. Le confesseur ordinaire et le confesseur extraordinaire n'exerceront pas leur fonction plus de trois ans. Au terme de ces trois ans, la Sœur Supérieure organisera un scrutin secret et transmettra la demande des Sœurs à l'évêque. Le confesseur peut être confirmé dans ses fonctions pour trois autres années et pour trois autres encore. Les religieuses se confesseront devant la grille fermée recouverte d'un drap
sombre. Les conférences adressées à la Communauté se feront aussi à travers la
grille recouverte d'un drap de couleur sombre. Les Sœurs ne parleront jamais
entre elles de confession ni de confesseurs. Quelles prient plutôt pour eux afin
que Dieu leur donne la lumière nécessaire pour diriger leur âme. 557. La Sainte communion. Que les Sœurs ne discutent jamais entre elles si l'on va à la Sainte Communion plus souvent ou plus rarement. Qu'elles se gardent d'émettre des opinions sur un sujet qui ne les regardent pas. Toute opinion à ce sujet appartient exclusivement à l'intéressée et au confesseur. La Supérieure ne doit pas non plus demander à une Sœur la raison pour laquelle elle ne communie pas, mais elle doit lui faciliter la confession. Que les Supérieures se gardent de pénétrer dans le domaine de conscience des Sœurs. La Supérieure peut décider que la Communauté offre ses communions à
certaines intentions. Chacune doit s'efforcer de garder son âme tellement pure
qu'elle puisse tous les jours recevoir le Divin Visiteur. 558. Un jour où j'entrai dans la chapelle, je vis les murs d'un bâtiment démoli ;
les fenêtres étaient sans vitres, inachevées, les portes sans vantaux, avec
seulement les châssis. Et j'entendis intérieurement ces paroles : « C'est ici que
sera ce Couvent. » Cependant cela m'a un peu déplu que ce soit des ruines. 559. Jeudi. Je me sentais très pressée de me mettre le plus tôt possible à l'œuvre selon le désir du Seigneur. Quand je suis allée à la sainte confession, j'ai préféré une de mes opinions à celle de mon confesseur. Au premier moment je ne m'en rendais pas compte, cependant quand je fis les méditations de l' Heure Sainte, je vis le Seigneur Jésus tel qu' Il est représenté sur cette image. Il me dit de répéter à mon confesseur et à mes Supérieures, toutes les choses qu' Il me dit et qu' Il exige de moi, et de faire seulement ce pourquoi j'aurai obtenu la permission. Jésus me fit comprendre à quel point Lui déplaisent les âmes autoritaires. Reconnaissant que j'en étais une, en voyant cette ombre d'autoritarisme en moi, je me jetai dans la poussière devant Sa Majesté et Lui en demandai pardon, le cœur brisé. Mais Jésus ne me permit pas de rester longtemps ainsi. Son Divin regard remplit mon âme d'une joie si grande, que je n'ai pas assez de mots pour l'exprimer. 559 (suite) Jésus m'invita aussi à Lui demander davantage, ainsi qu'à prendre conseil de Lui.
Vraiment, comme le regard de mon Seigneur est doux, il pénètre mon âme
jusque dans ses profondeurs les plus mystérieuses. Mon esprit communique
avec Dieu, sans prononcer une parole. Je sens qu' Il vit en moi, et moi en Lui.
560. Un jour je vis cette image dans une petite chapelle inconnue qui devint
ensuite un grand et beau sanctuaire. Dans ce sanctuaire je vis la Sainte Vierge
avec l'Enfant Jésus dans les bras. A un certain moment l'Enfant Jésus disparut
des bras de Sa Mère et je vis l'image vivante de Jésus crucifié. La Saine Vierge
me dit de faire comme elle, malgré la joie, de fixer toujours mon regard sur la
Croix et Elle ajouta, que les grâces que Dieu m'accorde ne sont pas seulement
pour moi, mais aussi pour les autres âmes. 561. Quand je vois l'Enfant Jésus durant la Sainte Messe, ce n'est pas toujours
de la même façon, parfois Il est joyeux, parfois il ne regarde pas du tout la
chapelle. Pour le moment Il est très joyeux quand notre confesseur célèbre la
Sainte Messe. Je suis extrêmement étonnée que le petit Enfant Jésus l'aime tant.
Parfois je Le vois revêtu d'une petite pèlerine rayée multicolore. 562. Avant de venir à Wilno et de connaître ce confesseur, j'ai vu une fois une
église pas très grande près de laquelle vivait cette Congrégation. Le couvent
avait douze cellules : chaque religieuse devait habiter séparément. Je voyais le
prêtre qui m'aidait à arranger ce couvent et dont je ne devais faire la
connaissance que quelques années plus tard. Mais par ma vision, je le
connaissais déjà. Je voyais comment il arrangeait tout dans ce couvent, aidé par
un autre prêtre que je n'ai pas encore rencontré. J'ai vu les grilles, couvertes de
drap sombre et les Soeurs n'allaient pas dans cette église. 563. Le jour de la fête de l'Immaculée Conception, j'entendis le bruissement
d'une robe et je vis la sainte Vierge dans une très belle clarté, vêtue d'une robe
blanche et d'une écharpe bleue qui me dit : « Tu me cause une grande joie,
quand tu adore la Sainte Trinité pour les grâces et les privilèges qu'elle m'a
accordées. » Elle disparut aussitôt. 564. Sur la pénitence et les mortifications. En premier lieu il y a les mortifications intérieures. Mais il faut aussi pratiquer des mortifications extérieures, strictement déterminées, afin que toutes puissent les pratiquer. Ce sont : trois fois par semaine, les mercredi, vendredi et samedi un jeûne strict. Chaque vendredi, la discipline pour le temps que dure la récitation du psaume 50, toutes à la même heure chacune dans sa propre cellule. L'heure choisie : trois heures à l'intention des pécheurs agonisants. Pour les deux grand jeunes, les Quatre Temps, les veilles de Fête, il y aura le repas suivant : une fois par jour un morceau de pain et un peu d'eau. Que chacune s'efforce de remplir ces mortifications qui sont prescrites pour toutes, mais si l'une des Sœurs désire quelque chose de plus, qu'elle en demande la permission à la Supérieure. Encore une mortification générale : il n'est permis à aucune Sœur d'entrer dans la
cellule d'un autre sans la permission spéciale de la Supérieure. Mais la
Supérieure est obligée d'entrer à leur insu dans les cellules de Sœurs, non pas
comme une sorte d'espionnage, mais dans l'esprit de charité et de responsabilité
qu'elle a devant Dieu. Aucune n'enfermera rien sous clé, le règlement sera la clé
pour toutes. 565. Un jour, après la Sainte Communion, je vis soudain l'Enfant Jésus debout à
coté de mon prie-Dieu s'y tenant de Ses deux petites mains. C'était un petit
enfant, et mon âme fut pénétrée de timidité et de crainte, car je vois en Lui mon
Juge, Mon Seigneur et mon Créateur, devant la Sainteté de qui tremble les
Anges. Mais d'autre part mon âme était inondée d'un amour inouï, sous l'influence
duquel il me semblait mourir. Je me rends compte maintenant que Jésus fortifie
d'abord mon âme et la rend capable d'entrer en commerce avec Lui, car
autrement, je n'aurais pas pu supporter ce que j'éprouvais à ce moment-là. 566. Relations entre les Sœurs et la Supérieure. Que toutes les Sœurs respectent la Supérieure, comme le Seigneur Lui-même.
Comme je l'ai mentionné en parlant du vœu d'obéissance, quelles aillent à elle
avec une confiance d'enfant, qu'elles ne murmurent jamais, ni ne blâment ses
ordres, car ceci ne plaît pas du tout à Dieu. Que chacune s'oriente selon l'esprit
de foi dans ses relations envers la Supérieure.. Quelle demande avec simplicité
tout ce dont elle a besoin, Dieu nous préserve d'être cause de tristesse et de
larmes pour une Supérieure. Que chacune sache que, comme le quatrième
commandement oblige l'enfant à honorer ses parents, de même il oblige la
religieuse envers sa Supérieure. Seule une mauvaise religieuse se permet de
juger sa Supérieure. Quelles soient sincères envers leur Supérieure. Quelles lui
parlent de tout et de ce dont elles ont besoin avec la simplicité d'un enfant. Les
Sœurs s'adresseront à elle de la façon suivante : « Sœur Supérieure ». Elles ne
lui baiseront jamais la main, mais à chaque rencontre dans le corridor et quand
elles se rendrons dans sa cellule, elles diront : « Loué soit Jésus-Christ, » en
inclinant la tête. Les Sœurs, en se parlant mutuellement diront « Sœur, » en
ajoutant le nom. Dans leurs rapports avec la Supérieure, qu'elles se laissent
diriger par l'esprit de foi et non par la sentimentalité ou par la flatterie, car c »est
indigne d'une religieuse et cela l'abaisserait beaucoup. La religieuse doit être
libre comme une reine. Elle ne le sera que si elle vit dans l'esprit de foi. Nous
devons aimer et respecter la Supérieure non parce qu'elle est bonne, sainte,
prudente, mais seulement parce qu'elle tient la place de Dieu, et qu'en lui
obéissant, c'est à Dieu lui-même que nous obéissons. 567. Rapports de la Supérieure avec les Sœurs. La Supérieure doit se faire remarquer par son humilité et sa charité envers
chaque Sœur, sans aucune exception. Qu'elle ne se laisse pas influencer par la
sympathie ou l'antipathie, mais par l'esprit du Christ. Qu'elle sache que Dieu va
lui demander compte de chacune. Qu'elle ne leur fasse pas la morale, mais
qu'elle donne un exemple de profonde humilité et d'oubli de soi. Ce sera la leçon
la plus efficace pour ses inférieures. Qu'elle soit ferme mais jamais brusque,
qu'elle ait de la patience si on l'importune par les mêmes questions ; même si elle
devait répéter cent fois la même chose, qu'elle garde toujours la même égalité de
caractère. Qu'elle tâche de comprendre les besoins des Sœurs et qu'elle
n'attende pas qu'elles lui demandent telle ou telle chose, car les âmes sont
différemment disposées. Si une Sœur est triste ou souffrante, qu'elle tâche par
tous les moyens de l'aider et de la consoler. Qu'elle prie beaucoup et demande
la lumière pour agir avec chacune, car chaque âme est différente. Dieu a
diverses manières de communier avec les âmes. Pour nous elles ont souvent
incompréhensibles et impénétrables. C'est pourquoi, la Supérieure doit être très
prudente pour ne pas gêner l'action de Dieu dans certaines âmes. Qu'elle ne
fasse pas de remarque aux Sœurs quand elle est énervée et que ses réprimandes
soient accompagnées d'encouragements. Il faut faire comprendre à chaque âme
qu'elle doit reconnaître sa faute, mais sans la briser. La Supérieure doit témoigner d'un amour actif envers les Soeurs. Qu'elle porte
tous les fardeaux pour alléger les Sœurs, qu'elle n'exige aucun service des
Sœurs. Qu'elle les respecte comme des épouses de Jésus et soit toujours prête
à leur rendre service de nuit comme de jour. Quelle leur demande plutôt que de
leur ordonner. Qu'elle ait le cœur ouvert aux souffrances des Sœurs et
qu'elle-même apprenne et médite le livre ouvert, c'est-à-dire, Jésus Crucifié. Qu'elle prie ardemment pour obtenir la lumière surtout quand elle a quelque
décision importante à prendre, concernant les Sœurs. Qu'elle se garde d'empiéter dans le domaine de leur conscience, car cette grâce
appartient seulement au prêtre. Il arrive cependant que quelque âme éprouve le
besoin de s'épancher devant sa Supérieure, celle-ci pourra alors l'accepter mais
elle devra en garder le secret, car rien ne blesse plus une âme que lorsqu'on
répète ce qu'elle avait dit en confidence ou en secret. Les femmes ont toujours la tête faible à cet égard, ce n'est que rarement qu'on
rencontre une femme avec un esprit masculin. Qu'elle tâche donc de s'unir
profondément, et Dieu gouvernera par elle. La Sainte Vierge sera la Supérieure
de ce couvent et nous serons ses filles fidèles. 568. 15.XII.1935. Dès ce matin, une force étrange me porte à l'action, ne me
laissant aucun répit. Une étrange ardeur à l'action s'est allumée dans mon cœur
que je ne puis maîtriser. C'est un martyre secret, connu seulement de Dieu. Mais
qu'Il fasse de moi ce qu'Il Lui plaît, mon cœur est prêt à tout. O Jésus, mon
Maître le plus cher, ne me délaissez pas un seul instant. Jésus, Vous savez bien
que ma faiblesse Vous oblige à être continuellement avec moi. 560. Une fois je vis le Seigneur vêtu d'une tunique claire, c'était dans un jardin d'hiver. « Ecris ce que Je te dis : Mon délice est de M'unir à toi. Avec grand désir, J'attends et Je soupire après le moment où sacramentellement Je pourrai habiter dans ton couvent. Mon esprit s'y reposera et Je bénirai particulièrement la région qui l'environne. Par amour pour vous, J'en éloignerai tous les châtiments que la justice de Mon Père envoie à juste titre. Ma fille, J'ai incliné Mon Cœur vers tes demandes. Ta tâche et ton devoir sont d'implorer la miséricorde pour le monde entier. Aucune âme ne trouvera justification, tant qu'elle ne s'adressera pas avec confiance à Ma Miséricorde. C'est pourquoi, le premier dimanche après Pâques sera la Fête de la Miséricorde et les prêtres doivent ce jour-là, parler aux âmes de Ma Miséricorde insondable. Je te fais la dispensatrice de Ma Miséricorde. Dis à ton confesseur que cette image doit être exposée dans l'église, et non dans la clôture de ce Couvent. Par elle beaucoup de grâces seront accordées aux âmes, il faut donc qu'elle soit accessible à tous. » O mon Jésus, Vérité éternelle, je n'ai peur de rien, d'aucune difficulté, d'aucune
souffrance. Je ne redoute qu'une seule chose ; c'est de Vous offenser. Mon
Jésus, je préférerais ne pas exister que de Vous attrister, Jésus,Vous savez que
mon amour ne connais personne que Vous, en qui mon âme s'est noyée. 571. Oh ! Quelle ne doit pas être l'ardeur des âmes vivant dans ce couvent si Dieu désire venir habiter avec nous ! Que chacune se souvienne que si nous, âmes religieuses n'intercédons pas
auprès de Dieu, par notre prière, qui le fera ? Que chacune se consume comme
un pur sacrifice d'amour devant la Majesté de Dieu. Mais pour Lui être agréable
quelle s'unisse intimement à Jésus. Avec Lui, en Lui et par Lui seulement nous
pouvons plaire à Dieu. 572. 21.XII.1935. Mon confesseur vient de me demander de venir voir une
maison pour savoir si c'est celle que j'ai vue dans ma vision. Quand je suis allée
avec lui voir cette maison (ou plutôt ces ruines), au premier coup d'œil, je
reconnus celles que j'avais vues dans ma vision. A l'instant où j'ai touché les
planches qui étaient clouées à la place des portes, une force pénétra mon âme
tel un éclair me donnant une pleine assurance. Je m'éloignais vite de ce lieu,
l'âme remplie de joie, mais il me semblais qu'une force me clouait sur place. Je
me réjouis infiniment de trouver une entière concordance avec ce que j'ai vu en
vision. Quand le confesseur me parla de l'arrangement des cellules et d'autres choses,
j'ai reconnu tout ce que me disait Jésus ; je me réjouis profondément que dieu
agisse par lui Mais je ne m'étonne guerre, car c'est dans un cœur pur et humble
que Dieu, qui est la lumière même, habite.. Et toutes lrs souffrances et les
contrariétés servent à monter la sainteté des âmes. A mon retour à la maison, je
suis entrée tout de suite dans notre chapelle pour me reposer un instant. Tout à
coup j'ai entendu dans l'âme ces paroles ; « N'aie peur de rien. Je suis avec toi.
Je prends cette affaire en main et J'en disposerai selon Ma Miséricorde. Rien ne
peut s'opposes à Ma volonté. » 573. Année 1935. Veille de Noël. Dès le matin, mon esprit fut plongé en Dieu. Sa présence me pénétrait Le soir
avant le souper, j'entrai un instant dans la chapelle, voulant partager aux pieds
du Seigneur J »sus le pain azyme avec ceux qui sont au loin, que Jésus aime
beaucoup, et à qui je dois tant. Au moment où je partageais le pain azyme avec
une certaine personne, j'entendis dans l'âme ces paroles : « Son cœur est pour
Moi un Ciel sur terre. » - A l'instant où je sortais de la chapelle la Toute
Puissance de Dieu m'enveloppa. Je reconnus alors à quel point Dieu nous aime.
Oh ! si les âmes pouvaient le comprendre , ne serais-ce qu'en partie ! 574. Le jour de Noël Pendant la messe de Minuit, à nouveau je vis le Petit Enfant Jésus extrêmement beau. Il tendait avec joie, ses petites mains vers moi. Et après la Sainte Communion, j'entendis ces paroles : « Je suis toujours dans
ton cœur et non seulement au moment où tu Me reçois dans la Sainte
Communion mais toujours. » Je passais ces fêtes dans une grande allégresse. 575. O Sainte Trinité, Dieu Eternel, mon esprit est noyé dans votre beauté. Les
siècles ne sont rien devant Vous, Vous êtes toujours le même. Oh ! comme
Votre Majesté est grande, Jésus, pourquoi la cachez-Vous, pourquoi
avez-Vous quitté le trône du ciel et demeurez-Vous avec nous ? Le seigneur me
répondit : « Ma fille, l'amour M'a conduit. L'amour Me retient. Er si tu savais,
Ma fille, comme sont grands le mérite et la récompense pour un acte de pur
amour envers Moi, tu mourrais de joie. Je te le dis pour que perpétuellement tu
t'unisses à moi par amour, car tel est le but de la vie de ton âme : cet acte est un
acte de volonté. Saches-le, l'âme pure est humble. Quand tu t'humilies et
t'abîmes devant Ma Majesté, alors je te poursuis de mes grâces. J'emploie Ma
Toute Puissance à t'élever. » 576. A un certain moment, il arrivait à mon confesseur de réciter comme pénitence le « Gloire au Père ». Cela me prenait beaucoup de temps, et souvent je commençais et ne finissait pas, mon esprit s'unissait à Dieu et m'échappait alors. Plus d'une fois, je me suis sentie, malgré moi, enveloppée par la Toute-Puissance de Dieu, entièrement plongée en lui par amour et alors, je ne sais plus ce qui se passe autour de moi. Quand j'ai dit au confesseur que cette courte prière me prenait souvent
beaucoup de temps et que même je ne pouvais la terminer, le confesseur
m'ordonna de la dire tout de suite dans le confessionnal. Mon esprit se plongea
en Dieu et je ne pouvais pas penser ce que je voulais malgré mes efforts.
Cependant le confesseur me dit : « Veuillez répéter avec moi. » J'ai répété
chaque mot, mon esprit se plongeait en la Personne que je nommais. 577. Un jour, Jésus me dit d'un certain prêtre que ces années seraient
l'ornement de son sacerdoce. Les jours de souffrances semblent toujours plus
longs, mais ils passent aussi, quoiqu'ils s'écoulent que souvent ils nous semble
qu'ils reculent plutôt. Cependant leur fin est proche, et après, viendra l'éternelle
et l'incompréhensible joie. L'éternité ! Qui pourrait comprendre ce seul mot qui
provient de Vous, O Dieu inconcevable, c'est l'éternité. 578. Je sais que les grâces que Dieu m'accorde, sont souvent exclusivement
pour certaines âmes et cette pensée me remplit d'une grande joie. Je me réjouis
du bien d'autres âmes, comme si je le possédais moi-même. 579. A un certain moment le Seigneur me dit : « Je suis plus profondément
blessé par les petites imperfections des âmes choisies que par les péchés des
âmes vivant dans le monde. » J'ai eu de la peine que Jésus éprouve des
souffrances de la part des âmes choisies, et Jésus me dit : « Ces petites
imperfections ne sont pas tout. Je te découvrirai le secret de Mon Cœur : ce que
je souffre de la part des âmes choisies. Leur ingratitude pour tant de grâces fait
la continuelle nourriture de Mon Cœur. Leur amour est tiède, Mon Cœur ne
peut pas le souffrir. Ces âmes me forcent à les rejeter loin de Moi. D'autres ne croient pas à Mon amour et ne veulent pas en ressentir la douce familiarité dans leur propre cœur. Et elles Me cherchent quelque part dans le lointain et ne me trouvent pas. Ce manque de foi dans Ma bonté Me blesse beaucoup. Si Ma mort ne vous a pas convaincues de Mon amour, qu'est ce qui vous convaincra. Souvent une âme Me blesse mortellement et ici personne ne Me consolera. Elles emploient Ma grâce pour M'offenser. Il y a des âmes qui méprisent Ma
grâce , ainsi que toutes les preuves de Mon amour. Elles ne veulent pas
répondre à Mon appel, elles vont dans le gouffre infernal.. Cette perte d'âme
Me plonge dans une tristesse mortelle. Ici, Je ne puis porter secours à l'âme,
quoique Je suis Dieu. Elle Me Méprise. Car profitant du libre arbitre, on peut
Me mépriser ou M'aimer. Toi, dispensatrice de Ma Miséricorde, parle au
monde entier de Ma bonté et ainsi tu consoleras Mon Cœur. 580. Je t'en dirai davantage quand tu Me parleras dans les profondeurs de ton
cœur. Là personne ne peut empêcher Mon activité. Là Je Me repose comme
dans un jardin fermé ». 581. L'intérieur de mon âme est comme un monde grand et magnifique où Dieu
demeure avec moi. En dehors de Dieu, personne n'y a accès. Au début de cette
vie avec Dieu j'étais aveuglée et transie de frayeur. Sa clarté m'aveuglait, je
pensais qu'Il était absent de mon cœur et cependant, c'était des moments dans
lesquels Dieu travaillait mon cœur. L'amour se purifiait et se fortifiait et le
Seigneur amena ma volonté à se conformer strictement à Sa Sainte volonté. Personne ne comprendra ce que j'éprouve dans ce magnifique palais de mon
âme où je demeure avec mon Bien-Aimé. Aucune chose extérieure ne
m'empêche de communiquer avec Lui. Si j'employais les plus fortes
expressions, ce ne serais même pas l'ombre de ce que mon âme éprouve
enivrée de bonheur et d'un amour inouï, aussi grand et pur que la source dont il
découle, c'est-à-dire de Dieu Lui-même. Mon âme est tellement imprégnée de
Dieu que je Le sens physiquement et le corps a sa part dans ces joies, quoiqu'il
arrive que les souffles de Dieu soient différents dans une même âme, bien que
provenant d'une même source. Je vis, un jour, Jésus assoiffé et s'évanouissant. Il me dit : « J'ai soif. » Quand je
donnais de l'eau au Seigneur, Il l'accepta, mais ne but pas et disparut tout de
suite. Il était habillé comme pendant Sa Passion. 583. « Quand tu médites ce que Je te dis dans les profondeurs de ton cœur, tu
en retires plus de profit que si tu lisais de nombreux livres. Oh ! si les âmes
voulaient écouter Ma voix quand Je parle dans les profondeurs de leur cœur,
elles parviendraient rapidement aux sommets de la sainteté. » 584. 8. 1.1936. J'ai été chez l'Archevêque pour lui dire que le Seigneur Jésus
exige de moi que je prie pour implorer la Miséricorde de Dieu pour le monde, et
qu'une Congrégation soit créée à cet effet qui implorerais la Miséricorde de
Dieu pour le monde. Je le priai de me donner l'autorisation pour tout ce qu'exige
de moi le Seigneur Jésus. L'Archevêque me répondit : « Quant à prier, je vous permets et même je vous
encourage, ma Sœur, à prier le plus possible pour le monde et à implorer pour
lui la miséricorde de Dieu, car nous avons tous besoin de miséricorde. Je
suppose que votre confesseur ne vous interdit pas de prier à cette intention.
Quant à cette Congrégation, attendez un peu, ma Sœur, que tout s'arrange plus
favorablement. La chose est bonne en elle-même, mais il ne fat pas se dépêcher.
Si telle est la volonté de Dieu, un peu plus tôt ou un peu plus tard, cela se fera.
Pourquoi cela ne se ferait-il pas ? Il y a tant de congrégations différentes,
celle-ci existera si Dieu l'exige. Le Seigneur Jésus peut tout. Tâchez d'obtenir
une union intime avec Dieu et ne perdez pas courage.» Ces paroles me
remplirent d'une grande joie. 585. Quand je suis sortie de chez l'Archevêque, j'entendis en mon âme ces
paroles : « Pour fortifier ton esprit, Je te parles par Mes remplaçants, en accord
avec ce que J'exige de toi, mais sache qu'il n'en sera pas toujours ainsi. On va
s'opposer à toi en beaucoup de choses. Mais Ma grâce se montrera en toi et
l'on verra que cette affaire est Mienne. Quant à toi, ne crains rien, Je suis
toujours avec toi. Sache encore une chose, Ma fille : toutes les créatures, quelles
le sachent ou non, quelles le veuillent ou nom, accomplissent toujours ma
volonté. » 586. Une fois je vis soudainement le Seigneur Jésus en grande Majesté qui me
dit ces paroles : « Ma fille, si tu le veux, Je créerai à ce moment un nouveau
monde, plus beau que celui-ci et tu y vivras le reste de ta vie. » J'ai répondu : Je
ne veux pas d'autres mondes. Je Vous veux, Jésus, je veux Vous aimer du
même amour que Vous avez pour moi. Je Vous prie seulement de rendre mon
cœur capable de Vous aimer. Je m'étonne beaucoup, mon Jésus, que Vous me
posiez une telle question. Que ferais-je de ces mondes, même si vous m'en
donniez mille ? Vous savez bien que mon cœur se meurt de langueur pour Vous.
Tout ce qui n'est pas Vous n'est rien pour moi. » A ce moment je ne voyais plus
rien, mais une force s'empara de mon âme, un feu étrange s'alluma dans mon
cœur et j'entrai dans une sorte d'agonie pour Lui. Soudain j'entendis ces mots : «
Avec aucune âme Je ne m'unis aussi étroitement qu'avec la tienne et cela en
raison de ta profonde humilité et de l'ardent amour que tu as pour Moi. » A un autre moment, j'entendis dans mon âme ces paroles : « Chaque
mouvement de ton cœur M'est présent. Saches-le, Ma fille, un seul de tes
regards, tourné vers quelqu'un d'autre Me blesserais plus que beaucoup de
péchés commis par une autre âme. » 588. L'amour chasse la peur de l'âme. Depuis que j'ai aimé Dieu de tout mon
être, de toute la force de mon cœur, la peur a cédé. Et quoique l'on me parle de
Sa justice, je n'ai pas du tout peur de Lui. Car par expérience, je sais que Dieu
est amour et que son esprit est paix. Et je vois maintenant que mes actes inspirés
par l'amour sont plus parfaits que ceux accomplis par crainte. J'ai mis ma
confiance en Dieu et je n'ai peur de rien, je m'en suis remise à Sa sainte volonté.
Qu'Il fasse de moi ce qu'Il veut :je l'aimerai quand même. Quand je reçois la Sainte Communion, je prie et supplie le Seigneur qu'Il
guérisse ma langue pour que, par elle, je ne pèche jamais contre l'amour du
prochain. 590. Jésus, Vous savez combien je désire ardemment me cacher pour que
personne ne me connaisse, sinon Votre Cœur si doux, si aimant. Je veux être
une petite violette cachée dans l'herbe, inconnue dans un magnifique jardin fermé
où croissent des lys et de belles roses. On voit de loin une belle rose, un lys
merveilleux, mais pour voir une petite violette, il faut se pencher, elle se trahit
seulement par son parfum. Oh ! que je me réjouis de pouvoir me cacher ainsi !
O mon divin époux, pour Vous est la fleur de mon cœur et la senteur de mon
pur amour. Mon âme s'est noyée en Vous, Dieu éternel dès le moment où
Vous-même m'avez attirée vers Vous, O mon Jésus, plus je Vous connais, plus
ardemment je Vous désire. 591. J'ai connu dans le Cœur de Jésus que pour les âmes choisies, il y a dans le
Ciel même, un ciel uniquement aux âmes élues. Le bonheur dans lequel l'âme
sera noyée est incroyable. O mon Dieu, que ne puis-je le décrire même en
partie ! Les âmes pénétrées de Sa divinité passent de clarté en clarté. C'est une
lumière toujours égale et cependant jamais monotone, toujours nouvelle mais
sans aucun changement. O Sainte Trinité, faites-Vous connaître des âmes. 592. O mon Jésus, il n'y a rien de meilleur pour l'âme que les humiliations Le mystère du bonheur est dans le mépris. Quand l'âme reconnaît que, d'elle-même, elle n'est que nullité et misère, que tout ce qu'elle a de bon en elle est un don de Dieu et que tout lui est donné gratuitement, alors qu'elle n'est que misère, elle s'abîme en un constant acte d'humilité devant la Majesté de Dieu. Et Lui, voyant l'âme dans une telle disposition, la poursuit de Sa grâce. Quand l'âme approfondit le gouffre de sa misère, Dieu emploie Sa Toute Puissance à l'élever. S'il y a sur terre une âme vraiment heureuse, c'est seulement l'âme humble au commencement son amour-propre en souffre beaucoup, mais après une lutte courageuse, Dieu lui accorde une si grande lumière, qu'elle reconnaît combien tout est misérable et plein d'illusions. Dieu seul habite son cœur. L'âme humble ne se fie pas à elle-même, mais place
sa confiance en Dieu. Dieu défend l'âme humble et Lui-même s'occupe de ses
affaires à elle. L'âme possède alors un très grand bonheur que personne ne
pourra comprendre. 593. A un certain moment, une religieuse décédée qui était déjà venue me trouer plusieurs fois, m'est apparue. Quand je la vis pour la première fois, elle souffrait la torture, puis graduellement ses souffrances diminuèrent et cette fois, je la vis rayonnante de bonheur. Elle me dit qu'elle était déjà au Ciel, et alors je me dis que Dieu a éprouve cette
maison par la souffrance parce que la Mère Générale a éprouvé des doutes,
comme si elle ne croyait pas ce que j'ai dit à cette âme. Comme signe qu'elle est
seulement au Ciel, Dieu va bénir cette maison. Puis elle s'est approchée de moi
et me serrant cordialement, elle m'a dit : « Je dois déjà partir. » J'ai compris à
quel point la communication est étroite entre les trois étapes de la vie de l'âme,
c'est-à-dire : la terre, le Purgatoire et le Ciel. 594. J'ai remarqué plusieurs fois que Dieu éprouve certaines personnes à cause de ce qu'Il me dit, car la méfiance ne plaît pas à Jésus. Quand une fois je remarquai que Dieu éprouvait certain Archevêque, car il avait une aversion pour cette affaire et ne pouvait y croire… j'ai éprouvé de la pitié et j'ai prié Dieu pour lui et Dieu allégea sa peine. Dieu n'aime pas qu'on se méfie de Lui et plus d'une âme et plus d'une âme perd beaucoup de grâces à cause de cette méfiance. Le doute blesse Son Très Saint Cœur qui est empli d'une bonté incompréhensible pour nous. Un prêtre doit souvent avoir des doutes pour qu'il puisse se convaincre plus
profondément de la vérité des dons ou des grâces de certaines âmes. Quand il
les éprouve, pour pouvoir mieux diriger l'âme vers une plus profonde union avec
Dieu, sa récompense est grande et inouïe. Mais s'il éprouve du dédain et du
doute envers les grâces de Dieu aux âmes pour la seule raison qu'il ne peut,
avec l'aide de sa raisin, les approfondir et les comprendre, cela ne plait pas au
Seigneur. J'ai beaucoup de pitié pour les âmes, qui ont affaire à des prêtres sans
expérience. 595. A un certain moment, un prêtre, me demanda de prier à son intention. J'ai promis de prier, mais je lui demandai une mortification. Quand je reçus la permission pour une certaine mortification, je ressentis dans mon âme une inclination à céder en ce jour toutes les grâces que la bonté divine me destinait, au profit e ce prêtre. Je priai Jésus que Dieu daigne m'accorder toutes les souffrances et toutes les afflictions, que durant ce jour, ce prêtre avait à souffrir. Dieu accéda partiellement à mon désir. Et tout de suite commencèrent à surgir,on ne sait d'où, toutes sortes de difficultés et contrariétés, au point qu'une sœur dit à haute voix que Dieu y était pour quelque chose si tout le monde tourmentait Sœur Faustine. Et les faits qu'on avançait tait tellement sans fondements qu'une partie des Sœurs les affirmait et l'autre les niait. Et moi, j'offrais tout cela en silence pour ce prêtre. Mais ce n'était pas tout. J'éprouvais des souffrances intérieures et pour
commencer, un certain découragement et une antipathie envers mes consoeurs.
Puis des doutes commencèrent à me troubler. Je ne parvenais plus à me
recueillir pendant la prière. J'étais préoccupée par différentes affaires. Et quand
fatiguée, j'entrais à la chapelle, un mal étrange oppressa mon âme et je
commençais à pleurer tout bas. Alors, j'entendis dans mon âme ces paroles : «
Ma fille, pourquoi pleures-tu ? Tu t'es offerte toi-même à ces souffrances.
Saches que ce n'est qu'une petite partie de ce que tu as accepté pour cette âme.
Elle soufre bien plus encore. » Et je demandai au Seigneur : « Pourquoi
agissez-vous ainsi avec ce prêtre ? » Le Seigneur me répondit que c'était en vue
de la triple couronne qui lui était destinée : de la virginité, du sacerdoce et du
martyre. Au même instant, une grande joie envahit mon âme à la pensée de la
grande gloire qu'il connaîtrait au Ciel. Aussitôt je dis un Te Deum pour cette
grâce particulière de Dieu. C'est ainsi que Dieu agit avec eux qu'il aura près de
Lui et par conséquent toutes les souffrances ne sont rien en comparaison de ce
qui nous attend au Ciel 596. Un certain jour, après avoir assisté à la Sainte Messe, je vis soudain mon
confsseur, qui célébrait la Sainte Messe dans l'église Saint-Michel, devant le
tableau de la Sainte Vierge. C'était au moment de l'offertoire et je vis le Petit
Enfant Jésus se serrer contre lui cherchant auprès de lui un abri comme s'il fuyait
devant quelque chose. Quand vint le moment de la Sainte Communion, Il
disparut comme toujours. Alors je vis la Très Sainte Mère qui le couvrait de son
manteau et disait : « Courage, mon fils, Courage » et autre chose encore que je
n'ai pas entendu. 597. Je désire ardemment que chaque âme glorifie Votre Miséricorde. Heureuse l'âme qui invoque la Miséricorde du Seigneur. Elle éprouvera ce qu'a dit le Seigneur. Il va la défendre comme Il défend <sa gloire, et qui oserait lutter contre Dieu ? Que toute âme glorifie la miséricorde du Seigneur par sa confiance en Sa miséricorde durant toute la vie et surtout à l'heure de la mort. Ne crains rien, chère âme, qui que tu sois.. Plus un pécheur est grand, plus il a droit à Votre miséricorde, Seigneur. O bonté inouïe, Dieu se penche le premier vers le pécheur. O Jésus, je désire glorifier Votre miséricorde pour des milliers d'âmes. Je sais bien, ô mon Jésus, que je dois publier cotre bonté, Votre miséricorde inconcevable. 598. Un jour qu'une personne me demandais de prier pour elle, j'ai rencontré le
Seigneur et je Lui dit « Jésus, j'aime particulièrement ces âmes que vous aimez.
» Jésus me répondit : « Et Moi aussi, j'accorde des grâces particulières aux
âmes pour lesquelles tu intercède auprès de Moi. » 599. Jésus me défend étrangement, vraiment c'est une grande grâce de Dieu que
j'expérimente depuis longtemps. 600. Un autre jour, une de nos Sœurs tomba mortellement malade. Toute la
Communauté se rassembla autour d'elle. Il y avait aussi le prêtre qui donna
l'absolution à la malade. Tout à coup, je vis une multitude d'esprits des ténèbres.
. Aussitôt, oubliant que j'étais en compagnie des Sœurs, je saisis le goupillon, je
les aspergeai et ils disparurent immédiatement. Mais quand les Sœurs passèrent
au réfectoire, la Mère Supérieure me fit la remarque que je ne devais pas
asperger la malade en présence du prêtre,car c'est à lui que cela incombait.
J'acceptai cette réprimande en esprit de pénitence, mai l'eau bénite apporte un
grand secours aux mourants. 601. Mon Jésus,Vous voyez bien je suis faible par moi-même, veuillez donc
diriger Vous-même toutes mes affaires. Sachez, Jésus, que sans Vous je ne
ferez rien, mais avec Vous, j'aborderai les situations les plus difficiles. 602. 29.1.1936. Je me trouvais un soir dans ma cellule, quand soudain je vis une vive clarté, et tout en haut dans cette clarté, une grande croix d'un gris sombre. Emportée soudain près de cette croix, je la fixai des yeux sans comprendre et je priai me demandant ce que cela voulait dire. A ce moment je vis le Seigneur Jésus et la croix disparut. Jésus était assis dans une grande clarté. Ses pieds et Ses jambes baignant jusqu'aux genoux dans cette clarté à tel point que je ne les voyais pas. Jésus se pencha vers moi me regarda et me parla de la volonté du Père céleste. Il me dit que l'âme la plus parfaite et la plus sainte est celle qui fait la volonté du Père. Mais il n'en existe pas beaucoup. Le Père considère l'âme qui vit de Sa volonté avec un amour particulier. Et Il me dit que moi, j'accomplissais la volonté de Dieu d'une manière parfaite. C'est pourquoi je m'unis à Lui et je communique avec Lui d'une manière privilégié. Dieu embrase d'un amour ineffable l'âme qui vit de Sa volonté. Je compris que Dieu nous aime tant, qu'il est tellement simple (quoique
incompréhensible), qu'il est facile de communiquer avec Lui malgré la grandeur
de Sa majesté. Avec personne, je n'éprouve autant de facilité ni autant de liberté
qu'avec Lui. Même la mère qui aime sincèrement son propre enfant, ne
comprend pas aussi bien que Dieu ne comprend mon âme. Alors que je
demeurais ainsi en communion avec Dieu, je vis deux personnes. Et le triste état
de leur intérieur me fut dévoilé. Mais j'espère qu'elles aussi vont glorifier la
miséricorde de Dieu.
603. A ce moment je vis aussi une certaine personne et en partie l'état de son
âme et les grandes épreuves que Dieu envoyait à cette âme. Ses souffrances
concernaient sa mentalité et sous une forme tellement aigue que j'eus pitié d'elle
et je dis au Seigneur : « Pourquoi agissez-Vous ainsi avec elle ? » Et le Seigneur
me répondit : « Pour sa triple couronne. » Et le Seigneur me fit connaître quelle
gloire inouïe attend l'âme qui ressemble à Jésus souffrant, ici bas sur terre. Cette
âme ressemblera au Christ dans Sa gloire. Le Père Céleste glorifiera et
reconnaîtra nos âmes dans la mesure où Il verra en nous la ressemblance avec
Son Fils. J'ai compris que cette assimilation à Jésus nous est donnée ici-bas sur
terre. Je vois des âmes pures et innocentes sur lesquelles Dieu exerça Sa justice.
.Ces âmes sont des victimes qui soutiennent le monde et qui complètent ce qui
manquait à la Passion de Jésus. Ces âmes ne sont pas nombreuses. Je me
réjouis profondément que Dieu m'ait permis de connaître de telles âmes. 604. O Sainte Trinité, Dieu Eternel, je Vous remercie de m'avoir fait connaître la
grandeur et les divers degrés de gloire que les âmes peuvent atteindre. Quelle
grande différence il y a entre deux degrés de profonde connaissance de Dieu.
Oh ! si les âmes pouvaient le savoir ! O mon Dieu si je pouvais en gagner une
de plus, je supporterais volontiers toutes les souffrances que tous les martyrs on
endurés. Vraiment, toutes ces souffrances ne me paraissent rien en comparaison de la
gloire qui nous attend durant toute l'éternité. O Seigneur, plongez mon âme dans
l'océan de Votre divinité et accordez-moi la grâce de Vous mieux connaître.
Car plus je Vous connais, plus ardemment je Vous désire et plus mon amour
pour Vous s'accroît. Mon âme est un gouffre insondable que Dieu seul peut
remplir. Je me dissous en Lui comme une goutte d'eau dans l'océan. Le Seigneur
S'est abaissé vers ma misère comme un rayon de soleil vers une terre déserte et
rocailleuse. Et ainsi, sous l'influence de Ses rayons, mon âme s'est couverte de
verdure, de fleurs, et de fruits. Et elle est devenue un beau jardin pour Son
repos. 605. Mon Jésus, malgré Vos grâces je sens cependant, et je vois toute ma
misère. Je commence ma journée par la lutte et je l'achève dans la lutte. A peine
ais-je fini avec une difficulté que j'en ai dix autres à combattre. Mais je ne m'en
afflige pas, car je sais bien que c'est le temps de la lutte et non du repos. Et
quand le poids de la lutte dépasse mes forces, je me jette comme un enfant dans
les bras du Père Eternel, et j'espère que je ne périrai pas. O Jésus, je suis très
encline au mal et ceci me force à veiller continuellement sur moi. Mais rien ne
me rebute. J'espère en la grâce de Dieu qui abonde dans la plus grande misère. 606. Dans les plus grandes difficultés et contrariétés je ne perd pas la paix
intérieure, ni l'équilibre extérieur. Et ceci amène les adversaires au
découragement. La patience dans les contrariétés donne de la force à l'âme. 607. 2 février 1936. Ce matin quand je me suis éveillée au son de la cloche, une
telle somnolence s'est emparée de moi que ne pouvant me réveiller, je
m'aspergeai d'eau froide et au bout de deux minutes la somnolence me quitta.
Quand j'arrivai à la méditation, tout un essaim de pensées absurdes se pressait
dans ma tête, de sorte que j'ai dû lutter durant toute l'oraison. Il en fut de même
pendant la prière. Mais quand la messe a commencé un étrange silence et une
grande joie se sont emparés de mon âme. Je vis alors la Sainte Vierge avec
l'Enfant Jésus et Saint Joseph qui était debout derrière la Sainte Vierge. La très
Sainte Mère me dit : « Tiens mon trésor le plus précieux. » Et elle 608. me
tendit l'Enfant Jésus. Quand je Le pris dans mes bras, la Sainte Vierge et Saint
Joseph disparurent et je restais seule avec l'Enfant Jésus. Je Lui dis: « Je sais
que Vous êtes mon Seigneur et mon Créateur quoique Vous soyez si petit. »
Jésus tendit Ses petites mains et me regarda avec un sourire. Mon esprit était
rempli d'une joie incomparable. Et soudain Jésus disparut : c'était le moment de la Sainte Communion. Je
m'approchai avec les autres Sœurs de la Sainte Table. Après la Sainte
Communion j'entendis dans mon âme ces paroles : « Je suis dans ton cœur, Moi
que tu as tenu dans tes bras. » Alors je priai le Seigneur pour une âme pour
qu'Il lui donne la grâce pour la lutte et éloigne d'elle cette épreuve. « Il en sera
selon ta prière mais son mérite n'en sera pas diminué. » Cela me causa une
grande joie. Dieu est si bon et si miséricordieux. Il exauce tout ce que nous Lui
demandons avec confiance. 609. Chaque conversation avec le Seigneur fortifie singulièrement mon âme. Il
me donne tant de courage que je ne crains rien au monde. J'éprouve seulement
la peur d'attrister Jésus. 610. O mon Jésus, je Vous supplie par la bonté de Votre très doux Cœur,
apaisez votre colère et montrez-nous Votre miséricorde. Que Vos blessures
soient pour nous un abri devant la justice de Votre Père. Je Vous ai connu, ô
Dieu, comme source de miséricorde qu apaise la soif de mon âme et lui donne la
vie. Oh ! que la miséricorde du Seigneur est grande. Elle surpasse toutes Ses
qualités. La miséricorde est le plus grand attribut de Dieu. Tout ce qui m'entoure
m'en parle. Sa miséricorde est la vie des âmes, Sa pitié est inépuisable. O
Seigneur regardez-nous t agissez avec nous selon Votre grande miséricorde. 611. A un certain moment un doute survint en moi : ce qui m'était arrivé, n'avait-il pas profondément offensé le Seigneur Jésus ? Comme je ne pouvais le résoudre, j'ai décidé de ne pas aller communier avant de m'être confessée, bien que je me sois immédiatement repentie, car j'ai l'habitude, au moindre manquement de demander pardon. Pendant les jours où je ne m'approchais pas de la Sainte Communion je ne sentais pas la présence de Dieu et j'en souffrais extrêmement. Mais je supportais cela comme une punition pour mon péché. Cependant à la sainte Confession, je reçus un blâme pour avoir manqué la Sainte Communion car ce qui m'était arrivé n'était pas un empêchement pour aller communier. Après la confession je reçus la Sainte Communion et je is le Seigneur Jésus qui me dit ces paroles : « Sache, Ma fille, que tu Me faisais une plus grande peine en ne t'unissant pas à Moi dans la Sainte Communion que par ce petit manquement. 612. Un jour j'eus la vision de la petite chapelle : six Sœurs y recevaient la
Sainte Communion, de la main de notre confesseur, revêtu d'un surplis et d'une
étole. Dans la chapelle il n'y avait ni décoration ni prie-Dieu. Après la Sainte
Communion je vis Jésus tel qu'Il est représenté sur l'image. Jésus marchait, et
moi j'ai appelé : « Comment pouvez-vous, Seigneur, passer sans rien me dire ?
Je ne ferai rien seule sans Vous. Vous devez rester avec Moi et me bénir ainsi
que cette Congrégation et ma Patrie. » Jésus fit le signe de la croix et dit : « Ne
crains rien, Je suis toujours avec toi. » 613. Les deux derniers jours précédent le Carême nous eûmes avec nos élèves
une heure d'adoration réparatrice. Pendant les deux heures, je vis le Seigneur
Jésus comme après la flagellation. Une douleur tellement grande m'enserra l'âme
qu'il me sembla que j'éprouvais tous les supplices en mon cœur et en mon âme. 614. 1.3.1936. Ce jour-là durant la messe, j'éprouvais une étrange force et une impulsion à exécuter les volontés de Dieu. Il me venait une si claire compréhension de ces choses que le Seigneur attendait de moi que si j'avais dit ne pas en comprendre une partie j'aurais commis un mensonge. Car le Seigneur me laisse connaître Sa volonté distinctement et clairement et en cela je n'ai plus l'ombre d'un doute. Et je compris que ce serait une grande ingratitude que de retarder plus longtemps cette œuvre que Dieu veut mener à bonne fin pour Sa gloire et pour le profit d'un grand nombre d'âmes. Il m'emploie comme un misérable instrument par lequel Il veut mener à bonne fin
Ses plans éternels de miséricorde. Comme mon âme serait ingrate si elle résistait
plus longtemps à la volonté de Dieu. Rien ne me retiendra plus, ni les
persécutions, ni les souffrances, ni les dérisions, ni les menaces, ni les pétitions,
ni la faim, ni le froid, ni les flatteries, ni les amitiés, ni les contrariétés, ni les amis,
ni les ennemis, ni ces choses que je traverse, ni les choses futures, ni la haine
infernale, rien ne me détournera de l'accomplissement de la volonté de Dieu. Je ne m'appuie pas sur mes propres forces, mais sur Sa toute-Puissance, car, s'il
me donne la grâce de connaître Sa sainte volonté, Il me donnera aussi la grâce
de l'accomplir. Je ne peux pas ne pas mentionner que dans cette disposition
j'éprouve une certaine résistance de la part de ma nature inférieure qui s'élève
avec ses exigences. Et il en résulte une lutte intime aussi grande que celle de
Jésus au Jardin des Oliviers. Moi aussi je di à Dieu le Père Eternel : « S'il est
possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je
veux, mais comme Tu veux. » Ce que j'aurai à passer n'est pas un mystère pour
moi. Mais en pleine connaissance de cause j'accepte tout ce que Vous
m'enverrez ô Seigneur. J'ai confiance en Vous <<<<dieu miséricordieux et je
désire, moi la première, Vous témoigner cette confiance que Vous exigez des
âmes. Vérité éternelle, aidez-moi et éclairez-moi sur les chemins de la vie et
faites qu'en moi s'accomplisse Votre Volonté. Mon Dieu je ne désire rien d'autre que faire Votre volonté, Seigneur. Peu importe la facilité ou la difficulté, je sens qu'une force étrange me pousse à l'action. Une seule chose me retient : la sainte obéissance. O mon Jésus, Vous me pressez, Vous me soutenez, et d'autre part Vous me retenez. En cela aussi, que Votre volonté soit faite. Je demeurai plusieurs jours dans cet état, mes forces physiques diminuaient. Je n'en parlai à personne. Cependant la Mère Supérieure remarqua mes souffrances et dit que j'étais changée et palie. Elle me recommanda d'aller me reposer plus tôt et de dormir plus longtemps. Et le soir elle me faisait apporter une tasse de lait chaud. Avec un cœur plein de sollicitude, un vrai cœur de mère, elle voulait m'aider. Cependant quand il s'agit d'épreuves spirituelles, les choses extérieures n'ont pas d'influence et n'apportent pas beaucoup de soulagement. Et c'est au confessionnal que je puisais la force et la consolation d'apprendre
que je n'allais plus attendre longtemps pour passer à l'action. 615. Le jeudi alors que je gagnais ma cellule je vis au-dessus moi la Sainte
Eucharistie dans une grande clarté. Soudain j'entendis une voix qui me semblait
venir d'au-dessus de l'Hostie : « En elle est ta force. Elle va te défendre. »
Après ces mots, la vision disparut, mais une force étrange pénétra mon âme et
une étrange lumière : notre amour de Dieu consiste en l'accomplissement de Sa
volonté. 616. O Sainte Trinité, Dieu Eternel, je désire briller dans la couronne de Votre
miséricorde, comme une petite pierre dont la beauté dépend de votre rayon de
lumière et d'inconcevable miséricorde. Tout ce qui est beau dans mon âme est
Vôtre, ô Dieu. De moi-même je ne suis rien. 617. Au début du Carême, je priai mon confesseur de me donner une
mortification pour le temps du jeûne. Mais il me dit de ne rien retrancher de mes
repas. Mais quand je vais manger, me rappeler que Jésus accepta le vinaigre
avec le fiel. Ce sera ma mortification. Je ne savais pas que j'allais y trouver un
grand avantage pour mon âme : Celui de méditer constamment Sa douloureuse
Passion. Et ainsi pendant les repas, je ne pense pas à ce que je mange, mais je
suis préoccupée de la mort de mon Seigneur. 618. J'ai aussi demandé au commencement du Carême de changer mon examen particulier et de faire tout ce que je devais faire avec une intention purement réparatrice pour les pécheurs. Ceci me permet de vivre continuellement en union ave Dieu. Et cette intention
perfectionne mes actions, car tout ce que je fais, je le fais pour les âmes
immortelles. Toutes les peines et les fatigues ne me sont rien, quand je pense
qu'elles réconcilient les âmes des pécheurs avec Dieu. 619. Marie, ma Maîtresse, m'enseigne toujours comment vivre pour Dieu. Mon
esprit s'épanouit dans Votre douceur et Votre humilité, ô Marie. 620. A un certain moment, je suis entrée à la chapelle pour cinq minutes
d'adoration, et je priais pour une certaine âme. J'ai compris alors que Dieu
n'accepte pas toujours nos prières pour les âmes pour lesquelles nous prions,
mais les destine à d'autres âmes. Et nous ne leur apportons pas toujours de
soulagement, quand elles souffrent dans le feu du Purgatoire. Cependant notre
prière n'est pas perdue. 621. Les relations confidentielles de l'âme avec Dieu Dieu s'unit à l'âme d'une façon particulière : visible seulement pour Dieu et pour
l'âme. Personne ne percevra cette mystérieuse union. Dans cette union domine
l'amour et tout est fait uniquement par amour. Jésus se donne à l'âme d'une
manière pleine de douceur et dans ses profondeurs elle est en paix. Jésus lui
accorde beaucoup de grâces et la rend capable de partager Ses pensées
éternelles et découvre parfois à l'âme Ses intentions divines. 622. L Père Andraz me dit qu'il serait bien que dans l'Eglise de Dieu existât un
groupe d'âmes qui implorerait la miséricorde divine, car nous avons tous besoin
de cette miséricorde. Après ces mots une étrange lumière entra dans mon âme.
Oh ! que Dieu est bon ! 623. 18.3.1936. A un certain moment je priai le Seigneur Jésus de faire les
premiers pas, par un changement quelconque ou par un acte extérieur, ou par
mon renvoi, car je ne suis pas en état de quitter de moi-même cette
Congrégation. Je priai de la sorte pendant plus de trois heures. Je ne pouvais
pas prier, mais je soumettais ma volonté à la volonté de Dieu. Le jour suivant, la
Mère Supérieure me dit que la Mère Générale me prenait à Varsovie. Je
répondis à la Mère que peut-être je n'irai pas, mais que je quitterai tout de suite
le couvent d'ici. J'ai pensé que c'étais le signe extérieur que j'avais demandé à
Dieu. La Mère Supérieure répondit à cela. Mais après un instant, elle me
rappela encore et me dit « Savez-vous, ma Sœur, allez-y quand même, même si
vous deviez revenir tout se suite.. Ne tenez pas compte de la dépense du
voyage. » J'ai répondu que j'irai, quoiqe une douleur me déchirai le cœur, car je
savais que par ce départ, l'affaire se prolongerait. Cependant je tâche toujours
d'être obéissante malgré tout. 624. Le soir quand je priais, la Vierge Marie me dit : « Ta vie doit être
semblable à la mienne : douce, cachée, union incessante à Dieu, intercéder pour
l'humanité et préparer le monde à la seconde venue de Dieu. » 625. Le soir, pendant la bénédiction, durant un instant mon âme se trouva en
présence de Dieu le Père . Je sentis que j'étais dans Sa main comme une enfant
et j'entendis dans mon âme ces mots : « N'aie peur de rien, Ma fille, tous les
adversaires se briseront à mes pieds. » Après ces mots, mon âme se trouva
dans une profonde tranquillité et un grand silence intérieur. 626. Je me plaignis au Seigneur de ce qu'Il me retirait Son aide et qu'étant seule
je ne saurais que faire. J'entendis ces mots : « N'aie pas peur. Je suis toujours
avec toi. » A ces mots de nouveau une profonde paix entra dans mon âme. Sa
présence me pénétrait de façon sensible. Mon esprit était inondé d'une lumière
qui atteignait aussi mon corps. 627. Le dernier soir de mon séjour à Wilno, une Sœur,déjà âgée, me découvrit
l'état de son âme. Elle me dit que depuis plusieurs années elle souffrait
intérieurement, qu'il lui semblait que toutes confessions étaient mauvaises et
qu'elle avait des doutes sur le pardon du Seigneur Jésus. Je lui ai demandé si elle
en avait jamais parlé à son confesseur. Elle me répondit que bien des fois elle en
avait parlé aux confesseurs et que toujours tous les confesseurs lui disaient d'être
tranquille. Cependant elle souffrait beaucoup et rien ne lui apportait de
soulagement. Et il lui semblait tout le temps que Dieu ne lui avait pas pardonné.
Je lui répondis : « Ma Sœur, écoutez votre confesseur et soyez tout à fait
tranquille, car c'est sûrement une tentation. » Mais elle me supplia, les larmes
aux yeux, de demander au Seigneur Jésus s'Il lui avait pardonné et si ses
confessions étaient bonnes ou non. Je lui répondit énergiquement : « Ma Sœur,
demandez-Le vous-même, si vous ne croyez pas vos confesseurs. » Elle
cependant, saisit ma main, ne voulant pas me laisser aller. Et elle me demanda
de prier pour elle et de lui dire ce que le Seigneur Jésus me dirait d'elle.
Pleurant amèrement elle me dit : « Je sais que le Seigneur Jésus vous parle. » Et
comme je ne pouvais pas m'arracher à elle, car elle me tenait par les mains, je lui
promis de prier pour elle. Or le soir, pendant la bénédiction, j'entendis dans mon
âme ces paroles : « Dis-lui que Mon Cœur est plus blessé par son incrédulité,
que par les péchés qu'elle a commis. » Quand je le lui ait dis, elle fondit en
larmes comme un enfant et une grande joie entra dans son âme. Je compris alors
que Dieu voulait consoler cette âme par moi. Quoique cela m'ait beaucoup
coûté, j'avais accompli le désir de Dieu. 628. Quand j'entrai pour un instant dans la chapelle, ce m^me soir, afin de remercier Dieu pour toutes les grâces qu'Il m'avait accordées dans cette maison, tout à coup, la présence de Dieu s'empara de moi. Je me sentis comme un enfant entre les mains du meilleur des pères et j'entendis ces paroles : « N'aie peur de rien. Je suis toujours avec toi. » Son amour me transperça. Je sentais que j'entrais avec Lui dans une familiarité 629. tellement étroite que je n'ai pas de mots pour l'exprimer. Alors je vis près de moi un des sept esprits, rayonnant comme autrefois sous une forme lumineuse. Je le voyais constamment auprès de moi. Je l'ai vu dans le train. Je voyais sur chacune des églises que nous rencontrions, un ange debout, mais environné d'une lumière plus pâle que celle de l'esprit qui m'accompagnait dans le voyage. Et chacun des esprits qui gardait les églises, s'inclinait devant celui qui était auprès de moi. Comme j'entrais par la porte du couvent, à Varsovie, cet esprit disparut. Je
remerciai Dieu pour Sa bonté de nous donner des anges comme compagnons.
Oh combien peu de gens ont conscience d'avoir toujours près d'eux de tels
visiteurs en même temps que témoins de leurs actions ! Pécheurs,
souvenez-vous que vous avez un témoin de vos actes. 630. O mon Jésus, Votre bonté dépasse toute compréhension et personne n'épuisera Votre miséricorde. La perdition est pour l'âme qui veut se perdre. Mais celui qui désire le salut,
trouve la mer inépuisable de la miséricorde du Seigneur. Comment un petit vase
peut-il contenir en soi une mer insondable ? 631. En prenant congé des Sœurs, au moment du départ, l'une d'elles me demanda pardon de m'avoir si peu aidée dans mes emplois et d'avoir toujours essayé de me les rendre difficiles. Cependant moi, en mon âme, je la considérais comme une grande bienfaitrice, car elle m'a exercée à la patience, à tel point qu'une des Sœurs plus âgée disait qu'il fallait que Sœur Faustine fût très bête ou très sainte, car vraiment une personne ordinaire ne souffrirait pas qu'on lui fasse toujours quelque chose par dépit. Cependant je m'approchais toujours d'elle avec bienveillance. Cette Sœur
tâchait de me rendre difficile le travail dans mes emplois, au point que, malgré
mes efforts elle parvenait parfois à gâcher quelque chose de ce qui avait été bien
fait, comme elle-même me l'avoua en me demandant ien pardon. Je ne voulais
pas chercher à pénétrer ses intentions, mais je considérais cela comme une
épreuve de Dieu. 632. Je m'étonne énormément que l'on puisse ressentir une telle jalousie. Pour
moi, lorsque je considère le bien d'autrui, je m'en réjouis comme si je le
possédais moi-même. La joie des autres est ma joie comme leur souffrance est
ma souffrance. Car autrement je n'oserais pas me présenter devant le Seigneur
Jésus. L'esprit de Jésus est toujours simple, doux et sincère. Toute malignité,
jalousie, manque de bienveillance, sous le couvert d'un sourire aimable ne sont
que ruses du Malin. Un mot sévère, mais inspiré par un amour sincère ne blesse
pas le cœur. 633. 22.3.1936. Arrivée à Varsovie, je suis entrée un instant dans la petite
chapelle afin de remercier le Seigneur de mon heureux voyage et de Le prier de
m'obtenir l'aide et la grâce dans tout ce qui m'attend ici. Je me soumis en tout à
Sa Sainte volonté. J'entendis ces paroles : « N'aie peur de rien. Toutes les
difficultés serviront à ce que Ma volonté se réalise. » 634. 25 mars. Pendant la méditation du matin, la présence de Dieu m'a
enveloppée d'une façon spéciale, en voyant la grandeur incommensurable de
Dieu et en même temps Son abaissement jusqu'à la créature. Soudain je vis la
Mère de Dieu qui me dit : « Que l'âme, qui suit fidèlement le souffle de la grâce
est agréable à Dieu ! J'ai donné au monde le Sauveur. Et toi tu dois parler au
monde de Sa miséricorde et préparer le monde à la seconde venue de Celui qui
viendra, non comme Sauveur Miséricordieux, mais comme Juste Juge. Oh !
Comme ce jour est terrible ! Le Jour de la Justice a été décidé, le jour de la
colère de Dieu. Les anges tremblent devant lui. Parle aux âmes de cette grande
miséricorde, tant que c'est le temps de la pitié. Si tu te tais maintenant, tu
répondra pour cela en ce jour terrible, pour un grand nombre d'âmes. N'aie
peur de rien, Sois fidèle jusqu'à la fin. J'ai compassion de toi. » 635. A mon arrivée à Valendov une des Sœurs me souhaita ainsi la bienvenue :
« C'est bien que vous soyez venue chez nous, ma Sœur maintenant tout ira bien.
» Je lui dit : « Pourquoi me le dites-vous, ma Sœur ? » Elle me répondit qu'elle le
ressentait ainsi dans son âme. Cette âme est pleine de simplicité, et très agréable
au Cœur de Jésus. Cette maison était dans des besoins exceptionnels … Je ne
vais pas rappeler tout cela ici. 636. La confession : Alors que je me préparais à la confession je dis à
Jésus-Christ caché dans le Saint Sacrement : « Jésus, je Vous en supplie,
parlez-moi par la bouche de ce prêtre. Et la preuve en sera pour moi qu'il ne sait
pas que Vous exigez de moi cette fondation de la miséricorde. Qu'il me dise
quelque chose de cette miséricorde. » Quand je me suis approchée du
confessionnal et que j'ai commencé la confession, le prêtre m'interrompit et se
mit à me parler de la grande miséricorde de Dieu avec une très grande force et
me demanda: « Savez-vous que la miséricorde du Seigneur est supérieure à
toutes Ses œuvres, que c'est le couronnement de toutes Ses œuvres ? » Je
prêtais une oreille attentive à ces mots que me disait le Seigneur par la bouche
de ce prêtre. Quoique je croie que Dieu parle toujours par la bouche du prêtre,
cependant ici je le ressentais d'une façon particulière. Je m'accusai seulement
des manquements. Quoique je ne découvrisse rien de la vie de Dieu qui est dans
mon âme, cependant ce prêtre lui-même me dit beaucoup de ce qui se passait
dans mon âme et m'invita à la fidélité aux inspirations de Dieu. Il me dit : « Vous
allez par la vie avec la Sainte Vierge qui répondait fidèlement à chaque
inspiration divine. » O Jésus, qui comprendra Votre bonté ? 637. Jésus, écartez de moi ces pensées qui ne s'accordent pas avec Votre
volonté. Je reconnais que déjà plus rien ne me retiens ici-bas, sinon cette œuvre
de miséricorde. 638. Jeudi. Pendant l'adoration du soir, je vis le Seigneur Jésus, flagellé et
martyrisé, qui me dit : « Ma fille, Je désire que dans les moindres choses tu t'en
remettes à ton confesseur. Tes plus grands sacrifices ne me plaisent pas, si tu
les accomplis sans sa permission. Et d'autre part, le plus petit sacrifice à Mes
yeux, s'il est fait avec la permission du confesseur. Les plus grandes œuvres sont
à Mes yeux sans signification si elles sont faites de façon arbitraire et souvent
elles ne sont pas en accord avec Ma volonté. Elles méritent plutôt une punition
qu'une récompense. Et d'autre part, le plus petit acte que tu fais avec la
permission du confesseur, est agréable à Mes yeux et M'est extrêmement cher.
Veille sans cesse, car l'enfer entier fait un grand effort contre toi à cause de cette
œuvre. Car beaucoup d'âmes reviendront des portes de l'enfer et adoreront Ma
miséricorde. Mais n'aie peur de rien. Je suis avec toi. Sache que, de toi-même
tu ne peux rien. » 639. Ce premier vendredi du mois avant la Sainte Communion je vis un ciboire
contenant des hosties consacrées. Une main posa ce ciboire devant moi, je le
pris dans ma main et il y avait dedans mille hosties vivantes. Soudain j'entendis
une voix : « Ces hosties ont été reçues par des âmes pour lesquelles tu as
obtenu la grâce d'une conversion sincère durant ce Carême. » Et c'était une
semaine avant le Vendredi Saint.. Je passai ce jour 640. dans le recueillement
intérieur m'anéantissant au profit des âmes. Oh! Quelle joie de s'anéantir au
profit des âmes immortelles. O Jésus, je veux. être cachée de l'extérieur Le grain
de froment ne doit-il pas pour devenir nourriture, être broyé entre des pierres ?
Même moi, pour être utile à l'Eglise et aux âmes, je dois être broyée, quoique à
l'extérieur personne ne puisse remarquer mon sacrifice. O Jésus, je veux être
cachée de l'extérieur comme ce pain azyme dans lequel l'œil ne remarquera rien.
Je suis une hostie qui Vous est consacrée. 641. Dimanche des Rameaux : En ce dimanche, je vécus d'une façon
particulière, les sentiments do Cœur de Jésus. Mon âme était là où était Jésus.
Je vis Jésus-Christ assis sur un ânon et Ses disciples et une grande multitude qui
l'accompagnaient. Les uns portaient dans les mains des branches pour
l'acclamer, les autres les jetaient sous Ses pieds et d'autres les brandissaient en
l'air, gambadant devant Jésus et ne savaient comment manifester leur joie. Et je
vis une seconde foule qui sortit aussi à la rencontre de Jésus avec des visages
réjouis, des branches en main et qui ne cessait de crier de joie. Il y avait aussi de
petits enfants. Mais Jésus était très sérieux. Et le Seigneur me fit connaître
combien Il souffrait pendant ce temps. Et à ce moment je ne voyais plus rien,
seulement Jésus qui avait le cœur saturé par le manque de reconnaissance. 642. Confession trimestrielle. Le Père Bukowski. De nouveau une force intérieure me pressait de ne plus remettre cette affaire. Je dis au confesseur, le Père Bukowski, que je ne pouvais attendre plus longtemps. Le Père me répondit : « Ma Sœur, c'est une illusion, le Seigneur Jésus ne peut pas exiger cela. Vous avez prononcé vos vœux perpétuels. Tout cela est une illusion. Vous inventez ma Sœur, c'est une hérésie. » Et il criait presque. J'ai demandé si tout était illusion, il me répondit : « Tout.» -« Alors comment dois-je agir ? Veuillez me le dire. » Et bien vous ne devez suivre aucune inspiration. Vous devez être dissipée, ne pas faire attention à ce que vous entendez dans votre âme et tâcher de bien accomplir vos devoirs extérieurs. Ne pensez plus à rien de ces choses, vivez dans une complète dissipation. » Je répondis: « Bien. Jusqu'à présent, j'agissais toujours selon ma propre
conscience et maintenant puisque vous m'ordonnez, mon Père, de ne pad faire
attention à ma vie intérieure, alors je vais vous obéir. » Il me dit : « Si le Seigneur
Jésus vous dit de nouveau quelque chose, dites-le moi, mais il vous est interdit
de le faire. » J'ai répondu : « Bien. Je vais essayer d'être obéissante. » Je ne sais
où le Père a trouvé cette sévérité. 643. Quand je m'éloignai du confessionnal, tout un essaim de pensées oppressa mon âme : pourquoi être sincère ? Ce que j'ai dit ne sont pas des péchés et je n'ai pas le devoir d'en parler au confesseur ! D'autre part, comme c'est bien, que je n'aie plus besoin de faire attention à ma propre vie intérieure, pourvu qu'à l'extérieur tout soit bien. Je n'ai pas besoin de faire attention à rien, ni de suivre ces voix intérieures qui souvent me causent tant d'humiliations. Maintenant je serai libre. De nouveau un mal étrange m'enserra l'âme, alors que je ne peux plus
communiquer avec Celui que je désire si ardemment ? Qui est toute la force de
mon âme ? J'ai commencé à appeler : « A qui irai-je, ô Jésus ? » Mais dès le
moment de l'interdiction de mon confesseur, de profondes ténèbres tombèrent
sur mon âme. J'ai peur d'entendre quelques voix intérieures, par lesquelles je
transgresserais les ordres de mon confesseur, et de nouveau je me meurs de
langueur envers Dieu. Je suis déchirée intérieurement n'ayant plus de volonté
propre, mais m'en étant complètement remise à la volonté de Dieu. C'était le
Mercredi Saint. Ma souffrance augmenta encore le Jeudi Saint. Quand je suis venue faire la
méditation, je suis entrée dans une sorte d'agonie. Je ne sentais pas la présence
de Dieu, mais toute la justice de Dieu pesait sur moi. Je me voyais comme
accablée par les péchés du monde. Satan se mit à me railler. : « Vois-tu
maintenant, tu ne vas plus t'occuper des âmes. Tu vois quel payement tu as
reçu.. Personne ne va plus croire que Jésus exige cela de toi. Vois ce que tu
souffres déjà et ce que tu vas souffrir encore. Ton confesseur t'a libérée de tout
cela. » Maintenant je peux vivre comme il me plaît, pourvu qu'à l'extérieur tout soit
bien. Ces terribles pensées me tourmentèrent pendant toute une heure. L'heure
de la Sainte Messe approchait, une douleur me serra le cœur : dois-je alors
quitter la congrégation ? Et puisque le Père m'a dit que c'était une sorte
d'hérésie, est ce que je dois me détacher de l'Eglise ? J'appelai d'une voix
intérieure et douloureuse le Seigneur Jésus : « Sauvez-moi ». Cependant pas un
rayon de lumière n'entrait dans mon âme et je sentais que mes forces me
délaissaient comme si le corps se séparait de l'âme. Je me soumettais à la
volonté de Dieu et je répétais : « Qu'il m'advienne ô Dieu selon ce que Vous
avez décidé ! En moi plus rien n'est à moi. » Soudain la présence de Dieu
m'environna et me pénétra jusqu'à la moelle. C'était le moment de l Sainte Communion. Un moment après je perdis la notion
de tout ce qui m'entourait et de l'endroit où j'étais. 644. Soudain je vis Jésus-Christ tel qu'il est peint sur cette image et Il me dit «
Dis au confesseur, que cette œuvre est mienne et que je t'emploie comme infime
instrument. » Et je dis : « Jésus, je ne peux faire ce que vous m'ordonnez, car
mon confesseur a dit que tout cela est illusion et il m'est interdit d'écouter aucun
de vos ordres. Je ne dois rien faire de ce que Vous me recommanderez. Je
Vous en demande pardon Seigneur, rien ne m'est permis. Je dois obéir au
confesseur. Jésus, je Voue en demande bien pardon. Vous savez que je souffre
pour cette raison, mais c'est difficile. Le confesseur ne m'a pas permis de suivre
Vos ordres. » Jésus écoutait gracieusement et avec contentement mes
explications et mes griefs. Je pensais que cela offenserait beaucoup le Seigneur Jésus, mais au contraire, Il
était content et me dit gracieusement : « Parle toujours au confesseur de tout ce
que Je te recommande et de ce que Je te dis. Et fais seulement ce pourquoi tu
obtiendras la permission. Ne t'inquiète pas et n'aie peur de rien. Je suis avec toi.
» Mon âme fut remplie de joie et toutes les pensées qui m'inquiétaient se sont
dispersées. L'assurance et le courage sont entrés dans mon âme. 645. Cependant, après un instant, je duis entrée dans les souffrances que Jésus a subies au Jardin des Oliviers. Cela a duré jusqu'à Vendredi matin. Vendredi, j'ai vécu la Passion de Jésus, mais déjà d'une autre manière. Ce jour-là, le Père Bukowski vint chez nous de Derdy. Une force étrange me poussa à aller me confesser et à dire tout ce qui m'était arrivé et ce que Jésus m'avait dit. Quand j'ai dit cela au Père,le Père était tout autre et me dit : « Ma Sœur, n'ayez pas peur. Rien de mauvais ne vous arrivera, car le Seigneur Jésus ne le permettra pas. Si vous êtes obéissante et dans une telle disposition, je vous prie de ne vous affliger de rien. Dieu trouvera le moyen de mener à bien Son œuvre. Je vous prie d'avoir toujours une telle simplicité et une telle sincérité et de tout dire à la Mère Générale. Ce que j'avais dit c'était pour vous avertir. Car il y a des illusions, même chez de saintes personnes et à cela peuvent se joindre des insinuations de Satan. Et parfois cela vient de nous même. Donc il faut être sur ses gardes. Continuez donc d'agir comme jusqu'à présent. Vous voyez, Sœur, que Jésus n'est pas fâché. Ma Sœur, vous pouvez répéter maintenant certaines choses qui sont advenues à votre confesseur ordinaire. 646. A partir de là j'ai compris une chose, que je dois beaucoup prier pour
chaque confesseur, afin qu'il obtienne la lumière du Saint-Esprit. Car quand je
m'approchais du confessionnal, autrefois je ne priais pas ardemment et le
confesseur ne comprenait pas beaucoup. Le Père m'encouragea à une ardente
prière, pour que Dieu fasse mieux connaître et comprendre ces choses qu'Il
exige de moi. - « Ma Sœur, faites neuvaine après neuvaine, et Dieu ne vous
refusera pas cette grâce. » 647. Vendredi Saint. A trois heures, je vis le Seigneur Jésus crucifié, qui me
regarda et dit : « J'ai soif ». Soudain je vis sortir de son côté deux rayons, tels
qu'ils sont sur cette image. Alors je sentis dans mon âme le désir du salut des
âmes, et du sacrifice de moi-même au profit des pauvres pécheurs. Je m'offris
avec Jésus agonisant au Père Eternel pour le salut du monde. Avec Jésus, par
Jésus et en Jésus, telle est mon union avec Vous, Père Eternel. Le Vendredi
Saint, Jésus souffrait en Son âme autrement que le Jeudi Saint. 648. 12. IV.1936. La Résurrection. Quand je suis entrée à la chapelle, mon
esprit se perdit en Dieu, mon unique trésor. Sa présence absorba mon âme. 649. O Jésus mon maître, et mon directeur, fortifiez-moi, illuminez-moi dans ces moments difficiles de ma vie ! Je n'attends pas d'aide de la part des hommes. En Vous est tout mon espoir. Je sens que je suis seule face à Vos exigences, Seigneur. Malgré les peurs et les aversions de ma nature, je veux réaliser Votre Sainte volonté et je désire le faire le plus fidèlement possible durant toute la vie et à ma mort. Jésus, avec Vous je puis tout, faites de moi ce qu'il Vous plaira. Donnez-moi seulement Votre Cœur miséricordieux et cela me suffit. O mon Jésus, mon Seigneur, aidez-moi. Qu'advienne ce que Vous avez décidé avant les siècles ! Je suis prête à chaque signe de Votre Sainte volonté. Donnez-moi la lumière pour que je puisse connaître Votre volonté. O Dieu qui pénétrez mon âme, Vous savez que je ne veux rien d'autre que Votre gloire. O volonté divine, Vous êtes le délice de mon cœur, la nourriture de mon âme, la
lumière de mon esprit, la force toute-puissante de ma volonté. Car, quand je
m'unis à Votre volonté, Seigneur, Votre force agit par moi et prend la place de
ma faible volonté. Chaque jour je tâche d'accomplir les désirs divins. 650. O Dieu inconcevable, comme Votre miséricorde est grande ! Elle dépasse toute la compréhension des hommes et des anges réunis. Tous les anges et tous les hommes sont sortis des entrailles de Votre
miséricorde. La miséricorde est la fleur de l'amour. Dieu est amour, et la
miséricorde est Son acte. La miséricorde se conçoit dans l'amour. L'amour
apparaît dans la miséricorde. Tout ce que je vois me parle de la miséricorde.
Même la justice de Dieu me parle de Son insondable miséricorde, car la justice
dérive de l'amour. 651. Je fais attention à une chose, elle m'est tout. Je vis d'elle et avec elle je
meurs, et c'est la Sainte volonté de Dieu. Elle est pour moi une nourriture
quotidienne. Toute mon âme prête attention aux désirs de Dieu, quoique plus
d'une fois ma nature tremble et sente que leur grandeur dépasse mes forces. Je
fais toujours ce que Dieu veut de moi. Je sais ce que je suis de moi-même, mais
je sais bien ce qu'est la grâce de Dieu qui me porte. 652. 25.IV.1936. Valendov. La souffrance de mon âme était plus lourde que
jamais, ce jour là. Dès le matin je sentais comme une séparation de mon corps
et de mon âme. Je sens la pénétration de Dieu tout au travers de moi, je sens
toute la justice divine en moi. Je sens que je suis seule vis-à-vis de Dieu. Je sens
qu'un mot de mon directeur me tranquilliserait tout à fait. Mais que faire ? Il
n'est pas ici. Cependant j'ai décidé de chercher la lumière dans la Sainte
Confession. Quand je lui ai découvert mon âme, ce prêtre eut peur d'écouter plus longtemps
ma confession et cela me conduisit à des souffrances plus grandes encore. En
voyant la crainte de quelques prêtres alors que je n'éprouve aucune tranquillité
intérieure, aussi j'ai pris la décision de ne découvrir mon âme qu'à mon
directeur, en tout depuis la plus grande jusqu'à la plus petite chose, et
d'observer strictement ses indications. 653. Maintenant je comprends que la confession n'est que la confession des
péchés et que la direction est tout autre chose. Mais ce n'est pas ce que je veux
dire. Je veux dire une chose étrange qui m'est arrivée la première fois : quand le
confesseur a commencé à me parler, je ne comprenais pas un seul mot. Puis
soudain je vis le Seigneur Jésus crucifié qui me dit : « Dans Ma Passion, cherche
la force et la lumière. » Après la confession je méditais la terrible Passion de
Jésus et je compris que ce que je souffre n'est rien en comparaison de la
Passion du Sauveur, et que même la plus petite imperfection était la cause de
cette terrible souffrance. Alors mon âme fut saisie d'un si grand repentir que je
compris que j'étais plongée dans l'insondable miséricorde de Dieu. Oh ! Que j'ai
peu de mots pour exprimer ce que j'endure. Je sens que je suis comme une
goutte d'eau engloutie dans les profondeurs d'un océan de miséricorde sans
fond. 654. Le 11 mai 1936. Je suis venue à Cracovie. Je m'en réjouis car maintenant,
je pourrai faire tout ce que le Seigneur Jésus désire. A un certain moment, quand je parlais avec le Père A… et qu j'avais déjà tout
dit, je reçu la réponse suivante : « Ma Sœur, priez jusqu'au jour de la fête du
Sacré-Cœur et joignez-y quelques mortifications. Et le jour du Sacré-Cœur je
vous donnerai une réponse. » Cependant un certain jour j'entendis dans l'âme
cette voix : « N'aie peur de rien, Je suis avec toi.» Et après ces mots il me vint
dans l'âme, une impulsion si grande que sans attendre la fête du Sacré-Cœur, je
déclarai pendant la confession que je quittais la Congrégation. Le Père me
répondit : « Ma Sœur, si vous décidez de vous-même, et si vous en prenez la
responsabilité pour vous-même : allez. » Je me réjouis de partir. Le lendemain matin, tout à coup la présence de Dieu me quitta et de grandes
ténèbres s'emparèrent de mon âme. Je ne pouvais plus prier, par suite de cette
soudaine absence de Dieu. J'ai décidé de remettre encore un peu la chose
jusqu'à ce que j'en parle encore au Père. Le Père A… me répondit que de tels
changements arrivent souvent dans l'âme, et que ce n'est pas un empêchement
pour agir. 655. Quand je lui ai parlé de tout ce qui m'est arrivé, la Mère Générale répondit
: « Ma Sœur, je vous enferme dans le tabernacle avec le Seigneur Jésus : où que
vous alliez, ce sera la volonté de Dieu. » 656. 19 juin. Nous sommes allées chez les Jésuites pour participer à la
procession du Sacré-Cœur. Au cours des vêpres, je vis ces mêmes rayons
sortant de la Sainte Hostie, tels qu'ils sont peints sur l'image. Un grand désir de
Dieu s'est emparé de mon âme. 657. Juin 1936. Conversation avec le Père A. « Sachez que ces choses sont
difficiles et compliquées. Votre principal directeur est le Saint-Esprit. Nous
pouvons seulement diriger Ses inspirations. Mais votre véritable directeur c'est
le Saint-Esprit. Si vous avez décidé vous-même, ma Sœur, votre sortie, alors
moi, je ne défends ni n'ordonne. Ici vous en prenez vous-même la
responsabilité. Je vous dis, ma Sœur, que vous pouvez commencer à agir. Vous
en avez la force, donc vous le pouvez. Ce sont des choses probables. Tout ce
que vous m'avez dit maintenant et auparavant parle en faveur de l'action. Mais
maintenant il faut être très circonspect et beaucoup prier et demander la lumière
pour moi. » 658. Pendant la Messe célébrée par le Père Andrasz, je vis le petit Enfant Jésus
qui me dit que tout va dépendre de lui : « Aucune action personnelle, même si tu
y mettais beaucoup d'efforts, ne Me plait. » Je compris cette dépendance. 659. O mon Jésus, ô juste juge, mais aussi mon Epoux, au jour du Jugement Dernier Vous exigerez que je Vous rende compte de cette œuvre de miséricorde. Aidez-moi à faire Votre sainte volonté, ô divine vertu de Miséricorde. O Cœur très miséricordieux de Jésus, mon Epoux, rendez mon cœur semblable
au Vôtre. 660. 16 juillet. J'ai passé toute cette nuit en prière. Je méditais la Passion et mon
âme était écrasée par la justice divine. La main du Seigneur était sur moi. 661. 17 juillet. O mon Jésus, Vous savez qu'elles grandes contrariétés je
rencontre en cette matière, que de reproches je dois supporter, combien de
sourires ironiques je dois recevoir avec égalité d'humeur. Seule, je ne le pourrais
pas, mais avec Vous je peux tout, mon Maître. Oh ! Qu'un sourire ironique
blesse douloureusement quand on parle en toute sincérité. 662. 22 juillet. Je sais que c'est l'acte et non la parole, ni le sentiment qui témoigne de la grandeur de l'homme. Ce sont les œuvres qui proviennent de nous, qui parleront pour nous. Mon Jésus, ne me permettez pas de rêver, mais donnez-moi le courage et la force de réaliser Votre sainte volonté. Jésus, si Vous voulez me laisser dans l'incertitude, même jusqu'à la fin de ma vie, qu'en cela Votre nom soit béni.
663. O mon Jésus, comme je me réjouis quand Vous me faites comprendre que
cette Congrégation existera. De cela je n'ai même pas l'ombre d'un doute. Et je
vois qu'elle grande gloire elle rendra à Dieu. Elle réfléchira sur le monde le plus
grand attribut qu'il y ait en Dieu, c'est-à-dire la Miséricorde Divine. Sans cesse
je vais implorer la Miséricorde Divine pour moi et pour le monde entier. Chaque
acte de miséricorde va découler de l'amour divin dont ces religieuses seront
emplies à déborder. Elles vont s'efforcer de faire leur ce grand attribut de Dieu,
d'en vivre et tâcher de faire connaître la bonté divine aux autres. Cette
Congrégation de la Miséricorde Divine sera dans l'Eglise de Dieu, comme une
ruche, dans un magnifique jardin. Cachées, silencieuses, les Sœurs, à l'instar des
abeilles, vont travailler pour nourrir de miel les âmes du prochain, et la cire
brûlera pour la gloire de Dieu.. 664. 29 juin 1937. Le Père Andrasz m'a demandé de faire une neuvaine pour mieux connaître la volonté Divine. Je priai ardemment, y joignant certaines mortifications corporelles. Vers la fin de la neuvaine, je reçus une lumière intérieure et l'assurance que la Congrégation existera et qu'elle est agréable à Dieu. Malgré les difficultés et les contrariétés, une paix totale entra dans mon âme,
ainsi qu'une force d'en haut. Je compris que rien ne résistera à la volonté de
Dieu ni ne l'annulera. J'ai compris que je devais accomplir la volonté de Dieu
malgré les contrariétés, les persécutions et les souffrances de toutes sortes,
malgré les répugnances et les peurs de ma nature. 665. J'ai compris que toute tendance à la perfection, et toute sainteté consistent à accomplir la volonté de Dieu. Le parfait accomplissement de la volonté divine c'est la maturité dans la sainteté, ici il n'y a place pour aucun doute. Recevoir la lumière de Dieu, savoir ce que Dieu veut de nous et ne pas le faire, est un grand outrage envers la Majesté Divine. L'âme qui fait cela mérite que Dieu l'abandonne complètement. Elle ressemble à Lucifer, qui avait une grande lumière mais ne faisait pas la volonté de Dieu. Une étrange paix entra dans mon âme, quand je constatai que, malgré de grandes difficultés, je suis toujours restée fidèle à la volonté de Dieu O Jésus, donnez-moi la grâce de transformer en actes ce que j'ai connu de
Votre volonté. 666. 14 juillet. A trois heures j'ai reçu une lettre. O Jésus, Vous seul savez ce que je souffre. Mais je veux me taire, je n'en dirai rien à aucune créature, car je sais que rien ne me consolera. Vous êtes tout pour moi, ô Dieu, et Votre sainte volonté est pour moi une nourriture. Je vis maintenant de ce dont je vivrai dans l'éternité. J'ai un grand culte pour l'Archange Saint Michel. Il n'avait pas d'exemple pour
accomplir la volonté de Dieu. Cependant il a fidèlement rempli les désirs divins. 667. 15 juillet. Pendant la Sainte Messe, je me suis offerte au Père céleste par le
très doux Cœur de Jésus. Qu'Il fasse de moi tout ce qu'Il Lui plaît. De
moi-même je ne suis rien, et dans ma misère je n'ai rien qui soit digne. Je me
jette donc dans l'océan de Votre miséricorde, ô Seigneur. 668. 16 juillet. J'apprends à être bonne comme Jésus, qui est la bonté même,
pour pouvoir être appelée fille du Père Céleste. Aujourd'hui, ce matin,
j'éprouvais une forte contrariété. Dans cette souffrance, je tâchais d'unir ma
volonté à la Volonté Divine, et j'adorais Dieu par mon silence. L'après-midi, j'ai
été faire cinq minutes d'adoration, quand tout à coup, je vis le petit crucifix que
je portais, vivant. Jésus me dit : « Ma fille, la souffrance sera pour toi un signe
que Je suis avec toi. » Après ces mots une grande émotion remplit mon âme. 669. O Jésus, mon Maître et mon Directeur, avec Vous seul je sais parler. Avec
personne la conversation n'est aussi facile qu'avec Vous, mon Dieu. 670. Dans la vie spirituelle je vais toujours tenir la main du prêtre. Je parlerai de
la vie de mon âme et de ses besoins seulement avec le confesseur. 671. 4 août 1936. Plus de deux heures d'agonie de souffrances intérieure.
Soudain la présence de Dieu me pénètre : je sens que je passe sous le pouvoir
du Dieu juste. Cette justice me pénètre jusqu'à la moelle. Extérieurement je
perds forces et connaissance. Tout à coup, je reconnais la grande sainteté de
Dieu, et ma grande misère. Dans mon âme se forme une terrible souffrance.
L'âme voit toutes ses actions non sans défauts. Mais soudain dans mon âme
s'éveille la force de l'espoir. De toute ma force je m'élance vers Dieu et vis-à-vis
d'une telle sainteté, ô pauvre âme ! Je vois combien je suis misérable et combien
tout ce qui m'entoure est vain. 672. 13 août. Pendant toute la journée, j'ai été tourmentée par de terribles tentations. Les blasphèmes se pressaient sur mes lèvres et j'éprouvais une aversion envers tout ce qui est saint et divin. Cependant je luttai toute la journée et le soir mon esprit était accablé. En parlerai-je au confesseur ? Il en rira. Aversion et découragement étreignirent mon âme et il me sembla que
dans ces conditions je ne pourrais en aucune façon aller communier. A la pensée
que je ne devais pas aller communier, une telle douleur étreignit mon âme que
j'ai failli crier dans la chapelle. Cependant, je me suis aperçue qu'il y avait des
Sœurs et j'ai décidé d'aller me cacher au jardin pour pouvoir au moins y pleurer
tout haut. 673. Soudain Jésus m'apparut et me dit : « Où as-tu l'intention d'aller ? » Je ne
Lui répondis rien, mais j'ai déversé devant Lui toute ma douleur, et toutes les
tentations de Satan prirent la fuite. Jésus me dit : « La paix intérieure qu tu as est
une grâce. » Et soudain Il disparut. Vraiment Jésus seul peut obtenir qu'une telle
paix puisse m'envahir en un instant. 674. 7 août 1936. Quand je reçus cet article sur la Miséricorde Divine, avec
cette image, je fus étrangement pénétrée de la présence Divine. Je me plongeai
dans la prière d'action de grâce et soudain je vis Jésus dans une grande clarté,
comme Il est peint et, à Ses pieds, je vis le Père Andrasz et l'abbé Sopocko.
Tous deux tenaient une plume en main et du bout de chaque plume sortaient des
étincelles et des éclairs de feu qui frappaient une grande foule de gens courant je
ne sais où. Quand ils étaient touchés de ces rayons les gens se détournaient de
la foule et tendaient leurs mains vers Jésus. Les uns revenaient avec grande joie,
d'autres avec une grande douleur et à regret. Jésus les regardait tous très
gracieusement. Après un instant je restai seule avec Jésus et dis : « Jésus,
prenez-moi, car Votre volonté est déjà accomplie. » Jésus me répondit : « Ma
volonté n'est pas encore tout à fait accomplie en toi. Tu vas encore beaucoup
souffrir. Mais Je suis avec toi, n'aie pas peur. » 675. Je parlais beaucoup avec le Seigneur du Père Andrasz et de l'abbé
Sopocko et je sais que le Seigneur ne me refusera pas ce que je demande.. Il
leur donnera ce pourquoi je prie. J'ai senti et je sais combien le Seigneur les
aime. Je ne le décris pas en détail, mais je le sais et j'en suis profondément
heureuse. 676. 15 août 1936. Pendant la Sainte Messe que disait le Père Andrasz, un
moment avant l'élévation, la présence de Dieu pénétra mon âme qui fut attirée
vers l'autel. Je vis alors la Très Sainte Vierge avec l'Enfant Jésus qui tenait Sa
Mère par la main. En un instant l'Enfant Jésus courut avec joie vers le milieu de
l'autel et la Vierge me dit: « Vois avec quelle assurance je remets Jésus en ses
mains. Ainsi dois-tu lui confier ton âme et être comme un enfant envers lui. »
Après ces paroles, mon âme fut remplie d'une étrange confiance. La Sainte
Vierge était habillée d'une robe blanche, translucide. Elle portait sur ses épaules
un manteau bleu, limpide comme le ciel, la tête découverte, les cheveux libres,
inexprimablement belle. Elle regardait le Père très gracieusement. Mais après un
instant le Père cassa ce ravissant Enfant et il en sortit de sang vivant. Le Père se
pencha et reçut en lui ce Jésus vivant et véritable. Est ce qu'il L'a mangé ? Je
ne sais comment cela se passe. Jésus, Jésus, je ne peux pas Vous suivre car en
un moment Vous me devenez incompréhensible ! 677. La substance des vertus est la volonté Divine. Celui qui accomplit
fidèlement la volonté Divine s'exerce à toutes les vertus. Dans tous les cas et
dans toutes les circonstances de la vie, j'adore et je bénis la Sainte Volonté de
Dieu qui est l'objet de mon amour. Dans les plus secrètes profondeurs de mon âme, je vis de Sa volonté et j'agis à
l'extérieur selon ce que je reconnais intérieurement être la volonté Divine. Je
préfère les tourments de la souffrance, les persécutions et les contrariétés de
toutes sortes, provenant de la volonté Divine aux succès, louanges et estime
provenant de ma propre volonté. 678. Mon Jésus, bonne nuit. La cloche m'appelle au sommeil. Mon Jésus, Vous
voyez que je meurs du désir de sauver les âmes. Bonne nuit, mon Epoux je me
réjouis d'être plus proche de l'éternité. Si Vous me permettez de m'éveiller
demain, je commencerai un nouvel hymne à Votre gloire. 679. 13 juillet.. Aujourd'hui au cours de la méditation, l'intuition m'est venue de ne jamais parler de mes propres épreuves intérieures, mais de n'en rien cacher à mon directeur. Je dois demander à Dieu la lumière pour mon directeur et attacher plus
d'importance à ses paroles qu'à toutes les illuminations que je reçois de
l'intérieur. 680. Dans les plus cruels tourments, je fixe le regard de mon âme sur Jésus
crucifié. Je n'attends pas l'aide des hommes, mais j'ai confiance en mon Dieu et
en Sa miséricorde inépuisable. 681. Plus je sens que Dieu me transsubstantie plus je désire me plonger dans le
silence. L'amour de Dieu accomplit son œuvre dans la profondeur de mon âme,
je vois que la mission que Dieu m'a confiée commence. 682. Un jour, je priais ardemment les Saints Jésuites. Tout à coup, je vis mon
Ange Gardien qui me conduisit devant le trône de Dieu. Je passai à travers de
nombreuses légions de saints. J'en reconnus beaucoup que je connaissais par
leurs tableaux. Je vis beaucoup de Jésuites qui me demandèrent à quelle
Congrégation j'appartenais.. Quand ils me demandèrent: « Qui est votre
directeur ? Je répondis : « Le Père A… » Ils voulaient parler davantage, mon
Ange Gardien me fit signe de me taire et je passai devant le trône Divin. Je vis
une grande clarté inaccessible. Je vis la place qui m'était réservée, proche de
Dieu. Mais comment est-elle ? Je ne sais pas car une nuée la couvrait. Mais
mon Ange Gardien me dit : « Voici ton trône pour ta fidélité dans
l'accomplissement de la volonté de Dieu. » 683. Jeudi. Heure Sainte. En cette heure de prière Jésus me permit d'entrer
dans le Cénacle et j'assistai à ce qui s'y passait. Je fus très émue quand, avant la
consécration, Jésus leva les yeux au ciel et entra dans une mystérieuse
conversation avec Son Père. Ce n'est que dans l'éternité que nous
comprendrons ce moment-là.. Ses yeux étaient comme deux flammes, Son
visage rayonnant, blanc comme la neige, toute Sa personne empreinte de
majesté. Son âme pleine de lassitude, se reposa au moment de la consécration :
l'amour était assouvi, le sacrifice pleinement accompli. Maintenant il ne restait
plus que la cérémonie extérieure de la mort à accomplir, la destruction
extérieure. L'essence est au Cénacle. De toute ma vie je n'ai jamais éprouvé une
si profonde connaissance de ce mystère, comme durant cette heure d'adoration.
Oh ! que je désire ardemment que le monde entier connaisse cet insondable
mystère ! 684. L'heure finie, j'allai dans ma cellule, et soudain j'ai compris combien Dieu
était offensé par une personne proche de mon cœur. A cette vue la douleur me
transperça l'âme et je me jetai dans la poussière devant le Seigneur et j'implorai
Sa miséricorde. Deux heures durant, par mes larmes, ma prière et la flagellation,
je m'opposai au péché et je reconnus que la miséricorde divine s'était emparée
de cette âme. Oh ! ce que coûte un seul péché ! 685. Septembre. Premier Vendredi. Le soir je vis la Sainte Vierge, le cœur
apparent, transpercé par un glaive. Elle pleurait à chaudes larmes et nous
protégeait de la terrible punition divine. Dieu veut nous punir, mais il ne le peut
pas, car Sa Mère nous protège. Une frayeur terrible s'empara de mon âme. Je
priai pour la Pologne, ma chère Pologne, qui est si peu reconnaissante à la
Sainte Vierge. Sans Elle, nos efforts ne serviraient pas à grand-chose. Je
multipliai mes efforts en prières et en sacrifices pour ma chère Patrie. Mais
qu'est-ce qu'une goutte d'eau face à la vague du mal ? Comment une goutte
d'eau peut-elle arrêter une vague ? Mais si ! Une goutte n'est rien en elle-même,
mais avec Vous Jésus, je m'opposerai hardiment à toute la vague du mal et
même à l'enfer entier. Votre puissance peut tout. 686. A un certain moment, passant par le corridor conduisant à la cuisine,
j'entendis dans l'âme ces paroles : « Dis constamment ce chapelet que Je t'ai
enseigné. Celui qui le dira sera l'objet d'une grande miséricorde à l'heure de sa
mort, fût-il le pécheur le plus endurci. S'il dit une seule fois ce chapelet, il
recevra la grâce de Mon infinie miséricorde. Je désire que le monde entier
connaisse Ma miséricorde. Je veux répandre Mes grâces sur les âmes, qui ont
confiance en Ma miséricorde. » 687. Jésus, Vie et Vérité, mon Maître, dirigez chaque pas de ma vie pour que
j'agisse selon Votre Sainte Volonté. 688. A un certain moment j'ai vu le Siège de l'Agneau de Dieu et devant Son
trône trois Saints : Stanislas Kosta, André Bobola et le prince Casimir, qui
intercédaient pour la Pologne. Je vis aussi un grand livre placé devant le Siège et
on me le donna pour que je lise. Ce livre était écrit de sang. Cependant je ne
pouvais rien lire, sauf le nom de Jésus. Tout à coup, j'entendis une voix, qui me
dit :: « Ton heure n'est pas encore venue. » On me prit le livre et j'entendis ces
mots : « Tu vas témoigner de mon infinie miséricorde. Dans ce livre sont
inscrites les âmes qui ont adoré Ma miséricorde. » Une grande joie s'empara de
moi devant une si grande bonté de Dieu. 689. Une autre fois, je connus l'état de deux Sœurs religieuses qui murmuraient intérieurement contre un ordre qu'elles avaient reçu de leur Supérieure. Et à cause de cela Dieu leur avait retiré beaucoup de grâces particulières. Une douleur me serra le cœur à cette vue. Si nous sommes nous-mêmes cause
de la perte de grâces, comme c'est triste ! 690. Jeudi. Aujourd'hui, quoique je sois très fatiguée, j'ai résolu d'aller à l'Heure
Sainte. Je ne pouvais pas prier, je ne pouvais pas non plus rester agenouillée.
Mais je suis restée en prière une heure entière et je me joignis en esprit aux
âmes, qui adorent déjà Dieu d'une façon parfaite. Cependant vers la fin de
l'heure je vis soudain Jésus, qui m'a regardée profondément et avec une ineffable
douceur. Il m'a dit : « Ta prière m'est extrêmement agréable. » Et à ces mots une
étrange force et une joie spirituelle entrèrent dans mon âme. La présence de
Dieu la pénétra. Aucune plume n'a exprimé ni n'exprimera jamais ce qui se
passe dans l'âme qui se rencontre face à face avec le Seigneur… 691. O Jésus, je comprends que Votre miséricorde est inconcevable! Je Vous en prie rendez mon cœur assez grand pour pouvoir embrasser les nécessités de toutes les âmes qui vivent sur le globe terrestre. O Jésus, mon amour s'étend au-delà du monde jusqu'au âmes qui souffrent dans le Purgatoire, et envers elles je veux pratiquer la Miséricorde à l'aide de prières indulgenciées. La miséricorde divine est aussi insondable et inépuisable que Dieu est insondable. Quoique j'emploie les mots les plus forts pour exprimer cette miséricorde de Dieu, cela n'est rien à côté de la réalité qu'elle est. O Jésus, rendez mon cœur sensible à toutes les souffrances du corps et de l'âme de mon prochain. O mon Jésus, je sais que Vous agissez avec nous de la même manière que nous agissons avec le prochain. Mon Jésus, rendez mon cœur semblable à Votre cœur miséricordieux.. Jésus,
aidez-moi à passer ma vie à faire du bien à chacun. 692. 14 septembre 1936. Notre Archevêque de Wilno est venu chez nous, et
quoiqu'il soit resté si peu de temps, j'ai pu lui parler de l'œuvre de miséricorde. Il
a montré beaucoup de bienveillance pour cette cause de la miséricorde : « Ma
Sœur, soyez tout à fait tranquille. Si c'est le dessein de la Providence Divine cela
sera. En attendant, priez pour que nous ayons un signe extérieur plus visible.
Que le Seigneur Jésus le fasse connaître plus nettement. Je vous prie d'attendre
encore un peu. Le Seigneur Jésus arrangera les circonstances, et tout ira bien. » 693. 19 septembre 1936. Quand nous sommes sorties de chez le médecin et que nous sommes entrées dans la petite chapelle de ce sanatorium, j'entendis ces paroles : « Mon enfant, encore quelques gouttes dans le calice. » La joie inonda mon âme, voici le premier appel de mon Epoux et Maître. Mon
cœur s'attendrit et il y eut un moment où mon âme plongea toute dans l'océan de
la miséricorde divine. J'ai ressentit que ma mission commençait en plénitude. La
mort ne détruit rien de ce qui est bon. Je prie surtout pour les âmes qui
ressentent des souffrances intérieures. 694. A un certain moment, je reçus une lumière au sujet de deux Sœurs. J'ai
compris qu'on ne peut pas agir avec tout le monde de la même façon. C'est
étrange comme il y a des personnes qui savent entrer en amitié. Et sous prétexte
d'aide, en tant qu'amies, elles vous font parler. Et par la suite elles emploieront
vos propres paroles pour vous causer du désagrément. Mon Jésus, que la
faiblesse humaine est étrange ! Votre amour, Jésus, donne à l'âme cette grande
prudence dans ses rapports avec les autres. 695. 24 septembre 1936. La Mère Supérieure m'a recommandé de ne méditer
qu'un seul mystère du rosaire à la place de tous les autres exercices et d'aller
tout de suite me coucher. Quand je me suis couchée, je m'endormis tout de suite
car j'étais très fatiguée. Cependant, après un instant, la souffrance me réveilla.
C'était une si grande souffrance qu'elle ne me permettait pas de faire le moindre
mouvement, ni même d'avaler ma salive. Cela dura trois heures environ. Je
pensais éveiller la Sœur novice avec laquelle j'habite, mais je réfléchis qu'elle ne
m'apporterait aucune aide. Il valait donc mieux qu'elle dorme, c'était dommage
de l'éveiller. Je me suis complètement abandonnée à la volonté de Dieu et je
pensais que déjà venait pour moi le jour de la mort, ce jour que le désire. J'avais
la possibilité de m'unir à Jésus souffrant sur la Croix, à part cela, je ne pouvais
prier. Quand la souffrance s'éloigna, je me suis mise à transpirer, cependant je ne
pouvais faire aucun mouvement comme auparavant. Le matin je me sentis très
fatiguée, mai je ne souffrais plus physiquement. Cependant je ne pus me lever
pour la Messe. Je pensais que, si après de telles souffrances la mort ne venait
pas, combien les souffrances mortelles devaient être grandes. 696. Jésus, vous savez que j'aime la souffrance et que je désire boire le calice
des souffrances jusqu'à la dernière goutte ; cependant ma nature éprouve un
léger frisson et une certaine peur. Mais tout de suite ma confiance dans l'infinie
miséricorde divine se réveilla dans toute sa force. Et tout du céder devant elle,
comme l'ombre se la nuit devant les rayons du soleil. O Jésus, que votre bonté
est grande, cette infinie bonté que je connais bien, qui me permet de regarder
hardiment en face la elle-même ! Je sais que rien ne m'arrivera sans la
permission de Dieu. Je désire louer Votre infinie miséricorde durant ma vie, à
l'heure de ma mort, à la Résurrection et dans l'éternité. Mon Jésus, ma force, ma paix et mon repos, mon âme baigne chaque jour dans
les rayons de Votre miséricorde. Je ne connais pas de moment dans ma vie,
dans lequel je n'ai pas éprouvé Votre miséricorde. O Dieu, je ne compte sur
rien dans toute ma vie, seulement sur Votre infinie miséricorde, Seigneur. Elle
dirige ma vie, mon âme est pleine de la miséricorde de Dieu. 697. O comme Jésus est blessé par l'ingratitude de l'âme choisie ! Son indicible
miséricorde en subit le martyre. Dieu nous aime de tout Son Etre infini, et voici
qu'une misérable poussière dédaigne Son amour. Mon cœur se fend de douleur
quand j'en arrive à penser à cette ingratitude. 698. A un certain moment, j'entendis ces paroles : « Ma fille, parle au monde entier de Mon inconcevable miséricorde. Je désire que la Sainte Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les écluses de Ma miséricorde sont ouvertes. Je déverse tout un océan de grâces sur les âmes, qui s'approcheront de la source de Ma miséricorde. Toute âme qui s'approchera de la confession et de la Sainte Communion recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition. En ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s'écoule la grâce. Qu'aucune âme n'ait peur de s'approcher de Moi, même si ses péchés sont comme l 'écarlate. Ma miséricorde est si grande que, pendant toute l'éternité, aucun esprit, ni humain ni angélique ne saurait approfondir tout ce qui est sorti des profondeurs de Ma miséricorde. Chaque âme en relation avec Moi, méditera Mon amour et Ma miséricorde durant toute l'éternité. La fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles. Je désire qu'elle soit fêtée solennellement le premier dimanche après Pâques. Le
genre humain ne trouvera pas la paix tant qu'il ne se tournera pas vers la source
de Ma Miséricorde. » 699. Une fois j'étais très fatiguée et souffrante. J'ai été le dire à la Mère
Supérieure, et je reçus la réponse que je devais me familiariser avec la
souffrance. J'ai écouté tout ce que la Mère me disait, et après un instant je suis
sortie. Notre Mère Supérieure a tant d'amour du prochain, surtout envers les
Sœurs qui sont malades que tous le savent. C'est donc étrange que le Seigneur
Jésus ait permis qu'elle ne me comprenne pas et qu'elle m'ait beaucoup
éprouvée sous ce rapport. 700. Ce jour-là, quand je me sentis si mal et que je suis allée au travail, à tout
moment je me sentais mal et la chaleur était si grande que même sans travailler,
on se sentait mal à l'aise. Que dire quand on travaille et que l'on est souffrant.
Aussi, avant midi, je me suis arrêtée de travailler, j'ai regardé le ciel avec grande
confiance et j'ai dit au Seigneur : « Jésus, couvrez le soleil, car je ne peux
supporter plus longtemps cette chaleur ! » Chose étrange, à ce moment un petit
nuage blanc couvrit le soleil et dès lors il n'y eut plus de si grande chaleur. Après
un moment, je me fis des reproches de ne pouvoir supporter la chaleur et
d'avoir demandé un répit, mais Jésus Lui-même me tranquillisa. 701. 13 août 1936. Ce soir, je suis pénétrée de la présence de Dieu. En un
instant je reconnais Sa grande sainteté. Oh ! Comme je suis écrasée par la
grande sainteté de Dieu ! Alors je reconnais tout l'abîme de ma nullité. C'est une
grande souffrance, car la connaissance est suivie de l'amour. L'âme s'élance
violemment vers Dieu et les deux amours se trouvent face à face : le Créateur et
la créature, une goutte d'eau face à l'océan. Au premier moment, la goutte d'eau
voudrait enfermer en soi tout cet océan inconcevable. Mais à ce même moment
elle reconnaît qu'elle n'est qu'une goutte d'eau et alors, elle est vaincue et passe
entièrement en Dieu comme une goutte d'eau dans l'océan… Ce moment au
début est une souffrance, mais tellement douce que l'âme en l'éprouvant est
heureuse. 702. Maintenant je fais l'examen détaillé de mon union avec le Christ
Miséricordieux. Cet exercice me donne une force singulière. Mon cœur est
toujours uni à Celui qu'il désire, et ses actes sont réglés par la miséricorde qui
découle de l'amour. 703. Je passe chaque moment libre aux pieds de Dieu caché. Il est mon Maître.
Je Lui demande tout. Je Lui parle de tout. En Lui je puise force et lumière. Au
pied du tabernacle, j'apprends tout. Ici me viennent des lumières sur la façon
d'agir avec le prochain. Depuis que j'ai quitté le noviciat, je me suis enfermée
dans le tabernacle avec Jésus, mon Maître. Lui-même m'a attirée dans ce foyer
de l'amour vivant autour duquel tout se rassemble. 704. 25.IX. J'éprouve de grandes souffrances aux mains, aux pieds, dans le
côté, là où Jésus a été transpercé. J'éprouve ces souffrances surtout quand je
rencontre une âme qui n'est pas en état de grâce. Alors je prie ardemment pour
que la miséricorde de Dieu s'empare de cette âme. 705. 29.IX. Fête de Saint Michel Archange. Je vis ce chef près de moi qui me
dit ces paroles : « Le Seigneur m'a recommandé d'avoir particulièrement soin de
toi. Sache que tu es haïe du Mal, mais n'aie pas peur. Qui est comme Dieu ? »
et il disparut. Cependant je sens sa présence et son aide. 706. 2.X. 1936. Premier vendredi du mois. Après la Sainte Communion,
soudain je vis le Seigneur Jésus qui me dit ces paroles : « Maintenant je sais que
tu ne M'aimes ni pour la grâce, ni pour les dons. Mais Ma volonté t'est plus
précieuse que la vie. C'est pourquoi Je m'unis à toi plus étroitement qu'avec
aucune autre créature. » 707. A ce moment Jésus disparut. Mon âme fut inondée de la présence de
Dieu. Je sais que je suis sous le regard de ce puissant Souverain. Je me
plongeais toute dans la joie, qui vient de Dieu. Toute la journée, je vécus abîmée
en Dieu sans interruption. Le soir je suis entrée pour ainsi dire dans une étrange
agonie. Mon amour désire égaler l'amour de ce puissant Souverain. Il est si
violemment attiré vers Lui que sans une grâce spéciale de Dieu, il est impossible
de supporter cette quantité de grâces. Mais je vois clairement que Jésus
Lui-même, me soutient, me fortifie et me rend capable de me maintenir en Sa
présence. L'âme est particulièrement active en tout cela. 708. 3.X.1936. Aujourd'hui, durant le rosaire, je vis soudain un ciboire avec le
Saint Sacrement. Le ciboire était découvert et plein d'hosties. Du ciboire sortit
une voix : « Ces hosties ont été consommées par des âmes converties par ta
prière et tes souffrances. » Ici je sentis la présence de Dieu à la façon d'un
enfant - je me sentais étrangement enfant.. 709. Un jour je sentis que je ne serais pas en état de sortir jusqu'à neuf heures.
J'ai prié Sœur N. de me donner un peu à manger, car je devais me coucher plus
tôt. Sœur N. me répondit : « Ma Sœur vous n'êtes pas malade, seulement on
voulait se donner du repos et on a prétexté une maladie. » Ô mon Jésus, la
maladie est tellement avancée que le médecin m'a isolée des Sœurs, pour quelle
ne se communique pas aux autres. Et malgré cela on est jugé de cette façon !
Mais c'est bien, c'est tout pour Vous, mon Jésus. Je ne veux pas beaucoup
écrire sur les événements extérieurs, car ce n'est pas mon intention. Je veux
spécialement noter les grâces, que le Seigneur m'accorde, car elles ne sont pas
pour moi seulement mais aussi pour beaucoup d'âmes. 710. 5.X. 1936. Aujourd'hui j'ai reçu une lettre de l'Abbé Sopocko, par
laquelle j'appris qu'il avait l'intention de publier une petite image du Christ
Miséricordieux. Et il me demandait de lui envoyer une prière qu'il voudrait
imprimer au verso, si l'Archevêque l'y autorise. Quelle grande joie emplit mon
cœur, Dieu m'a permis de voir cette œuvre de Sa Miséricorde ! Qu'elle est
grande cette œuvre de Dieu ! Je suis seulement Son instrument. Et combien je
désire ardemment voir instaurer cette solennité de la Miséricorde Divine, que
Dieu exige par mon intermédiaire ! Même si la volonté de Dieu est qu'elle ne soit
fêtée solennellement qu'après ma mort, dès maintenant je m'en réjouis et
intérieurement avec la permission de mon confesseur je la fête déjà. 711. Aujourd'hui j'ai vu le Père Andrasz agenouillé plongé en prière. Et soudain
Jésus se trouva à côté de lui et étendant les deux mains au-dessus de sa tête, Il
me dit : « Il te mènera à bonne fin, n'aie pas peur. » 712. 11 octobre. Ce soir, tandis que j'écrivais sur cette grande Miséricorde
Divine et sur sa grande utilité pour les âmes, Satan fit irruption dans ma cellule et
avec une grande fureur il a saisi le paravent qu'il a commencé à casser. Au
premier instant, je me suis un peu effrayée, mais tout de suite je fis le signe de la
croix avec une petite croix et le monstre s'est immédiatement calmé et a disparu.
Aujourd'hui je n'ai pas vu cette monstrueuse figure, mais seulement sa colère. La
colère de Satan est terrible. Cependant ce paravent n'était pas cassé et je
continuai à écrire en toute tranquillité. Je sais bien que sans la permission de
Dieu, ce misérable ne me touchera pas, mais que ne fait-il ? Il commence à
m'attaquer ouvertement et cela avec une grande colère et une grande haine.
Mais il n'ébranle pas ma paix un seul instant et mon équilibre le met en rage. 713. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « Va chez la Supérieure et dis-lui que Je
désire que toutes les Sœurs et tous les enfants récitent ce chapelet que Je t'ai
enseigné. Elles doivent le dire durant neuf jours dans la chapelle, dans le but de
fléchir par cette prière Mon Père, et de supplier la Miséricorde Divine pour la
Pologne. » J'ai répondu au Seigneur que j'en parlerai. Mais je dois auparavant
en parler au Père Andrasz. Et j'ai résolu, dès que le Père arrivera, de lui en
parler. Quand le Père arriva, les circonstances firent que je ne pus le voir,
cependant j'aurais dû passer outre et aller chez le Père pour arranger cette
affaire. 714. J'ai pensé que ce serait pour une autre fois… quand le Père reviendrait.
Cela n'a pas plu du tout au Seigneur. En un moment la présence de Dieu m'a
quittée, cette présence qui, d'une façon même sensible, est sans cesse en moi.
De ce moment, elle m'a complètement quittée. Certaines ténèbres ont dominé
dans mon âme, à un tel degré, que je ne sais pas si je suis en état de grâce ou
non. Par conséquent je ne suis pas allée communier pendant quatre jours. Après
quoi j'ai vu le Père et je lui ai tout dit. Le Père m'a consolée disant, que je
n'avais pas perdu la grâce. Mais en même temps il m'a dit de Lui être fidèle. Au
moment où j'ai quitté le confessionnal, la présence de Dieu m'a de nouveau
enveloppée comme auparavant. J'ai compris qu'il faut accepter la grâce de Dieu,
telle qu'Il l'envoie, comme Il le veut et sous la forme qu'Il désire. 715. Ô mon Jésus, Je prends en cet instant une ferme résolution de fidélité à
Vos moindres grâces. 716. Toute la nuit, je me préparai à la réception de la Sainte Communion, car je
ne pouvais pas dormir à cause des souffrances physiques. Mon âme était pleine
d'amour et de repentir. 717. Après la Sainte Communion, j'entendis ces paroles : « Vois ce que tu es
par toi-même, mais ne t'en effraie pas ! Si Je te découvrais toute ta misère, tu
mourrais de peur. Mais sache que, parce que tu es tellement misérable, J'ai
découvert devant toi tout l'océan de Ma miséricorde. Je cherche et désire des
âmes comme la tienne, mais il y en a peu. Ta grande confiance envers Moi, me
force à t'accorder continuellement des grâces. Tu as de grands droits sur Mon
Cœur, car tu as pleine confiance. Tu ne supporterais pas l'immensité de Mon
amour si ici, sur la terre, Je te le découvrais dans toute sa plénitude. Souvent Je
soulève pour toi un petit coin de voile, mais sache que c'est de Ma part une
grâce exceptionnelle. Mon Amour et Ma miséricorde ne connaissent pas de
bornes. » 718. Aujourd'hui j'ai entendu ces paroles : « Sache Mon enfant, qu'à cause de
toi, J'accorde des grâces à tous ces environs. Mais tu dois me remercier pour
eux car Je ne reçois pas de remerciements pour les bienfaits que Je leur
accorde. A cause de ta gratitude, Je vais continuer à les bénir. » 719. Ô mon Jésus, Vous savez comme la vie en commun est dure, combien il y
a de malentendus et d'incompréhensions, même avec la meilleure volonté de
part et d'autre ! Mais c'est Votre mystère, Ô Seigneur, nous le connaîtrons dans
l'éternité ! En attendant, nos jugements doivent toujours être bienveillants. 720. C'est une grande grâce de Dieu que d'avoir un directeur spirituel, je sens
que maintenant je ne saurais plus progresser dans la vie spirituelle sans son aide.
La force d'un prêtre est grande. Je remercie sans cesse Dieu de m'avoir donné
un directeur spirituel. 721. Aujourd'hui j'ai entendu ces paroles : « Tu vois comme tu es faible. Quand
pourrais-Je compter sur toi ? » J'ai répondu : « Jésus, soyez toujours avec moi,
car je suis Votre enfant. Jésus, Vous savez comment sont les enfants ! » 722. Aujourd'hui, j'ai entendu ces paroles : « Les grâces que Je t'accorde ne
sont pas seulement pour toi, mais pour un grand nombre d'âmes… et ton cœur
est Ma demeure ! Malgré ta misère, Je m'unis à toi. Je prends ta misère et Je te
donne Ma miséricorde. En chaque âme, J'accomplis l'acte de Ma miséricorde et
plus le pécheur est grand, plus il a droit à Ma miséricorde. Sur chaque œuvre de
Mes mains est gravée Ma miséricorde. Qui a confiance en elle ne périra pas, car
toutes ses affaires sont à Moi et ses ennemis se briseront à Mes pieds. » 723. La veille de la retraite, j'ai commencé à prier pour que Jésus me donne un
peu de santé afin que je puisse prendre part à cette retraite. Car je me sens si
mal que peut-être elle sera pour moi la dernière. Cependant, quand j'ai
commencé à prier, j'ai senti tout de suite une sorte d'étrange mécontentement.
J'ai donc interrompu ma prière de supplication et je me suis mise à remercier
Dieu pour tout ce qu'il m'envoie, me soumettant tout à fait à Sa Sainte volonté,
et tout à coup j'ai senti une paix profonde dans mon âme. La fidèle soumission à
la volonté divine toujours et partout, dans tous les cas et circonstances de la vie
rend une grande gloire à Dieu. Une telle soumission à la volonté de Dieu, a une
plus grande valeur à Ses yeux que de longs jeûnes et que les plus sévères
mortifications. Oh ! Que la récompense d'un seul acte de soumission à la
volonté de Dieu est grande. En écrivant ceci, mon âme est ravie à la pensée que
Dieu l'aime tant et que l'âme jouit déjà de la paix dès ici-bas. 724. J.M.J. Cracovie 1936 Ô Volonté de Dieu, soit mon amour ! 20. X.1936. Retraite de 8 jours. Ô mon Jésus, je vais aujourd'hui au désert pour m'entretenir avec Vous, mon
Maître et Seigneur ! Que la terre fasse silence et Vous Seul, Jésus, parlez-moi !
Vous savez que je ne comprends pas d'autre voix que la Vôtre, bon Pasteur. Il
y a un désert dans mon cœur, où aucune créature n'a accès, Vous Seul y êtes
Roi ! 725. Quand je suis rentrée à la chapelle pour cinq minutes d'adoration, j'ai
demandé au Seigneur Jésus comment je devais faire cette retraite. Alors j'ai
entendu cette voix dans mon âme : « Je désire que tu te transformes toute
entière en amour et que tu brûles d'ardeur comme une pure victime d'amour… » 726. Vérité éternelle, donnez-moi un rayon de Votre lumière pour que je Vous
connaisse, Seigneur, et pour que je loue dignement Votre infinie miséricorde ! Et
en même temps, accordez-moi de connaître moi-même tout le gouffre de misère
que je suis. 727. J'ai choisi comme patrons de cette retraite, Saint Claude de la Colombière
et Sainte Gertrude. Qu'ils intercèdent sans cesse pour moi auprès de la Mère de
Dieu, et du Sauveur miséricordieux ! 728. Pendant la méditation sur la créature, mon âme s'est unie avec son
Créateur et Seigneur. Alors j'ai découvert mon but et ma destinée. Mon but
c'est de m'unir intimement à Dieu par l'amour. Et ma destinée est d'adorer et de
glorifier la miséricorde divine. Le Seigneur me l'a fait connaître clairement et m'a
permis de le vivre d'une façon même physiquement sensible. Je n'en reviens pas,
quand je reconnais et que j'éprouve cet inconcevable amour de Dieu, avec
lequel Dieu m'aime. Qui est Dieu et qui suis-je moi ? Je ne peux méditer plus
longtemps. L'amour seul comprend cette rencontre et cette union de deux
esprits : c'est Dieu-Esprit, et l'âme-créature. Plus je Le connais, plus je me
plonge en Lui de toute la force de mon être. 729. « Tout au long de cette retraite, Je vais te tenir près de Mon cœur pour
que tu connaisses mieux la miséricorde que J'éprouve envers les hommes, et
surtout envers les pauvres pécheurs. » 730. Le premier jour de la retraite, une des Sœurs qui est venue ici pour des
vœux perpétuels vint chez moi et confessa qu'elle n'avait aucune confiance en
Dieu et qu'un rien la décourageait. Je lui ai répondu : « C'est bien de m'avoir dit
cela, je vais prier pour vous. » Et je lui ai dit combien le Seigneur souffre du
manque de confiance, surtout de la part d'une âme choisie. Elle m'a dit qu'à
partir de ses vœux perpétuels, elle allait s'exercer à la confiance. Je sais
maintenant que même les âmes élues et avancées dans la vie religieuse ou
sacerdotales, n'ont pas le courage de s'abandonner complètement à Dieu. Et
c'est parce que peu d'âmes connaissent la grande, l'inépuisable miséricorde de
ce Dieu. 731. La grande majesté de Dieu qui aujourd'hui me pénétrait et me pénètre
encore, a éveillé en moi une grande peur. Mais une peur pleine de respect, et
non pas une peur d'esclave, très différente de la peur de respect. La peur de
respect, naissait aujourd'hui dans mon cœur de l'amour et de la connaissance de
la grandeur de Dieu. Et c'est une grande joie pour l'âme. L'âme tremble devant
la moindre offense faite à Dieu, mais cela ne la trouble pas et n'assombrit pas
son bonheur. Car où l'amour préside, là, tout est bien. 732. Il m'arrive parfois en écoutant la méditation qu'un mot m'introduise dans
une union plus étroite avec Dieu et alors je ne sais plus ce que dit le Père. Je sais
que je suis auprès du Cœur miséricordieux de Jésus, mon esprit plonge tout
entier en Lui. Et j'apprends plus en un moment que par de longues heures de
recherches savantes et de méditations. Ce sont des lueurs soudaines, qui
permettent de connaître les choses comme Dieu les voit, tant dans le domaine
intérieur, que dans le domaine extérieur. 733. Je vois que Jésus seul agit dans mon âme pendant cette retraite. Et moi je
m'efforce seulement d'être fidèle à Sa grâce. J'ai soumis mon âme entière à
l'influence divine, ce puissant Souverain céleste en a pris complètement
possession. Je sens que je suis élevée au-dessus de la terre et du ciel dans la vie
intime de 734. Je m'enfermerai dans le calice du Christ pour le consoler continuellement.
Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour sauver les âmes. Je le ferai par
la prière et la souffrance. Je tâche toujours d'être pour Jésus une Béthanie pour
qu'il puisse s'y reposer après toutes Ses fatigues. Au moment de la Sainte
Communion, mon union avec Jésus est tellement étroite et inconcevable, que je
ne puis la décrire, les paroles me manquent. 735. Le soir, j'ai vu le Seigneur Jésus comme pendant Sa Passion. Il avait les
yeux levés vers Son Père et priait pour nous. 736. Quoique je sois malade, j'ai décidé aujourd'hui de faire les méditations de
l'Heure Sainte comme toujours. Durant cette heure j'ai vu le Seigneur flagellé,
près du poteau. Pendant ce terrible supplice Jésus priait. Puis Il me dit : « Il y a
peu d'âmes qui méditent avec une véritable compassion. J'accorde de grandes
grâces aux âmes, qui méditent pieusement Ma Passion. » 737. « Tu n'es même pas capable d'accepter Mes grâces sans Mon aide
particulière. Tu sais ce que tu es. » Aujourd'hui, après la Sainte Communion, j'ai
beaucoup parlé au Seigneur Jésus des personnes qui me tiennent à cœur. Tout à
coup, j'entendis ces paroles : « Ma fille, ne te mets pas en peine ! J'aime aussi
particulièrement ceux que tu aimes particulièrement. Et par égard pour toi, Je
déverse aussi ma grâce sur eux. Il M'est agréable que tu M'en parles, mais ne le
fais pas avec tant d'efforts ! » 739. Ô Sauveur du monde, je m'unis à Votre miséricorde ! Mon Jésus, je joins
toutes mes souffrances aux Vôtres et je les dépose dans le trésor de l'Eglise
pour le profit des âmes ! 740. Aujourd'hui, j'ai été introduite par un Ange dans les gouffres de l'Enfer.
C'est un lieu de grands supplices. Et son étendue est terriblement grande.
Genres de souffrances que j'ai vues : - La première souffrance qui fait l'enfer est la perte de Dieu. - La seconde : les perpétuels remords de conscience. - La troisième : le sort des damnés ne changera jamais. - La quatrième : c'est le feu qui va pénétrer l'âme sans la détruire. C'est une
terrible souffrance, car c'est un feu purement spirituel, allumé par la colère de
Dieu. -La cinquième souffrance, ce sont les ténèbres continuelles, une odeur terrible,
étouffante. Et malgré les ténèbres, les démons et les âmes damnées se voient
mutuellement et voient tout le mal des autres et le leur. -La sixième souffrance, c'est la continuelle compagnie de Satan. - La septième souffrance : un désespoir terrible, la haine de Dieu, les
malédictions, les blasphèmes. Ce sont des souffrances que tous les damnés souffrent ensemble, mais ce n'est
pas la fin des souffrances. Il y a des souffrances, qui sont destinées aux âmes en
particulier : ce sont les souffrances des sens. Chaque âme est tourmentée d'une
façon terrible selon ses péchés. Il y a de terribles caveaux, des gouffres de
tortures où chaque supplice diffère de l'autre. Je serais morte à la vue de ces
terribles souffrances, si la Toute-Puissance de Dieu ne m'avait soutenue ! Que chaque pécheur sache qu'il sera torturé durant toute l'éternité par les sens
qu'il a employés pour pécher ! J'écris cela sur ordre de Dieu pour qu'aucune âme ne puisse s'excuser disant
qu'il n'y a pas d'enfer, ou, que personne n'y a été et ne sait comment c'est. Moi,
Sœur Faustine, par ordre de Dieu, j'ai pénétré dans les abîmes de l'enfer, pour
en parler aux âmes et témoigner que l'enfer existe. Je ne peux pas en parler
maintenant. J'ai l'ordre de Dieu de le laisser par écrit. Les démons ressentaient
une grande haine envers moi. Mais l'ordre de Dieu les obligeait à m'être
obéissants. Ce que j'ai écrit est un faible reflet des choses que j'ai vues. Une
chose que j'ai remarquée c'est qu'il y avait là beaucoup d'âmes qui doutaient que
l'enfer existât. Quand je suis revenue à moi, je ne pouvais pas apaiser ma terreur
de ce que les âmes y souffrent si terriblement. Aussi je prie encore plus
ardemment pour le salut des pécheurs. Sans cesse j'appelle la miséricorde divine
sur eux. Ô mon Jésus, je préfère agoniser jusqu'à la fin du monde dans les plus
grands supplices que de Vous offenser par le moindre péché ! 741 J.M.J. « Ma fille, si par toi, J'exige des gens le culte de Ma miséricorde, toi
la première, tu dois te distinguer par cette confiance en Ma miséricorde. J'exige
de toi des actes de miséricorde qui doivent découler de ton amour pour Moi. Tu
dois témoigner aux autres la miséricorde, toujours et partout. Tu ne peux pas
t'en écarter, ni t'excuser, ni te justifier. Je te suggère trois moyens pour exercer
la miséricorde envers le prochain : - Le premier c'est l'action. - Le second, la Parole. - Le troisième, la prière. Ces trois degrés renferment la plénitude de la miséricorde. Voilà la preuve
irréfutable de l'amour envers Moi. De cette manière, l'âme glorifie et honore Ma
miséricorde. Oui, le premier dimanche après Pâques, est la fête de la
Miséricorde, mais il doit y avoir aussi l'action. Et j'exige le culte de Ma
miséricorde en célébrant solennellement cette fête, et en honorant l'image que
J'ai fait peindre. Par cette image, Je donnerai beaucoup de grâces aux âmes, et
on doit leur rappeler les exigences de Ma miséricorde. Car la foi la plus solide
ne sera rien sans l'action. » Ô mon Jésus, Vous seul pouvez m'aider en tout, car
Vous voyez combien je suis petite ! Je compte uniquement sur Votre bonté,
mon Dieu ! Examen particulier : L'union avec le Christ miséricordieux. J'embrasse dans mon
cœur le monde entier et surtout les pays sauvages et les pays où sévissent les
persécutions. Pour eux je demande la miséricorde. 742. Deux résolutions générales. Premièrement : m'efforcer de garder le silence intérieur et observer strictement
la règle du silence. Deuxièmement : la fidélité intérieure aux inspirations. Les
mettre en pratique dans la vie et passer à l'action selon l'avis du directeur
spirituel. Pendant cette maladie, je désire adorer la volonté Divine autant que
cela me sera possible, tâcher de prendre part à tous les exercices communs.
Pour chaque ennui, chaque souffrance je remercierai vivement le Seigneur Dieu. 743. Souvent je sens que, en dehors de Jésus, je n'ai aucune aide de nulle part,
quoique, plus d'une fois, j'ai eu grand besoin d'éclaircissements sur les désirs du
Seigneur. Ce soir, soudainement j'ai reçu la lumière divine quant à une certaine
affaire. Durant douze ans j'y avais réfléchi et je ne pouvais rien comprendre.
Aujourd'hui Jésus M'a fait savoir que cela Lui a beaucoup plu. 744. 25.X.1936. La fête du Christ-Roi. Pendant la Sainte Messe, j'ai été
animée d'une telle ferveur d'amour de Dieu et du désir du salut des âmes, que je
ne saurais l'expliquer. Je sens, que je suis toute entière un feu. Je vais lutter
contre le mal avec les armes de la miséricorde. Je suis consumée du désir de
sauver les âmes. Parcourant le monde entier en long et en large, je vais
jusqu'aux lieux les plus sauvages pour sauver les âmes. Je le fais par la prière et
le sacrifice. Je désire que chaque âme glorifie la miséricorde divine, car chacun
en éprouve les bienfaits. Les saints au ciel adorent cette miséricorde du
Seigneur. Je veux l'adorer déjà ici sur terre et répandre Sa gloire, comme Dieu
l'exige de moi. 745. J'ai compris qu'à certains moments, je serai seule, délaissée de tous et que
je dois traverser tous les orages et lutter de toute mon âme même contre ceux
dont je m'attendais à recevoir de l'aide. Mais je ne suis pas seule, car Jésus est
avec moi. Avec Lui je n'ai peur de rien. Je me rends bien compte de tout et je
sais ce que Dieu exige de moi. La souffrance, le dédain, la risée, la persécution,
l'humiliation seront continuellement ma part, je ne connais pas d'autre chemin.
L'amour sincère recevra l'ingratitude en retour. Tel est le chemin que l'on doit
fouler sur les traces de Jésus. Mon Jésus, ma force et mon unique espoir, en
Vous seul est tout mon espoir, et ma confiance ne sera pas déçue ! 746. Le jour du renouvellement des vœux. La présence de Dieu pénétra mon
âme d'une façon spirituelle et même physique. 747. 2 novembre 1936. Le soir après les vêpres je suis allée au cimetière.
Après une brève prière, soudain je vis une de nos Sœurs qui me dit : « Nous
sommes à la chapelle. » J'ai compris que je devais aller à la chapelle pour y
prier, et gagner des indulgences. Le lendemain, après la Sainte Messe, je vis
comme trois colombes blanches, qui s'élevèrent de l'autel vers le ciel. Je compris
que, non seulement ces trois âmes que j'avais vues étaient montées au ciel, mais
encore beaucoup d'autres ayant expiré en dehors de notre maison. Oh !
Comme le Seigneur est bon et adorable ! 748. Conversation avec le Père Andrasz à la fin de la retraite. J'ai été fort
étonnée d'une chose que j'ai remarquée pendant chaque conversation, durant
laquelle je cherchais conseils et indices auprès du père. Et c'est ceci : j'ai
remarqué qu'à toutes les questions que je lui présentais, (que le Seigneur exige
que je lui soumette), le Père Andrasz me répondait avec une telle clarté et une
telle décision qu'il semblait avoir passé tout cela. Ô mon Jésus, s'il y avait plus
de directeurs spirituels de cette qualité, les âmes sous une telle direction
atteindraient rapidement les sommets de la sainteté et ne gâcheraient pas de si
grandes grâces ! Je remercie Dieu à chaque instant pour cette si grande grâce :
qu'Il ait daigné dans Sa grande bonté, mettre sur le chemin de ma vie spirituelle
ces colonnes lumineuses, qui éclairent mon chemin, pour que je n'erre pas sur de
fausses routes, ni ne me retarde dans la poursuite d'une étroite union avec le
Seigneur. J'ai un grand amour pour l'Eglise qui fait notre éducation et mène les
âmes vers Dieu. 749. 31.X.1936. Conversation avec la Mère Générale. Quand je parlais avec la
Mère Générale à propos de ma sortie, j'ai reçu cette réponse : « Si le Seigneur
Jésus exige que vous quittiez cette Congrégation, qu'Il me donne un signe de Sa
Volonté ! Priez pour cela, ma Sœur, car j'ai peur que vous ne tombiez dans
quelque illusion, quoique d'autre part, je ne veuille pas m'opposer à la Volonté
de Dieu ! Car moi aussi je veux faire la Volonté de Dieu. » Nous avons donc
décidé que je reste comme je suis, jusqu'au moment où le Seigneur fera
connaître à la Mère Générale qu'Il exige que je quitte la Congrégation. Donc
l'affaire a été encore remise à plus tard. 750. Vous voyez Jésus, c'est de Vous que tout dépend ! Je suis tout à fait
tranquille, malgré de grandes pressions. Moi, pour ma part, j'ai tout fait.
Maintenant c'est Votre tour, mon Jésus, et de cette façon il sera évident que
cette cause est Vôtre. Je suis tout à fait d'accord avec Votre volonté. Faites de
moi ce que Vous voulez, Seigneur ! Accordez-moi seulement la grâce de Vous
aimer de plus en plus ardemment ! Je ne veux rien d'autre que Vous, Amour
Eternel. Peu importe que les chemins par lesquels Vous me mènerez, soient
douloureux ou joyeux ! Je désire vous aimer à chaque moment de ma vie. Jésus,
si Vous m'ordonnez, d'aller accomplir Votre volonté : j'irai ! Si vous m'ordonnez
de rester, je resterai. Peu importe, ce que je souffrirai dans l'un ou l'autre cas. Ô
mon Jésus, je sais ce que j'aurai à endurer et à supporter. En toute connaissance
de cause, j'y consens et par un acte de volonté, d'avance, j'ai tout accepté.
Qu'importe ce qui est contenu dans ce calice pour moi ! Il me suffit qu'il me soit
servi par la main aimante de Dieu. Et si vous m'ordonnez de rester, je reste
malgré toutes les pressions intérieures. De même, si Vous les entretenez encore,
toujours, dans mon âme et me laissez dans cette agonie intérieure, même jusqu'à
la fin de ma vie, je l'accepte en toute connaissance de cause, et avec une
soumission pleine d'amour, ô mon Dieu ! Si je reste, je me cacherai dans Votre
miséricorde, mon Dieu, si profondément qu'aucun œil ne me verra. Je désire être
dans ma vie comme un encensoir où de la braise cachée s'élève la fumée vers
Vous, Vivante Hostie ! Qu'elle Vous soit d'agréable odeur ! Je sens dans mon
propre cœur que chaque sacrifice provoque une flambée de mon amour pour
Vous, quoique d'une façon si tranquille et si cachée, que personne ne le remarquera. 751. Quand j'ai dit à la Mère Générale que le Seigneur exigeait que la
Congrégation dise le chapelet pour fléchir la colère Divine, elle me répondit
qu'elle ne pouvait introduire de nouvelles prières non approuvées. Mais je lui
donne ce chapelet, peut-être qu'à l'occasion d'une adoration on pourrait le dire,
« nous verrons ». Ce serait bien si l'abbé docteur Sopocko pouvait éditer une
brochure avec ce chapelet. Alors ce serait mieux et plus facile de le réciter en
communauté, car comme cela c'est un peu difficile. 752. La miséricorde du Seigneur est glorifiée au ciel, par les âmes, qui ont
éprouvées en elles-mêmes l'infinie miséricorde. Ces âmes font au ciel, je le
commencerai déjà sur terre. Je vais glorifier Dieu pour son infinie bonté et je
vais tâcher de faire connaître à d'autres âmes cette inexprimable et inconcevable
miséricorde Divine, et de la leur faire adorer. 753. La Promesse du Seigneur : « Ma Miséricorde enveloppera les âmes, qui
réciteront ce chapelet pendant leur vie et surtout à l'heure de la mort. » 754. Ô Jésus, apprenez-moi à découvrir les profondeurs de la miséricorde et de
l'amour à chacun de ceux qui me le demandent. Jésus, mon Chef que toutes mes
prières et toutes mes actions portent le sceau de Votre miséricorde ! 755. 18.XI. 1936. Ce soir, je tâchais de faire tous mes exercices jusqu'à la
bénédiction, car je me sentais plus malade qu'à l'ordinaire. Tout de suite après la
bénédiction je suis allée me coucher. Mais suis entrée dans ma chambre,
soudain, j'ai senti intérieurement qu'il fallait que j'aille dans la cellule de Sœur N.
car elle avait besoin d'aide. Je suis tout de suite entrée dans sa cellule, et Sœur
N. me dit : « Oh ! Comme c'est bien, ma Sœur, que Dieu vous ait amenée ! » Et
elle parlait d'une voix si basse que j'ai pu à peine l'entendre. Elle me dit : « Ma
Sœur, veuillez, s'il vous plait, m'apporter un peu de thé avec du citron, car j'ai
tellement soif et je ne peux bouger, car je souffre beaucoup ! » Et vraiment elle
souffrait beaucoup et elle avait beaucoup de fièvre. Je l'ai placée plus
commodément et avec un peu de thé elle a apaisé sa soif. Quand je suis entrée
dans ma cellule, mon âme a été pénétrée d'un grand amour de Dieu et j'ai
compris qu'il faut faire très attention aux inspirations intérieures et les suivre
fidèlement. Et la fidélité à une grâce en amène d'autres. 756. 19.XI.1936. Aujourd'hui, durant la Sainte Messe, je vis le Seigneur Jésus,
qui me dit : « Sois tranquille, Ma fille, Je vois tes efforts ! Ils Me sont très
agréables. » Et le Seigneur disparut. C'était le moment d'aller communier. Après
avoir reçu la Sainte communion, tout à coup je vis le Cénacle dans lequel se
tenaient le Seigneur Jésus et les Apôtres. J'ai vu l'institution de l'Eucharistie.
Jésus me permit de pénétrer et de comprendre de l'intérieur Sa grande Majesté
et en même temps Sa grande humiliation. Cette étrange lumière qui me permit de
connaître Sa Majesté m'a découvert en même temps ce qui est dans mon âme. 757. Jésus me fit connaître la profondeur de Sa douceur et de Son humilité. Il
me fit comprendre qu'Il exigeait expressément de moi ces deux qualités. Je
sentis Son regard dans mon âme ce qui me remplit d'un indicible amour. Mais je
compris que le Seigneur voyait avec amour mes vertus et mes efforts héroïques.
Et je reconnus que c'est ce qui attire Dieu dans mon cœur. C'est là que j'ai
compris qu'il ne me suffit pas de pratiquer les verts ordinaires, mais que je dois
m'exercer aux vertus héroïques. A l'extérieur, cela restera une chose tout à fait
ordinaire, mais seul, l'œil de Dieu verra que la manière est différente. Ô mon
Dieu ce que j'ai écrit n'est qu'un pâle reflet de ce que je comprends dans mon
âme ! Il s'agit de choses purement spirituelles. Mais pour décrire ce que Dieu
me permet de connaître, je dois employer des mots dont je suis tout à fait
mécontente car ils ne rendent pas la réalité. 758. La première fois j'expérimentai cette souffrance ainsi : après les vœux
annuels un certain jour, pendant la prière, je vis une grande lumière. De cette
lumière, sortirent des rayons qui m'enveloppèrent de toutes parts. Et soudain, je
sentis une terrible douleur dans les mains, les pieds et je sentis les épines de la
couronne d'épines. Je sentais ces douleurs, pendant la Sainte Messe le vendredi,
mais durant un très court moment. Cela revint pendant plusieurs vendredis. Et
ensuite je n'éprouvais plus aucune souffrance jusqu'au moment présent,
c'est-à-dire la fin du mois de septembre de cette année. Pendant cette maladie,
durant la Sainte Messe, le vendredi, j'ai senti que les mêmes souffrances me
transperçaient. Et ceci se répète chaque vendredi, et parfois aussi au contact
d'une âme qui n'est pas en état de grâce, quoique cela soit rare. Cette
souffrance dure très peu de temps, cependant elle est terrible et sans une grâce
spéciale de Dieu, je ne la supporterais pas. Et à l'extérieur, je n'ai aucun signe de
ces souffrances. Ce qui viendra encore, je ne le sais. Mais tout cela est pour les
âmes… 759. 21.XI.1936. Jésus, Vous savez que je ne suis ni gravement malade, ni bien
portante. Vous remplissez mon âme d'enthousiasme pour l'action et je n'ai pas
de force. Le feu de Votre amour me dévore. Mais je compenserai par l'amour
ce que je ne pourrai réaliser à cause de mon manque de forces physiques. 760. Jésus mon esprit est plein de nostalgie et je désire beaucoup m'unir à
Vous. Mais Vos œuvres me retiennent. Et aussi le nombre des âmes que je dois
Vous amener n'est pas encore atteint. Je désire les fatigues, les souffrances, tout
ce que Vous avez proposé avant les siècles. Ô Mon créateur et Seigneur ! Je ne
comprends que Votre parole ! Elle seule me donne la force. Votre Esprit, ô
Seigneur, est l'esprit de paix et rien n'en trouble la profondeur en moi car Vous y
habitez, Seigneur ! Je sais que je vis sous Votre regard attentif, ô Seigneur ! Je n'analyse pas avec
crainte Vos plans à mon égard. Ma tâche est d'accepter tout de Votre main. Je
n'ai peur de rien, quoique la tempête fasse rage et que la foudre frappe avec
violence autour de moi et que je me sente alors si seule ! Cependant mon cœur
Vous sent, et ma confiance grandit et je vois que Votre toute puissance me
soutient. Avec Vous, Jésus, je vais par la vie, parmi les arcs-en-ciel et les
orages, criant de joie et chantant le chant de Votre miséricorde. Je
n'interromprai mon chant d'amour que lorsque le cœur des anges le continuera.
Aucune force ne peut me retenir dans mon élan vers Dieu. Je vois que même
mes Supérieures ne comprennent pas toujours le chemin par lequel Dieu me
mène et je n'en suis pas surprise. 761. À un certain moment je vis l'abbé Sopocko qui priait tout en méditant ces
choses. Je vis comme tout à coup un cercle lumineux se dessina autour de sa
tête. Quoique l'espace nous sépare, je le vois souvent, surtout quand il travaille à
son bureau, malgré sa fatigue. 762. 22.XI.1936. Aujourd'hui pendant la sainte confession, le Seigneur Jésus
me parla par la bouche d'un certain prêtre. Ce prêtre ne connaissait pas mon
âme et moi je m'accusais seulement de mes péchés. Cependant il me dit ces
paroles : « Accomplissez fidèlement tout ce que Jésus réclame de vous, malgré
les difficultés ! Sachez, que même si les gens se fâcheraient contre vous, Jésus
ne se fâchera pas et qu'il ne se fâchera jamais ! Ne faites pas attention à l'estime
des gens ! » Cette leçon m'étonna d'abord. Mais j'ai compris que Jésus parlait
par sa bouche sans qu'il ne s'en rende compte. Ô saint mystère, quels grands
trésors tu contiens ! Ô sainte foi, tu m'indiques la route ! 763. 24.II.1936. Aujourd'hui j'ai reçu une lettre de l'abbé Sopocko. Cette lettre
m'a révélé que Dieu seul conduit toute cette affaire. Et de même que le Seigneur
l'a commencée, de même Il la mènera à bonne fin. Et plus les difficultés que je
vois sont grandes, plus je suis tranquille. Oh ! S'il ne s'agissait pas d'une grande
gloire pour Dieu, et de son utilité pour le bien des âmes, dans toute cette affaire.
Satan ne s'y opposerait pas tant. Il sent qu'il y perdra. Maintenant je reconnais
que Satan ne hait rien autant que la miséricorde. C'est elle qui lui cause la plus
grande souffrance. Cependant, la parole de Dieu ne passera pas, elle est
vivante. Les difficultés ne tueront pas les œuvres divines, mais démontreront
qu'elles viennent de Dieu… 764. À un certain moment je vis le couvent de cette nouvelle congrégation. Je
m'y promenait et visitait tout, quand soudain je vis un groupe d'enfants, qui
avaient de cinq à onze ans. Quand ils me virent, ils m'entourèrent et se mirent à
crier très fort : « Défendez-nous du mal ! » et ils m'introduisirent dans la chapelle
qui se trouvait dans ce couvent. Quand je suis entrée dans cette chapelle, j'y vis
Jésus supplicié. Jésus me regarda gracieusement et me dit que les enfants
L'offensaient profondément : « Toi, défends-les du mal ! » Depuis ce moment, je
prie pour ces enfants, mais je sens que la prière ne suffit pas. 765. Ô mon Jésus, Vous savez quels efforts il faut faire pour vivre des relations
simples et sincères avec les personnes qui nous sont antipathiques, ou avec
celles qui, consciemment ou non, nous ont infligé des souffrances. Humainement
parlant c'est impossible. A ces moments-là, je tâche plus encore qu'à d'autres
de découvrir le Seigneur Jésus dans la personne en question. Et pour ce même
Jésus, je fais tout pour ces personnes-là. De telles actions, sont inspirées par
l'amour pur, et de tels exercices sur la pratique de l'amour trempent et fortifient
l'âme. Je ne m'attends à rien de la part des créatures, donc je n'ai aucune
désillusion. Je sais que la créature est pauvre en elle-même. Qu'attendrais-je
donc de sa part ? Dieu est tout pour moi et je veux tout juger selon Dieu. 766. Mon commerce avec le Seigneur est maintenant purement spirituel. Mon
âme est touchée par Dieu et se plonge entièrement en Lui jusqu'à l'oubli
d'elle-même, tant elle est pénétrée à fond par Dieu, noyée par Sa beauté,
perdue toute entière en Lui. Je ne sais le décrire, car en écrivant j'emploie les
sens. Et dans cette union les sens n'agissent pas. Il y a fusion entre Dieu et l'âme,
qui est admise à une vie en Dieu tellement grande, que cela ne peut s'exprimer
par la parole. Quand 'âme reprend sa vie habituelle, elle voit que cette vie est un
crépuscule, un brouillard, un désordre, l'emmaillotement d'un petit enfant. Dans
de tels moments, l'âme reçoit uniquement de Dieu, car d'elle-même elle ne fait
rien. Elle ne fait pas le moindre effort, Dieu fait tout en elle. Cependant, quand l'âme revient à son état ordinaire, elle voit qu'elle n'aurait pas
la force de supporter plus longtemps cette union. Ces moments sont courts, les
autres durables. L'âme ne peut pas rester longtemps dans cet état, car
forcément, elle se délivrerait des liens du corps pour toujours, bien qu'elle soit
soutenue par Dieu à l'aide d'un miracle. Dieu fait clairement connaître à l'âme,
qu'Il aime, comme si elle seule était l'objet de Sa prédilection. L'âme le perçoit
de façon nette et évidente. Elle s'élance de toute sa force vers Dieu, mais elle se
sent enfant. Elle sait que ce n'est pas dans ses possibilités. Dieu s'abaisse alors
vers elle, et s'unit à elle d'une manière… ici je dois me taire, car ce que l'âme
éprouve, je ne sais le décrire. 767. C'est une chose étrange, que l'âme puisse éprouver cette union avec Dieu
et ne sache pas en donner une définition. Cependant quand elle rencontre une
autre âme ayant vécu les mêmes expériences, elles se comprennent
mutuellement dans ces choses, sans beaucoup se parler. L'âme unie de cette
manière à Dieu, reconnaît facilement une âme vivant cette même union, quoique
celle-ci ne lui découvre pas tout son cheminement intérieur, mais cause tout
simplement avec elle. C'est comme une parenté spirituelle. Les âmes unies de
telle façon à Dieu ne sont pas nombreuses. Il y en a beaucoup moins qu'on ne
pense. 768. J'ai remarqué que Dieu accorde cette grâce aux âmes lorsqu'elles ont quelque grande œuvre à accomplir, dans deux buts. Le premier c'est pour aider l'âme à remplir cette œuvre qui normalement dépasse absolument ses forces. Dans le second cas, j'ai remarqué que Dieu l'accorde pour conduire et tranquilliser ces âmes. Quoique le Seigneur puisse accorder cette grâce, comme Il Lui plait et à qui Il Lui plaît. Cependant j'ai remarqué cette grâce chez trois prêtres. L'un d'eux est un prêtre séculier, les deux autres des prêtres réguliers et deux religieuses, mais pas au même degré. 769. Quant à moi, j'ai reçu cette grâce pour la première fois et pendant un
moment très court à l'âge de dix-huit ans durant l'octave de la Fête-Dieu,
pendant les vêpres, quand je fis au Seigneur Jésus le vœu de chasteté
perpétuelle. Je vivais encore dans le monde mais je devais bientôt entrer au
couvent. Cette grâce dura un moment très court, mais la force de cette grâce est
grande. Après cela il y eut un long intervalle. Je recevais, il est vrai, durant cet intervalle
beaucoup de grâces, mais elles étaient d'un autre ordre. C'était une période
d'épreuves et de purification. Ces épreuves étaient si douloureuses que mon
âme ressentit un complet délaissement de la part de Dieu et fut plongée dans de
grandes ténèbres. Je remarquai et je compris que personne ne saurait me
conduire hors de cette tourmente, ni me comprendre. Il y eut deux moments, où
mon âme fut plongée dans le désespoir, une fois durant une demi-heure, l'autre
trois quarts d'heure. Quant aux grâces reçues, je ne puis en décrire exactement
la grandeur. En ce qui concerne les épreuves divines, je ne sais quelles paroles
employer car tout n'en serait qu'un pâle reflet. Cependant, de même que le
Seigneur m'a plongée dans les tourments, ainsi m'en a-t-Il fait sortir. Seulement
cela a duré plusieurs années. Et à nouveau j'ai reçu cette exceptionnelle grâce d'union qui dure jusqu'à
présent. Dans cette seconde union, il y eut quelques courtes interruptions. Mais
maintenant, depuis un certain temps, je n'éprouve plus aucune interruption, mais
je me plonge de plus en pus profondément en Dieu. La grande lumière, dont est
illuminée l'intelligence, permet de connaître la grandeur de Dieu. Non que je
reconnaisse un par un Ses attributs comme autrefois, non ici c'est différent. En
un moment je reconnais l'essence même de Dieu. 770. L'âme, à ce moment, est tout entière noyée en Lui et éprouve un bonheur
aussi grand que celui des élus dans les cieux. Quoique ceux-ci regardent Dieu
face à face et soient complètement heureux, cependant leur connaissance de
Dieu n'est pas égale, Dieu me l'a fait savoir. Une plus profonde connaissance
commence ici sur terre dans la mesure de la grâce, mais celle-ci dépend en
grande partie de notre fidélité à cette grâce. Cependant l'âme qui éprouve cette
grâce inouïe de l'union, ne peut pas dire qu'elle voit Dieu face à face, car il reste
ici le voile ténu de la foi, mais tellement ténu que l'âme peut dire qu'elle voit Dieu
et qu'elle s'entretient avec Lui. Elle est « déifiée ». Dieu laisse voir à l'âme à quel
point Il l'aime. Et l'âme constate que des âmes meilleures et plus saintes qu'elles
n'ont pas bénéficié de cette grâce. Et à cause de cela un saint étonnement
s'empare d'elle et l'entretient dans une profonde humilité, la plongeant dans sa
nullité et dans une sainte stupéfaction. Et plus elle s'abaisse et plus étroitement
Dieu S'unit à elle, et S'abaisse vers elle. L'âme à ce moment-là est, pour ainsi
dire, cachée, ses sens n'agissent pas. A un moment donné, elle reconnaît Dieu et
est noyée en Lui. Elle reconnût toute la profondeur de l'Inconcevable. Et plus
cette connaissance est profonde plus l'âme Le désire ardemment. 771. La réciprocité de l'âme avec Dieu est grande. Quand l'âme sort de sa
cacherie, ses sens goûtent les délices qu'elle éprouvait. Cependant, ceci aussi est
une grande grâce de Dieu, mais elle n'est pas purement spirituelle. Les sens n'y
ont pas une part de premier rang. Chaque grâce, donne à l'âme, force et vigueur
pour l'action, et courage pour endurer la souffrance. L'âme sait bien ce que Dieu
veut d'elle et elle remplit Sa sainte volonté, malgré les contrariétés. 772. Cependant, l'âme ne peut pas agir seule en ces choses, elle doit chercher le
conseil d'un confesseur éclairé, car autrement elle peut errer ou bien n'en retirer
aucun profit. 773. Je comprends bien, ô mon Jésus, que comme la maladie se mesure à l'aide
d'un thermomètre et qu'une forte fièvre nous indique la gravité de la maladie,
ainsi dans la vie spirituelle, la souffrance est le thermomètre qui mesure l'amour
Divin dans l'âme. 774. Dieu est mon but… et mon bonheur est d'accomplir la volonté Divine et
rien au monde ne peut troubler ce bonheur, aucune puissance, aucune force. 775. Aujourd'hui le Seigneur vint chez moi, dans ma cellule et me dit : «Ma fille,
Je ne te laisserai plus longtemps dans cette congrégation. Je te le dis pour que tu
profites avec plus de diligence des grâces que je t'accorde. » 776. 27.XI.1936. Aujourd'hui j'étais en esprit au Ciel, et j'ai vu des beautés
inimaginables et le bonheur qui nous attendent après la mort. J'ai vu comme
toutes les créatures rendent perpétuellement honneur et gloire à Dieu. J'ai
contemplé l'immensité du bonheur en Dieu qui s'écoule sur toutes les créatures,
les rend heureuses, et revient à sa source. Et toute gloire et honneur provenant
du bonheur reçu, sont rendus à Dieu et entrent dans les profondeurs divines. J'ai
vu toutes les créatures contempler la vie intérieure de Dieu le Père, le Fils et le
Saint-Esprit, que jamais elles ne comprendront ni n'approfondiront. Cette
source de bonheur est invariable dans son essence, et cependant toujours
nouvelle, jaillissant pour le bonheur de toute créature. Je comprends maintenant
Saint Paul qui a dit : « Ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce
qui n'est pas monté au cœur de l'homme, tout ce que Dieu à préparé pour ceux
qui L'aiment. » 777. Et Dieu m'a laissé comprendre l'unique chose, qui ait à Ses yeux une valeur
infinie : c'est l'amour, l'amour de Dieu, l'amour. L'amour et encore une fois
l'amour, et rien ne peut être comparé à l'acte de pur amour de Dieu. Oh ! Quels
inconcevables égards Dieu a envers l'âme qui l'aime sincèrement ! Oh ! Que
l'âme qui déjà sur terre jouit de Ses égards particuliers est heureuse ! Et c'est
l'âme petite et humble. 778. J'ai compris plus profondément cette grande Majesté Divine qu'adorent les
esprits célestes selon leur degré de grâce et leur hiérarchie. Mon âme n'a
éprouvé ni frayeur ni terreur, non absolument aucune, à la vue de cette
puissance et de cette grandeur de Dieu. Mon âme a été remplie de paix et
d'amour. Et plus je connais la grandeur de Dieu, plus je me réjouis qu'il soit Tel.
Et sa grandeur me comble de bonheur. Et je me réjouis de ce que je sois si
petite car, puisque je suis si petite, Il me tient dans Sa main et près de Son
Cœur. 779. Ô mon Dieu, comme j'ai pitié des gens qui ne croient pas à la vie éternelle
! Comme je prie pour eux pour qu'un rayon de miséricorde les saisisse et que
Dieu les presse sur Son Cœur Paternel ! 780. Ô amour, ô roi ! L'amour ne connaît pas la peur, il passe par tous les
chœurs des anges, qui montent la garde devant le trône de Dieu. Il n'aura peur
de personne, il atteint Dieu et se plonge en Lui comme dans son unique trésor.
Le Chérubin avec l'épée de feu, qui garde le Paradis, n'a pas de force contre
l'amour. Ô pur amour de Dieu, comme tu es grand et incomparable ! Oh ! Si les
âmes connaissaient ta force ! 781. Aujourd'hui je me sens très faible, je ne peux même pas faire ma
méditation à la chapelle et je dois me coucher. Ô mon Jésus, je vous aime et je
désire vous adorer par ma faiblesse en me soumettant complètement à votre
Sainte volonté ! 782. Je dois beaucoup veiller sur moi, aujourd'hui surtout, car une excessive
sensibilité vis-à-vis de tout s'empare de moi. Des choses, qu'en bonne santé je
n'aurais même pas remarquées, me choquent aujourd'hui. Ô mon Jésus, mon
bouclier et ma force, accordez-moi la grâce de sortir victorieuse de ces combats
! Ô mon Jésus, changez-moi en Vous-même par la force de votre amour, pour
que je sois un instrument digne de proclamer Votre miséricorde ! 783. Je remercie Dieu pour cette maladie et pour cette faiblesse physique, car
j'ai du temps pour causer avec le Seigneur Jésus. Ma joie est de passer de longs
moments aux pieds du Dieu caché. Et les heures passent comme des minutes. Je
sens qu'un feu brûle en moi et je ne comprends d'autre vie que celle du sacrifice,
qui provient directement du pur amour. 784. 29.XI.1936. Notre Dame m'a enseigné comment me préparer à la fête de Noël. Je l'ai vue aujourd'hui sans l'Enfant-Jésus. Elle me dit : « Ma fille, applique-toi à être douce et humble pour que Jésus qui habite constamment dans ton cœur, puisse S'y reposer ! Adore-Le dans ton cœur, n'en sors pas ! J'obtiendrai pour toi, ma fille la grâce d'une vie intérieure, telle que tout en restant à l'intérieur de toi-même, tu puisses accomplir à l'extérieur tous tes devoirs avec une précision encore plus grande. Sois continuellement avec Lui, dans ton propre cœur ! Il sera ta force. Avec toutes les créatures aie seulement les contacts que réclament le devoir et la nécessité ! Tu es un logis agréable au Dieu vivant, dans lequel Il séjourne constamment
avec amour et plaisir. Et la vivante présence Divine que tu ressens de façon
réelle et distincte te confirmera, Ma fille, dans ce que Je t'ai dit. Tâche d'agir
ainsi jusqu'au jour de Noël et ensuite Lui-même te fera connaître de quelle
manière tu dois agir et t'unir à Lui ! » 785. 30. XI. 1936. Aujourd'hui pendant les vêpres, une douleur me pénétra
l'âme. Je vois qu'à tous points de vue cette œuvre dépasse mes forces. Je suis
comme un petit enfant devant l'immensité de cette tâche, et c'est seulement sur
un ordre divin formel que je procède à son accomplissement. Et d'autre part,
même ces grandes grâces me sont un fardeau, que j'ai peine à porter. Je vois
l'incrédulité de la part de mes Supérieures et la méfiance et les doutes de toutes
sortes avec lesquelles elles me traitent pour cette raison. Mon Jésus, je vois que
même de si grandes grâces peuvent être une souffrance et cependant c'est ainsi ! Non seulement, elles peuvent être une cause de souffrance, mais elles doivent
l'être comme signe de l'action Divine. Je comprends bien que si Dieu ne fortifiait
pas mon âme dans ces différentes épreuves, elle n'en viendrait pas à bout
d'elle-même. Donc Dieu Lui-même est son bouclier. Quand par la suite, je
méditais durant les vêpres sur cette sorte de mélange de souffrances et de
grâces, j'entendis la voix de la Très Sainte Vierge : « Sache, ma fille, que
quoique j'ai été élevée à la dignité de Mère de Dieu, sept glaives de douleur ont
transpercé mon cœur ! Ne fait rien pour te défendre ! Supporte tout avec
humilité ! Dieu Seul te défendra. » 1. XII. 1936. Retraite d'un jour. Aujourd'hui pendant les méditations matinales le Seigneur me fit connaître et
comprendre nettement l'irrévocabilité de Ses désirs. Et je vois clairement que
personne ne peut me dispenser de ce devoir d'accomplir la volonté Divine que
j'ai appris à connaître. Un manque évident de santé et de forces physiques n'est
pas une raison suffisante et ne me libère pas de cette œuvre que Dieu lui-même
réalise. Je dois être seulement un instrument dans Sa main. Eh bien ! Alors
Seigneur me voici pour accomplir Votre volonté. Ordonnez-moi selon Vos
éternelles intentions et prédilections ! Donnez-moi seulement la grâce pour que
je sois toujours fidèle ! 787. Alors que je causais avec Dieu caché, Il m'a fait connaître et comprendre
que je ne dois pas trop réfléchir, ni avoir peur des difficultés qui peuvent se
trouver sur mon chemin. « Sache, que Je suis avec toi ! Je provoque les
difficultés et Je les renverse. Et les dispositions malveillantes peuvent en un
instant tourner en faveur de cette cause. » Le Seigneur m'éclaire en beaucoup de
choses durant la conversation d'aujourd'hui, mais je n'écris pas tout. 788. Céder toujours le pas aux autres en toutes circonstances, surtout durant la
récréation. Ecouter tranquillement sans interrompre, même si l'on vous raconte
dix fois la même chose. Je ne poserai jamais de questions sur une chose qui
m'intéresse beaucoup. 789. Résolution, toujours la même : m'unir au Christ miséricordieux. Résolution générale : calme intérieur, silence. 790. Cachez-moi, Jésus, dans les profondeurs de Votre miséricorde et alors le
prochain peut me juger comme il lui plaît ! 791. Ne jamais parler de mes propres épreuves. Dans la souffrance, chercher le soulagement. Dans la prière, dans les doutes, même les plus petits, chercher conseil seulement auprès de mon confesseur. Avoir le cœur toujours accueillant pour accepter les souffrances d'autrui et noyer mes propres souffrances dans le Cœur Divin pour qu'à l'extérieur, autant que possible, on ne s'en aperçoive pas. Toujours travailler à maintenir l'équilibre, même si les circonstances sont contraires. Ne pas permettre que soient troublés le calme et le silence intérieur. Rien ne peut être comparé à la paix de l'âme. Si l'on me reproche quelque chose injustement, ne pas m'excuser. Si la Supérieure veut savoir la vérité, si j'ai raison ou non, qu'elle le sache plutôt
par d'autres que par moi. Ma part est de tout accepter en toute humilité. 792. Je passe un moment avec la Très Sainte Vierge. J'attends avec grand désir
la venue du Seigneur. Mes désirs sont Grands. Je souhaite que tous les peuples
connaissent le Seigneur. Je voudrais préparer toutes les nations à la venue du
Verbe Incarné. Ô Jésus, faites que la source de Votre miséricorde jaillisse avec
plus d'abondance, car l'humanité est très malade et plus que jamais elle a besoin
de Votre Pitié. Vous êtes une mer sans fond de miséricorde envers nous, les
pécheurs. Et plus notre misère est grande, plus nous avons droit à Votre
miséricorde. Vous êtes la source du bonheur pour toutes les créatures par Votre
infinie miséricorde. 793. Aujourd'hui je pars faire une cure à Pradnik, situé un peu en dehors de
Cracovie. Je dois y rester trois mois. La grande sollicitude des Supérieures en a
décidé ainsi, et surtout notre chère Mère Générale qui se soucie tant des Sœurs
malades. 794. J'ai accepté la faveur de cette cure, car j'accepte complètement la volonté
Divine. Que Dieu fasse de moi ce qui Lui plaît ! Je ne désire rien d'autre
qu'accomplir Sa sainte volonté. Avec la Vierge Marie, je quitte Nazareth pour
aller à Bethléem. Là, je passerai la fête de Noël, parmi des étrangers, mais avec
Jésus, Marie et Joseph, car telle est la volonté de Dieu. Je tâche d'accomplir en
tout la volonté de Dieu. Je ne désire pas plus le retour à la santé que la mort.
Comme un petit enfant, je me confie entièrement à Son infinie miséricorde, et je
vis dans la plus grande paix. Je m'efforce seulement de rendre mon amour pour
Lui, de plus en plus profond et pur, afin qu'il soit un délice pour Son divin
regard. 795. Le Seigneur m'a dit de réciter ce chapelet pendant neuf jours, avant la fête
de la Miséricorde. La neuvaine doit commencer le Vendredi Saint. Pendant ce
temps j'obtiendrai aux âmes beaucoup de grâces. 796. A la pensée que j'allais rester si longtemps seule, en dehors de la
Communauté, la peur s'empara de moi. Jésus me dit : « Tu ne sera pas seule,
car je suis avec toi toujours et partout. Auprès de Mon Cœur n'aie peur de rien
! C'est Moi, qui ai provoqué ton départ. Sache que Mon regard suit avec
grande attention tous les mouvements de ton cœur ! Je te sépare des autres pour
pouvoir Moi-même former ton cœur en vue de Mes projets. De quoi as-tu peur
? Si tu es avec Moi, qui oserait te toucher ? Cependant je Me réjouis beaucoup
que tu Me confies tes inquiétudes. Ma fille, parle-Moi de tout simplement, tu
Me fais un grand plaisir. Je te comprends, car Je suis Homme-Dieu. Cette
simple conversation de ton cœur M'est plus agréable que des hymnes composés
en Mon honneur. Sache, Ma fille que plus tes paroles sont simples, plus tu
m'attires vers toi ! Et maintenant sois en paix ! Et maintenant sois en paix près
de Mon Cœur ! Mets de côté ta plume, et prépare-toi au départ ! » 797. Je suis partie ce matin pour Pradnik . Sœur Chryzostome m'a conduite. J'ai
une chambre séparée, je ressemble à une Carmélite. Quand Sœur Chryzostome
est partie et que je suis restée seule, je me suis plongée en prière, me mettant
sous la protection spéciale de la Très Sainte Vierge. Elle seule est toujours avec
moi. Comme une bonne Mère elle surveille mes épreuves et mes efforts. 798. Soudain je vis le Seigneur Jésus, qui me dit : « Sois tranquille, Mon enfant,
tu vois que tu n'est pas seule ! Mon Cœur veille sur toi. » Jésus me remplit de
force à l'égard d'une certaine personne, je le sens bien dans mon âme. 799. Principe moral. Quand on ne sait pas ce qu'il y a de meilleur, il faut réfléchir, considérer et
prendre conseil, car on n'a pas le droit d'agir dans l'incertitude de la conscience.
Dans l'incertitude de la conscience. Dans l'incertitude il faut se dire : quoi que je
fasse, ce sera bien pourvu que j'aie l'intention de bien faire. Ce que nous
considérons comme bon, Dieu l'accepte et le considère comme bon. Ne pas se
chagriner, si après un certain temps l'on voit que ces choses ne sont pas bonnes.
Dieu regarde l'intention avec laquelle nous commençons et Il accordera la
récompense selon cette intention. C'est un principe que nous devons suivre. 800. Encore aujourd'hui, je suis allée faire une courte visite au Seigneur avant de
me coucher. Mon esprit s'est abîmé en Lui, mon seul Trésor. Mon cœur a
reposé un instant près du Cœur de mon époux. J'ai reçu la lumière sur la
manière de me comporter à l'égard de mon entourage et je suis revenue dans
ma solitude. Le médecin s'est occupé de moi et je me sens entourée de cœurs
bienveillants. 801. 10. XII. Aujourd'hui je me suis levée plus tôt et j'ai fait ma méditation
avant la Messe. La Sainte Messe est célébrée à six heures. Après la Sainte
Communion, mon âme fut noyée dans le Seigneur, unique objet de mon amour.
Je me sentis absorbée par Sa Toute-Puissance. Quand je suis revenue dans ma
solitude, je me sentis mal et je dus me coucher. La Sœur m'a apporté des
gouttes, mais toute la journée je me suis sentie mal. Le soir, j'ai tenté de faire les
méditations de l'Heure Sainte. Cependant je n'y suis pas arrivée, je m'unissais
seulement au Christ souffrant. 802. Ma chambre est voisine de la chambre des hommes. Je ne savais pas que
les hommes étaient de tels bavards. Dès le matin, jusque tard dans la nuit,
conversation sur différents sujets. C'est beaucoup plus tranquille dans la salle
des femmes. On fait toujours aux femmes ce reproche d'être bavardes,
cependant j'eus l'occasion de me convaincre du contraire. Il m'est difficile de me
concentrer sur ma prière à cause des rires et de ces plaisanteries. Ils ne me
gênent pas quand la grâce de Dieu me prend totalement, car alors je ne sais pas
ce qui se passe autour de moi. 803. Mon Jésus comme ces gens parlent peu de Vous. Ils parlent de tout, mais pas de Vous, Jésus. Et s'ils en parlent peu c'est, que probablement, ils n'y pensent pas du tout. Le monde entier les intéresse, mais sur Vous, le Créateur : silence. Que c'est triste Jésus, de voir cette indifférence et cette ingratitude des êtres créés ! Ô mon Jésus, je désire vous aimer à leur place et Vous dédommager par mon amour !
804. L'immaculée Conception de la Mère de Dieu. Dès le matin, j'ai ressenti la proximité de la Très Sainte Vierge pendant la Sainte
Messe. Je La vis si belle que les mots me manquent pour décrire cette beauté,
même en partie. Elle était toute blanche, ceinte d'une écharpe bleue, le manteau
bleu aussi, une couronne sur la tête. De toute sa personne rayonnait une lumière
inconcevable. « Je suis la Reine du ciel et de la terre, mais surtout votre mère. »
Elle me serra contre Son Cœur et dit : « J'ai compassion de toi. » Je sentis la
force de Son Cœur immaculé se communiquer à mon âme. Maintenant, je
comprends pourquoi depuis deux mois je me préparais et j'attendais cette fête
avec impatience. Depuis aujourd'hui, je tâche d'avoir l'âme aussi pure que
possible pour que les rayons de la grâce Divine s'y reflètent dans toute leur
lumière. Je désire être un cristal pour Lui plaire. 805. Ce jour-là, je vis un certain prêtre éclatant de sa lumière à Elle. Sûrement
cette âme aime l'Immaculée. 806. Une étrange langueur s'empara de mon âme, je m'étonne qu'elle ne sépare
pas l'âme du corps. Je désire Dieu, je désire me noyer en Lui. Je comprends
que je suis dans un terrible exil. De toute sa force, mon âme s'élance vers Dieu.
Ô habitants de ma patrie, souvenez-vous de l'exilée ! Quand les voiles
tomberont-ils pour moi aussi ? Quoique je voie et que je sente
approximativement quand, cependant un voile très fin me sépare encore du
Seigneur. Je désire Le regarder face à face, mais que tout se fasse selon Votre
volonté ! 807. 11. XII.1936. Aujourd'hui, je ne pus assister à la Sainte Messe toute
entière. J'assistai seulement aux parties les plus importantes et, après avoir reçu
la Sainte Communion, je me retirai tout de suite dans ma solitude. Soudain je fus
envahie par la présence Divine. Et à ce moment je sentis la Passion du Seigneur
pendant un très court moment. Alors je connus plus profondément l'œuvre de la
miséricorde. 808. Dans la nuit, je fus soudainement éveillée et je compris qu'une âme avait
grand besoin de prières. En peu de mots, mais de toute mon âme, je priai le
Seigneur de lui accorder la grâce. 809. Le lendemain après-midi en entrant dans la salle, je vis une personne
mourante et j'ai appris que l'agonie avait commencé pendant la nuit. J'ai constaté
que c'était au moment où l'on me demandait des prières. Tout à coup, j'entendis
dans mon âme une voix : « Dis ce chapelet que Je t'ai enseigné ! » Je courus
chercher mon rosaire. Et je m'agenouillai près de l'agonisante et je commençai
avec toute l'ardeur de mon âme à dire ce chapelet. Soudain la moribonde ouvrit
les yeux. Elle me regarda et je n'eus pas le temps d'achever le chapelet qu'elle
était morte dans une étrange paix. Je priais ardemment le Seigneur de tenir la
promesse qu'Il m'avait faite pour la récitation de ce chapelet. Le Seigneur me fit
connaître que cette âme avait reçu la grâce que le Seigneur m'avait promise.
Cette âme était la première qui ait obtenu la promesse du Seigneur. Je sentais la
force de la miséricorde qui entourait cette âme. 810. En rentrant dans ma solitude, j'entendis ces mots : « Je défends chaque âme à l'heure de la mort comme Ma propre gloire. Que l'on récite ce chapelet soi-même, ou bien que d'autres le récitent pour l'agonisant, l'indulgence est la même. Quand on le récite auprès de l'agonisant, la colère divine s'apaise, la miséricorde insondable s'empare de son âme et les profondeurs de Ma miséricorde sont émues par la douloureuse Passion de Mon Fils. » Oh ! Si l'on pouvait comprendre combien est grande la miséricorde du Seigneur
et que nous en avons tous besoin, surtout à cette heure décisive ! 811. Aujourd'hui j'ai lutté contre les esprits des ténèbres à propos d'une âme.
Comme Satan hait terriblement la miséricorde divine, je vois qu'il s'oppose à
toute cette œuvre. 812. Ô Jésus miséricordieux, étendu sur la croix, souvenez-vous de l'heure de
notre mort ! Ô Cœur très miséricordieux de Jésus, ouvert par la lance,
cachez-moi à l'heure dernière de ma mort ! Ô Sang et Eau qui avez jailli du
Cœur de Jésus, soyez pour moi des sources de miséricorde insondable à l'heure
de ma mort ! Jésus mourant, otage de miséricorde, apaisez la colère de Dieu à
l'heure de ma mort ! 12. XII. 1936. Aujourd'hui j'ai seulement reçu la Sainte Communion et
j'assisterai quelques instants à la Sainte Messe. Toute ma force est en Vous,
Pain vivant ! Il me serait difficile de vivre un jour, si je n'allais pas communier.
Vous êtes mon bouclier. Sans Vous, Jésus je ne saurais vivre ! 814. Jésus, mon Amour, m'a fait comprendre aujourd'hui qu'il m'aime
beaucoup, quoiqu'il y ait un si grand abîme entre nous : le Créateur et la
créature. Et cependant il y a une sorte d'égalité : l'amour qui comble cet abîme,
Lui-même se penche vers moi et me rend capable d'être en union avec Lui. Je
suis noyée en Lui, comme si je me perdais complètement. Et cependant, sous
Son regard miséricordieux mon âme prend de la vigueur et de la force. Elle
prend conscience qu'elle aime et est particulièrement aimée. Elle sait que le
Tout-Puissant la défend. Une telle prière, quoique courte apporte cependant
beaucoup à l'âme. Et des heures entières de prière ordinaire ne lui donnent pas
autant de lumière qu'un court moment de prière intense. 815. L'après-midi j'étais pour la première fois dans la véranda. Et aujourd'hui
Sœur Félicie vint me voir, m'apporta quelques menus objets de première
nécessité, quelques belles pommes et les amitiés de la chère Mère Supérieure et
des chères Sœurs. 816. 13. XII. 1936. Confession devant Jésus Quand j'ai constaté que voilà trois semaines que je ne me suis pas confessée, je me suis mise à pleurer en voyant les péchés et certaines difficultés de mon âme. Je ne me suis pas confessée car les circonstances m'en empêchèrent. Quand il y avait la confession, j'étais alitée justement ce jour-là. La semaine suivante, la confession était fixée pour l'après-midi et j'étais partie pour l'hôpital le matin. Aujourd'hui, dans l'après-midi, le Père Andrasz est entré dans ma chambre et s'assit pour que je me confesse. Auparavant nous n'avons pas échangé un seul mot. Ce qui me réjouit extrêmement car je désirais beaucoup me confesser. Comme toujours, j'ai découvert mon âme et le Père me donna une réponse à chaque menu détail. Je me sentais très heureuse
817. 16. XII. 36. J'offre ce jour pour la Russie. J'offre pour ce pauvre pays toutes mes souffrances et mes prières. Après la Sainte Communion Jésus me dit : « Je ne peux plus tolérer ce pays. Ne me lie pas les mains, ma fille ! » Je compris que, si ce n'étaient les prières des âmes agréables à Dieu, toute cette
nation serait déjà anéantie. Oh ! Comme je souffre pour ce pays qui a chassé
Dieu de ses frontières ! 818. Ô Source inaltérable de miséricorde divine qui coulez sur nous il n'y a pas
de frontière pour Votre bonté ! Fixez, ô Seigneur, la force de Votre
Miséricorde à la mesure du gouffre de ma misère, car Votre pitié n'a pas de
limites ! Votre miséricorde qui étonne les esprits humains et angéliques est
étrange et inaccessible. 819. Mon Ange Gardien me recommanda de prier pour une âme et le matin
j'appris que c'était un homme, qui justement était entré en agonie. Jésus me fait
connaître d'une façon étrange quand quelqu'un a besoin de ma prière. Je
reconnais en particulier quand c'est une âme qui entre en agonie. Maintenant
cela m'arrive plus souvent qu'autrefois. 820. Jésus me fit connaître qu'une âme, qui vit pour la volonté Divine, Lui est
très agréable et Lui rend ainsi une très grande gloire. 821. Aujourd'hui je compris que, même si je ne parvenais pas à accomplir ce
que Dieu exigeait, je sais que je serai récompensée comme si j'avais tout
accompli. Car Il voit l'intention avec laquelle je commence. Et même s'Il me
reprenait aujourd'hui, Son œuvre ne pourrait en souffrir, car Lui seul est le
Souverain Maître de l'œuvre et de celui qui agit. Il dépend de moi de L'aimer à
la folie. Toutes les épreuves ne sont un rien devant Lui. L'amour a une grande
force, une signification et un mérite. Il a ouvert dans mon âme de grands
horizons. L'amour comble les abîmes. 822. 17. XII. 1936. J'ai offert ce jour pour les prêtres, j'ai souffert plus que
jamais intérieurement et extérieurement. Je ne savais pas qu'on pouvait tant
souffrir en un jour. Je tâchais de faire l'Heure Sainte, pendant laquelle mon esprit
goûta l'amertume du Jardin des Oliviers. Je lutte toute seule, soutenue par Son
bras contre toutes les difficultés qui se dressent comme des murs
infranchissables devant moi. Cependant j'ai confiance dans la force de Son Nom
et je n'ai peur de rien. 823. Dans cet isolement Jésus est mon Maître. C'est Lui qui m'élève et
m'enseigne. Je sens que je suis l'objet de Son action particulière. Pour Ses
intentions incompréhensibles et Ses verdicts insondables Il m'unit à Lui d'une
façon spéciale et me permet de pénétrer dans ses mystères inconcevables. Il y a
un Mystère, qui m'unit au Seigneur, que personne ne peut savoir, même pas les
anges. Même si je voulais le formuler, je ne saurais comment le dire. Cependant
je vis de cela et je vais le vivre dans les siècles. Ce mystère me distingue des
autres âmes ici, sur terre, et dans l'Eternité. 824. Ô jour magnifique où se réaliseront tous mes souhaits ! Ô jour vivement
désiré, qui sera le dernier de ma vie ! Je me réjouis du trait que le divin Artiste
posera sur mon âme, qui lui donnera une beauté particulière et qui me
distinguera de la beauté des autres âmes. Ô grand jour, dans lequel se fixera
l'amour divin en moi. En ce jour, pour la première fois, je chanterai devant le ciel
et la terre le chant de l'insondable miséricorde divine. C'est mon œuvre et la
mission que Dieu m'a destinée depuis la fondation de la terre. Pour que le chant
de mon âme soit agréable à la Sainte Trinité, dirigez et formez mon âme
Vous-même, ô Esprit Divin ! Je m'arme de patience et j'attends Votre venue,
Jésus miséricordieux, dans les terribles douleurs et les affres de l'agonie ! A ce
moment, plus que jamais j'ai confiance dans le gouffre de Votre miséricorde et
je vous rappelle, Christ miséricordieux, doux Sauveur, toutes les promesses que
Vous m'avez faites. 825. Ce matin, j'ai eu une mésaventure : ma montre s'était arrêtée et je ne savais
pas quand me lever. C'eût été dommage d'omettre la Sainte Communion. Il
faisait nuit et je ne pouvais pas savoir quand il faudrait me lever. Je m'habillai, je
fis la méditation et je suis allée à la chapelle, mais tout était fermé et le silence
régnait partout. Je me mis à prier surtout pour les malades. Maintenant je sais
combien les malades ont besoin de prières. Enfin la chapelle fut ouverte, la
prière me venait avec peine, car je me sentais exténuée. Et après la Sainte
Communion, je revins tout de suite dans ma solitude. Alors je vis le Seigneur qui
me dit : « Sache, Ma fille, que l'ardeur de ton cœur M'est agréable. Comme tu
désires ardemment t'unir avec Moi dans la Sainte Communion, Moi aussi Je
désire Me donner complètement à toi. Et comme récompense pour ton ardeur
repose-toi près de Mon Cœur ! » A cet instant mon âme se noya dans Son
Etre, comme une goutte d'eau dans un océan sans fond. Je me noie en Lui
comme dans mon unique trésor. J'ai reconnu ainsi que le Seigneur permet
certaines difficultés pour Sa plus grande gloire. 826. 18. XII. 1936. Aujourd'hui j'ai ressenti quelque peine, car il y a une
semaine que personne n'est venu me voir. Comme je m'en plaignais au Seigneur,
Il me répondit : « Est-ce que cela ne te suffit pas que Je te visite chaque jour ? »
J'ai demandé pardon au Seigneur et ma peine a disparu. Ô mon Dieu, ma force,
Vous me suffisez ! 827. Le soir, j'ai perçu qu'une âme avait besoin de ma prière. Je fis une ardente prière, mais je sentais que c'était trop peu, donc je suis restée plus longtemps en prière. Le lendemain, j'appris qu'à ce moment-là justement, commença l'agonie d'une personne qui dura jusqu'au matin. Je reconnus par quelles dures luttes elle était passée ! D'une façon étrange, le
Seigneur Jésus me fait connaître qu'une âme agonisante a besoin de ma prière.
Je sens cet esprit qui me demande la prière vivement et distinctement. Je ne
savais pas qu'il y avait une telle union entre les âmes. Et souvent aussi mon Ange
Gardien me parle. 828. Le petit Enfant-Jésus pendant la Sainte Messe fait la joie de mon âme.
Souvent, la distance n'existe pas, je vois un prêtre qui Le fait venir. J'attends
Noël avec grande impatience, je partage cette attente avec la Très Sainte
Vierge. 829. Ô Lumière éternelle, qui venez sur cette terre, illuminez mon esprit et
fortifiez ma volonté pour que je ne succombe pas dans les moments de dure
épreuve ! Que la lumière disperse toutes les ombres du doute ! Que Votre
Toute-Puissance agisse par moi ! J'ai confiance en Vous, ô Lumière qui n'avez
pas été créée ! Ô Enfant-Jésus, Vous m'êtes un modèle, pour accomplir la
volonté de Votre Père ! Vous qui avez dit : « Je viens pour accomplir fidèlement
Votre Volonté, » faites que moi aussi je sache accomplir la volonté divine en
toutes choses. Ô Divin Enfant, donnez-moi cette grâce ! 830. Ô mon Jésus, mon âme languissait vers les jours d'épreuves ! Dans le
trouble de mon âme ne me laissez pas seule mais tenez-moi fortement près de
vous ! Postez une sentinelle auprès de ma bouche ! Que le parfum de mes
souffrances soit connu de Vous seul et qu'il Vous soit agréable ! 831. Ô Jésus miséricordieux avec quel désir Vous Vous hâtiez vers le Cénacle
pour consacrer l'hostie que je vais recevoir dans ma vie ! Vous désirez, Jésus,
demeurer dans mon cœur et que Votre Sang vivant s'unisse au mien ! Qui
comprendra cette étroite union ? Mon cœur renferme le Tout-Puissant, l'Infini.
Ô Jésus, donnez-moi Votre vie divine ! Que Votre Sang pur et noble palpite de
toute sa force dans mon cœur ! Je Vous donne tout mon être. Changez-moi en
Vous-même et rendez-moi capable d'accomplir en tout Votre sainte volonté et
de Vous aimer ! Ô mon doux époux, Vous savez que mon cœur ne connaît
personne d'autre que Vous ! Vous avez ouvert dans mon cœur une profondeur
inassouvie d'amour envers Vous. Dès le premier moment où je Vous ai connu,
mon cœur Vous a aimé et s'est noyé en Vous comme dans son objet. Que
Votre amour pur et tout-puissant me pousse aux actes. Qui concevra et
comprendra cette profondeur de miséricorde qui a jailli de Votre Cœur ? 832. J'ai éprouvé combien il y a de jalousie, même dans la vie spirituelle. Je
reconnais qu'il y a peu d'âmes vraiment assez grandes, pour piétiner tout ce qui
n'est pas Dieu. Ô âme, en dehors de Dieu, tu ne trouveras pas de beauté ! Oh !
Combien est fragile la base chez les âmes pour qu'elles se haussent en écrasant
les autres ! Quelle perte ! 833. 19. XII. 1936. Ce soir, je sentis dans mon âme qu'une personne avait
besoin de ma prière. J'ai tout de suite commencé à prier. Soudain, je reconnus
intérieurement et je sentis l'esprit qui me le demandait. Je priai jusqu'au moment
ou je me tranquillisai. Ce chapelet est une aide puissante pour les mourants.
Souvent je prie pour une intention intérieurement précisée. Je prie toujours
jusqu'au moment où je sens dans mon, âme que ma prière a été efficace. 834. Surtout ici, depuis que je suis dans cet hôpital, j'éprouve un lien avec les
agonisants qui, en entrant en agonie, me demandent de prier. Dieu me donne
une étrange correspondance avec les mourants. Quand cela arrive, le plus
souvent, j'ai même la possibilité de vérifier l'heure. Aujourd'hui, à onze heures du soir, je fus soudain éveillée et je sentis
distinctement qu'il y avait auprès de moi, un esprit qui demandait ma prière ; une
force me contraint tout simplement à la prière. Ma vision est purement
spirituelle, par une soudaine lumière qu'en cet instant Dieu m'accorde. Je prie
jusqu'au moment où je sens la paix en mon âme. La durée n'est pas toujours la
même. Il arrive parfois qu'avec un seul Ave Maria je sois tranquillisée, et alors je
dis le « De profondis ». Parfois il arrive que je dise le chapelet tout entier, et
seulement alors j'éprouve un apaisement. Et ici aussi j'ai constaté que, si je suis forcée à la prière pendant un temps plus
long, c'est-à-dire si j'éprouve une inquiétude intérieure, c'est que l'âme soutient
une plus grande lutte et a une plus lourde agonie. C'est ainsi que j'ai vérifié
l'heure : j'ai une montre et je regarde l'heure. Le lendemain, quand on me parle
de la mort de telle personne, je demande l'heure, qui s'accorde toujours en ce
qui concerne l'agonie. On me dit : « telle personne a lutté très fort », d'autres fois
on me dit : « Aujourd'hui telle personne est morte. Mais elle s'est endormie vite
et tranquillement. » Il arrive que la personne mourante soit dans la seconde ou la
troisième baraque, mais pour l'esprit la distance n'existe pas. Il arrive que j'aie
cette même connaissance à quelques centaines de kilomètres. C'est arrivé
plusieurs fois, à l'égard de ma famille et de personnes apparentées, mais aussi à
l'égard de mes Sœurs en religion et même pour des âmes que je n'ai pas
connues durant ma vie. Ô Dieu, plein d'insondable miséricorde, qui me permettez par une prière indigne
de porter apaisement et aide aux mourants, soyez béni autant de fois qu'il y a de
milliers d'étoiles dans le ciel et de gouttes d'eau dans l'océan ! Que Votre
miséricorde s'étende à tout le globe terrestre. Que le culte de cette miséricorde
monte jusqu'au pied de Votre trône, louant le plus grand de Vos attributs,
c'est-à-dire Votre inconcevable miséricorde ! Ô Dieu, cette miséricorde
insondable introduit les âmes saintes et tous les esprits célestes dans un nouveau
ravissement. Tous les purs esprits se plongent dans un profond étonnement,
adorant cette inconcevable miséricorde Divine qui les introduit dans un nouveau
ravissement. Leur adoration est parfaite. Ô Dieu Eternel, comme je désire
ardemment adorer Votre plus grand attribut, c'est-à-dire Votre infinie
miséricorde ! Je vois toute ma petitesse. Et je ne peux pas m'égaler avec les
habitants du Ciel qui dans une sainte admiration glorifient la miséricorde du
Seigneur. Mais moi aussi, j'ai trouvé une manière d'adorer cette inconcevable et
parfaite miséricorde Divine. 835. Ô très doux Jésus, Vous avez daigné m'admettre, moi misérable, à la
connaissance de cette insondable miséricorde ! Ô très doux Jésus, qui avez
gracieusement exigé de moi que je parle de Votre inconcevable miséricorde au
monde entier, voici qu'aujourd'hui, je prends en mains ces deux rayons, qui ont
jailli de Votre Cœur miséricordieux : le Sang et l'Eau, et je les répands sur tout le
globe terrestre, pour que toute âme éprouve Votre miséricorde, et l'ayant
éprouvée, Vous adore pendant l'éternité. Ô Très Saint Jésus, qui avez daigné
dans Votre inconcevable bienveillance unir mon cœur misérable à Votre Cœur
très miséricordieux, c'est par Votre propre Cœur que j'adore Dieu, notre Père,
d'une façon telle qu'aucune âme ne l'a encore adoré. 836. 21. XII. 1936. La radio joue tout l'après-midi, donc je ressens le manque
de silence. Jusqu'à midi, de continuelles conversations et du bruit. Mon Dieu, je
me réjouissais d'être en silence, de parler seulement avec le Seigneur et ici c'est
tout le contraire. Mais maintenant rien ne me trouble, ni les conversations, ni la
radio. En un mot, rien. La grâce de Dieu a fait que, quand je prie, je ne sais
même pas où je suis. Je sais seulement que mon âme est unie au Seigneur et
ainsi se passent mes journées à l'hôpital. 837. J'admire toutes les humiliations, et toutes les souffrances que ce prêtre
accepte pour cette cause. Je le vois à certains moments, et je le soutiens par
mon indigne prière. C'est seulement Dieu, qui peut donner un tel courage, car
autrement l'âme se lasserait. Mais je vois avec joie que toutes ces contrariétés,
contribuent à augmenter la gloire Divine. Le Seigneur n'a pas beaucoup d'âmes
de cette trempe à Son service. Ô éternité infinie, tu révèleras les efforts des âmes héroïques. Pour ces efforts la
terre ne paye que par l'ingratitude et la haine. Car de telles âmes n'ont pas
d'amis, elles sont solitaires. Et dans cette solitude, elles deviennent plus fortes.
Elles puisent leur force seulement en Dieu. Et avec humilité, mais aussi avec
courage, elles s'opposent à tous les orages qui les frappent. Comme des chênes
élevés, elles ne se laissent pas troubler. Et à cela il n'y a qu'un secret : elles
puisent en Dieu cette force et tout ce dont elles ont besoin, pour elles et pour les
autres. Elles portent leur fardeau, mais elles savent et sont capables de prendre
sur elles les fardeaux des autres. Ce sont des colonnes de lumière sur les
chemins divins, qui vivent dans la lumière et illuminent les autres. Elles vivent
elles-mêmes sur les hauteurs et savent les indiquer aux autres et les aider à les
atteindre. 838. Mon Jésus, Vous voyez, que non seulement je ne sais pas écrire, mais en
plus, je n'ai même pas une bonne plume ! Et souvent j'écris si mal, et parfois
c'est si difficile, que je dois écrire lettre après lettre pour former les phrases. Et
encore ce n'est pas tout. Car j'ai cette difficulté que je note certaines choses en
secret, devant les Sœurs. Et souvent à chaque instant je dois fermer le cahier et
écouter patiemment le récit de l'une d'elles. Et ainsi passe le temps qui était
destiné à écrire. Et le cahier à force d'être fermé en hâte, devient gribouillé.
J'écris avec la permission de la Supérieure et sur ordre de mon confesseur.
C'est une chose étrange que j'écrive parfois passablement et parfois, vraiment,
j'ai de la peine à me relire moi-même. 839. 23.XII. 1936. Je passe le temps avec la Divine Mère et me prépare pour
le moment solennel de la venue du Seigneur Jésus. La Sainte Vierge m'apprend
cette vie intérieure de l'âme avec Jésus, surtout dans la Sainte Communion. Quel
grand mystère la Sainte Communion accomplit en nous ! Nous le saurons
seulement dans l'éternité. Ô moments les plus précieux de la vie ! 840. Ô mon Créateur, je languis après Vous ! Vous me comprenez, ô mon
Seigneur ! Tout ce qui est sur terre me paraît un pâle reflet. Je Vous désire et
Vous exige, quoique Vous fassiez incompréhensiblement beaucoup pour moi.
Car Vous me visitez Vous-même, d'une façon particulière. Cependant ces
visites n'apaisent pas les blessures de mon cœur, mais m'excitent à une plus
grande langueur pour Vous, Seigneur ! Oh ! Prenez-moi avec Vous, si telle est
Votre volonté ! Vous savez que je meurs et je meurs de langueur pour Vous et
je ne puis mourir. Mort, où es-tu ? Vous m'attirez dans l'abîme de Votre Divinité
et Vous Vous couvrez de ténèbres. Tout mon être est plongé en Vous et
cependant je désire Vous voir face. Quand cela arrivera-t-il pour moi ? 841. Aujourd'hui Sœur Chrysostome est venue me voir et m'a apporté des
citrons, des pommes et un tout petit arbre de Noël, ce qui m'a fait le plus grand
plaisir. Par Sœur Chrysostome, la Mère Supérieure a demandé au médecin qu'il
me permette de retourner à la maison pour les fêtes, ce qu'il a volontiers permis.
Je m'en suis réjouie et me suis mise à pleurer comme un petit enfant. Sœur
Chrysostome s'est étonnée que j'ai si mauvaise mine et que je sois tellement
changée. Et elle a dit : « Savez-vous Faustinette, vous allez sûrement mourir !
Vous devez, ma Sœur, être très souffrante ! » J'ai répondu qu'aujourd'hui je
souffre plus que les autres jours, mais ce n'est rien. Pour sauver les âmes, ce
n'est pas trop. Ô Jésus Miséricordieux, donnez-moi les âmes des pécheurs ! 842. 24. XII. 1936. Aujourd'hui pendant la Sainte Messe je me suis
particulièrement unie à Dieu et à Sa Mère Immaculée. L'humilité et l'amour pour
la Vierge Immaculée ont pénétré mon âme. Plus j'imite la Mère de Dieu, plus
j'apprends à connaître Dieu profondément. Oh ! Quelle incompréhensible
langueur s'empare de mon âme ! Jésus, comment pouvez-Vous encore me
laisser dans cet exil ? Je meurs du désir de Vous. Chaque fois que Vous touchez
mon âme, cela me blesse énormément. L'amour et la souffrance vont de pair.
Cependant je n'échangerais cette souffrance causée par Vous pour aucun
trésor, car c'est la douleur d'indicibles délices et ces blessures me sont infligées
par une Main aimante. 843. Sœur K. est arrivée cet après-midi, et m'a emmenée pour les fêtes à la
maison, afin que je les passe avec la Communauté. En passant par la ville je
m'imaginais que c'était Bethléem. Je regardais tous les gens qui se dépêchaient.
Je pensais : qui médite aujourd'hui ce mystère inconcevable dans le calme et le
silence ? Ô Vierge pure, Vous voyagez aujourd'hui et moi je suis en route ! Je
sens que ce voyage d'aujourd'hui a sa signification. Ô Vierge rayonnante, pure
comme le cristal, toute plongée en Dieu, je vous confie ma vie intérieure !
Arrangez tout pour que cela soit agréable à Votre doux fils ! Ô ma Mère, je
désire si ardemment que Vous me donniez le Petit Jésus pendant la Messe de
Minuit. Et je sentis dans la profondeur de mon âme, une si vive présence de
Dieu que par la force de ma volonté je contins ma joie, pour ne pas laisser voir
extérieurement ce qui se passait dans mon âme. 844. Avant le souper, je suis entrée à la chapelle pour partager spirituellement le
pain azyme avec les personnes qui sont chères à mon cœur. Je les présentai
toutes par leur nom au Seigneur Jésus en sollicitant Ses grâces pour chacune.
Mais ce n'est pas tout. Je confiai aussi au Seigneur les persécutés, les souffrants
et ceux qui ne connaissent pas Son Nom, surtout les pauvres pécheurs. Ô Petit
Jésus, je Vous en prie ardemment, accueillez-les tous dans l'immensité de Votre
infinie miséricorde ! Ô doux Petit Jésus, mon cœur est à Vous : qu'il Vous soit
un petit logement agréable et utile ! Ô Majesté sans bornes, comme vous vous
êtes approché de nous avec douceur ! Ici ce n'est pas la terreur des foudres du
grand Yahvé. Ici il y a le doux Petit-Jésus. Ici aucune âme n'a peur, quoique
Votre Majesté n'ait pas diminué, elle s'est seulement cachée. Après le souper je
me sentis très fatiguée et souffrante. J'ai dû me coucher, mais je veillais avec la
Très Sainte Mère, attendant l'arrivée du Petit-Enfant. 845. 25. XII.1936. La Messe de Minuit. Pendant la Sainte Messe la présence
de Dieu m'était perceptible. Un moment avant l'Elévation, je vis la Vierge, le
Petit-Jésus et le bon Joseph. La Très Sainte Mère me dit ces paroles : « Ma
fille, Faustine, prends mon trésor le plus cher ! » Et Elle me tendit son tout-petit
Jésus. Quand je pris Jésus dans mes mains, mon âme éprouva une joie tellement
indicible que je ne suis pas en état de la décrire. Mais, chose étrange, après un
moment Jésus devint terrible, affreux à voir, grand et douloureux, et la vision
disparut. Bientôt il fallut aller à la Sainte Communion. Quand je reçus le
Seigneur Jésus dans la Sainte Communion, toute mon âme se mit à trembler
sous l'influence de la présence de Dieu. Le lendemain j'ai vu le Divin Enfant un court moment durant l'Elévation. Le second jour de fête, le Père Andrasz est venu chez nous dire la Sainte
Messe, pendant laquelle j'ai aussi vu le Petit-Jésus. 846. L'après-midi je suis allée me confesser. A certaines questions concernant
cette œuvre, le Père ne m'a pas donné de réponse, il a dit : « Quand vous serez
bien portante, alors nous pourrons parler concrètement. Maintenant tâchez de
tirer une bonne santé. Quant au reste, vous savez comment vous diriger et à
quoi vous en tenir dans ces choses. » Comme pénitence il m'a dit de dire le
chapelet que Jésus m'avait enseigné. 847. Soudain en disant ce chapelet, j'entendis une voix : « Oh ! Quelles grandes
grâces j'accorderai aux âmes qui diront ce chapelet. Les profondeurs de Ma
miséricorde sont émues, pour ceux qui disent ce chapelet. Inscris ces mots, Ma
fille. Parle au monde de Ma miséricorde ! Que l'humanité entière apprenne à
connaître Mon insondable miséricorde ! C'est un signe pour les derniers temps.
Après viendra le jour de la Justice. Tant qu'il en est temps, que les hommes aient
recours à la source de Ma miséricorde, qu'ils profitent du Sang et de l'Eau qui
ont jailli pour eux ! » Ô âmes humaines, où chercherez-vous refuge au jour de la
colère de Dieu ? Fuyez maintenant vers les sources de la miséricorde Divine !
Oh quel grand nombre d'âmes je vois ! Elles ont adoré la Miséricorde Divine et
elles vont chanter l'hymne de gloire dans l'éternité. 848. 27.XII. Aujourd'hui, me voici revenue dans mon lieu de solitude. J'ai fait un
voyage agréable en compagnie d'une certaine personne, qui portait un enfant au
baptême. Nous l'avons accompagnée jusqu'à la porte de l'église de Podgorze.
Pour pouvoir sortir de la voiture, elle a mis l'enfant dans mes bras. Quand je pris
l'enfant, je l'offris à Dieu pour qu'un jour il Lui procure une gloire spéciale. Je
sentis dans mon âme que le Seigneur regarda tout spécialement cette petite âme.
A notre arrivée à Pradnik, Sœur N. m'aida à porter mon paquet quand nous
sommes entrées dans ma chambre particulière, nous vîmes un très joli ange, fait
en papier avec l'inscription : Gloria in … J'ai l'impression que c'est de la part de
cette Sœur malade à qui j'avais envoyé l'arbre de Noël. Voilà que les fêtes sont
finies ! 849. Rien ne peut calmer ma langueur. Je languis après Vous, mon Créateur et
Dieu éternel. Ni les solennités, ni les beaux chants ne calment mon âme, mais ils
l'excitent à un désir encore plus grand. A la seule mention de Votre Nom, mon
esprit s'élance vers Vous, Seigneur ! 850. 28. XII. 1936. Aujourd'hui, j'ai commencé la neuvaine à la Miséricorde
Divine. C'est-à-dire que je me transporte en esprit devant ce tableau, je récite le
chapelet que le Seigneur m'a enseigné. Le second jour de la neuvaine, je vis ce
tableau comme vivant, avec d'innombrables ex-voto accrochés autour de lui et
je voyais de grandes multitudes de gens venir ici. Beaucoup de gens rayonnaient
de bonheur. Ô Jésus, de quelle joie a battu mon cœur ! Je faisais la neuvaine à
l'intention de deux personnes, notre archevêque et l'abbé Sopoko. Je prie
ardemment Dieu d'inspirer notre archevêque, afin qu'il daigne approuver ce petit
chapelet si agréable à Dieu, et ce tableau, et qu'il ne retarde pas cette œuvre. 851. Aujourd'hui, tout d'un coup le regard du Seigneur m'a transpercé comme
un éclair. Alors j'ai vu les petits grains de poussière dans mon âme. Voyant ma
nullité toute entière, je tombai à genoux et je demandai pardon au Seigneur. Et
avec une grande confiance, je me plongeai dans Son infinie miséricorde. Une
telle connaissance ne me déprime pas, ni ne m'éloigne du Seigneur, mis elle
éveille plutôt dans mon âme, un plus grand amour et une confiance sans bornes.
Le repentir de mon coeur est uni à l'amour. Ces singulières lumières divines
forment mon âme. Ô doux rayons Divins, éclairez-moi jusque dans les plus
secrètes profondeurs, car je désire parvenir à une plus grande pureté de coeur
et d'âme ! 852. Le soir une grande langueur s'est emparée de mon âme. Je pris la brochure avec l'image de Jésus miséricordieux. Je la serrais sur mon cœur et de mon âme jaillirent ces paroles : « Jésus, Amour éternel, pour Vous je vis, pour Vous je meurs ! C'est à Vous que je désire m'unir. » Soudain je vis le Seigneur d'une beauté indicible, qui me regarda gracieusement et dit : « Ma fille, Moi aussi par amour pour toi je suis descendu du Ciel ! Pour toi j'ai vécu, pour toi Je suis mort et pour toi j'ai créé les cieux. » Il m'a serrée contre Son Cœur et m'a dit : « Bientôt déjà, sois tranquille, Ma fille ! » Quand je suis restée seule, mon âme fut enflammée du désir de la souffrance jusqu'au moment où le Seigneur dira : « Assez ». Et même si je devais vivre des milliers d'années, je vois à l'aide de la lumière Divine que c'est seulement un moment. L'âme… (Pensée inachevée.)
853. 29. XI.1936. Aujourd'hui, après la Sainte Communion, j'entendis dans
mon âme une voix : « Ma fille, veille, car Je viendrai sans qu'on Me remarque. »
Jésus, vous ne voulez pas me dire l'heure que j'attends avec tant de langueur ? -
« Ma fille tu l'apprendras pour ton bien, mais pas maintenant. Veille ! » Ô Jésus,
faites de moi ce qu'il Vous plaira ! Je sais que Vous êtes le Sauveur
miséricordieux et je sais que Vous ne changerai pas pour moi l'heure de ma
mort. Si dès maintenant, Vous me témoignez un amour si particulier et Vous
daignez si gracieusement et confidentiellement Vous unir à moi, je m'attends à
beaucoup plus à l'heure de ma mort. Vous, le Seigneur, mon Dieu, Vous ne
pouvez changer ! Vous êtes toujours le même. Les cieux peuvent changer, ainsi
que tout ce qui a été créé, mais Vous, Seigneur, Vous êtes toujours le Même.
Vous êtes dans les siècles. Donc venez, comme Vous voulez et quand Vous
voulez ! Père infiniment miséricordieux, moi, Votre enfant, j'attends avec
nostalgie Votre venue. Ô Jésus, Vous avez dit dans le Saint Evangile: Vous serez jugés sur vos paroles.
Jésus, je parle toujours de Votre indicible miséricorde, donc j'ai confiance que
Vous allez me juger selon Votre insondable miséricorde. 854. 30.XII. 1936. l'année finit. Je prends la journée d'aujourd'hui pour ma
retraite mensuelle. Mon esprit a approfondi les bienfaits que Vous avez
répandus sur moi durant toute l'année. Mon âme a tremblé à la vue de
l'immensité des grâces du Seigneur. De mon âme a jailli vers Dieu un hymne
d'action de grâces. Toute une heure durant je me suis plongée dans l'adoration
et dans l'action de grâces, méditant un à un, les bienfaits de Dieu et aussi mes
petits manquements. Tout ce que cette année renfermait s'est engouffré dans
l'éternité. Rien ne se perd. Je me réjouis que rien ne se perde. 855. 30. XII. 1936. Retraite d'un jour. Pendant la méditation du matin, j'ai ressenti une aversion et une répugnance pour
tout ce qui est créé. Tout me paraît si pâle, mon esprit est détaché de tout. Je ne
désire que Dieu seul, et cependant je dois vivre. C'est un martyre que je ne peux
décrire. Dieu se donne à l'âme avec amour et l'entraîne dans les inconcevables
profondeurs de la Divinité. Mais en même temps Il la laisse sur cette terre dans
le seul but de souffrir et d'agoniser en languissant après Lui. Et ce puissant
amour est si pur que Dieu, Lui-même y trouve Son délice. L'amour-propre n'a
pas de part à ses actions, car ici tout est parsemé d'amertume, donc tout est très
pur. La vie est une perpétuelle mort, douloureuse et terrible. Mais en même
temps elle est la base de la vraie vie, du bonheur inconcevable, de la force de
l'âme. Et par là même, l'âme est capable de grandes actions pour Dieu. 856. Le soir, j'ai prié pendant quelques heures, d'abord pour mes parents et ma
famille, pour la Mère Générale et toute la Congrégation, pour nos élèves, pour
trois prêtres à qui je dois beaucoup. J'ai parcouru le monde entier en long et en
large et j'ai rendu grâce à l'insondable miséricorde de Dieu pour toutes les
grâces données aux hommes. Et je Lui ai demandé pardon pour tout ce qui L'a
offensé. 857. Pendant les vêpres, j'ai aperçu Jésus qui a regardé doucement et
profondément mon âme. « Prends patience, ma fille, ce ne sera plus long. » Ce
regard profond et ces paroles, ont donné à mon âme force, puissance et
courage, ainsi qu'une étrange confiance que j'accomplirai tout ce qu'Il exige de
moi, malgré tant d'énormes difficultés. Elles introduisirent aussi dans mon âme
l'étrange conviction que le Seigneur est avec moi et qu'avec Lui je peux tout.
Toutes les puissances du monde et de l'enfer entier ne me sont rien, tout doit
s'écrouler de par la puissance de Son Nom. Je remets tout entre Vos mains, ô
mon Seigneur et mon Dieu. Unique Chef de mon âme, dirigez-moi d'après Vos
désirs éternels ! 858. Cracovie, Pradnik I. I. 1937 Jésus, j'ai confiance en Vous ! Aujourd'hui, j'ai dit adieu à l'année 1936 et j'ai salué l'année 1937. C'est avec tremblement et appréhension qu'en cette première heure de l'année j'ai regardé bien en face ce laps de temps. Jésus miséricordieux, j'irai courageusement et bravement dans le combat et les batailles. En Votre Nom, j'accomplirai tout et je vaincrai tout. Mon Dieu, bonté infinie, je Vous en prie que Votre infinie miséricorde m'accompagne toujours et partout ! En entrant dans cette nouvelle année, la peur me prend face à la vie. Mais Jésus
éloigne de moi cette peur en me faisant connaître quelle grande gloire Lui
procurera cette œuvre de la miséricorde. 859. Il y a des moments dans la vie où l'âme ne trouve d'apaisement que dans
une profonde prière. Que les âmes sachent persévérer dans l'oraison ! En de
tels moments, c'est une chose bien importante. 860. J. M. J. Jésus, j'ai confiance en Vous ! Résolutions pour l'année 1937, 1er jour du 1er mois. Résolutions détaillées, toujours les mêmes : - m'unir au Christ miséricordieux. - comment aurait fait le Christ dans telle ou telle occasion ? - embrasser par l'esprit le monde entier, surtout la Russie et l'Espagne. Résolutions générales. I. Stricte observance du silence. Calme intérieur. II. Voir en chaque Sœur l'image de Dieu, de ce motif doit dériver tout l'amour du prochain. III. A chaque moment de la vie, accomplir fidèlement la volonté de Dieu et en vivre. IV. Rendre fidèlement compte de tout à mon directeur de conscience et ne rien entreprendre d'important sans m'être entendue avec lui. Je vais tâcher de lui dévoiler clairement les plus secrètes profondeurs de mon âme en me souvenant que c'est à Dieu seul que j'ai affaire, et que ce n'est qu'un homme qui Le remplace. Prier Dieu chaque jour qu'Il lui donne la lumière nécessaire. V. A l'examen du soir, me poser cette question : « S'Il m'appelait aujourd'hui ? » VI. Ne pas chercher Dieu au loin, mais demeurer avec Lui en tête-à-tête dans mon cœur. VII. Dans les épreuves et les contrariétés, recourir au tabernacle et me taire. VIII. Unir toutes mes souffrances, prières, travaux et mortifications aux mérites de Jésus dans le but d'obtenir miséricorde pour le monde. IX. Profiter des moments libres, mêmes les plus petits pour prier à l'intention des agonisants. X. Qu'il n'y ait pas un jour dans ma vie où je ne sollicite Votre grâce pour les œuvres de notre congrégation. XI. N'avoir jamais aucun égard pour l'opinion humaine. N'être sur pied de familiarité avec personne. Envers nos élèves : avoir une douce fermeté, une patience sans bornes. Les punir sévèrement, mais avec des punitions de ce genre : prière et sacrifice de soi-même. La force contenue dans l'anéantissement de soi est pour elles un constant remords de conscience et cela fléchit leur cœur rebelle. XII. La présence de Dieu est le fondement de toutes mes actions, mes paroles et mes pensées. XIII. Profiter de chaque aide spirituelle. Remettre toujours l'amour-propre à sa
place, c'est-à-dire la dernière. Faire mes exercices spirituels comme si je les
faisais pour la dernière fois de ma vie, et accomplir tous mes devoirs de même. 861. 2. I. 1937. Ô Jésus, qu'il est grand Votre Nom Seigneur ! Il est la
puissance de mon âme ! Lorsque les forces m'abandonnent et que les ténèbres
envahissent mon âme, Votre Nom devient alors comme un soleil dont les rayons
éclairent et réchauffent l'âme. Et sous leur ardeur l'âme embellit et rayonne de
l'éclat de Votre Nom. Au doux Nom de Jésus mon coeur bat plus fort. Il y a
des moments où en entendant le Nom de Jésus je tombe en défaillance. Mon
esprit s'élance vers Vous. 862. Ce jour est pour moi tout particulièrement un grand jour. Ce jour-là, je suis
allée pour la première fois m'occuper de la peinture de cette image. Ce jour-là,
la Miséricorde divine a été pour la première fois particulièrement honorée au
dehors, bien qu'elle soit connue depuis longtemps, mais cette fois-ci sous la
forme que le Seigneur souhaitait. Ce jour de Fête du doux Nom de Jésus me
rappelle bien des grâces particulières. 863. Aujourd'hui la Mère Supérieure de la Congrégation, qui assure le service
de l'hôpital, est venue me voir avec une de ses Sœurs. Nous avons longuement
parlé de choses spirituelles. J'ai reconnu en elle une grande ascète. C'est pour
cela que notre conversation a été agréable à Dieu. Aujourd'hui une jeune fille est venue chez moi. J'ai reconnu qu'elle était
souffrante, pas tant de corps que d'âme. Je la consolais autant que je pouvais,
mais mes paroles de consolation ne suffisaient pas. C'était une pauvre orpheline,
son âme était plongée dans l'amertume de la douleur. Elle me dévoila son âme et
elle me raconta tout. J'ai compris que de simples mots de consolation ne
suffiraient pas ici. J'ai imploré le Seigneur pour cette âme et j'ai offert à Dieu ma
joie pour la lui donner à elle, et qu'il m'ôte tout sentiment de joie. Le Seigneur a
exaucé ma prière. Pour moi resta la consolation qu'elle avait été consolée. 864. Adoration. Le premier dimanche du mois, pendant l'adoration, je me suis
sentie si pressée d'agir que je me suis mise à pleurer. Et j'ai dit au Seigneur : «
Jésus, ne me pressez pas, mais donnez l'inspiration à ceux qui, Vous le savez,
retardent cette œuvre. » Et j'ai entendu ces mots : « Ma fille sois tranquille, ce ne
sera plus long ! » 865. Pendant les vêpres, j'ai entendu ces paroles : « Ma fille, Je désire Me
reposer en ton cœur, car beaucoup d'âmes M'ont aujourd'hui rejeté de leur
cœur. » J'en ai éprouvé une tristesse mortelle. J'ai taché de consoler le Seigneur,
en Lui faisant mille fois l'offrande de mon amour. J'ai ressenti en mon âme une
grande aversion pour le péché. 866. Mon cœur est constamment abreuvé d'amertume, car je désire aller chez
Vous, Seigneur, dans la plénitude de la vie. Ô Jésus, comme cette vie me
semble un terrible désert. Il n'y a de nourriture ni pour mon cœur, ni pour mon
âme sur cette terre. Je souffre et me languis de Vous, Seigneur. Vous m'avez
laissé, ô Seigneur, la Sainte Eucharistie. Mais elle attise davantage encore la
nostalgie de mon âme envers Vous, Dieu éternel, mon Créateur. Jésus, je désire
m'unir à Vous, daignez entendre les soupirs de Votre bien-aimée. Oh ! Comme
je souffre de ne pouvoir encore m'unir à Vous ! Mais qu'il en soit selon Vos
désirs ! 867. 5. I. 1937. Ce soir, j'ai vu un prêtre qui avait besoin de prières, pour une
certaine affaire. J'ai prié ardemment, car cette affaire me tient aussi à cœur.
Merci, Jésus pour cette bonté. 868. Ô Jésus miséricordieux, enveloppez le monde entier, et pressez-moi contre
Votre Cœur !…. Permettez, Seigneur que mon âme repose dans l'océan de
Votre insondable miséricorde ! 869. 6. I. 1937. Aujourd'hui, pendant la Sainte Messe, je me suis
inconsciemment plongée dans l'infinie Majesté de Dieu. Toute l'immensité de
l'amour divin, inondait mon âme, en ce moment précis. J'ai compris combien
Dieu s'est abaissé pour moi - ce Seigneur au-dessus de tous les Seigneurs - et
que suis-je moi, misérable pour que Vous ayez de telles relations avec moi ? La
stupéfaction qui m'a saisie après cette grâce particulière se prolongea avec
vivacité pendant toute la journée. Profitant de l'intimité à laquelle le Seigneur
m'admet, je L'ai supplié pour le monde entier. Dans de tels moments, il me
semble que le monde entier dépend de moi. 870. Mon Maître, disposez ainsi mon cœur : que je n'attende l'aide de personne,
mais qu'au contraire je tâche toujours d'aider les autres, de les consoler et de les
soulager en tout. J'ai le cœur toujours ouvert aux souffrances d'autrui. Je ne le
ferme pas aux souffrances des autres. C'est pour cela que l'on m'appelle, avec
une allusion malicieuse, la pelle à poussière. C'est-à-dire, que chacun jette sa
douleur dans mon cœur. J'ai répondu, que chacun a sa place en mon cœur. Et
moi, en compensation, j'ai ma place dans le Cœur de Jésus. Ces allusions au
droit d'amour ne rétrécissent pas mon cœur. Mon âme est toujours sensible sur
ce point, et Jésus seul est le mobile de mon amour du prochain. 871. 7. I. 1937. Pendant l'Heure Sainte, le Seigneur me permit de goûter Sa
Passion. J'ai partagé l'amertume dont était remplie Son âme durant la Passion.
Jésus m'a fait comprendre combien l'âme doit être fidèle à l'oraison malgré les
tourments, la sécheresse et les tentations. Car, pour la plupart, c'est d'une telle
oraison que dépend la réalisation des desseins de Dieu qui sont parfois bien
grands. Si nous ne persévérons pas dans cette oraison, nous déjouons que Dieu
voulait accomplir par nous, ou en nous. Que chacun se rappelle ces paroles : «
En proie à la détresse, Il priait de façon plus instante. » Je prolonge toujours
semblable oraison autant qu'il est en mon pouvoir et en accord avec mes
devoirs. 872. 8. 1. 1937. Vendredi matin, lorsque j'allais à la chapelle pour la Sainte
Messe, soudain j'ai aperçu sur le trottoir un grand buisson de genévrier dans
lequel se trouvait un terrible chat qui me barrait le passage vers la chapelle, me
regardant méchamment. Un soupir au Nom de Jésus dispersa tout. J'ai offert
toute cette journée pour les pécheurs agonisants. Pendant la Sainte Messe j'ai
ressenti d'une manière particulière la proximité du Seigneur. Après la Sainte
Communion j'ai regardé le Seigneur avec confiance et je Lui dis : « Jésus, je
désire tant Vous dire quelque chose. » Et le Seigneur me regarda avec amour et
me dit : « Que désires-tu Me dire ? »- « Jésus, je Vous supplie par
l'inconcevable puissance de Votre miséricorde, que toutes les âmes, qui
agoniseront aujourd'hui échappent au feu de l'enfer, seraient-ce les âmes des
plus grands pécheurs ? C'est aujourd'hui vendredi, commémoration de votre
amère agonie sur la Croix et parce que Votre miséricorde est inconcevable, les
Anges ne s'en étonneront pas. » Jésus me serra contre Son Cœur et dit : « Ma
fille bien-aimée, tu as bien reconnu l'immensité de Ma miséricorde. Je ferai
comme tu m'en as prié. Mais unis-toi constamment à Mon Cœur agonisant et
donne satisfaction à Ma justice ! Sache que tu M'as priée pour une grande
chose. Je vois que cela t'a été dicté par le pur amour que tu as pour Moi. C'est
pourquoi Je vais satisfaire tes exigences. » 873. Marie, Vierge Immaculée, prenez-moi sous Votre protection particulière !
Gardez la pureté de mon âme, de mon cœur et de mon corps ! Vous êtes le
modèle et l'étoile de ma vie. 874. J'ai éprouvé aujourd'hui une grande souffrance au moment de la visite de
nos Sœurs. J'ai appris une chose, qui a profondément blessé mon cœur,
cependant je me suis maîtrisée de telle façon que les Sœurs n'ont rien remarqué.
Pendant un long moment la douleur déchira mon cœur. Mais tout cela c'est pour
les pauvres pécheurs… Ô Jésus pour les pauvres pécheurs… Jésus, ma force,
soyez près de moi, secourez-moi !… 875. 10. I. 1937. J'ai prié aujourd'hui le Seigneur de m'accorder des forces
pour que je puisse aller communier. « Mon Maître, je Vous prie de tout mon
cœur languissant de me donner, si cela est conforme à Votre Sainte Volonté,
toutes les souffrances et les faiblesses qu'Il Vous plaît. Je désire souffrir durant la
journée et la nuit entière. Mais je Vous en supplie, fortifiez-moi au moment où je
dois communier. Vous voyez bien, Jésus, qu'on n'apporte pas la Sainte
Communion aux malades. Alors si Vous ne me fortifiez pas pour ce moment-là
afin que je puisse descendre à la chapelle, comment puis-je Vous recevoir dans
le mystère de l'Amour ? Et Vous savez combien mon cœur languit de Vous. Ô
mon doux époux, à quoi bon tant de plaintes ? Vous savez que je vous désire
ardemment. Si Vous le voulez, Vous pouvez faire cela pour moi. » Le lendemain
matin je me suis sentie tout à fait bien portante : défaillances et faiblesses avaient
disparues. Cependant quand je suis revenue de la chapelle, toutes ces
souffrances et ces faiblesses me sont immédiatement revenues comme si elles
m'attendaient. Mais je n'avais plus du tout peur d'elles, car je m'étais nourrie du
Pain des Forts. Je regarde tout bravement droit dans les yeux, même la mort. 876. Ô Jésus caché dans l'hostie, mon doux Maître et fidèle Ami, mon âme est
heureuse d'avoir un tel ami, qui me tient toujours compagnie ! Je ne me sens pas
seule, bien que je sois dans l'isolement. Jésus Eucharistie, nous nous
connaissons, cela me suffit. 877, 12. I. 1937. Aujourd'hui, lorsque le médecin est venu pour visiter les
malades, je ne lui ai guère plu. J'étais naturellement plus souffrante et ma
température était sensiblement plus élevée. Il va sans dire qu'il a décidé que je
ne devais plus descendre pour la Sainte Communion jusqu'à ce que la
température ait complètement baissé. J'ai répondu : « Bien, » quoique la douleur
ait serré mon cœur. Mais j'ai dit que, si je n'avais pas de fièvre je descendrai. Il
consent à cela. Quand le médecin fut sorti, j'ai dit au Seigneur : « Jésus, maintenant cela dépend
de Vous que j'y aille ou non. » Et je n'y ai plus pensé quoique à chaque instant
l'idée me venait : « Je ne vais pas pouvoir recevoir Jésus - non, c'est impossible
- et non seulement une fois, mais plusieurs fois, jusqu'à ce que la température
baisse. » Mais le soir j'ai dit au Seigneur : « Jésus, si mes Saintes Communions
Vous sont agréables, je Vous prie humblement de n'avoir pas un seul degré de
température demain matin. » Le matin je prends ma température et pense en
moi-même : Si j'ai, ne serais-ce qu'un seul degré, alors je ne me lèverai pas, car
ce serait contraire à l'obéissance. » Cependant je retire le thermomètre et il n'y
avait pas un seul degré de température. J'ai sauté tout de suite au bas de mon lit
et je suis allée communier. Lorsque le médecin est venu et que je lui ai dit que, n'ayant pas un seul degré de
température, j'étais allée communier, il en fut étonné. Je l'ai prié de ne pas me
faire de difficultés pour aller communier, car cela ne peut avoir une influence
défavorable sur ma cure. Il a répondu : « Afin d'avoir la conscience tranquille, et
en même temps afin de ne pas vous déranger, ma Sœur, arrangeons-nous de
telle sorte qu s'il fait beau temps, s'il ne pleut pas, et que vous vous sentiez bien,
alors vous pouvez aller communier. Mais en conscience soyez prudente ! Je me
suis réjouie que le médecin ait tant d'égards pour moi. Voyez-Vous, Jésus, ce
que je devais faire, je l'ai déjà fait. Maintenant je compte sur Vous et je suis
toute à fait tranquille. 878. J'ai vu aujourd'hui le Père Andrasz célébrer la Sainte Messe. Avant
l'Elévation, j'ai aperçu le Petit Jésus qui, les petites mains tendues, était très
joyeux. Puis, un moment après je ne vis plus rien. J'étais dans ma chambre
séparée, continuant à faire mon action de grâces.. Cependant plus tard, j'ai
pensé en moi-même : pourquoi l'Enfant Jésus était-Il si gai ? Car Il n'est pas
toujours aussi gai, à ce que je vois. Soudain, j'entendis ces mots en mon âme : «
Car Je me sens bien dans son cœur. » Et cela ne m'a pas du tout étonnée, car je
sais que le Père aime beaucoup Jésus. 879. Mon union avec les agonisants continue d'être très étroite. Oh ! Que la
miséricorde divine est inconcevable ! Dieu me permet par mon indigne prière,
de venir en aide aux agonisants ! J'essaye, autant qu'il m'est possible, de me
trouver auprès de chaque agonisant. Ayez confiance en Dieu car Il est bon et
inconcevable. Sa miséricorde dépasse notre compréhension. 880. 14. I. 1937. Aujourd'hui Jésus est entré dans ma chambre particulière.
Vêtu d'une robe claire, ceint d'une ceinture d'or, une grande majesté rayonnait
de Sa personne et Il a dit : « Ma fille, pourquoi t'abandonnes-tu à des pensées
alarmantes ? » J'ai répondu : « Ô Seigneur, Vous savez pourquoi. » Et Il m'a dit
: « Pourquoi ? »- « Cette œuvre m'alarme. Vous savez que je suis incapable de
l'accomplir. » Et Il a dit : Pourquoi ? » - « Vous voyez bien que je ne suis pas en
bonne santé, que je n'ai pas d'instruction, que je n'ai pas d'argent, que je suis un
abîme de misère et que les relations avec les gens me font peur. Jésus, je ne
désire que Vous. Vous pouvez, Vous, me dispenser de cela. » Et le Seigneur
m'a dit : « Ma fille, ce que tu as dit est vrai. Tu es très misérable. Mais il M'a plu
de réaliser l'œuvre de la miséricorde, justement par toi, qui est la misère même.
N'aie pas peur. Je ne te laisserai pas seule. Fait ce que tu peux dans cette
affaire, Moi J'accomplirai tout ce dont tu es incapable. Tu sais ce qui est en ton
pouvoir de faire, alors fais-le ! » Le Seigneur a jeté un regard plein de
bienveillance au fond de mon être. J'ai cru que j'allais en mourir de joie. Le
Seigneur disparut. En mon âme demeurèrent joie, puissance et force d'agir.
Mais je suis étonnée de ce que le Seigneur ne veuille pas me dispenser et qu'Il
ne change rien à ce qu'il a une fois décidé. Et malgré toutes ces joies, il y a
toujours une ombre de douleur. Je vois que l'amour et la douleur vont de pair. 881. J'ai rarement de semblables visions, mai le plus souvent, mon commerce
avec le Seigneur s'opère de manière très profonde. Les sens restent assoupis
quoique ce soit imperceptible. Et tout ce qui touche à l'être divin, aux vérités
révélées, ainsi qu'à la connaissance de ma propre misère, devient pour moi plus
réel et plus clair que si je le voyais de mes yeux. En un instant l'esprit discerne
plus que durant de longues années de réflexions approfondies et de méditations. 882. Rien ne me dérange dans cette union avec le Seigneur, ni la conversation
avec le prochain, ni aucune tâche, quand bien même il s'agirait d'affaires très
importantes, cela ne me dérange aucunement. Mon esprit est avec Dieu. Mon
cœur est plein de Dieu, je ne le cherche donc pas en dehors de moi-même. Lui, le Seigneur transperce mon âme, comme le rayon de soleil transperce le
verre. Lorsque j'étais enfermée dans le sein de ma mère, je ne lui étais pas aussi
unie que je le suis à mon Dieu. Là, c'était l'inconscience. Ici c'est la réalité en
plein, ainsi que la conscience de l'union. Mes visions sont purement intérieures.
Mais mieux je les comprends, moins je puis les exprimer en paroles. 883. Oh ! Comme le monde spirituel est beau ! Et il est si réel qu'en
comparaison, la vie extérieure n'est que vain leurre, impuissance. 884. Jésus, donnez-moi force et sagesse pour que je puisse venir à bout de ce
terrible désert, pour que mon cœur sache supporter patiemment la nostalgie de
Vous, ô mon Seigneur ! Je demeure toujours dans un saint étonnement, quand
je vois que Vous Vous approchez de moi, Vous, le Seigneur possesseur d'un
terrible trône, que Vous descendez dans ce misérable exil et venez chez une
pauvre mendiante qui n'a rien hors la misère. Je ne sais Vous régaler, mon
Prince royal, mais Vous savez que je vous aime de chaque tressaillement de
mon cœur. Je vois que Vous Vous abaissez, mais cependant Votre Majesté ne
diminue pas à mes yeux. Je sais que Vous m'aimez d'un amour d'Epoux et cela
me suffit, bien qu'un grand abîme nous sépare, car Vous êtes le Créateur et moi
Votre créature. Pourtant, l'amour seul explique notre union, hors de lui tout est
incompréhensible. Seul l'amour explique cette inconcevable intimité avec
laquelle Vous me fréquentez. Ô Jésus, Votre grandeur m'effraie et je serais dans
un étonnement constant et une peur continuelle, si Vous ne m'apaisiez pas
Vous-même. Vous me rendez capable d'avoir commerce avec Vous. 885. 15. I. 1937. La tristesse ne s'installe pas dans un cœur qui aime la volonté
divine. Mon cœur languissant après Dieu ressent toute la misère de l'exil.
J'avance courageusement, quoique mes pieds se blessent, vers ma patrie. Et en
route, je me nourris de la volonté divine. Elle m'est nourriture. Secourez-moi,
vous, les heureux habitants de la patrie céleste afin que votre sœur ne faiblisse
pas en route. Le désert est terrible, pourtant je marche le front levé et de mes
yeux je fixe le soleil, c'est-à-dire Votre Cœur miséricordieux. 886. 19. I. 1937. Ma vie s'écoule maintenant dans une calme conscience de
Dieu. Mon âme silencieuse vit de Lui et cette vie consciente de Dieu dans mon
âme m'est source de bonheur et de force. Je ne cherche pas de bonheur en
dehors de la profondeur de mon âme dans laquelle demeure Dieu. Je suis
consciente de cela. Je sens comme un besoin de me communiquer aux autres. Je
découvre en mon âme la source du bonheur, c'est Dieu. Ô mon Dieu, je vois
que tout ce qui m'entoure est comblé de Dieu. Et c'est mon âme qui est la plus
comblée, elle qui est ornée de la grâce de Dieu. Je commence maintenant ce
dont je vivrai dans l'éternité. 887. Le silence est un langage si puissant, qu'il atteint le trône du Dieu vivant. Le
silence est Sa parole qui, bien que mystérieuse, est puissante et vivante. 888. Jésus, vous me faites voir et comprendre en quoi consiste la grandeur de
l'âme : ce n'est pas dans de grandes actions, mais dans un grand amour.
L'amour a de la valeur, et c'est lui qui donne de la valeur à nos actions. Et, bien
que nos actes soient petits et ordinaires en eux-mêmes, à cause de l'amour, ils
deviennent grands et puissants devant Dieu. 889. L'amour est un mystère qui transfigure tout ce qu'il touche en des choses belles et agréables à Dieu. L'amour de Dieu rend l'âme libre. Elle est comme une reine, qui ne connaît pas la contrainte de l'esclavage. Elle entreprend tout avec grande aisance, car l'amour qui l'habite lui donne l'impulsion pour agir. Tout ce qui l'entoure lui fait comprendre que Dieu seul est digne de son amour. L'âme amoureuse de Dieu est plongée en Lui. Elle va à son devoir dans les mêmes dispositions qu'à la Sainte communion. Et elle accomplit la plus simple action avec un grand soin sous le regard amoureux de Dieu. Elle ne se trouble pas lorsque, après un certain temps, quelque chose se révèle peu réussi. Elle reste calme, car au moment d'agir elle a fait ce qui était en son pouvoir. Lorsqu'il arrive que la présence vivante de Dieu la quitte, cette présence dont elle jouit presque sans cesse, elle tâche alors de vivre de foi pure. Cette âme comprend qu'il y a des moments de repos et des moments de lutte. Par la volonté elle est toujours avec Dieu. Cette âme est exercée au combat comme un chevalier, elle voit de loin où l'ennemi se cache et elle est prête à la lutte. Elle sait qu'elle n'est pas seule, Dieu est sa force.
890. 21. I. 1937. Aujourd'hui, dès ce matin, je suis étrangement unie au
Seigneur. Dans la soirée, le prêtre de l'hôpital est venu me voir. Après un
moment de conversation, je sentis que mon esprit commençait à se plonger
davantage en Dieu et j'ai commencé à perdre la notion de ce qui se passait
autour de moi. J'ai prié ardemment Jésus : « Donnez-moi la possibilité de causer
». Et le Seigneur me l'a donnée. Je pouvais parler aisément. Mais il y eut un
moment où je n'ai pas compris ce que le prêtre a dit. J'entendais sa voix, mais il
ne m'était pas possible de le comprendre. Je lui ai demandé pardon de ne pas
comprendre ses paroles bien que j'entendisse sa voix. C'était un instant de cette
grâce d'union avec Dieu, mais imparfaite, car les sens agissant extérieurement,
mais également d'une manière imparfaite, il n'y a pas de complète fusion en
Dieu, c'est-à-dire de suspension des sens, comme cela arrive souvent : On
entend ni ne voit rien de l'extérieur. L'âme entière est aisément toute plongée en
Dieu. Lorsque j'éprouve cette grâce, je désire être seule. Je prie Jésus qu'Il me
mette à l'abri des regards des créatures. J'avais vraiment bien honte devant ce
prêtre. Mais je me suis tranquillisée, car il a eu un peu connaissance de mon âme
par la confession. 891. Aujourd'hui le Seigneur me fit connaître en esprit le couvent de la
miséricorde divine. J'ai vu dans ce couvent une haute spiritualité mais tout était
pauvre et très simple. Ô mon Jésus, Vous me faites demeurer en esprit avec ces
âmes, mais peut-être mon pied ne se posera-t-il jamais là-bas ! Mais que Votre
Nom soit béni et qu'il en soit selon Votre Volonté. 892. 22. I. 1937. C'est aujourd'hui vendredi. Mon âme est dans une mer de
souffrances. Les pécheurs m'ont tout pris, mais c'est bien pour eux. J'ai tout
donné afin qu'ils connaissent Votre bonté et Votre infinie miséricorde. Quant à
moi, je vous resterai fidèle sous les arcs-en-ciel comme dans les orages. 893. Aujourd'hui, le médecin a décidé que je ne devais pas aller à la Sainte
Messe, mais seulement à la Sainte communion. Je désirais beaucoup assister à
la Sainte Messe, mais mon confesseur, d'accord avec le médecin, m'a dit d'être
obéissante ; « La volonté de Dieu, ma Sœur, est que vous soyez bien portante.
Il vous est défendu de vous mortifier en quoi que ce soit. Soyez obéissante et
Dieu vous en récompensera. J'ai senti que ces paroles du confesseur étaient les
paroles de Jésus. Et quoique je regrette de manquer la Sainte Messe, durant
laquelle Dieu me donnait la grâce de voir le petit Enfant-Jésus, cependant je
préfère l'obéissance à tout autre chose. Je m'était plongée dans l'oraison et je récitais la pénitence lorsque soudain j'ai
aperçu le Seigneur qui m'a dit : « Ma fille, sache que tu me rends une plus
grande gloire par un acte d'obéissance que par de longues prières et des
mortifications. » Oh ! Qu'il est bon de vivre dans l'obéissance, en ayant
conscience que tout ce que je fais est agréable à Dieu ! 894. 23. I. 1937. Aujourd'hui je n'avais pas envie d'écrire. Soudain j'ai entendu
dans mon âme une voix : « Ma fille, tu ne vis pas pour toi, mais pour les âmes.
Ecris pour leur profit. Tu sais que Ma volonté quant à tes écrits, t'a été bien
souvent confirmée par tes confesseurs. Tu sais ce qui M'est agréable et si tu as
quelques doutes quant à Ma parole, tu sais aussi qui tu dois interroger. Je lui
donne la lumière pour qu'il juge Mon affaire. Mon œil veille sur lui. Ma fille, tu
dois être, comme un enfant envers lui, pleine de candeur et de franchise. Préfère
son opinion à toutes Mes exigences ! Il te conduira selon Ma volonté. S'il ne te
permet pas d'accomplir Mes exigences, sois tranquille, Je ne te jugerai pas.
Cette affaire restera entre Moi et lui. Toi, tu dois être obéissante ! » 895. 25. I. 1937. Mon âme est plongée aujourd'hui dans l'amertume. Ô Jésus, ô
mon Jésus, à chacun il est permis de me donner de la souffrance. Et Vous, ô
Jésus, Vous avez le devoir de me donner puissance et force en ces durs
moments. Hostie Sainte, soutiens-moi et ferme mes lèvres au murmure et à la
plainte ! Lorsque je fais silence, je sais que je remporte la victoire. 896. 27. I. 1937. Je sens une amélioration considérable de ma santé. Jésus me
ramène des portes de la mort à la vie, puisque j'ai manqué mourir. Et voilà que
le Seigneur m'accorde pleinement la vie. Quoique je doive encore rester au
sanatorium, je suis déjà presque bien portante. Je vois que la volonté ne s'est
pas encore accomplie en moi, c'est pourquoi je dois vivre. Car je sais bien que,
si j'accomplis tout ce que Dieu a décidé à mon égard sur la terre. Il ne me
laissera pas plus longtemps en exil car ma maison c'est le Ciel. Mais avant
d'entrer dans la Patrie, nous devons accomplir la volonté divine sur la terre,
c'est-à-dire que les épreuves et les luttes doivent œuvrer en nous. 897. Ô mon Jésus, Vous me redonnez la santé et la vie. Donnez-moi donc la
force de combattre, car sans Vous, je ne suis capable de rien. Donnez-moi la
force, car vous pouvez tout ! Vous voyez que je ne suis qu'une frêle enfant, que
puis-je ? Je connais toute la puissance de Votre miséricorde. Et j'ai pleine
confiance que Vous me donnerez tout ce dont Votre faible enfant a besoin. 898. Comme j'ai beaucoup désiré la mort, je ne sais si j'aurai encore dans la vie
une telle nostalgie de Dieu. Il y eut des moments où je tombais en défaillance à
cause de cela. Oh ! Que la terre est vilaine quand on connaît le Ciel. Je dois me
faire violence pour vivre. Ô volonté divine, tu es ma nourriture ! 899. Oh ! Que la vie est grise et pleine de choses incompréhensibles ! J'y
exerce ma patience et puis vient l'expérience. Je comprends beaucoup et
j'apprends chaque jour. Je vois que je sais peu et je découvre constamment des
fautes dans ma conduite. Mais cela ne me décourage pas. Je remercie seulement
Dieu de daigner m'accorder Sa lumière pour me connaître moi-même. 900. Il y a une personne qui met ma patience à rude épreuve, je dois lui
consacrer beaucoup de temps. Quand je cause avec elle, je sens qu'elle ment
continuellement. Et parce qu'elle me parle de choses lointaines que je ne puis
vérifier, ce mensonge lui échappe. Mais je suis intérieurement persuadée qu'il n'y
a aucune vérité dans ce qu'elle dit. Lorsqu'une fois j'ai été prise de doutes me
demandant si c'était moi qui me trompais et que peut-être elle disait la vérité, j'ai
prié Jésus de me donner le signe suivant. Si réellement elle mentait qu'elle me
l'avoue elle-même quel que fut le sujet sur lequel j'avais la certitude qu'elle
mentait. Et si elle disait la vérité, que Jésus m'ôte la conviction qu'elle ment. Un
moment après, elle vint me voir à nouveau et me dit : « Je vous demande bien
pardon, ma sœur, mais j'ai menti en disant telle et telle chose. » J'ai compris que
la lumière que j'avais intérieurement sur cette personne, ne me trompait pas. 901. 29. I. 1937. Aujourd'hui j'ai dormi trop longtemps. Je n'avais qu'un court
instant pour ne pas être en retard pour la Sainte Communion, car la chapelle est
à un bon bout de chemin de notre section. Quand je suis sortie la neige arrivait à
la hauteur des genoux. Mais avant d'avoir réfléchi que le médecin ne me
permettait pas d'aller par une telle neige, j'étais déjà chez le Seigneur à la
chapelle. J'ai communié et je suis revenue tout de suite. J'ai entendu dans mon
âme ces paroles : « Ma fille, repose près de Mon Cœur ! Je vois tes efforts. »
Mon âme se trouve encore plus heureuse lorsque je suis près du Cœur de mon
Dieu. 30. I. 1937. Retraite d'un jour. Je reconnais de plus en plus la grandeur de Dieu et je jouis de Lui. Je demeure
sans cesse avec Lui dans la profondeur de mon cœur. C'est dans ma propre
âme qu'il m'est le plus facile de trouver Dieu. 903. Pendant la méditation j'ai entendu ces paroles : « Ma fille, c'est pour la
patiente soumission à Ma volonté, que tu me rends la plus grande gloire. Et
toi-même, tu gagnes un si grand mérite que ni par les jeunes, ni par aucune
mortification tu ne l'obtiendrais sans cela. Saches, Ma fille, que si tu soumets ta
volonté à la Mienne, tu t'attires Ma prédilection. Ce sacrifice M'est agréable. Il
est plein de douceur pour Moi. Je me complais en lui, il a de la puissance. » 904. Examen de conscience : toujours la même chose, m'unir au Christ
Miséricordieux. Pratique : le silence intérieur, c'est-à-dire garder strictement le
silence. 905. Dans les moments difficiles, je fixerai mes regards sur le Cœur pacifiant de
Jésus étendu sur la Croix. Et de Son Cœur Miséricordieux, brûlant d'amour,
jailliront pour moi puissance et force pour soutenir la lutte. 906. Chose étrange, un canari vient en hiver, sous ma fenêtre et chante très
joliment pendant un moment. Je voulais m'assurer qu'il était peut-être quelque
part ici dans une cage. Mais non, il n'est nulle part, pas même dans la seconde
section. Une des malades l'a aussi entendu, mais une fois seulement. Et elle est
s'est étonnée qu'un canari chante par un temps si glacial. 907. Ô Jésus, combien j'ai pitié des pauvres pécheurs. Jésus, accordez-leur la contrition et le repentir. Souvenez-Vous de Votre douloureuse passion. Je connais Votre infinie miséricorde. Je ne peux supporter qu'une âme qui Vous a tant coûté, périsse. Jésus, donnez-moi les âmes des pécheurs. Que Votre miséricorde repose en
elles. Prenez-moi tout, mais donnez-moi les âmes. Je désire devenir hostie de
sacrifice pour les pécheurs. Que l'enveloppe du corps cache mon offrande,
puisque Votre sacré-Cœur est aussi caché dans l'hostie et que Vous êtes
Vous-même une vivante offrande. Transfigurez-moi en Vous Jésus, pour que je
sois une offrande vivante et agréable pour Vous. Je désire Vous donner
satisfaction à tout moment pour les pauvres pécheurs. L'offrande de mon âme se
cache sous l'enveloppe du corps, l'œil humain ne l'atteint pas. C'est pour cela
qu'elle est pure et qu'elle Vous est agréable. Ô mon Créateur, Père de grande
miséricorde, j'ai confiance en Vous, car Vous êtes la bonté même ! N'ayez pas
peur de Dieu, vous, les âmes ! Mais ayez confiance en Lui, car Il est bon et Sa
miséricorde est infinie. 908. Nous nous connaissons mutuellement, le Seigneur et moi dans la demeure
de mon cœur. Oui, c'est moi, qui vous accueille maintenant. Vous êtes mon
Hôte dans la maisonnette de mon cœur. Mais le temps approche où Vous
m'inviterez en Votre demeure, celle que Vous m'avez préparée depuis la
création du monde. Oh ! Que suis-je comparée à Vous Seigneur ! 909. Le Seigneur me conduit dans un monde, qui m'est inconnu. Il me fait
connaître Sa grande grâce. Mais moi, j'en ai peur et autant qu'il me sera
possible, je ne me soumettrai pas à Son influence jusqu'à ce que je me sois
assurée auprès de mon directeur de ce qu'est cette grâce. 910. À un certain moment la présence de Dieu transperça tout mon être et mon esprit fut étrangement éclairé en ce qui concerne l'Être Divin. Il m'a admise à la connaissance de Sa vie intérieure. J'ai vu en esprit les Trois Personnes Divines, mais Leur Être est un. Il est Seul, Seul et unique, mais en Trois Personnes. Aucune d'Elles n'est ni plus petite, ni plus grande. Il n'y a de différence ni en beauté, ni en sainteté, car Elles sont Un. Elles sont absolument Un. Son amour m'a transportée dans cette connaissance, et m'a unie à Lui. Lorsque j'étais unie à Une Personne, j'étais également unie à la Seconde, et à la Troisième. Car lorsque nous nous unissons à l'Une des personnes de la sainte Trinité, par là même nous nous unissons également aux Deux autres. Une est Leur volonté. Un est Dieu, quoique en Trois Personnes. Lorsque l'âme est en relation avec l'Une des trois Personnes, par la puissance
de la Même Unique Volonté, elle se trouve unie aux Trois Personnes. Et elle est
inondée du bonheur qui procède de la Sainte Trinité. Les saints se nourrissent
de ce bonheur. Semblable bonheur jaillit de la Sainte Trinité, rends heureux tout
ce qui est créé, fait jaillir la vie, donne et entretien toute vie qui prend son
commencement en Lui ! En ces moments, mon âme a éprouvé de si grands
délices divins qu'il m'est difficile de l'exprimer. Soudain, j'ai entendu ces paroles
ainsi formulées : « Je veux t'épouser ». La peur transit mon âme. 911. Mais sans inquiétude, je considérais quelles pouvaient être ces épousailles. Cependant à chaque fois la peur transperce mon âme. Mais mon âme reste calme cependant, d'un calme soutenu par la grâce d'En-Haut. Cependant, j'ai fait mes vœux perpétuels, et je les ai faits avec une volonté sincère et consciente. J'ai donc continué à m'interroger sur ce que cela signifiait. Je sens et je pénètre que c'est une grâce exceptionnelle. Quand je la considère, je défaille après Dieu. Mais en cette défaillance mon esprit reste clair et pénétré de lumière. Lorsque je suis unie à Lui, je défaille d'un excès de bonheur, mais mon esprit est
clair et pur, sans ombres. Vous abaissez Votre Majesté pour demeurer avec
une pauvre créature. Merci, Seigneur, pour cette grande grâce qui me rend
capable d'avoir des relations avec Vous Jésus. Votre Nom est un délice pour
moi. Je pressens de loin mon Bien-Aimé et mon âme languissante repose dans
Ses bras. Je ne peux pas vivre sans Lui. J'aime mieux être avec Lui dans les
souffrances et les supplices, que sans Lui dans les plus grands délices du Ciel. 912. 2. II. 1937. Un recueillement divin pénètre aujourd'hui mon âme depuis le
matin. Pendant la Sainte Messe, je pensais voir le petit Jésus comme je le vois
souvent. Cependant aujourd'hui j'ai vu Jésus crucifié pendant la Sainte Messe.
Jésus était cloué à la Croix et dans de grands supplices. Mon âme et mon corps
furent pénétrés des souffrances de Jésus de façon réellement douloureuse,
quoique invisible. 913. Oh ! Quels terribles mystères ont lieu pendant la Sainte Messe. Un grand
mystère s'accomplit pendant la Sainte Messe. Avec quelle piété devrions-nous
écouter et prendre part à cette mort de Jésus. Nous connaîtrons un jour ce que
Dieu accomplit pour nous à chaque Messe et quel don Il y prépare pour nous.
Seul Son amour divin a pu vouloir nous gratifier d'un tel don. Ô Jésus, mon
Jésus, mon âme est pénétrée d'une si grande douleur quand je vois cette source
de vie jaillissant avec tant de douceur et de puissance pour chaque âme et que
je vois aussi, malgré cela des âmes flétries et qui dépérissent par leur propre
faute. Ô mon Jésus, faites que la puissance de la miséricorde s'empare de ces
âmes ! 914. Ô Marie, c'est aujourd'hui que le terrible glaive pénétra Votre Sainte âme !
A part Dieu, personne ne connaît Votre souffrance. Votre âme n'est pas brisée,
mais elle est courageuse, car elle est avec Jésus. Douce Vierge, unissez mon
âme à Jésus, car ce n'est qu'alors que je pourrai endurer toutes les épreuves et
les expériences. Et ce n'est qu'en union avec Jésus que mes petits sacrifices
seront agréables à Dieu. Très douce Mère, instruisez-moi de la vie intérieure.
Que le glaive des souffrances ne me brise jamais ! Ô Vierge pure, versez en
mon cœur le courage, et gardez-le ! 915. Aujourd'hui est un jour exceptionnel pour moi, quoique j'aie éprouvé
beaucoup de souffrances, mon âme est inondée d'une grande joie. Dans la
chambre voisine il y avait une juive très malade. Je suis allée la voir il y a trois
jours, et j'ai ressenti une douleur en mon âme en voyant qu'elle allait mourir
bientôt et que la grâce de Saint baptême ne laverait pas son âme. J'ai parlé avec
la Sœur garde-malade de ce qu'il faudrait la baptiser quand viendra le dernier
moment. Mais il y avait une difficulté, c'est que les Juifs l'entouraient
constamment. Cependant j'ai senti une inspiration en mon âme, celle de prier
devant l'image que Jésus m'a fait peindre. J'ai ma brochure et sur la couverture il
y a une reproduction de l'image de la miséricorde divine. J'ai dit au Seigneur : «
Jésus, Vous m'avez dit Vous-même que Vous accorderez beaucoup de grâces
par cette image. Je Vous prie donc de donner la grâce du Saint Baptême à cette
Juive. Peu importe qui la baptisera, pourvu qu'elle soit baptisée. » Après ces
mots, je me suis sentie étrangement tranquillisée et j'ai une complète certitude
que malgré les difficultés, l'eau du saint Baptême coulera sur son âme. Et la nuit alors qu'elle était très faible, je me suis levée trois fois pour veiller,
guettant le moment propice de pouvoir lui accorder cette grâce. Le matin, elle se
sentait un peu mieux. Dans l'après-midi le dernier moment commença à
approcher. La Sœur garde-malade a dit, qu'il sera difficile de lui accorder cette
grâce, car ils sont près d'elle. Le moment est venu où la malade commença à
perdre connaissance, ils ont alors commencé à sortir, les uns pour chercher le
médecin, les autres ailleurs, pour sauver la malade. Et il est arrivé qu'elle est
demeurée seule et la Sœur garde-malade lui administra le Saint baptême. Et
avant qu'ils fussent tous revenus, son âme était bien belle, ornée de la grâce de
Dieu et l'agonie commença de suite. Elle dura peu de temps et la malade
semblait s'être endormie. Soudain j'ai vu son âme d'une délicieuse beauté entrant
dans le Ciel. Oh ! Quelle est belle l'âme habitée de la grâce sanctifiante ! La joie
a régné dans mon âme parce que je lui ai obtenu une si grande grâce en priant
devant cette image ! 916. Que la miséricorde divine est grande ! Que chaque âme la loue ! Ô mon Jésus, cette âme va Vous chanter l'hymne de la miséricorde pendant toute l'éternité ! Je n'oublierai pas l'impression que j'éprouvais dans mon âme ce jour là. C'est
déjà la seconde grâce que j'ai obtenue ici pour les âmes devant cette image. Oh
! Que le Seigneur est bon et plein de pitié ! Jésus, comme je Vous remercie
pour ces grâces ! 917. 5. II. 1937. Mon Jésus, malgré tout, je désire beaucoup m'unir à Vous.
Jésus, si cela se peut, prenez-moi chez Vous, car il me semble que mon cœur va
mourir de nostalgie de Vous ! Oh ! Combien je ressens que je suis en exil !
Quand donc me trouverai-je dans la maison de notre Père et quand vais-je
m'abreuver du bonheur qui jaillit de la Sainte Trinité ? Mais si Votre Volonté est
que je vive encore et que je souffre, alors je désire ce que Vous m'avez destiné.
Gardez-moi sur terre tant qu'il Vous plaira, serait-ce jusqu'à la fin du monde. Ô
volonté de mon Seigneur, soit le délice et l'émerveillement de mon âme ! Bien
que la terre soit si peuplée, je me sens toute seule et la terre m'est un terrible
désert. Ô Jésus, Jésus, Vous savez et connaissez la grande ardeur de mon cœur,
Vous seul, Ô Seigneur, pouvez me combler !. 918. Aujourd'hui, lorsque j'ai fait la remarque à une certaine jeune fille que de
causer des heures entières dans un corridor avec des hommes ne convenait pas
à une jeune fille comme il faut, elle m'a demandé pardon et m'a promis de se
corriger. Puis elle s'est mise à pleurer lorsqu'elle a reconnu sa déraison. Quand
je lui ai dit ces quelques mots à propos de la morale, les hommes de la salle
entière sont accouru et ont écouté cette instruction. Même les Juifs en ont
entendu quelque peu à leur propos. Une certaine personne m'a dit après qu'ils
avaient appliqué l'oreille au mur et avaient écouté avec recueillement. Je sentais
étrangement qu'ils écoutaient, mais j'ai dit ce que j'avais à dire. Les murs ici sont
si minces que l'on entend même si l'on parle bas. 919. Il y a ici chez nous une personne qui autrefois était notre élève, et
naturellement elle met ma patience à l'épreuve. Elle me rend visite plusieurs fois
par jour. Après chacune de ses visites, je suis fatiguée. Mais je vois que Jésus
m'a envoyé cette âme. Soyez loué en tout, ô Seigneur ! La patience rend gloire
à Dieu. Oh ! Que les âmes sont pauvres ! 920. 6. II. 1937. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « Ma fille, on me dit que tu
possèdes beaucoup de simplicité, pourquoi donc ne Me parles-tu pas de tout ce
qui te concerne, même des moindres détails ? Parle-Moi de tout ! Sache, que
cela Me procure beaucoup de joie ! » J'ai répondu : « Mais puisque Vous savez
tout, Seigneur ! » Jésus m'a répondu : « Oui, Je sais tout. Mais le fait que Je
sache ne t'excuse pas, toi. Dis-moi tout avec la simplicité d'un enfant, parce que
J'ai l'oreille et le Cœur à ton écoute et que ta parole M'est agréable. » 921. Lorsque j'ai commencé cette grande neuvaine à trois intentions, j'ai aperçu
par terre un petit ver et j'ai pensé : « Comment est-il arrivé ici au milieu de l'hiver
? » Alors j'ai entendu dans mon âme ces mots : « Vois-tu, je pense à lui et je
l'entretiens. Et qu'est-il en comparaison à toi ? Pourquoi ton âme s'est-elle
inquiétée durant un instant ? » J'ai demandé pardon au Seigneur pour cet instant.
Jésus veut que je sois toujours une enfant, que je m'en remette à Lui de tout
souci et que je me soumette aveuglement à Sa Sainte Volonté. Lui se charge de
tout. 922. 7. II. 1937. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : J'exige de toi une offrande
parfaite et l'holocauste de ta volonté. Aucune autre offrande ne peut être
comparée à celle-là. Je dirige Moi-même ta vie et J'arrange tout de manière à ce
que tu Me sois une continuelle offrande et que tu fasses toujours Ma volonté.
Pour faire cette offrande tu vas t'unir à Moi sur la Croix. Je sais ce que tu peux.
Je vais te commander beaucoup de choses directement. Je vais retarder la
possibilité de leur accomplissement et les subordonner aux autres. Mais ce que
les Supérieures n'atteindront pas, Je vais l'accomplir Moi-même directement
dans ton âme et, dans les plus secrètes profondeurs. L'offrande sera parfaite et
elle sera un holocauste, non pour un temps seulement, mais sache le, Ma fille,
cette offrande durera jusqu'à la mort. Viendra le temps où Moi, le Seigneur Je
réaliserai chacun de tes désirs. J'ai une prédilection pour toi, comme pour une
hostie vivante. N'aie peur de rien, Je suis avec toi. » 923. Aujourd'hui j'ai reçu un billet de ma Supérieure disant qu'il m'est défendu
d'être au chevet des mourants et des agonisants. J'enverrai donc à ma place
l'obéissance et c'est elle qui soutiendra les âmes agonisantes. Telle est la volonté
divine, cela me suffit. Ce que je ne comprends pas maintenant, je l'apprendrai
plus tard. 924. 7. II. 1937. Aujourd'hui, j'ai prié plus ardemment que jamais à l'intention
du Saint Père et de trois prêtres pour que Dieu les inspire sur ce qu'Il attend de
moi, car c'est d'eux que dépend la réalisation. Oh ! Comme je suis contente que
le Saint Père se porte mieux. J'ai entendu aujourd'hui Son allocution au Congrès
Eucharistique et je me suis transportée là-bas en esprit pour recevoir la
bénédiction apostolique. 925. 9. II. 1937. Fin du carnaval. En ces deux derniers jours du carnaval, il m'a été donné de voir la multitude des punitions et des péchés. Le Seigneur m'a fait connaître en un instant les péchés du monde entier commis en ces jours. Je me suis évanouie de frayeur et, bien que je connaisse toute la profondeur de la miséricorde divine, je suis étonnée que Dieu permette à l'humanité d'exister. Et le Seigneur me fit comprendre que ce qui soutient l'existence de cette humanité, ce sont les âmes choisies. Lorsque la mesure de ceux qui sont choisis sera comble, le monde cessera d'exister. Pendant ces deux jours, j'ai communié avec une intention d'expiation et j'ai dit
au Seigneur : « Jésus, j'offre tout, aujourd'hui, pour les pécheurs. 926. Que les coups de Votre Justice retombent sur moi et que l'océan de la
miséricorde engloutisse les pauvres pécheurs. » Le Seigneur entendit ma
demande et beaucoup d'âmes sont revenues à Lui, tandis que moi, j'agonisais
sous le joug de la justice divine. Je sentais que j'étais l'objet de la colère du Dieu
Très Haut. Le soir j'ai souffert d'un tel délaissement spirituel que des
gémissements s'élevaient involontairement de ma poitrine. J'ai fermé la porte de
ma chambre à clef et j'ai commencé l'adoration, c'est-à-dire l'Heure Sainte.
L'abandon intérieur et la justice divine que je ressentais, me tinrent lieu
d'oraison. Les gémissements et la douleur qui s'élevaient de mon âme, prirent la
place de la douce conversation avec le Seigneur. 927. Soudain, j'ai aperçu le Seigneur, qui me pressa contre Son Cœur et me dit
: « Ma fille, ne pleure pas, car je ne puis supporter tes larmes. Je te donnerai
tout ce que tu demandes, mais cesse de pleurer. » Une grande joie m'envahit et
mon esprit, comme d'habitude se perdit en Lui comme en son unique trésor. Ce
jour-là, encouragée par Sa bonté, j'ai causé plus longtemps avec Jésus. 928. Tandis que je reposais près de Son doux Cœur, je Lui ai dit : « Jésus, j'ai
tant à Vous dire. » Et le Seigneur me dit aimablement : « Parle, Ma fille ! ». J'ai
commencé à me répandre en plaintes sur les douleurs de mon cœur :
C'est-à-dire que toute l'humanité me tient tant à coeur que tous ne Vous
connaissent pas autant que Vous êtes digne d'être aimé. D'autre part je vois
combien les pécheurs Vous offensent terriblement ou bien je vois aussi comme
les fidèles sont opprimés et persécutés, surtout Vos serviteurs. Je vois aussi
beaucoup d'âmes qui courent aveuglément vers le terrible gouffre de l'enfer.
Voilà Jésus la douleur qui s'enfonce dans mon cœur et mes os ! Quoique Vous
me favorisiez de Votre amour particulier et inondiez mon cœur des torrents de
Vos joies, pourtant cela n'apaise pas les souffrances que je Vous ai citées ?
Mais bien au contraire, elles pénètrent plus vivement mon pauvre cœur. Oh !
Comme je désire ardemment que toute l'humanité se tourne avec confiance vers
Votre miséricorde. Alors mon cœur sera soulagé en voyant la gloire de Votre
Nom. Jésus a écouté ces épanchements de mon cœur gravement et avec intérêt,
comme s'Il n'en savait rien, comme s'Il cachait de moi Sa connaissance de ces
choses. Et moi, j'étais comme gênée de ce que je disais. Le Seigneur m'a dit «
Ma fille, la parole de ton cœur M'est agréable et par la récitation de ce chapelet
tu rapproches l'humanité de Moi. » Après cela je me suis vue seule, mais la
présence de Dieu est toujours dans mon âme. 929. Ô mon Jésus, quand j'irai vers Vous et que Vous me comblerez de
Vous-même, ce sera pour moi la plénitude du bonheur. Pourtant je n'oublierai
pas l'humanité. Je désire soulever le voile du ciel pour que la terre ne doute pas
de la miséricorde divine. Mon repos sera de proclamer Votre miséricorde.
L'âme rend la plus grande à son Créateur lorsqu'elle se tourne avec confiance
vers la miséricorde divine. 930. C'est aujourd'hui le Mercredi des Cendres. Pendant la Sainte Messe j'ai
ressenti un court instant la Passion de Jésus dans mes membres. Le Carême est
un temps particulièrement favorable pour les travaux sacerdotaux. Il faut venir
en aide aux prêtres pour sauver les âmes. 931. J'ai écrit, il y a quelques jours à mon directeur lui demandant la permission
de pratiquer certaines petites mortifications pendant le Carême. Parce que je
n'ai pas la permission du médecin d'aller en ville, j'ai du régler cela par écrit,
mais c'est déjà aujourd'hui Mercredi des Cendres et je n'ai pas encore de
réponse. Le matin, après la Sainte Communion, j'ai prié Jésus d'éclairer mon
directeur de Sa lumière pour que j'aie sa réponse. Et j'ai eu connaissance dans
mon âme que le Père n'est pas contraire à ce que je pratique ces mortifications
dont je lui ai parlées et qu'il m'accordera sa permission. J'ai alors tranquillement
commencé à les pratiquer. Le même jour dans l'après-midi, je reçois une lettre
de Père me faisant savoir qu'il m'accorde volontiers la permission de pratiquer
ce que je lui avais demandé. J'étais très contente que ma connaissance intérieure
ait perçu avec justesse l'opinion de mon Père spirituel. 932. Alors j'ai entendu ces mots dans mon âme : « Tu recevras une plus grande
récompense pour ton obéissance et ta soumission envers le confesseur que pour
ces mortifications que tu vas t'imposer. Sache cela Ma fille, et agis ainsi : la
moindre chose, marquée du sceau de l'obéissance, est agréable à Mon Cœur et
grande à mes yeux ! » 933. Les petites pratiques pendant le Carême. Je ne puis plus m'imposer de
grandes mortifications comme auparavant, malgré mon grand désir et mon envie,
car je suis sous contrôle médical. Mais je peux pratiquer de petites choses : -
dormir sans oreiller - avoir un peu faim - chaque jour réciter le chapelet que le
Seigneur m'a appris, les mains étendues, - parfois prier les mains étendues
pendant un temps indéterminé sans formuler ma prière. L'intention : obtenir aux
pauvres pécheurs la miséricorde divine et aux prêtres la puissance de briser la
dureté des cœurs enclins au péché. 934. Mon union avec les âmes agonisantes est aussi étroite qu'avant.
J'accompagne souvent de bien loin une âme agonisante. Mais ma plus grande
joie est de voir la promesse de la miséricorde divine s'accomplir dans ces âmes.
Le Seigneur est fidèle à Ses promesses. 935. Une personne malade dans notre section de l'hôpital était en train de
mourir, elle était dans de grands tourments. Pendant trois jours, elle agonisait
par moments, puis elle reprenait connaissance. Tout le monde dans la salle priait
pour elle. Le désir me prit d'y aller aussi, mais la Mère Supérieure m'avait
défendu d'assister les agonisants. Je priai donc dans ma chambre particulière
pour cette âme, mais j'entendis qu'elle souffrait encore et on ne savait pas quand
cela pourrait finir. Alors soudain, quelque chose m'a dit de prier Jésus et j'ai dit
au Seigneur : « Jésus, si tout ce que je fais Vous est agréable, je vous en prie,
permettez, en témoignage que cette pauvre âme ne souffre plus, mais qu'elle
passe immédiatement au bonheur éternel. » Quelques minutes après cela, j'ai
appris qu'elle s'éteignit si tranquillement et si vite qu'on n'a pas même eu le temps
d'allumer le cierge. 936. Je noterai encore un mot à propos de mon directeur de conscience. C'est
étrange qu'il y ait si peu de prêtres capables de donner à l'âme puissance,
courage et force, pour qu'elle continue d'avancer sans fatigue. Sous une telle
direction, l'âme, même si elle a peu de forces peut faire beaucoup pour la gloire
de Dieu. Et j'ai découvert ici un secret c'est que le confesseur ou plutôt le
directeur ne dédaigne pas les plus petites choses que l'âme lui présente. Quand
l'âme s'aperçoit qu'elle est contrôlée en cela, elle commence à s'y exercer et ne
manque pas la plus petite occasion de pratiquer cette vertu et elle évite les
moindres fautes. Et de ces efforts s'élève dans l'âme un temple très beau, bâti de
ces petites pierres. Si, au contraire, l'âme se rend compte que le directeur
dédaigne ces petites choses, elle aussi commencera à les dédaigner. Elle cessera
d'en rendre compte à son confesseur. Et ce qui est pire encore, elle
commencera à se négliger dans les petits détails. Ainsi, au lieu d'avancer, elle
reculera lentement. Et elle ne s'en apercevra que lorsqu'elle tombera en des
fautes plus graves. Ici se pose une sérieuse question : qui est fautif ? Elle ou le
confesseur, c'est-à-dire le directeur ? Je pencherais plutôt pour le directeur. Il
me semble qu'il faut imputer toute la faute à l'imprudence du directeur. La faute
de l'âme est qu'elle s'est elle-même choisie son directeur. Le directeur aurait pu
mener l'âme à la sainteté par les voies de la volonté divine. L'âme devrait prier
très ardemment et très longtemps pour avoir un directeur. 937. Et elle devrait demander que Dieu daigne Lui-même, lui en choisir un. Ce
qui commence en Dieu, sera à Dieu. Et ce qui commence d'une manière
purement humaine restera humain. Dieu est si miséricordieux que pour aider
l'âme, Il lui assigne Lui-même un chef spirituel. Et Il donnera à l'âme la
connaissance de la personne à qui l'âme doit dévoiler comme devant Jésus Seul,
ses plus secrètes profondeurs. Lorsque l'âme considèrera et reconnaîtra que
c'est Dieu qui dirige cela, qu'elle prie bien ardemment pour ce directeur afin qu'il
puisse bien la connaître à la lumière divine. Qu'elle ne change pas de directeur, à
moins que ne survienne quelque chose de sérieux ! Comme elle a beaucoup prié
pour connaître la volonté divine avant le choix du directeur, de même si elle veut
en changer, qu'elle prie beaucoup et ardemment pour savoir si c'est vraiment la
volonté divine qu'elle en choisisse un autre. Si elle ne voit pas la volonté formelle
de Dieu, qu'elle n'en change pas ! Car seule l'âme n'ira pas loin et Satan ne
désire que cela, que l'âme qui aspire à la sainteté se dirige elle-même. Et alors il
n'y a pas de doute, elle n'arrivera pas à la sainteté. Il y a une exception, c'est
lorsque Dieu dirige l'âme directement Lui-même. 938. Mais le directeur s'apercevra tout de suite que l'âme est dirigée par Dieu seul. Dieu lui permettra de reconnaître cela clairement et distinctement. Dans ce cas l'âme doit être sous un contrôle plus strict encore que d'autres. Et le rôle du directeur consistera moins à diriger et à indiquer la voie que l'âme doit suivre, qu'à juger et à approuver que l'âme est dans la bonne voie et qu'un bon esprit la dirige. Le directeur devrait être non seulement saint, mais aussi expérimenté et prudent. L'âme devrait préférer son opinion à l'opinion de Dieu même. Alors elle sera à l'abri des illusions et des déviations. L'âme qui ne soumettrait pas ses inspirations au strict contrôle de l'Eglise, c'est-à-dire de son directeur, par cela même fait supposer qu'un mauvais esprit la dirige. Le directeur doit être très prudent à cet égard et il doit éprouver l'âme par obéissance. Satan peut se dissimuler sous le manteau de l'humilité. Mais il ne sait pas se revêtir du manteau de l'obéissance. Et là toute son action le trahit. Mais le directeur ne devrait pas avoir trop peur.
Car si Dieu remet cette âme exceptionnelle sous sa protection, Il lui donnera
aussi une grande lumière divine à cet égard. Autrement comment pourrait-il
juger les grands mystères qui se passent entre l'âme et Dieu ? 939. J'ai beaucoup souffert moi-même et j'ai été très éprouvée sous ce rapport.
C'est pourquoi j'écrit seulement ce que j'ai moi-même éprouvé. J'ai fait
beaucoup de neuvaines et de pénitences, j'ai récité beaucoup de prières avant
que Dieu ne m'envoie le prêtre qui comprendrait mon âme. Il y aurait beaucoup
plus d'âmes saintes, s'il y avait plus de directeurs expérimentés et saints. Plus
d'une âme, qui aspire sincèrement à la sainteté ne sait pas se débrouiller seule
quand viennent les moments d'épreuves. Et elle quitte alors la voie de la
perfection. Ô Jésus, donnez-nous des prêtres zélés et saints ! 940. Oh ! Quelle est grande la dignité du prêtre, mais comme sa responsabilité
est grande aussi ! On vous a beaucoup donné, ô prêtres, mais on exigera aussi
beaucoup de vous… 941. 11. II. 1937. C'est aujourd'hui vendredi. Pendant la Sainte Messe j'ai
ressenti des douleurs dans mon corps : dans mes mains, mes pieds et mon côté.
Jésus permet ceci comme expiation pour les pécheurs. Cela ne dure pas
longtemps, mais la souffrance est grande. Je ne souffre pas plus de quelques
minutes, mais j'en garde longtemps une très vive impression. 942. Aujourd'hui mon âme se sent si délaissée que je ne peux me l'expliquer
moi-même. Je voudrais me cacher aux yeux des hommes et pleurer sans fin.
Personne ne peut comprendre un cœur blessé par l'amour. Et quand il se sent
délaissé, personne ne le consolera. Ô âmes des pécheurs, vous m'avez pris le
Seigneur, mais c'est bien ainsi. Reconnaissez comme le Seigneur est doux. Que
tout l'océan de votre amertume m'inonde le cœur, je vous ai donné toutes mes
consolations divines ! 943. A certains moments, lorsque je me méfie de moi-même, que je suis
totalement persuadée de ma faiblesse et de ma misère, j'ai compris que je ne
pourrai persévérer qu'en ayant confiance dans l'infinie miséricorde divine. La
patience, l'oraison et le silence : voilà ce qui donne des forces à l'âme. Il y a des
moments où l'âme doit se taire et où cela ne lui convient pas de parler avec les
créatures. C'est quand elle est mécontente d'elle-même et qu'elle se sent faible
comme un enfant. Alors, dans ces moments-là, de toutes mes forces je reste
près de Dieu, je vis exclusivement de la foi. Et quand je me sens affermie par la
grâce de Dieu, je suis plus courageuse pour parler et entrer en relation avec mon
prochain. 944. Dans la soirée, le Seigneur me dit : « Repose-toi, mon enfant, auprès de
Mon Cœur, Je vois que tu as beaucoup travaillé dans Ma vigne. » Et mon âme
fut inondée de joie divine. 945. 12. II. 1937. Aujourd'hui la présence de Dieu me pénètre comme un rayon
de soleil. Je languis tellement après Dieu que cela me fait défaillir à chaque
instant. Je sens que l'amour éternel touche mon cœur et ma petitesse ne peut le
supporter. Elle me fait défaillir. Mais la force intérieure est grande, l'âme veut
égaler l'Amour dont elle est aimée. A ces moments l'âme a une très profonde
connaissance de Dieu, et plus elle Le connaît, plus son amour pour Lui devient
ardent et pur. Oh ! Les mystères de l'âme et de Dieu sont inconcevables. Il
arrive parfois que mon âme soit plongée des heures entières dans
l'émerveillement en voyant la Majesté divine infinie s'abaisser vers mon âme. Je
ne cesse de m'étonner de ce que le Seigneur Très-Haut ait une prédilection pour
moi. Il me le dit Lui-même, et moi, cela me plonge plus encore en mon néant,
car je sais ce que je suis de moi-même. Je dois dire cependant que j'aime mon Créateur à la folie par chaque battement
de mon cœur et de tout mon être. Mon âme inconsciemment se noie, se perd…
en Lui. Je sens que rien ne me séparera du Seigneur, ni le ciel, ni la terre, ni le
temps présent, ni l'avenir. Tout peut changer, mais l'amour, jamais, il est toujours
le même. Lui, le Souverain immortel me fait connaître Sa volonté pour que je
L'aime particulièrement. Et Il rend mon âme capable de l'amour dont il désire
être aimé par moi. Je me plonge toujours plus en Lui et je n'ai peur de rien.
L'amour occupe tout mon cœur. Même si on me parlait de la Justice divine et
que puisque les purs esprits frémissent devant Lui et cachent continuellement
leur face devant Sa Sainteté, par conséquent mes relations intimes avec le
Seigneur seraient un préjudice pour Son honneur et Sa Majesté, je répondrai
non, non et encore une fois non. Tout est contenu dans l'amour pur, le plus
grand honneur et la plus profonde adoration. L'âme est plongée en Dieu dans la
plus grande paix par l'amour et les paroles des créatures n'ont aucune influence
sur elles. Ce qu'elles lui disent de Dieu n'est qu'un pâle aperçu comparé à ce
qu'elle éprouve intérieurement en Dieu. Elle s'étonne souvent que les âmes
s'émerveillent en entendant ce que l'on dit de Dieu. Pour elles c'est le pain
quotidien, car elle sait ce qui se laisse prononcer n'est pas encore si grand. Elle
accepte et elle écoute tout avec respect, mais elle a sa propre vie en Dieu. 947. 13. II. 1937. Aujourd'hui, pendant la lecture de la Passion, j'ai aperçu
Jésus supplicié, couronné d'épines. Il tenait à la main une tige de roseau. Jésus
se taisait et les soldats se bousculaient pour Le torturer. Jésus ne disait rien, Il
me regardait seulement et dans ce regard j'ai ressenti un indicible tourment.
Nous n'avons même pas idée de ce que Jésus a souffert pour nous avant d'être
crucifié. Mon âme est pleine de douleur et de langueur. J'ai éprouvé en mon âme
une violente haine pour le péché. La plus petite infidélité me semble une haute
montagne, je l'expie par la mortification et la pénitence. Lorsque je vois Jésus
supplicié, mon cœur se déchire en lambeaux. Je pense : « Qu'adviendra-t-il des
pécheurs s'ils ne profitent pas de la Passion de Jésus ? » Je vois dans Sa
Passion un véritable océan de miséricorde. 948. J.M.J. 12. II. 1937. L'amour divin est la fleur et la miséricorde est le fruit. Que l'âme qui doute, lise ces considérations sur la miséricorde et elle deviendra confiante. Miséricorde Divine, jaillissant du sein du Père, j'ai confiance en Vous ! Miséricorde Divine, le plus grand attribut de Dieu, j'ai confiance en Vous ! Miséricorde Divine, mystère inconcevable, j'ai confiance en Vous ! Miséricorde Divine, source jaillissant du Mystère de la Sainte Trinité, j'ai confiance en Vous ! Miséricorde Divine, insondable à tout esprit humain ou angélique, j'ai confiance en Vous ! Miséricorde Divine, dont jaillit la vie et le bonheur, j'ai confiance en Vous ! Miséricorde Divine, au-dessus des cieux, Miséricorde Divine, source de miracles et de merveilles, Miséricorde Divine, qui enveloppe le monde entier, Miséricorde Divine, venue sur la terre en la Personne du Verbe Incarné, Miséricorde Divine, qui coula de la blessure ouverte du Cœur de Jésus, Miséricorde Divine, contenue dans le Cœur de Jésus pour nous et particulièrement pour les pécheurs, Miséricorde Divine, insondable dans l'institution de la sainte Eucharistie, Miséricorde Divine, en l'institution de la Sainte Eglise, Miséricorde Divine, dans le Sacrement du Saint Baptême, Miséricorde Divine, notre justification par Jésus-Christ, Miséricorde Divine, nous accompagnant pendant toute la vie, Miséricorde Divine, nous enveloppant particulièrement à l'heure de la mort, Miséricorde Divine, nous gratifiant de la vie éternelle, Miséricorde Divine, présente à chaque instant de la vie, Miséricorde Divine, nous préservant du feu infernal, Miséricorde Divine, pour la conversion des pécheurs insensibles, Miséricorde Divine, étonnante aux Anges, inconcevable aux Saints, Miséricorde Divine, insondable dans tous les mystères divins, Miséricorde Divine, nous relevant de toute misère, Miséricorde Divine, source de notre bonheur et de notre joie, Miséricorde Divine, nous appelant du néant à l'existence, Miséricorde Divine, englobant toutes les œuvres de Ses mains, Miséricorde Divine, couronnant tout ce qui existe et existera, Miséricorde Divine, en laquelle nous sommes tous plongés, Miséricorde Divine, doux apaisement des cœurs tourmentés, Miséricorde Divine, seul espoir des âmes désespérées, Miséricorde Divine, repos des cœurs, paix au milieu des frayeurs, Miséricorde Divine, délice et merveille des âmes saintes, Miséricorde Divine, éveillant la confiance contre tout espoir, j'ai confiance en
Vous ! 949. Ô Dieu éternel, dont la miséricorde est insondable, et le trésor de pitié
inépuisable, jetez sur nous un regard bienveillant et augmentez en nous Votre
miséricorde pour que nous ne désespérions pas dans les moments difficiles, que
nous ne perdions pas courage, mais que nous nous soumettions avec grande
confiance à Votre Sainte Volonté qui est l'amour et la Miséricorde même. 950. O inconcevable et insondable miséricorde divine, Qui peut T'adorer et te glorifier dignement ? Toi, le plus grand attribut du Dieu Tout-puissant Tu es le doux espoir de l'homme pécheur. A l'unisson étoiles, terre et mer chantez avec gratitude l'hymne de l'inconcevable
miséricorde divine ! 951. Mon Jésus, Vous voyez que Votre sainte volonté est tout pour moi ! Ce que Vous ferez de moi m'est indifférent. Vous m'ordonnez de me mettre à l'œuvre ? Je m'y prendrai avec calme quoique je sache en être incapable. Vous m'ordonnez par la bouche de Vos remplaçants d'attendre ? J'attendrai avec patience. Vous remplissez mon âme de ferveur et Vous ne me donnez pas la possibilité d'agir. Vous m'attirez à Vous dans les cieux, et Vous me laissez sur terre. Vous versez dans mon âme la nostalgie de Vous, et Vous Vous cachez à mes yeux. Je meurs du désir de m'unir à Vous pour l'éternité, et Vous ne permettez pas à la mort de s'approcher de moi. Ô volonté divine, Vous êtes la nourriture et le délice de mon âme ! Lorsque je me soumets à la sainte volonté de Mon Dieu, un océan de paix m'inonde. Ô mon Jésus, Vous ne récompensez pas le succès de l'action, mais la volonté
sincère et la peine de l'entreprise, c'est pour cela que je suis tout à fait tranquille.
Même si toutes mes initiatives et tous mes efforts étaient anéantis ou ne
pouvaient se réaliser, du moment que je fais tout mon possible, le reste ne me
concerne pas. C'est pour cela que les plus grandes tempêtes ne troublent pas
mon calme profond, la volonté divine demeure en ma conscience. 952. 15. II. 1937. Mes souffrances ont un peu augmenté. Je ressens non
seulement de plus grandes douleurs dans les poumons, mais aussi d'étranges
douleurs dans les intestins. Je souffre autant que ma faible nature est capable de
le supporter. Et j'offre tout pour les âmes immortelles, pour obtenir la
miséricorde divine aux pauvres pécheurs et la force aux prêtres. Oh ! Quel
grand respect j'ai pour les prêtres ! Et je prie Jésus, le Grand Prêtre, de leur
donner beaucoup de grâces. 953. Aujourd'hui après la Sainte Communion le Seigneur m'a dit : « Ma fille,
mon délice est de M'unir à toi. La plus grande gloire que tu puisses Me rendre,
c'est de te soumettre à Ma volonté. Tu t'attires d'innombrables bénédictions. Je
n'aurais pas de prédilection pour toi, si tu ne vivais pas de Ma volonté ! » Ô
mon doux Hôte, je suis prête à tous les sacrifices pour Vous. Pourtant Vous
savez que je suis la faiblesse même, mais avec Vous je puis tout. Ô mon Jésus,
je Vous en supplie, soyez avec moi à chaque instant ! 954. 15. II. 1937. Aujourd'hui, j'ai entendu ces paroles dans mon âme : «
Hostie agréable à Mon Père, sache, Ma fille, que la Sainte Trinité toute entière a
une particulière prédilection pour toi, parce que tu vis exclusivement de la
volonté divine ! Aucun sacrifice n'égale celui-là. » 955. À ces mots la connaissance de la volonté divine pénétra mon âme.
C'est-à-dire que je regarde tout de plus haut et que j'accepte tous les
événements et les désagréments avec amour, comme preuves de la prédilection
particulière du Père Céleste. 956. La pure offrande de ma volonté va brûler sur l'autel de l'amour. Pour que
mon offrande soit parfaite, je m'unis étroitement au sacrifice de Jésus sur la
croix. Et quand sous l'influence de grandes souffrances, ma nature tremblera et
que mes forces physiques et spirituelles diminueront, alors je me cacherai
profondément dans la blessure ouverte de Cœur de Jésus, sans me plaindre,
comme une colombe. Que toutes mes préférences les plus saintes, les plus
belles et les plus nobles soient toujours au dernier plan et Votre sainte volonté à
la première place. Vos moindres désirs, ô Seigneur, me sont plus chers que le
Ciel avec tous ses trésors. Je sais bien que les créatures ne me comprendront
pas, c'est pourquoi mon offrande sera plus pure à Vos yeux. 957. Il y a quelques jours, une personne est venue me demander de beaucoup
prier à son intention, car elle avait des affaires très importantes et urgentes.
Soudain j'ai senti dans mon âme que ces affaires n'étaient pas très agréables à
Dieu. Et je lui ai répondu que je n'allais pas prier à cette intention mais que je
prierai en général, « Pour vous Madame ». Quelques jours après cette dame est
revenue et elle m'a remercié de ne pas avoir prié à cette intention mais pour
elle-même. Car elle avait eu en vue des désirs de vengeance envers une
personne pour laquelle elle aurait dû avoir du respect en vertu du quatrième
Commandement. Jésus changea son cœur et elle avoua sa faute. Je fus pourtant
étonnée d'avoir pénétré son secret. 958. J'ai reçu aujourd'hui une lettre de l'abbé Sopocko, qui m'envoie des
souhaits pour ma fête. Ses souhaits m'ont réjouie, mais son manque de santé m'a
affligée. Je le savais déjà par ma propre intuition, mais je ne savais pas si je
pouvais m'y fier. Pourtant il me semble que s'il me l'a écrit lui-même, les autres
choses qu'il ne m'a pas écrites, sont vraies aussi et que ma connaissance
intérieure ne me trompe pas. Il me recommande de souligner tout ce que je sais
ne pas provenir de moi. C'est-à-dire tout ce que Jésus m'a dit, ce que j'entends
dans mon âme. Il me l'a déjà demandé plusieurs fois mais je n'en avais pas le
temps et, à vrai dire, je ne me dépêchais pas de le faire. Mais comment sait-il
que je ne l'ai pas encore fait ? J'étais bien étonnée. Je me mets maintenant de
tout cœur à ce travail. Ô mon Jésus, la volonté de Vos remplaçants est très
nettement et sans l'ombre d'un doute Votre Sainte Volonté. 959. 16. II. 1937. Aujourd'hui par erreur, je suis entrée dans la chambre voisine
et j'ai parlé avec la personne qui y était. Lorsque je suis revenue chez moi, j'ai
encore pensé à elle pendant un moment, quand soudain Jésus se tint debout
près de moi et Il m'a dit : « Ma fille à quoi penses-tu maintenant ? »
Spontanément je me suis serrée contre son Cœur, reconnaissant que j'avais trop
longtemps pensé à une créature. 960. Le matin, ayant fini mes exercices spirituels, je me suis mise à travailler au
crochet. Je sentais que Jésus reposait dans mon cœur silencieux. Et cette
profonde et douce conscience de la présence divine m'a porté à dire au
Seigneur : Ô Sainte Trinité qui demeurez dans mon cœur, accordez, je Vous en
prie, la grâce de la conversion à autant d'âmes que je crochèterai de points
aujourd'hui. Alors j'ai entendu dans mon âme ces mots : « Ma fille, tes exigences
sont trop grandes. » -« Jésus, il Vous est cependant plus facile de donner plus
que de donner peu. Mais chaque conversion d'une âme pécheresse exige un
sacrifice. Je Vous offre, doux Jésus, mon travail consciencieux ; il ne me semble
pas que cette offrande soit trop petite pour un si grand nombre d'âmes. Jésus,
comme Vous avez Vous-même sauvé les âmes par trente ans de travail, et
puisque la sainte obéissance me défend les pénitences et les grandes
mortifications, je Vous prie donc d'accepter, Seigneur, ces petites choses,
marquées de sceau de l'obéissance comme si c'était de grandes choses. » J'ai
alors entendu une voix dans l'âme : « Ma douce fille, Je vais satisfaire ta
demande. » 961. Je vois souvent une certaine personne, agréable à Dieu. Le Seigneur a une
grande prédilection pour elle, non seulement parce qu'elle tâche de faire
connaître la gloire de la miséricorde divine mais aussi pour l'amour qu'elle a
envers Dieu, quoique cette âme ne ressente pas toujours cet amour dans son
cœur d'une manière sensible. Elle demeure presque continuellement au jardin
des Oliviers, et pourtant elle est toujours agréable à Dieu. Et sa grande patience
remportera la victoire dans toutes les adversités. 962. Oh ! si l'âme souffrante savait combien Dieu l'aime, elle mourrait de joie
par excès de bonheur ! Un jour, nous découvrirons ce qu'est la souffrance, mais
alors nous ne serons plus capable de souffrir. Le moment présent nous
appartient. 963. 17. II. 1937. J'ai vu ce matin, pendant la Sainte Messe, Jésus souffrant. Sa
Passion s'est répercutée dans mon corps d'une manière invisible mais non moins
douloureuse. Jésus m'a regardée et Il a dit : « Les âmes périssent malgré Mon
amère Passion. 964. Je leur offre une dernière planche de salut : La fête de Ma miséricorde. Si
elles n'adorent pas Ma miséricorde, elles périront pour l'éternité. Secrétaire de
Ma miséricorde, écris, parle aux âmes de Ma grande miséricorde, car ce jour
terrible, le jour de Ma justice est proche. » 965. Aujourd'hui j'ai entendu dans mon âme ces paroles : « Ma fille, il est temps
de te mettre à l'œuvre. Je suis avec toi. De grandes persécutions et de grandes
souffrances viendront. Mais console-toi à la pensée que beaucoup d'âmes
seront sauvées et sanctifiées par cette œuvre. » 966. Quand je me suis mise à cette œuvre, je soulignais les paroles du Seigneur
et je passais tout en revue. Lorsque j'en suis arrivée à la page sur laquelle j'avais
noté les conseils et les indications du Père Andrasz, je ne savais que faire,
souligner ou ne pas souligner. J'ai entendu alors ces paroles dans mon âme : «
Souligne-les car ces paroles sont Miennes. J'ai emprunté pour te parler la
bouche de l'ami de Mon Cœur afin de te tranquilliser. Tu dois t'en tenir à ces
indications jusqu'à la mort. Il ne Me plairait pas du tout que tu y renonces.
Sache que c'est Moi-même qui l'ai mis entre Moi et ton âme. Je le fais pour ta
paix et pour que tu ne t'égares pas. 967. Depuis que je t'ai mise sous la protection particulière de ce prêtre tu es
dispensée vis-à-vis de tes Supérieures de rendre un compte détaillé de Mes
relations avec toi. Comporte-toi néanmoins comme un enfant avec elles. Mais
c'est aux prêtres seulement que tu confieras sincèrement tout ce qui se passe
dans les profondeurs de ton âme. » Et j'ai remarqué que depuis, que Dieu, m'a donné un directeur, Il n'a plus exigé
comme auparavant, que je dise tout à mes supérieures, à l'exception des choses
extérieures. A part cela, seul mon directeur connaît mon âme. C'est une grâce
de Dieu exceptionnelle que d'avoir un directeur de conscience. Oh ! Comme il y
a peu d'âmes qui ont reçu cette grâce. L'âme vit dans une paix constante au
milieu des plus grandes difficultés. Chaque jour, après la Sainte Communion, je
remercie Dieu pour cette grâce, et chaque jour je prie le Saint Esprit de donner
à mon directeur la lumière. J'ai vraiment ressenti dans mon âme quelle grande
puissance ont les paroles du directeur. Que la miséricorde divine soit adorée
pour cette grâce ! 968. Je suis allée aujourd'hui faire ma méditation devant le Saint Sacrement.
Lorsque je me suis approchée de l'autel, la présence divine me pénétra. Je fus
plongée dans l'océan de Sa Divinité et Jésus m'a dit : « Ma fille, tout ce qui
existe est à toi. » J'ai répondu au Seigneur : « Mon cœur ne réclame que Vous
seul, Ô Trésor de mon cœur. Je Vous remercie Seigneur pour tous Vos dons,
mais je n'exige que Votre Cœur. Quoique les cieux soient grands, pour moi ils
ne sont rien sans Vous. Vous savez bien, Jésus, que je défaille sans cesse après
Vous. » - « Sache, ma fille, que ce que d'autres âmes atteindront dans l'éternité,
tu le goûtes déjà maintenant. » Et soudain mon âme fut inondée de la lumière de
la connaissance de Dieu. 969. Oh ! Que ne puis-je exprimer tant soit peu ce que l'âme ressent près du Cœur de la Majesté inconcevable ! Je ne sais l'exprimer. Seule une âme qui l'a vécue au moins une fois dans sa vie,
peut imaginer cette grâce. Quand je suis rentrée dans ma chambre, il me
semblait que de la vraie vie je revenais à la mort. Le médecin est venu me
prendre le pouls. Il s'est étonné : « Que vous est-il arrivé, ma Sœur ? Vous
n'avez jamais eu un pouls semblable. Je voudrais savoir ce qui a provoqué une
telle accélération de la pulsation ? » Que pouvais-je répondre alors que je ne
savais pas moi-même que j'avais une tension si élevée ? Je sais seulement que
j'agonise de langueur après Dieu. Mais je ne lui ai pas dit, car qu'est- ce que la
médecine peut y faire. 970. 19. II. 1937. L'union avec les agonisants. Ils me demandent des prières et
je peux prier, le Seigneur me donne un singulier esprit d'oraison. Je suis
constamment unie à Lui et je sens pleinement que je vis pour les âmes, pour les
amener à Votre Miséricorde, Seigneur. Pour cela aucun sacrifice n'est trop petit. 971. Aujourd'hui le docteur a décidé que je devais encore rester ici jusqu'au mois d'avril. C'est la volonté divine. Cependant je désirais déjà revenir parmi nos Sœurs. J'ai reçu aujourd'hui la nouvelle de la mort de l'une de nos Sœurs qui est morte à
Plock. Mais elle est venue chez moi avant que l'on ne m'ait annoncé sa mort 973. 22. II. 1937. Aujourd'hui une retraite pour les servantes a commencé dans
notre chapelle. Tous ceux qui le désirent peuvent y prendre part. Il y a une
conférence par jour. Le Père Bonaventura un Père Pieux, parle droit aux âmes
toute une heure. J'ai pris part à cette retraite, désireuse de connaître Dieu plus
profondément pour l'aimer plus ardemment, car j'ai compris que plus la
connaissance est grande, plus l'amour est puissant. 974. J'ai entendu aujourd'hui ces paroles : « Prie pour les âmes, quelles n'aient
pas peur de s'approcher du Tribunal de Ma miséricorde. Ne cesse pas de prier
pour les pécheurs. Tu sais à quel point leur âme Me tient à Cœur. Soulage Ma
tristesse mortelle, distribue Ma miséricorde. » 975. 24. II. 1937. Aujourd'hui, pendant la Sainte Messe j'ai vu Jésus agonisant.
Les souffrances du Seigneur me transpercent l'âme et le corps d'une manière
invisible, mais la douleur est grande. Elle dure un très court moment. 976. Pendant la Passion chantée, une si vive impression de Son supplice me
saisit que je n'ai pu retenir mes larmes. J'aurais voulu me cacher quelque part
pour donner libre cours à ma douleur provoquée par la considération de la
Passion. 977. Quand j'ai prié à l'intention du Père Andrasz, j'ai reconnu qu'il est très
agréable à Dieu. Depuis ce moment, j'ai encore plus de respect pour lui, comme
pour un Saint. Je m'en réjouis et j'ai rendu grâce à Dieu avec ferveur. 978. Aujourd'hui j'ai vu Jésus pendant la bénédiction. Il m'a dit ces paroles : «
Sois obéissante en tout à ton directeur, sa parole est Ma volonté. Grave-la au
fond de ton âme. C'est Moi qui parle par sa bouche et Je désire que tu lui
dévoiles l'état de ton âme avec la même simplicité et sincérité que tu as pour
Moi. Je te répète encore une fois Ma fille : Sache que ses paroles sont
l'expression de Ma volonté envers toi. » 979. J'ai vu aujourd'hui le Seigneur d'une grande beauté et Il m'a dit : « Mon
aimable hostie, prie pour les prêtres, surtout pendant ce temps de la moisson.
Mon Cœur t'aime de manière privilégiée et pour toi, je bénis la terre. » 980. J'ai compris que ces deux années de souffrances intérieures que j'endure en me soumettant à la volonté divine pour mieux connaître cette volonté, m'ont fait plus avancer dans la perfection que les dix années précédentes. Depuis deux ans, je suis sur la croix entre ciel et terre. C'est-à-dire, que d'un côté je suis liée par le vœu d'obéissance. Je dois écouter ma supérieure comme Dieu Lui-même. Et d'un autre côté, Dieu Lui-même me fait directement connaître Sa volonté. Voilà pourquoi mon supplice intérieur est si grand que personne ne peut comprendre ni concevoir ces souffrances spirituelles. Il me semble plus facile de perdre la vie que de vivre souvent, seulement une heure d'un tel supplice. Je ne vais même pas écrire beaucoup sur ce sujet, car il n'est pas à décrire : connaître directement la volonté de Dieu et être en même temps, parfaitement obéissante à la volonté divine annoncée indirectement par les Supérieures. Dieu merci, Il m'a donné, car autrement je n'avancerais pas d'un pas.
Ces jours-ci j'ai reçu une gentille lettre de ma petite sœur de dix-sept ans. Elle
me supplie et me conjure de l'aider à entrer au couvent. Elle est prête à tous les
sacrifices pour le Bon Dieu. Je vois par sa lettre que le Seigneur la conduit
Lui-même, je me réjouis de la grande miséricorde divine. 982. Aujourd'hui la Majesté de Dieu m'a enveloppée et a transpercé mon âme.
La grandeur de Dieu me plonge et m'envahit à ce point que je me noie toute
entière en elle : je fonds et je disparais toute en Lui comme dans la vie, la vie
parfaite. 983. Mon Jésus, je comprends bien que ma perfection ne consiste pas en ce
que Vous me chargez de faire de grandes œuvres pour Vous. Oh non, ce n'est
pas en cela que consiste la grandeur de l'âme, mais dans un grand amour pour
Vous. O Jésus, je comprends au fond de mon âme que les plus grandes œuvres
ne peuvent se comparer à un acte de pur amour pour Vous. Je désire Vous être
fidèle, répondre à Vos désirs. J'applique mes forces et mon intelligence à
accomplir tout ce que Vous me recommandez, Seigneur. Et je n'ai pas une
ombre d'attachement pour tout cela. Je le fais, car telle est Votre volonté. Mon
amour entier s'est noyé non pas dans Vos œuvres, mais en Vous-même, ô mon
Créateur et mon Seigneur. 984. 25. II. 1937. J'ai ardemment prié pour la mort heureuse d'une personne
qui souffrait beaucoup. Elle s'est trouvée pendant deux semaines entre la vie et
la mort. Elle m'a fait pitié et j'ai dit au Seigneur : « Doux Jésus, si les travaux que
je m'engage à faire pour Votre gloire Vous sont agréables, je Vous en prie,
prenez-la chez Vous, qu'elle repose en Votre miséricorde. » J'étais étrangement
tranquille. Peu après, on est venu me dire que la personne qui souffrait tant,
venait de mourir.. 985. J'ai vu un prêtre qui avait besoin de la grâce divine, j'ai prié pour lui jusqu'à
ce que Jésus le regarde avec bienveillance et lui donne la force. 986. J'ai appris aujourd'hui qu'une personne de ma famille offense Dieu et
qu'elle et en grand danger de mort. Cette connaissance causa une telle
souffrance à mon âme que j'ai cru ne pouvoir survivre à l'offense faite à Dieu.
J'ai bien demandé pardon à Dieu, mais je voyais Sa grande colère. 987. J'ai prié à l'intention d'un prêtre pour que Dieu l'aide dans certaines
affaires. Soudain j'ai aperçu Jésus crucifié. Jésus avait les yeux fermés. Il était au
supplice. J'ai salué Ses cinq blessures, une par une et Lui ait demandé Sa
bénédiction, pour ce prêtre. Jésus m'a fait connaître intérieurement combien
cette âme lui est agréable, et j'ai senti que la grâce a coulé de Ses blessures sur
cette âme qui est, comme Jésus, étendue sur la croix. 988. Mon Seigneur et mon Dieu, Vous savez que mon âme Vous aime Vous
seul. Toute mon âme s'est noyée en Vous, Seigneur. Même si je n'accomplissais
rien de ce que Vous m'avez fait connaître, Seigneur, je suis tout à fait tranquille,
car j'ai fait tout mon possible. Je sais bien que Vous, Seigneur, Vous n'avez pas
besoin de nos œuvres. Vous n'exigez que l'amour. 989. L'amour, encore l'amour et toujours l'amour de Dieu. Il n'y à rien de plus
grand au Ciel et sur la terre, ni rien qui lui soit supérieur. La perfection de la
grandeur c'est d'aimer Dieu. La véritable grandeur c'est l'amour de Dieu. La
vraie sagesse, c'est aimer Dieu. Tout ce qui est grand et beau est en Dieu. En
dehors de Dieu, il n'y a ni beauté ni grandeur. O vous, sages de ce monde, et
vous, les grandes intelligences, reconnaissez que la vraie grandeur réside dans
l'amour de Dieu. Oh ! Comme je suis étonnée, que certaines personnes
s'abusent elles-mêmes en disant qu'il n'y a pas d'éternité. 990. 26. II. 1937. J'ai vu aujourd'hui que les saints mystères étaient célébrés
sans vêtements liturgiques et dans des maisons privées, à cause d'un orage
momentané. Et j'ai aperçu le soleil sortant du Saint Sacrement. Les autres
lumières s'éteignirent ou bien furent assombries et tout le monde avait les yeux
tournés vers cette lumière-là. Mais je ne comprends pas encore la signification
de cette vision. 991. J'avance dans la vie parmi les arcs-en-ciel et les orages, mais le front
fièrement levé, car je suis un enfant royal. Je sais que le sang de Jésus circule
dans mes veines. J'ai mis ma confiance dans la grande miséricorde du Seigneur. 992. J'ai demandé au Seigneur que telle personne vienne chez moi aujourd'hui
pour que je puisse la voir encore une fois. Ce sera pour moi un signe qu'elle est
appelée à entrer dans la congrégation que Jésus veut que je fonde. Et chose
étrange, cette personne est venue. J'ai tâché de la former un peu intérieurement.
J'ai commencé à lui indiquer la voie du renoncement et du sacrifice, ce qu'elle a
volontiers accepté. Cependant j'ai remis toute cette affaire dans les mains du
Seigneur pour qu'Il dirige tout selon son bon plaisir. 993. J'ai entendu aujourd'hui à la radio : « Bonsoir Chef Sacré de mon Jésus »,
et soudain mon esprit se noya en Dieu. L'amour divin inonda mon âme, et je suis
demeurée un instant près du Père céleste. 994. Quoiqu'il ne soit pas facile de vivre en continuelle agonie, D'être clouée à la croix par différentes douleurs, Pourtant je m'enflamme d'amour en aimant, Et comme un Séraphin, j'aime Dieu, bien que je ne sois que faiblesse. Oh ! Grande est l'âme qui parmi les souffrances, Se tient fidèlement auprès de Dieu et accomplit Sa volonté ! Et sous les plus grands arcs-en-ciel et orages elle est sans consolation. Mais le pur amour de Dieu adoucit sa destinée. Ce n'est pas grand-chose d'aimer Dieu dans le bien être Et de le remercier quand tout va bien. Mais L'adorer parmi les plus grandes contrariétés, L'aimer pour Lui Seul Et mettre sa confiance en Lui est bien autre chose Lorsque l'âme séjourne dans les ombres de Gethsémani Et dans la douleur de l'amertume solitaire, Elle monte vers les hauteurs avec Jésus. Et quoiqu'elle boive constamment l'amertume, elle n'est pas triste. Quand l'âme accomplit la volonté du Dieu très haut Fût-ce au milieu de constants supplices et tourments, Ayant trempé les lèvres au calice qui lui est présenté, Elle devient puissante et rien ne l'émeut. Quoique tourmentée, elle répète : que Ta volonté soit faite. Elle attend patiemment le moment où elle sera transfigurée ; Car dans les plus grandes ténèbres, elle entend la voix de Jésus : tu es à Moi. Elle le connaîtra lorsque le voile tombera. 995. 28. II. 1937. Pendant un long moment, j'ai ressenti aujourd'hui la Passion
de Jésus et j'ai vu combien d'âmes ont besoin de prières. Je sens que je me
change toute en prière pour obtenir à chaque âme la miséricorde divine. O mon
Jésus, je Vous ai accueilli dans mon cœur comme otage de miséricorde pour les
âmes. 996. Lorsque ce soir j'ai entendu à la radio le chant : «Bonsoir Chef Sacré de
Mon Jésus », mon esprit fut soudain enlevé dans le sein mystérieux de Dieu. Et
j'ai compris en quoi consiste la grandeur de l'âme et quelle signification a l'amour
devant Dieu : l'amour encore l'amour et toujours l'amour. Et j'ai compris à quel
point tout ce qui existe est imprégné de Dieu ! Un amour de Dieu si grand
inonda mon âme qu'il est impossible de le décrire. Heureuse l'âme qui sait aimer
sans réserve, car c'est là qu'est sa grandeur. 997. Aujourd'hui j'ai assisté à une retraie d'un jour. Au cours de la dernière
conférence le prêtre parlait de ce que le monde besoin de miséricorde divine.
C'est comme un temps exceptionnel où l'humanité a tellement besoin de
miséricorde divine et de prières. Alors j'ai entendu dans mon âme une voix : «
Voilà des paroles pour toi. Fais tout ton possible pour l'œuvre de ma
miséricorde. Je désire qu'on honore Ma miséricorde. Je donne à l'humanité sa
dernière planche de salut, c'est-à-dire le recours à Ma miséricorde. Mon Cœur
se réjouit de cette fête. » Ces mots m'ont fait comprendre que rien ne peut me
dispenser de ce que le Seigneur exige de moi. 998. Pendant cette nuit, j'ai été si souffrante que j'ai cru que c'était la fin. Les
médecins n'ont rien pu trouver, ni dire quelle était cette maladie. Je sentais
comme si j'avais toutes mes entrailles mises en lambeaux. Cependant, après
quelques heures de souffrances, je me porte bien. J'offre tout pour les pécheurs.
Que Votre miséricorde descende sur eux, Seigneur! 999. Dans le terrible désert de la vie O mon doux Jésus, Epargne aux âmes la défaite, car Tu es la source de miséricorde. Que la clarté de tes rayons, O doux Chef de nos âmes, Que Ta miséricorde, changent le monde, Et que sous l'effet de Ta grâce, le monde serve Jésus. Je dois traverser une longue route rocailleuse, Mais je n'ai peur de rien. Car pour moi jaillit la source pure de la miséricorde, Et avec elle jaillit la force de l'humble. Je suis tourmentée et fatiguée, Mais ma conscience me rend témoignage, Que je fais tout pour la plus grande gloire du Seigneur. Le Seigneur est mon repos et mon héritage. Fin du deuxième brouillon Cahier III Inscription sur la couverture du troisième cahier : Sœur (Marie-)Faustine du Très saint Sacrement Congrégation des Soeurs de la Divine Mère de la Miséricorde Je chanterai la Miséricorde Du Seigneur J.M.J. 1000. Sois donc remercié, Seigneur, ô mon Maître, De m'avoir en Toi toute transformée, Tu m'accompagnes dans les difficultés et les dures épreuves de la vie, Rien ne saurait m'effrayer quand je T'ai en mon cœur. J.M.J. 1001. Et voici que le Cène se trouve disposée, Jésus avec Ses Apôtres prend place à table, Tout son Etre en amour transformé, Car tel était le conseil de la Sainte Trinité. C'est une grande faim que je désire assouvir avec Vous, Avant de souffrir la mort Sur le point de Vous quitter, l'amour Me retient parmi vous. Le sang va couler, la vie va s'en aller, car Il aime immensément. L'amour se dissimule sous l'apparence du pain, Car Il ne nous quitte, qu'afin de demeurer avec nous. Un tel anéantissement n'était point nécessaire, Mais l'amour brûlant se dissimula sous les Saintes Espèces. Sur le pain, sur le vin, Il dit ces mots : Ceci est Mon Corps, ceci est Mon Sang, Ce sont là paroles d'amour, quel mystère ! Puis Il fait passer le Calice à Se disciples Jésus s'inquiéta en Lui-même, Et dit : « L'un de vous trahira son Maître. » Ils se sont tus, silence de mort. Et Jean penche la tête sur la poitrine de Jésus. La Cène est terminée. Allons au Jardin. L'Amour est rassasié, Mais là, déjà attend le traître. J.M.J. 1002. O volonté de Dieu, tu es ma nourriture, tu es mon délice. Hâte ô Seigneur la Fête de la Miséricorde, afin que les âmes puissent connaître
la source de Ta bonté. Dieu et les âmes Cracovie, le 1er mars 1937. Sœur Marie Faustine Du Très Saint Sacrement 1003. O volonté de Dieu Tout-Puissant, Tu es ma jouissance, tu est ma joie. Peu importe ce que me tend la main de mon Seigneur, Je l'accepte avec allégresse, soumission et amour. Faire Ta sainte volonté : voila mon repos. En elle est toute sainteté, En elle aussi mon salut éternel. Car, la plus grande gloire, c'est accomplir la volonté de Dieu. La volonté de Dieu : ce sont ses divers souhaits, Que mon âme accomplit sans réserve, Car tels sont Ses divins désirs, Et c'est aussi le temps où Dieu accorde Ses confidences. Fais de moi ce qu'Il Te plaît, Seigneur, Je n'ai rien à y redire. Car Tu es tout mon délice et l'amour de mon âme, Et c'est à Toi que je confie les élans de mon cœur. 1004. J.M.J. Cracovie, le 1er mars 1937 Troisième cahier Dieu et les âmes Que la glorification et l'adoration du Dieu de Miséricorde se répandent sur toute
créature pour les siècles passés et à venir. 1005. O mon Seigneur et mon Dieu, Vous m'ordonnez d'écrire les grâces que
Vous m'accordez. O mon Jésus, si ce n'était l'ordre exprès des confesseurs
m'enjoignant d'écrire ce qui se passe en mon âme, de mon propre gré je
n'écrirais pas un seul mot. C'est donc sur ordre formel et au nom de la sainte
obéissance, que j'écris à propos de moi-même. 1006. Honneur et gloire à Vous, ô Sainte Trinité, Dieu éternel. Que Votre
miséricorde, jaillissant du plus profond de Vous-même, nous protège de Votre
juste colère. Que retentisse la gloire de Votre inconcevable miséricorde. Sur
toutes Vos œuvres est posé le sceau de Votre insondable miséricorde, ô Dieu. 1007. 1er mars 1937. Le Seigneur m'a fait voir à quel point Lui déplait une âme
loquace : « En cette âme je ne jouis d'aucun repos. Le tumulte incessant Me
fatigue et dans ce tumulte l'âme ne discerne pas ma voix. » Aujourd'hui, j'ai prié Notre-Seigneur Jésus de me faire rencontrer une certaine
personne, ce serait pour moi l'indice qu'Il l'appelait en ce monastère. Je l'ai vue
et j'ai compris que cette âme avait la vocation. J'ai prié Notre-Seigneur qu'Il
daigne la former Lui-même. Puis j'ai souvent parlé avec elle de la vocation, le
Seigneur fera le reste. 1009. 5 mars 1937. Aujourd'hui j'ai longtemps ressenti le supplice de
Notre-Seigneur Jésus dans mon propre corps : c'est là une bien grande douleur.
Mais j'ai enduré tout cela pour les âmes immortelles. 1010. Aujourd'hui Notre Seigneur m'a visitée. Il m'a serrée contre Son Cœur, et
m'a dit : « Reposes-toi, ma petite enfant. Je suis toujours avec toi. » 1011. 8 mars 1937. Aujourd'hui, alors que je priais à l'intention du Père
Andrasz, tout-à-coup, j'ai su comme il se rapprochait de Dieu. Et combien cette
âme était agréable au Seigneur. Cela m'a causé une grande joie, car je désire
ardemment que toutes les âmes soient le plus étroitement possible unies à Dieu. 1012. Aujourd'hui pendant les prières, un si grand désir d'entrer en action a
envahi mon âme, que je n'ai pu refréner cet élan. Oh ! avec quelle ardeur je
désire que les âmes de cette Congrégation se présentent devant le trône de Dieu
pour implorer la miséricorde divine pour le monde entier, adorant et glorifiant
cette insondable miséricorde de Dieu. Une force étrange me pousse à l'action. 1013. 12 mars1937. J'ai vu la lassitude d'un certain prêtre pou lequel le
Seigneur a tracé une route dure et difficile. Mais le fruit de son travail
demeurera. Que Dieu nous donne beaucoup d'âmes semblables, qui sachent
aimer Dieu au milieu des plus grands tourments. 1014. J'ai senti aujourd'hui, combien l'âme d'un agonisant désirait des prières.
J'ai prié pour cette âme tout le temps qu'il lui fallut pour trépasser et jusqu'à ce
que je le ressente. Oh ! Combien les âmes des mourants ont besoin de prières.
O Jésus, inclinez les âmes à prier souvent pour les agonisants. 1015. 15 mars 1937. Aujourd'hui, j'ai pénétré l'amertume de la Passion de
Notre Seigneur Jésus. J'ai souffert uniquement en esprit et j'ai compris toute
l'horreur du péché. Dieu me fit connaître l'étendue de son aversion pour le
péché. Au plus profond de mon âme, j'ai réalisé à quel point le péché est
affreux, même le plus minime, et combien il tourmentait l'âme de Jésus. Je
préférerais souffrir mille morts pltôt que de commettre le moindre péché véniel. 1016. Le Seigneur m'a dit : « Je désire Me communiquer aux âmes et les remplir
de Mon amour. Mais il y a pu d'âmes disposées à recevoir toutes les grâces que
Mon amour leur destine. Ma grâce ne se perd pas si l'âme à laquelle elle est
destinée ne la reçoit pas, c'est une autre âme qui la prend. » 1017. Souvent, je sens que certaines personnes prient pour moi ; je ressens cela
tout-à-coup en mon âme, mais je ne sais pas toujours qui intercède pour moi. Je
sais également si quelqu'un a de la peine par ma faute. Cela aussi je le ressens
intérieurement, même si c'est très loin. 1018. 18 mars 1937. J'ai reçu une certaine grâce qui m'amène à une grande
intimité et communication avec le Seigneur. Pae une lumière intérieure, Il me fait
connaître Sa Grandeur, Sa Sainteté et avec quelque bienveillance Il s'abaisse
jusqu'à moi. Il me révèle Son amour exclusif envers moi, comme Il est le Maître
de toute chose et comme Il se communique à l'âme. Suspendant toutes les lois
de la nature, Il agit comme Il veut. 1019. Je vie en mon for intérieur les épousailles de l'âme de l'âme avec Dieu :
c'est une pure célébration intérieure de l'âme avec Dieu sans aucune
conséquence extérieure. . Cette grâce m'a entraînée dans l'ardeur même de
l'amour de Dieu. J'ai connu à la fois Sa qualité de Trinité et l'absolue unité de
Son Etre. Cette grâce est différente de toutes les autres. Elle est si hautement
spirituelle, que mon incomplète description ne peut en exprimer, même l'ombre. 1020. J'ai un tel désir de me cacher ! Je voudrais tant vivre comme si je
n'existais pas ! Je ressens étrangement et intérieurement l'attrait de me cacher au
plus profond de moi-même afin que seul me connaisse le Cœur de Jésus. Je
désire être pour Jésus un habitacle de silence où Il puisse se reposer. Je
n'autoriserai rien qui puisse éveiller l'objet de mon adoration.. Me cacher, me
donner la possibilité d'une fréquentation continuelle et exclusive avec Lui, objet
de mon adoration. Je fréquente les créatures autant que cela Lui plaît. Mon
coeur s'est mis à aimer le Seigneur de toute la force de l'amour, et je ne connais
pas d'autre amour. Car dès le début mon âme a sombré dans le Seigneur
comme en son unique trésor. 1021. Quoique extérieurement, j'éprouve beaucoup de douleur et diverses
contrariétés, cela ne diminue cependant, en aucune façon, ma vie intérieure, ni
ne trouble la paix de mon âme. Je ne crains pas la solitude. Même si tous
devaient m'abandonner, je ne serais pourtant pas seule, car le <seigneur est
avec moi. Même si le Seigneur devait cacher, l'amour saurait Le trouver. Car
pour l'amour, il n'y a ni porte, ni gardiens. Le perspicace Chérubin lui-même
avec son épée flamboyante, , ne peut empêcher l'amour qui, à travers les forêts,
et dans les orages, la foudre et les ténèbres, parviens à la source dont il est sorti
et y demeure des siècles. Tout cessera, mais l'amour ne cessera jamais. 1022. Aujourd'hui, j'ai reçu des oranges. Après le départ de la Sœur j'ai pensé ;
« Au lieu de me mortifier et de faire pénitence durant le Saint Jeûne, je vais
manger des oranges ? Je me sens déjà un peu mieux. » Sur ce, j'entends une
voix en mon âme : « Ma fille, tu Me plais bien plus si, par obéissance et amour
de Moi, tu manges ces oranges, que si tu te mortifies et jeunes de ta propre
volonté. Je connais ton cœur, et sais que rien ne saurait le contenter si ce n'est
l'amour de Moi. » 1023. Je ne saurais vivre sans le Seigneur. Dans cet isolement, souvent Jésus me
rend visite, m'édifie, me calme ou me réprimande et me rappelle à l'ordre. Mais
toujours plein de bonté et de miséricorde, Lui-même façonne mon cœur à Sa
guise, suivant Ses divins désirs. Nos cœurs ne font qu'un. 1024. 19 mars 1937. Je me suis unie à l'adoration qui a lieu aujourd'hui, en
notre maison. Cependant mon âme était pleine et une étrange appréhension me
rongeait le cœur, aussi ai-je redoublé mes prières. Et tout-à-coup, j'ai aperçu le
regard de Dieu au fond de mon cœur. 1025. Quand j'ai pris place devant l'appétissant déjeuner, j'ai dit au Seigneur : «
Merci pour tous ces dons, mais mon cœur se meurt de langueur pour Vous et
rien de ce qui est terrestre n'est à mon goût. Je désire la manne de Votre amour.
» 1026. Aujourd'hui, une force étrange me poussait à l'action. Je dois résister à
cette attirance; sinon j'irai immédiatement dans cette direction. 1027 21 mars 1937. Dimanche des rameaux. Durant la Sainte Messe, mon âme
a été plongée dans l'amertume et les souffrances de Jésus. Jésus m'a fait
connaître combien il a souffert durant ce cortège triomphal. En écho à
l'Hosanna, résonnait dans le Cœur de Jésus : « crucifie-Le ! » Jésus m'a fait
ressentir ce la de façon particulière. 1028. Le médecin ne m'a pas permis de me rendre à la Chapelle pour le Chemin de croix, comme j'en avais le très grand désir. Cependant j'ai pu prier dans ma chambre séparée. Tout-à-coup, j'ai entendu la sonnette de la chambre voisine. J'y suis entrée et j'ai rendu service à un grand malade. De retour dans ma chambre, j'ai aperçu tout-à-coup Notre Seigneur Jésus, qui
s'est adressé à moi en ces termes : « Ma fille, le service que tu viens de Me
rendre, Ma causé une plus grande joie que si tu avais longuement prié. » J'ai
répondu : « Mais ce n'est pas à Vous, ô Jésus, mais à ce malade que j'ai rendu
service. » Le Seigneur m'a répondu : « Oui, ma fille, mais quoi que tu fasse pour
ton prochain, c'est à Moi que tu le fais. »
1029. Ô mon Jésus, donnez-moi la sagesse, éclairez ma raison de Votre lumière
et cela, ô Seigneur, dans le but unique de Vous mieux connaître ! Car, plus je
Vous connais, plus passionnément je Vous aime, unique objet de mon amour.
En Vous sombre mon âme, en Vous se fond mon cœur. Je ne sais pas aimer à
moitié, mais de toute la force de mon âme et de toute l'ardeur de mon cœur.
Vous avez Vous même, ô Seigneur allumé mon amour pour Vous. En Vous
s'est résorbé mon cœur pour l'éternité. 1030. 22 mars 1937. Parlant aujourd'hui à une personne, j'ai perçu que son
âme était en peine, quoique extérieurement elle fasse semblant d'être gaie et de
ne souffrir aucunement. J'eus l'inspiration de lui dire que ce qui la tourmentait
était la tentation. Lorsque je lui eus découvert ce qui la torturait, elle s'est mise à
pleurer tout haut et m'a déclaré qu'elle était justement venue me voir pour cela,
pour en parler, car elle sentait que cela la soulagerait. Cette souffrance venait de
ce que cette âme était attirée d'un côté par la grâce de Dieu, et de l'autre par le
monde. Elle passa par une lutte terrible jusqu'à verser des larmes comme un
petit enfant. Puis elle s'en alla calmée et tranquillisée. 1031. Durant la sainte Messe, j'ai eu la vision de Notre Seigneur Jésus cloué sur
la Croix, dans de grandes souffrances. Un faible gémissement sortait de Son
Cœur. Puis Il dit : « Je désire, Je veux le salut des âmes. Aide-Moi, Ma fille à
sauver les âmes ! Joins tes souffrances à Ma Passion et offre-les au Père des
Cieux, pour le rachat des pécheurs ! » 1032. Quand je vois que le poids de l'épreuve dépasse mes forces, je n'analyse
pas, je n'approfondis pas. Mais je me sauve comme un enfant vers le Cœur de
Jésus et je Lui dis seulement : « Vous seul pouvez tout ». Et je me tais, car je
sais que Jésus interviendra alors, Lui seul, dans cette affaire et moi, au lieu de
me tourmenter, j'occupe ce temps à l'adorer. 1033. Lundi Saint. J'ai supplié le Seigneur qu'Il me permette de prendre part à
Sa douloureuse Passion, afin de participer autant qu'une créature, autant que
cela est possible, corps et âme, à cette Passion. Et cela à un degré tel que je ne
puisse en ressentir toute l'amertume. Le Seigneur m'a répondu qu'Il
m'accorderait cette grâce et que le jeudi, après la Sainte Communion, Il me
l'octroierait de façon particulière. 1034. Ce soir, mourut dans de grandes souffrances, un homme jeune encore.
J'ai entrepris de dire à son intention le chapelet que m'enseigna le Seigneur. Je
l'ai dit en entier. Comme l'agonie se prolongeait, j'ai voulu commencer les litanies
des Saints. Mais tout à coup, j'entendis ces mots : « Récite le chapelet ». Je
compris que cette âme avait particulièrement besoin de l'aide des prières et
d'une grande miséricorde. Je me suis alors enfermée dans ma chambre. Je suis
tombée en croix devant Dieu, et j'ai imploré Sa miséricorde pour cette âme. Ce
faisant, j'ai ressenti l'immense Majesté de Dieu et Sa grande Justice. Je tremblais
de peur, mais je n'ai pas cessé de supplier la miséricorde divine pour cette âme.
Puis j'ai pris ma croix sur ma poitrine, cette croix qui est celle de mes vœux, et
je l'ai posée sur la poitrine de l'agonisant, en disant à Notre Seigneur : « Jésus,
que Votre regard rempli d'amour se pose sur cette âme, comme il s'est posé sur
l'holocauste que je fis le jour de mes vœux éternels ! Je vous en supplie par la
force de la promesse que Vous m'avez faite envers les agonisants qui
invoqueront Votre miséricorde pour eux. » L'agonisant cessa de souffrir et
mourut en paix. Oh ! Profitons de la miséricorde divine tant qu'il en est encore
temps ! Demandons-Lui de nous prendre en pitié ! 1035. Je me rends de mieux en mieux compte à quel point chaque âme éprouve
le besoin de la miséricorde divine, toute sa vie durant, mais particulièrement à
l'heure de la mort. Le chapelet en question anéantit la colère de Dieu ainsi qu'il
me l'a dit Lui-même. 1036. Je me trouve si faible que, si ce n'était la Sainte Communion, je tomberais
continuellement. Une seule chose me donne la force : la Sainte Communion.
D'elle, je tire mes forces. En elle je trouve tout mon réconfort. J'appréhende la
vie, les jours où je serais privée de la Sainte Communion. J'ai peur de
moi-même. Jésus caché dans l'hostie me tient lieu de tout. Du tabernacle je tire
forces, pouvoir, courage, lumière. Là, dans les moments de tourment, je cherche
l'apaisement. Je ne saurais rendre gloire à Dieu, si je n'avais l'Eucharistie dans le
cœur. 1037. Pologne, ma chère Patrie, si tu savais combien d'offrandes et de prières
j'adresse à Dieu en ton nom ! Prends bien garde de rendre gloire à Dieu, qui
t'élève et te distingue. Mais sache être reconnaissante ! 1038. Je ressens une terrible douleur à la vue des souffrances de mon prochain.
Toutes ses souffrances se répercutent dans mon cœur. Je porte aussi ses
tourments, au point que cela m'anéantit physiquement. Afin de soulager mon
prochain, je voudrais que toutes ses douleurs retombent sur moi. 1039. Au sein de plus terribles tourments, je regarde vers Vous, ô mon Dieu, et
quoique l'orage s'amasse sur ma tête, je sais pourtant que le soleil ne saurait
s'éteindre. De même, la perversité des créatures ne m'étonne pas et j'accepte à
l'avance tous les événements. Mes lèvres se taisent, alors que mes oreilles sont
saturées de railleries. Je m'efforce au calme du cœur, au milieu des plus grandes
souffrances, et je me protège de tous les traits, par le bouclier de Votre nom. 1040. L'ardent désir de ce jour de Fête embrasse mon âme toute entière. Je ne ressens quelque soulagement que lorsque je fais de ferventes prières pour hâter cette Fête. J'ai entrepris une neuvaine à l'intention de certains prêtres, afin que Dieu leur accorde lumière et inspiration, afin qu'ils s'efforcent de promouvoir cette Fête et que l'Esprit de Dieu inspire le Saint Père dans toute cette affaire. Cette neuvaine consiste en une heure d'adoration devant le Très Saint
Sacrement. J'ai imploré Dieu avec ferveur de hâter cette Fête. J'ai prié le Saint
Esprit d'inspirer certaines personnes dans cette affaire. Cette neuvaine sera
terminée le jeudi Saint. 1041. 23 mars 1937. C'est aujourd'hui le septième jour de la neuvaine. J'ai reçu
une grande grâce incompréhensible : Jésus Miséricordieux m'a fait la promesse
que je serais présente à la célébration de cette Fête solennelle. 1042. Ce Mardi Saint 23 mars, est un jour où Dieu m'accorda bien des grâces. 1043. Tout à coup, je fus envahie par la présence de Dieu, et je me vis
simultanément, dans la Chapelle du Saint Père, et en même temps dans notre
chapelle. La célébration du Saint Père et de toute l'Eglise était étroitement liée à
celle de notre Chapelle, et tout particulièrement à notre Congrégation. Je prenais
donc part simultanément à la Fête solennelle à Rome, et chez nous, puisque
cette solennité était étroitement liée à celle de Rome. Malgré ce que j'écris ici, je
ne peux les différentier, mais seulement en parler comme c'est, c'est-à-dire
comme je les ai vues. J'ai vu que dans notre Chapelle, Notre Seigneur Jésus
était exposé dans l'ostensoir, sur le Maître-Autel. La Chapelle était parée
comme pour les grandes cérémonies et ce jour-là, tout le monde pouvait y
pénétrer, si on le désirait. La foule était si dense. La foule était si dense que je ne
pouvais la parcourir des yeux. Tous ceux qui prenaient part à cette cérémonie
étaient animés d'une grande joie et beaucoup d'entre eux obtinrent ce qu'ils
désiraient. Cette même cérémonie avait lieu à Rome dans un beau sanctuaire et le Saint
Père, en compagnie de tout le clergé célébrait cette cérémonie. Tout à coup,
j'aperçus Saint Pierre qui se tenait entre l'Autel et le Saint Père. Ce qu'a dit Saint
Pierre, je n'ai pu l'entendre. Mais je sais que le Saint Père comprenait son
langage. 1044. Sur ce, quelques ecclésiastiques que je ne connaissais pas,
commencèrent à m'examiner et à m'humilier, ou plutôt à critiquer ce que j'avais
écrit. Cependant je vis Jésus Lui-même prendre ma défense et leur donner à
comprendre ce qu'ils ne savaient pas. 1045. Puis, tout à coup, j'ai vu sortir de la Sainte Hostie ces deux rayons de
lumière (tels qu'ils sont peints sur ce tableau) qui se répandirent sur le monde
entier. Ce ne fut qu'un moment, mais cela me sembla durer toute la journée.
Notre Chapelle fut surpeuplée et toute cette journée fut remplie de joie. 1046. Ensuite, j'ai vu sur notre Autel Notre Seigneur Jésus vivant, (sous le
même aspect qu'Il a sur le tableau). J'ai cependant senti que ni les Sœurs ni tous
ces gens n'avaient vu Notre Seigneur Jésus, tel que je le vis. Jésus contempla
avec grande bienveillance et allégresse le Saint Père, certains prêtres et tout le
clergé, le peuple et notre Congrégation. 1047. Je fus ensuite transportée à proximité de Jésus et je me tins debout sur
l'Autel à coté de Notre Seigneur. Quant à mon âme, elle fut remplie d'un
immense bonheur que je ne suis pas en état de concevoir ni de décrire. Une paix
profonde ainsi que la quiétude submergèrent mon âme. Jésus se pencha vers
moi et me demanda avec bienveillance : « Que désires-tu, Ma fille ? » - Je
répondis : « Je désire gloire et vénération à Votre Miséricorde. » - « Je reçois
déjà toute vénération en instituant et célébrant cette Fête. Que désires-tu encore
? » Alors j'ai regardé cette immense foule qui rendait hommage à la Miséricorde
divine et j'ai dit au Seigneur Jésus : « Bénissez tous ceux qui sont réunis pour
Vous vénérer, pour vénérer Votre infinie Miséricorde ! » Jésus traça de la main
le signe de la Sainte Croix. Cette bénédiction se réfléchit sur les âmes comme un
trait de lumière. Mon âme s'absorba dans Son amour, je sentis qu'elle s'était comme fondue en
Dieu et avais disparu en Lui. Quand je revins à moi, une paix profonde
emplissait mon âme. Et une étrange compréhension de bien des choses se
communiqua à mon esprit, compréhension qui, auparavant, m'était refusée. 1048. Je suis immensément heureuse, bien que je sois la dernière des derniers.
Et je ne voudrais, en aucun cas, modifier quoi que ce soit à ce que Dieu m'a
donné. Même avec un Séraphin, je ne voudrais faire échange de la façon dont
Dieu se fait connaître, Lui-même, intérieurement à moi. Mon intime union avec
Dieu est telle qu'aucune créature ne peut le concevoir, et en particulier lorsque
les profondeurs de Sa Miséricorde s'emparent de moi. Je suis heureuse de tout
ce que Vous me donnez, Seigneur. 1049. 24 mars 1937. Mercredi Saint. Mon cœur languit de Dieu, je désire
m'unir à Lui. Une légère crainte perce en mon âme et, en même temps, une sorte
de flambée d'amour embrase mon cœur. Amour et souffrance cohabitent en
mon cœur. 1050. Je ressens une grande souffrance en mon corps, mais je sens que Dieu
me soutient, sinon, je ne pourrais la supporter. 1051. Ô mon Jésus, je vous implore pour l'Eglise entière, faites-lui partager
l'amour et la lumière de Votre Esprit. Donnez force aux paroles des prêtres, afin
que les cœurs endurcis se repentent et reviennent à Vous. Seigneur,
donnez-nous de saints prêtres ! Vous-même, gardez-les en sainteté, ô Divin
Grand Prêtre ! Que la force de Votre Miséricorde les accompagne partout !
Protégez-les des embûches et des pièges diaboliques, qui menacent sans cesse
les âmes des prêtres ! Que la force de Votre Miséricorde, ô Seigneur, réduise
et détruise tout ce qui pourrait ternir la sainteté des prêtres, car tout est en votre
pouvoir ! 1052. 25 mars 1937. Jeudi Saint. Durant la Sainte Messe j'ai vu le Seigneur qui
m'a dit : « Mets ta tête sur Ma poitrine et repose-toi ! » Le Seigneur m'a étreinte
sur son Cœur et m'a dit : « Je vais te donner une parcelle de Ma Passion, Mais
n'aie pas peur ! Sois vaillante, ne cherche pas de soulagement ! Accepte tout, en
t'abandonnant à Ma volonté ! » 1053. Lorsque Jésus prit congé de moi, une si grande douleur m'étreignit l'âme,
qu'il m'est impossible de l'exprimer. Les forces physiques m'abandonnèrent. Je
suis alors vite sortie de la Chapelle et me suis mise au lit. Je perdis la notion de
ce qui se passait autour de moi. Mon âme soupirait après le Seigneur, et toute
l'amertume de Son Cœur Divin se communiquait à moi. Cela dura trois heures
environ. J'ai prié le Seigneur qu'Il m'abrite des regards de l'entourage. Malgré
mon désir, je n'ai pu m'alimenter de toute la journée jusqu'à ce que le soir soit
venu. Je désirais ardemment passer toute la nuit dans le cachot avec Notre Seigneur
Jésus. J'ai prié jusqu'à onze heures. A onze heures le Seigneur m'a dit : « Va
t'allonger et prendre du repos ! Je t'ai fait subir trois heures ce que J'ai souffert
toute une nuit. » Et je me suis immédiatement mise au lit. Je n'avais plus aucune force physique, la torture m'ayant laissée complètement sans forces. Pendant tout ce temps, je fus comme évanouie. Chaque frémissement du Cœur de Jésus se répercutait dans mon cœur et transperçait mon âme. Si ces tortures m'avaient concerné seule, j'aurais moins souffert. Mais contemplant Celui que j'aimais de tout mon cœur, et voyant qu'Il souffrait et que je ne pouvais en rien alléger Ses souffrances, mon cœur se dissolvait dans l'amour et l'amertume. J'agonisais avec Lui, mais je ne pouvais trépasser. Je n'échangerais pas ce martyre pour toutes les jouissances du monde entier. Au cours de cette souffrance, mon amour s'accrût de façon inconcevable. Je sais que le Seigneur m'a soutenue de Sa Toute-Puissance, car autrement, je n'aurais pas pu tenir un seul instant. J'ai subi tous les tourments en même temps que Lui et de façon particulière. Le monde ignore tout ce que Jésus a souffert. Je L'ai accompagné, tant au Jardin qu'au cachot, et devant les juges. J'étais avec
Lui dans chacun de Ses tourments. Pas un de Ses mouvements, pas un de ses
regards ne put m'échapper. J'ai connu la Toute-Puissance de Son Amour et de
sa Miséricorde envers les âmes. 1054. 26 mars 1937. Vendredi. Dès le matin, j'ai ressenti la Passion en mon
corps : les cinq Plaies du Christ. Cette souffrance dura jusqu'à trois heures.
Quoiqu'extérieurement il n'y ait aucune trace, ces souffrances sont pourtant
douloureuses. Je me réjouis de ce que Jésus me tienne à l'abri des regards
humains. 1055. A onze heures, Jésus m'a dit : « Mon hostie, tu es un doux soulagement
pour Mon Cœur torturé ! » J'ai cru après ces paroles que mon cœur allait brûler.
Il le donna une si étroite union avec Lui que mon cœur épousa Son Cœur avec
amour et que je ressentais Ses plus légères palpitations et Lui les miennes. Le
feu de mon amour, une fois créé, fut réuni au feu éternel de Son Amour. Cette
grâce, par son immensité, dépasse toutes les autres. Sa qualité de Trinité
m'envahit toute et je suis entièrement plongée en Lui. Cette Toute-Puissance
immortelle fortifie quelque peu ma petitesse. Je suis plongée en un inconcevable
amour et, du fait de Son martyre, un inconcevable supplice. Tout ce qui touche
à Son Essence se communique à moi. 1056. Jésus m'avait fait connaître et pressentir cette grâce, mais aujourd'hui Il
me l'a accordée. Je n'aurais osé rêver de cette grâce. Mon coeur est comme
une perpétuelle extase, quoique extérieurement, rien ne m'empêche de
fréquenter mon prochain ni de vaquer à mes occupations. Rien ne saurait avoir
de le pouvoir d'interrompre mon extase. Personne n'est en état de la
soupçonner, car j'ai prié Dieu de bien vouloir m'abriter des regards humains. A
la suite de cette grâce, une mer de lumière de connaissance de Dieu et de
moi-même pénétra dans mon âme. L'étonnement m'envahit toute et pénétra
dans mon âme et m'amena comme à une nouvelle extase, suscitée par le fait que
Dieu ait daigné s'abaisser jusqu'à moi, si petite. 1057. A trois heures, j'ai prié en croix pour le monde entier. Jésus vient de
terminer Sa vie temporelle. J'ai entendu ces sept paroles. Puis Il me regarda et
dit : « Bien-aimée fille de Mon Cœur, tu M'es un doux soulagement parmi de
terribles souffrances. » 1058. Jésus m'ordonne de faire une neuvaine, avant la Fête de la Miséricorde,
pour la conversion du monde entier et la propagation de la Miséricorde divine et
je dois la commencer aujourd'hui. « Je désire que chaque âme glorifie Ma bonté
». dit-Il. - Je désire avoir la confiance de Mes créatures. Exhorte les âmes à une
grande confiance, en l'abîme de Ma Miséricorde. Que l'âme faible et pécheresse
ne craigne pas de s'approcher de Moi, car même si elle comptait plus de péchés
qu'il n'y a de grains de sable sur terre, tout sombrera dans le gouffre de Ma
miséricorde. » 1059. Lorsque Jésus rendit le dernier soupir, mon âme fut broyée par la
douleur, et durant un long moment, je ne pus revenir à moi. Je trouvai dans les
larmes une sorte de soulagement. Celui que chérissait mon cœur avait expiré.
Qui peut concevoir ma douleur ? 1060. Dans la soirée, j'ai entendu des chants à la radio, des Psaumes chantés
par des prêtres. Je fondis en larmes. Toute ma douleur se renouvela dans mon
âme et j'ai pleuré douloureusement, sans pouvoir trouver d'apaisement.
J'entendis alors une voix dans mon âme : « Ne pleure pas. Je ne souffre plus.
Pour la fidélité avec laquelle tu M'as accompagné, dans les supplices et dans la
mort, ta propre mort sera solennelle ; et Je t'accompagnerai en cette heure
dernière. Parle, chérie de Mon Cœur ! Je vois ton amour si pur. Fortifié par la
lutte que tu mènes, il surpasse l'amour des anges. A cause de toi, Je bénis le
monde. Je vois tes efforts, tendus vers Moi et ils Me ravissent le Cœur. » Après paroles, je cessai de pleurer. Mais je remerciai le Père des Cieux de nous
avoir envoyé Son Fils et d'avoir ainsi permis le rachat du genre humain. 1061. J'ai entrepris une heure d'adoration et de reconnaissance pour toutes les grâces qui me furent octroyées et pour l'épreuve de ma maladie. Celle-ci étant également. J'ai été malade quatre mois durant, mais je ne me souviens pas d'avoir perdu une seule minute : tout fut pour Dieu et pour les âmes. En toutes circonstances je désire Lui être fidèle. Pendant cette adoration, j'ai compris avec quelle vigilance et quelle bonté Jésus
m'entourait et me défendait de tout mal. Merci Jésus, tout particulièrement de
m'avoir visitée dans ma solitude. Je vous remercie d'avoir inspiré à mes
Supérieures de m'envoyer faire cette cure. Communiquez-leur, Jésus, la Toute
puissance de Votre bénédiction, et compensez toutes les dépenses encourues à
cause de moi. 1062. Aujourd'hui, Jésus m'ordonne de consoler et de calmer certaine âme qui
s'est ouverte à moi et m'a conté ses peines. Cette âme est agréable au Seigneur,
mais elle-même n'en sait rien. Dieu la tient en grande humilité. J'ai rempli les
directives du Seigneur. 1063. Ô mon doux Maître, Bon Jésus, je Vous abandonne mon cœur, afin que
Vous le formiez et le façonniez à Votre guise. Ô amour insondable, je penche le
calice de mon cœur devant Vous, tel un bouton de rose sous la rosée. Vous
seul, mon Bien-aimé, connaissez le parfum de cette fleur qu'est mon cœur. Que
la senteur de mon offrande Vous soit donc agréable, Dieu immortel, délices
éternels. Déjà, sur cette terre, Vous m'êtes le Ciel. Que chaque battement de
mon cœur soit un nouvel hymne d'adoration envers Vous, ô Sainte Trinité ! Si je
disposais d'autant de cœurs qu'il y a de gouttes d'eau dans l'océan et de grains
de sable sur le globe terrestre, je Vous les offrirais tous, ô mon Amour, Trésor
de mon cœur. Je désire amener à Vous aimer tous ceux à qui j'aurai affaire dans
la vie, quels qu'ils soient. Ô mon Jésus, vous êtes toute Beauté, mon Reposoir.
Ô mon unique Maître, Juge, Sauveur et Epoux en même temps - je sais que
chacun de ces titres va nuancer l'autre - j'ai tout placé en Votre Miséricorde. 1064. Mon Jésus, soutenez-moi, lorsque viendront les jours sombres et
difficiles, les jours de souffrances et d'épreuves lorsque la souffrance et la
lassitude commenceront à écraser mon corps et mon âme ! Soutenez-moi,
Jésus, donnez-moi la force de supporter la souffrance ! Veillez sur ma bouche,
afin qu'il n'en sorte aucun mot de plainte adressé aux créatures ! Tout mon
espoir réside en Votre Cœur très miséricordieux. Je n'ai rien pour ma défense si
ce n'est votre Miséricorde. Je me fie à elle. 1065. 27 mars 1937. Aujourd'hui je reviens de l'hôpital de Pradnik après quatre
mois de traitement. Et je remercie. Et je remercie Dieu de tout cela. J'ai profité
de chaque instant pour glorifier Dieu. Lorsque j'ai été un moment à la Chapelle,
j'ai su combien je vais devoir souffrir et lutter dans toute cette affaire. Ô Jésus
ma force, Vous seul pouvez m'aider, fortifiez-moi ! 1066. 28 mars. Résurrection. Pendant la célébration, j'ai vu le Seigneur
rayonnant de gloire qui m'a dit : « Ma fille, la paix soit avec toi ! » Il me bénit et
disparut et mon âme s'est emplie d'une joie indescriptible. Mon coeur s'est
fortifié pour la lutte et les souffrances. 1067. Aujourd'hui j'ai conversé avec le Père qui m'a recommandé une grande
prudence, en ce qui concerne les brusques apparitions de Notre Seigneur Jésus.
Pendant qu'il me parlait de la Miséricorde divine j'ai ressenti dans mon cœur une
sorte de force, de pouvoir. Mon Dieu, je désire tant me confesser de tout et je
ne le peux pas ! Le Père m'a dit que le Seigneur Jésus est très généreux pour se
communiquer aux âmes ; et que pourtant d'un autre côté Il serait comme avare,
« Et quoique Dieu soit toute générosité, me dit le Père, soyez malgré tout
prudente, car ces soudaines apparitions éveillent la suspicion (quoique
personnellement je ne vois ici rien de mal, ni quoi que ce soit en contradiction
avec la foi). Soyez un plus prudente et quand la Mère Supérieure arrivera, vous
pourrez parler de cette affaire ! » 1068. 29 mars 1937. Durant la méditation de ce jour, j'ai vu Notre Seigneur
rayonnant de beauté. Il me dit : « La paix soit avec toi, Ma fille ! ». Mon âme se
mit à trembler d'amour pour Lui et je Lui dit : « Ô Seigneur, quoique je Vous
aime de tout mon cœur, je Vous prie de ne plus m'apparaître car mon directeur
de conscience m'a dit que Vos brusques apparitions éveillaient la suspicion, que
peut-être Vous seriez un leurre ! Et bien que je Vous aime plus que ma vie, et
que je sache que c'est Vous, le Seigneur mon Dieu qui me visitez, avant tout, je
dois obéir à mon confesseur. » Jésus écouta mes paroles avec gravité et
bienveillance et me dit exactement ceci : « Dis à ton confesseur que si je suis sur
ce pied d'intimité avec ton âme c'est parce que tu ne voles pas Mes bienfaits !
C'est pourquoi Je déverse toutes mes grâces sur elle. Car Je sais que tu ne les
accapareras pas pour toi. Mais pour marquer que sa prudence m'est agréable,
tu ne me verras plus et Je ne me montrerai plus à toi de cette façon, jusqu'à ce
que tu te rendes compte de ce que Je viens de te dire. » 1069. 2 avril 1937. Ce matin, pendant la Sainte Messe, j'ai entendu ces paroles
: « Dis à la mère Supérieure que Je désire que l'adoration se fasse ici, afin
d'implorer Miséricorde pour le monde entier. » 1070. Ô mon Jésus, Vous seul, vous savez par quelles transes passe mon cœur
! Ô Vous qui êtes ma force, Vous pouvez tout ! Et quoique je m'expose à de
grandes souffrances, je Vous resterai toujours fidèle, car je suis soutenue par
Votre grâce particulière. 1071. 3 avril 1937. . Aujourd'hui, le Seigneur m'a dit : « Va dire à Monsieur
l'abbé que je désire que durant la fête de Ma Miséricorde soit fait un sermon sur
cette insondable Miséricorde ! » J'ai rempli le souhait de Dieu, cependant, ce
prêtre ne voulut pas reconnaître le langage du Seigneur. Quand je fus revenue
de la confession, j'entendis ces mots : « Fais ce que Je t'ordonne et sois
tranquille. C'est une affaire entre lui et Moi. Tu ne répondras pas de cela. » 1072. 4 avril 1937. Le dimanche de Quasimodo, c'est-à-dire le jour de la Fête de la Miséricorde. Le matin, après la Sainte Communion, mon âme est demeurée plongée en la Divinité. J'étais unie aux Trois Personnes Divines, de telle façon qu'étant unie à Jésus, je l'étais en même temps, au Père et au Saint-Esprit. Mon âme s'est plongée dans une joie inconcevable. Le Seigneur me fit connaître toute l'immensité de la profondeur de Son insondable Miséricorde. Oh ! Si les âmes voulaient comprendre combien Dieu les chérit. Toutes les comparaisons, même les plus tendres et les plus fortes, ne sont que de pâles reflets, comparés à la réalité. Ainsi unie au Seigneur, j'ai appris que bien des âmes adoraient cette
Miséricorde de Dieu. 1073. Me rendant à l'adoration, j'ai entendu ces mots : « Ma fille chérie écris, aujourd'hui, Mon Cœur s'est reposé dans ce couvent ! Proclame dans le monde Ma Miséricorde et mon Amour ! Les flammes de la Miséricorde Me brûlent. Je voudrais les déverser sur les âmes. Oh ! Quelle douleur elles me causent, quand elles ne veulent pas les recevoir. Fais ce qui est en ton pouvoir, Ma fille, pour étendre le culte de Ma Miséricorde ! Je compenserai tes manques. Dis à l'humanité douloureuse de se blottir dans Mon Cœur Miséricordieux et Je la comblerai de paix. Proclame, Ma fille, que Je suis l'Amour et la Miséricorde même ! Quand l'âme
s'approche de Moi avec confiance, Je la comble de tant de grâces qu'elle ne
peut les contenir toutes et qu'elle les projette sur d'autres âmes. 1074. Je protègerai leur vie durant, comme une tendre mère son nourrisson, les âmes qui propageront la vénération de Ma miséricorde. A l'heure de la mort Je ne serai pas pour elles un Juge, mais le Sauveur Miséricordieux. Lorsqu'arrive sa dernière heure, l'âme n'a plus rien pour sa défense que Ma
Miséricorde. Heureuse l'âme qui, sa vie durant, puisait à la source de la
Miséricorde, car la Justice ne l'atteindra pas. 1075. Ecris : Tout ce qui existe est enfoui au cœur de Ma Miséricorde, plus
profondément que l'enfant dans le sein de sa mère. Que l'incrédulité en Ma
Bonté Me blesse douloureusement ! Ce sont les péchés de méfiance qui Me
blessent le plus douloureusement. » 1076. Durant la Sainte Messe, la Sœur Maîtresse des novices a joué un chant
ravissant qui avait pour sujet la Miséricorde de Dieu. J'ai alors demandé au
Seigneur qu'Il lui fasse connaître plus profondément l'abîme de cette
inconcevable Miséricorde. 1077. Quand j'ai pris congé du Seigneur, avant d'aller me reposer, j'ai entendu
ces mots : « Hostie agréable à Mon Cœur, à cause de toi, Je bénis la terre ! » 1078. 7 avril 1937. Lorsqu'aujourd'hui, une certaine personne est entrée dans la
Chapelle, j'ai tout à coup ressenti une terrible douleur, aux bras, aux jambes, au
côté, tout comme Jésus au supplice. Cela n'a duré qu'un moment mais, à cela, je
reconnais qu'une âme n'est pas en état de grâce. 1079. À un certain moment, j'ai vu le Saint Père réfléchissant à cette affaire. 1080. 10 avril 1937. Aujourd'hui, la Mère Supérieure m'a donné à lire un article
sur la Miséricorde Divine, où figurait également une reproduction de ce tableau
qui est peint. Cet article a paru dans le « Tygodnik » de Wilno et nous a été
envoyé à Cracovie, par l'Abbé Sopocko, fervent apôtre de la Miséricorde de
Dieu. Dans cet article sont citées les paroles que Notre Seigneur Jésus m'a
dites, certaines expressions sont reproduites à la lettre. 1081. Lorsque j'ai pris en main cet hebdomadaire un trait d'amour m'a transpercé le cœur : « Sur ton ardent désir, J'ai hâté la fête de la Miséricorde. » Mon âme s'enflamma d'un amour si ardent qu'il me semblait me dissoudre en
Dieu. 1082. Cette belle âme qui répand l'œuvre de la Miséricorde Divine de par le
monde, est très agréable à Dieu par sa profonde humilité. 1083. Bien avant chaque grande grâce, mon âme est soumise à une épreuve de
patience, car je pressens cette grâce, mais ne la possède pas encore. Mon âme
brûle d'impatience, mais l'heure n'est pas venue. Ces moments sont si étranges
qu'il est difficile de les décrire. 1084. 13 avril 1937. Aujourd'hui il me faut garder le lit toute la journée. Une
toux brusque m'a terrassée, et m'a tant affaiblie que je n'ai plus la force de
marcher. Mon cœur brûle d'accomplir l'œuvre de Dieu, mais les forces
physiques m'ont abandonnée. Je ne puis en ce moment percer à jour Vos
intentions, ô Seigneur ! C'est pourquoi je répète cet acte de volonté amoureuse :
« Faites de moi ce qu'Il Vous plaira ! » 1085. Les tentations sont fortes. Tout un flot de doutes s'attaque à mon âme, le
découragement est prêt à entrer en jeu. Mais le Seigneur fortifie ma volonté, et
sur elle se brisent, comme sur des rochers, toutes les tentations de l'ennemi. Je
vois combien Dieu me secourt de ses grâces, ce qui me soutient sans cesse. Je
suis très faible et je dois tout à la grâce de Dieu. 1086. Lorsque certains jours, j'ai décidé de m'exercer à pratiquer certaine
vertu, je suis tombée dix fois plus souvent, qu'un autre jour, dans l'erreur
contraire à cette vertu. Le soir je me suis penchée sur ce problème : Pourquoi
aujourd'hui ai-je particulièrement échoué ? Et j'ai entendu ces mots : « Tu as
trop compté sur toi et trop peu sur Moi. » Et j'ai compris la cause de mes
échecs. 1087. Brusque retour à la santé Après avoir écrit une lettre à l'Abbé Sopocko, le dimanche onze avril, ma santé s'aggrava tout à coup. Je n'ai pas envoyé cette lettre, mais j'ai attendu que s'exprime clairement la volonté de Dieu. Cependant ma santé s'aggrava à un tel point que je dus me mettre au lit. La toux me torturait de si terrible façon qu'il me sembla que si cela devait se répéter, quelques fois encore, ce serait sûrement la fin.
1088. Le 14 avril, je me sentais si mal que j'ai éprouvé des difficultés à me lever pour aller assister à la Sainte Messe. Je me sentais bien plus malade que lorsqu'on m'envoya en traitement. Je souffrais de forts râles et ronflements dans les poumons, et de bizarres douleurs. Lorsque je reçus la Sainte Communion, je ne sais pourquoi, ou plutôt comme si quelque chose m'y poussait, je commençai à dire la prière suivante : « Jésus, que Votre Sang pur et sain circule dans mon organisme malade ! Que Votre Corps pur et sain transforme mon corps débile ! Que se propage en moi une vie saine et forte, s'il est vrai que Votre sainte volonté est que j'entreprenne l'œuvre en question et cela me sera la marque expresse de Votre sainte volonté ! » Après avoir ainsi prié, j'ai ressenti subitement une sorte d'élancement dans tout l'organisme, et je me suis sentie tout à coup complètement rétablie. Ma respiration est aussi normale que si je n'avais jamais été malade des poumons et je ne ressens plus aucune douleur. Ce qui est, pour moi, la preuve que je dois me mettre à l'œuvre. Cela se passa le dernier jour de la neuvaine que je faisais au Saint Esprit. 1089. Après ce retour à la santé, je me suis trouvée unie à Notre Seigneur Jésus
de façon purement spirituelle. Jésus me donna de fortes assurances, c'est-à-dire
qu'Il me confirma Ses exigences. Durant tout le jour, je demeurai dans cette
intimité avec Notre Seigneur Jésus et je Lui parlai de détails concernant la
nouvelle Congrégation. Jésus a infusé dans mon âme force et courage pour l'action et je comprends
maintenant que le Seigneur, s'Il réclame quelque chose d'une âme, lui donne la
possibilité de l'accomplir, et par l'intermédiaire de la grâce la rend capable de
cet accomplissement. S'agirait-il donc de l'âme la plus misérable, elle peut sur
l'ordre du Seigneur entreprendre des choses qui dépassent son entendement. Et
c'est là justement le signe par lequel on peut reconnaître que c'est l'œuvre du
Seigneur, si se révèlent en cette âme ce pouvoir et cette force de Dieu, qui
rendent l'âme courageuse et vaillante. En ce qui me concerne, au premier abord,
la grandeur du Seigneur m'effraye toujours un peu. Mais par la suite, une paix
profonde que rien ne peut troubler, pénètre en mon âme, ainsi que la force
intérieure, pour l'accomplissement de ce qu'exige le Seigneur à ce moment-là. 1090. Et j'entendis ces mots : « Va et dis à la Supérieure que tu es en bonne santé. » Combien de temps serais-je en bonne santé ? Je ne le sais, ni le demande. Je
sais seulement que je jouis en ce moment d'une bonne santé. L'avenir ne
m'appartient pas. J'ai demandé la santé comme signe de la volonté de Dieu, et
non, pour chercher un soulagement à ma souffrance. 1091. 16 avril 1937. Aujourd'hui, quand le sentiment de la Majesté de Dieu m'a
envahie, mon âme a su que le Seigneur quoique si grand, se complaît dans les
âmes pleines d'humilité. Plus l'âme s'abaisse, plus le Seigneur s'approche d'elle
avec bienveillance, s'unissant étroitement à elle, l'élevant jusqu'à Son Trône.
Heureuse l'âme que le Seigneur Lui-même défend ! J'ai su que seul l'amour a de
la valeur, que l'amour est toute grandeur et que rien ne peut égaler un seul acte
de pur amour envers Dieu, rien, aucune œuvre. 1092. Ô Jésus, protégez-moi de Votre miséricorde ! Et de même, jugez-moi
avec bienveillance, car sinon, Votre justice peut me perdre, à juste titre ! 1093. 17 avril. Aujourd'hui, pendant le cours de catéchisme, j'ai été confirmée
en la croyance (que je ne comprenais d'ailleurs en mon for intérieur depuis
longtemps) qu'une âme aimant Dieu sincèrement, et intimement unie à Lui, bien
que vivant extérieurement dans des conditions difficiles, peut vivre pure et
intacte au milieu de la corruption. Rien n'a le pouvoir de gêner sa vie intérieure,
car l'immense amour de Dieu lui donne la force de lutter. Et d'autre part, Dieu
prend particulièrement la défense de l'âme qui L'aime sincèrement et le fait
parfois même de façon miraculeuse. 1094. Lorsqu'un jour, Dieu me fit connaître intérieurement que je n'avais jamais
perdu l'innocence. Et malgré les divers dangers où je me suis trouvée, Lui-même
avait veillé à ce que demeure intacte la virginité de mon âme et de mon cœur. Je
passai alors ce jour en ardentes actions de grâces. Je remercie Dieu d'avoir bien
voulu me protéger du mal et également d'avoir trouvé grâce à Ses yeux et enfin
de condescendre à m'en assurer Lui-même. 1095. Quelques années plus tard, Il voulut bien me le confirmer. A dater de ce
moment, je n'ai plus connu aucune révolte des sens contre l'âme. J'ai écrit cela
en détail dans un autre journal. A chaque fois que je me souviens de cette
inestimable grâce, explose dans mon cœur un nouveau feu d'amour et de
gratitude envers Dieu. Et cet amour-là me mène à l'oubli complet de moi-même. 1096. Depuis ce temps-là, je vis sous la protection virginale de Marie qui me
garde et m'édifie. Je suis bien tranquille près de Son Cœur Immaculé, car je suis
si faible et si inexpérimentée que je me blottis dans son Cœur comme un petit
enfant. 1097. Bien que Dieu m'ait confirmée dans cette vertu, pourtant je veille sans
cesse et crains jusqu'à ma propre ombre, tellement j'ai pris Dieu en affection. 1098. Cette grâce divine ne m'a été donnée que parce que j'étais le plus faible
des êtres humains, et c'est pourquoi Dieu m'entoura de Sa particulière et toute
puissante Miséricorde. 1099. 24 avril. A l'avance, je sens s'annoncer chacune des grandes grâces. Une
étrange langueur et un étrange désir de Dieu m'envahissent. Je suis en attente de
cette grâce, plus elle est grande, plus grand est le pressentiment, et plus forte, la
querelle avec l'adversaire de mon salut. Parfois mon âme se trouve dans un état que je ne peux évoquer qu'en utilisant
une comparaison : ce sont deux bons amis, l'un d'eux prépare un grand festin
auquel il invite son ami. L'un et l'autre se réjouissent, mais l'heure du festin est
fixée. Les moments qui précèdent la grâce, sont si pressants qu'il m'est difficile
de les décrire. Ils sont caractérisés par une pénible langueur et un feu d'amour.
Je sens que le Seigneur est là, mais je ne peux complètement m'abîmer en Lui,
car ce n'est pas encore l'heure. Dans un tel moment, je me suis trouvée plus
d'une fois tout à fait démunie de grâces tant d'esprit et de volonté que de cœur.
Je demeure toute seule et j'attends l'Unique Dieu. C'est Lui- même qui arrange
cela en moi avant Son arrivée. 1100. 23 avril 1937. Aujourd'hui j'ai commencé trois jours de retraite. Le soir, j'ai entendu dans mon âme ces paroles : « Ma fille, sache bien que c'est à toi que Je parle tout particulièrement par l'intermédiaire de ce prêtre afin que tu ne doutes pas de ce que Je requiers ! » Dès la première méditation, les paroles de ce prêtre à propos de mon âme m'avaient frappée. C'étaient les paroles suivantes : « Il m'est interdit de contrecarrer tant la volonté de Dieu que Sa complaisance, quelles qu'elles soient. Puisque je me suis convaincue de la vérité et de l'authenticité de la volonté de Dieu sur moi, j'ai le devoir de l'accomplir, personne ne peut me libérer de ce devoir. Quelle que soit cette volonté de Dieu, du moment que j'en ai connaissance, je
dois la remplir. » C'est là un petit aperçu, mais toute cette méditation m'a
pénétré l'âme et je n'ai aucun doute, je sais ce que Dieu exige de moi et qu'il me
faut accomplir. 1101. Il y a au cours de la vie des moments où l'on prend conscience de
soi-même, c'est-à-dire de ces moments qui baignent dans la lumière de Dieu, où
l'âme se trouve alors intérieurement instruite de choses qu'elle n'a lues dans
aucun livre ; et personne parmi les hommes n'a pu l'en instruire. Ce sont là des
moments d'approfondissement de soi-même, que Dieu accorde à l'âme. Ce sont
là de grands secrets… Souvent j'obtiens la lumière, la possibilité de connaître la
vie et l'humeur intime de Dieu : cela m'emplit d'une indicible confiance et d'une
joie que je ne puis contenir en moi. Je désire alors me fondre toute en Lui… 1102. La quintessence de l'amour est le sacrifice et la souffrance. La vérité
porte une couronne d'épines… La prière procède de la raison, de la volonté et
du sentiment. 1103. Il y eut aujourd'hui un bien bel enseignement à propos de la bonté et de la
miséricorde de Dieu ! Durant cette conférence, mon âme éprouva l'amour de
Dieu et comprit que le langage de Dieu est vivant. 1104. Ma principale résolution est toujours la même : m'unir au Christ miséricordieux et garder le silence La fleur que je dépose aux pieds de Notre Dame, en ce mois de mai, c'est
m'exercer au silence. 1105. La vertu qui n'est pas prudente, n'est pas vertu. Nous devrions prier
souvent le Saint-Esprit de nous accorder la grâce d'être réservé et prudent. La
prudence est formée d'une prise en considération, d'une réflexion raisonnable et
d'une ferme résolution. La décision définitive nous revient toujours en dernier
lieu. Il nous faut décider, donc nous pouvons et devons demander conseil et
chercher la lumière… 1106. Aujourd'hui durant la méditation, Dieu m'a donné la lumière intérieure et la compréhension de ce qu'est la sainteté et en quoi elle consiste. Quoique j'ai entendu ces choses bien des fois, pendant les conférences, l'âme les comprend différemment, lorsqu'elle en a connaissance à la lumière de Dieu qui alors l'illumine. Ce ne sont ni les grâces, ni les apparitions, ni les ravissements,ni aucun don
accordé qui mèneront mon âme à la perfection, mais son intime union avec Dieu.
Ces dons ne sont que des ornements de l'âme, ils ne constituent ni l'essentiel, ni
la perfection. Sainteté et perfection résident pour moi, en une étroite union de
ma volonté avec celle de Dieu. Dieu ne fait jamais violence à notre libre arbitre.
Il dépend de nous, d'accepter ou non, la grâce divine, de nous dépend de
collaborer avec elle ou de la laisser se perdre. Durant la dernière soirée d'étude, qui était une préparation au renouvellement de nos vœux, le Père parla du bonheur qui résulte de trois vœux, et de la récompense accordée à ceux qui les auront fidèlement observés. Or, tout à coup, mon âme se trouva précipitée dans de très grandes ténèbres intérieures. Au lieu de joie, mon âme s'emplit d'amertume et je ressentis dans mon cœur une violente douleur. Je me suis sentie si misérable et si indigne de cette grâce ! Ayant le sentiment de cette misère et de cette indignité, je n'oserais tomber pour les baiser aux pieds de la benjamine des postulantes. Je les voyais en mon âme, ces postulantes, belles et agréables à Dieu, et je me voyais, moi, dans un gouffre de misère. Après la conférence, je me suis jetée aux pieds de Dieu, toute abîmée dans la
douleur et les larmes. Je me suis plongée dans la mer de l'infinie miséricorde
divine et ce n'est que là que j'ai connu quelque soulagement et que j'ai senti Sa
Toute-Puissante miséricorde m'envahir. 1108. 30. Ce jour est celui du Renouvellement des Vœux. Dès le réveil la
présence de Dieu m'a envahie et je me suis sentie l'enfant de Dieu. L'amour divin
s'est déversé dans mon âme. Dieu m'a fait reconnaître combien tout dépend de
Sa volonté. Puis il m'a dit : « Je désire accorder une indulgence plénière aux
âmes qui iront se confesser et communieront en cette Fête de la Miséricorde…
Ma fille, ne crains rien, Je suis toujours avec toi, bien qu'il te semble parfois que
Je n'y sois pas. Ton humilité M'attire des hauteurs de Mon Trône et Je m'unis
étroitement à toi. » 29 avril 1937. Le Seigneur m'a donné connaissance des querelles qui eurent lieu
au Vatican à propos de cette Fête ; le Cardinal Pacelli y a beaucoup travaillé. 1110. Aujourd'hui donc, nous renouvelons nos vœux et nous prêtons serment au
cours d'une grande cérémonie. Lorsque les Soeurs prononcèrent les vœux,
j'entendis un chant céleste : « Saint, Saint, Saint, » en différents tons et dont
aucune langue humaine ne saurait exprimer la grâce. 1111. Cet après-midi, j'ai conversé avec ma chère Mère Marie-Josèphe,
Maîtresse des novices. Nous avons fait un tour de jardin, et j'ai parlé avec elle
quoique assez superficiellement. Elle est demeurée cette même chère Sœur
Maîtresse des novices, quoiqu'elle ne le soit plus vraiment, puisqu'elle est
maintenant notre Supérieure. Et voici dix ans que j'ai prononcé mes vœux.
L'âme qui est entrée dans les ordres ne peux vivre sans porter la Croix »
m'a-t-elle dit. Puis ensuite elle me dévoila certaines souffrances par lesquelles je
suis passée à Varsovie, bien que je ne lui en aie jamais parlé. Toutes les grâces
que je reçus durant mon noviciat furent alors présentées aux yeux de mon âme.
Oh ! Quelle reconnaissance j'ai envers elle ! Lorsque mon âme était plongée
dans les ténèbres et qu'il me semblait être damnée, c'est elle qui me tira du
précipice à force d'obéissance. 1112. Souvent mon âme est troublée par la souffrance et aucun être humain ne
peut comprendre ce tourment. 1113. Premier mai 1937. J'ai senti aujourd'hui l'approche de ma Mère, la Mère
des Cieux. Bien qu'avant chaque Sainte Communion, je prie avec ferveur la
Mère de Dieu de m'aider à préparer mon âme à la visite de Son Fils et que je
me sente particulièrement sous Sa protection, je La supplie de bien vouloir
allumer en moi le feu de l'amour divin tel qu'il flamba dans Son Cœur immaculé
au moment où le Verbe de Dieu s'est fait chair. 1114. 4 mai. Je me suis rendue un moment aujourd'hui chez Notre Mère
Générale et lui ai demandé : « Petite Mère, avez-vous eu une inspiration
concernant ma sortie du couvent ? » La Mère Supérieure me répondit : «
Jusqu'à maintenant, je vous ai retenue, ma Sœur. Mais maintenant, je vous laisse
l'entière liberté de décider. Ce sera comme vous le désirez. Vous pouvez, ma
Sœur, soit quitter notre Congrégation, soit y rester.» J'ai donc répondu que
c'était bien ainsi. J'ai pensé immédiatement à demander par écrit au Saint Père
de me libérer de mes vœux. Mais lorsque je suis sortie de chez la Mère
Supérieure, une sorte d'obscurité est tombée sur mon âme, tout comme
auparavant. C'est une chose étrange, qu'à chaque fois, que je demande de sortir
du Couvent, une telle obscurité envahisse mon âme et que je me sente comme
abandonnée à moi-même. Me trouvant dans cette torture de l'âme je décidai d'aller trouver immédiatement
la Mère Supérieure et de lui raconter ma lutte et mes étranges tourments. La
Mère me répondit « Votre désir de quitter le Couvent est une tentation maligne.
» Après un moment de conversation, je me suis sentie quelque peu soulagée
mais pourtant l'obscurité durait encore. « Cette miséricorde de Dieu est
magnifique, et ce doit être là une grande Œuvre divine, si Satan s'y oppose tant
et veut ainsi la détruire ». Telles furent les paroles de la très chère Mère
Supérieure. 1115. Personne ne peut concevoir mes tortures, ni les comprendre. Pour ma
part, je ne suis pas en état de les décrire, mais il ne peut exister de souffrances
pires que celles-là. Les supplices des martyrs ne sont pas plus grands, puisque
la mort à ce moment-là, me serait un soulagement. Je n'ai rien à quoi comparer
ces tourments, cette agonie sans fin de l'âme. 1116. Etant allée aujourd'hui me confesser, j'ai dévoilé quelque peu mon âme.
Car l'idée m'est venue que le fait de ressentir de telles souffrances et une telle
obscurité de l'âme, dès que je demande de quitter la Congrégation, prouve que
c'est bien là une tentation. Le confesseur m'a répondu que ce n'était peut-être
pas le moment choisi par Dieu, qu'il me fallait prier et attendre patiemment. Mais
qu'il est vrai que de grandes souffrances m'attendaient : « Vous aurez, m'a-t-il
dit, beaucoup de souffrances à supporter et de difficultés à vaincre, c'est certain.
Il vaudrait mieux attendre encore et prier beaucoup, afin d'obtenir une plus
grande compréhension, ainsi que la lumière de Dieu. Ce sont là des choses
primordiales. » 1117. Mon Dieu, en ces moments difficiles je ne peux voir mon directeur de
conscience, car il est parti à Rome ! Jésus, puisque Vous me l'avez pris,
dirigez-moi Vous-même, car Vous seul savez ce que je suis en état de supporter
! Je crois fermement que Dieu ne peut me donner à supporter plus que je ne
peux. J'ai confiance en Sa Miséricorde. 1118. Dans les moments où je suis entre ciel et terre, je me tais. Car si je
parlais, qui comprendrait mon langage ? L'éternité dévoilera bien des choses sur
lesquelles je me tais maintenant… 1119. Lorsque je vais au jardin, je vois comme tout respire la joie printanière.
Les arbres parés de fleurs répandent une senteur enivrante. Tout éclate de joie.
Les oiseaux adorent Dieu par leurs chants et leur gazouillis, et me disent : «
Réjouis-toi et sois en liesse, Sœur Faustine !» alors que mon âme est dans les
ténèbres et les tourments. Mon âme est si sensible au murmure de la grâce,
qu'elle sait parler avec tout ce qui a été créé, et tout ce qui m'entoure. Je sais
pourquoi Dieu ainsi pare la terre… Mais mon cœur ne peut se réjouir car mon
Bien-Aimé se cache à moi, et je n'aurai de repos que je ne L'ai trouvé…Je ne
saurais vivre sans Dieu. Je sens que Dieu aussi, bien qu'il se suffise à Lui-même,
ne peut connaître le bonheur sans moi… 1120. 6 mai 1937 - L'Ascension de Notre-Seigneur Aujourd'hui, depuis le petit matin, mon âme est touchée par Dieu. Après la Sainte Communion, j'ai un moment communiqué avec le Père des Cieux. Mon âme fut attirée dans le feu même de l'amour. J'ai compris qu'aucune œuvre extérieure ne peut être comparée avec le pur amour de Dieu. J'ai vu la joie du Verbe fait Chair. Et je me suis trouvée plongée dans la Trinité de Dieu. Quand je revins à moi, la nostalgie envahit mon âme, je languissais de m'unir à Dieu. Un si fervent amour envers le Père des Cieux m'a envahie que je puis appeler ce
jour, un jour d'extase ininterrompue. Tout l'univers m'est apparu comme une
goutte minuscule, comparée à Dieu. Chaque battement de mon cœur est
agréable à Dieu et lorsqu'il me montre qu'Il me chérit particulièrement et qu'Il
me le fait connaître intérieurement, il n'y a pas de plus grand bonheur que
celui-là. Dieu me certifie Son amour et me montre combien mon âme Lui est
agréable. Cette assurance intérieure amène une paix profonde en mon âme.
Aujourd'hui je n'ai pu absorber aucune nourriture tant je me sentais rassasiée
d'amour. 1121. Dieu de grande Miséricorde, Vous qui avez daigné nous envoyer Votre
fils unique comme la plus grande preuve d'un amour infini et d'une
incommensurable Miséricorde, Vous ne repoussez pas les pécheurs, mais au
contraire, vous leur avez ouvert le trésor de Votre insondable Miséricorde, dans
lequel ils peuvent puiser en abondance, non seulement la justification, mais
encore toute la sainteté à laquelle l'âme peut aspirer ! Père de grande
Miséricorde, je désire que tous les cœurs se tournent avec confiance vers Votre
infinie Miséricorde ! Personne ne peut se justifier devant Vous si Votre
incommensurable Miséricorde ne le protège. Lorsque Vous nous dévoilerez le
mystère de Votre Miséricorde, l'éternité sera trop peu pour Vous en remercier
comme il convient. 1122. Oh ! Comme il est doux d'avoir au fond de l'âme ce que l'Eglise nous
ordonne de croire. Lorsque mon âme est plongée dans l'amour divin, elle peut
résoudre clairement et instantanément les questions les plus embrouillées. Elle
est alors capable de franchir les précipices et les cimes des montagnes. Amour,
encore une fois amour. 1123. Une étrange obscurité envahit parfois mon esprit, je m'enfonce dans le
néant en dépit de ma volonté. 1124. 20 mai. Lorsqu'il y eut déjà un mois que j'étais de retour à la santé, la
pensée m'est venue qu'en fait, je ne savais ce qui plaisait le plus au Seigneur : Le
servir par ma maladie, ou par la jouissance d'une bonne santé, comme je L'en
avais prié. Et je dis au Seigneur : « Jésus, usez de moi selon Votre volonté ».
Jésus me ramena alors à mon ancien état. 1125. Oh ! Comme il est doux de vivre au Couvent parmi les Sœurs ! Mais il ne
faut pas oublier que ces anges ont forme humaine… 1126. A un moment j'ai vu Satan qui se dépêchait et cherchait quelqu'un parmi les Sœurs, mais ne le trouvait pas. Je reçus en mon âme l'inspiration de lui ordonner, au nom de Dieu de m'avouer ce qu'il cherchait parmi les Sœurs. Il avoua, quoique de mauvaise grâce, qu'il cherchait une âme oisive. Lorsque je l'eus à nouveau ordonné, au nom de Dieu, d'avouer auprès de quelles âmes du couvent il avait le plus d'accès, il avoua, à nouveau de mauvaise grâce, que c'était auprès des âmes paresseuses et oisives. J'ai remarqué qu'il n'y a pas de telles âmes, actuellement, dans cette maison. Que se réjouissent les âmes laborieuses et fatiguées ! 1127. 22 mai 1937. Aujourd'hui, la chaleur est si torride qu'il est difficile de la supporter ! Nous souhaitons la pluie, mais il ne pleut pas. Depuis quelques jours déjà, les nuages s'amoncellent dans le ciel. Mais la pluie ne tombe pas. Lorsque j'ai vu les plantes si assoiffées, une grande pitié m'a envahie et j'ai
décidé de dire ce « chapelet » jusqu'à ce que Dieu fasse tomber la pluie. Après
le goûter, le ciel s'est couvert de nuages et une pluie battante est tombée sur la
terre. J'ai dit cette oraison durant trois heures d'affilée et le Seigneur m'a fait
connaître qu'à l'aide de cette prière, on pouvait tout obtenir. 1128. 23 mai 1937. Fête de la Très Sainte Trinité Durant la Sainte Messe, je me suis trouvée unie à la Très Sainte Trinité. J'ai
connu Sa Majesté et Sa Grandeur. J'étais unie aux trois personnes. Puisque
j'étais unie à l'une de ces Adorables Personnes, j'étais en même temps unie aux
deux autres Personnes. Le bonheur et la joie qui se communiquèrent à mon âme
ne peuvent se décrire. Il m'est pénible de ne pouvoir décrire avec des mots ce
qui n'a pas de mots. 1129. J'entendis ces paroles : « Dis à la Mère Générale de compter sur toi,
comme étant la plus fidèle des filles du Couvent. 1130. Après ces paroles il m'est venue une compréhension intérieure : que toute
chose est créée par rapport à Dieu. La majesté de Dieu est immense et
insondable. S'Il s'abaisse avec bienveillance jusqu'à nous, c'est grâce à la
profondeur de Sa Miséricorde. 1131. Tout a une fin dans cette vallée de larmes Les larmes s'épuisent et la douleur passe. Une seule chose demeure : L'amour que nous avons pour Vous, Seigneur ! Tout a une fin en cet exil où nous sommes, L'expérience aussi bien que le désert de l'âme… Et celle-ci vivrait-elle en perpétuelle agonie Si Dieu est avec elle, rien ne peut l'ébranler. 1132. 27 mai 1937. La Fête-Dieu Durant la prière j'entendis ces mots : « Ma fille, que ton cœur s'emplisse de joie!
Moi, le Seigneur, Je suis avec toi. Ne crains rien. Tu es en mon cœur. » A ce
moment j'ai pris conscience de la grande Majesté de Dieu et j'ai compris que
rien ne peut être comparé à un seul acte de connaissance de Dieu. La grandeur
extérieure se trouve réduite en poussière par un seul acte de plus profonde
connaissance de Dieu. 1133. Le Seigneur a versé en mon âme une si grande profondeur de paix que
rien ne saurait la troubler. Malgré tout ce qui se passe autour de moi, pas un
moment cela ne m'enlève mon calme. Même si le monde devait s'écrouler, cela
ne saurait troubler la profondeur du silence qui est mien, et au sein duquel
repose Dieu. Tous les évènements et diverses choses qui se passent, se trouvent
sous Ses pieds. 1134. Cette profonde connaissance de Dieu me donne une si parfaite aisance et
liberté d'âme que rien ne peut troubler mon étroite union avec Lui. Même le
pouvoir des Anges ne saurait le faire. Je me sens pleine de grandeur lorsque je
suis unie à Dieu. Quel bonheur d'avoir en son cœur la conscience de Dieu et de
vivre en une étroite intimité avec Lui. 1135. Lorsque la procession venant Borek, qui apportait Jésus afin de le
déposer dans notre Chapelle est arrivée chez nous, j'ai entendu une voix venant
de l'Hostie : « C'est ici Mon lieu de repos ». Pendant la bénédiction, Jésus m'a
annoncé que d'ici peu, aurait lieu ici même un acte solennel, juste à cet
endroit.-« Je me suis plu en ton cœur et rien ne peut M'empêcher de t'accorder
des grâces. » -Cette grandeur de Dieu a envahi mon âme, je sombre en Lui, je
disparais et je me perds en Lui, et me fondant en Lui… 1136. 30 mai 1937. Aujourd'hui j'agonise du désir de Dieu. La nostalgie a
envahi toute mon âme. Combien je ressens mon exil ! Ô Jésus, quand arrivera
l'instant tant désiré ? 1137. 31 mai. Mon âme tourmentée ne trouve de secours nulle part, si ce n'est
en Vous, Vivante Hostie. Je mets toute ma confiance en Votre Cœur
miséricordieux. J'attends patiemment une parole de Vous, Seigneur ! 1138. Oh ! Quelle douleur en mon cœur lorsque je vois qu'une religieuse n'a pas
l'âme religieuse ! Comment peut-on plaire à Dieu, quand l'orgueil et l'amour de
soi éclatent sous le couvert de glorifier Dieu, alors qu'il s'agit uniquement de sa
propre estime ? Lorsque je m'aperçois qu'une telle chose, j'en souffre
beaucoup. Comment cette âme pourrait-elle s'unir étroitement à Dieu ? Il ne
peut être question d'une union avec le Seigneur. 1139. 1er juin 1937. Aujourd'hui a eu lieu chez nous la procession de la
Fête-Dieu. Au premier reposoir, j'ai vu des flammes sortir de la Sainte Hostie,
ce qui m'a transpercé le cœur. Et j'ai entendu une voix ; « Ici se trouve Mon
repos ». Un feu s'est allumé en mon cœur et je me suis sentie toute transmuée en
Lui. 1140. Le soir, Il me fit connaître combien tout ce qui est terrestre est éphémère.
Quant à tout ce qui est soi-disant grand, cela s'évanouit comme fumée, ne
laissant à l'âme aucune indépendance, mais au contraire de la lassitude.
Heureuse l'âme qui comprend ces choses et ne fait qu'effleurer la terre ! Ma
pause, mon repos à moi, c'est lorsque je suis réunie à mon Seigneur. Tout autre
chose me fatigue. Oh ! combien je ressens que je suis exilée ! Je vois que
personne ne comprend ma vie intérieure. Vous Seul me comprenez qui êtes
caché en mon cœur et pourtant éternellement vivant. 1141. 4 juin. C'est aujourd'hui la Fête solennelle du Très Saint Cœur de Jésus.
Pendant la Sainte Messe, le Cœur de Jésus se révéla à moi. Il me montra de
quel feu d'amour Il brûle pour nous et quelle est l'immensité de Sa Miséricorde.
Puis j'entendis une voix : « Apôtre de Ma miséricorde parle au monde entier de
Mon insondable Miséricorde. Ne te laisse pas rebuter par les difficultés que tu
rencontreras, Ce faisant. Ces difficultés qui te touchent si douloureusement sont
nécessaires à ta sanctification et servent à démontrer que cette oeuvre est
Mienne. Ma fille, prends note assidûment de chacune des phrases que je
t'adresse concernant Ma Miséricorde, car elles concernent un grand nombre
d'âmes qui vont en profiter. » 1142. Pendant l'adoration le Seigneur m'a fait connaître plus profondément ce
qui concerne cette œuvre. 1143. Aujourd'hui, j'ai demandé pardon au Seigneur, de toutes les offenses
auxquelles Son Divin Cœur est exposé en nos couvents. 1144. 6 juin 1937. Premier dimanche du mois. Aujourd'hui j'ai entrepris la retraite du mois. Voici l'illumination de ma méditation matinale : quoique vous fassiez de moi, Jésus, je Vous aimerai toujours, car je suis Vôtre. Peu m'importe que Vous me laissiez ici ou que Vous m'envoyiez ailleurs, je suis toujours Vôtre. C'est avec amour que je m'abandonne à Votre très sage décision, ô mon Dieu !
Et Votre volonté, ô Seigneur, est mon pain de chaque jour ! Vous qui
connaissez les battements de mon cœur. Vous savez qu'il ne bat que pour Vous,
mon Jésus. Rien ne saurait mettre fin à la nostalgie que j'ai de Vous. Je me
meurs pour Vous, Jésus. Quand m'emporterez-Vous en Votre demeure ? 1145. « Que les plus grands pécheurs mettent leur espoir en Ma Miséricorde.
Ils ont droit avant tous les autres, à la foi en l'abîme de Ma Miséricorde. Ma
fille, ne cesse pas d'écrire au sujet de Ma Miséricorde pour les âmes
tourmentées. Quelle joie me font les âmes qui s'adressent à Ma Miséricorde ! A
de telles âmes, J'accorde des grâces bien au-dessus de leurs désirs. Je ne peux
sévir, même contre le plus grand pécheur s'il invoque Ma pitié. Mais au
contraire, Je l'excuse en Mon insondable et inconcevable Miséricorde. Note :
Avant de Me montrer au Jugement dernier comme Juge équitable, J'ouvre
d'abord toutes grandes les portes de Ma Miséricorde. Qui ne veut passer par
les portes de Ma Miséricorde, doit passer par les portes de Ma justice. » 1146. Ayant une fois quelque peine au cœur pour une certaine raison et m'en
étant plainte au Seigneur, Il me répondit : « Ma fille, pourquoi attaches-tu tant
d'importance à la formation et au langage des gens ? Je désire, Moi-même, te
former. C'est pourquoi J'arrange les circonstances afin que tu ne puisses pas
assister à ces conférences. En un instant, Je te ferai connaître beaucoup plus que
d'autres acquerront jamais, en peinant durant des années. » 1147. 20 juin 1937. C'est lorsque nous pardonnons à notre prochain que nous ressemblons le plus à Dieu. Dieu est amour, bonté et miséricorde… « Toute âme devrait refléter Ma Miséricorde, et plus particulièrement toute âme monastique. Mon Cœur déborde de pitié et de miséricorde pour tous. Le cœur de Ma bien-aimée doit ressembler au Mien. De son coeur doit jaillir la source de Ma miséricorde pour les autres âmes, car autrement Je ne reconnaîtrai pas cette âme pour Mienne. »
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Dévotion au Christ Miséricordieux
La neuvaine au Christ Miséricordieux
Petit Journal de Sainte FaustineTable Générale des rubriques sur l'Eglise
1148. À un certain moment j'ai compris combien les âmes monastiques
défendent leur propre renom sous couvert de défendre la gloire de Dieu. Il s'agit
là non de louer Dieu, mais de faire leur propre éloge. Ô Jésus, comme cela me
fut douloureux ! Quels secrets seront dévoilés au jour de Votre jugement ?
Comment peut-on dérober les dons de Dieu ? 1149. J'ai eu aujourd'hui une grande contrariété de par certaine personne,
c'est-à-dire par une personne appartenant au monde. Cette personne sur la foi
d'un seul fait véridique, a raconté bien des choses imaginaires. Tout ceci fut cru
véritable et répété par toute la maison. Lorsque cela arriva à mes oreilles, j'en ai
eu le cœur serré. Comment peut-on ainsi abuser de la bonté d'autrui ? J'ai
décidé cependant de ne pas dire un mot pour ma défense et de témoigner
encore plus de bonté envers cette personne Mais je me suis aperçue que j'avais
trop peu de forces pour supporter ceci avec calme, car cela se prolongea des
semaines durant. Lorsque je vis que l'orage s'amoncelait et que le vent
commençait à jeter du sable dans les yeux, je suis allée devant le Très Saint
Sacrement et j'ai dit au Seigneur : « Jésus, je Vous prie de me donner la force
du secours de Votre grâce, car je sens que je ne viendrai pas à bout de cette
lutte.. Protégez-moi de Votre poitrine ! » J'entendis alors ces paroles : « N'aie
pas peur, Je suis avec toi ! » -Lorsque j'eus quitté l'autel, une force étrange et un
grand calme envahirent mon âme Et l'orage qui faisait rage se brisa sur mon
âme, comme sur un rocher. Et l'écume de cet orage retomba sur ceux qui
l'avaient soulevé. Oh ! Que le Seigneur est bon ! Il rémunère chacun selon ses
actes. Que toute âme implore ainsi l'aide d'une « grâce actuelle » lorsque la «
grâce habituelle » est insuffisante. 1150. Quand la douleur s'empare de toute mon âme, Et que l'horizon s'assombrit comme la nuit, Le cœur déchiré d'un supplice de géhenne, Alors, Jésus crucifié, Tu es toute ma vie. Quand l'âme torturée de terribles douleurs, Redouble ses efforts et lutte sans répit, Et que le cœur se meurt en un amer tourment, Jésus crucifié, Tu es l'espoir du salut. Ainsi les jours passent, L'âme baigne en une mer d'amertume, Le cœur fond en larmes, Jésus crucifié, Tu es pour moi l'aurore. Et lorsque le calice d'amertume déborde, Et que tout contre elle s'est conjuré, Que l'âme descend au Jardin des Oliviers, Jésus Crucifié, en Toi j'ai ma défense. Quand l'âme forte de son innocence, Reçoit de son Dieu cet insigne pouvoir, Quand le cœur est capable de rendre amour pour tourment, Jésus crucifié, ma faiblesse en force universelle se change. 1151. Ce n'est pas chose facile de supporter gaiement la souffrance, surtout si elle est imméritée. La nature corrompue se révolte. Et bien que la volonté et la raison surmontent la souffrance (puisque l'une et l'autre peuvent faire du bien à ceux qui causent cette souffrance), pourtant cette émotion a bien des répercutions dans l'âme. En tous points semblables à l'âme inquiète, l'émotion s'attaque à la volonté, à la raison. Mais voyant que seule, elle ne peut rien, elle se calme et s'abandonne à la raison et à la volonté. Comme un épouvantail elle tombe dans l'âme en faisant beaucoup de bruit.
Essayez seulement de l'écouter, elle, alors qu'elle n'est pas sous la coupe de la
volonté et de la raison ! 1152. 23 juin 1937. Alors que je priais devant le Très Saint Sacrement, tout à
coup mes souffrances physiques cessèrent et j'entendis une voix en mon âme : «
Tu vois, Je peux tout te donner en un moment. Aucune loi ne Me gêne ». 24 juin. Le lendemain, après la Sainte Communion, j'entendis ces paroles : «
Saches, Ma fille, qu'en un moment Je puis te donner tout ce qui t'est nécessaire
pour accomplir cette œuvre ! » Une merveilleuse lumière demeura en mon âme
après avoir entendu ces paroles et tous les désirs de Dieu me semblèrent si
faciles qu'un petit enfant pourrait les réaliser. 1153. 27 juin1937. J'ai vu aujourd'hui, le couvent de cette nouvelle
Congrégation. C'est un bâtiment très large et très grand. J'en ai visité chaque
partie, l'une après l'autre, et je me suis rendu compte que partout, la divine
Providence avait pourvu à tout ce qui était nécessaire. Les personnes vivant
dans ce couvent ne portaient pas encore l'habit religieux, mais l'esprit
monastique y régnait totalement. Et j'organisais tout, comme le souhaitait le
Seigneur. Tout à coup je fus apostrophée par l'une de nos Sœurs : « Comment
pouvez-vous, ma Sœur, accomplir une telle œuvre ? » Je répondis : « Ce n'est
pas moi mais le Seigneur qui le peut, par mon intermédiaire. Je possède
l'autorisation pour tout. » Durant la Messe, la lumière se fit en moi, de même que
la profonde compréhension de toute cette œuvre ; et pas l'ombre d'un doute ne
demeura dans mon âme. 1154. Le Seigneur m'a fait connaître pour ainsi dire trois nuances de Sa volonté, mais cela revient au même. La première est que les âmes retirées du monde brûleront en offrande devant le
trône de Dieu et imploreront miséricorde pour le monde entier… Elles
demanderont la bénédiction pour les prêtres et prépareront le monde, par leur
prière, à l'avènement final de Jésus. 1155. La deuxième réside en la prière unie à l'acte de miséricorde. Ces âmes
défendront particulièrement les enfants contre l'esprit du mal. Prières et acte de
Miséricorde contiennent en soi tout ce que ces âmes devront mettre en œuvre.
Et au sein de cette Congrégation, pourrons être admises même les plus pauvres.
Elles essayeront d'éveiller l'amour et la Miséricorde de Jésus dans ce monde
égoïste. 1156. La troisième consiste en prière et acte de miséricorde, sans aucune
obligation de prononcer des vœux. Cependant ce faisant, les âmes auront droit à
tous les mérites et privilèges de l'ensemble A cette troisième catégorie peuvent
appartenir tous les gens vivant dans le monde. 1157. Tout participant devra accomplir au moins un acte quotidien de
miséricorde ; au moins, car il peut y en avoir beaucoup, puisqu'il est aisé pour
chacun, même pour le plus misérable, de faire un acte de miséricorde. Car
l'accomplissement a trois aspects : d'abord, la parole miséricordieuse qui est
pardon et consolation. Deuxièmement, si la parole est inutile, il faut utiliser la
prière, et cela est miséricorde. Troisièmement l'acte de miséricorde. Et lorsque
viendra le dernier jour, nous serons jugés sur cela. Et c'est sur ces bases, que
sera prononcé notre jugement pour l'éternité. 1158. Les écluses de Dieu se sont entr'ouvertes pour nous, profitons-en donc
avant que n'arrive le Jour de la Justice de Dieu, ce jour terrifiant. 1159. Lorsqu'un jour, j'ai demandé à Notre Seigneur comment il se fait qu'Il
puisse tolérer tant de forfaits et tant de crimes sans les châtier, le Seigneur me
répondit : « J'ai l'éternité pour les punir. Maintenant Je prolonge le temps de la
miséricorde. Mais malheur à ceux qui ne savent pas reconnaître le moment de
Ma visite. Ma fille, secrétaire de Ma Miséricorde, tu as non seulement
l'obligation d'écrire et de prêcher Ma miséricorde aux âmes, mais encore celle
de leur en obtenir la grâce, afin qu'elles aussi, glorifient Ma Miséricorde. » 1160. Aujourd'hui, mon âme a ressenti de si grands tourments que j'ai entrepris
de me plaindre à Notre Seigneur : Jésus, comment pouvez-Vous me laisser
seule ? Je ne peux faire toute seule, un seul pas en avant. Vous m'avez pris mon
confesseur et Vous-même, Vous Vous cachez de moi. Vous savez bien, Jésus,
que je ne sais, ni ne peux rien de plus par moi-même, si ce n'est laisser perdre
Vos grâces. Jésus, faites que les circonstances s'arrangent afin que le Père
Andrasz revienne ! » Pourtant les tourments demeurent. 1161. L'idée m'est alors venue d'aller trouver un prêtre pour lui confesser mes
tourments, ainsi que diverses inspirations, afin qu'il les résolvent. J'ai même fait
part de cette idée à la Mère Supérieure. La Mère me répondit : « Je
comprends, ma Sœur, que vous vivez des moments difficiles, mais vraiment, je
ne vois pour le moment aucun prêtre qui puisse vous convenir. Le prêtre va
d'ailleurs bientôt revenir. Et jusque là vous pouvez, ma Sœur, vous confesser de
tout au Seigneur. » 1162. Durant une conversation avec le Seigneur j'entendis une voix en mon âme
: « Ma fille, Je ne donne pas Ma grâce, pour que tu la révèles ailleurs, et même
si tu te confessais, Je ne donnerais pas à un autre prêtre la grâce de te
comprendre. Actuellement il me plaît que tu te supportes patiemment toute
seule. Ma fille, il n'entre point dans mes vues que tu parles à tous des dons que
je t'ai accordés. Je t'ai mise sous la protection de l'ami de Mon Cœur. C'est
sous sa direction que s'épanouira ton âme. C'est à lui que J'ai accordé la lumière
pour la compréhension de Ma vie en ton âme. 1163. Lorsque J'étais devant Hérode, Ma fille, je t'ai obtenu une grâce, c'est
que tu saches te tenir au-dessus du mépris humain, et que tu marches fidèlement
sur Mes traces. Fais silence, lorsqu'ils ne veulent point reconnaître la vérité
quand elle vient de toi. Car c'est alors que tu parles éloquemment. 1164. Tu sais bien, Ma fille, qu'en tendant à la perfection, tu sanctifieras bien
des âmes. Et que si tu ne tendais pas à la Sainteté, de même bien des âmes
demeureraient imparfaites. Sache bien que leur perfection dépendra de la tienne
et que la plus grande part de responsabilité, en ce qui concerne les âmes,
retombera sur toi. » 1165. Puis Il me dit : « Ne crains rien, Mon enfant, mais garde confiance en Ma
grâce seule !.. » 1166. Satan m'a avoué que j'étais l'objet de sa haine. « Mille âmes me font
moins de dommages, m'a-t-il dit, que toi, lorsque tu parles de la Grande
Miséricorde du Tout-Puissant. Les plus grands pécheurs reprennent confiance
et reviennent à Dieu. Et moi, dit le mauvais esprit, je perds tout. Mais qui plus
et, tu me poursuis moi-même avec cette insondable Miséricorde du Tout
Puissant. » J'ai pris conscience de la haine de Satan envers la Miséricorde de
Dieu. Il ne veut pas reconnaître que Dieu est bon. 1167. 29juin 1937. Aujourd'hui, durant le petit déjeuner, le Père Andrasz a
salué toute la Congrégation par téléphone. Il est de retour et cet après-midi
même, il est venu chez nous. Les Sœurs professes, les novices et les deux
classes d'élèves, se réunirent dans la cour où nous attendîmes notre cher Père
revenu de Rome. Les enfants lui souhaitèrent la bienvenue par des chants et des
poèmes. Puis nous lui avons demandé de nous parler de Rome et des belles
choses qu'il a vues là bas. Il nous a raconté tout cela pendant plus de deux
heures. Par contre il n'a pas eu le temps pour un entretien particulier. 1168. Aujourd'hui mon âme est entrée en étroite union avec le Seigneur. Il me fit
connaître que je devais toujours m'abandonner à Sa sainte volonté. « En un
instant je peux te donner plus que tu n'es en état de désirer. » 1169. 30 juin 1937. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « J'ai souvent voulu
distinguer cette Congrégation, mais Je ne le peux à cause de son orgueil. Tu
sais, Ma fille, qu'aux âmes orgueilleuses, je n'accorde pas de grâces. Et même
celles que j'accorde, Je les reprends ! » 1170. Aujourd'hui Sœur Yolande m'a demandé de faire un accord avec elle;
Elle priera pour moi et je prierai pour sa classe de Wilno. Quant à moi, je prie
toujours pour notre oeuvre. Mais j'ai décidé de prier pendant deux mois pour sa
classe de Wilno et Sœur Yolande dira, chaque jour, à mon intention trois Ave
Maria au Verbe Incarné afin que la grâce de Dieu me soit accordée. Notre
amitié s'en est trouvée renforcée. 1171. 1er juillet 1937. Mois de juillet. Aujourd'hui pendant l'Angélus, le Seigneur m'a fait comprendre l'inconcevable
amour de Dieu envers les hommes ; Il nous élève jusqu'à Sa divinité, inspiré
uniquement par Son amour et Son insondable Miséricorde. L'Ange informe du
mystère. Dieu seul l'accomplit. 1172. Malgré le calme profond dont jouit mon âme, je lutte sans cesse et
parfois, je mène un dur combat afin de suivre fidèlement ma route, car telle est la
voie que le Seigneur Jésus désire que je prenne. Ma voie est faite de fidélité à la
volonté de Dieu en tout, et toujours ; et particulièrement de fidélité à mon
inspiration intérieure, afin d'être un instrument efficace dans la main de Dieu pour
mener à bien Son Œuvre d'insondable Miséricorde. 1173. 4 juillet 1937. Premier Dimanche du mois. Retraite mensuelle Le soir, je
me suis préparée très méticuleusement et j'ai longuement prié le Saint Esprit afin
qu'il veuille m'accorder Sa lumière et me prendre sous Sa direction particulière.
Je fis de même envers la Mère de Dieu, mon Ange Gardien et les Saints
Patrons. 1174. Fruit de ma méditation. Tout ce que Jésus a fait, fut bien fait. « Il passa en faisant le bien. » Son attitude
fut pleine de bonté et de Miséricorde. La pitié dirigeait Ses pas. Il montra bonté,
aménité, compréhension envers Ses ennemis, comme envers ceux qui avaient
besoin d'aide ou de consolation. Ce mois-ci, j'ai décidé de refléter fidèlement en
moi ces traits de Jésus, même si cela devait me coûter beaucoup. 1175. Pendant l'Adoration, j'entendis une voix en mon âme : « Tes efforts, Ma
fille, Me sont agréables. Ils font les délices de Mon Cœur. Je vois chaque
mouvement de ton cœur, de ce cœur avec lequel tu M'adores. » 1176. Résolutions particulières. Toujours la même : M'unir au Christ Miséricordieux. Par Sa douloureuse Passion, j'implorerai le Père des Cieux pour le monde entier. Point important de la règle : observer un silence rigoureux. Descendre dans la profondeur de Son Etre et remercier Dieu de tout en
m'unissant à Jésus. Avec Lui, en Lui et par Lui, je rends gloire à Dieu. 1177. Ô Seigneur, mon amour, je Vous remercie de m'avoir permis, en ce jour,
de puiser des trésors de grâces à la source de Votre insondable Miséricorde. Ô
Jésus, non seulement aujourd'hui, mais à tout instant, je reçois tout de Votre
insondable Miséricorde, tout ce que l'âme et le corps peuvent désirer. 1178. 7 juillet 1937. Dans les moments d'incertitudes, c'est-à-dire lorsque l'âme
est affaiblie, que l'âme demande à Jésus d'agir Lui-même, et quoi qu'elle sache
qu'elle devrait agir par la grâce divine, pourtant, à certains moments, il convient
de laisser le champ d'action à Dieu. 1179. 15 juillet 1937. A un certain moment j'ai su que j'allais être transférée
dans une autre maison. Cette connaissance était toute intérieure. Au même
moment j'entendis une voix en mon âme : « Ne crains rien, Ma fille, Ma volonté
est que tu demeures ici. Les projets humains vont être contrecarrés et l'on devra
se conformer à Ma volonté. » 1180. Quand je fus tout prêt du Seigneur, Il me dit : « Pourquoi appréhendes-tu de commencer l'œuvre que je t'ai commandée ? » Je répondis ; Pourquoi Jésus, dans ces moments-là, me laissez-vous seule ? Et pourquoi est-ce qu'alors je ne ressens plus aucunement Votre présence ? » - « Ma fille, même si tu peux Me percevoir dans les plus secrètes profondeurs de ton cœur, tu ne peux affirmer que J'en suis absent. Ce que Je t'enlève, c'est seulement la sensation de Ma personne. Et cela ne devrait pas être une difficulté pour toi dans l'exécution de Ma volonté. Je fais ceci pour accomplir Mes insondables desseins que tu connaîtras plus tard. Ma fille, sache bien, une fois pour toute, que seul le péché grave Me chasse de
l'âme et rien d'autre. » 1181. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « Ma fille, délectation et prédilection de
Mon Cœur, rien ne M'empêche de t'accorder Ma grâce. Ta misère ne s'oppose
en rien à Ma Miséricorde. Ma fille, écrit que plus la misère de l'âme est grande,
plus celle-ci aura droit à Ma Miséricorde. Et encourage toutes les âmes la
confiance en l'inconcevable abîme de Ma Miséricorde. Car Je désire leur salut à
toutes. La source de Ma Miséricorde a été largement ouverte sur la croix, par la
blessure de la lance, et depuis elle coule pour toutes les âmes, sans aucune
exception. » 1182. Ô Jésus, je désire vivre le moment qui passe, vivre comme si ce jour devait être le dernier pour moi. Je désire profiter de chaque instant, pour la plus grande gloire de Dieu. Je désire retirer de chaque circonstance un bienfait pour mon âme, et regarder tout de ce point de vue. Rien n'arrive sans la volonté de Dieu. Dieu d'insondable Miséricorde, envahissez le monde entier et déversez-Vous
sur nous, par le Cœur compatissant de Jésus. Je note ici d'anciens souvenirs : 1183. Un soir, j'ai vu le Seigneur Jésus sur la Croix. De Ses mains, de Ses pieds et de Son côté, coulait Son Très Saint Sang. Puis Jésus me dit : « Tout cela, c'est pour le salut des âmes. Examine bien, Ma fille, ce que tu fais, toi, pour leur salut. » J'ai répondu : « Jésus, lorsque je contemple Votre supplice, je vois que ce que je fais pour le salut des âmes n'est presque rien. » Et le Seigneur m'a dit : « Sais-tu, Ma fille que tes tourments quotidiens, ton total abandon à Ma volonté conduisent bien des âmes au Ciel ? Et lorsqu'il te semble que la souffrance dépasse tes forces, contemple Mes
Plaies et tu t'élèveras alors au-dessus du mépris et des jugements humains.
Examiner en toi Mon supplice t'aidera à t'élever au-dessus de tout. » J'ai
compris alors bien des choses que je ne pouvais concevoir avant. 1184. 9 juillet 1937. Ce soir, est venue à moi l'une de nos Sœurs disparues qui
m'a demandé de lui consacrer un jour de jeûne, et d'offrir à son intention, ce
même jour, tous mes exercices spirituels. J'ai répondu que je le ferai. 1185. Dès le lendemain matin, je me suis donc empressée de consacrer ce jour
à cette intention. Durant la Sainte Messe, j'ai vécu un moment le supplice de
cette Sœur. J'ai ressenti en mon âme une telle faim de Dieu, qu'il me semblât
mourir du désir de m'unir à Lui. Cela dura peu de temps, mais j'ai compris ce
qu'est cette nostalgie de l'âme au Purgatoire. 1186. Immédiatement après la Sainte Messe, j'ai demandé à la Mère
Supérieure de m'autoriser à jeûner, ce que je n'ai pas obtenu, parce que je suis
malade. En entrant à la Chapelle, j'entendis ces paroles : « Si vous aviez jeûné,
ma Sœur, je n'aurais obtenu de soulagement à ma peine que ce soir seulement.
Mais grâce à votre obéissance qui vous a empêchée de jeûner, j'ai obtenu ce
soulagement immédiatement. C'est une grande force que l'obéissance… » Après
ces paroles j'entendis : « Dieu vous le rende ! » 1187. Souvent je prie pour la Pologne, mais je vois que Dieu est très fâché
contre elle, à cause de son ingratitude. Je me concentre de toute mon âme, afin
de la défendre. Je rappelle sans cesse à Dieu Sa promesse de Miséricorde.
Quand je vois Sa colère, je me jette avec confiance dans l'abîme de
Miséricorde, et j'y plonge toute la Pologne et cette fois Dieu ne pourra user de
Sa Justice. Ô ma Patrie, combien tu me coûtes ! Il n'y a pas de jour où je ne
prie pour toi. 1188. Propos de Saint Vincent de Paul : « Le Seigneur met toujours la Main à
l'œuvre lorsqu'Il écarte tous les moyens humains et nous ordonne d'accomplir ce
qui dépasse nos forces. » 1189. Jésus : « De toutes Mes Plaies, comme d'un ruisseau coule la Miséricorde
pour les âmes. Mais la blessure de Mon Cœur est la source de l'insondable
Miséricorde. De cette source jaillissent toutes les grâces destinées aux âmes.
Les flammes de la pitié me brûlent. J'ai l'ardent désir de les communiquer aux
âmes humaines. Parle de Ma Miséricorde au monde entier. » 1190. Aussi longtemps que nous vivons, l'amour de Dieu grandit en nous. Nous
devrions jusqu'à la mort, nous efforcer d'obtenir l'amour de Dieu. J'ai appris et
j'ai expérimenté que l'on reconnaît les âmes vivant dans une atmosphère d'amour
divin, à ce qu'elles ont de grandes lumières sur toutes choses divines, tant en leur
âme que dans les âmes des autres. Et les âmes simples, sans instruction, se
distinguent par leur savoir. 1191. À la quatorzième station de la Passion, je ressens l'étrange impression que Jésus va en terre. Lorsque mon âme est tourmentée, je pense seulement ceci : Jésus est bon et
plein de Miséricorde, et même si la terre devait me manquer sous les pieds, je
ne cesserais pas de Lui faire confiance. 1192. Aujourd'hui j'ai entendu ces mots : « Ma fille, prédilection de Mon Cœur,
c'est avec grand plaisir que Je contemple ton âme. Il y a bien des grâces que Je
n'accorde qu'à cause de toi. Je suspends aussi bien des châtiments uniquement à
cause de toi. Tu me retiens et Je ne peux revendiquer Mes droits. Tu me lies les
mains par ton amour. » 1193. 13 juillet 1937. Aujourd'hui Jésus m'a donné quelques lumières sur
l'attitude que je dois avoir envers une Sœur qui m'a questionnée sur bien des
sujets touchant l'âme et sur lesquels elle avait des doutes. Mais au fond, ce
n'était pas de cela qu'il s'agissait. Elle voulait se convaincre de mes opinions sur
ces sujets, afin d'avoir la possibilité d'informer les autres Sœurs sur moi. Oh! Si
au moins, elle répétait les mots mêmes que je lui ai dit, sans les déformer ni en
rajouter. Jésus m'a mise en garde contre cette âme. J'ai pris la décision de prier
pour elle, car seule la prière peut l'éclairer. 1194. Ô mon Jésus, rien ne peut rabaisser mon idéal, c'est-à-dire l'amour que
j'ai envers Vous. Je ne crains pas d'aller de l'avant, bien que le chemin soit
terriblement épineux. Même si une grêle de persécutions devait s'abattre sur
moi, même si mes amis devaient m'abandonner, même si tout devait se liguer
contre moi et que l'horizon s'assombrisse, même si l'orage devait faire fureur et
que je me sente seule face à tout cela, c'est alors qu'en toute tranquillité je ferais
confiance à Votre Miséricorde, ô mon Dieu, et mon espoir ne sera pas déçu. 1195. Aujourd'hui j'ai ressenti une grande souffrance aux endroits des plaies à
l'approche d'une Sœur au réfectoire. Cette Sœur était de service. Il me fut
donné de connaître l'état de son âme. J'ai beaucoup prié pour elle. 1196. A propos de l'apaisement de l'orage. Cette nuit, il y eut un terrible orage. Je me suis courbée la face contre terre et j'ai commencé à réciter les litanies de Tous les Saints. Vers la fin de ces litanies, le sommeil me prit si bien que je ne pus en aucune façon terminer cette prière. Alors je me suis levée et j'ai dit au Seigneur : « Jésus, apaisez cet orage, car Votre enfant est incapable de prier plus
longtemps et le sommeil l'accable ». Puis j'ai ouvert toute grande la fenêtre sans
même mettre le crochet. Sœur N. m'a dit alors : « Que faites-vous, ma Sœur ?
Voyons, la bourrasque va arracher la fenêtre ». Je lui ai répondu de dormir
tranquille, et tout à coup, l'orage s'est complètement apaisé. Le lendemain, les
Sœurs commentèrent ce brusque apaisement de l'orage, ne sachant comment
l'expliquer. Je n'ai rien répondu à cela. J'ai seulement pensé en moi-même :
Jésus et Faustine savent ce que cela signifie… 1197. 20 juillet 1937. J'ai appris aujourd'hui que je dois me rendre à Rabka ?
Je ne devais y aller qu'après le 5 août, mais j'ai prié la Mère Supérieure de
m'autoriser à m'y rendre dès maintenant. Je n'ai pas vu le Père Andrasz et j'ai
demandé de partir au plus vite. La Mère Supérieure s'est un peu étonnée que je
veuille partir si vite. Cependant, je ne m'en suis pas expliquée, de même que je
n'ai donné aucune explication sur moi-même. Cela restera un secret pour
l'éternité Dans ces circonstances j'ai pris une décision à laquelle je me tiendrai. 1198. 29 juillet. Aujourd'hui je dois partir pour Rabka. Je suis entrée un
moment à la Chapelle et j'ai prié Notre Seigneur Jésus de m'accorder un bon
voyage. Pourtant mon âme est comme plongée dans l'obscurité. Je sens que je
suis seule, je n'ai personne. J'ai demandé à Jésus d'être avec moi. Alors j'ai senti
en mon âme un rayon de lumière, preuve que Jésus était avec moi. Mais après
cette faveur, l'obscurité se renforça et la nuit se fit encore plus profonde en mon
âme. Alors j'ai dit : « Que Votre volonté soit faite, car tout est en Votre pouvoir
! » Dans le train, quand je regardais par la fenêtre et que je voyais le ravissant
paysage et les montagnes, je ressentais encore plus de tourments en mon âme.
Et lorsque les Sœurs me souhaitèrent la bienvenue et commencèrent à
m'entourer de leur affectueuse cordialité, mes souffrances redoublèrent. 1199. J'aurais voulu me cacher et me reposer un moment dans la solitude, en un
mot demeurer seule. Dans de tels moments aucune créature n'est en état de me
consoler et même si je voulais parler de moi-même, j'éprouverais de nouveaux
tourments. C'est pourquoi à ces moments-là, je me tais, m'abandonnant
silencieusement à la volonté de Dieu et cela m'apporte l'apaisement. Je n'exige
rien des créatures. Je ne les fréquente que par nécessité. Je ne peux me confier,
à moins que cela ne soit nécessaire à la gloire de Dieu. Je n'ai de commerce
qu'avec les Anges. 1200. Cependant ma mauvaise santé s'est aggravée ici au point que je suis
obligée de garder le lit. Je ressens d'étranges douleurs aiguës dans toute la cage
thoracique. Je ne peux même pas remuer les bras. Une nuit j'ai dû demeurer
couchée sans pouvoir bouger, car il me semblait que, si je bougeais, tout se
déchirerait dans mes poumons. Cette nuit m'a parue sans fin : je me suis unie à
Jésus crucifié et j'ai imploré le Père des Cieux pour les pécheurs. On dit que la
maladie pulmonaire ne provoque pas de souffrances aussi aiguës et pourtant,
j'éprouve sans cesse des souffrances atroces. Ma santé s'est tant aggravée ici,
que je dois garder le lit et Sœur N. a dit que je ne me porterai pas mieux ici, car
l'air de Rabka n'est pas bon pour tous les malades. 1201. Aujourd'hui je n'ai même pas pu me rendre à la Sainte Messe, ni
communier. Mais en proie aux souffrances de l'âme et du corps je me répétais :
« Que soit faite la volonté du Seigneur ! Je sais que votre générosité est infinie. »
J'entendis alors l'Ange qui chanta le chant de toute ma vie, tout ce qu'elle
contenait. Je m'en suis étonnée mais également fortifiée. 1202. Saint Joseph me demande d'avoir pour lui une incessante dévotion. Il m'a
dit lui-même de réciter chaque jour trois Pater et un « Souvenez-Vous ». Il est
enclin à beaucoup de bienveillance et m'a fait savoir qu'il appuie cette œuvre. De
même il m'a promis une aide particulière ainsi que sa protection. Chaque jour je
dis les prières demandées et je ressens sa protection particulière. 1203. Premier août 1937. Retraite d'un jour. Retraite de souffrance. Ô Jésus,
en ces jours de souffrance, accablée de corps et d'âme, je ne suis capable
d'aucune prière ! Ô mon Jésus, Vous voyez bien que Votre enfant est réduite à
l'impuissance ! Je ne tente d'autre effort que de soumettre ma volonté à celle de
Jésus. Ô Jésus, Vous êtes toujours Jésus pour moi ! 1204. Lorsque j'allai me confesser ne sachant même plus le faire, le prêtre
cependant comprit immédiatement l'état de mon âme et me dit : « Malgré tout,
vous faites votre salut. Vous êtes sur le droit chemin. Mais il se peut que
l'ancienne lumière ne revienne plus et que Dieu laisse votre âme jusqu'à la mort
dans ces ténèbres et ce déclin de l'âme. Abandonnez vous en tout à la volonté
de Dieu !» 1205. Aujourd'hui j'ai commencé une neuvaine à Notre-Dame de l'Assomption,
dans trois intentions : la première afin que je puisse rencontrer l'abbé Sopocko ;
la deuxième afin que Dieu presse l'exécution de cette œuvre ; la troisième : à
l'intention de Ma Patrie. 1206. 10 août. Je dois retourner à Cracovie, aujourd'hui accompagnée d'une
Sœur. Mon âme baigne dans la souffrance, mais par un acte de volonté, je
m'unis sans cesse à Dieu. Il m'est force et puissance. 1207. Soyez béni, ô mon Dieu, pour tout ce que Vous m'envoyez ! Sans Votre volonté, il n'est rien de nouveau sous le soleil. Je ne peux percer Votre secret à mon égard, mais j'appuie mes lèvres au calice qui m'est offert. Jésus, j'ai confiance en Vous !
1208. Neuvaine à la Miséricorde Divine que Jésus m'ordonna d'écrire et de réciter avant la Fête de la Miséricorde. On la commence le Vendredi Saint. « Je désire que, durant ces neuf jours, tu amènes les âmes à la source de Ma Miséricorde, afin qu'elles puisent force et soulagement, ainsi que toutes les grâces dont elles ont besoin dans les difficultés de la vie et particulièrement à l'heure de la mort. Chaque jour tu amèneras jusqu'à mon Cœur un nouveau groupe d'âmes et tu les plongeras dans l'immensité de Ma Miséricorde. Et moi je les conduirai toutes dans la maison de Mon Père. Tu feras cela dans cette vie et dans l'autre. Je ne refuserai rien à toute âme que tu amèneras à la source de Ma Miséricorde. Et chaque jour tu imploreras Mon Père, au nom de Ma douloureuse Passion de t'accorder des grâces pour ces âmes-là. » J'ai répondu : Jésus, je ne sais comment faire cette neuvaine, ni quelles âmes
conduire tout d'abord à Votre Cœur Très Miséricordieux. » Jésus me répondit
qu'Il me dirait chaque jour quelles âmes je devais conduire à Son Cœur. Premier jour 1209. « Aujourd'hui, amène-Moi l'humanité entière, particulièrement les
pécheurs ! Immerge-les dans l'immensité de Ma Miséricorde ! Tu Me
consoleras ainsi de cette amère tristesse dans laquelle Me plonge la perte des
âmes. » 1210. Très Miséricordieux Jésus, dont le propre est d'avoir pitié de nous et de nous pardonner, ne regardez pas nos péchés, mais la confiance que nous avons en Votre infinie bonté. Recevez-nous dans la demeure de Votre Cœur Très Miséricordieux et ne permettez pas que nous en sortions pour l'éternité. Nous Vous en supplions par l'amour Ô Toute-Puissante Miséricorde de Dieu, Secours du pécheur, Océan d'amour infini et de pitié, Vous venez en aide à ceux qui Vous prient avec humilité. Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur toute l'humanité, et
particulièrement sur les pauvres pécheurs, enfermés dans le Cœur Très
Miséricordieux de Jésus ! Par Sa douloureuse Passion, faites-nous Miséricorde
afin que soit glorifié Votre Toute-Puissante Miséricorde dans les siècles des
siècles. Amen. Deuxième jour 1211. « Aujourd'hui amène-Moi les âmes sacerdotales et religieuses, et
plonges-les dans Mon insondable Miséricorde ! Elles ont bien fait durer Mon
amer supplice. Par elles comme par des canaux, Ma Miséricorde s'écoule sur
l'humanité. » 1212. Très Miséricordieux Jésus, de qui provient tout ce qui est bon, multipliez
Vos grâces en nous, afin que nous accomplissions dignement les actes de
Miséricorde, et que notre prochain en glorifie le Père de Miséricorde qui est au
Cieux ! Jaillie de la mer de Miséricorde, La fontaine de l'Amour divin Habite les cœurs purs, Scintillante comme l'étoile, Limpide comme l'aurore. Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur ce groupe d'élus au cœur de
Votre vigne : les âmes sacerdotales et religieuses ! Accordez-leur les bienfaits
de Votre bénédiction ! Par amour pour le Cœur de Votre fils qui est leur
demeure, concédez-leur le pouvoir de Votre lumière, afin qu'elles puissent
guider les autres sur le chemin du salut, et qu'elles puissent toutes ensemble
rendre hommage à Votre insondable Miséricorde pour l'éternité. Amen. Troisième jour 1213. « Aujourd'hui, amène-moi toutes les âmes pieuses et fidèles et plonge-les
dans l'océan de Ma Miséricorde. Ces âmes me consolèrent sur le chemin du
Calvaire. Elles furent cette goutte de consolation dans un océan d'amertume. » 1214. Très Miséricordieux Jésus qui accordez surabondamment le trésor de Votre Miséricorde à tous, recevez-nous tous ans la demeure de Votre Cœur Très Compatissant ! Et ne nous en laissez pas sortir pour l'éternité, je Vous en supplie par cet inconcevable amour dont brûle Votre Cœur pour le Père Céleste. Impénétrables merveilles de la Miséricorde, Insondables au pécheur comme au juste, Lorsque sur nous, vous jetez un regard de pitié, Vous nous attirez tous vers Votre Amour ! Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes fidèles, héritage de
Votre Fils ! Par Sa douloureuse Passion, accordez leur Votre bénédiction et
entourez-les de Votre incessante protection afin qu'elles ne perdent l'amour ni le
trésor de la Sainte Foi, mais qu'elles glorifient Votre infinie Miséricorde avec le
chœur des Anges et des Saints pour l'éternité ! Amen. Quatrième jour 1215. « Aujourd'hui, amène-moi les païens et ceux qui ne Me connaissent pas
encore. Je pensais aussi à eux durant Ma douloureuse Passion, et leur zèle futur
consolait Mon Cœur. Plonge-les dans l'immensité de Ma Miséricorde ! » 1216. Très compatissant Jésus qui êtes la lumière du monde, recevez dans la
demeure de Votre Cœur Très Compatissant les âmes des païens et de ceux qui
ne Vous connaissent pas encore ! Que les rayons de Votre Grâce les illuminent,
afin qu'elles aussi glorifient avec nous les merveilles de Votre Miséricorde ! Et
ne les laissez pas sortir de la demeure de Votre Cœur Très Compatissant ! Faites que la lumière de Votre amour, mon Dieu, Illumine enfin toutes les âmes restées dans les ténèbres, Et que n'hésitant plus à Vous reconnaître, Elles chantent avec nous la gloire de votre Miséricorde ! Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes des païens et de tous
ceux qui ne Vous connaissent pas encore, mais qui sont enfermés dans le Cœur
Très Compatissant de Jésus ! Attirez-les vers la lumière de l'Evangile ! Elles ne
savent pas combien est grand le bonheur de Vous aimer. Faites donc qu'elles
aussi, puissent glorifier la munificence de Votre Miséricorde dans les siècles des
siècles. Amen. Cinquième jour. 1217. « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes des hérétiques et des apostats !
Plonge-les dans l'immensité de Ma Miséricorde ! Dans Mon amère Passion,
elles Me déchiraient le Corps et le Cœur, c'est-à-dire Mon Eglise. Lorsqu'elles
reviendront à l'unité de l'Eglise alors se cicatriseront Mes Plaies. Et de cette
façon elles Me soulageront dans Ma Passion. » Même pour ceux qui mirent en pièces le manteau de l'unité, Coule en Ton Cœur une source de pitié. Par la Toute-Puissance de Ta Miséricorde, ô Dieu, Tu peux aussi retirer ces âmes de l'erreur. 1218. Très Miséricordieux Jésus qui êtes la bonté même, Vous ne refusez pas la
lumière à ceux qui Vous la demandent. Recevez dans la demeure de Votre
Cœur Très compatissant les âmes des hérétiques et des apostats ! Par Votre
lumière ramenez-les à l'unité de l'Eglise ! Ne les laissez sortir de la demeure de
votre Cœur Très Compatissant, mais faites qu'elles aussi glorifient la munificence
de Votre Miséricorde ! Père Eternel, jetez un regard miséricordieux sur les âmes des hérétiques et des
apostats qui, persistant obstinément dans leurs erreurs, gaspillèrent Vos bontés
et abusèrent de Vos grâces ! Ne regardez pas leurs fautes, mais l'amour de
Votre fils et Son amère Passion qu'Il souffrit également pour elles, puisqu'elles
aussi sont enfermées dans le Cœur Très Compatissant de Jésus. Faites qu'elles
aussi glorifient Votre immense Miséricorde dans les siècles des siècles ! Amen. Sixième jour 1219. « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes douces et humbles, ainsi que celles
des petits enfants et plonge-les dans Ma Miséricorde ! Ce sont elles qui
ressemblent le plus à Mon Cœur. Elles m'ont réconforté dans Mon amère
agonie. Je les voyais veiller sur Mes autels comme des Anges terrestres. Sur
elles Je verse des torrents de grâces. Ma grâce ne peut être reçue que par les
âmes pleines d'humilité. Ce sont ces âmes-là en qui Je mets Ma confiance. 1220. Très Miséricordieux Jésus qui avez dit Vous-même : « Apprenez de Moi
que Je suis doux et humble de Cœur », recevez dans la demeure de Votre Cœur
Très Compatissant les âmes douces et humbles, ainsi que celles des petits
enfants ! Ces âmes-là plongent dans le ravissement le Ciel entier, et sont
particulièrement aimées du Père des Cieux. Elles forment un bouquet de fleurs
devant le trône divin dont Dieu seul respire le parfum. Ces âmes-là demeurent
pour toujours dans le Cœur très compatissant de Jésus, chantant sans cesse
l'hymne de l'amour et de la Miséricorde pour l'éternité. 1221. L'âme véritablement humble et douce, Respire déjà le Paradis sur terre, D'un parfum d'humilité son cœur Grise le Créateur Lui-même. 1222. Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes douces et
humbles, ainsi que sur celles des petits enfants demeurant dans le Cœur Très
Compatissant de Jésus. Ce sont ces âmes-là qui ressemblent le plus à Votre
Fils. Le parfum de ces âmes montent de la terre et s'élève jusqu'à Votre trône.
Père de Miséricorde et de toute bonté, je Vous implore par l'amour et la
prédilection que Vous avez pour ces âmes, de bien vouloir bénir le monde
entier, afin que toutes les âmes puissent chanter ensemble la gloire de Votre
Miséricorde pour l'éternité. Amen. Septième jour 1223. « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes qui vénèrent et glorifient
particulièrement Ma Miséricorde et plonge-les en elles. Ces âmes-là ont le plus
partagé les souffrances de Ma Passion. Ce sont elles qui ont pénétré le plus
profondément en Mon âme. Elles sont le vivant reflet de Mon Cœur
Compatissant. Ces âmes brilleront d'un éclat particulier dans la vie future.
Aucune n'ira en enfer. Je défendrai chacune d'elles en particulier à l'heure de la
mort. » 1224. Très Miséricordieux Jésus dont le Cœur n'est qu'amour, recevez dans la
demeure de Votre Cœur Très Compatissant les âmes qui vénèrent et glorifient
plus particulièrement l'immensité de Votre Miséricorde. Dotées de la puissance
même de Dieu, elles avancent confiantes en Votre Miséricorde au milieu de tous
les tourments et contrariétés. Ces âmes sont unies à Jésus et portent le poids de
l'humanité entière sur leurs épaules. Elles ne seront pas jugées sévèrement, mais
Votre Miséricorde les protègera au moment de l'agonie. L'âme qui célèbre la bonté du Seigneur Est, de Lui, tout particulièrement chérie. Près de la source de vie, elle a trouvé demeure, Et puise mille grâces en la Miséricorde de Dieu. Père Eternel, daignez jeter un regard de Miséricorde sur les âmes qui célèbrent
et vénèrent Votre plus grand attribut : Votre infinie Miséricorde ! Enfermées
dans le Cœur Très Compatissant de Jésus, elles sont un vivant Evangile. Leurs
mains sont pleines d'actes de miséricorde. Comblées de joie elles chantent
l'hymne de la Miséricorde du Très-Haut. Je Vous en supplie, manifestez-leur
Votre Miséricorde selon l'espoir et la confiance qu'elles ont mis en Vous ! Que
s'accomplisse en elles la promesse de Jésus qui a dit : « Je défendrai leur vie
durant, comme Ma propre Gloire, les âmes qui vénéreront Mon infinie
Miséricorde. Je les défendrai tout particulièrement à l'heure de la mort. » Huitième jour 1225. « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes qui sont au Purgatoire et plonge-les dans l'abîme de Ma Miséricorde ! Que les flots de Mon Sang rafraîchissent leurs brûlures ! Toutes ces âmes Me sont très chères, mais elles Me rendent Justice. Il est en ton pouvoir de leur apporter quelque soulagement. Puise dans le trésor de Mon Eglise toutes les indulgences, et offre-les en leur
nom ! Oh ! Si tu connaissais leur souffrance, tu offrirais sans cesse en leur nom
l'aumône de tes prières, et tu paierais leurs dettes à Ma Justice. » 1226. Très Miséricordieux Jésus qui avez dit vouloir Vous-même la
Miséricorde, voici que j'amène à la demeure de Votre Cœur Très
Compatissant, les âmes du Purgatoire, qui Vous sont très chères, mais qui
pourtant doivent rendre des comptes à Votre Justice. Que les flots de Sang et
d'Eau jaillis de Votre Cœur éteignent les flammes du feu purificateur afin que, là
aussi, soit glorifiée la puissance de Votre Miséricorde ! De la terrible ardeur du feu purificateur, Une plainte s'élève vers Ta Miséricorde, Demandant consolation, soulagement, fraîcheur, Des seuls ruisseaux d'Eau à Ton Sang mêlés. Père Eternel, daignez jeter un regard de Miséricorde sur les âmes souffrant au
Purgatoire, enfermées dans le Cœur Très Compatissant de Jésus ! Je Vous
implore par la douloureuse Passion de Jésus, Votre Fils, et par toute l'amertume
dont son Ame Très Sainte fut inondée, de manifester Votre Miséricorde aux
âmes qui sont soumises à Votre Justice sans défaut. Que Votre regard ne tienne
compte que des mérites des plaies de Jésus, Votre Très Cher Fils, car nous
croyons que Votre bonté et Votre pitié sont infinies ! Neuvième jour 1227. « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes indifférentes et froides, et plonge-les dans l'abîme de Ma Miséricorde. Ce sont ces âmes-là qui blessent le plus douloureusement Mon Cœur. Ce sont elles, qui au Jardin des Oliviers, m'inspirèrent la plus grande aversion. C'est à cause d'elles que j'ai dit : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de Moi ! » Pour elles, l'ultime planche de salut est de recourir à Ma Miséricorde. » 1228. Très Compatissant Jésus qui n'êtes que pitié, j'amène à la demeure de
Votre Cœur Très Compatissant les âmes indifférentes et froides. Que ces âmes,
dont la froideur cadavérique Vous emplit de répulsion, retrouvent la flamme de
la vie au feu de Votre pur amour ! Très Compatissant Jésus, usez de la
Toute-Puissance de Votre Miséricorde : entraînez-les dans le brasier même de
Votre amour et communiquez-leur le feu de l'amour divin, car Vous pouvez tout
! Feu et glace ensemble il ne faut mêler, Car le feu s'éteindra ou la glace fondra. Mais par Ton infinie Miséricorde, Mon Dieu, Tu peux suppléer de plus grandes déficiences. Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes indifférentes, qui sont
cependant enfermées dans le Cœur Très Compatissant de Jésus ! Père de
Miséricorde, je Vous supplie par la Passion amère de Votre Fils et par Son
agonie de trois heures sur la croix, permettez que ces âmes-là célèbrent aussi
l'abîme de Votre Miséricorde ! 1229. Ô jour éternel, ô jour tant désiré, Avec impatience, avec nostalgie je guette. Et très bientôt l'amour, Le salut se dressera juste devant moi ! Ô jour merveilleux, moment incomparable, Où pour la première fois je fixerai mon Dieu, L'époux de mon âme et le Seigneur des seigneurs. Ce jour, l'épouvante n'étreindra point mon âme ! Ô jour très solennel, ô jour de clarté, Où l'âme reconnaîtra son Dieu à Sa puissance, Toute entière sombrera, à Son amour livrée. Seront alors passés misère, exil, souffrance ! Ô jour bienheureux, jour de bénédiction, Pour toi mon cœur flambera d'un feu éternel Que je ressens déjà comme à travers un brouillard. Jésus à travers vie et mort, m'est extase et charme ! Ô jour dont j'ai rêvé toute ma vie durant ! Vois, je T'ai si longuement attendu, Seigneur, Car Toi seul je désire en cet ultime instant, Toi, l'Unique en mon cœur, le reste ne m'est rien ! Jour de délice ! Infinie suavité! De Ta grande Majesté, ô Dieu, mon Epoux ! Rien ne saurait contenter un cœur virginal, tu le sais. Là sur Ton doux Cœur j'appuie mon front. Fin du troisième cahier. Cahier IV Inscription sur la couverture du troisième cahier : Quatrième cahier du Petit Journal de Sœur (Marie-) Faustine J.M.J. 1230. Aujourd'hui Jésus a habité mon cœur. Il est descendu de son trône céleste, Ce grand Seigneur, créateur de l'univers. Il est venu à moi sous la forme du pain. Ô Dieu éternel enfermé dans mon cœur, Te possédant, je possède le ciel entier. Et de concert avec les Anges, je chante le Très Saint. Je vis uniquement pour Ta gloire. Ce n'est pas au Séraphin que Tu T'unis mon Dieu, Mais à l'homme chétif, Qui sans Toi ne peut rien accomplir. Mais pour l'homme Tu es toujours miséricordieux. Mon cœur t'est un habitacle, Ô Roi d'éternelle gloire ! Règne en maître et roi, en mon cœur, Comme en un superbe palais ! Ô Dieu grand et inconcevable, Qui as daigné tant T'abaisser, Je Te rends gloire en toute humilité, Et Te supplie de bien vouloir me sauver. J.M.J. 1231. Ô douce Mère de Dieu, Sur Toi je modèle ma vie. Tu es pour moi la lumineuse aurore, En Toi je sombre avec ravissement ! Ô Mère, Vierge immaculée, Par toi se reflète pour moi le rayonnement de Dieu. C'est Toi qui m'apprends à aimer le Seigneur à travers les orages, Contre l'ennemi, Tu es mon bouclier et ma protection ! Cracovie le 10 août 1937. Sœur Marie Faustine Du Très Saint Sacrement 1232. Ô Sainte Eucharistie, source des douceurs divines, Tu donnes force à mon âme. Ô Toi, le Tout-Puissant, qui pris corps en la Vierge, Tu visites mon cœur secrètement, Et la force des sens ne T'atteint pas ! 1233. J.M.J. Cracovie, le 10 août 1937 Quatrième cahier. Tout est pour Vous, Jésus ! De chaque battement de mon cœur je désire
glorifier Votre Miséricorde. Et autant que faire se peut, je désire encourager les
âmes à faire confiance à cette Miséricorde, ainsi que Vous me l'avez
vous-même commandé, Ô Seigneur ! 1234. En mon cœur, en mon âme, c'est la nuit noire. Devant mon esprit se
dresse un mur impénétrable, qui me dérobe Dieu. Cependant je ne suis pas la
cause de cette obscurité. Etrange est ce tourment dont je crains de décrire ici
l'étendue. Mais même dans cet état, j'essaie de Vous être fidèle. Ô mon Jésus,
toujours et en tout, mon cœur ne bat que pour Vous ! 1235. 10 août 1937. Aujourd'hui je suis revenue de Rabka à Cracovie, je me
sens très malade. Seul Jésus sait combien je souffre. Ces jours-ci, j'ai été tout à
fait semblable à Jésus crucifié. Je me suis armée de patience afin d'expliquer à
chaque Sœur pourquoi je ne pouvais demeurer là. C'est-à-dire que l'état de ma
santé avait empiré. Quoique je sache bien que certaines Sœurs ne le
demandaient pas pour partager mes souffrances, mais pour les augmenter. 1236. Ô Jésus, quelle obscurité m'envahit et quel néant me saisit ! Mais mon
Jésus, ne me laissez pas seule, accordez-moi la grâce de la fidélité ! Bien que je
ne puisse connaître les mystères de Votre divine volonté, cependant, il est en
mon pouvoir de dire : « Que Votre volonté soit faite ! » 1237. Le 12 août. Aujourd'hui, j'ai eu un entretien avec Monsieur l'Abbé
Sopocko qui, passant par Cracovie, s'arrêta un moment. Je désirais le voir,
Dieu a exaucé mon désir. Ce prêtre est une grande âme entièrement remplie de Dieu. Ma joie a été
profonde et j'ai remercié Dieu pour cette grande faveur puisque je désirais le
voir pour la plus grande gloire de Dieu. 1238. Ô vivante Hostie, Jésus caché, Vous voyez l'état de mon âme ! Je suis
incapable de prononcer, de moi-même, Votre Saint Nom. Je ne peux pas
allumer un feu d'amour, en mon cœur. Mais m'agenouillant à Vos pieds, je
tourne vers le Tabernacle le regard de mon âme, un regard de fidélité. Même si
en mon âme il y a du changement, Vous êtes, Vous, toujours le même. J'ai
confiance que viendra le moment où Vous dévoilerai Votre face, et Votre enfant
apercevra à nouveau Votre doux Visage. Je m'étonne, Jésus, que Vous puissiez
si longtemps Vous cacher de moi, et que Vous puissiez retenir cette avalanche
d'amour que Vous éprouvez pour moi. De toute son attention, mon cœur
écoute, et j'attends Votre venue, unique trésor de mon cœur. 1239. Notre Seigneur Jésus prend vivement la défense de Ses représentants sur
terre. Il est si fort en communion d'esprit avec eux qu'Il m'ordonne de préférer
leur avis au Sien. J'ai compris combien l'intimité entre Jésus et le prêtre est
grande. Ce que le prêtre dit, Jésus en prend la défense. Et souvent Il se
conforme à ses désirs. Plus d'une fois Il fait dépendre de son avis, Ses rapports
avec une âme. J'ai été initiée à tout ceci par une grâce particulière. Et je sais
jusqu'à quel point Vous partagez avec eux pouvoir et mystère, ô Jésus, plus que
Vous ne le faites avec les Anges ! Je me réjouis de tout cela, car c'est pour mon
bien. 1240. Ô mon Jésus, qu'il est difficile, lorsque quelqu'un est peu aimable avec
nous et que l'on nous fait de la peine de supporter cette souffrance. Ce n'est
qu'une petite peine. Mais c'est pour moi une peine insurmontable si quelqu'un
me montre son amabilité, tout en me dressant des embûches à chaque pas. Comme il faut avoir une grande force de volonté pour aimer cette âme en Dieu.
Plus d'une fois, l'âme doit aller jusqu'à l'héroïsme, afin d'aimer cette âme comme
Dieu l'exige. Si l'on avait peu de contacts avec elle, il serait plus facile de la
supporter. Mais si l'on vit ensemble et qu'on expérimente ceci à chaque pas,
cela exige un très grand effort. 1241. Mon Jésus, imprimez-Vous en moi, afin que je puisse Vous refléter ma vie durant. Divinisez-moi, pour que mes actes aient une valeur surnaturelle. Faites que j'aie pour chaque âme sans exception, amour, pitié et miséricorde. Ô mon Jésus, chacun de vos Saints reflète en sa personne l'une de Vos vertus ! Moi je désire refléter Votre Cœur compatissant et plein de Miséricorde. Je veux le glorifier. Que Votre Miséricorde, ô Jésus, soit imprimée dans mon cœur et dans mon
âme, tel un sceau ! Ce sera là mon emblème en cette vie et en l'autre. Glorifier
Votre miséricorde est l'unique tâche de ma vie. 1242. Instruction du Père Andrasz. 15 août 1937. Cet intervalle que Dieu a permis, (c'est-à-dire, cette sécheresse de l'âme et le sentiment de son misérable état) fait connaître à celle-ci, combien elle a peu de pouvoir par elle-même, et lui apprend à quel point il convient d'apprécier les grâces de Dieu Le deuxième point : c'est la fidélité aux exercices et aux devoirs, la fidélité d'une façon générale, et en tout, comme dans les moments de joie. Troisième point : en ce qui concerne cette affaire, il faut obéir totalement à
l'Archevêque. Mais on peut, de temps à autre, la lui rappeler avec calme.
Parfois un peu d'amère vérité est nécessaire. A la fin de notre entretien, je lui ai demandé de me permettre d'avoir des entretiens avec Notre Seigneur Jésus, comme auparavant. Il m'a répondu : « Je ne peux donner des ordres à Notre Seigneur Jésus. S'Il vous attire Lui-même vers Lui, vous pouvez vous abandonner à cette attirance, mais souvenez-vous bien de le vénérer toujours grandement, car c'est un très grand Seigneur. Si vous cherchez vraiment en tout cela la volonté de Dieu et désirez l'accomplir, vous pouvez alors être tranquille, Dieu ne permettra aucune sorte d'écart. En ce qui concerne les mortifications et souffrances, vous me rendrez compte la prochaine fois de la façon dont vous les pratiquez. Je vous laisse sous la garde de la Très Sainte Vierge Marie. »
1243. 15 août 1937. Durant la méditation, la présence de Dieu pénétra
fortement en moi. Et je connus l'allégresse de la Très Sainte Vierge au moment
de Son Assomption… Durant la cérémonie qui eut lieu à la gloire de Notre Dame, vers la fin, j'aperçus
la Très Sainte Vierge qui me dit : « Oh ! Combien l'hommage de votre amour
m'est agréable !» Et à ce moment, Elle couvrit de son manteau toutes les Sœurs
de notre Congrégation. De son bras droit, Elle serra contre Elle, la Mère
Générale Michaëla, du gauche, moi-même, et toutes les Sœurs étaient à Ses
pieds abritées sous Son manteau. Alors la Très Sainte Vierge déclara : « Toutes
celles qui demeureront avec zèle, jusqu'à la mort, dans Ma Congrégation,
éviteront le feu du Purgatoire. Je désire que chacune se distingue par les vertus
suivantes : humilité, douceur et pureté, amour de Dieu et du prochain,
compassion et miséricorde. » Après ces paroles, toute la Congrégation disparut
de ma vue, et je demeurai seule avec la Très Sainte Mère qui m'instruisit de la
volonté de Dieu, et comment l'appliquer dans la vie en m'abandonnant
totalement à Son Très Saint Jugement. Il est impossible sans accomplir Sa
Sainte Volonté - « Ma fille, Je te recommande vivement de réaliser fidèlement
les moindres souhaits de Dieu, car c'est ce qui Lui est le plus agréable ! Je
désire vivement que tu te distingues par ta fidélité à accomplir la volonté de
Dieu. Place la volonté de Dieu bien au-dessus de tous les sacrifices et
holocaustes ! » Tandis que la Mère du Ciel me parlait, une profonde
compréhension de la volonté de Dieu pénétrait mon âme. 1244. Mon Jésus, délices de mon cœur, lorsque mon âme est remplie de Votre
divinité, je reçois dans une égale mesure douceur et amertume ! L'une comme
l'autre passeront. La seule chose que je conserverai en mon âme, c'est l'amour
de Dieu. C'est Lui que je désire, et tout le reste compte peu. 1245. 16 Août 1937. Après la Sainte Communion, j'ai vu Notre Seigneur Jésus dans toute Sa Majesté. Il m'a dit : « Ma fille, les semaines durant lesquelles tu n'as pas vu ni senti Ma présence, J'étais plus profondément uni à toi que durant les moments de transport. Et ta fidélité, ainsi que le parfum de tes prières parvenaient jusqu'à Moi. » Après ces paroles, mon âme fut envahie par la joie de Dieu. Je ne voyais pas Jésus, mais je ne pouvais prononcer qu'un mot : « Jésus ». Et après avoir prononcé ce nom, mon âme fut à nouveau envahie de lumière et d'un profond recueillement qui dura trois jours sans interruption. Cependant j'ai pu, apparemment, remplir ma tâche coutumière. Tout mon être s'est trouvé bouleversé dans sa plus secrète profondeur. La grandeur de Dieu ne m'effraie pas, mais au contraire elle me rend heureuse car en la vénérant je m'élève moi-même. Voyant Son bonheur, je suis moi-même heureuse puisque tout ce qui est en Lui
fait écho en moi. 1246. Lorsque j'ai connaissance de l'état d'une âme et de ce qui, en elle, déplaît
à Dieu, je l'apprends de la façon suivante : je ressens immédiatement des
douleurs aux mains, aux pieds et au côté, aux endroits où furent percés les
Mains, les Pieds et le côté du Sauveur. Et à ce moment là, j'ai connaissance de
l'état de cette âme et du genre de péché commis. 1247. Je désire faire réparation à Notre Seigneur Jésus. Aujourd'hui, j'ai porté
sept heures durant une ceinture de chaîne, afin d'obtenir pour une âme la grâce
du repentir. A la septième heure, j'ai éprouvé un soulagement, alors que cette
âme ressentait en elle-même la rémission de son péché, bien qu'elle ne se fût pas
encore confessée. Pour les péchés des sens, je mortifie le corps et jeûne dans la
mesure permise. Pour les péchés d'orgueil je prie, le front contre terre. Pour les
péchés de haine, je prie et fais quelque bonne action envers une personne qui
m'inspire peu de sympathie. Ainsi, j'accomplis la réparation selon le genre de
péché constaté. 1248. 19 août 1937. Aujourd'hui, pendant l'Adoration, le Seigneur m'a fait
connaître combien Il désire que l'âme se distingue par des actes d'amour. Et je
perçus combien sont nombreuses les âmes qui nous disent : « Donnez-nous Dieu
! » Le sang des Apôtres a bouillonné en moi. Je n'en serai pas avare, car, je le
verserai jusqu'à la dernière goutte, pour les âmes immortelles, bien que
physiquement Dieu ne l'exige pas. Mais en mon âme cela m'est possible et se
trouve être, non moins méritoire. 1249. J'ai su aujourd'hui qu'il ne fallait pas demander une certaine permission, mais répondre en cette affaire, comme la Mère de Dieu le désire. Pour le moment aucun éclaircissement n'est nécessaire. Le calme m'est revenu.
J'ai reçu cette inspiration en me rendant à l'examen de conscience et alors que je
m'affligeais fort, car je ne savais que faire. La lumière de Dieu peut plus en un
moment que mes tourments de plusieurs jours. 1250. 22 août. Ce matin, la Vierge Sainte Barbara m'a visitée et m'a
recommandé de communier neuf jours durant, à l'intention de ma Patrie. « De
cette façon, tu apaiseras la colère de Dieu. Cette Vierge portait une couronne
d'étoiles et tenait une épée en main. L'éclat de sa couronne était le même que
celui de l'épée, sa robe était blanche, ses cheveux flottants. Elle était si belle que,
si je ne connaissais déjà la Très Sainte Vierge pour L'avoir vue, j'aurais pensé
que c'était Elle. Je comprends maintenant que chaque Vierge se distingue par
une beauté à part. Une beauté particulière, rayonne de chacune d'elles. 1251. 25 août 1937. Aujourd'hui Monsieur l'Abbé Sopocko est arrivé et
demeurera chez nous jusqu'au 30. Je m'en suis fort réjouie. Dieu seul sait
combien je désirais le voir à cause de cette œuvre que Dieu accomplit par son
intermédiaire. Je m'en suis réjouie bien que cette visite ait été accompagnée de
quelques ennuis. 1252. Pendant qu'il célébrait la Sainte Messe, j'ai vu, juste avant l'Elévation
Notre Seigneur Jésus crucifié dégager Sa main droite de la Croix, et la lumière
qui sortait de Sa blessure se prolongeait jusqu'à Son épaule. Ceci se répéta
durant trois Messes et je compris que par là Dieu lui donnait la force
d'accomplir cette œuvre, malgré les difficultés et les oppositions. Cette âme-là,
qui est agréable à Dieu, est crucifiée par de multiples souffrances. Mais je ne
m'en étonne pas, car c'est ainsi que Dieu agit avec eux qu'Il chérit
particulièrement. 1253. Aujourd'hui, 29, j'ai été autorisée à converser longuement avec l'Abbé
Sopocko. J'ai donc appris que bien qu'il y ait des difficultés, l'œuvre progresse
pourtant et que la Fête de la grande Miséricorde est déjà fort avancée. Il s'en
faut de peu de sa réalisation, mais il convient encore de beaucoup prier, afin que
certains obstacles cèdent. 1254. « Maintenant en ce qui vous concerne, ma Sœur, il est bien que vous soyez en cet état d'indifférence pour ce qui est de la volonté de Dieu et que vous soyez plus équilibrée. Je vous demande d'essayer de conserver cet équilibre. Maintenant en ce qui concerne toutes ces choses, ceci dépend uniquement, ma Sœur, du Père Andrasz. Je suis entièrement d'accord avec lui. Ne faites rien, ma Sœur, arbitrairement. Mais en tout, prenez conseil auprès de votre directeur de conscience. Je vous demande en tout ceci, de conserver l'équilibre et le plus grand calme. Encore une chose. J'ai fait imprimer ce « chapelet » qui doit figurer au verso de
l'image, de même que ces oraisons, qui ressemblent à des litanies et qui y
figureront aussi. Une autre grande image a également été imprimée, ainsi que
quelques feuillets contenant la neuvaine à la Miséricorde. Priez, ma Sœur, afin
que ceci soit autorisé !» 1255. Monsieur l'Abbé Sopocko est parti ce matin. Tandis que je m'abîmai dans une prière de gratitude pour cette grande grâce que j'ai reçue de Dieu, c'est-à-dire d'avoir pu voir l'Abbé, je fus alors de façon particulière unie au Seigneur qui m'a dit : « Voilà le prêtre selon Mon Cœur ! Ses efforts me sont agréables. Tu vois, Ma fille, que Ma volonté doit être faite et que Je tiens ce que je t'ai promis. Par ce prêtre, Je répands la consolation sur les âmes souffrantes et torturées. Par lui, il M'a plu de faire divulguer la vénération envers Ma Miséricorde Et par cette œuvre de Miséricorde, tant d'âmes se rapprochent de Moi, bien
plus qu'il n'en pourrait absoudre, nuit et jour, jusqu'à la fin de sa vie. Car il ne
travaillerait alors que jusqu'à la fin de sa vie. Mais par cette œuvre il travaillera
jusqu'à la fin du monde. » 1256. J'avais entrepris une neuvaine afin de voir l'Abbé, mais je ne l'avais pas
terminée que Dieu m'avait accordé cette grâce. 1257. Ô mon Jésus, combien j'ai peu profité de cette grâce ! Mais cela ne
dépendait pas de moi, quoique d'un autre côté beaucoup en dépendît. 1258. Pendant cet entretien, j'ai eu connaissance des tourments de son âme, de
cette âme crucifiée, semblable à celle du Sauveur. Là où on s'attendait avec
raison à rencontrer la consolation, on trouve la Croix. Il vit parmi nombre
d'amis, mais il n'a personne à part Jésus. C'est ainsi que Dieu dépouille l'âme
qu'Il chérit particulièrement. 1259. Aujourd'hui j'ai entendu ces paroles : « Ma fille, sois toujours comme une
enfant envers ceux qui me représentent. Autrement tu ne profiteras pas des
grâces que par eux Je t'envoie. 1260. 1er septembre 1937. J'ai vu Notre Seigneur Jésus dans toute Sa royale
Majesté, qui regardait notre terre d'un regard sévère. Pourtant à la prière de sa
Mère, Il prolongea le temps de la Miséricorde. 1261. 3 septembre. Premier Vendredi du mois. Durant la Sainte Messe, je me
suis trouvée unie à Dieu. Jésus me fit connaître que même la moindre chose ne
saurait se passer au monde sans Sa volonté. Après avoir vu cela, mon âme
connut un étrange repos. Je me suis tout à fait tranquillisée, quant à l'œuvre en
question et à son étendue. Dieu peut agir envers moi comme Il lui convient. Je le
bénirai en tout. 1262. Jusqu'à maintenant, c'est avec une certaine crainte que je me demandais
jusqu'où ces inspirations me mèneraient. Une crainte plus grande encore
m'envahit lorsque le Seigneur me fit connaître que je devais quitter cette
Congrégation. Trois ans ont passé depuis lors et mon âme ressent tour à tour
soit de l'enthousiasme et de l'inclination à l'action (et j'ai alors beaucoup
d'audace et de force), soit lorsque approche le moment décisif de commencer
l'œuvre, l'abandon du Seigneur, et alors une étrange crainte envahit mon âme, et
je constate que ce n'est pas encore l'heure désignée par le Seigneur pour
commencer à agir. Ce sont là des souffrances que je ne peux même pas décrire.
Dieu seul sait ce que je supporte nuit et jour… Il me semble que le plus grand
des martyres me serait plus léger en comparaison de ce à quoi je suis soumise
bien que ce soit sans verser une goutte de sang. Mais toute cette souffrance-là
c'est pour les âmes, pour les âmes, Seigneur… 1263. Acte d'abandon total à la volonté de Dieu, volonté qui n'est pour moi
qu'amour et miséricorde. Acte d'offrande Jésus-Eucharistie, que je viens à l'instant de recevoir en mon cœur, par cette union avec Vous, je m'offre au Père des Cieux, en hostie expiatoire, m'abandonnant tout à fait et entièrement à la Très Miséricordieuse et Sainte volonté de Dieu. A partir d'aujourd'hui, Votre volonté, Seigneur, est ma nourriture. Voici tout mon être, disposez de moi à Votre gré. Peu importe ce que me donne Votre main paternelle : je le reçois avec soumission, calme et joie. Je n'ai aucune crainte de quelque façon que Vous me dirigiez. J'accomplis à l'aide de Votre grâce tout ce que Vous exigez de moi. Maintenant je ne crains aucune de vos inspirations, ni n'examine avec inquiétude
jusqu'où elles me mèneront. Guidez-moi, ô Dieu, par les chemins qui Vous
plaisent. J'ai une confiance totale en Votre volonté, qui n'est pour moi qu'amour
et miséricorde. Vous m'ordonnez de demeurer dans ce couvent, j'y resterai.
Vous m'ordonnez de me mettre à l'œuvre, je m'y mets. Vous me laissez jusqu'à
la mort, dans l'incertitude quant à cette œuvre, soyez-en béni. Vous me donnez
la mort, alors qu'humainement parlant, il semblerait que ma vie soit
particulièrement nécessaire, soyez-en béni ! Vous m'emportez en pleine
jeunesse, soyez-en béni ! Vous me ferez atteindre un âge avancé, soyez béni !
Me donnerez-Vous santé et forces, soyez béni ! Vous me clouez sur un lit de
douleur, la vie durant, soyez-en béni ! Vous ne m'accordez dans la vie que
déceptions et insuccès, soyez-en béni ! Vous permettez que mes plus innocentes
intentions soient blâmées, soyez-en béni ! Vous donnez la lumière à mon esprit,
soyez-en béni ! Vous me laissez dans l'obscurité et au milieu de toutes de
supplices, soyez-en béni ! Depuis ce moment, je vis dans la plus profonde tranquillité, car le Seigneur
lui-même me porte à bout de bras. Il sait bien, le Seigneur de l'infinie
miséricorde, que c'est Lui seul que je désire en tout, partout et toujours. 1264. Prière. Ô Jésus, écartelé sur la croix, je Vous en supplie, accordez-moi la
grâce d'accomplir fidèlement la Très Sainte volonté de Votre Père, toujours,
partout et en tout ! Et lorsque la volonté de Dieu me semblera bien dure et
difficile à accomplie, c'est alors que je Vous supplie Jésus, de faire que de Vos
Plaies coule en moi force et puissance. Quant à ma bouche, faites qu'elle répète
: « Que Votre volonté soit faite, Seigneur ! » - Ô Sauveur du monde, si désireux
du salut des hommes, que durant une torture si atrocement douloureuse, Vous
Vous oubliâtes Vous-même, pour ne penser qu'au salut des âmes ! Jésus très
compatissant, accordez-moi la grâce de l'oubli de moi-même afin que je ne vive
que pour les âmes, en Vous aidant à l'œuvre du salut, selon la Très Sainte
volonté de Votre Père. 1265. 5 août 1937. Le Seigneur m'a appris combien notre chère Mère
Supérieure me défend contre…non seulement par des prières, mais par des
actes. Merci, Jésus, de cette grâce, ceci trouvera en mon cœur un écho de
gratitude. Lorsque je suis avec Jésus, je pense à elle. 1266. 6 septembre 1937. Aujourd'hui je change mes occupations au jardin pour
celles de Sœur tourière solitaire, à la grande porte. Je suis allée converser un
moment avec le Seigneur, je Lui ai demandé Sa bénédiction, ainsi que la grâce
de pouvoir remplir fidèlement les occupations qui me sont confiées. J'entendis
alors ces mots : « Ma fille, je suis toujours avec toi. Je t'ai donné la possibilité de
t'exercer aux actes de Miséricorde que tu vas accomplir avec obéissance. Si tu
parles avec Moi, chaque soir, tout particulièrement de cette tâche, tu Me feras
un grand plaisir ». Je sentis que Jésus m'accordait une nouvelle grâce, quant à
cette fonction, mais malgré cela je me suis enfermée au fond de Son Cœur. 1267. Aujourd'hui je me suis sentie plus malade. Mais Jésus m'a donné, en ce
jour, bien plus d'occasions de m'exercer à la vertu. Il arriva que ma tâche, ayant
été plus chargée, la Sœur préposée à la cuisine a montré son mécontentement
de ce que je m'étais mise en retard pour le déjeuner quoiqu'il m'ait été
véritablement impossible de venir plus tôt. Pourtant me sentant si malade, j'ai dû
prier la Mère supérieure de me permettre d'aller me mettre au lit. Je suis donc
allée demander à Sœur N. de me remplacer dans ma tâche. Je fus à nouveau
rabrouée : « Comment cela, ma Sœur, vous vous êtes tellement fatiguée que
vous allez à nouveau vous mettre au lit ?...avec ce lit !... » J'ai supporté tout
cela, mais ce n'est pas tout, il me fallait encore aller demander à la Sœur qui sert
les malades de m'apporter le repas. Après le lui avoir dit, elle est sortie
précipitamment de la Chapelle derrière moi, dans le corridor, afin de pouvoir
dire ce qu'elle avait sur le cœur : « Je ne comprends pas, ma Sœur, pourquoi
vous allez vous aliter, etc… » Je lui ai alors demandé de ne pas m'apporter de
repas. J'écris ceci en abrégé car je n'ai pas l'intention d'écrire ces choses-là.
Mais je le fais uniquement afin qu'on ne se conduise pas ainsi envers une autre
personne, car cela déplaît au Seigneur. Dans les âmes souffrantes, nous devons
voir Jésus Crucifié et non pas un parasite et un poids mort, pour la
Congrégation. L'âme souffrante qui s'abandonne à la volonté de Dieu, attire bien
plus de bénédictions sur le couvent, que toutes les Sœurs occupées à un travail.
Misérable est le couvent où il n'y a pas de Sœur malade. Bien souvent, Dieu
accorde de nombreuses et importantes grâces, à cause des âmes souffrantes et
éloigne bien des châtiments uniquement à cause d'elles. 1268. Ô mon Jésus, quand saurons-nous contempler les âmes en ayant des
mobiles plus élevés ? Quand saurons-nous porter des jugements véridiques ?
Vous nous donnez la possibilité de nous exercer à des actes de Miséricorde et
nous nous exerçons à porter des jugements. Pour savoir si dans un monastère
s'épanouit l'amour de Dieu, il convient de demander comment on se comporte
envers les malades, les infirmes, les impotents. 1269. 10 septembre 1937. Au cours de mes réflexions, j'ai eu conscience que
plus l'âme est pure, plus son commerce avec Dieu se situe uniquement au niveau
de l'esprit, et a peu d'égards pour les sens et leur révolte. Dieu est esprit, je
L'aime donc en esprit et en vérité. 1270. Lorsque j'ai su combien il est dangereux à notre époque de se trouver
près de la porte d'entrée, à cause des troubles révolutionnaires, et combien de
mauvaises gens ont de la haine pour les couvents, je me suis entretenue avec le
Seigneur et je lui ai demandé qu'Il s'arrange de façon à ce qu'aucun méchant
n'ose s'approcher de la porte. Alors j'entendis ces mots : « Ma fille, dès le
moment où tu as été préposée à ce service, j'y ai mis un Chérubin afin qu'il la
garde. Sois donc sans inquiétude ! » Après être revenue de mon entretien, avec
le Seigneur, je vis un léger nuage blanc et dans ce nuage un chérubin, les mains
jointes, dont le regard était semblable à l'éclair. J'ai compris que le feu de
l'amour divin brûlait dans ce regard. 1271. 14 septembre 1937. Exaltation de la Sainte Croix. J'ai connu aujourd'hui,
combien ce prêtre supporte de grandes contrariétés dans toute cette affaire.
Même les âmes pieuses et enthousiastes à glorifier Dieu s'opposent à lui. Et il ne
doit qu'à la grâce divine de ne pas encore être découragé de tout cela. 1272. Jésus : « Ma fille, crois-tu avoir suffisamment écrit sur Ma Miséricorde ?
Ce que tu as écrit n'est qu'une goutte, comparée à l'océan. Je ne suis qu'Amour
et Miséricorde. Il n'y a pas de misère qui puisse se mesurer à Ma Miséricorde,
ni en venir à bout puisqu'au moment de se communiquer, elle s'amplifie. L'âme
qui fait confiance à Ma Miséricorde est la plus heureuse car je prends
Moi-même soin d'elle. » 1273. Je ressens en mon âme de grands tourments, lorsque je reconnais que
l'on insulte Dieu. Aujourd'hui j'ai su que l'on avait commis de graves péchés, non
loin de notre porte. C'était le soir, j'ai prié avec ferveur à la chapelle puis je me
suis flagellée. Quand je me suis agenouillée pour prier, le Seigneur m'a fait
comprendre combien souffre l'âme qui est rejetée loin de Dieu…Il me semblait
que mon cœur se brisait en morceaux et en même temps j'ai compris combien
cette âme blesse le Cœur Très Miséricordieux de Jésus. Cette pauvre créature
ne veut pas accepter la Compassion de Dieu. Plus Dieu poursuit l'âme de Sa
Miséricorde, plus Il sera juste envers elle. 1274. Ma secrétaire, écris bien que Je suis plus généreux envers les pécheurs
qu'envers les justes ! C'est pour eux que Je suis venu sur terre, c'est pour eux
que J'ai versé mon Sang. Qu'ils ne craignent pas de s'approcher de Moi ! Ce
sont eux qui ont le plus besoin de Ma Miséricorde. » 1275. 16 septembre 1937. Je désirais tant aujourd'hui, passer une heure en
prière auprès du Très Saint Sacrement, pourtant toute autre était la volonté de
Dieu. A huit heures, je ressentis de si violentes douleurs que je dus m'aliter
immédiatement. Je me suis tordue de douleur trois heures durant, c'est-à-dire
jusqu'à onze heures du soir. Aucun médicament ne me fit d'effet. Ce que je
prenais, je le rejetais. Par moment ces douleurs m'enlevaient la conscience.
Jésus me fit savoir que je venais de cette façon de prendre part à Son agonie au
Jardin des Oliviers, et que Lui-même permit ces souffrances pour donner
satisfaction à Dieu pour les avortements. Voici trois fois déjà que je passe par
ces souffrances. Elles commencent toujours à huit heures du soir et durent
jusqu'à onze heures. Aucun médicament n'est capable de les réduire. Quand
s'approchent onze heures, elles cessent d'elles-mêmes, et je m'endors
immédiatement. Le lendemain je me sens très faible. Cela m'est arrivé pour la
première fois au Sanatorium. Les médecins ne purent en faire l'analyse. Ni
piqûres, ni médicaments ne m'apportèrent de soulagement et moi-même je ne
comprenait pas de quelle sorte de souffrance il s'agissait. J'ai dit au médecin que
je n'avais eu de ma vie de telles souffrances. Il déclara qu'il ne savait de quoi il
s'agissait. Maintenant je comprends ce que sont ces souffrances, car le Seigneur
me l'a révélé… Pourtant, lorsque je pense que je devrai peut-être un jour
souffrir à nouveau de cette façon, un frisson de terreur me saisit. Mais j'ignore si
je vais souffrir encore de cette façon. Je laisse cela à Dieu. Ce qu'Il Lui plaît de
m'envoyer, je le recevrai avec soumission et amour. Que je puisse seulement par
ces souffrances sauver ne serait-ce qu'un de ces enfants de l'assassinat ! 1276. Après ces souffrances, le lendemain, je pressens l'état des âmes et leurs
disposition envers Dieu. Je suis alors pénétrée d'une véritable connaissance. 1277. Je reçois la Sainte Communion comme la reçoivent les Anges. Mon âme
se trouve envahie par la lumière de Dieu et se nourrit de Lui. Les sens sont
comme morts. C'est là s'unir au Seigneur par le biais de l'âme. C'est la grande
supériorité de l'âme sur la nature. 1278. Dieu m'a accordé la connaissance des grâces dont Il me comble sans
cesse. Cette lumière m'a pénétrée très profondément et j'ai alors compris les
inconcevables égards de Dieu envers moi. Je suis restée dans ma cellule, pour
une longue action de grâce, allongée, le visage contre terre, j'ai versé des larmes
de gratitude. Je ne pouvais me relever, car chaque fois que je le voulais, la
lumière de Dieu me donnait connaissance d'une nouvelle grâce. A la troisième
fois je pus me soulever de terre. En tant qu'enfant, je sentis que tout ce que
possède le Père des Cieux, est également mien. Lui-même me souleva de terre
jusqu'à Son Cœur. Je sentis que tout ce qui existe, est en quelque sorte
exclusivement mien. Mais je n'avais de cela aucun désir, car Dieu seul me suffit. 1279. Aujourd'hui, j'ai connu avec quelle aversion le Seigneur s'approche de
certaines âmes pendant la Sainte Communion. Il va vers ces cœurs comme Il
irait au cachot pour être martyrisé et supplicié. J'ai imploré Son pardon et je l'ai
dédommagé de cet affront. 1280. Le Seigneur m'a fait connaître que je rencontrerai mon frère. Mais
pourtant je ne pouvais comprendre Mais pourtant je ne pouvais comprendre
comment je le verrais ni pourquoi il serait venu me voir. Je savais bien que Dieu
lui avait fait la grâce de lui donner la vocation religieuse, mais pourquoi serait-il
venu me voir ? Pourtant j'ai repoussé ce raisonnement et je me suis mise à croire
que si Dieu m'avait fait savoir qu'il viendrait, cela devait me suffire. J'ai uni ma
pensée à Dieu sans plus m'inquiéter de la créature, remettant tout en Dieu. 1281. Lorsque les mêmes indigents viennent mendier à la porte, pour la deuxième fois, je les reçois avec une douceur accrue, et je ne laisse pas voir que je me souviens les avoir déjà vus, et je ne les laisse pas voir que je me souviens les avoir déjà vus, afin de ne pas les gêner. Alors ils me parlent sans crainte de leurs peines et de leurs besoins. Sœur N. me dit qu'il ne faut pas se conduire ainsi envers les mendiants et elle me
ferme la porte au nez. Cependant lorsqu'elle est absente je me conduis avec eux
comme l'aurait fait mon Maître. On donne parfois plus en donnant peu, qu'en
donnant beaucoup, mais de façon trop rude. 1282. Souvent, le Seigneur me donne en mon for intérieur la possibilité de
connaître les personnes avec lesquelles je suis en contact à la porte. Un jour une
personne digne de pitié a commencé d'elle-même à me dire quelque chose.
Profitant de l'occasion, je lui ai fait comprendre dans quel misérable état était
son âme. Elle s'est éloignée dans de meilleures dispositions. 1283. 17 septembre 1937. Ô Jésus, je vois tant de beauté éparses tout
alentour, beautés pour lesquelles je Vous rends continuellement grâce. Mais je
m'aperçois que certaines âmes sont comme la pierre, toujours froides et
insensibles. Les miracles même, ne les émeuvent guère. Leurs regards sont fixés
à leurs pieds, et de cette façon elles ne voient rien, si ce n'est elles-mêmes. 1284. Vous m'avez entourée dans la vie de Votre tendre et réelle protection.
Bien plus que je ne peux le concevoir, car je ne comprendrai pleinement Votre
bonté que lorsque tout sera dévoilé. Je désire que toute ma vie ne soit qu'une
action de grâce pour Vous, mon Dieu. 1285. Sois remercié, mon Dieu, pour toutes les grâces, Dont Tu me combles sans cesse, Et qui m'éclairent comme la lumière du soleil. Par elles Tu me montres le chemin sûr ! Je Te remercie, mon Dieu, de m'avoir créée, De m'avoir du néant appelée à l'existence, D'avoir imprimé Ta divine empreinte en mon âme, Et de ne l'avoir fait que par amour. Merci, mon Dieu pour le Saint Baptême, Qui m'incorpora à Ta Divine famille. C'est là un don inconcevable, Qui transforma mon âme. Je te remercie, Seigneur, pour la Sainte Confession, Pour cette source de grande miséricorde, intarissable, Pour cette source de grâces inconcevables, Qui rend la blancheur aux âmes souillées par le péché. Merci, Jésus, pour la sainte Communion, Par laquelle Tu Te donnes à nous, Je sens comme Ton Cœur bat en ma poitrine, Comme Tu fais Toi-même, mon Dieu, s'épanouir la vie en moi. Ô Saint Esprit, sois remercié pour le sacrement de la confirmation, Qui m'a armé chevalier à Ton service, Et donne force à l'âme à chaque instant, Et protège du mal ! Merci, mon Dieu, pour la grâce de la vocation, D'être à Ton service exclusif, Me donnant la possibilité de T'aimer, Toi seul, Honneur sans pareil pour mon âme ! Sois remercié, Seigneur, pour les vœux éternels, Pour ce lien du pur amour, D'avoir daigné joindre au mien Ton Cœur divin, Et d'avoir uni Ton Cœur au mien par un lien de pureté ! Je te remercie, Seigneur, pour le sacrement de l'Extrême-Onction Qui me fortifiera dans mes derniers moments de lutte, M'aidera à parvenir au salut, donnera force à mon âme, Afin que nous nous réjouissions éternellement. Merci à Toi, mon Dieu, pour toutes les inspirations, Dont Ta bonté me comble, Pour ces illuminations intérieures de l'âme, Qu'on ne peut exprimer, mais que le cœur ressent ! Merci à Toi, Sainte Trinité, pour cette foule de grâces, Dont Tu me combles à chaque instant, ma vie durant. Ma gratitude croîtra à mon entrée dans l'aube éternelle, Lorsque j'entonnerai pour la première fois un chant à ta gloire. 1286. Malgré le calme de mon âme, je mène un incessant combat contre l'ennemi de mon âme. Je découvre de plus en plus et de nouveau la lutte bat son plein. Je m'exerce durant les intervalles de calme et je veille afin que l'ennemi ne me
surprenne sans défense. Et lorsque je vois sa grande furie, alors je demeure en
la forteresse, c'est-à-dire dans le Très Saint Cœur de Jésus. 1287. 19 septembre 1937. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « Ma fille, écris qu'il
m'est très pénible de voir les âmes des religieux s'approcher du Sacrement
d'Amour uniquement par habitude, comme si elles ne distinguaient pas
particulièrement cette nourriture des autres. Je ne trouve en leur cœur ni foi ni
amour. Je vais vers ces âmes avec grand déplaisir, il vaudrait mieux qu'elles ne
Me reçoivent pas. » 1288. Très doux Jésus, allumez mon amour pour Vous et transformez moi en
Vous, divinisez-moi afin que mes actes Vous soient agréables ! Faites-le par le
pouvoir de la Sainte Communion que je reçois chaque jour ! Comme je désire
être complètement transformée en Vous, ô Seigneur ! 1289. 19 septembre 1937. Mon frère par le sang, Stasio, m'a rendu visite
aujourd'hui. Cela m'a fait un immense plaisir de revoir cette belle âme, qui a
également l'intention de se consacrer au service de Dieu. C'est-à-dire que Dieu
Lui-même l'attire vers Son amour. Nous avons longuement parlé de Dieu, de Sa
bonté. Pendant cette conversation avec lui, je me suis rendu compte, combien
son âme est agréable à Dieu. J'ai obtenu de notre Mère Supérieure,
l'autorisation de le voir souvent. Lorsqu'il m'a demandé conseil pour entrer en
religion, je lui ai répondu : « Tu sais mieux que personne ce que le Seigneur
réclame de toi.» Je lui ai parlé de l'ordre des Jésuites, « mais entre où il te plaît !
». J'ai promis de prier pour lui et j'ai décidé de faire une neuvaine au Sacré
Cœur par l'intercession de l'Abbé Piotr Skarga, avec promesse d'une annonce
dans le Messager du Cœur de Jésus, car il a de grandes difficultés dans cette
affaire. J'ai appris qu'en cette affaire, la prière est plus utile que le conseil. 1290. 21 septembre. M'étant éveillée plusieurs fois cette nuit, j'ai remercié Dieu
de tout mon cœur, bien que rapidement, de toutes les grâces qui me furent
accordées, ainsi qu'à notre congrégation. J'ai médité sur Sa très grande bonté. 1291. Après avoir communié, je Lui ai dit : « Jésus, j'ai pensé tant de fois à
Vous cette nuit, » et Jésus me répondit : « Moi, J'ai pensé à toi avant de
t'appeler à l'existence. » - « Jésus, de quelle façon pensiez-Vous à moi ? » - «
De façon à te faire partager Mon bonheur éternel. » Après ces paroles l'amour
de Dieu a envahi mon âme et je ne pouvais me lasser d'admirer combien Dieu
nous aime. 1292. Malgré ma sincère résolution, il m'est arrivé de retomber dans une même
erreur. Ce n'était qu'une petite imperfection plutôt involontaire, j'en ressentis
pourtant, en mon âme une si vive douleur que je dus interrompre mes
occupations et me rendre un instant à la Chapelle. En tombant aux pieds de
Jésus, poussée par l'amour et une très grande douleur, je Lui ai demandé
pardon. J'étais d'autant plus honteuse que le matin même, après la Sainte
Communion, pendant ma conversation avec Lui, je Lui avais promis fidélité.
J'entendis alors ces mots : « Sans cette petite imperfection, tu ne serais pas
venue vers Moi. Tu sais que chaque fois que tu viens vers Moi, en t'humiliant
pour demander pardon, je déverse de nombreuses grâces sur ton âme. Ton
imperfection disparaît à Mes yeux, Je ne vois que ton amour et ton humilité. Tu
ne perds rien, bien au contraire, tu progresses beaucoup. » 1293. Le Seigneur m'a fait connaître que si l'âme n'accepte pas les grâces qui lui
sont destinées, elles sont immédiatement transmises à une autre âme. Ô mon
Jésus, faites que je sois digne de recevoir Vos grâces, car de moi-même, je ne
peux rien faire ! Je ne peux même pas sans Votre secours, prononcer
convenablement Votre Nom. 1294. 25 septembre 1937. Après avoir compris combien les difficultés sont
grandes dans cette affaire, je suis allée vers le Seigneur et Lui ai dit : « Jésus, ne
voyez-Vous pas comme on crée des obstacles à Votre œuvre ? » et j'entendis
une voix en mon âme : « Fais ce qui est en ton pouvoir et ne t'inquiète pas du
reste ! Ces obstacles montrent que cette œuvre est Mienne. Sois sans inquiétude
si tu fais tout ton possible ! » 1295. J'ai ouvert aujourd'hui la grande porte à la Mère Supérieure et j'ai perçu
en moi-même qu'elle se rendait en ville pour ce qui touche à la Miséricorde
Divine. C'est cette Supérieure qui a contribué le plus grandement à toute cette
œuvre de Miséricorde. 1296. J'ai demandé aujourd'hui imprudemment à deux enfants pauvres s'il
n'avaient vraiment rien à manger chez eux ? Les enfants ne me répondirent pas,
ils s'éloignèrent de la porte. Je compris alors combien il leur était difficile de
parler de leur misère. Je courus donc vers eux et je les ramenai. Je leur ai donné
ce que je pouvais et ce à quoi j'étais autorisée. 1297. Ô Dieu Tout-Puissant, toujours miséricordieux, Ta pitié n'est jamais épuisée, Bien que ma misère ait l'immensité de la mer, J'ai absolue confiance en la Miséricorde du Seigneur. Montre-moi, mon Dieu, Ta Miséricorde, Selon la pitié du cœur de Jésus ! Prête l'oreille à mes soupirs et à mes prières Ainsi qu'aux larmes d'un cœur contrit ! Ô Trinité éternelle, Dieu de bonté à jamais, Ta pitié n'est jamais calculée ! J'ai confiance en Ta Miséricorde sans limites. Et je Te sens, Seigneur, bien que m'isole un voile. Que la Toute-Puissance de Ta Miséricorde, Seigneur, Soit proclamée par le monde entier ! Que ta gloire ne cesse jamais ! Annonce, mon âme, avec ardeur la Miséricorde de Dieu ! 1298. 27 septembre 1937. Nous nous sommes rendues, la Mère Supérieure et
moi chez l'imprimeur où l'on imprimait et peignait les petites images de la
Miséricorde divine, de même qu'on y imprimait les invocations et le « Chapelet »
qui venait d'obtenir l'imprimatur. Nous devions voir également la grande image
rectifiée. Elle est très ressemblante, j'en ai éprouvé une grande joie. 1299. Lorsque j'ai contemplé cette image, j'ai ressenti pour Dieu un amour si vif,
que pendant un bon moment je ne savais où j'étais. Nous nous sommes ensuite
rendues à l'Eglise de la Très Sainte Vierge Marie. Nous y avons entendu la
Sainte Messe, au cours de laquelle le Seigneur m'a révélé qu'un nombre
important d'âmes pourront trouver le salut grâce à cette œuvre. J'ai ensuite
commencé une conversation intime avec le Seigneur. Je l'ai remercié d'avoir
condescendu à me donner la grâce de voir se répandre la gloire de Son
insondable Miséricorde. Je me suis profondément abîmée dans l'action de
grâce. Oh ! Que la générosité de Dieu est grande ! Que soit béni le Seigneur qui
est fidèle dans ses promesses ! 1300. Il est étrange de constater à quel point Mère Irène, possède sur toute
cette affaire une grande et divine lumière. C'est elle qui la première permit
d'exécuter les désirs du Seigneur. Bien qu'elle ne devint ma Supérieure que deux
ans après l'apparition, c'est pourtant elle qui vint la première avec moi, lorsqu'on
commença à peindre le tableau. Voilà que maintenant, à nouveau, alors qu'on
imprime certaines choses sur la Miséricorde divine et que sont reproduites les
petites images, c'est elle aussi qui m'accompagne pour cette affaire. Dieu a
gouverné tout ceci de façon déroutante. Car de Wilno où tout avait commencé,
la volonté de Dieu a dirigé les circonstances, de telle façon que cette entreprise
s'est poursuivie à Cracovie. Je sais combien notre Supérieure est agréable à
Dieu. Je vois que Dieu dirige tout et veut que durant ces moments graves, je sois
sous la protection de cette Mère Supérieure… Soyez remercié, mon Dieu, pour
de semblables Supérieures qui vivent dans l'amour et la crainte du Seigneur.
Aussi est-ce pour elle que je prie le plus, car c'est elle qui s'est donné le plus de
peine pour cette œuvre de la Miséricorde de Dieu ! 1301. 29 septembre 1937. J'ai compris aujourd'hui bien des secrets de Dieu. J'ai su que la sainte communion demeure en moi jusqu'à la Sainte Communion suivante. La présence de Dieu que l'on peut ressentir et qui est vivante, prolonge sa durée en mon âme et la conscience de ceci me plonge dans un profond recueillement, sans aucun effort de ma part. Mon cœur est un vivant Tabernacle dans lequel se conserve l'hostie vivante. Je n'ai jamais cherché Dieu bien loin, mais dans mon for intérieur. C'est dans la profondeur de mon propre être que je rencontre Celui qui est mon Dieu. 1302. Mon Dieu, malgré toutes les grâces, je languis sans cesse d'être réunie à
mon Dieu pour l'éternité, et mieux je Le connais, plus vivement je le désire. J. M. J. 1303. Avec nostalgie, je regarde le ciel étoilé, Le bleu saphir des firmaments infinis. Vers Toi, mon Dieu, est attiré le cœur pur Qui désire se libérer des entraves charnelles ! Avec grande impatience, je te regarde, ô ma Patrie, Quand donc prendra fin mon exil ? Ainsi Te crie Jésus, Ton épousée, Que la soif de Toi fait agoniser ! Je languis en regardant les saintes traces, De ceux qui ont passé par ce désert jusqu'à la patrie. Ils me laissent l'exemple de la vertu, Ainsi que leurs conseils, Et ils me disent : Patience, sœur, sous peu tomberont tes chaînes ! Mais l'âme impatiente n'entend point ces paroles. Elle désire ardemment son Dieu et Seigneur, Et ne comprend pas le langage humain, Car c'est de Lui seul qu'elle est éprise. Languissante est mon âme d'amour blessé, Elle se fraie un passage à travers tout ce qui est créé Et s'unit dans l'éternité infinie, Avec le Seigneur que mon cœur a épousé. A mon âme nostalgique, permet, ô Dieu, De sombrer en ta divine Trinité, Comble mes désirs pour lesquels je T'implore en toute humilité, Le cœur empli du feu de l'amour ! 1304. Aujourd'hui, s'est présentée à la grande porte une personne, qui a
demandé à être reçue parmi nos élèves. Cependant elle ne put être acceptée.
Cette personne avait grand besoin de notre maison. Pendant l'entretien que j'ai
eu avec elle, se renouvela en moi la Passion de Jésus. Lorsqu'elle fut partie,
j'entrepris une des plus grandes mortifications. Pourtant la prochaine fois, je ne
laisserai pas partir une telle âme. J'ai beaucoup souffert trois jours durant pour
cette âme. Combien je déplore que nos établissements soient si petits, et ne
puissent contenir un grand nombre de personnes ! Mon Jésus, vous savez
combien je pleure chaque brebis égarée ! 1305. Ô humilité, fleur de beauté, je vois combien peu d'âmes te possèdent ! Est-ce parce que tu es si belle et en même temps si difficile à conquérir ? Oh ! Oui, l'un et l'autre. Dieu Lui-même t'apprécie au plus haut point. Sur l'âme pleine d'humilité sont entr'ouvertes les écluses du ciel : un océan de grâces se déverse sur elle. Oh ! Qu'elle est belle, l'âme pleine d'humilité ! Du cœur plein d'humilité monte, comme d'un encensoir, un parfum extrêmement agréable qui, à travers les nues, parvient jusqu'à Dieu Lui-même, et emplit de joie son Très Saint Cœur. A cette âme, Dieu ne sait rien refuser. Elle est toute puissante. Elle influence le sort du monde entier. Dieu l'élève jusqu'à Son trône. Plus elle s'humilie, plus Dieu se penche vers elle, la suit de Ses grâces et l'accompagne à chaque moment de Sa Toute Puissance. Cette âme est très profondément unie à Dieu. Ô humilité, implante-toi profondément dans tout mon être ! Ô Vierge, toute pureté, et aussi toute humilité, aidez-moi à obtenir une profonde humilité ! Je comprends maintenant pourquoi il y a si peu de Saints. C'est que peu d'âmes
sont vraiment et profondément humbles. 1306. Amour éternel, tréfonds de la Miséricorde, ô triple Sainteté en un seul
Dieu, Père très bon dont le cœur déborde d'amour pour tous, Vous ne méprisez
personne ! Ô Amour de Dieu, source vive, déversez-Vous sur nous, Vos
indignes créatures ! Que notre misère ne retienne pas le torrent de Votre
Amour, puisqu'il n'y a point de limites à Votre Miséricorde ! 1307. Ô Jésus, je me suis aperçue qu'en quelque sorte Vous Vous occupiez
moins de moi ! « Oui, mon enfant, je me fais remplacer par ton directeur de
conscience. Il s'occupe de toi selon Ma volonté. Respecte chacune de tes
paroles comme Mes propres paroles. Il est pour Moi ce voile sous lequel je me
cache. Ton Directeur de conscience et Moi ne faisons qu'un. Ses paroles sont
les Miennes. » 1308. Lorsque je fais le Chemin de la Croix, à la douzième station, je ressens
une profonde émotion. Là, je mesure la Toute-Puissance de la Miséricorde de
Dieu qui passa par le Cœur de Jésus. Dans cette blessure ouverte du Cœur de
Jésus, j'enferme toute la pauvre humanité… et particulièrement certaines
personnes que j'aime. Je fais cela chaque fois que je fais le Chemin de la Croix.
De cette source de Miséricorde, sont sortis ces deux rayons, le sang et l'eau, et
leur immense grâce submerge le monde entier. 1309. Lorsque l'on se sent faible et malade, on fait des efforts incessants pour être en mesure de faire ce que tous sont accoutumés à faire et pourtant, on ne parvient pas toujours à venir à bout de ce « quotidien ». Soyez remercié Jésus pour tout, car ce n'est pas la quantité d'efforts qui sera récompensée. Ce qui est accompli avec amour n'est pas petit. Votre œil voit bien tout cela. Je ne sais pas pourquoi je me sens particulièrement
mal le matin. Je dois rassembler toutes mes forces pour sortir du lit, parfois
même, c'est de l'héroïsme. A la pensée de la Sainte Communion les forces me
reviennent un peu. C'est donc par une lutte que commence la journée et c'est
par une lutte qu'elle se termine. Quand je vais prendre du repos, je me sens
comme le soldat au retour du champ de bataille. Vous seul, mon Maître et
Seigneur, savez ce que fut cette journée. 1310. Méditation. Pendant la méditation, la Sœur qui occupe le prie-Dieu à côté du mien, se mouche et tousse longuement, parfois sans arrêt. Un moment il m'est venu l'idée de changer de place pour la durée de la méditation, puisque la Sainte Messe avait été dite. Mais j'ai pensé que si je changeais de place, cette Sœur s'en apercevrait et cela pouvait lui être pénible de voir que je m'éloignais d'elle. Je décidai donc de demeurer à ma place durant la prière et d'offrir à Dieu cet acte de patience. Vers la fin de la méditation, mon âme fut envahie par la consolation de Dieu, et
ceci, dans la mesure où mon cœur était capable de le supporter. Et le Seigneur
me fit comprendre que si je m'étais détournée de cette Sœur, je me serais
également détournée des grâces qui affluèrent en mon âme. 1311. Jésus s'est présenté aujourd'hui à la grande porte sous l'apparence d'un pauvre jeune garçon. Ce pauvre jeune homme émacié, vêtu d'un costume terriblement déchiré, pieds nus et tête nue, était gelé, car le temps était pluvieux et froid. Il a demandé quelque chose de chaud à manger. Je suis donc allée à la cuisine, mais n'y ai rien trouvé pour les pauvres. Pourtant après un moment de recherche, j'ai trouvé un peu de soupe que j'ai fait réchauffer et dans laquelle j'ai émietté un peu de pain. Et l'ai servi le pauvre qui s'est mis à manger et au moment où je lui reprenais le bol, Il me fit connaître qu'Il était le Maître du Ciel et de la terre. Lorsque je Le vis tel qu'Il était, Il disparut à mes yeux. Après être retournée au logis et alors que je réfléchissais sur ce qui s'était passé
à la grande porte, j'entendis ces paroles en mon âme : « Ma fille, les
bénédictions des pauvres qui Me bénissent en s'éloignant de la grande porte
sont parvenues à Mes oreilles. Et ta miséricorde, dans les limites de
l'obéissance, m'a plue. C'est pourquoi, je suis descendu de Mon trône afin de
goûter les fruits de ta miséricorde. » 1312. Ô mon Jésus, tout ce qui s'est passé il y a un moment, est maintenant clair et compréhensible. Je me suis bien demandé qui était ce pauvre qui montrait tant d'humilité. Dès cet instant s'est allumé en mon cœur un amour encore plus pur envers les pauvres et ceux qui sont dans le besoin. Oh ! Comme je me réjouis que mes Supérieures m'aient donné cette sorte de travail. Je comprends que la miséricorde est multiple et qu'on peut faire le bien toujours, partout et en tout temps. Un fervent amour de Dieu voit tout autour de soi, un incessant besoin de se communiquer par l'acte, la parole et la prière. Maintenant seulement je comprends les paroles que Vous m'avez dites, ô
Seigneur, il y a longtemps. 1313. Oh ! Quels efforts j'ai besoin de faire pour bien remplir mes devoirs, alors
que ma santé est si faible ! Vous seul savez, ô Christ ! 1314. Dans les moments d'abandon intérieur, je ne perds pas ma tranquillité,
parce que je sais que Dieu n'abandonne pas l'âme, sauf si elle-même, par son
infidélité, brise ce lien d'amour. Pourtant, toutes les créatures sans exception
dépendent du Seigneur et sont soumises à Sa Toute-Puissance. Il gouverne les
unes avec amour et les autres avec Justice. De nous dépend le régime sous
lequel nous voulons vivre. Car le secours de la grâce suffisante n'est refusé à
personne. Un abandon présumé ne m'effraie pas. J'examine plus profondément
s'il n'y a pas de ma faute. Si cela n'est pas, soyez-en béni ! 1315. 1er octobre 1937. « Ma fille, J'ai besoin d'offrandes faites par amour, car
ceci seul importe pour Moi. Les dettes dont le monde M'est redevable sont bien
grandes ! Les âmes pures peuvent les acquitter par leurs sacrifices,
accomplissant ainsi une œuvre de miséricorde spirituelle. » 1316. Je comprends Vos paroles, Seigneur, ainsi que l'étendue de la
Miséricorde qui doit briller en mon âme. Jésus : « Je sais, Ma fille, que tu les
comprends et fais tout ce qui est en ton pouvoir. Mais écris ceci pour nombre
d'âmes qui, plus d'une fois, se font souci de ne pas avoir les moyens matériels de
faire un acte de miséricorde. Cependant combien plus grand est le mérite de la
miséricorde spirituelle pour laquelle il ne faut avoir ni autorisation ni trésor. Elle
est accessible à toutes les âmes. Si l'âme ne fait aucun acte de miséricorde, elle
n'aura pas accès à Ma Miséricorde au Jour du Jugement. Oh ! Si les âmes
savaient amasser les trésors éternels, elles ne seraient pas jugées. Elles
devanceraient Mon jugement par la miséricorde. » 1317. 10 octobre 1937. Ô mon Jésus, en signe de gratitude pour tant de
grâces, je vous offre mon âme et mon corps, ma raison et ma volonté ainsi que
tous les sentiments de mon cœur. Par mes vœux, je me suis donnée entièrement
à Vous, il n'y a donc plus rien que je puisse Vous offrir. Jésus m'a dit : « Ma
fille, tu ne m'as pas donné ce qui est essentiellement tien. » Rentrant en
moi-même je reconnus que j'aimais Dieu de toutes les forces de mon âme et, ne
pouvant découvrir ce que je n'avais pas livré à Dieu, je demandai : « Jésus, dites
le moi et je Vous le livrerai immédiatement, de bon cœur ! Jésus me dit avec
bienveillance : « Ma fille, livre-Moi ta misère, car c'est ta propriété exclusive ! »
A ce moment un rayon de lumière illumina mon âme, je vis tout l'abîme de ma
misère. Au même instant, je me suis blottie dans le Très Saint Cœur de Jésus,
avec une si grande confiance que même si j'avais eu sur la conscience les péchés
de tout les damnés, je n'aurais pas douté de la Miséricorde de Dieu, mais le
cœur brisé, je me serais jetée dans l'abîme de Sa Miséricorde. Je crois, ô Jésus,
que vous ne m'auriez pas repoussé loin de Vous, mais que Vous m'auriez
absoute par la main de Votre représentant. 1318. Vous avez été à l'agonie, Jésus, et la source de vie a jailli pour les âmes.
Un océan de Miséricorde se découvrit pour le monde entier. Ô source de vie,
Insondable Miséricorde de Dieu, submergez le monde entier, engloutissez-nous
! 1319. « A trois heures, implore Ma Miséricorde, tout particulièrement pour les
pécheurs. Et ne fût-ce que pour un bref instant, plonge-toi dans Ma Passion, en
particulier au moment où j'ai été abandonné lors de Mon agonie ! C'est là une
heure de grande Miséricorde pour le monde entier. Je te laisserai partager ma
mortelle tristesse ; en cette heure, Je ne saurais rien refuser à l'âme qui me prie,
par Ma Passion. » J.M.J. 1320. Salut à Toi, Très Miséricordieux Cœur de Jésus, Source vivante de toutes les grâces, Notre unique abri, notre unique refuge, En Toi repose mon espérance ! Salut à Toi, Très Compatissant Cœur de mon Dieu, Insondable source d'amour, D'où jaillit la vie pour l'homme pécheur, Ainsi que la source de toute douceur ! Salut, blessure ouverte du Très Saint Cœur, D'où sont sortis les rayons de Miséricorde, C'est là qu'il nous est donné de puiser la vie, Avec une confiance totale ! Salut, bonté de Dieu, inconcevable, Ni mesurée, ni approfondie, Pleine d'amour et de Miséricorde, mais toujours sainte, Tu te penches sur nous comme une bonne mère ! Salut, trône de la Miséricorde, Agneau de Dieu, Toi qui offris Ta vie pour moi, Toi devant qui chaque jour s'humilie, L'âme vivante en une profonde foi ! Fin du quatrième cahier.
Cahier V Inscription sur la couverture du cinquième cahier : Sœur (Marie-) Faustine du Très Saint Sacrement Congrégation des Sœurs de la Divine Mère de la Miséricorde 1321. J.M.J. Vogue la barque de ma vie, Parmi les brumes crépusculaires et les ombres de la nuit. Je ne vois aucun rivage, Je suis au cœur de l'étendue marine. La moindre tempête pourrait me noyer, Engloutissant ma barque dans le tourbillon des eaux, Si Tu ne veillais Toi-même sur moi, mon Dieu, A chaque instant de ma vie, à chaque moment. Parmi le fracas et les clameurs de la houle, Je vogue tranquillement avec confiance. Et tel l'enfant, sans crainte, je regarde au loin, Car Tu m'es, Jésus, toute lumière. Alentour c'est l'épouvante et l'effroi, Mais en mon âme le calme est plus profond que les profondeurs de la mer. Car celui qui est avec toi, Seigneur, ne saurais périr, Ainsi m'assure Ton amour divin Malgré tant de dangers alentour, Je ne saurais les redouter car je regarde le ciel étoilé, Et je vogue courageusement, gaiement, Comme il convient à un cœur pur. Mais c'est par-dessus tout, uniquement, Parce que Tu es au gouvernail, ô Dieu, Que vogue si tranquillement, la barque de ma vie. Je le confesse avec la plus profonde humilité. 1322. J.M.J. Je t'aime, ô mon Dieu. Sœur (Marie-)Faustine Du Très Saint Sacrement 1323. Cracovie, le 30 septembre 1937 Je t'adore, Pain des Anges, Avec une foi profonde, avec espoir, avec amour, Je T'adore du plus profond de mon âme, Bien que je sois néant. Je t'adore, Dieu caché, Et je t'aime de tout mon cœur. Point ne me gênent les voiles du mystère, Je t'aime ainsi que les élus au Ciel. Je t'adore, Agneau de Dieu, Toi qui effaces les péchés de mon âme, Et que je reçois en mon cœur, chaque matin, Toi qui m'aides à faire mon salut. 1324. J.M.J. Cracovie, le 20 octobre 1937 Cinquième journal Ô mon Dieu, que tout ce qui est en moi Vous vénère, Mon Créateur et mon
Maître. Je désire glorifier Votre insondable Miséricorde par chaque battement
de mon cœur. Je désire parler aux âmes de Votre bonté et les inciter à avoir
confiance en Votre Miséricorde. Telle est la mission que Vous-même, Seigneur,
m'avez assignée dans cette vie et dans la vie à venir. 1325. Nous commençons aujourd'hui une retraite de huit jours. Jésus, mon
Maître, aidez-moi à accomplir ces saints exercices de retraite avec le plus de
ferveur possible. Que Votre Esprit me guide, ô Dieu, dans une profonde
connaissance de Vous, Seigneur, ainsi que de moi-même. Car je vous aime
dans la proportion où je Vous connais. Je me méprise dans la proportion où j'ai
connaissance de ma misère. Je sais que vous ne sauriez me refuser Votre aide,
Seigneur. Au sortir de cette retraite, je désire me trouver sainte, bien que les
regards humains ne puissent l'apercevoir, pas même ceux de notre Supérieure.
Je m'abandonne entièrement à l'action de Votre Grâce. Que Votre volonté,
Seigneur, s'accomplisse complètement en moi. 1326. Premier jour. Jésus : « Ma fille, cette retraite sera une contemplation
ininterrompue. Je te guiderai dans cette retraite comme à un festin de l'âme
auprès de Mon Cœur Miséricordieux. Tu évalueras toutes les grâces qu'a
connues ton cœur, et ton âme goûtera une profonde paix. Je désire que le
regard de ton âme soit toujours fixé sur Ma sainte volonté. C'est ainsi que tu Me
plairas le plus. Aucun sacrifice ne peut entrer en comparaison avec ceci. Durant
tous les exercices, tu demeureras près de Mon Cœur. Tu n'entreprendras
aucune réforme, puisque Je dispose de ta vie à Ma guise. Le prêtre qui donnera
la retraite ne dira pas un mot qui puisse te troubler. » 1327. Mon Jésus, je me suis déjà plongée dans deux méditations, et je reconnais que tout ce que vous m'avez dit est vrai ! Je ressens une paix profonde. Et cette paix découle du témoignage que me donne ma conscience. C'est-à-dire
que j'accomplis toujours Votre volonté, ô Seigneur ! 1328. Dans la méditation sur la destinée de l'homme, j'ai compris que cette
vérité, est profondément enracinée en mon âme et que c'est pourquoi mes
actions sont plus parfaites. Je sais dans quel but j'ai été créé. Toutes les
créatures mises ensemble ne peuvent remplacer pour moi le Créateur. Je sais
que mon but suprême est Dieu. Et donc, dans toutes mes entreprises, c'est Dieu
que je prends en considération. 1329. Oh ! Comme il est bon de faire retraite près du Très Doux Cœur de mon
Dieu. Je suis en un lieu désert, avec mon Bien-Aimé. Personne ne vient me
troubler au cours de ce doux entretien que j'ai avec Lui. 1330. Jésus, c'est Vous-même qui avez daigné poser les fondations de l'édifice
de ma sainteté, car ma coopération ne fut pas bien grande ! Pour ce qui est de
l'indifférence dans l'utilisation et le choix des êtres, Vous m'avez aidée, ô
Seigneur ! Car mon cœur est de lui-même bien faible et c'est pourquoi je vous ai
prié, mon Maître, de ne pas prendre garde à la douleur de mon cœur, mais de
couper court à tout ce qui aurait pu me retenir sur le chemin de l'amour. Je ne
Vous comprenais pas, Seigneur, dans les moments de douleur lorsque Vous
accomplissiez Votre œuvre, en mon âme. Mais je vous comprends aujourd'hui
et je jouis de la liberté de l'âme. Jésus Lui-même à ce qu'aucune passion ne
prenne possession de mon cœur. J'ai compris de quels danger Il m'avait
protégée et c'est pourquoi ma gratitude envers mon Dieu est sans limites. 1331. Deuxième jour. Alors que je méditais sur le péché des Anges et son
immédiate punition, j'ai demandé à Jésus pourquoi les Anges furent punis
immédiatement après le péché. J'entendis une voix : « A cause de leur plus
grande connaissance de Dieu. Aucun homme sur terre, même s'il est un grand
Saint, ne peut avoir une connaissance de Dieu telle que l'a un Ange. » Pourtant,
pour moi qui suis si misérable, Vous Vous êtes montré Dieu Miséricordieux et à
chaque fois Vous me portez à la source de la Miséricorde, Vous me pardonnez
toujours lorsque j'implore Votre pardon d'un cœur contrit. 1332. Un profond silence envahit mon âme. Pas un nuage ne me cache le soleil,
je m'abandonne entièrement à ses rayons. Que Son Amour réalise en moi un
complet changement ! Je désire sortir de cette retraite en état de sainteté et ceci
malgré tout, c'est-à-dire malgré ma misère. Je désire devenir sainte et j'espère
que la Miséricorde divine, de cette misère même où je suis, peut me porter à
l'état de sainteté, puisque j'ai une entière bonne volonté. Malgré tous les échecs,
je veux lutter et me comporter comme une âme sainte. Rien ne saurait me
décourager, tout comme rien ne peut décourager une âme sainte. Je veux vivre
et mourir comme une âme sainte, les yeux fixés sur Vous, Jésus cloué sur la
Croix, comme sur le modèle auquel je dois me conformer. J'ai cherché maint
exemple autour de moi et je n'en ai pas trouvé de satisfaisant. Et j'ai observé
comme une sorte de retard dans mon état de sainteté. Mais à partir de
maintenant j'ai fixé mon regard sur Vous, Christ, le meilleur de mes guides. Je
Vous fais confiance et suis certaine que Vous bénirez mes efforts. 1333.. Dans une méditation sur le péché, le Seigneur m'a fait connaître toute la malignité du péché et l'ingratitude qu'il implique. Je ressens en mon âme une profonde aversion, même envers le plus petit péché. Cependant ces vérités éternelles que je médite dans mes réflexions, ne
provoquent aucunement en mon âme la moindre confusion, ni perturbation. Et
bien que j'y prenne un profond intérêt, ma contemplation n'en est pas pour cela
interrompue. Pendant cette contemplation ce n'est pas l'élan du cœur que je
ressens, mais une paix en profondeur et un étrange silence. Mon amour pour
Dieu est grand, mais singulièrement équilibré. Malgré la présence de ce
sentiment, le fait même de recevoir l'Eucharistie ne m'impressionne pas. Mais il
m'amène à une union en profondeur, où mon amour fondu en l'Amour de Dieu,
forme un tout avec Lui. 1334. Jésus m'a fait connaître qu'il convenait que je prie pour les Sœurs qui font
la retraite. J'ai eu, durant les prières, connaissance de la lutte menée par
quelques âmes, j'ai redoublé ma prière. 1335. Dans le profond silence, je peux mieux juger de l'état de mon âme. Elle
est semblable à une eau transparente dans laquelle je vois tout : tant ma misère
que la grandeur des grâces divines. Par l'intermédiaire de cette véritable
connaissance d'elle-même, mon âme s'examine en une profonde humilité.
J'expose mon cœur à l'action de la grâce, tel un cristal aux rayons du soleil.
Qu'en lui s'imprime Votre image, ô mon Dieu, autant que faire se peut, dans le
cœur d'une créature. Que par moi rayonne Votre divinité, ô Vous qui habitez
mon âme ! 1336. Lorsque j'ai prié devant le Très Saint Sacrement, en saluant les Cinq
Plaies de Notre Seigneur Jésus, à chaque salut j'ai ressenti comme un torrent de
grâces qui jaillissait en mon âme, me donnant un avant-goût du Ciel et une
absolue confiance en la Miséricorde de Dieu. 1337. Au moment où j'écrit ces mots, j'entends le cri de Satan : « Elle écrit tout,
Elle écrit tout, et à cause de cela nous perdons tant ! N'écris rien de la bonté de
Dieu, Il est juste ! » Hurlant de colère, Il disparut. 1338. Ô Dieu Miséricordieux, qui ne nous méprisez pas, mais sans cesse nous
comblez de Vos Grâces, Vous nous rendez dignes d'entrer dans Votre
royaume. Par Votre bonté, Vous faites occuper par les hommes les places
qu'abandonnèrent les Anges ingrats. Ô Dieu de grande Miséricorde, qui avez
détourné votre saint regard des Anges révoltés pour les reporter sur l'homme
contrit, que soit vénérée et glorifiée Votre insondable Miséricorde, ô Dieu, qui
ne dédaignez pas le cœur des humbles ! 1339. Mon Jésus, malgré les grâces que Vous m'envoyez, je sens que ma
nature tout en s'ennoblissant ne disparaît pas complètement ! Ma vigilance est
donc incessante. Je dois lutter contre plusieurs mauvais penchants, sachant bien
que ce n'est pas la lutte qui abaisse, mais la lâcheté et la chute. 1340. Quand on est de faible santé, il faut supporter beaucoup de choses. Car, lorsque l'on n'est pas alité nul ne vous considère comme malade. On a donc sans cesse, et pour diverses raisons, l'occasion de faire des sacrifices et parfois de très grands. Je comprends maintenant que bien des choses seront révélées dans l'éternité. Mais je comprends également que si Dieu exige des sacrifices, Il n'est pas, par contre, avare de Sa grâce mais la donne à l'âme en abondance. 1341. Mon Jésus, que mon offrande se consume tout doucement devant Votre
trône ! Mais, de toute la force de mon amour j'implore Votre Miséricorde pour
les âmes ! 1342. Troisième jour. Au cours de la méditation sur la mort : je me suis
préparée comme si j'allais véritablement mourir. J'ai fait mon examen de
conscience et j'ai réglé toutes mes affaires comme si j'étais aux approches de la
mort. Et de par la Grâce divine mes affaires furent toutes arrangées en fonction
de la Fin dernière : ce que mon cœur accepta avec une profonde gratitude
envers Dieu. Et je décidai à l'avenir de servir mon Dieu avec une fidélité encore
plus grande. Une seule chose est nécessaire, mettre à mort le vieil homme et
commencer une nouvelle vie. Je me suis préparée, dès le matin, à recevoir la
Sainte communion, comme si ce devait être la dernière de ma vie. Après la
Sainte Communion, j'ai imaginé ma mort réelle. J'ai d'abord récité les prières
pour les agonisants, puis le « de profundis », pour mon âme. L'on descendit mon
corps dans la tombe et je dis alors à mon âme : « Regarde ce qui est advenu de
ton corps, un tas de boue et une quantité de vermine, c'est là ton sort. » 1343. Ô Dieu de Miséricorde, qui me permettez encore de vivre, donnez-moi la
force afin que je puisse vivre d'une nouvelle vie : la vie de l'âme sur laquelle la
mort n'a pas de pouvoir ! Et voici que mon cœur s'est renouvelé et que j'ai déjà
commencé une nouvelle vie sur cette terre : une vie d'amour de Dieu. Toutefois
je n'oublie pas. Pourtant pas un moment je ne doute d'obtenir l'aide de Votre
Grâce, ô Dieu ! 1344. Quatrième jour. Jésus, je me sens étrangement bien près de Votre Cœur durant cette retraite. Rien ne trouble la profondeur de cette paix. Je place sous mes yeux, d'un côté, l'abîme de ma misère, et de l'autre, l'abîme de Votre Miséricorde. 1345. Pendant la Sainte Messe qui fut célébrée par le Père Andrasz, j'ai vu
l'Enfant Jésus qui se tenait dans le Calice de la Sainte Messe et qui tendait les
mains vers nous. Après m'avoir regardée profondément, Il m'a dit : « J'habite en
ton cœur, tout comme tu Me vois dans ce Calice. » 1346. La Sainte Confession. Après avoir rendu compte de l'état de ma
conscience, j'ai obtenu la permission de ce que j'ai demandé : le port de
bracelets pendant une demi-heure, tous les jours, durant la Sainte Messe ; et
dans les moments difficiles, deux heures durant, le port de la ceinture de fil de
fer. « Conservez, ma Sœur, la plus grande fidélité envers Notre Seigneur Jésus !
» 1347. Cinquième jour. Lorsque je suis entrée ce matin dans la Chapelle, j'ai su
que notre Mère Supérieure avait quelques désagréments à mon sujet. Cela me
fit bien de la peine. Après la Sainte Communion j'ai posé la tête sur le Très Saint
Cœur de Jésus et j'ai dit : « Ô mon Seigneur, je Vous en prie, faites en sorte,
que toute la consolation dont je jouis par Votre présence en mon cœur se
déverse dans l'âme de ma chère Supérieure qui vint d'avoir des désagréments
par ma faute et à mon insu ! » 1348. Jésus me réconforta disant que nous en avions toutes deux tiré avantage,
pour nos âmes. Cependant, j'ai imploré le Seigneur qu'il daigne m'épargner cela
: que quelqu'un souffre par ma faute, car mon cœur ne peut le supporter. 1349. O blanche Hostie, Tu préserves la blancheur de mon âme. Je crains le
jour où je pourrais T'abandonner. Tu es le pain des Anges, donc le pain des
Vierges. .1350. Jésus, mon modèle très parfait, les yeux fixés sur Vous, j'irai par la vie
sur Vos traces, adaptant ma nature à la Grâce, selon Votre très sainte volonté et
Votre lumière qui illuminent mon âme, entièrement confiante en Votre aide ! J.M.J. 1351. Carte de contrôle de ma vie intérieure. Examen de conscience détaillé. Union avec le Christ Miséricordieux ; puisque je suis unie à Jésus, je dois donc
Lui être fidèle toujours et partout, je dois m'unir intérieurement au Seigneur, mais
à l'extérieur fidélité à la Règle et particulièrement au silence. Cartes de contrôles 1352. Victoires Echecs Novembre… 53 2 Décembre... 104 Janvier … 78 I 1 Février … 59 1 Mars….. 50 Avril… 61 Mai Juin Juillet Août….. I Septembre Octobre 1353. Lorsque j'hésite sur la conduite à tenir, j'interroge toujours l'amour, c'est
lui qui conseille le mieux. 1354. Examen de conscience général Année 1937, 25 Octobre Victoires Echecs Nov.Oct.Jan.Fév. Mars.Avril Commandements de Dieu Vœu de pauvreté 9 Vœu de Chasteté 7 Vœu d'obéissance 27 7 Règle 7 Amour du prochain 38 17 73 35 30 20 1,1,1 Humilité 7 39 23 34 56 25 2,3,1 Patience 23 56 50 17 80 50 Douceur 11 45 37 28 37 20 Réputation du prochain - 15 25 3 - - 1 Sainte Messe Mes. Com. Et Sainte Communion 17 12 13 7 - 10 6,2,1 12,1 Méditation 6 5 - 10 - - Examen de consc. Détaillé 7 5 11 - - - 1 Attitude envers Dieu et le confesseur - 5 - 5 - - envers les Supérieures 7 - - - - - 1,1 envers les Sœurs et les enfants - 4 7 - - - envers les laïcs 20 2 - - - - 2,1 1355. Sixième jour. Ô Mon Dieu, je suis prête à faire chacune de vos volontés.
De quelque façon que Vous me dirigiez, je Vous bénirai. Quoi que Vous
exigiez, je l'accomplirai avec l'aide de Votre grâce. Quelle que puisse être Votre
Sainte volonté envers moi, je l'accepterai de tout mon cœur, de toute mon âme,
sans tenir compte de ce que m'inspirera ma nature corrompue. 1356. Une fois, passant près d'un groupe de personnes, j'ai demandé au
Seigneur si toutes étaient en état de grâce car je ne ressentais pas Ses
souffrances. -« Ce n'est pas parce que tu ne ressens pas Mes souffrances que
toutes sont en état de grâce. Je te laisse parfois ressentir certain état d'âme et Je
te donne la grâce de la souffrance uniquement parce que Je t'utilise, alors,
comme instrument de conversion. » 1357. Là où l'on trouve la véritable vertu, doit également se trouver le sacrifice.
Toute la vie ne doit être qu'un sacrifice. Ce n'est que par le sacrifice que les
âmes peuvent être utiles. C'est le sacrifice de moi-même qui dans mon
commerce avec mon prochain, peut procurer de la gloire à Dieu. Cependant
l'Amour de Dieu doit rayonner dans ce sacrifice car tout converge en cet
Amour, et prend par lui de la valeur. 1358. « Souviens-toi qu'au sortir de cette retraite, Je me conduirai envers toi
comme envers une âme parfaite. Je désire t'avoir en main, tel un instrument
propre à l'accomplissement de l'œuvre. » 1559. Ô Seigneur qui scrutez tout mon être, ainsi que les plus secrètes
profondeurs de mon âme, Vous voyez que je ne désire que Vous, et que
l'accomplissement de Votre sainte volonté, ne me laissant arrêter par aucune
difficulté, aucune souffrance, aucune humiliation, ni aucune raison humaine. 1360. « Ta ferme décision de devenir sainte M'est excessivement agréable. Je
bénis tes efforts et Je te procurerai l'occasion de te sanctifier. Sois vigilante afin
que ne t'échappe aucune des occasions de sanctification que t'enverra Ma
Providence. Cependant si tu ne réussis pas à profiter de l'occasion en question,
ne perds pas ton calme, Mais humilie-toi profondément devant Moi et avec une
grande confiance, plonge-toi toute entière dans Ma Miséricorde. De cette façon
tu gagneras plus que tu n'auras perdu, car on donne généreusement à une âme
humble, bien plus qu'elle ne demande elle-même. » 1361. Septième jour. Avoir connaissance de ma destinée, c'est avoir l'intime
assurance que j'atteindrai la Sainteté. Cette certitude profonde a empli mon âme
de gratitude envers Dieu à qui revient toute gloire car je sais ce que je suis de
moi-même. 1362. Je sors de cette retraite entièrement transformée par l'amour de Dieu. Mon âme commence une nouvelle vie, sérieusement, courageusement. Bien qu'en apparence rien n'ait changé et que personne ne s'en aperçoive, cependant l'amour pur guide maintenant ma vie. Et extérieurement c'est la Miséricorde qui en est le fruit. Je sens que je suis toute empreinte de Dieu. Et avec ce Dieu je vais par la vie de tous les jours, cette vie grise, fastidieuse et pénible, faisant confiance à Celui que je sens en mon cœur, pour transformer cette grisaille en ma sainteté personnelle. Dans un calme profond, mon âme a mûri durant cette retraite, près de Votre
Cœur Miséricordieux. Aux purs rayons de Votre Amour, mon âme a perdu de
son acrimonie elle est devenue un fruit doux et mûr. 1363. C'est maintenant que je peux être entièrement utile à l'Eglise, par une
sainteté personnelle qui animera sa vie toute entière puisque nous ne constituons
tous qu'un seul organisme en Jésus. C'est pourquoi je fais tous mes efforts pour
que le terreau de mon cœur donne naissance à de bons fruits. Et bien que
peut-être restés inaperçus à tout œil humain, pourtant un jour viendra où il
apparaîtra que bien des âmes se sont nourries et se nourriront de ces fruits. 1364. Ô Amour éternel, qui allumez en moi une nouvelle vie, une vie d'amour et de Miséricorde, soutenez-moi de Votre grâce, afin que je réponde dignement à Votre appel, et que j'accomplisse dans les âmes ce que Vous-même entendez y accomplir par mon intermédiaire. Je vois mon Dieu, l'éclat de l'éternelle aurore. Toute mon âme s'élance vers
Vous, Seigneur, déjà plus rien ne me retient, ni ne me rattache à la terre.
Aidez-moi, Seigneur, à supporter patiemment le reste de mes jours. L'offrande
de mon amour brûle sans arrêt devant Votre Majesté, mais si doucement que
seul Votre œil, mon Dieu la voit, aucune créature n'est capable de l'apercevoir. 1365. Ô mon Seigneur, tant de choses me retiennent : j'ai à cœur, l'œuvre en
question, je désire le triomphe de l'Eglise et le salut des âmes, toutes les
persécutions de Vos fidèles me touchent, chaque chute des âmes m'est
douloureuse. Cependant, au-dessus de tout cela règne en mon âme un calme
profond qu'aucun triomphe, aucun désir, aucune contrariété ne sont en état
d'ébranler, car Vous surpassez, pour moi, toute épreuve, mon Seigneur et mon
maître ! 1366. Huitième jour. Ô mon Seigneur, me souvenant devant Votre Très Saint
Cœur de tous Vos bienfaits, j'ai ressenti le besoin d'exprimer ma gratitude
personnelle pour tant de grâces et de faveurs de Dieu. Je désire rendre grâces et
de faveurs de Dieu. Je désire rendre grâces au Dieu de Majesté, me plonger en
des prières d'action de grâces durant sept jours et sept nuits. Et bien
qu'extérieurement je remplisse tous mes devoirs, cependant mon âme sera sans
cesse devant le Seigneur, et tous mes exercices seront imprégnés par l'esprit
d'action de grâces. Chaque soir je m'agenouillerai une demi-heure dans ma
cellule, seule à Seul avec le Seigneur. La nuit chaque fois que je me réveillerai,
autant de fois je me plongerai dans des prières d'action de grâces. Je veux de
cette façon remercier Dieu de Ses grands bienfaits, ne serait-ce que pour une
parcelle. 1367. Cependant, afin que tout ceci soit plus agréable aux yeux de Dieu et afin
d'écarter de moi jusqu'à l'ombre d'un doute, je suis allée trouver mon directeur
de conscience et je lui ai exposé les désirs de mon âme, c'est-à-dire de se
plonger dans cette action de grâces. J'ai obtenu la permission pour tout, mais je
ne dois pas m'efforcer de prier la nuit lorsque je m'éveille. 1368. Avec quelle joie je suis revenue au Couvent où j'ai le jour suivant
commencé cette grande action de grâces par le renouvellement de mes vœux.
Mon âme se plongea toute en Dieu, et tout mon être n'était qu'une flambée de
remerciements et de gratitude. De mots il n'y en eut guère, car les bienfaits de
Dieu, tel un feu ardent, consumaient. Et toutes les souffrances et les peines
étaient comme du bois jeté aux flammes, sans lequel le feu se serait éteint.
J'invoquai tout le ciel et la terre pour qu'ils se joignent à mon action de grâces. 1369. Les jours de retraite ont pris fin, ces beaux jours où l'on est seule à Seul
avec Notre Seigneur Jésus. J'ai accompli cette retraite comme Jésus le désirait
et de la manière qu'Il m'a recommandée le premier jour de la retraite,
c'est-à-dire dans le plus grand calme, en évaluant les bienfaits de Dieu. De ma
vie je n'avais fait semblable retraite. Mon âme, par ce calme, s'est trouvée plus
affermie que par un choc ou une émotion. Sous le rayonnement de l'Amour j'ai
tout vu tel que cela est en réalité. 1370. En sortant de cette retraite, je me sens entièrement métamorphosée par
l'Amour de Dieu. Ô Seigneur, divinisez mes actions, afin qu'elles méritent
l'éternité. Si grande que soit ma faiblesse, j'ai cependant confiance en la
puissance de Votre Grâce, qui me soutiendra. 1371. Mon Jésus, Vous savez bien que depuis mon plus jeune âge, j'ai désiré
devenir une grande Sainte, c'est-à-dire que je désirais Vous aimer d'un amour si
grand qu'aucune âme n'y serait encore parvenue ! C'était là au début mes
secrets désirs dont seul Jésus avait connaissance. Je ne peux plus aujourd'hui les
contenir dans mon cœur. Je voudrais crier au monde entier : aimez Dieu, car Il
est bon, et grande est Sa Miséricorde ! 1372. Oh ! Jours de semaine pleins de grisaille, je vous vois revêtus de fête et
de solennité ! Qu'il est grand et solennel ce temps qui nous donne la possibilité
de mériter le Ciel éternel, je l'entends comme l'ont utilisé les Saints ! 1373. 30 octobre 1937. Aujourd'hui, deuxième jour d'action de grâces : au
cours de la cérémonie monastique, durant la Sainte Messe, j'ai vu Notre
Seigneur Jésus d'une grande beauté qui me dit : « Ma fille, Je ne t'ai pas
dispensée d'agir. » J'ai répondu : « Seigneur, ma main est bien faible pour une
telle œuvre. » - « Oui, Je le sais, mais unie à Ma droite, tu accompliras tout. Sois
cependant obéissante aux confesseurs. Je leur donnerai la lumière sur la façon
de te diriger. » - « Seigneur, je voulais déjà me mettre à l'œuvre en Votre nom,
cependant l'abbé S. temporise encore. » Jésus répondit : « Je le sais. Aussi fait
ce qui est en ton pouvoir, mais il ne t'est pas permis de te retirer. » 1374. Novembre. 1er novembre 1937. Aujourd'hui après les vêpres, la procession est allée au cimetière. Je ne pus m'y
rendre, car j'étais de garde, près de la porte, mais cela ne m'empêcha pas de
prier pour les âmes. Lorsque la procession revint du cimetière à la Chapelle,
mon âme ressentit la présence de nombreuses âmes. J'ai compris la grande
Justice de Dieu, selon laquelle chacun doit acquitter jusqu'au dernier liard. 1375. Le Seigneur m'a donné l'occasion de m'exercer à la patience par
l'intermédiaire d'une personne avec laquelle j'ai une tâche en commun. Elle est si
lente que je n'ai encore jamais vu un être aussi lent. Il faut s'armer d'une grande
patience, afin d'écouter ses propos ennuyeux. 1376. 5 novembre. Ce matin, cinq chômeurs se sont présentés à la grande
porte, voulant absolument rentrer. Sœur N. s'efforça en vain un long moment de
les congédier sans y parvenir. Elle alla donc à la Chapelle trouver notre petite
Mère qui m'ordonna d'y aller. J'étais encore à un bon bout de chemin de la
porte, quand me parvenaient déjà leurs coups bruyants. En un instant le doute et
la crainte m'envahirent, je ne savais si je devais leur ouvrir où, comme Sœur N.
leur répondre par le guichet. Cependant tout à coup j'entendis une voix en mon
âme : « Va et ouvre leurs la porte et parle-leur avec la même douceur avec
laquelle tu Me parles. » J'ouvris immédiatement la porte et je me suis approchée
du plus menaçant et j'ai commencé à leur parler avec une telle douceur et un tel
calme qu'eux-mêmes ne savaient pas quoi faire et qu'il commencèrent également
à parler de façon délicate et dirent : « Alors tant pis, puisque le Couvent ne peux
pas nous donner du travail. »- Et ils s'en allèrent tranquillement. J'ai ressenti
clairement que Jésus, que j'avais reçu dans la Sainte Communion voici près
d'une heure avait agi par moi sur leur cœur. Oh ! Comme il est bon d'agir sous
l'inspiration de Dieu ! 1377. Aujourd'hui je me sens plus mal, et je suis allée trouver la Mère Supérieure dans l'intention de lui demander l'autorisation de m'aliter. Cependant, avant même que je ne l'ai fait la Mère Supérieure me dit : « Ma
Sœur, voyez à vous débrouiller aujourd'hui seule à la grande porte. J'emmène la
petite aux choux car il n'y a personne pour les choux. » J'ai répondu : « Bien »,
et je suis sortie de la chambre. Lorsque je fus près de la porte, je me suis sentie
étrangement forte et j'ai accompli ma tâche durant toute la journée, me sentant
bien soutenue par la force de la sainte obéissance… 1378. 10 novembre 1937. Lorsque petite Mère me montre ce livret dans lequel
se trouve le chapelet, les litanies et la neuvaine, je l'ai priée de bien vouloir me le
donner pour le parcourir. Pendant que je lisais, Jésus m'a fait connaître
intérieurement et Il me dit que bien des âmes déjà étaient : « attirées vers Mon
amour, par l'intermédiaire de cette image. Ma Miséricorde agit sur les âmes, par
cette œuvre. » 1379. J'ai su que notre Mère Supérieure devra porter une croix assez lourde en
rapport avec des souffrances physiques mais qui durera peu. 1380. L'idée m'est venue de ne pas m'administrer de médicament à la cuillère,
mais peu à peu, car c'est un médicament cher. A ce moment j'entendit une voix :
« Ma fille, un tel comportement Me déplait. Accepte avec gratitude tout ce que
Je te donne par la Supérieure. C'est de cette façon que tu Me plairas le plus.» 1381. Lorsque Sœur Dominique mourut, la nuit vers une heure, elle vint à moi et me fit savoir qu'elle était morte. J'ai prié pour elle avec ferveur. Le matin les Sœurs m'ont dit qu'elle avait trépassé. Je leur ai répondu que je le savais car j'avais eu sa visite. La Sœur infirmière m'a demandé de l'aider à habiller cette Sœur. Et alors que j'étais seule avec elle, le Seigneur m'a fait connaître qu'elle souffrait encore en Purgatoire et j'ai redoublé mes prières à son intention. Cependant malgré le zèle avec lequel je prie toujours pour nos Soeurs disparues, je me suis trompée de jour. Et, au lieu d'offrir trois jours de prières comme l'ordonne la règle, je n'ai, par erreur, offert que deux jours. Le quatrième jour elle me fit connaître que des prières lui étaient encore dues et qu'elles lui sont nécessaires. J'ai immédiatement offert tout le jour à son intention, mais non seulement ce jour
mais bien plus comme me le dictait l'amour du prochain. 1382. Parce que Sœur Dominique, après sa mort, avait une très jolie mine et ne
donnait pas l'impression d'un cadavre, quelques Sœurs pensèrent qu'elles étaient
peut-être en léthargie et l'une d'elles m'a dit que nous devions lui mettre un miroir
sur la bouche, afin de voir s'il s'embuait. Car si elle vit, la vapeur de la
respiration se verra. J'ai dit : « Bien », et nous avons fait ainsi que nous l'avions
dit. Mais il n'y eut pas de vapeur sur le miroir, quoiqu'il nous ait semblé qu'il y en
avait eu réellement. Cependant le Seigneur m'a fait savoir combien ceci Lui avait
déplu. Et j'ai été très sévèrement rappelée à l'ordre, afin que je ne me conduise
plus jamais à l'encontre de mon intime conviction. Je me suis profondément
humiliée devant le Seigneur, et je Lui ai demandé pardon. 1383. Je vois un certain prêtre que Dieu aime beaucoup, mais que Satan déteste
terriblement, car il mène bien des âmes à un grand état de sainteté et ne prend
en considération, que la gloire de Dieu. Mais je prie Dieu que ne cesse pas sa
patience envers ceux qui sans cesse le contrecarrent. Satan, lorsqu'il ne peut
seul, être néfaste, se sert alors des gens. 1384. 19 novembre. Aujourd'hui après la Sainte communion, Jésus m'a dit
combien Il désire visiter le cœur humain. « Je désire m'unir aux âmes, mon plus
grand plaisir est de m'unir ; Sache ceci, Ma fille que lorsque je viens par la
Sainte Communion jusqu'au cœur des hommes, J'ai les mains pleines de toutes
sortes de Grâces que je désire transmettre aux âmes, mais les âmes ne font
même pas attention à Moi. Elles Me laissent Seul et s'occupent d'autre chose.
Comme cela M'attriste que les âmes n'aient pas compris l'amour. Elles se
conduisent envers Moi comme une chose morte.» J'ai répondu à Jésus : « Ô
Trésor de mon cœur, unique objet de mon amour, et tout le délice de mon âme,
je désire Vous adorer en mon cœur ainsi que Vous l'êtes sur le trône de Votre
gloire éternelle. Je désire par mon amour, Vous dédommager, ne serait-ce qu'à
peine, de la froideur d'un si grand nombre d'âmes. Jésus, voici mon cœur qui est
pour Vous une demeure à laquelle nul autre n'a accès. Vous seul y reposez
comme en un beau jardin. Ô mon Jésus, au revoir, je dois accomplir ma tâche,
mais je Vous témoignerai mon amour envers Vous par un constant sacrifice. Je
ne négligerai ni ne me permettrai en aucune façon de l'esquiver.» 1385. Quand je suis sortie de la Chapelle, la Mère Supérieure m'a dit : « Vous
n'irez pas, ma Sœur, au cours de catéchisme. Vous serez de service.» - « Bien
!» Jésus, j'ai eu ainsi durant toute la journée exceptionnellement beaucoup
d'occasions de sacrifices. Je n'en ai laissé passer aucune, grâce à la force d'âme
que j'avais puisée dans la Sainte Communion. 1386. Il y a des moments dans la vie où l'âme est dans un tel état qu'elle ne
comprend plus en quelque sorte le langage humain. Tout la fatigue, rien ne peut
la calmer, si ce n'est une fervente prière. Par elle, l'âme reçoit soulagement, et
malgré son désir de recevoir des explications, celles-ci ne pourraient l'amener
qu'à une plus grande inquiétude. 1387. Au cours d'une prière, j'ai connu combien l'âme du Père Andrasz est
agréable à Dieu. C'est un véritable enfant de Dieu. Et cela, parce qu'il a une
particulière dévotion envers la Mère de Dieu. Rares sont les âmes dans
lesquelles se manifeste aussi nettement cette filiation avec Dieu. 1388. Ô mon Jésus, en dépit de ma grande hâte, il me faut obéir, afin de ne pas
gâter Votre œuvre par ma précipitation. Ô mon Jésus, Vous me faites connaître
Vos secrets et Vous voulez que je les transmette aux autres âmes. La possibilité
d'agir me sera donnée sous peu. Au moment où la destruction sera en
apparence absolue, c'est alors que ma mission commencera sans embûches.
Telle est en ceci la volonté de Dieu, qui ne changera pas. Bien des personnes y
seront opposées, cependant rien ne pourra contrarier cette volonté de Dieu. 1389. Je vois l'Abbé Sopocko : comme son esprit est occupé et travaille pour la
cause de Dieu, auprès des autorités ecclésiastiques, afin de leur soumettre les
souhaits de Dieu. Grâce à son action, une nouvelle lumière va briller dans l'Eglise
de Dieu pour la consolation des âmes. Quoique pour le moment, son âme soit
remplie d'amertume, comme si telle était la récompense de ses efforts pour
Dieu, cependant il n'en sera pas ainsi. Je vois sa joie, à laquelle il ne sera fait
aucun préjudice. Dieu lui accordera une partie de cette joie déjà dès ici bas. Je
n'ai encore jamais rencontré une fidélité à Dieu aussi grande que celle qui
distingue cette âme. 1390. Aujourd'hui au réfectoire durant le dîner, j'ai ressenti le regard de Dieu au
fond de mon cœur. Une présence si vivante pénétra mon âme, que durant un
moment je ne savais plus où j'étais. La douce présence de Dieu a envahi mon
âme et par moment, je ne savais de quoi me parlaient les Sœurs. 1391. Tout ce qui a de bon en moi l'est par la Sainte Communion ; c'est à elle
que je dois tout. Je sens que ce Saint Feu m'a complètement transformée. Oh !
Combien je me réjouis d'être une demeure pour Vous Seigneur, mon cœur est
un Sanctuaire où Vous séjournez continuellement !… 1392. J.M.J. Jésus, délice de mon âme, pain des Anges, Tout mon être est plongé en Toi. Et je vis de Ta vie divine comme les élus au Ciel. Et la vérité de cette vie ne cessera point ! Jésus-Eucharistie, Dieu immortel Qui continuellement séjourne en mon cœur, Lorsque je T'ai, la mort elle-même ne peut me nuire, Ainsi l'Amour me dit que je Te verrai au terme de la vie ! Imprégnée de Ta vie divine, Je regarde calmement le ciel ouvert pour moi, Et la mort honteuse s'en ira les mains vides, Car Ta vie divine est contenue en mon âme Et même de par Ta sainte volonté, ô Seigneur, La mort toucherait-elle mon corps, Je désire que ce dénouement Ait lieu le plus rapidement possible ! Car par lui j'entrerai dans la vie éternelle. Jésus-Eucharistie, vie de mon âme, Tu m'as élevé jusqu'à la sphère éternelle Par le supplice et l'agonie dans une terrible géhenne ! 1393. 26 novembre 1937. Retraite mensuelle d'un jour. Au cours de cette retraite, le Seigneur m'a donné la lumière d'une plus profonde
connaissance de Sa volonté, celle de m'abandonner entièrement à la Sainte
volonté de Dieu. Cette lumière m'a confirmée en ma profonde tranquillité, me
faisant comprendre que je ne dois rien craindre, en dehors du péché. J'accepte
tout ce que Dieu permettra pour moi, m'abandonnant entièrement à Sa Sainte
volonté. Peu importe où Il me mettra. Je m'efforcerai fidèlement d'accomplir Sa
Sainte volonté ainsi que tous ses désirs autant que cela sera en mon pouvoir. Je
m'y efforcerai, cette volonté de Dieu, serait-t-elle pour moi aussi dure et difficile
que la volonté du Père des Cieux envers son fils en prière au Jardin des Oliviers.
Ainsi me suis-je aperçue que si la volonté du Père des Cieux s'accomplit de
cette façon, en Son Fils Bien-Aimé, c'est justement aussi de cette façon qu'elle
s'accomplira en nous : souffrances, persécutions, affronts, honte, c'est par tout
cela que mon âme deviendra semblable à celle de Jésus. Et plus les souffrances
seront grandes, plus je me rends compte que je deviendrai semblable à Jésus.
C'est la route la plus sûre. Si une autre route était meilleure, Jésus me l'aurait
montrée. Les souffrances ne m'enlèvent nullement mon calme ; mais d'un autre côté, bien
que je jouisse d'un calme profond, celui-ci n'efface pas en moi l'impression de
souffrance. Bien que j'ai plus d'une fois le visage penché vers la terre et que mes
larmes coulent abondamment, cependant à ce même moment, mon âme est
imprégnée de profonde paix et de bonheur… 1394. Je désire me cacher en Votre Cœur très Miséricordieux, telle la goutte de
rosée dans le calice de la fleur pour me protéger du gel de ce monde. Personne
ne peut concevoir mon bonheur, comme mon cœur se délecte en secret, seul à
seul avec Dieu. 1395. J'ai entendu aujourd'hui une voix en mon âme : « Oh ! Si les pécheurs
connaissaient Ma Miséricorde, il n'en périrait pas un si grand nombre ! Dis aux
âmes des pécheurs qu'elles ne craignent pas de s'approcher de Moi ! Parle-leur
de ma grande Miséricorde ! » 1396. Le Seigneur m'a dit : « La perte de chacune des âmes me plonge en une
mortelle tristesse. Tu me consoles toujours lorsque tu pries pour les pécheurs.
La prière qui M'est la plus agréable est cette prière pour la conversion des âmes
pécheresses. Sache, Ma fille, que cette prière est toujours exaucée ! » 1397. L'Avent approche. Je désire préparer mon cœur à la venue de Notre
Seigneur Jésus par la douceur et le recueillement de l'âme. Je m'unis ainsi à la
Très Sainte Mère et imite fidèlement Sa vertu de douceur par laquelle Elle fut
agréable aux yeux de Dieu Lui-même. J'ai foi en ce qu'à Ses côtés, je persisterai
dans cette résolution. 1398. Le soir, lorsque je suis entrée un moment à la Chapelle, j'ai ressenti une
terrible épine dans la tête. Cela dura peu de temps, mais cette piqûre fut si
douloureuse qu'en un instant je suis tombée, tête en avant sur la balustrade. Il
me semblait que cette épine s'était enfoncée dans mon cerveau. Mais ce n'est
rien, tout est pour les âmes, afin d'implorer pour elles la Miséricorde de Dieu. 1399. Je vis d'heure en heure. Je ne suis pas en état de me conduire autrement.
Je désire profiter au mieux du moment présent, accomplissant fidèlement tout ce
qu'Il me donne. En tout, je m'abandonne à Dieu avec une inébranlable
confiance. 1400. J'ai reçu hier une lettre de Monsieur l'Abbé Sopocko. J'ai appris que
l'affaire de Dieu progresse, quoique lentement. Je m'en réjouis immensément, et
j'ai redoublé mes prières pour toute cette œuvre. Je sais qu'actuellement en ce
qui concerne cette œuvre, Dieu exige de moi prières et sacrifices. Mon action
pourrait en effet, contrecarrer les projets de Dieu, comme me l'a écrit dans sa
lettre d'hier, Monsieur l'Abbé Sopocko. Ô mon Jésus, accordez-moi la grâce
d'être dans Votre main un instrument patient ! J'ai constaté dans cette lettre
combien la lumière que Dieu accorde à ce prêtre est grande. Cela me confirme
dans la conviction que Dieu Lui-même mène cette œuvre malgré les obstacles
qui s'accumulent. Je sais bien que, plus grande et plus belle est l'œuvre, plus
terribles seront les orages qui se déchaîneront contre elle. 1401. Bien souvent Dieu, en Ses jugements impénétrables, permet que ceux qui prirent le plus de peine à l'accomplissement d'une œuvre ne puissent jouir sur cette terre, des fruits de cette œuvre, Dieu leur en conservant toute la joie pour l'éternité. Mais malgré tout, parfois Dieu leur fait savoir combien leurs efforts Lui sont agréables. Et ces moments les fortifient pour de nouvelles luttes et épreuves. Ce sont là les
âmes les plus semblables au Sauveur qui n'a goûté qu'amertume dans l'Oeuvre
qu'Il fonda sur terre. 1402. Ô mon Jésus, soyez béni pour tout, je me réjouis que s'accomplisse
Votre très Sainte volonté, cela suffit entièrement à mon bonheur ! 1403. Jésus caché, en Vous repose toute ma force ! Depuis ma plus tendre
enfance, Notre Seigneur Jésus présent dans le Saint Sacrement m'a attirée vers
Lui. J'avais sept ans lorsque, étant à Vêpres et Notre Seigneur Jésus exposé
dans l'ostensoir, pour la première fois l'amour de Dieu se communiqua à moi, et
emplit mon cœur. Et le Seigneur me donna la compréhension des choses divines.
Depuis ce jour jusqu'à aujourd'hui mon amour pour Dieu caché s'est accru
jusqu'à la plus étroite intimité. Toute la force de mon âme provient du Très Saint
Sacrement. Je passe chaque moment de liberté en conversation avec Lui. Il est
mon Maître. 1404. 30 novembre 1937. Alors que je montais les escaliers le soir, tout à
coup, un étrange dégoût de ce qui est divin m'a envahie. Sur ce j'entendis Satan
qui m'a dit : « Ne pense donc pas à cette œuvre, Dieu n'est pas aussi
Miséricordieux que tu le dis. Ne prie pas pour les pécheurs car ils seront de
toutes façon damnés. Par cette œuvre de Miséricorde tu t'exposes toi-même à
la damnation. Ne parle jamais de cette Miséricorde de Dieu à ton confesseur,
particulièrement à l'Abbé Sopocko ni au Père Andrasz. » Cette voix prit
l'apparence de celle d'un Ange gardien. A ce moment j'ai répondu : « Je sais qui
tu es, le père du mensonge. » J'ai fait le signe de la Croix et le prétendu Ange
disparut avec fracas et furie. 1405. Aujourd'hui le Seigneur m'a fait connaître intérieurement qu'Il ne
m'abandonne pas. Il m'a fait voir Sa Majesté, Sa Sainteté, en même temps que
Son Amour et Sa Miséricorde envers moi. Il m'a aussi fait connaître plus
profondément ma misère. Cependant cette grande misère qui est mienne, ne
m'enlevait pas la confiance, tout au contraire. Dans la mesure où je connaissais
ma misère, ma confiance en la Miséricorde de Dieu se fortifiait. J'ai compris que
tout cela dépend du Seigneur. Je sais que personne ne touchera un seul de mes
cheveux, sans Sa volonté. 1406. Aujourd'hui, alors que je recevais la Sainte Communion, j'ai remarqué
dans le Calice une Hostie vivante qui me fut donnée par le prêtre. Quand je
revins à ma place j'ai demandé au seigneur : « Pourquoi l'une est-elle vivante ?
Puisque Vous êtes vivant de même en toutes ? » Le Seigneur m'a répondu : «
C'est exact, dans toutes les hosties Je suis le même. Mais toutes les âmes ne Me
reçoivent pas avec une foi aussi vivante que la tienne, Ma fille, et c'est pourquoi
Je ne peux agir en leur âme, comme en la tienne. » 1407. A la Sainte Messe que célébrait Monsieur l'Abbé Sopocko j'étais
présente et pendant cette Messe j'ai vu le Petit Jésus qui, touchant du doigt le
front de ce prêtre m'a dit : « Sa pensée est étroitement unie à la Mienne, sois
donc sans crainte pour ce qui est de Mon Œuvre. Je ne laisserai pas se tromper.
Et toi, n'agis pas sans son autorisation. » - Ceci emplit mon âme d'une grande
tranquillité pour l'ensemble de cette œuvre. 1408. Aujourd'hui Notre Seigneur Jésus me fit prendre conscience de
Lui-même, ainsi que de Son plus tendre Amour et de Sa protection, dans une
profonde assurance que tout dépend de Sa volonté. De même, Il permet
certaines difficultés uniquement pour notre mérite, afin que se manifeste
clairement notre fidélité, et qu'ainsi, la force de la souffrance et de l'abnégation
se communique à nous. 1409. Aujourd'hui, veille de l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge
Marie, pendant le repas de midi, à un moment donné, Dieu me fit connaître la
grandeur de ma destinée qui est : la proximité de Dieu. Il me révéla que cette
proximité m'avait été accordée pour les siècles. Il le fit avec une telle acuité et si
distinctement que durant un long moment je suis restée profondément abîmée en
Sa vivante Présence, m'humiliant devant Sa Grandeur. 1410. J.M.J. Ô Esprit de Dieu, Esprit de vérité et de lumière, Demeure constamment en mon âme par Ta grâce divine ! Que Ton souffle dissipe les ténèbres Et que dans ta lumière les bonnes actions se multiplient ! Ô Esprit de Dieu, Esprit d'Amour et de Miséricorde Qui verse en mon cœur le baume de la confiance, Ta grâce confirme mon âme dans le bien, Lui donne une force invincible : la constance ! Ô Esprit de Dieu, Esprit de paix et de joie, Qui réconforte mon cœur altéré, Verse en lui la vivante source de l'Amour divin Et rends le intrépide dans la lutte ! Ô Esprit de Dieu, hôte très aimable de mon âme, Je désire de mon côté Te garder fidélité, Tant aux jours de joie qu'aux heures de souffrances, Je désire, Esprit de Dieu, vivre toujours en Ta présence ! Ô Esprit de Dieu, qui imprègne mon être Et me fait connaître Ta vie divine et Trinitaire Et m'initie à Ton Etre divin, Ainsi unie à Toi ma vie est déjà éternelle ! 1411. C'est avec un grand zèle que je me suis préparée à célébrer la Fête de
l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu. J'ai veillé davantage au
recueillement de mon âme et j'ai approfondi Son privilège exclusif. Aussi mon
cœur s'est épris d'Elle, et j'ai remercié Dieu d'avoir accordé à Marie ce grand
privilège. 1412. Je me suis non seulement préparée par la neuvaine dite en commun, à laquelle toute la Congrégation participait, mais encore je me suis efforcée personnellement de la saluer mille fois par jour en récitant à Sa gloire mille « Je vous salue Marie » par jour, durant neuf jours. Voici déjà trois fois que j'adresse une telle neuvaine à la Sainte Vierge, c'est-à-dire une neuvaine se composant de mille Ave par jour. Ce sont donc neuf mille Ave qui forment l'ensemble de cette neuvaine. J'ai déjà pratiqué cette neuvaine trois fois au cours de ma vie, dont deux durant mes travaux quotidiens. Et cependant, je n'ai manqué à aucun de mes devoirs, les remplissant avec grande exactitude. Je la fais en dehors des exercices, c'est-à-dire que, ni durant la sainte Messe ni au cours de la Bénédiction, je n'ai récité ces Ave ; et j'ai fait une neuvaine semblable une troisième fois alors que j'étais hospitalisée. Pour celui qui veut, rien n'est difficile. En dehors des récréations, je priais et
travaillais. Ces jours-là, je n'ai prononcé aucun mot qui ne soit absolument
nécessaire. Je dois cependant avouer que cette affaire nécessite une assez
grande attention ainsi qu'un effort, mais pour glorifier l'Immaculée, rien n'est de
trop. 1413. Fête de l'Immaculée Conception. Avant la Sainte Communion, j'ai vu la
Très Sainte Mère d'une incomparable beauté. S'adressant à moi avec un
sourire, Elle me dit : « Ma fille, sur la recommandation de Dieu, je dois être tout
particulièrement une véritable mère pour toi. Mais je désire que, Ma très
aimable fille, tu sois tout particulièrement Mon enfant. 1414. Je désire que tu t'exerces à trois vertus qui me sont chères entre toutes et qui sont le plus agréable à Dieu : la première, c'est l'humilité, l'humilité et encore l'humilité ; la deuxième : la chasteté ; la troisième : l'amour envers Dieu. Tu es Ma fille, et comme telle, tu dois particulièrement briller par ces vertus.» A la fin de l'entretien Elle me serra sur Son Coeur et disparut. Lorsque je suis revenue à moi, mon cœur est demeuré étrangement attiré par
ces vertus auxquelles je m'exerce fidèlement ; elles sont comme gravées en mon
cœur. 1415. Ce fut un grand jour pour moi. J'étais plongée en une incessante
contemplation, car seul le souvenir de cette grâce m'entraînait à une nouvelle
contemplation. Et durant tout le jour j'ai persévéré dans une action de grâce que
je n'ai pu terminer. Car le souvenir de cette grâce poussait mon âme à se
plonger à nouveau en Dieu… 1416. Ô Seigneur, mon âme est pourtant la plus misérable qui soit, et Vous
Vous abaissez vers elle avec tant de bienveillance. Je vois clairement et Votre
grandeur et ma petitesse. C'est pourquoi je me réjouis de Votre
Toute-Puissance et de Votre Immensité, et aussi de ma toute petitesse. 1417. Christ souffrant, je vais à Votre rencontre et en tant que Votre bien-aimée, je dois Vous ressembler. Votre manteau d'infamie doit également me recouvrir. Ô Christ, Vous savez combien je désire vivement Vous ressembler ! Faites-moi partager toute Votre Passion. Que toute Votre douleur se déverse en mon cœur. J'ai confiance que pour cela,
Vous comblerez mes déficiences. 1418. Aujourd'hui adoration de nuit. Je n'ai pu y prendre part, à cause de la faiblesse de ma santé ; cependant avant de m'endormir je me suis unie aux Sœurs adoratrices. Entre quatre et cinq heures, tout à coup, j'entendis une voix m'invitant à me joindre aux personnes qui faisaient l'adoration à ce moment-là. J'ai su que parmi ces personnes, une âme priait pour moi. Et lorsque je me suis plongée dans la prière, je me suis trouvée transportée en
esprit à la Chapelle. Et j'ai vu Notre Seigneur exposé dans l'ostensoir. A la
place de l'ostensoir, j'ai vu la face glorieuse du Seigneur. Et Jésus m'a dit : « Ce
que tu vois en réalité, ces âmes le voient par la foi. Oh ! Combien leur grande foi
m'est agréable ! Bien qu'en apparence il n'y ait en Moi aucune trace de vie,
cependant, chaque hostie contient réellement Ma vie toute entière. Mais l'âme
doit avoir la foi, afin que je puisse agir sur elle. » 1420. Oh ! Que la foi vivante m'est agréable ! Cet acte d'adoration était
accompli par la Mère Supérieure et quelques autres Sœurs. Cependant j'ai su
que par sa prière, la Mère Supérieure avait touché le ciel, et je me suis réjouie
qu'il existe des âmes aussi agréables à Dieu. 1421. Lorsque le jour suivant durant la récréation, j'ai demandé quelles Sœurs
avaient participé à l'adoration entre quatre et cinq heures, l'une d'elles s'écria : «
Pourquoi le demandez-vous, ma Sœur ? Vous avez sûrement eu une vision ? » -
Je me suis tue et je n'ai plus rien dit bien que j'ai été questionnée par la Mère
Supérieure. Je ne pouvais répondre car le moment n'était pas favorable. 1422. Une fois, l'une des Sœurs me confia quelle avait l'intention de choisir tel
prêtre, comme directeur de conscience. Elle se confia donc à moi, toute joyeuse
et me demanda de prier à cette intention, ce que je fis. Pendant que je priais, j'ai
su que cette âme n'en retirerait aucun avantage. Et voilà que nous rencontrant de
nouveau, cette personne me parla de sa joie d'avoir choisi ce directeur de
conscience. Moi, j'ai partagé sa joie, cependant, après son départ je fus
sévèrement rappelée à l'ordre. Jésus m'a dit de lui répondre ainsi qu'Il me l'a fait
savoir au cours de la prière. Et je l'ai d'ailleurs fait à la première occasion, bien
que cela m'ait vraiment coûté. 1424. Aujourd'hui j'ai ressenti la souffrance de la couronne d'épines pendant un
temps relativement court. J'étais alors en train de prier pour une certaine âme
devant le Saint Sacrement. A un moment, j'ai ressenti une douleur si violente que
ma tête heurta la balustrade, et bien que ce moment ait été court, ce fut très
douloureux 1425. Christ, donnez-moi des âmes ! Permettez tout ce que bon Vous semblera
pour moi, mais en échange, donnez-moi les âmes ! Je désire leur salut. Je désire
qu'elles connaissent Votre Miséricorde. Je n'ai rien pour moi-même, car j'ai tout
distribué aux âmes. En sorte que quand je comparaîtrai devant Vous au jour du
Jugement dernier, ayant tout donné, Vous n'aurez donc rien sur quoi me juger.
Et nous nous rencontreront ce jour-là : l'Amour avec la Miséricorde… 1426. J.M.J. Jésus caché, vie de mon âme, Objet de mon ardent désir, Rien ne saurait étouffer en mon cœur l'amour que j'ai pour Toi. Telle est l'assurance que me donne la force de l'amour partagé ! Jésus caché, gage glorieux de ma résurrection, En Toi se concentre toute ma vie !. C'est Toi, Eucharistie, qui me rend capable d'aimer éternellement, Et je sais que Tu m'aimeras en retour comme Ton petit enfant ! Jésus caché, mon amour le plus pur, Ma vie avec Toi commence déjà ici-bas, Elle se montrera pleinement dans l'éternité future, Car notre mutuel amour ne changera jamais ! Jésus caché, Toi l'unique que mon âme désire, Tu m'es, à Toi seul, plus que la jouissance du Ciel Plus que tous les dons, plus que toutes les grâces C'est Toi seul que mon âme attend, Toi qui viens à moi sous la forme du pain ! Jésus caché, prends enfin mon cœur altéré de Toi Qui brûle pour Toi du même feu que les Séraphins. Je ne suis qu'une faible femme Mais sur Tes traces, invincible, Je vais par la vie, le front haut, tel un chevalier ! 1427. Je me sens plus mal depuis un mois, et à chaque quinte de toux, je
ressens la décomposition de mes poumons. Et il m'est arrivé plus d'une fois de
sentir la complète décomposition de mon propre corps. Il est difficile d'exprimer
quelle grande souffrance est là. Et malgré l'accord total de ma volonté c'est là
une grande souffrance pour ma nature, plus grande que de porter le cilice ou
que la flagellation jusqu'au sang. Je la sentais surtout lorsque j'allais au réfectoire;
je faisais de grands efforts pour manger tant soit peu alors que la nourriture me
donnait la nausée. C'est à cette époque que commencèrent des douleurs
intestinales. Toute nourriture quelque peu relevée provoquait en moi d'atroces
souffrances. Je me suis tordue dans de terribles douleurs et dans les larmes pour
le salut des pécheurs. 1428. Cependant j'ai demandé à mon confesseur ce qu'il fallait faire : continuer
à supporter cela pour les pécheurs ou demander à la Supérieure de faire une
exception en me donnant une nourriture plus douce. Le confesseur a décidé que
je devais demander à la Supérieure une nourriture plus douce ; ainsi ai-je agi,
suivant ses indications, voyant que cette humiliation était plus agréable à Dieu. 1429. Un jour je me suis demandé si vraiment je pouvais sentir cette
décomposition de mon organisme et en même temps, continuer à marcher et à
travailler : était-ce une illusion ? D'un autre côté, ce ne pouvait être une illusion
puisque cela m'occasionnait de si grandes douleurs. Pendant que j'étais en train de penser à cela, l'une des Sœurs vint parler un moment avec moi. Au bout de quelques minutes, elle fit une horrible grimace et me dit : « Ma Sœur, je sens ici l'odeur d'un cadavre en décomposition. Oh ! C'est affreux. Je lui ai répondu : « Ne vous effrayez pas, ma Sœur, cette odeur de cadavre vient de moi ! » Elle s'en est grandement étonnée, mais a dit qu'elle ne pourrait pas résister plus longtemps. Lorsqu'elle fut partie, j'ai compris que Dieu avait fait sentir ceci à cette Sœur afin
que je n'ai plus de doutes ; mais qu'Il cache cette souffrance à toute la
Communauté de façon tout simplement miraculeuse. Ô mon Jésus, Vous seul
savez toute la profondeur de ce sacrifice ! 1430. Cependant, il fallut encore supporter au réfectoire plus d'un soupçon comme quoi je faisais des manières ; alors comme toujours en pareil cas je m'empresse d'aller vers le Tabernacle, je m'incline devant le Ciboire et j'y puise la force de rester en accord avec la volonté de Dieu. Et je suis loin d'avoir tout écrit. 1431. Aujourd'hui, pendant la confession, rompant en esprit le pain azyme avec
moi, mon confesseur m'a adressé les vœux suivants : « Soyez le plus possible
fidèle à la grâce divine ! Deuxièmement : Implorez la Miséricorde pour
vous-même et pour le monde entier, car tous, nous avons besoin de la
miséricorde divine ! » 1432. Deux jours avant les Fêtes, on a lu au réfectoire les mots suivants : «
Demain, naissance de Jésus-Christ selon la chair.» - Ces mots firent jaillir en moi
la lumière l'Amour de Dieu : j'ai mieux compris le secret de l'Incarnation. Que la
Miséricorde de Dieu contenue dans le secret de l'Incarnation du fils de Dieu est
grande ! 1433. Aujourd'hui Dieu m'a révélé Sa colère contre l'humanité qui mériterait,
par ses péchés, que ses jours soient raccourcis. Mais il m'a été révélé que
l'existence du monde était soutenue par les âmes choisies, c'est-à-dire par les
Ordres religieux. Que le monde serait à plaindre si les monastères venaient à
manquer ! J.M.J. 1434. J'accomplis chaque action ayant la mort présente devant mes yeux, Je l'accomplis maintenant comme je voudrais la voir à ma dernière heure. Quoique la vie passe aussi vite qu'une bourrasque, Aucune action entreprise pour Dieu ne se perd. Je sens la complète décomposition de mon organisme, Quoique je vive et travaille encore. La mort ne me fait aucune impression tragique Car je la pressens depuis longtemps. Bien qu'il soit très pénible à la nature De sentir sans cesse son propre cadavre, Cela peut cependant être supportable lorsque la lumière de Dieu a pénétré l'âme, Car en elle s'élève la foi, l'espoir l'amour et le repentir. Je fais chaque jour de grands efforts Afin de prendre part à la vie commune, Et implorer ainsi des grâces pour le salut des âmes, Les préservant par mon sacrifice du feu de l'enfer. Car ne serait-ce que pour le salut d'une seule âme Cela vaut la peine de se sacrifier toute la vie durant, Et de supporter les plus grands sacrifices et les plus grands tourments, Voyant quelle immense gloire Dieu en retire. 1435. Seigneur, quoique Vous me fassiez souvent connaître les foudres de
Votre mécontentement, cependant Votre colère devant les âmes humbles. Bien
que Vous soyez grand, Seigneur, Vous Vous laissez vaincre par les âmes
humbles et pleines d'humilité. Si peu d'âmes te possèdent, ô humilité, la plus
précieuse des vertus ! Je n'en vois partout que l'apparence, mais cette vertu
elle-même, je ne la vois pas. Ô Seigneur, réduisez-moi à néant à mes propres
yeux, afin que je puisse trouver grâce aux Vôtres ! 1436. Veille de Noël 1937. Après la Sainte Communion, Notre Dame m'a fait
connaître le souci qu'Elle avait au Cœur, concernant le fils de Dieu. Cependant
ce souci était empreint d'un tel abandon à la volonté de Dieu que je parlerai de
sujet de joie, plutôt que de sujet d'inquiétude. Elle m'a fait comprendre que mon
âme devait accueillir toute volonté de Dieu, quelle qu'elle soit. Dommage que je
ne sache écrire cela comme je l'ai discerné. Mon âme fut plongée tout le jour en
un profond recueillement ; rien ne put m'en tirer, ni les rapports que j'eus avec
des personnes laïques. 1437. Avant le réveillon de Noël, je suis entrée pour un moment à la Chapelle
afin de rompre en pensée le pain azyme avec les personnes aimées et chères à
mon cœur, éloignées par la distance plongée dans une profonde prière et j'ai
demandé au Seigneur de leur accorder des grâces à toutes et ensuite à chacune
en particulier. Jésus me fit savoir combien cela Lui plaisait ; et mon âme s'emplit
d'une joie encore plus grande à la pensée que Dieu aime particulièrement ceux
que nous aimons. 1438. Lorsque je suis entrée au réfectoire, au cours de la lecture, tout mon être
s'est trouvé plongé en Dieu. Je voyais intérieurement le regard de Dieu posé sur
nous avec une grande prédilection. Je demeurai seule à Seul avec le Père des
Cieux. A ce moment là, j'ai approfondi ma connaissance des Trois Personnes
Divines que nous contemplerons durant toute l'éternité. Et après des millions
d'années, nous comprendrons que nous avons seulement commencé notre
contemplation. Oh ! Que cette Miséricorde de Dieu est grande, qui permet à
l'homme de prendre une si grande part à son Divin Bonheur. Mais en même
temps quelle douleur aigue transperce mon cœur à la pensée que de nombreuses
âmes dédaignent ce bonheur. 1439. Lorsque nous avons commencé à partager le pain azyme, un mutuel et
sincère amour se mit à régner entre nous. La Révérende Mère me fit ce souhait :
« Ma Sœur, les œuvres de Dieu avancent lentement, donc ne vous pressez
point.» Toutes les Sœurs dans l'ensemble me souhaitèrent sincèrement le grand
Amour Divin, ce que je désirais le plus. J'ai vu que ces souhaits venaient
vraiment du cœur, sauf en ce qui concerne une Sœur, qui avait dissimulé une
méchanceté sous ces souhaits. Bien que cela ne me fit guère de mal, tant mon
âme était enivrée de Dieu, cela m'éclaira. J'ai compris que Dieu se communique
si peu à cette âme parce qu'elle se recherche toujours elle-même, y compris
dans les choses saintes. Oh ! Que le Seigneur est bon de ne pas permettre que
je m'égare ! Je sais qu'Il me gardera jalousement, aussi longtemps que je resterai
toute petite : car c'est avec de telles âmes que Lui, grand Seigneur aime à avoir
commerce…quant aux âmes, Il les observe de loin et S'oppose à elles. 1440. Bien que j'eusse désiré veiller un peu avant la Messe de minuit, cela ne
me fut pas possible: je me suis endormie immédiatement. Et je me suis quand
même sentie très faible lorsque sonna la Messe de minuit ; je fus sur pied bien
que je me sois habillée avec grande difficulté car je me trouvais mal à tout
instant. 1441. À mon arrivée à la Chapelle, dès le début de la Messe de Minuit, je me
suis toute plongée en un profond recueillement au cours duquel je vis la Crèche
de Bethléem emplie d'une grande clarté. La Très Sainte Vierge enveloppait
Jésus dans un lange toute pénétrée d'un grand amour ! Saint Joseph cependant
dormait encore ; ce n'est que lorsque La Sainte Vierge eût déposé Jésus dans la
Crèche, qu'à ce moment la clarté de Dieu éveilla Joseph qui se mit aussi à prier.
Peu de temps après, je suis demeurée en tête-à-tête avec l'Enfant Jésus qui me
tendait Ses petits bras et je compris bien que c'était pour que je Le prenne dans
les miens. Il blottit Sa tête sur mon cœur et me fit comprendre de Son regard
profond qu'Il se trouvait tout proche de mon cœur. A ce moment Jésus disparut
à mes yeux ; c'était la sonnette pour la Sainte Communion, mon âme défaillit de
joie. 1442. Cependant vers la fin de la Sainte Messe, je me suis sentie si faible que je
dus sortir de la Chapelle et me rendre dans ma cellule car je ne me sentais déjà
plus capable de prendre part au thé en commun. Cependant ma grande joie
dura pendant toute la Fête, car mon âme était sans cesse unie au Seigneur. J'ai
appris que toute âme aspire aux joies divines, mais la plupart ne veulent à aucun
prix renoncer aux joies humaines, et cependant ces deux choses ne peuvent
s'accorder. 1443. J'ai ressenti durant cette période de fête que certaines âmes priaient pour
moi. Je me réjouis qu'il existe déjà ici, sur terre, de semblables connexions et
une telle connaissance spirituelle. Hommage vous soit rendu, ô mon Jésus pour
tout cela ! 1444. Parmi les plus grands supplices spirituels, je compte ma continuelle
solitude. Mais non, puisque je suis avec Vous, Jésus. Mais c'est des gens que je
veux parler. Aucun d'eux ne comprend mon cœur et cela ne m'étonne plus
maintenant, si cela m'a autrefois étonné, alors que mes intentions étaient blâmées
et mal interprétées ; mais maintenant je ne m'en étonne plus du tout. Les gens ne
savent plus percevoir l'âme, ils voient le corps et ils jugent d'après les
apparences ; mais comme le ciel est au-dessus de la terre, de même les pensées
de Dieu sont au-dessus de nos pensées. J'ai fait l'expérience que bien souvent
cela se passe ainsi. 1445. Le Seigneur m'a dit : « La façon dont les autres se comportent ne te
regarde pas. Tu dois te comporter comme Je te l'ordonne. Par l'Amour et la
Miséricorde tu dois être Mon vivant reflet.» J'ai répondu : « Seigneur, c'est que
bien souvent on abuse de ma bonté ! » - « Cela ne fait rien, Ma fille, cela ne te
concerne pas ; Tu dois toujours être miséricordieuse envers tous et
particulièrement envers les pécheurs. 1446. Ah, combien il m'est douloureux que les âmes s'unissent si peu à Moi au
cours de la Sainte Communion. J'attends les âmes mais elles sont indifférentes
envers Moi. Je les aime si tendrement, si sincèrement, et elles n'ont pas la foi en
Moi. Je veux les combler de grâces, elles ne veulent pas les accueillir. Elles Me
traitent comme quelque chose de mort et pourtant, J'ai le Cœur débordant
d'Amour et de Miséricorde. Afin que tu connaisses, ne serais-ce qu'un peu, Ma
douleur, imagine et considère la douleur de la plus tendre des mères chérissant
ses enfants, mais dont les enfants méprisent l'amour. Personne ne peut la
consoler. Ce n'est là qu'une bien pâle image de Mon Amour. 1447. Ecrit et parle de Ma Miséricorde. Dis aux âmes qu'elles doivent chercher
consolation au Tribunal de la Miséricorde. C'est là que se réalisent et se
renouvellent sans cesse les plus grands miracles. Point n'est besoin, pour obtenir
ce miracle de faire de lointains pèlerinages, ni de faire étalage d'un quelconque
cérémonial ; il suffit de se jeter avec foi aux pieds de Mon représentant, de lui
dire sa misère et le miracle de la Miséricorde divine se manifestera dans toute
son ampleur. Même si cette âme était déjà comme un cadavre en
décomposition, et même si humainement parlant il n'y avait plus aucun espoir de
réanimation, même si tout semblait perdu, il n'en est pas ainsi, avec Dieu : le
miracle de la Miséricorde divine restaurera cette âme dans toute son intégrité. »
Ô malheureux, qui ne profitez pas maintenant de ce miracle de la Miséricorde
divine, en vain vous appellerez, il sera trop tard ! J.M.J. ANNEE 1938 Premier Janvier 1448. Bienvenue à toi, nouvelle année au cours de laquelle va se parachever
mon perfectionnement ! Je vous remercie à l'avance, ô Seigneur, de tout ce que
m'enverra Votre bonté. Je Vous remercie pour le Calice de souffrance que
chaque jour je boirai ! N'en diminuez pas l'amertume, ô Seigneur, mais fortifiez
mes lèvres, afin qu'en le buvant, elles sachent être souriantes pour l'amour de
Vous, mon Maître ! Je Vous remercie pour toutes les joies et toutes les grâces,
que je suis incapable de compter et qui affluent tous les jours vers moi, telle la
rosée matinale, silencieusement inaperçues, qu'aucun œil curieux ne saurait
déceler et qui ne sont connues que de Vous et de moi, Seigneur ! Pour cela je
Vous adresse dès aujourd'hui, mes remerciements ; car il se pourrait que mon
cœur n'en soit plus capable au moment où Vous me tendrez le Calice. 1449. Aujourd'hui, toute consentante, je m'abandonne entièrement à Votre
Sainte Volonté, ô Seigneur, ainsi qu'a Votre très sage jugement, tous deux étant
toujours pour moi, la clémence et la miséricorde mêmes, bien que plus d'une fois
je ne puisse ni les comprendre ni les bien saisir ! Voici que je Vous abandonne
entièrement, mon Maître, le gouvernail de mon âme. Conduisez-la Vous-même,
selon Vos divins désirs ! Je m'enferme en Votre Cœur Très Miséricordieux, qui
est un océan d'insondable Miséricorde. 1450. Je termine l'année qui vient de s'écouler par des souffrances et je
commence la nouvelle également par des souffrances. J'ai dû m'aliter deux jours
avant le nouvel an. Je me sentais très mal. Une forte toux m'affaiblissait, et avec
cela d'incessantes douleurs intestinales ainsi que des vomissements m'épuisaient
énormément. Bien que ne pouvant me rendre aux offices en commun, je
m'unissais cependant par la pensée à toute la Communauté. Lorsque les Sœurs
se sont levées la nuit à onze heures, afin de veiller et de saluer l'an nouveau, moi,
je me tordais de douleur, depuis le crépuscule, et cela dura jusqu'à minuit. J'ai
joint ma souffrance aux prières des Sœurs qui veillaient à la chapelle et
réparaient les offenses commises envers Dieu par les pécheurs. 1451. Lorsque sonna minuit, mon âme se plongea en un profond recueillement
et j'entendis une voix en mon âme : « Ne crains rien, ma petite enfant, tu n'est
pas seule. Lutte bravement car Mon épaule te soutient ; lutte pour le salut des
âmes, les exhortant à faire confiance à Ma Miséricorde, car c'est là ton travail
en cette vie et dans la vie future. » Ces paroles m'ont communiqué une plus
profonde compréhension de la Miséricorde divine. Seule l'âme qui le désirera
sera damnée, car Dieu ne condamne personne. 1452. C'est aujourd'hui la Fête du Nouvel An. Je me suis sentie si mal ce matin
qu'à peine ai-je pu me rendre dans la cellule voisine pour la Sainte Communion.
Je n'ai pu aller à la Sainte Messe un malaise m'ayant prise, aussi est-ce dans
mon lit que j'ai rendu grâces. Je désirais tant aller à la Sainte Messe, et après la
Messe aller me confesser au Père Andrasz. Cependant je me suis sentie si mal
que je n'ai pu aller ni à la Sainte Messe ni à la confession, et de ceci, mon âme a
beaucoup souffert. Après le petit déjeuner, vint la Sœur infirmière qui demanda: « Pourquoi n'êtes vous pas venue, ma Sœur, à la Sainte Messe ? » J'ai répondu que je ne l'avais pu. Elle branla la tête en signe de désaveu et me dit « Une si grande fête et vous n'allez pas à la Messe, ma Sœur ? ». Et elle sortit de ma cellule. Je suis restée deux jours alitée, me tordant de douleurs. Elle ne me rendit pas visite et lorsqu'elle vint le troisième jour, elle ne demanda même pas si je pouvais me lever, mais immédiatement d'une voix irritée pourquoi je ne m'étais pas levée pour aller à la Messe ? Restée seule, j'ai essayé de me lever, cependant je fus prise à nouveau de tels malaises que je suis restée au lit, la conscience tranquille. Cependant, mon cœur avait tant à offrir au Seigneur qu'il s'unissait en esprit à Lui au cours de la deuxième Messe. Après la deuxième Messe la Sœur infirmière revint vers moi : mais cette fois en tant qu'infirmière et avec un thermomètre. Cependant je n'avais pas de fièvre ; et pourtant je suis gravement malade et ne peux me soulever. Ce fut alors un nouveau sermon pour me dire que je ne devrais pas capituler devant la maladie. Je lui ai répondu que je savais que l'on ne considérait chez nous quelqu'un comme gravement malade que lorsqu'il était à l'agonie. Cependant, voyant qu'elle allait me faire la morale, j'ai répondu que je n'avais pas présentement, besoin d'être incitée au zèle, et je suis demeurée à nouveau seule dans ma cellule. La douleur m'a étreint le cœur, l'amertume a envahi mon âme et j'ai répété ces
paroles : « Sois la bienvenue, année nouvelle, sois le bienvenu, calice
d'amertume. » Mon Jésus, mon cœur brûle d'envie d'aller vers Vous et voici que
la gravité de la maladie ne me permet pas de prendre physiquement part à
l'office divin et que je suis soupçonnée de paresse. Les souffrances
augmentèrent. La Mère Supérieure vint me voir un instant après avoir déjeuné,
mais elle partit très vite. J'avais eu l'intention de demander que l'on fasse venir le
Père Andrasz dans ma cellule afin que je puisse me confesser. Cependant je me
suis abstenue de formuler cette demande pour deux raisons : la première, afin de
ne pas donner lieu à des récriminations comme cela avait eu lieu auparavant
avec la Sainte Messe ; la deuxième, c'est que je n'aurais même pas pu me
confesser car je sentais que j'aurais fondu en larmes comme un petit enfant. Peu
après arriva l'une des Sœurs et voilà qu'à nouveau elle me fait la remarque qu'il y
a du lait au beurre dans le four du poêle de la cuisine : « Pourquoi, ma Sœur ne
le buvez-vous pas ? » J'ai répondu qu'il n'y avait personne pour me l'apporter. 1453. Lorsque la nuit tomba, les souffrances physiques augmentèrent et les
souffrances morales s'y ajoutèrent. Nuit et souffrances. Le silence solennel de la
nuit me donnait la possibilité de souffrir librement. Mon corps s'est étiré sur le
bois de la Croix, je me suis tordue dans d'atroces douleurs jusqu'à onze heures.
Je me suis transportée en pensée jusqu'au Tabernacle, j'ai découvert le Ciboire,
j'ai appuyé ma tête sur le bord du Calice, et toutes mes larmes coulèrent
doucement vers le Cœur de Celui qui est seul à comprendre ce que sont la
douleur et la souffrance. J'ai éprouvé de la douceur en cette souffrance et mon
âme se mit à désirer cette douce agonie que je n'échangerais contre aucun trésor
au monde. Le Seigneur m'a accordé la force d'âme et l'amour envers ceux par
qui me viennent les souffrances. Voici donc ce que fut le premier jour de l'année. 1454. Ce jour encore, j'ai ressenti les prières de la belle âme qui priait pour moi,
me communiquant en esprit sa bénédiction sacerdotale ; j'ai répondu par une
ardente prière. 1455. Seigneur de toute bonté, comme il est miséricordieux de Votre part de
juger chacun selon sa conscience et son discernement et non pas selon les
racontars des gens. Mon âme se grise et se nourrit de plus en plus de Votre
sagesse, dont j'ai de plus en plus profondément connaissance. Et voilà que se
dévoile à moi encore plus clairement l'immensité de Votre Miséricorde. Ô mon
Jésus, toute cette connaissance a pour conséquence que je me transforme en un
feu d'amour pour Vous, ô mon Dieu ! 1456. 2 janvier 1938. Aujourd'hui pendant que je me préparais à la Sainte
Communion, Jésus a exigé que j'écrive bien plus, non seulement sur les grâces
qu'Il m'accorde, mais aussi sur les choses extérieures et ceci pour la consolation
de bien des âmes. 1457. Lorsque le prêtre est entré avec Notre Seigneur Jésus dans ma cellule,
après cette nuit de souffrances, une telle ardeur envahit tout mon être que j'ai
senti que, si le prêtre avait prolongé quelque peu ce moment, Jésus Lui-même se
serait arraché de ses mains et serait venu à moi. 1458. Après la Sainte Communion, le Seigneur m'a dit : « Si le prêtre ne M'avait
pas apporté à toi, Je serais venu Moi-même sous cette même forme. Ma fille,
les souffrances de cette nuit ont obtenu la grâce de la Miséricorde pour un grand
nombre d'âmes ! » 1459. « Ma fille, Je dois te dire quelque chose !» « Parlez, Jésus, car j'ai soif de Vos paroles ! » - « Cela me déplaît que tu te laisses ainsi influencer et parce que les Sœurs auraient murmuré que tu ne te sois pas confessée au Père Andrasz dans la cellule ; tu sais bien que tu leur a donné par là encore plus de raison de murmurer. » J'ai demandé très humblement pardon au Seigneur. Ô mon Maître,
réprimandez-moi, ne me passez rien et ne me permettez pas de commettre une
faute ! 1460. Ô mon Jésus, lorsque je suis incomprise et que mon âme est tourmentée,
je désire demeurer un moment seule à Seul, avec Vous. Le langage des mortels
ne me réconforte pas. Ne m'adressez pas, ô Seigneur de tels messagers qui ne
me parlent que pour leur propre compte de ce que leur dicte leur propre nature
! De tels consolateurs me fatiguent beaucoup ! 1461. 6 janvier 1938. Lorsque Monsieur le Chapelain a apporté Notre Seigneur Jésus, une lumière jaillie de l'hostie, toucha mon cœur de son rayon, m'emplissant d'un grand feu d'amour. C'est Jésus qui me laissa entendre que je devais répondre avec une plus grande fidélité à l'inspiration de la Grâce et que ma vigilance devrait être plus subtile. Le Seigneur m'a fait savoir également que quantité d'évêques réfléchissaient à
cette fête, ainsi qu'un laïc. Les uns enthousiasmés de l'œuvre de Dieu, les autres
incrédules ; mais malgré tout l'œuvre de Dieu fut jugée glorieuse. Mère Irène et
Mère Marie Josèphe firent une sorte de rapport devant ces dignitaires mais on
leur posa moins de questions sur l'Oeuvre que sur moi-même. Quant à cette
Œuvre, il n'y avait déjà plus de doute, puisque la gloire de Dieu s'était déjà
manifestée. 1463. Je me sens beaucoup mieux aujourd'hui et me réjouissait de pouvoir consacrer plus de temps à la méditation pendant l'Heure Sainte. Soudain j'entendis une voix : « Tu ne seras pas en bonne santé, ne remet pas à plus tard le sacrement de la Confession, car cela ne me plaît pas. Ne fais pas attention aux murmures de ton entourage. » Cela m'a étonnée, puisque je me sentais mieux aujourd'hui, mais je n'ai pas réfléchi plus longuement à ceci. Lorsque la Sœur éteignait la lumière, j'ai entamé l'Heure Sainte, mais au bout d'un moment j'ai commencé à me sentir le cœur malade. J'ai souffert en silence jusqu'à onze heures ; cependant plus tard je me suis sentie si mal que j'ai éveillé Sœur N. qui cohabite avec moi et elle m'a donné des gouttes qui m'ont soulagée suffisamment pour me permettre de me coucher. Je comprends maintenant l'avertissement de Seigneur. J'ai décidé de faire appeler le lendemain un prêtre quel qu'il soit, et de lui dévoiler les secrets de mon âme. Mais ce n'est pas tout, car alors que je priais pour les pécheurs, et que j'offrais
toutes mes souffrances, l'esprit du mal ne put supporter cela. Et un spectre me
dit : « Ne prie pas pour les pécheurs mais pour toi-même, car tu seras damnée.»
Sans tenir aucunement compte de Satan, j'ai prié avec une ferveur accrue pour
les pécheurs. Le mauvais esprit hurla de colère : « Oh ! Si j'avais pouvoir sur toi
! « et disparut. J'ai su que ma souffrance et ma prière gênaient Satan parce que
j'ai arraché bien des âmes à son emprise. 1465. Jésus aimant le salut des hommes, attire toutes les âmes à la vie divine.
Que soit glorifiée la grandeur de Votre Miséricorde ici bas et dans l'éternité. Ô
grand amoureux des âmes, en Votre pitié inépuisable Vous avez offert le salut,
source de Miséricorde, afin que les âmes faibles se fortifient à la source de la
Miséricorde durant le pèlerinage qu'est cette vie. Votre miséricorde, passe à
travers toute notre vie, tel un fil d'or. Dans tous les domaines, c'est elle qui
maintient le contact entre notre existence et Dieu. Puisque rien ne manque à mon
bonheur, c'est donc que tout est uniquement Son Œuvre de Miséricorde. C'est
avec joie que je perds l'usage de mes sens lorsque Dieu me révèle Son
insondable Miséricorde. 1466. 7 janvier 1938. Premier vendredi du mois. Ce matin j'ai vu au cours de la
Sainte Messe le Sauveur en train de souffrir. Ce qui m'a frappée, c'est que Jésus
restait calme au milieu de grandes souffrances. J'ai compris que c'était là une
leçon pour moi, destinée à me montrer comment je dois me conduire
extérieurement lorsque je suis plongée dans diverses souffrances. 1467. Durant un long moment, j'ai ressenti des douleurs aux mains, aux pieds et
au côté. Soudain j'ai vu un pécheur qui bénéficiait de mes souffrances, et il se
rapprocha du Seigneur. Tout cela c'est pour les âmes affamées afin qu'elles ne
meurent pas de faim. 1468. Je me suis confessée aujourd'hui à Monsieur le Chapelain et Jésus m'a
consolée par son intermédiaire. Ô Ma Mère, Eglise de Dieu, Vous êtes une
véritable mère qui comprend ses enfants… 1469. Oh ! Comme Jésus à raison de vouloir nous juger selon notre conscience
et non selon les bavardages et l'opinion des gens ! Ô beauté inconcevable, je
Vous vois remplie de bonté, même dans l'exercice de Votre jugement ! 1470. Bien que je me sente faible, je ressens l'inspiration de la Grâce qui me
pousse à me dominer et à écrire pour la consolation des âmes que j'aime tant et
avec lesquelles je partagerai l'éternité entière. Et pour elles je désire si vivement
la vie éternelle, que je profite de chaque moment de liberté, si petit soit-il afin
d'écrire comme le souhaite Jésus. 1471. 8 janvier. J'ai eu durant la Sainte Messe la connaissance passagère de la
très grande gloire résultant pour Dieu des efforts communs de Monsieur l'Abbé
S. et de moi-même, car quoique nous soyons éloignés, nous nous rencontrons
souvent, puisque un même objectif nous unit. 1472. Ô mon Jésus, mon unique désir, bien que j'ai désiré aujourd'hui Vous
recevoir en mon cœur avec une plus grande ardeur que de coutume, cependant
mon âme est plus aride qu'à l'accoutumée. Ma foi croît en puissance ; le fruit de
Votre venue sera donc, Seigneur, abondant. Quoique bien souvent Vous veniez,
sans affecter mes sens et que Vous régniez dans les seules sphères supérieures
de mon être, les sens aussi se réjouissent de Votre venue. 1473. Souvent, je prie Notre Seigneur de me donner une raison éclairée par la
foi. J'exprime cela au Seigneur par ces mots : « Donnez-moi, Jésus l'intelligence
et la science afin de Vous mieux connaître car plus je Vous connais, plus je
Vous aime ardemment. Jésus, je vous prie de me donner une puissante
compréhension des choses divines et spirituelles. Donnez-moi, Jésus la grande
compréhension par laquelle je pourrais connaître Votre Etre Divin ainsi que
Votre vie intérieure de Trinité. Dotez mon esprit de capacités et d'aptitudes par
Votre grâce particulière. Quoique je sache qu'il existe une dotation par la Grâce,
telle que me la donne l'Eglise ; il existe cependant un trésor de grâces
importantes que Vous nous accordez, Seigneur, à notre demande. Mais si ma
prière ne Vous agrée pas, Seigneur, je Vous prie de ne pas me donner
d'inclinations pour de telles prières ! » 1474. Je m'efforce à la plus grande perfection afin d'être utile à l'Eglise. Ma
liaison avec l'Eglise augmente. Chaque âme prise séparément, qu'elle soit une
âme Sainte ou une âme déchue, influence toute l'Eglise. En m'observant et en
observant ceux qui me sont proches, j'ai vu quelle grande influence j'exerce sur
les autres âmes non par quelque action héroïque, car celles-ci sont frappantes en
elles-mêmes, mais par de très petites actions, comme de bouger les mains, de
regarder, et une quantité d'autres choses que je ne saurais énumérer et qui
pourtant agissent et retentissent sur les autres âmes ce que j'ai observé par
moi-même. 1475. Oh ! Comme il est sage que notre règle recommande le silence absolu au
dortoir et ne permette pas d'y demeurer sans nécessité. J'ai actuellement une
petite chambre où nous dormons à deux ; mais au moment où je me suis sentie
affaiblie et où j'ai dû m'aliter, j'ai expérimenté combien cela est pénible si
quelqu'un reste toujours au dortoir. Sœur N. avait certain travail manuel à
exécuter, et elle a dû demeurer presque tout le temps au dortoir et une autre
Sœur venait lui enseigner ce travail. Comme elles m'ont fatiguée, il m'est difficile
de le décrire, surtout lorsque l'on est faible et que l'on a passé la nuit dans les
souffrances, chaque mot se répercute quelque part dans le cerveau juste au
moment où les yeux commencent à se fermer. Ô Règle, en toi, combien d'amour
! 1476. Lorsque pendant les Vêpres, on a chanté ces paroles du Magnificat : « Il
a déployé la force de Son bras, » mon âme fut envahie d'un profond
recueillement : j'ai connu et compris que le Seigneur accomplira sous peu Son
œuvre en mon âme. Et je ne m'étonne plus maintenant que le Seigneur ne m'ait
pas d'abord tout dévoilé. 1477. Pourquoi êtes-Vous triste aujourd'hui Jésus ? Dites-moi qui est la cause de Votre tristesse ? Et Jésus me répondit : « Les âmes choisies qui n'ont pas Mon Esprit, qui s'en tiennent à la lettre, qui la place au-dessus de Mon Esprit, au-dessus de l'esprit d'Amour. J'ai fondé Ma loi sur l'Amour et cependant même dans les ordres religieux, je ne
vois point cet Amour. C'est pourquoi la tristesse emplit Mon Cœur.» + J.M.J. 1478. Ô mon Jésus, au sein de terribles amertumes et douleurs, Je sens cependant que Ton divin Cœur me chérit. Telle une bonne mère Tu me presses contre Ton Cœur Et Tu me fais pressentir maintenant déjà ce que cache le voile ! Ô mon Jésus, environné par l'effroi d'un désert, Mon cœur cependant sent le regard de Tes yeux Qu'aucun orage ne saurait me cacher Et Tu me donnes l'intime certitude de Ton immense amour, ô Dieu ! Ô mon Jésus, parmi les si grandes misères de cette vie, Tu luis pour moi, Jésus, comme l'étoile et Tu me protèges du naufrage. Et bien que les misères soient grandes, J'ai cependant grande confiance en la puissance de ta Miséricorde. Ô Jésus caché, parmi bien des luttes la dernière heure venue, Que la Toute-Puissance de Tes grâces se déversent sur mon âme, Afin que je puisse Te voir tout de suite après mon agonie Face à face, ainsi que les élus du Ciel ! Ô mon Jésus, parmi bien des dangers alentour, Je vais par la vie lançant un cri de joie et je porte fièrement le front haut, Car devant Ton Cœur plein d'Amour, ô Jésus, Se brisent tous les ennemis et se dissipent les ténèbres. 1479. Ô Jésus, cachez-moi dans Votre Miséricorde, et voilez avant toute chose
ce qui pourrait effrayer mon âme ! Que la confiance que j'ai mise en Votre
Miséricorde ne soit pas déçue ! Abritez-moi de Votre Toute-puissance et
jugez-moi avec bienveillance ! 1480. Aujourd'hui pendant la Sainte Messe j'ai vu près de mon prie-Dieu
l'Enfant Jésus. Il semblait avoir un an et Il m'a demandé de Le prendre dans mes
bras. Lorsque je l'eus pris dans mes bras, Il se blottit contre mon cœur et dit : «
Je me sens bien près de ton cœur. » - « Bien que tu sois si petit, je sais pourtant
que Tu es Dieu. Pourquoi prends-tu l'apparence d'un tout petit pour venir me
voir ? » - « Parce que Je veux t'apprendre l'enfance de l'âme. Je veux que tu
sois très petite, car lorsque tu es toute petite, Je te porte sur Mon Cœur, tout
comme tu Me tiens en ce moment sur le tien. » -A ce moment je suis restée
seule, mais personne ne peut concevoir l'émotion de mon âme. J'étais toute
plongée en Dieu comme l'éponge jetée dans la mer… 1481. Ô mon Jésus, Vous savez à combien de désagréments je me suis
exposée pour avoir dit la vérité. Ô vérité, plus d'une fois opprimée, tu portes
presque toujours une couronne d'épines. Ô Vérité éternelle, soutiens-moi afin
que j'aie le courage, même si je devais le payer de ma vie. Jésus, comme il est
difficile de croire en cela, si l'on entend d'autres enseignements et si l'on voit
d'autres conduites dans la vie ! 1482. C'est pourquoi durant la retraite, après avoir longuement analysé la vie,
j'ai décidé de fixer fermement mon regard sur Vous, Jésus, modèle absolument
parfait. Ô Eternité, qui découvrira tant de secrets et dévoilera la vérité ! … 1483. Ô vivante Hostie, soutenez-moi dans cet exil, afin que je puisse marcher
fidèlement sur les traces du Sauveur ! Je ne Vous demande pas, Seigneur, de
me descendre de la Croix, mais je Vous supplie de me donner la force de tenir
bon sur elle. Je désire être écartelée tout comme Vous, Jésus, sur la Croix. Je
désire toutes les tortures et toutes les douleurs que Vous avez supportées. Je
désire boire le calice d'amertume jusqu'à la lie. 1484 -LA BONTE DE DIEU Miséricorde de Dieu cachée dans le Très Saint Sacrement, Voix du Seigneur qui nous dit du trône de la Miséricorde : « Venez à Moi ! » Conversation entre le Dieu de Miséricorde et l'âme pécheresse. Jésus : « Ne redoute pas ton sauveur, âme pécheresse. C'est Moi qui fais les
premiers pas, car Je sais que tu n'es pas capable par toi-même, d'arriver jusqu'à
Moi. Enfant, ne fuis pas ton Père; veuille entrer en conversation, seule à Seul,
avec ton Dieu de Miséricorde, qui veut Lui-même te donner une parole de
pardon et te combler de Ses Grâces. Ô combien ton âme m'est chère ! Je t'ai
inscrite sur Mes mains et tu es gravée en Mon Cœur d'une profonde blessure. » L'âme : « Seigneur, j'entends Votre voix qui m'appelle afin que je m'écarte de la
mauvaise route, mais je n'en ai ni le courage ni la force ! » Jésus : « Je suis, Moi, ta force, Je te donnerai le pouvoir de lutter ! » L'âme : « Seigneur, je connais Votre sainteté et je Vous redoute ! » Jésus : « Pourquoi redoutes-tu, Mon enfant, le Dieu de Miséricorde ? Ma
Sainteté ne M'empêche pas d'être miséricordieux. Regarde, âme, c'est pour toi
que j'ai institué le Trône de la Miséricorde sur terre. Ce trône c'est le
Tabernacle. Et de ce trône de Miséricorde, Je désire descendre en ton cœur.
Regarde, aucune suite ne m'entoure, aucun garde. Tu as accès à Moi à tout
moment, à chaque heure du jour. Je désire parler avec toi et t'accorder des
Grâces. » L'âme : Seigneur, je redoute que Vous ne me pardonniez pas un si grand
nombre de péchés, l'épouvante s'empare de ma misère. » Jésus : « Ma miséricorde est plus grande que ta misère et que le monde entier.
Qui a pris la mesure de Ma Bonté ? C'est pour toi que je suis descendu du ciel
sur la terre. C'est pour toi que je me suis laissé cloué à la Croix. Pour toi J'ai
permis que Mon Très Saint Cœur soit percé d'un coup de lance et je t'ai ainsi
ouvert la source de Miséricorde. Viens et puise les grâces de cette source !
Puise-les avec l'instrument de la Miséricorde qui s'appelle la confiance ! Je ne
rejette jamais un cœur plein d'humilité, ta misère fait naufrage dans l'abîme de
Ma Miséricorde. Pourquoi devrais-tu discuter avec Moi de ta misère? Fais-Moi
plaisir, abandonne-Moi toute ta pauvreté et ta misère et Je te comblerai d'un
trésor de Grâces ! » L'âme : « Vous avez vaincu mon cœur de pierre, ô Seigneur, par Votre bonté, et
voici qu'avec confiance et humilité je m'approche du tribunal de Votre
Miséricorde, absolvez-moi Vous-même, par la main de Votre représentant. Ô
Seigneur, je sens comme la grâce et la paix ont pénétré dans ma pauvre âme !
Je sens que Votre Miséricorde, Seigneur m'a envahie de part en part. Vous
m'avez plus pardonné que je n'aurais osé l'espérer ou même que je n'étais
capable de l'imaginer. Votre bonté a surpassé tous mes désirs. Et maintenant je
Vous invite en mon cœur, pénétrée de reconnaissance pour tant de grâces. Je
m'étais égarée comme l'enfant prodigue quittant le droit chemin, mais Vous
n'avez cessé d'être un Père pour moi. Versez à profusion Votre Miséricorde en
moi, car Vous voyez combien je suis faible ! » Jésus : « Enfant, ne parle plus de ta misère, car je l'ai déjà oubliée ! Ecoute mon
enfant ce que je vais te dire : blottis-toi dans Mes Plaies et puise à la source de
vie tout ce que ton cœur peut désirer ! Bois à longs traits à la source de vie et tu
ne t'arrêteras pas en chemin ! Contemple l'éclat de Ma Miséricorde et ne
redoute pas les ennemis de ton salut ! Glorifie Ma Miséricorde ! » 1485. Conversation entre le Dieu de Miséricorde et l'âme désespérée. Jésus : « Ame plongée dans les ténèbres, ne désespère pas, tout n'est pas
encore perdu, entre en conversation avec ton Dieu qui est tout Amour et
Miséricorde.» Mais malheureusement l'âme demeure sourde à l'appel de Dieu et
se plonge dans des ténèbres plus grandes encore. Jésus l'appelle à nouveau : «
Ame, entend la voix de ton Père miséricordieux.» Une réponse s'éveille en l'âme : « Il n'y a plus pour moi de Miséricorde.» Et elle
tombe plus bas encore, dans une sorte de désespoir qui lui donne comme un
avant-goût de l'enfer et la rends complètement incapable de se rapprocher de
Dieu. Pour la troisième fois, Jésus s'adresse à l'âme mais l'âme est sourde et
aveugle et elle s'endurcit peu à peu dans le désespoir. Alors des profondeurs de
la Miséricorde divine un dernier effort est tenté et sans aucune coopération de
l'âme, Dieu lui donne Sa dernière grâce. Si elle la dédaigne, Dieu la laisse alors
dans l'état où elle-même veut être pour les siècles. Cette Grâce provient du
Cœur Miséricordieux de Jésus, elle touche l'âme de sa lumière et l'âme
commence à comprendre l'effort de Dieu ; mais la conversion dépend d'elle. Elle
sait que cette grâce est la dernière pour elle. Et si elle montre le moindre
frémissement de bonne volonté aussi petit qu'il soit, la Miséricorde divine
accomplit le reste. Jésus : « C'est ici qu'agit la Toute-Puissance de Ma Miséricorde ! Heureuse l'âme qui profite de cette grâce ! Quelle immense joie emplit Mon Cœur lorsque tu reviens vers Moi ! Je te vois si
faible, c'est pourquoi Je te prends dans Mes bras et Je te porte à la Maison de
Mon Père. » L'âme, comme tirée de sa torpeur demande pleine d'effroi : « Est-il possible qu'il
y ait encore Miséricorde pour moi ? ». Jésus : « C'est justement toi, Mon enfant, qui as un droit particulier à Ma
Miséricorde. Permets-lui d'agir sur toi, dans ta pauvre âme. Permets aux rayons
de la Grâce d'entrer dans ton âme, ils apportent avec eux la lumière, la chaleur
et la vie. » L'âme : « Pourtant la crainte m'envahit au seul souvenir de mes péchés et cette
terrible frayeur me pousse à douter de Votre bonté. » Jésus : « Âme, sache bien que tous tes péchés ne m'ont pas blessés aussi
douloureusement le Cœur, que ne le fait ta méfiance actuelle. Comment après
tant de preuves de Mon Amour et de ma Miséricorde peux-tu demeurer
incrédule devant ma bonté ? » L'âme : « Ô Seigneur, sauvez-moi tout Seul , car je vais périr. Soyez pour moi le
Sauveur. Ô Seigneur, je ne suis pas en état d'exprimer le reste, mon pauvre
cœur est déchiré, mais Vous, Seigneur !… » Jésus ne laissa pas l'âme terminer ces mots, mais l'enleva de terre, de cet abîme
de misère et en un moment, la conduisit en la demeure de Son propre Cœur où
tous ses péchés disparurent en un clin d'œil. Le feu de l'Amour les détruisit. Jésus : « Voici, âme tous les trésors de Mon Cœur, viens puiser tout ce dont tu
as besoin ! » L'âme : « Ô Seigneur, je me sens comblée de Votre Grâce, je sens comme une
nouvelle vie qui me pénètre. Et par-dessus tout, je sens Votre Amour en mon
cœur et cela me suffit, ô Seigneur. Durant toute l'éternité, je glorifierai la Toute
Puissance de Votre Miséricorde. Enhardie par Votre bonté, je vais Vous dire
tout ce qui fait la douleur de mon cœur. » Jésus : « Dis tout, Mon enfant, sans aucune restriction, car c'est un cœur aimant
qui t'écoute, le Cœur du meilleur des amis. » « Ô Seigneur, je découvre maintenant toute mon ingratitude et Votre bonté.
Vous me poursuiviez de Votre Grâce et moi, je tendais inutile tous Vos efforts.
Je vois que j'aurais mérité le fond même de l'enfer pour avoir gaspillé Vos
Grâces. » Jésus interrompt l'entretien de l'âme et dit : Ne t'enfonce pas dans ta misère, tu
es trop faible pour parler. Regarde plutôt Mon Cœur plein de bonté.
Imprègne-toi de Ma façon de sentir et efforce-toi au calme et à l'humilité. Sois
miséricordieuse envers les autres, tout comme je le suis envers toi. Et quand tu
sentiras que tes forces faiblissent, viens à la Source de la Miséricorde et fortifie
ton âme ! Et ainsi tu ne faibliras pas en chemin ! » L'âme : « Je comprends maintenant Votre Miséricorde qui me couvre d'un
nuage lumineux et me conduit à la demeure de mon Père, me protégeant du
terrible enfer, que j'ai mérité non pas une, mais mille fois. Ô Seigneur, je n'aurai
pas assez de gratitude pour glorifier dignement Votre insondable Miséricorde,
Votre pitié envers moi ! » 1486 Conversation entre le Dieu de Miséricorde et l'âme souffrante . Jésus : « Ame, Je te vois si tourmentée, Je vois que tu n'as même pas la force de
parler avec moi ! Je vais donc, Moi seul, te parler. Tes souffrances seraient-elles
sans mesure, ne perds pas ton calme et ne t'abandonne pas non plus au
découragement. Pourtant dis-Moi, Mon enfant, qui a eu l'audace de blesser ton
cœur ? Raconte-Moi tout. Sois sincère envers Moi. Dévoile-Moi toutes les
blessures de ton cœur ! Je les guérirai, et ta souffrance deviendra la source de ta
sanctification. » L'âme : « Seigneur, mes souffrances sont si grandes et si diverses ! Devant la
longueur de leur durée, le découragement s'empare de moi ! » Jésus : « Mon enfant, il ne faut pas te décourager. Je sais que tu connais Ma
bonté et Ma Miséricorde, parlons donc peut-être en détail de ce qui te pèse le
plus sur le cœur. » L'âme : « J'ai tant de choses que je ne sais de quoi parler en premier, ni
comment exprimer tout cela. » Jésus : « Parle-Moi sans détour, comme un ami parle à son ami. Alors dis-Moi,
Mon enfant, ce qui te retient sur le chemin de la Sainteté ? » L'âme : « Le manque de santé. Je ne peux accomplir ma tâche; je suis une sorte
de souffre-douleur. Je ne peux pas me mortifier ni jeûner sévèrement comme le
firent les Saints. D'autre part, on ne croit pas que je sois malade si bien qu'aux
souffrances physiques s'ajoutent les souffrances morales qui me causent bien des
humiliations. Vous voyez, Jésus comment est-il possible, dans ces conditions, de
devenir Sainte ? » Jésus : « Enfant, cela est vrai, tout cela est souffrance ; mais il n'y a pas d'autre
chemin pour aller au Ciel que le chemin de la Croix ! Je l'ai emprunté
Moi-même le premier. Tu sais bien que c'est là le plus court et le plus sûr. » L'âme : Seigneur, voici un nouvel obstacle sur le chemin de la Sainteté : On me
persécute parce que je vous suis fidèle. J'endure bien des souffrances pour cette
raison. » Jésus : « Tu sais bien que parce que tu n'es pas de ce monde, le monde t'a prise
en haine. Ils M'ont persécuté le premier. Cette persécution est le signe que tu
marches fidèlement sur Mes traces. » L'âme: Seigneur, le fait que ni mes Supérieures ni mon confesseur ne
comprennent mes souffrances intimes est un nouveau sujet de découragement
pour moi. Les ténèbres ont obscurci mon esprit, comment pourrai-je aller de
l'avant ? C'est ainsi que tout me décourage; et je pense que les hauteurs de la
Sainteté ne sont pas pour moi. » Jésus : « Cette fois-ci, Mon enfant tu M'as fait de véritables confidences. Je sais
que c'est une bien grande souffrance d'être incomprise et, qui plus est, par ceux
que l'on aime et devant lesquels notre franchise est grande. Qu'il te suffise que Je
te comprenne dans toute ta pauvreté et ta misère. La foi profonde que tu mets
malgré tout en mes représentants Me plaît, mais tu dois savoir que les hommes
sont incapables de comprendre complètement l'âme, car cela est au-dessus de
leurs possibilités. C'est pourquoi je suis restée Moi-même sur terre, afin de
consoler ton cœur douloureux et de fortifier ton âme pour que tu ne faiblisses
pas en chemin. Tu dis que de grandes ténèbres obscurcissent ton esprit,
pourquoi donc ne viens-tu pas dans ces moments-là vers Moi, qui suis toute
lumière. En un instant Je peux verser en ton âme autant de lumière et de
compréhension de la Sainteté que tu ne saurais en retirer d'aucun livre, ni en
recevoir d'aucun confesseur. Tu dois savoir que même ces ténèbres dont tu te
plains, je les ai d'abord traversées pour toi au Jardin des Oliviers. Mon âme fut
saisie d'une tristesse mortelle ; et je te donne en partage une parcelle de ces
souffrances en raison de l'Amour particulier que J'ai envers toi et du haut degré
de sainteté que je te destine dans le ciel. L'âme souffrante est la plus proche de
Mon Cœur. » L'âme : « Encore une chose, Seigneur ! Que faire si je suis repoussée et rejetée
par les gens, par les gens, particulièrement par ceux sur lesquels j'ai le droit de
compter, et cela au moment où j'en ai le plus besoin ? » Jésus : « Mon enfant, prends la résolution de ne jamais t'appuyer sur les gens.
Tu feras de grandes choses si tu t'abandonnes entièrement à Ma volonté en
disant : « Qu'il en soit non point comme je le veux, mais selon Votre volonté, ô
Dieu. » Sache que ces paroles prononcées du fond du cœur transportent l'âme,
en un instant, au sommet de la Sainteté. J'ai une prédilection particulière pour
l'âme qui agit ainsi. Elle me rend grande gloire, elle emplit le ciel du parfum de sa
vertu. Mais sache que c'est la communion fréquente qui te donnera cette force
en toi pour supporter la souffrance. Viens souvent à cette source de
Miséricorde et puises-y avec confiance tout ce qui t'est nécessaire ! » L'âme : « Merci, Seigneur, de Votre inconcevable bonté. Merci d'avoir daigné
rester avec nous dans cet exil et de demeurer parmi nous comme le Dieu de
Miséricorde. Votre pitié et Votre Bonté rayonnent autour de Vous, et à la
lumière de Votre Miséricorde, je reconnais combien Vous m'aimez. » 1487. Conversation entre le Dieu de Miséricorde et l'âme aspirant à la
perfection Jésus : « Tes efforts Me sont agréables, âme qui aspire à la perfection. Mais
pourquoi te vois-Je si souvent triste et abattue ? Dis-moi, Mon enfant, ce que
signifie cette tristesse et quelle en est la cause ? » L'âme : « Seigneur, la raison de ma tristesse est que, malgré mes sincères
résolutions, je retombe sans cesse dans les mêmes erreurs. Je prends une
résolution, le matin, mais je vois, le soir, combien je m'en suis éloignée. » Jésus : « Tu vois, Mon enfant, ce que tu es par toi-même ; la cause de tes
échecs, c'est que tu comptes trop sur toi et que tu t'appuies trop peu sur Moi.
Mais que cela ne t'attriste pas outre mesure. Je suis le Dieu de Miséricorde. Ta
misère ne saurait épuiser mon amour puisque Je n'ai pas limité le nombre de
Mes pardons. » L'âme : « Oui, je sais tout cela. Mais je suis assaillie par de grandes tentations,
des doutes divers se font jour en moi. Alors, tout m'irrite et tout me décourage.
» Jésus : « Sache, Mon enfant, que les plus grands obstacles à la Sainteté sont le
découragement et l'inquiétude. Ils t'enlèvent la possibilité de t'exercer à la vertu.
Toutes les tentations réunies ne devraient pas, même un instant, troubler ta
tranquillité intérieure. Quant à l'irritabilité et au découragement, ce sont là les
fruits de ton amour-propre. Il ne faut pas te décourager, mais t'efforcer de faire
régner l'amour de Ton Dieu à la place de ton amour-propre. Confiance donc,
Mon enfant, tu ne dois pas te décourager. Viens Me demander pardon puisque
Je suis toujours prêt à te l'accorder. A chaque fois que tu Me le demandes, tu
célèbres Ma Miséricorde. » L'âme : Je sais reconnaître la voie de la perfection ainsi que ce qui Vous plaît le
plus, mas j'ai de si grandes difficultés à accomplir ce que j'ai compris. » Jésus : « Mon enfant, la vie sur terre est une lutte, une bien grande lutte pour pénétrer en « Mon royaume, mais ne crains rien, car tu n'es pas seule. Je te soutiens
toujours, appuie-toi donc sur Mon épaule et lutte sans aucune crainte. Avec
confiance, puise à la source de vie, non seulement pour toi, mais aussi pour
d'autres âmes, et particulièrement pour celles qui ne croient pas en Ma bonté L'âme : Ô Seigneur, je sens que mon cœur s'emplit de Votre Amour, que le rayonnement de Votre Miséricorde et de Votre Amour pénètre mon âme. Et voici que je réponds à Votre appel, Seigneur, je pars à la conquête des âmes. Soutenue par Votre grâce, je suis prête à Vous suivre, Seigneur, non seulement au Thabor, mais aussi au Calvaire. Je désire amener les âmes à la source de Votre Miséricorde afin qu'elles soient
éclairées par les rayons de Votre Miséricorde, pour que la maison de Notre
Père soit comble. Et lorsque l'ennemi à lancer des traits contre moi, alors à ce
moment je me protègerai de Votre Miséricorde, comme d'un bouclier.» 1488. Conversation entre le Dieu de Miséricorde et l'âme parfaite L'âme: Mon Seigneur et mon Maître, je désire converser avec Vous. » Jésus : « Parle, car je suis toujours à ton écoute, Mon enfant chérie. Je t'attends
toujours. De quoi désires-tu me parler ? » L'âme, « Seigneur, avant tout, je répands mon cœur à Vos pieds, comme un
parfum de gratitude pour tant de grâces et de bienfaits, dont vous me comblez
sans cesse et que, même si je le voulais, je ne serais pas en état de dénombrer.
Je me souviens seulement qu'il n'y a pas eu de moment dans ma vie, où je n'ai
bénéficié de Votre protection et de Votre bonté. » Jésus : « Ta conversation M'est agréable et l'action de grâces t'ouvre de
nouveaux trésors de grâces. Mais, Mon enfant peut-être ne devrions-nous
parler de façon aussi générale, mais en détail de ce qui te pèse le plus sur le
cœur. Parlons en confidence, franchement, cœur à cœur. » L'âme : « Ô Mon Seigneur de Miséricorde, il y a des secrets en mon cœur dont
personne à part Vous ne sait et ne saura rien. Car voudrais-je les formuler, que
personne ne les comprendrait. Votre remplaçant est quelque peu au courant,
puisque je me confesse à lui ; mais autant seulement que je suis capable de lui
dévoiler ces secrets, le reste demeure entre nous, pour l'éternité. Ô mon Seigneur, Vous m'avez abrité du manteau de Votre miséricorde, me
pardonnant toujours mes péchés. Pas une fois Vous ne m'avez refusé Votre
pardon. Mais, me prenant en pitié, Vous m'avez accordé la vie, la nouvelle vie
de la grâce afin que je n'aie de doutes sur rien. Vous m'avez placée sous la
maternelle protection de Votre Eglise, cette mère pleine de tendresse, qui
m'assure, en Votre nom, de la vérité de la foi et veille à ce que je ne m'égare
jamais. Et c'est tout particulièrement au tribunal de Votre Miséricorde, que mon
âme est baignée dans l'océan de Votre clémence. Aux Anges déchus, Vous
n'avez pas donné le temps de la pénitence. Vous n'avez pas prolongé, pour eux,
le temps de la Miséricorde. Ô mon Seigneur, Vous avez mis sur le chemin de
ma vie de saints prêtres qui me montrent le bon chemin. Jésus, il est encore un
secret en ma vie, le plus profond, mais le plus cher à mon cœur: c'est-à-dire
Vous-même, sous la forme du pain, lorsque Vous venez dans mon cœur. Là est
tout le secret de ma sainteté. Là mon cœur uni au Vôtre ne fait plus qu'un avec
Lui. Là n'existe plus aucun secret. Car tout ce qui est Vôtre, est mien, et tout ce
qui est mien, est Vôtre. Voilà la puissance et le miracle de Votre Miséricorde ! Mettrait-on ensemble
toutes les langues des hommes et des Anges qu'elles n'auraient pas assez de
mots pour glorifier le mystère de Votre Amour et de Votre insondable
Miséricorde. Lorsque je le considère, mon cœur connaît une nouvelle extase
d'Amour. Mais je Vous dis tout cela, Seigneur, dans le calme et le silence, car le
langage de l'Amour ne possède pas de paroles. Bien que Vous Vous abaissiez
grandement. Votre grandeur s'est accrue en mon âme, ô Seigneur, unique objet
de mon amour, car la vie de l'amour et de l'union se manifeste à l'extérieur. Et
c'est pourquoi un plus grand amour envers Vous s'est éveillé en mon âme, ainsi
qu'une parfaite pureté, une profonde humilité, une paix sereine et un grand zèle
pour le salut des âmes. Ô mon Très doux Seigneur, Vous veillez sur moi à tout
moment et Vous m'inspirez sur la façon de me comporter dans telle et telle
circonstance, alors que mon cœur hésite entre deux façons d'agir. Vous êtes
plus d'une fois intervenu Vous-même pour résoudre une affaire. D'innombrables fois, Vous m'avez fait connaître en un éclair ce qui avait Votre préférence. Combien de pardons secrets m'avez-Vous donnés ! Combien de fois avez-Vous versé en mon âme force et réconfort afin que j'aille de l'avent ? Vous avez vous-même écarté les difficultés de mon chemin, intervenant directement dans les agissements des hommes. Ô Jésus, tout ce que je Vous dis là, n'est qu'une faible image de la réalité qui est en mon cœur. Ô mon Jésus, combien je désire la conversion des pécheurs. Vous savez bien ce que je fais pour eux, afin de Vous les gagner. Chaque offense qui Vous est faite m'est excessivement douloureuse. Vous voyez que je n'épargne ni ma force ni ma santé ni même ma vie pour la
défense de Votre Royaume. Quoique sur terre mes efforts ne soient pas visibles,
ils ont néanmoins une valeur à vos yeux. Ô Jésus, je désire amener les âmes à la
source de Votre Miséricorde, afin qu'elles y puisent avec confiance l'eau
vivifiante de la vie éternelle. Plus l'âme est désireuse de bénéficier pour elle-même d'une très grande
Miséricorde divine, plus elle doit se rapprocher de Dieu avec une confiance
accrue. Et si sa confiance en Dieu est sans limites, alors la Miséricorde de Dieu
sera également sans limites pour elle. Ô mon Seigneur à qui mon cœur appartient, Vous savez combien je désire
ardemment que tous les cœurs ne battent que pour Vous, afin que tout homme
glorifie la grandeur de Votre Miséricorde.» Jésus : « Mon enfant bien-aimée, joie de Mon Cœur, ta conversation M'est plus chère et plus agréable que le chant des Anges. Pour toi sont ouverts tous les trésors de Mon Cœur. Puises-y tout ce dont tu as besoin pour toi et pour le monde entier. Par amour pour toi, Je lève le juste châtiment que le genre humain a mérité. Un seul acte de pur amour envers Moi m'est plus agréable qu'un millier d'hymnes venant d'âmes imparfaites. Un seul de tes soupirs d'amour Me récompense de bien des offenses comme celles dont M'abreuvent les impies. La moindre bonne action, c'est-à-dire : acte de vertu, possède à Mes yeux une valeur infinie. Et cela à cause du grand Amour que tu nourris envers Moi. Je règne comme au Ciel, dans une âme comme la tienne, qui vit exclusivement de Mon amour. Nuit et jour, Mon regard veille sur elle; il trouve en elle l'objet de sa prédilection. Je tends l'oreille à sa prière et au murmure de son cœur, et souvent même Je
devance sa prière. Ô Mon enfant chérie, particulièrement chérie, pupille de Mes
yeux, repose un instant près de Mon Cœur et goûte à cet Amour dont tu vas te
délecter pour l'éternité. Mon enfant, tu n'es pas encore dans la Patrie. Va donc
ton chemin, fortifié par Ma Grâce, et lutte pour l'établissement de Mon royaume
dans les âmes des hommes. Mais lutte comme un enfant de Roi. Souviens-toi
que les jours d'exil passent vite et avec eux la possibilité de mériter le Ciel.
J'attends de toi, Mon enfant, un très grand nombre d'âmes qui glorifiant Ma
Miséricorde, durant toute l'éternité. Et afin que tu répondes dignement à Mon
appel, reçois-Moi chaque jour dans la Sainte Communion, elle te donnera la
force… » Jésus, ne me laissez pas seule dans la souffrance. Vous savez, Vous, Seigneur, combien je suis faible… Je suis un abîme de misère, le néant même. Qu'y aurait-il donc d'étrange à ce que, laissée seule, je succombe ? Je suis un petit enfant, Seigneur, je ne sais pas me tirer d'affaire, cependant malgré tous les abandons je Vous fais confiance. En dépit de mon sentiment, en dépit de ce que je ressens plus d'une fois, je me transforme toute en confiance, et je garderai confiance. Ne diminuez en rien mon supplice, donnez-moi seulement la force de le supporter. Faites de moi ce qu'il Vous plaît, Seigneur. Donnez-moi seulement la Grâce de savoir Vous aimer en chaque difficulté, en toute circonstance. Ne diminuez pas, Seigneur, l'amertume du calice, donnez-moi seulement la force de pouvoir le vider. Ô Seigneur, Vous me donnez souvent une grande clairvoyance, puis Vous me
replongez dans une nuit noire et dans le gouffre de mon néant : mon âme se sent
comme seule au milieu d'un grand désert !… Cependant, par-dessus tout, j'ai
confiance en Vous Jésus, car, Vous êtes immuable. Mon humeur est
changeante. Mais Vous êtes, Vous, toujours Le même, plein de Miséricorde ! 1489. Jésus, source de vie, sanctifiez-moi ! Ô ma Force, fortifiez-moi. Mon
Chef suprême, combattez pour moi ! Unique lumière de mon âme, éclairez-moi
! Conduisez-moi, mon Maître, je m'en remets à Vous, comme un petit enfant,
s'en remet à l'amour de sa mère ! Et même si tout devait se liguer contre moi,
même si la terre devait s'effondrer sous mes pas, près de Votre Cœur, je serai
bien tranquille. Vous êtes toujours pour moi, la Mère la plus tendre, surpassant
toutes les mères. C'est dans le silence que je clamerai ma douleur, et Vous me
comprendrez au-delà de toute expression… 1490. Aujourd'hui le Seigneur m'a visitée et m'a dit : « Ma fille, ne t'effraie pas
de ce qui va t'arriver. Je ne te donnerai rien au-dessus de tes forces ; tu connais
la puissance de Ma Grâce ? Elle te suffira. » Après ces mots le Seigneur m'a
donné une plus grande compréhension de l'action de Sa Grâce. 1491. Avant la Sainte communion, Jésus m'a demandé de n'accorder
absolument aucune attention aux dires de l'une des Sœurs, car sa malice et sa
ruse ne lui plaisent pas. « Ma fille, ne parle pas à cette personne de tes pensées,
ni de tes sentiments ! » J'ai demandé pardon au Seigneur pour ce qui Lui a déplu
dans cette âme. Et je l'ai imploré de me fortifier de Sa Grâce au moment où elle
viendra à nouveau converser avec moi. Elle m'a déjà posé tant de questions
auxquelles j'ai répondu avec tout mon amour fraternel ! Et la preuve que je lui ai
parlé de tout cœur, est que je lui ai dit certaines choses, fruits de ma propre
expérience. Mais cette âme avait une toute autre intention que celle que proférait
sa bouche. 1492. Ô mon Jésus, depuis le moment où je me suis entièrement donnée à
Vous, je ne pense absolument plus à moi-même. Vous pouvez faire de moi ce
que Vous voulez. Je ne pense qu'à ce qui Vous plaît le plus et à ce qui peut
Vous faire plaisir, ô Seigneur. Je tends l'oreille et je guette chaque occasion. Peu
importe, alors, que je sois mal jugée au dehors… 1493. 15 janvier 1938. Quand aujourd'hui cette même Sœur, à propos de
laquelle le Seigneur m'avait mise en garde, est venue me rendre visite, je me suis,
en mon âme, armée pour la lutte. Bien que cela m'ait vraiment coûté, je ne me
suis pas écartée d'un cheveu de Ses recommandations. Mais lorsque l'heure fut
écoulée, et que ladite Sœur ne pensait pas à se retirer, j'ai appelé intérieurement
Jésus à l'aide. J'entendis à l'instant en mon âme : « Ne crains rien, Je regarde à
l'instant et je vais t'aider ! Je vais t'envoyer de suite deux Sœurs qui vont venir te
rendre visite, il te sera alors facile de continuer la conversation. » Au même
moment, deux Sœurs sont entrées et la conversation devint alors très facile, mais
elle dura cependant encore une demi-heure 1494. Comme il est bon, durant une conversation, d'appeler Jésus à l'aide.
Comme il est bon, dans un moment de calme, d'implorer pour soi des grâces de
secours. Je redoute beaucoup ces sortes de conversations, soi-disant
confidentielles. Il faut avoir une grande lumière surnaturelle afin de parler avec
profit, à ce moment là, tant pour l'autre personne que pour soi-même. Dieu nous
vient en aide sans doute mais il convient de le Lui demander et de ne pas trop se
fier à soi-même. 1495. 17 janvier 1938. Aujourd'hui, depuis ce matin, mon âme est dans les
ténèbres. Je ne peux m'élever jusqu'à Jésus et je me sens comme abandonnée
de Lui. Ce n'est pas vers les créatures que je vais me tourner, pour avoir la
lumière, car je sais qu'elles ne m'éclairent pas si Jésus désire me garder dans les
ténèbres. Je m'abandonne à Sa sainte volonté, mais je souffre et la lutte devient
plus âpre. Pendant les Vêpres, j'ai voulu me joindre aux Sœurs par la prière. Or
lorsque je me suis transportée par la pensée à la Chapelle, mon esprit s'est
trouvé plongé dans des ténèbres encore plus grandes. 1496. Le découragement m'est venu de tous les côtés. J'entendis alors la voix
de Satan : « Regarde, comme tout ce que te propose Jésus est contradictoire : Il
t'ordonne de fonder un couvent et il t'envoie la maladie. Il t'ordonne de t'efforcer
d'obtenir cette fête de la Miséricorde qui cependant n'est pas du tout désirée du
monde. Pourquoi pries-tu pour cette fête ? Elle est tellement inopportune ! » -
Mon âme est restée silencieuse et par un acte de volonté se mit à prier, ne
voulant pas entrer en discussion avec l'esprit des ténèbres. Cependant un
étrange dégoût de la vie m'a envahie, et j'ai dû faire un grand effort de volonté,
afin de consentir à vivre… Et j'entendis à nouveau les paroles du tentateur : « Demande la mort pour toi demain, après la Sainte Communion ! Dieu t'écoutera, puisqu'Il t'a tant de fois exaucée ! » Faisant silence, par un acte de volonté, je me mis à prier, ou plutôt je m'en suis remise à Dieu, Lui demandant intérieurement de ne pas m'abandonner en ce moment. Il est déjà onze heures du soir. Partout c'est le silence. Toutes les Sœurs dorment déjà dans les cellules. Seule mon âme lutte, et cela avec un grand effort. Le tentateur me dit ensuite : « Que t'importe les autres âmes ? Tu ne devrais prier que pour toi. Les pécheurs se convertiront sans tes prières. Je vois que tu souffres beaucoup en ce moment. Je vais te donner un conseil dont dépendra ton bonheur : ne parles jamais de la Miséricorde divine, et en particulier n'incite pas les pécheurs à avoir confiance en elle car ils méritent un juste châtiment. Deuxième chose et c'est la plus importante : ne dis pas à tes confesseurs et particulièrement à ce Père extraordinaire, ni à ce prêtre de Wilno ce qui se passe en ton âme. Je les connais, je sais qui ils sont. Je veux donc te mettre en garde contre eux. Vois-tu, pour être une bonne
religieuse, il suffit de vivre comme toutes les autres. Pourquoi t'exposer à tant de
difficultés ? » 1497. Gardant toujours le silence, par un acte de volonté, je réussis dans
l'ensemble, à me maintenir en Dieu. Mais un gémissement s'échappa de mon
cœur. Enfin le tentateur s'éloigna et moi, épuisée, je m'endormis immédiatement.
Au matin, après avoir reçu la Sainte Communion, je suis rentrée dans ma cellule,
et tombant à genoux, j'ai renouvelé l'acte par lequel je m'abandonne à toutes les
plus saintes volontés de Dieu. « Je Vous en prie Jésus, donnez-moi la force de
lutter. Que tout se fasse pour moi selon Votre Très Sainte Volonté. Mon âme
est passionnée d'amour pour Votre Très Sainte Volonté. » 1498. A ce moment j'ai vu Jésus qui m'a dit : « Je suis content de ce que tu fais !
Continue à être en paix si tu fais toujours tout ce qui est en ton pouvoir, en cette
œuvre de Miséricorde ! Que ta franchise envers ton confesseur soit la plus
grande possible. Satan n'a rien gagné à te tenter, parce que tu n'es pas entrée en
conversation avec lui ! Continue à agir de même ! Tu m'as rendu grand
hommage aujourd'hui en luttant aussi fidèlement. Que la pensée que Je suis
toujours avec toi, se grave et s'affirme en ton cœur, même si tu ne Me sens pas
au moment du combat ! » 1499. Aujourd'hui, l'Amour de Dieu me transporte dans l'autre monde. Je suis plongée dans l'amour, j'aime et je sens que je suis aimée. Et je vis cela en pleine conscience. Mon âme sombre dans le Seigneur en prenant connaissance de la grande majesté de Dieu et de ma petitesse. Mais cette connaissance amplifie mon bonheur… Cette conscience est si vivante en l'âme, si puissante, et en même temps si douce !
1500. Lorsque maintenant je ne peux dormir la nuit, car la souffrance ne me le
permet pas, je visite toutes les églises et toutes les chapelles et au moins
quelques instants, j'y fais une adoration du Très Saint Sacrement. Lorsque je
reviens à notre chapelle, je prie alors pour certains prêtres qui annoncent et
proclament la miséricorde de Dieu ? Je prie également à l'intention du Saint
Père, et aussi afin d'implorer la miséricorde de Dieu pour les pécheurs - ce sont
là mes nuits. 1501. 20 janvier 1938. Jamais je ne rampe devant quelqu'un. Je ne supporte
pas la flatterie, et l'humilité n'est que vérité, il n'y a plus de vile flatterie dans la
véritable humilité, bien que je me sente la plus petite de tout le couvent, d'un
autre côté, je jouis du titre de bien-aimée de Jésus… Mais peu importe que je
rencontre parfois l'opinion comme quoi je suis orgueilleuse, je sais bien que le
jugement des hommes ne discerne pas le mobile des agissements. 1503.Quant au début de ma vie religieuse, immédiatement après mon noviciat,
j'ai commencé à m'exercer particulièrement à l'humilité, les humiliations que Dieu
m'envoyait ne me suffisaient pas, mais je les recherchais moi-même dans un zèle
excessif, et parfois je me montrais à mes supérieurs telle que je ne l'étais pas en
réalité, et je n'avais même pas l'idée de telles misères. Cependant peu après,
Jésus me fit connaître que l'humilité est seulement vérité. A partir de ce moment,
j'ai changé mon point de vue, suivant fidèlement la lumière de Jésus. J'appris que
si l'âme est avec Jésus, Il ne lui permet pas de s'égarer. 1504. Seigneur, Tu sais que depuis ma jeunesse, j'ai toujours recherché Ta
volonté et, la connaissant, je m'efforçais de l'accomplir ! Mon cœur était habitué
à l'inspiration du Saint Esprit, à laquelle je suis fidèle. Dans le plus grand tumulte,
j'entendais la voix de Dieu, je sais toujours ce qui se passe à l'intérieur de mon
âme… 1505. Je cherche à atteindre la sainteté car de cette façon je serai utile à l'Eglise.
Je fais d'incessants efforts dans la vertu, je m'efforce d'imiter fidèlement Jésus, et
je dépose dans le trésor de l'Eglise de Dieu pour le profit des âmes, cette longue
suite de vertus quotidiennes, humbles, cachées, presque imperceptibles, mais
accomplies avec grand amour. Je sens intérieurement comme si j'avais la
responsabilité de toutes les âmes, je sens bien que je vis non seulement pour
moi, mais pour toute l'Eglise… 1506. Ô Dieu inconcevable, mon cœur se liquéfie dans la joie à la pensée que Tu m'as laissée pénétrer dans le mystère de Ta miséricorde ! Tout commence par Ta miséricorde et se termine par Ta miséricorde… Toute grâce découle de la miséricorde et la dernière heure est pleine de
miséricorde pour nous. Que personne ne doute de la bonté de Dieu ; nos
péchés seraient-ils noirs comme la nuit, la miséricorde de Dieu est plus forte que
notre misère. Une seule chose est nécessaire, que le pécheur entrouvre, ne
serait-ce qu'un peu, les portes de son cœur aux rayons de la miséricorde divine,
et Dieu fera le reste. Mais malheur à l'âme qui a fermé la porte à la miséricorde
divine, même à la dernière heure. Ces âmes-là ont plongé Jésus dans une
mortelle tristesse au Jardin des Oliviers, et cependant la miséricorde de Dieu a
jailli de son cœur très compatissant. 1508. 21 janvier 1938. Jésus, il serait vraiment terrible de souffrir, si Tu n'étais
pas là, mais c'est justement Toi, Jésus écartelé sur la croix, qui me donnes la
force et Tu es toujours auprès de l'âme qui souffre ! Les créatures abandonnent
l'homme dans ses souffrances, mais Toi, Seigneur Tu es fidèle… 1509. Il arrive souvent dans la maladie comme avec Job dans l'Ancien
Testament : tant que l'on marche et que l'on travaille, tout est parfait et
magnifique, mais lorsque Dieu envoie une maladie, les amis sont plutôt moins
nombreux. Mais cependant ils existent et ils s'intéressent à notre souffrance et
ainsi de suite. Pourtant si Dieu permet une plus longue, peu à peu ces fidèles
amis, eux aussi, commencent à nous abandonner. Ils nous rendent visite moins
souvent et leurs visites nous font souvent souffrir. Au lieu de nous consoler, ils
nous reprochent certaines choses qui font beaucoup souffrir, ainsi l'âme, comme
Job, se retrouve seule : mais par bonheur, elle n'est pas vraiment seule, car
Jésus-Hostie est avec elle. Après avoir goûté aux souffrances décrites plus haut
et avoir passé toute la nuit dans l'amertume, le matin, lorsque l'aumônier
m'apportait la sainte Communion, je devais faire appel à toute ma volonté pour
ne pas m'écrier à pleine voix : Bienvenue à Toi, véritable, unique Ami, la sainte
Communion me donne toujours la force de souffrir et de lutter ! Je veux encore
ajouter une chose que j'ai expérimentée : lorsque Dieu ne donne ni la mort, ni la
santé et que cela dure des années - l'entourage finit par s'y habituer et considère
la personne comme n'étant pas malade. Mais alors commence une série
d'épreuves souffertes en silence : Dieu seul sait combien de sacrifices fait l'âme.
Quand un jour le soir, je me sentais si mal que je ne savais comment retrouver
ma cellule, j'ai alors rencontré la sœur assistante qui expliquait à l'une des sœurs
directrices qu'elle devait aller à la grande porte, avec une commission à faire,
mais en me voyant, elle lui dit : « Non, n'y allez pas, ma sœur, Sœur Faustine va
y aller car il pleut beaucoup. »D'accord ai-je répondu ; j'y suis allée et j'ai fait la
commission, mais cela n'est connu que de Dieu. C'est un exemple parmi
d'autres. Parfois, on dirait que la sœur du deuxième chœur est de pierre, mais
elle est, elle aussi, un être humain, elle a un cœur et des sentiments… 1510. Alors Dieu Lui-même nous vient en aide, sinon l'âme ne pourrait pas
soulever toutes ces croix dont je n'ai encore rien écrit, et je n'ai pas l'intention de
le faire, en ce moment, mais lorsque j'en sentirai l'inspiration je le ferai… 1511. Aujourd'hui pendant la sainte messe j'ai vu le Seigneur Jésus dans les
souffrances, comme s'il agonisait sur la croix - Il m'a dit : « Ma fille, médite
souvent les souffrances que pour toi j'ai subies, et rien de ce que tu souffres ne
te semblera extraordinaire. C'est lorsque tu médites ta douloureuse passion, que
tu me plais le plus ; joins tes petites souffrances à ma douloureuse passion, afin
qu'elles prennent une valeur infinie devant ma majesté. « 1512. Jésus m'a dit aujourd'hui : « Tu m'appelles souvent ton maître. Ceci est
agréable à mon cœur, mais, mon élève, n'oublie pas que tu es disciple du maître
crucifié ; que ce seul mot te suffise ! Tu sais ce qui est contenu dans la croix ! » 1513. J'ai découvert que la plus grande puissance est cachée dans la patience.
Je vois que la patience conduit toujours à la victoire, même si cette victoire
n'apparaît pas immédiatement mais bien des années après. La patience s'associe
à la douceur. 1514. Aujourd'hui j'ai passé toute la nuit au cachot avec Jésus. C'est une nuit
d'adoration. Les sœurs prient à la chapelle. Je me joins à elles en esprit, car ma
santé ne me permets pas d'aller à la chapelle, cependant ne pouvant m'endormir
de la nuit, je l'ai passée avec Jésus, au cachot. Jésus m'a fait connaître les
souffrances qu'il y a éprouvées. Le monde en aura connaissance au jour du
jugement. 1515. « Dis aux âmes, ma fille, que je leur donne ma miséricorde pour défense,
je lutte pour elles tout seul et supporte la juste colère de mon Père ! 1516. Dis ma fille, que la fête de la Miséricorde a jailli de mes entrailles pour la
consolation du monde entier ! » 1517. Jésus ma paix et mon repos, je Te prie de donner la lumière à cette sœur
afin qu'elle change intérieurement, soutiens-la puissamment de Ta grâce, afin
qu'elle parvienne à la perfection ! 1518. Aujourd'hui avant la Sainte Communion le Seigneur m'a dit : « Ma fille,
aujourd'hui parle ouvertement de ma miséricorde à la supérieure parce que de
toutes les supérieures, c'est elle qui a pris la plus grande part à sa propagation. »
En effet la mère supérieure est venue l'après-midi et nous avons parlé de cette
œuvre de Dieu. Elle m'a dit que les images n'étaient pas très réussies, qu'on ne
les achète guère, mais ajouta-t-elle : « J'en ai pris une bonne quantité et les
distribue où je le juge utile, je fais ce que je peux afin que l'œuvre de la
miséricorde prenne de l'ampleur. » Après son départ, le Seigneur m'a fait
connaître combien cette âme lui est agréable. 1519. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « J'ai ouvert mon cœur, en tant que
source vivante de miséricorde, que toutes les âmes y puisent la vie, qu'elles
s'approchent de cet océan de miséricorde avec une très grande confiance. Les
pécheurs obtiendront justification et les justes seront affermis dans le bien. Celui
qui a mis sa confiance en ma miséricorde, à l'heure de ma mort, j'emplirai son
âme de ma divine paix. » 1520. Le Seigneur m'a dit : « Ma fille, ne cesse pas de proclamer ma
miséricorde, tu soulageras ainsi mon cœur brûlé par les flammes de la pitié
envers les pécheurs. Dis à mes prêtres que les pécheurs endurcis se repentiront
à leurs paroles, lorsqu'ils parleront de mon insondable miséricorde, de la pitié
que j'ai pour eux en mon cœur. Aux prêtres qui proclameront et glorifieront ma
miséricorde, je donnerai une force extraordinaire, je bénirai leurs paroles et je
toucherai les cœurs auxquels ils s'adresseront. » 1521. La vie en commun est difficile par elle-même, mais il est doublement
difficile de vivre avec des âmes orgueilleuses. Ô Dieu, accorde-moi une foi plus
profonde afin que je voie toujours en chaque sœur Ta sainte image, qu'elle a
gravée dans l'âme !… 1522. Amour éternel, flamme pure, brûle sans cesse en mon cœur et divinise
tout mon être selon ton éternelle prédilection par laquelle Tu m'as appelée à
l'existence et invitée à prendre part à Ton bonheur éternel. Ô Seigneur
miséricordieux, Tu m'as comblée de Tes dons uniquement par miséricorde ;
voyant que tout ce qui est en moi m'est donné gratuitement, avec la plus
profonde humilié j'adore ton inconcevable bonté ! Seigneur, l'étonnement inonde
mon cœur, que Toi, Seigneur absolu, Tu n'aies besoin de personne, et pourtant
Tu t'abaisses ainsi jusqu'à nous par pur amour ! Je ne peux jamais sortir de
l'étonnement quand le Seigneur entre en si étroite intimité avec Sa créature ;
c'est à nouveau Son infinie bonté. Je commence toujours cette méditation, mais
je ne la finis jamais, car mon esprit s'abîme entièrement en Lui. Quel délice
d'aimer de toute la force de son âme et d'être aimée encore plus en retour, de
sentir cela et de le vivre avec pleine conscience de tout son être - il n'y a pas de
mots pour exprimer cela. 1523. 25 janvier 1938 - Mon Jésus, comme tu es bon et patient, Tu nous
regardes parfois comme des petites enfants ! Nous Te prions parfois sans savoir
nous-mêmes pourquoi car, vers la fin de la prière, lorsque Tu nous donnes ce
que nous avons demandé nous ne voulons pas l'accepter. 1524. Un jour, une sœur est venue me trouver et m'a demandé des prières,
disant qu'elle ne pouvait pas tenir plus longtemps comme cela. « Priez donc, ma
sœur ! ». J'ai répondu que oui : j'ai commencé une neuvaine à la miséricorde
divine, j'ai su que Dieu lui accorderait cette grâce, mais qu'elle serait à nouveau
insatisfaite lorsqu'elle l'aurait obtenue. Cependant j'ai continué à prier, comme
elle me l'avait demandé. Le lendemain, cette même sœur vint me trouver :
comme nous entamions la conversation de nouveau sur le même sujet, je lui ai
dit : Vous savez ma sœur, que nous ne devrions pas dans notre prière obliger
Dieu à nous donner ce que nous voulons, mais plutôt nous abandonner à sa
sainte volonté. Mais il lui semblait que ce qu'elle demandait était indispensable.
Vers la fin de la neuvaine, cette sœur revint et me dit : « Ah ! ma sœur, le
Seigneur Jésus m'a donné cette grâce, mais maintenant j'ai changé d'avis ! Priez
donc, ma sœur, pour que cela soit à nouveau autrement » ! « Je lui ai répondu :
Oui, je vais prier afin qu'en vous, ma sœur, s'accomplisse la volonté de Dieu et
non pas ce que vous voulez !… » 1525. Très miséricordieux Cœur de Jésus, protège-nous de la juste colère de
Dieu ! 1526. Une sœur ne cesse de me persécuter uniquement parce que Dieu a de si
étroites relations avec moi ; il lui semble que tout en moi est affecté. Lorsqu'il lui
semble que je commets quelques infractions, elle dit alors : « On a des
apparitions, et on commet telles fautes. » Et elle raconte cela à d'autres sœurs,
mais toujours dans un sens défavorable, elle me fait la réputation d'être une sorte
d'extravagante. Un jour, il m'est devenu pénible que cette goutte d'intelligence
humaine sache si bien analyser les dons de Dieu. Après la sainte Communion j'ai
prié afin que Dieu l'éclaire ; mais j'ai su que si cette âme ne change pas ses
dispositions intérieures, elle n'atteindra pas la perfection. 1527 .Lorsque je me suis plainte au Seigneur Jésus d'une certaine personne :
Jésus, comment cette personne peut-elle émettre un tel jugement, même sur
l'intention ? Le Seigneur m'a répondu : « Ne t'étonnes pas de cela, cette âme ne
se connaît pas elle-même, comment pourrait-elle porter un bon jugement sur
d'autres âmes ? » 1528. Aujourd'hui j'ai vu le Père Andrasz en train de prier. J'ai su qu'il
intercédait également pour moi devant Dieu. Parfois le Seigneur me fait
connaître qui prie pour moi. 1529. Je me suis mise quelque peu à l'écart, comme si cette œuvre de Dieu ne
m'intéressait pas. Je n'en parle plus en ce moment, mais toute mon âme est
plongée dans la prière et je supplie Dieu qu'il daigne se hâter de nous faire ce
don inestimable qu'est la fête de la Miséricorde, et je vois que Jésus agit. Il
donne Lui-même les directives sur la façon d'agir. Rien n'est laissé au hasard. 1530. J'ai dit aujourd'hui au Seigneur Jésus : Vois-tu les difficultés qu'ils ont à
croire que Toi seul Tu es l'auteur de cette œuvre. Et même maintenant, tous ne
le croient pas. - « Sois tranquille mon enfant, rien ne peut s'opposer à ma
volonté ; malgré les murmures et la malveillance des sœurs, ma volonté
s'accomplira en toi, dans toute son étendue, jusqu'à mon dernier désir et mon
dernier dessein. Ne t'attriste pas de cela, j'ai été, moi aussi, pierre
d'achoppement pour certaines âmes. » 1531. Jésus s'est plaint à moi de l'infidélité des âmes choisies - leur manque de
confiance après la chute blesse encore plus mon cœur. Si elles n'avaient pas
connu la bonté de mon cœur, cela me serait moins douloureux. 1532. J'ai vu la colère de Dieu peser sur la Pologne. Et je vois maintenant que si
Dieu touchait notre pays par les plus grands châtiments, ce serait encore Sa
grande miséricorde, car il pourrait nous punir par une totale destruction pour de
si grands crimes. J'ai été glacée d'effroi lorsque le Seigneur me leva un peu le
voile. Maintenant, je vois très clairement que les âmes choisies soutiennent le
monde dans son existence afin que la mesure soit comble. 1533. J'ai vu l'effort dans la prière d'un certain prêtre. Sa prière ressemblait à
celle du Seigneur au jardin des Oliviers. Oh ! Si ce prêtre voyait combien sa
prière est agréable à Dieu ! 1534. Ô Jésus, je m'enferme en Ton Cœur très miséricordieux, comme en une
forteresse imprenable, face aux traits des ennemis ! 1535. Je me suis trouvée aujourd'hui auprès d'une personne agonisante dans ma
campagne natale. Je l'ai soutenue de mes prières ; après un moment, j'ai ressenti
des douleurs aux mains, aux pieds, et au côté pendant un court moment… 1536. 27 janvier 1938 - Aujourd'hui pendant l'heure sainte, Jésus s'est plaint à
moi de l'ingratitude des âmes : « Pour mes bienfaits, j'obtiens l'ingratitude ; pour
l'amour j'obtiens l'oubli et l'indifférence. Mon cœur ne peut supporter cela. » 1537. A ce moment mon cœur bouillonna très fortement d'amour pour Jésus,
s'offrant pour les âmes ingrates, je me suis toute plongée en Lui. Lorsque je
revins à moi, le Seigneur me fit goûter une parcelle de cette ingratitude qui
inondait son Cœur ; cette expérience dura assez peu de temps. 1538. Aujourd'hui, j'ai dit au Seigneur : Quand me prendras-Tu chez Toi ? Je me suis déjà sentie si mal et j'ai attendu Ta venue avec tant de nostalgie. Jésus m'a répondu : Sois toujours prête, je ne te laisserai plus longtemps dans cet exil ; ma sainte volonté doit s'accomplir en toi. Ah Seigneur ! Si Ta sainte volonté n'est pas encore entièrement accomplie en moi, me voilà prête à tout ce que Tu veux, ô Seigneur ! Ô mon Jésus, une seule chose m'étonne, c'est que Tu me fasses connaître tant de mystères, mais que Tu ne veuilles pas me dire celui-là, c'est-à-dire l'heure de ma mort. Et le Seigneur m'a répondu : « Sois tranquille , je te la ferai connaître, mais pas encore maintenant ! » Ah mon Seigneur, je Te demande pardon d'avoir voulu savoir cela. Tu sais bien pourquoi, car Tu connais mon cœur languissant qui brûle d'envie de Te rejoindre. Tu sais que je ne voudrais en aucun cas mourir une minute plus tôt que tu ne l'a décidé de toute éternité. C'est avec une étrange bienveillance que Jésus écouta les épanchements de mon
cœur. 1539. 28 janvier 1938 - Le Seigneur m'a dit aujourd'hui : « Ecris ces paroles ma
fille : toutes les âmes qui vénéreront ma miséricorde et propageront sa gloire en
incitant les autres âmes à la confiance en ma miséricorde - ces âmes ne
connaîtront pas l'effroi à l'heure de la mort ! Ma miséricorde les abritera lors de
cette dernière lutte… 1540. Ma fille, incite les âmes à dire ce chapelet que je t'ai donné ! Il me plaît
de leur accorder tout ce qu'elles me demanderont en disant ce chapelet.
Lorsque les pécheurs endurcis le réciteront, j'emplirai leur âme de paix et l'heure
de leur mort sera heureuse. Ecris cela pour les âmes affligées : Lorsque l'âme
verra ses péchés et en mesurera le poids, lorsque se dévoilera à ses yeux
l'abîme de la misère dans laquelle elle s'est plongée, qu'elle ne désespère pas
mais qu'elle se jette avec confiance dans les bras de ma miséricorde, comme
l'enfant dans les bras de sa mère bien-aimée. Ces âmes-là ont la priorité sur
mon cœur empli de pitié, elles ont la priorité sur ma miséricorde. Dis-leur
qu'aucune âme faisant appel à ma miséricorde n'a été déçue ni n'a éprouvé de
honte. Je me complais particulièrement dans l'âme qui fait confiance à ma bonté.
Ecris : Si l'on récite ce chapelet auprès d'un agonisant, je me tiendrai entre le
Père et l'âme agonisante, non pas en tant que Juge juste, mais comme Sauveur
miséricordieux. » 1541. A ce moment le Seigneur me fit connaître combien il était jaloux de mon cœur. « Tu te sentiras solitaire, même parmi tes sœurs en religion et sache alors que je
désire que tu t'unisses plus étroitement à moi. Je suis sensible à chaque
frémissement de ton cœur ; chaque frémissement de ton amour retentit en mon
cœur, je suis assoiffé de ton amour ». -« Oui, Jésus, mon cœur également ne
saurait vivre sans Toi, car m'offrirait-on les cœurs de toutes les créatures, ils
n'assouviraient pas la profondeur de mon propre cœur. » 1542. Ce soir, le Seigneur m'a dit : « Remets-toi entièrement à moi à l'heure de
la mort, et je te présenterai à mon Père comme ma bien-aimée. Maintenant je te
recommande de joindre de façon particulière tes actes, mêmes les plus minimes,
à mes mérites, et alors mon Père les regardera avec amour comme il regarderait
les miens. 1543. Ne change pas l'examen de conscience détaillé que je t'ai donné par
l'intermédiaire du Père Andrasz, c'est-à-dire que tu t'unisses sans cesse à moi ;
c'est là ce que j'exige précisément de toi aujourd'hui. Sois comme un enfant
envers ceux qui tiennent ma place car j'emprunte leur bouche pour m'adresser à
toi, afin que tu n'aies de doute sur rien. » 1544. Ma santé s'est quelque peu améliorée. Aujourd'hui je me suis rendue au
réfectoire et à la chapelle mais je ne peux encore reprendre mes tâches, je reste
donc dans ma cellule à tisser à la navette. Ce travail m'attire énormément, mais,
même un travail si léger me fatigue. Je vois comme mes forces sont faibles. Je ne
connais pas de moments indifférents car chaque instant de ma vie est rempli de
prières, de souffrances et de travail ; j'adore Dieu par l'un ou l'autre de ces
modes de vie, et si Dieu me donnait la vie pour la seconde fois, je ne sais si je
ne saurais mieux la mettre à profit. 1545. Le Seigneur m' dit : « Je me délecte de ton amour ; ton amour sincère est
aussi agréable à mon cœur que le parfum d'un bouton de rose au petit matin,
alors que le soleil n'en a pas encore absorbé la rosée. La fraîcheur de ton cœur
me ravit, c'est pourquoi je m'unis si étroitement à toi comme à aucune autre
créature… » 1546. J'ai vu aujourd'hui les efforts de ce prêtre dans l'affaire de Dieu. Son cœur
commence à goûter ce dont fut submergé le Cœur de Dieu durant sa vie
terrestre : pour l'effort - l'ingratitude…Cependant, son zèle pour la gloire de
Dieu est bien grand… 1547. 30 janvier 1938 Retraite d'un jour Pendant la méditation, le Seigneur m'a fait connaître que tant que mon cœur battra dans ma poitrine, je dois continuer à m'efforcer d'étendre le Royaume de Dieu sur terre. Je dois combattre pour la gloire de mon Créateur. Je sais que je rendrai à Dieu l'hommage qu'il attend de moi, si je m'efforce
fidèlement à coopérer avec la grâce de Dieu. 1548. Je désire vivre de l'esprit de la foi, j'accepte tout ce qui m'arrive comme
donné par la volonté de Dieu, pleine de tendresse, qui désire sincèrement mon
bonheur, j'accepterai donc tout ce que Dieu m'envoie avec soumission et
reconnaissance, sans tenir compte de la voix de la nature ni des murmures de
mon amour-propre. Avant toute action importante je m'interrogerai un moment
sur son rapport avec la vie éternelle, quelle est la principale raison pour laquelle
je l'entreprends : la gloire de Dieu, le bien de ma propre âme ou le bien des
autres âmes. Si mon cœur me dit oui, je serai alors inflexible dans l'exécution de
cette action ne prenant en considération ni obstacles ni sacrifices ; je ne me
laisserai pas écarter de la résolution prise, il me suffit de savoir qu'elle est
agréable à Dieu. Par contre, si j'apprends que ces actions n'ont rien de commun
avec ce qui est exprimé plus haut, je m'efforcerai de les élever dans les sphères
plus hautes, par la bonne intention. Mais si je reconnais que quelque chose
provient de l'amour propre - j'en supprimerai jusqu'au moindre germe. 1549. Je n'agirai pas dans les moments de doute mais je tâcherai de chercher
des éclaircissements auprès des prêtres, et particulièrement auprès de mon
directeur. Ne pas répondre aux reproches ni aux remarques, quiconque me les
fait, à moins que je ne sois questionnée directement pour rendre témoignage à la
vérité. Ecouter très patiemment les confidences des autres, accueillir leurs
souffrances tout en réconfortant leur âme, et noyer ma propre souffrance dans le
Cœur très miséricordieux de Jésus. Ne jamais sortir de l'abîme de sa
Miséricorde tout en y amenant le monde entier 1550. Dans une méditation sur la mort, j'ai prié le Seigneur de daigner
imprégner mon cœur des sentiments que j'éprouverai au moment de la mort. Et
la grâce de Dieu m'a répondu intérieurement que j'avais fait ce qui était en mon
pouvoir et que, par conséquent, je pouvais être tranquille. A ce moment, s'est
éveillée en mon âme une si grande gratitude envers Dieu que je me suis mise à
pleurer de joie, comme un petit enfant… Je me suis préparée à recevoir la sainte
Communion le matin suivant comme viatique et j'ai récité la prière des
agonisants à mon intention. 1551. J'entendis alors ces paroles : « De même que tu es unie à moi durant la
vie, tu le seras également au moment de la mort. » Après ces paroles s'éveilla en
mon âme une si grande confiance en la miséricorde de Dieu que, même si j'avais
eu sur la consciences les péchés du monde entier, ainsi que ceux de toutes les
âmes condamnées, je n'aurais cependant pas douté de la bonté divine, mais sans
réfléchir, je me jetterais dans l'abîme de la miséricorde divine, toujours ouvert
pour nous, et le cœur brisé je me jetterais à Ses pieds, m'abandonnant
complètement à Sa sainte volonté qui est la miséricorde même. 1552. Ô mon Jésus, Vie de mon âme, ma Vie, mon Sauveur, mon très doux Epoux, et même temps mon Juge, Tu sais qu'en cette dernière heure, je ne compte sur aucun de mes mérites, mais uniquement sur Ta miséricorde. Et voici qu'aujourd'hui déjà je me plonge entièrement dans l'abîme de Ta miséricorde toujours ouvert à toute âme. Ô mon Jésus, je n'ai qu'un seul devoir dans la vie, la mort et toute l'éternité : adorer Ton inconcevable miséricorde. Aucun esprit ne peut sonder le mystère de Ta miséricorde, ô Dieu, ni l'esprit des anges ni celui des hommes. Les anges sont confondus d'étonnement devant le mystère de la miséricorde divine, mais ils ne peuvent le concevoir. Tout ce qui est sorti des mains du Créateur est enfermé dans un mystère inconcevable, c'est-à-dire dans les entrailles de Sa miséricorde. Lorsque je médite cela mon esprit s'arrête, mon cœur se liquéfie de joie. Ô Jésus, par Ton Cœur très miséricordieux, comme à travers le cristal, sont parvenus jusqu'à nous les rayons de la miséricorde divine !
1553. 1er février 1938 - Je me sens aujourd'hui un peu moins bien, cependant
je participe encore à la vie commune de toute la Congrégation. Je m'impose là
de grands efforts, Toi seul le sais, Jésus ! Aujourd'hui j'ai pensé ne pas pouvoir
tenir au réfectoire pendant tout le déjeuner. Chaque bouchée de nourriture me
causait des douleurs énormes. 1554. Quand la mère supérieure m'a rendu visite il y a une semaine, elle m'a dit :
« Vous attrapez toutes les maladies, ma sœur, parce que votre organisme est
très faible, mais ce n'est pas votre faute. Si une autre sœur avait cette maladie,
elle marcherait sûrement, mais vous, ma sœur, vous devez rester couchée. »Ces
paroles ne me firent pas de peine, mais il vaut mieux ne pas faire de telles
comparaisons à de grands malades, car leur calice est de toute façon bien
rempli. D'autre part, je pense que lorsque les sœurs rendent visite aux malades,
elles ne devraient pas demander chaque fois en détail ce qui fait mal et comment
cela fait mal, car répéter toujours la même chose à chaque sœur est infiniment
fatiguant ; il arrive que l'on répète cela plusieurs fois par jour. 1555. Lorsque j'entrai un moment à la chapelle, le Seigneur m'a fait connaître
que parmi les âmes choisies il y en a qui le sont particulièrement et qu'il appelle à
une plus haute sainteté, à une exceptionnelle union avec Lui. Ce sont là des
âmes séraphiques, Dieu exige d'être plus aimé par elles que par les autres âmes ;
et quoique toutes vivent dans des couvents, cependant il exige parfois d'une âme
en particulier ce surplus d'amour. Une telle âme comprend cet appel, car son
Dieu le lui fait connaître intérieurement, mais elle peut cependant le suivre ou non
; il dépend d'elle d'être fidèle aux inspirations du Saint-Esprit ou bien d'y
résister. Cependant j'ai appris qu'il existe un endroit au purgatoire où les âmes
rendent compte de ce genre de fautes : c'est le plus dur de tous les supplices.
L'âme particulièrement marquée par Dieu se distinguera partout, aussi bien au
ciel qu'au purgatoire ou en enfer. Au ciel elle se distinguera des autres âmes par
une gloire et une clarté plus grandes et une plus profonde connaissance de Dieu
au purgatoire - par une plus profonde douleur, car elle connaît plus
profondément et désire plus vivement Dieu ; en enfer - elle souffrira plus que les
autres âmes car elle sait Qui elle a perdu ; cette empreinte de l'amour exclusif de
Dieu restera toujours gravée en elle. 1556. Ô Jésus, maintiens-moi dans une crainte sacrée afin que je ne gâche pas
les grâces. Aide-moi à être fidèle à l'inspiration de l'Esprit Saint, que mon cœur
éclate plutôt d'amour pour Toi, plutôt que de manquer, ne serait-ce qu'un seul
acte de cet amour. 1557. 2 février 1938 - Obscurité de l'âme. C'est aujourd'hui la fête de la Mère
de Dieu, et en mon âme, il fait si sombre. Le Seigneur s'est caché, et moi je suis
seule, toute seule. Mon esprit est si obscurci, que je ne vois alentour que des
spectres ; aucun rayon de lumière ne pénètre mon âme, je ne me comprends pas
moi-même, ni ne comprends ceux qui me parlent. De terribles tentations
m'assaillent quant à la sainte foi. Ô mon Jésus, sauve-moi ! Je ne peux rien dire
de plus. Je ne peux les décrire en détail, car je crains que quelqu'un ne soit
scandalisé en les lisant. Je me suis étonnée que de tels tourments puissent
atteindre l'âme. Ô ouragan que fais-tu de la barque de mon cœur ? Cette
tempête a duré tout un jour et une nuit. Lorsque la mère supérieure est venue me
voir et m'a demandé : « Ne voudriez-vous pas profiter, ma sœur, de la présence
du père Andrasz, car il va confesser ? »- J'ai répondu que non. Il me semblait
que le père ne serait pas en état de me comprendre, et que moi je ne serais pas
en état de me confesser. J'ai passé toute la nuit avec Jésus à Gethsémani. De ma
poitrine, ne sortait qu'un gémissement de douleur. Une agonie naturelle serait
plus légère, car là on agonise et on finit par mourir, mais ici on agonise et on ne
peut mourir. Ô Jésus, sauve-moi, je crois en Toi de tout mon cœur, j'ai vu tant
de fois la clarté de Ta face, mais maintenant - où est-tu Seigneur ? Je crois, je
crois et encore une fois je crois en Toi, Dieu unique, en la Sainte Trinité, Père,
Fils et Saint-Esprit, ainsi qu'en toutes les vérités que Ta Saint Eglise me donne à
croire. Cependant, l'obscurité ne se dissipe pas et mon âme se trouve plongée
dans une agonie encore plus grande. Et à ce moment-là un si terrible supplice
m'avait envahie que je m'étonne maintenant moi-même de n'avoir pas rendu
l'âme - mais ce ne fut qu'un court instant. 1558. A ce moment j'ai vu Jésus. De Son Cœur sortaient ces deux mêmes rayons et ils m'enveloppèrent toute entière. Au même moment, mes tourments disparurent. Ma fille - dit le Seigneur - sache que de toi-même tu es ce que tu as vécu maintenant ; ce n'est que par ma grâce que tu participes à la vie éternelle, et à tous les dons que je t'accorde généreusement. Et avec ces paroles du Seigneur je reçus une véritable connaissance de moi-même. Jésus me donne une leçon de profonde humilité et en même temps de confiance totale en Lui. Mon cœur est réduit en cendres, en poussière, et même si tous les gens devaient me fouler aux pieds, je considérerais encore cela comme une grâce. Je sens et je suis si profondément pénétrée de ce que je ne suis rien, que de
véritables humiliations me seront un soulagement. 1559. 3 février 1938 - Aujourd'hui après la Sainte Communion, Jésus m'a
donné à nouveau quelques directives : Premièrement - ne lutte pas seule contre
la tentation, mais dévoile-la immédiatement à ton confesseur, elle perdra alors
toute sa force ; deuxièmement - dans ces épreuves, ne perds pas ton calme , vis
ma présence, implore l'aide de ma Mère et des saints ; troisièmement - aie la
certitude que je te regarde et que je te soutiens ; quatrièmement - ne crains ni les
luttes de l'esprit ni aucune tentation, car je te soutiens pour peu que tu veuilles
lutter ; sache que la victoire est toujours de ton côté ; cinquièmement - sache
que par un vaillant combat tu me rends une grande gloire, et que tu amasses
pour toi-même des mérites, la tentation te donne l'occasion de me montrer ta
fidélité. 1560. Et maintenant, je vais te dire ce qui est le plus important pour toi : une
franchise illimitée envers ton directeur ; si tu ne profites pas de cette grâce selon
mes indications, je te l'enlèverai et alors tu resteras seule avec toi-même et à
nouveau reviendront tous les tourments que tu connais. Cela me déplaît que tu
ne profites pas de ces occasions où tu peux le voir et t'entendre avec lui. Sache
que c'est une grande grâce de ma part lorsque je donne un directeur à une âme.
Bien des âmes me le demandent, mais je n'accorde pas cette grâce à toutes. Du
moment que je te l'ai donné comme directeur, je l'ai doté d'une nouvelle lumière
pour lui faciliter la connaissance et la compréhension de ton âme… 1561. Ô mon Jésus, ma seule miséricorde, permets que je voie sur Ton visage
Ton consentement en signe de réconciliation avec moi, car mon cœur ne peut
soutenir la gravité de Ton visage ; si Tu la prolonges encore un instant, il se
brisera de douleur ! Tu vois bien que par ma contrition je suis réduite en
poussière. 1562. Au même moment, je me vis comme dans un palais, et Jésus me donna la main, me plaça à Son côté et me dit avec bienveillance : Ma bien-aimée, c'est par l'humilité que tu me plais toujours. La plus grande misère ne saurait me retenir de m'unir à une âme, mais là où règne l'orgueil, je n'y suis pas. Revenue à moi, j'ai réfléchi à tout ce qui était advenu en mon cœur, remerciant le
Seigneur de l'amour et de la miséricorde dont il venait de faire preuve. 1563. Jésus cache-moi , ainsi que Tu t'es caché sous l'apparence d'une blanche
Hostie, dérobe-moi également aux yeux des hommes et cache tout
particulièrement les dons que Tu daignes m'accorder : fais que je ne trahisse pas
extérieurement ce que Tu opères en mon âme ! Je suis devant Toi comme une
blanche Hostie, ô divin Prêtre, consacre-moi Toi-même et que ma
transfiguration soit connue de Toi seul ; et chaque jour je me tiens devant Toi
comme une Hostie expiatoire, et j'implore Ta miséricorde pour le monde ! En
silence et inaperçue je me consumerai devant Toi comme une Hostie expiatoire,
et j'implore Ta miséricorde pour le monde. En silence et inaperçue je me
consumerai devant Toi ; mon amour pur et sans partage brûlera comme un
holocauste dans un profond silence, et que le parfum de cet amour se répande
aux pieds de Ton trône ! Tu es le Seigneur des Seigneurs, mais Tu es épris des
cœurs infiniment petits et humbles… 1564. Lorsque je suis entrée un moment à la chapelle, le Seigneur m'a dit : Ma
fille, aide-moi à sauver un pécheur agonisant ; récite pour lui ce chapelet que je
t'ai enseigné ! Lorsque j'ai commencé à réciter ce chapelet, j'ai vu ce mourant
dans de terribles luttes et supplices. L'Ange gardien le défendait, mais il était
comme sans force devant l'immensité de la misère de cette âme. Mais pendant
que je récitais le chapelet, je vis Jésus, tel qu'il est peint sur le tableau. Les
rayons qui sortaient du Cœur de Jésus enveloppèrent le malade et les forces des
ténèbres s'enfuirent, dans la panique. Le malade rendit calmement le dernier
soupir. Lorsque je revins à moi, je compris combien la récitation de ce chapelet
est importante auprès des mourants, elle apaise la colère de Dieu. 1565. Quand j'ai demandé pardon au Seigneur Jésus de l'une de mes actions
qui s'est avérée un peu imparfaite, Il m'a tranquillisée par ces paroles : « Ma fille,
je te récompense pour la pureté de l'intention que tu avais au moment où tu as
agi ; mon cœur s'est réjoui que tu aies eu mon amour en vue au moment d'agir,
et cela de façon si nette, et maintenant encore tu en as un profit, c'est
l'humiliation. Oui, mon enfant, je désire que tu aies toujours une aussi grande
pureté d'intention dans les moindres de tes desseins. » 1566. En ce moment, lorsque j'ai pris la plume, j'ai adressé une courte prière au
Saint-Esprit et j'ai dit : « Jésus, bénis cette plume, afin que tout ce que Tu
m'ordonnes d'écrire, serve à la gloire de Dieu. J'entendis alors une voix : « Oui,
je la bénis parce que sur cet écrit est apposé le sceau de l'obéissance à ta
supérieure et à ton confesseur, et cela même contribue à ma gloire, bien des
âmes en tireront profit. Ma fille, j'exige que tu consacres chaque moment libre à
écrire sur ma bonté et ma miséricorde ; c'est là ton office et ton devoir en cette
vie, de faire connaître aux âmes la grande miséricorde que j'ai envers elles, et les
exhorter à la confiance en l'abîme de ma miséricorde. » 1567. Ô mon Jésus , je crois en Tes paroles et n'ai plus aucun doute là-dessus
car au cours d'une conversation, la mère supérieure m'a dit d'écrire d'avantage
sur Ta miséricorde. Cette déclaration s'accordait tout à fait avec Ton exigence !
Ô mon Jésus, je comprends maintenant que si Tu exiges quelques chose des
âmes, Tu donnes alors aux supérieurs l'inspiration, afin qu'ils nous accordent
l'autorisation de pouvoir accomplir Tes exigences ! Quoiqu'il arrive parfois qu'on
ne l 'obtienne pas immédiatement, et que notre patience soit parfois mise à l'épreuve… 568. Ô Amour éternel, Jésus qui T'es enfermé dans cette Hostie, Et qui caches la majesté de la Divinité et dissimules Ta beauté ! Tu accomplis cela pour T'abandonner entièrement à mon âme Et ne pas l'effrayer par Ta grandeur. Ô Amour éternel, Jésus, qui T'es caché dans le pain, Lumière éternelle, inconcevable Source de bonheur et de joie, Car Tu désires être pour moi un ciel sur la terre, Et Tu l'es lorsque Ton amour divin se communique à moi ! 1569. Ô Dieu de grande miséricorde, Bonté infinie, voilà qu'aujourd'hui
l'humanité toute entière appelle de l'abîme de sa misère Ta miséricorde, Ta pitié
ô Dieu ! Et elle appelle avec la puissante voix de la misère. Dieu bienveillant ne
rejette pas les prières des exilés de cette terre ! Ô Seigneur, Bonté
inconcevable, qui connais à fond notre misère et qui sais que nous ne pourrions
de nos propres forces nous élever jusqu'à Toi ! C'est pourquoi, nous t'en
supplions, devance-nous de Ta grâce et augmente sans cesse en nous Ta
miséricorde, afin que nous accomplissions fidèlement Ta sainte volonté durant
toute notre vie, ainsi qu'à l'heure de notre mort ! Que la toute puissance de Ta
miséricorde nous abrite des attaques des ennemis de notre salut, afin que nous
attendions avec confiance, comme Tes enfants, Ta venue dernière, dont le jour
est connu de Toi seul ! Et nous nous attendons à recevoir tout ce qui nous est
promis par Jésus, malgré toute notre misère, car Jésus est notre espérance, par
son Cœur miséricordieux nous passons comme par les portes ouvertes au ciel. 1570. J'ai remarqué que depuis le moment où je suis entrée au couvent, on m'a
toujours fait le même reproche, c'est d'être sainte ; mais ce nom était toujours dit
de façon ironique. Au début ce me fut très pénible, puis en m'élevant
spirituellement, je n'y ai plus fait attention ; mais quand une personne se trouva
attaquée à cause de ma sainteté, j'ai éprouvé tant de mal que d'autres puissent
avoir des désagréments à cause de moi que je m'en suis plainte auprès du
Seigneur Jésus, pourquoi en est-il ainsi, et le Seigneur m'a répondu : Tu
t'attristes de cela ? Mais tu es sainte, sous peu je le ferai paraître moi-même en
toi et ils prononceront ce même mot « sainte » mais cette fois avec amour. 1571. Je te rappelle, ma fille, que chaque fois que tu entendras l'horloge sonner
trois heures, immerge-toi tout entière dans ma miséricorde en l'adorant et en la
glorifiant ; fais appel à sa toute-puissance pour le monde entier et
particulièrement pour les pauvres pécheurs, car à ce moment elle est grande
ouverte à toutes les âmes. A cette heure-là, tu peux tout obtenir pour toi et pour
les autres ; à cette heure, la grâce été donnée au monde entier- la miséricorde
l'emporta sur la justice. Ma fille, essaie à cette heure-là de faire le chemin de
croix autant que tes occupations te le permettent ; mais si tu ne peux pas faire le
chemin de croix, entre au moins à la chapelle et célèbre mon cœur qui est plein
de miséricorde dans le Saint Sacrement ; et si tu ne peux entrer à la chapelle,
plonge-toi dans la prière là où tu te trouves, ne serait-ce que pour un tout petit
moment. J'exige de toute créature de vénérer ma miséricorde, mais de toi
d'abord, car je t'ai fait connaître le plus profondément ce mystère. 1572. Ô mon Dieu, quelle nostalgie de Toi m'a envahie aujourd'hui ! Oh ! Plus
rien n'occupe mon cœur, la terre n'a plus rien à me donner ! Ô Jésus, combien
je ressens cet exil, combien il se prolonge pour moi !Ô mort, messagère de
Dieu, quand viendra l'annonce de ce moment tout désiré où je pourrai m'unir
pour les siècles à mon Dieu ? 1573. Ô mon Jésus, que les derniers jours d'exil soient entièrement selon Ta très
sainte volonté ! Je joins mes souffrances, mes amertumes et même mon agonie à
Ta sainte passion et je les offre pour le monde entier, afin d'implorer
l'abondance de la miséricorde divine pour les âmes et particulièrement pour
celles qui sont dans nos maisons. Je Te fais totalement confiance et
m'abandonne entièrement à Ta sainte volonté qui est la miséricorde même. Ta
miséricorde me tiendra lieu de tout en cette heure dernière - ainsi que Tu me l'as
Toi-même promis… 1574. Je Te salue, Amour éternel, mon doux Jésus qui a daigné habiter en mon
cœur ! Je Te salue, ô glorieuse Divinité qui as daigné T'abaisser pour moi, et par
amour pour moi T'anéantir jusqu'à prendre l'apparence du pain ! Je te salue
Jésus, fleur incorruptible de l'humanité, Toi, Tu es unique pour mon âme ! Ton
Amour est plus pur que le lys et Ta présence m'est plus agréable que l'odeur de
la jacinthe. Ton amitié plus tendre et plus délicate que le parfum de la rose et
cependant plus forte que la mort. Ô Jésus, inconcevable beauté, c'est avec les
âmes pures que Tu T'entends le mieux, car elles seules sont capables d'héroïsme
et de sacrifice. Ô doux sang de Jésus, ennoblis mon sang et change-le en Ton
propre sang, que cela m'advienne selon Ta prédilection. 1575. Sache, ma fille, qu'entre moi et toi, il y a l'abîme infini qui sépare le
Créateur de la créature, mais ma miséricorde comble cet abîme. Je t'élève
jusqu'à moi, non par besoin de toi, mais je te fais don de la grâce de l'union avec
moi uniquement par miséricorde. 1576. Dis aux âmes qu'elles ne fassent pas obstacle en leur propre cœur à ma
miséricorde, qui désire tant agir en elles. Ma miséricorde est à l'œuvre dans tous
les cœurs qui lui ouvrent la porte ; le pécheur comme le juste ont besoin de ma
miséricorde. La conversion comme la persévérance est une grâce de ma
miséricorde. 1577. Que les âmes qui tendent à la perfection adorent particulièrement ma
miséricorde, car l'abondance des grâces que je leur accorde découle de ma
miséricorde. Je désire que ces âmes se distinguent par une confiance illimitée en
ma miséricorde. Je m'occupe moi-même de la sanctification de ces âmes, je leur
procure tout ce qui peut être nécessaire à leur sainteté. Les grâces de ma
miséricorde se puisent à l'aide d'un unique moyen - et c'est la confiance. Plus sa
confiance est grande, plus l'âme reçoit. Les âmes d'une confiance sans borne me
font une grande joie, car je verse en elles le trésor entier de mes grâces. Je me
réjouis qu'elles demandent beaucoup, car mon désir est de donner beaucoup et
de donner abondamment. Par contre, je m'attriste si les âmes demandent peu, si
elles resserrent leur cœur. 1578. Ce qui me fait le plus souffrir, c'est quand je rencontre l'hypocrisie. Je
comprends maintenant, mon Sauveur, que Tu aies si sévèrement reproché aux
Pharisiens leur hypocrisie. Avec les pécheurs endurcis Tu T'es comporté avec
plus de bienveillance lorsqu'ils revenaient vers Toi tout contrits. 1579. Mon Jésus, voici que je vois que je suis passée par toutes les étapes de la
vie en te suivant : enfance, jeunesse, vocation, travaux apostoliques, Thabor,
Jardin des Oliviers, et me voici maintenant déjà avec Toi au Calvaire. Je me suis
laissée crucifier de mon plein gré et je suis déjà crucifiée, bien que je marche
encore un peu, mais je suis écartelée sur la croix et je sens nettement que de Ta
croix me vient la force, que Toi seul es ma persévérance. Plus d'une fois j'ai
entendu la voix de la Tentation me criant - descends de la croix, cependant la
force de Dieu me fortifie ; l'abandon, l'obscurité et diverses souffrances frappent
mon cœur, pourtant la grâce mystérieuse de Dieu me soutient et me fortifie. Je
désire boire le calice jusqu'à la dernière goutte. Je crois fermement que si Ta
grâce m'a soutenue au Jardin des Oliviers, elle me viendra en aide maintenant
que je suis au Calvaire. 1580. Ô mon Jésus, Maître, j'unis mes désirs aux désirs que Tu as eus sur la
croix : je désire accomplir Ta sainte volonté ; je désire la conversion des âmes ;
je désire que Ta miséricorde soit glorifiée ; je désire que soit hâté le triomphe de
l'Eglise ; je désire que la fête de la miséricorde soit vénérée dans le monde entier
; je désire la sainteté pour les prêtres ; je désire qu'existe une sainte dans notre
congrégation ; je désire qu'existe dans toute notre congrégation un esprit de
grand zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes ; je désire que les âmes qui
sont en nos maisons n'offensent pas Dieu, mais qu'elles persistent dans le bien ;
je désire la bénédiction de Dieu pour mes parents et toute ma famille ; je désire
que Dieu accorde une lumière particulière à mes guides spirituels et
particulièrement au Père Andrasz et à l'abbé Sopocko ; je désire une
bénédiction particulière pour les supérieurs sous la direction desquelles j'ai été,
et tout particulièrement pour la mère générale, Mère Irène, et la maîtresse Mère
Marie-Josèphe. 1581. Ô mon Jésus, maintenant j'embrasse le monde entier et j'implore pour lui
Ta miséricorde. Lorsque Tu me diras, ô Dieu, que cela suffit, que Ta sainte
volonté est entièrement accomplie, à ce moment en union avec Toi, mon
Sauveur, je remettrai mon âme entre les mains du Père céleste, pleine de
confiance en Ton infinie miséricorde, et le premier hymne que je chanterai
lorsque je me tiendrai au pied de ton trône, sera pour Ta miséricorde. Je ne
t'oublierai pas, pauvre terre - bien que je sente que toute entière je sombrerai
immédiatement en Dieu, comme en un océan de bonheur ; mais cela ne me sera
pas un empêchement pour revenir sur terre et donner du courage aux âmes et
les inciter à la confiance en la miséricorde divine. Bien sûr cette immersion en
Dieu me donnera une possibilité d'action illimitée. 1582. En écrivant ceci, j'entends les grincements de dents de Satan qui ne peut
supporter la miséricorde divine et fait du fracas avec les objets de ma cellule ;
mais j'éprouve en moi-même la force de Dieu, si grande qu'il m'est indifférent
que l'ennemi de notre salut se mette en colère, et je continue tranquillement à
écrire. 1583. Ô inconcevable bonté de Dieu qui nous protège à chaque pas, qu'un
honneur sans fin soit rendu à Ta miséricorde, pour avoir fraternisé non pas avec
les anges, mais avec les hommes - c'est là un miracle du mystère insondable de
Ta miséricorde. Notre entière confiance est en Toi, Jésus-Christ, notre Frère
aîné, Dieu véritable et Homme véritable ! Mon cœur frémit de joie en voyant
combien Dieu est bon pour nous, si misérables et ingrats, et comme preuve de
son amour, Il nous a fait un don inconcevable, c'est-à-dire Lui-même, en la
Personne de son Fils. Nous ne saurons, durant toute l'éternité, épuiser le
mystère de cet amour. Ô humanité, pourquoi penses-tu si peu que Dieu est
véritablement parmi nous ? Ô Agneau de Dieu, je ne sais ce qu'il faut admirer le
plus en Toi : Ta douceur, Ta vie cachée et Ton anéantissement pour l'homme,
ou bien cet incessant miracle de la miséricorde qui transforme les âmes et les
ressuscite à la vie éternelle. Bien que Tu sois ainsi caché, Ta toute-puissance se
révèle ici plus que dans la création de l'homme ; bien que la toute-puissance de
Ta miséricorde agisse pour la justification du pécheur, Ton action reste
silencieuse et cachée. 1584. Vision de la Mère de Dieu. Dans une grande clarté, j'ai aperçu la Mère
de Dieu en robe blanche, avec une ceinture d'or, de petites étoiles,, également
d'or, se trouvaient sur tout Son manteau et les manches bordées de triangles
d'or. Son manteau était bleu saphir, légèrement jeté sur les épaules, sur Sa tête
un voile transparent légèrement posé, les cheveux libres, très joliment arrangés,
et une couronne d'or qui se terminait par des croix. Elle tenait l'Enfant Jésus sur
le bras gauche .Je n'avait encore jamais vu la Mère de Dieu ainsi. Alors elle me
regarda avec bienveillance et dit : « Je suis Notre Dame des prêtres. Sur ce, Elle
déposa Jésus à terre et levant le bras droit, Elle dit : « Ô Dieu, bénis la Pologne,
bénis les prêtres ! » Et Elle me dit à nouveau : « Dis aux prêtres ce que tu as vu !
» J'ai décidé qu'à la première occasion je le dirai au père, mais moi-même, je ne
comprends rien à cette vision. 1585. Ô mon Jésus, Tu vois quelle immense gratitude j'ai pour l'abbé Sopocko
qui a mené Ton œuvre si loin. Cette âme si humble a su supporter tous les
orages, et elle ne s'est pas laissée décourager par les contrariétés, mais elle a
fidèlement répondu à l'appel de Dieu. 1586. Quand une des sœurs reçut la tâche du service des malades - et elle était
si négligente dans ce service, il fallait vraiment nous mortifier - un jour je décidai
de le dire aux supérieures ; cependant j'entendis une voix en mon âme :
Supporte cela patiemment, quelqu'un d'autre le dira. Ce service-là dura tout le
mois. Lorsque je pus descendre au réfectoire et à la récréation, j'entendis alors
ces mots en mon âme : « Maintenant d'autres sœurs parleront de la négligence
du service de cette sœur, quant à toi, tais-toi et ne donne pas ton opinion en
cette affaire. » A ce moment commença une assez vive critique de cette sœur
qui ne put rien trouver pour sa défense et toutes les sœurs dirent en chœur : «
Corrigez-vous ma sœur et faîtes mieux le service des malades. »J'ai appris que
parfois le Seigneur Jésus ne désire pas que nous disions quelque chose
nous-mêmes ; Il a ses moyens et sait prendre la parole. 1587. Aujourd'hui, j'ai entendu ces paroles : Dans l'Ancien Testament j'ai
envoyé à mon peuple des prophètes et avec eux la foudre. Aujourd'hui, je
t'envoie vers toute l'humanité avec ma miséricorde. Je ne veux pas punir
l'humanité endolorie, mais je désire la guérir en l'étreignant sur mon cœur
miséricordieux. Je n'applique le châtiment que lorsqu'ils m'y forcent eux-mêmes ;
ma main ne prend volontiers le glaive de la justice ; avant le jour de la justice,
j'envoie le jour de la miséricorde. J'ai répondu : Ô mon Jésus parle Toi-même
aux âmes, car mes paroles sont sans importance ! +JMJ 1588. L'âme dans l'attente de la venue du Seigneur. Je ne sais, ô Seigneur, à quelle heure Tu viendras, Je veille donc sans cesse et je tends l'oreille, Moi Ta bien-aimée que Tu as choisis, Car je sais que Tu aimes venir inaperçu, Cependant le cœur pur, Seigneur, Te pressent de loin ! Je T'attends, Seigneur, dans le calme et le silence, Avec une grande nostalgie en mon cœur Et un désir inassouvi Je sens que mon amour pour Toi se change en brasier Et comme une flamme s'élèvera dans le ciel, à la fin de mes jours, Alors tous mes vœux se réaliseront ! Viens donc enfin - mon très doux Seigneur Et emporte mon cœur assoiffé Là-bas chez Toi, dans les hautes contrées des cieux Où règne éternellement Ta vie ! Car la vie sur terre n'est qu'une agonie, Car mon cœur sent qu'il est créé pour les hauteurs Et rien ne l'intéresse des plaines de cette vie Car ma patrie, c'est le ciel. Je crois en cela invinciblement. (Fin du cinquième cahier.)
1589 . Loue ô mon âme, l'inconcevable miséricorde divine, tout pour Sa gloire
!… Cracovie, le 10 février 1938 Sixième petit cahier Soeur Faustine du Très Saint Sacrement de la Congrégation des Sœurs de Notre Dame de la Miséricorde 1590. Mon cœur m'attire là où mon Dieu est caché, Où Il demeure nuit et jour avec nous Sous l'apparence de la blanche Hostie, Il dirige le monde entier, et est en relation avec les âmes. Mon cœur m'attire là où mon Seigneur se cache, Où est son Amour anéanti, Mais mon cœur sent que là est l'eau vive, C'est mon Dieu vivant, bien qu'un voile Le cache. 1591.10 février 1938. Pendant la méditation, le Seigneur m'a fait connaître la
joie du ciel et des saints qui se réjouissent de notre arrivée. Ils aiment Dieu,
comme unique objet de leur amour, mais ils nous aiment aussi tendrement et
sincèrement ; mais cette joie venant de la face divine se déverse sur tous, car
nous Le voyons face à face. Cette face est si douce que l'âme tombe en un
nouveau ravissement. 1592. Le Seigneur Lui-même me pousse à écrire des prières et des hymnes sur
Sa miséricorde, et ces adorations se pressent sur mes lèvres. Je me suis aperçue
qu'entrent dans mon esprit des paroles toutes prêtes à la gloire de la miséricorde
divine, aussi ai-je résolu de les mettre sur le papier, autant que cela sera en mon
pouvoir, je m'y sens poussée par Dieu. 1593. Une sœur est entrée chez moi un moment et après une courte
conversation au sujet de l'obéissance, elle me dit : « Oh ! Je comprends
maintenant comment agissaient les saints. Merci ma sœur, une grande lumière est
entrée dans mon âme, j'en ai bien profité. » 1594. Ô mon Jésus, c'est Ton œuvre, c'est Toi qui as parlé à cette âme, car
cette sœur est entrée au moment où j'étais complètement plongée en Dieu ; c'est
juste à cet instant que ce grand recueillement m'a abandonnée ! Ô mon Jésus, je
sais que pour être une âme utile, il faut s'efforcer à être le plus étroitement unie à
Toi, Amour éternel ! Un mot prononcé par une âme unie à Dieu, procure plus
de bien aux âmes que les discours éloquents et les sermons d'une âme
imparfaite. 1595. J'ai remarqué l'étonnement du Père Andrasz à cause de ma conduite,
mais tout pour la gloire de Dieu. Ô grande est Ta grâce, Seigneur, qui élève
l'âme vers les hauteurs ! Grande et ma reconnaissance envers Dieu pour m'avoir
donné un prêtre éclairé - Tu aurais pu continuer à me laisser dans mes
incertitudes et mes hésitations, mais Ta bonté y a remédié. Ô mon Jésus, il m'est
impossible de compter Tes bienfaits !... 1596. Ma fille, le combat durera jusqu'à la mort, il ne sera terminé qu'au dernier
soupir ; tu remporteras la victoire par le silence. 1597.16 février 1938. J'ai vu comme Jésus dans la sainte Communion entrait à
contrecœur dans certaines âmes. Il m'a répété ces mots : J'entre dans certains
cœurs comme pour une seconde passion. 1598. Pendant que je tâchais de faire l'heure sainte, j'ai aperçu Jésus souffrant
qui m'a dit ces paroles : Ma fille, n'accorde pas tant d'attention à l'instrument par
lequel vient la grâce, mais plus à la grâce elle-même que je te donne, car
l'instrument ne te plaît pas toujours, et les grâces laissent aussi à désirer alors !
Je veux te préserver de cela et je désire que tu ne fasses jamais attention à
l'instrument par lequel je t'envoie ma grâce, toute l'attention de ton âme doit
tendre à répondre le plus fidèlement possible à ma grâce. 1599. Ô mon Jésus, si Toi-même Tu n'apaises pas la nostalgie de mon âme,
personne ne le consolera ni ne l'apaisera ! Chacune de Tes approches ouvre
mon âme à un nouveau ravissement d'amour, mais aussi à une nouvelle agonie ;
car malgré Tes si exceptionnels rapprochements de mon âme, je continue à
T'aimer à distance et mon cœur agonise en extase d'amour, parce que ce n'est
pas encore l'union éternelle et complète, même si Tu es souvent en relation avec
moi sans aucun voile. Tu ouvres cependant par cela en mon âme et mon cœur
un abîme d'amour et de désir envers Toi mon Dieu, et cet abîme insondable -
désirer Dieu en plénitude - ne peut être totalement comblé sur cette terre. 1600. Le Seigneur m'a fait connaître comme il désire ardemment la perfection des âmes choisies. Les âmes choisies sont des lumières dans ma main, que je jette dans l'obscurité
du monde et je l'éclaire. Comme les étoiles éclairent la nuit, ainsi les âmes
choisies éclairent la terre, et plus l'âme est parfaite, plus la lumière qu'elle répand
autour d'elle est grande et va loin ; elle peut être cachée et inconnue même aux
plus proches, mais sa sainteté se reflète dans les âmes jusqu'aux plus lointaines
extrémités du monde. 1601. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : Ma fille, quand tu t'approches de la
sainte confession, de cette source de ma miséricorde, le sang et l'eau qui sont
sortis de mon cœur se déversent sur ton âme et l'ennoblissent. Chaque fois que
tu te confesses, plonge-toi entièrement dans ma miséricorde avec grande
confiance, pour que je puisse déverser en ton âme toutes les largesses de ma
grâce. Quand tu vas te confesser, sache que c'est moi-même qui t'attend dans le
confessionnal, je me dissimule seulement derrière le prêtre, mais c'est moi seul
qui agis dans l'âme. Ici la misère de l'âme rencontre le Dieu de miséricorde. Dis
aux âmes, qu'à cette source de miséricorde, les âmes ne puisent qu'avec le vase
de la confiance. Lorsque leur confiance sera grande, il n'y aura pas de bornes à
mes largesses. Les torrents de ma grâce inondent les âmes humbles. Les
orgueilleux sont toujours dans la misère et la pauvreté car ma grâce se détourne
d'eux pour aller vers les âmes humbles. 1602.14 février 1938. Pendant l'adoration, j'ai entendu ces paroles : Prie pour
une des élèves qui a grand besoin de ma grâce. J'ai reconnu l'âme de N. j'ai
beaucoup prié et la miséricorde divine a enveloppé cette âme. 1603. Pendant l'adoration, alors que je récitais plusieurs fois Dieu Saint, une
vive présence de Dieu m'enveloppa et je fus enlevée en esprit devant la majesté
divine. Et j'ai vu comment les anges et les saints du Seigneur rendent gloire à
Dieu. Cette gloire d Dieu est si grande que je ne veux même pas tenter de la
décrire, car je n'y arriverai pas, et pour qu'à cause de cela les âmes ne croient
pas que tout se borne à ce que j'ai écrit. Saint Paul, je te comprends maintenant,
tu ne voulais pas décrire le ciel, tu as seulement dit l'œil n'a pas vu, l'oreille n'a
pas entendu et le cœur de l'homme n'a jamais conçu ce que Dieu a préparé pour
ceux qui L'aiment. - Oui, c'est ainsi, et comme elle est misérable ! Ce n'est
qu'une goutte en comparaison de la perfection de la gloire céleste. Oh ! Que tu
es bon, mon Dieu, d'accepter mon adoration, de tourner avec bienveillance Ta
face vers moi, et de me faire connaître que notre prière T'es agréable ! 1604. Ecris sur ma bonté, ce qui te viendra à l'esprit.- J'ai répondu : Comment Seigneur, et si j'écris trop ? - Et le Seigneur me répondit : « Ma fille, même si tu parlais à la fois toutes les langues humaines et angéliques, tu ne pourrais en dire trop, mais alors tu ne glorifierais qu'une infime partie de ma bonté - de mon insondable miséricorde. » Ô mon Jésus, mets Toi-même les paroles dans ma bouche, pour que je puisse Te glorifier dignement. Ma fille, sois tranquille, fais ce que je t'ordonne ! Ta pensée est unie à ma pensée, écris donc ce qui te viendra à l'esprit. Tu es la secrétaire de ma miséricorde, je t'ai choisie pour cette fonction dans cette vie et dans la vie future. Je le veux ainsi, malgré tous les obstacles que l'on dressera contre toi ; sache que ma prédilection ne changera pas. Au même instant, je me suis plongée avec grande humilité devant la majesté
divine. Et plus je m'humiliais, plus la présence de Dieu me pénétrait… 1605. Ô Jésus, ma seule consolation ! Oh ! Comme l'exil est terrible. Oh ! Quel
désert dois-je encore traverser ! Mon âme se fraie un passage dans un terrible
roncier de difficultés de toutes sortes. Si Tu ne me soutenais pas, Seigneur, il me
serait impossible d'avancer. 1606. 16février 1938. Alors je priais à l'intention d'un prêtre le Cœur vivant de
Jésus qui est dans le Très Saint Sacrement, Jésus m 'a tout de suite fait connaître
Sa bonté et m'a dit : Je ne lui donnerai rien au dessus de ses forces. 1607. Quand j'ai appris les souffrances et les difficultés qu'une certaine personne éprouvait dans toute cette œuvre divine, j'ai demandé au Seigneur Jésus avant la Sainte Communion qu'il me fasse connaître si je n'étais pas à l'origine de ses souffrances. - Mon doux Jésus, je T'en supplie par Ton infinie bonté et Ta miséricorde, fais moi connaître si quelque chose ne Te plaît pas dans cette affaire ou il y a quelque faute de ma part ; s'il en était ainsi, je T'en prie, lorsque Tu viendras dans mon cœur, remplis-le d'inquiétude et fais-moi connaître ton mécontentement. Et si je ne suis pas coupable, affermis-moi dans la paix. Lorsque j'ai communié, mon âme fut remplie d'une grande paix et le Seigneur me fit connaître que l'œuvre est touchée par l'épreuve, mais qu'elle n'en est pas moins agréable à Dieu. Je n'en suis profondément réjouie et j'ai redoublé mes prières, pour que cette œuvre puisse sortir renforcée du feu de l'épreuve.
1608. Ô mon Jésus, comme il est bon d'être sur la croix, mais avec Toi. Avec
Toi, mon Amour, mon âme est constamment étendue sur la croix et abreuvée
d'amertume. Le vinaigre et le fiel touchent mes lèvres, mais c'est bien, c'est bien
qu'il en soit ainsi, car Ton divin Cœur fut abreuvé d'amertume pendant toute Ta
vie, et en réponse à Ton amour Tu as reçu l'ingratitude. Tu avais si mal qu'une
plainte de douleur s'échappa de Tes lèvres : Tu cherchais qui pourrait Te
consoler, et Tu n'as pas trouvé. 1609. Lorsque je demandai au Seigneur de porter les yeux sur une âme qui lutte
seule contre beaucoup de contrariétés, le Seigneur me fit connaître en un instant
que tous sont comme de la poussière sous Ses pieds. « Et donc ne te
tourmentes pas, tu vois que d'eux-mêmes ils ne peuvent rien, et si je leur
permets de paraître triompher, c'est en raison de mes impénétrables décrets ! »
J'ai ressenti un grand apaisement en voyant comme tout dépend du Seigneur. 1610. Quand l'aumônier vient avec le Seigneur Jésus, il y a des moments où une
si vive présence de Dieu m'envahit, et le Seigneur me fait connaître Sa sainteté,
et je vois alors la plus infinie poussière de mon âme et je voudrais la purifier
avant chaque Communion. J'ai questionné mon confesseur, il a répondu qu'il
n'était pas nécessaire de se confesser avant chaque sainte Communion. Je n'ai
pas continué à expliquer l'état de mon âme, car ce n'était pas mon directeur mais
mon confesseur. Cependant cette connaissance ne me prend pas de temps, car
elle est plus rapide que l'éclair, elle allume en moi l'amour, me laissant la
connaissance de moi-même 1611. 20 février 1938 - Aujourd'hui, le Seigneur m'a répondu : J'ai besoin de tes souffrances pour sauver les âmes. Ô mon Jésus, fais de moi ce qu'il Te plaît. Je n'ai pas eu le courage de
demander au Seigneur Jésus de plus grandes souffrances, car j'ai tellement
souffert la nuit précédente, que je n'aurais pu endurer une goutte de plus que ce
que le Seigneur Jésus lui-même m'a donné. 1612. Presque toute la nuit j'ai éprouvé de si violentes douleurs, qu'il me
semblait avoir toutes les entrailles réduites en lambeaux. J'ai rendu avec des
vomissements le médicament que j'avais pris. Puis, alors que je me penchais en
avant, j'ai perdu connaissance et ainsi, la tête appuyée contre le sol, je suis
restée ainsi un moment. Quand j'ai repris connaissance, je m'aperçus que j'avais
appuyé du poids de tout mon corps sur mon visage et ma tête ; inondée de
vomissements, j'ai pensé que ce serait déjà la fin. La chère mère supérieure et
Sœur Tarcise me secoururent comme elles le pouvaient. Jésus me demandait de
souffrir et non de mourir. Ô mon Jésus, fais de moi ce qu'il Te plaît ! Donne-moi
seulement la force de souffrir ! Je supporterai tout quand Ta force me
soutiendra. Ô âmes, comme je vous aime ! 1613. Aujourd'hui une sœur est venue me voir et m'a dit : « Ma sœur, je sens de
façon étrange, comme si quelque chose me disait de venir chez vous et de vous
recommander certaines de mes affaires avant que vous ne mourriez, que par vos
prières vous pouvez me l'obtenir, ma sœur, et l'arranger auprès du Seigneur
Jésus ; quelque chose me dit tout le temps que vous pouvez me l'obtenir, ma
sœur. » Je lui ai répondu franchement - « oui je le sens dans mon âme, qu'après
ma mort je pourrais plus obtenir auprès de Jésus que maintenant. Je me
souviendrai de vous, ma sœur, devant Son trône. » 1614. Quand je suis entrée un moment dans le dortoir voisin pour visiter les
sœurs malades, l'une d'elles me dit : « Ma sœur, je n'aurai pas du tout peur de
vous, quand vous mourrez ; venez me voir après votre mort, car j'ai un secret à
vous confier, pour que l'arrangiez auprès de Jésus ; je sais que vous pouvez me
l'obtenir auprès du Seigneur Jésus par vos prières. » Comme elle le disait
publiquement, je lui ai répondu de cette façon : « Le Seigneur Jésus est très
discret, et donc les secrets qu'il a avec une âme, Il ne les révèle à personne. » 1615. Ô mon Seigneur, je Te remercie de me rendre semblable à Toi par
l'anéantissement ! Je vois que mon enveloppe terrestre commence à s'effriter ; je
m'en réjouis car bientôt, je me trouverai dans la maison de mon Père. 1616. 27 février 1938. Aujourd'hui je me suis confessée au Père A., j'ai agi
comme Jésus le désirait. Après la confession, une lumière intense inonda mon
âme. Soudain j'entendis une voix : « Parce que tu es une enfant, tu resteras près
de mon cœur ; ta simplicité m'est plus agréable que les mortifications. » 1617. Paroles du Père Andrasz : « Vis davantage de foi ; prie pour que la
miséricorde divine se propage encore plus et pour que cette œuvre soit prise en
bonnes mains, qu'elle soit bien dirigée ! Tâche toi-même d'être là une bonne
religieuse même si cela pourrait être comme c'est maintenant, mais tâche d'être
là une bonne religieuse ! Et maintenant, si tu ressens ces attraits divins et que tu
reconnais que c'est le Seigneur, suis-les ! Consacre à l'oraison tout le temps qui
y est destiné, et les notes prends-les après la prière ! » 1618. Les deux derniers jours du carnaval. Mes souffrances physiques ont
augmenté. Je me suis unie plus étroitement au Sauveur souffrant, Lui demandant
d'avoir miséricorde pour le monde entier, qui dans sa méchanceté fait des folies.
Pendant toute la journée, j'ai senti les douleurs de la couronne d'épines. Lorsque
je me suis couchée, je ne pouvais pas poser ma tête sur l'oreiller ; cependant à
dix heures les douleurs cessèrent et je m'endormis, mais le lendemain je
ressentais une grande faiblesse. 1619. Jésus-Hostie, si Tu ne me soutenais pas Toi-même, je ne saurais
persévérer sur la croix, je ne pourrais supporter tant de souffrances, mais la
force de Ta grâce me maintient à un niveau plus haut et rend méritoires mes
souffrances. Tu me donnes la force d'aller toujours de l'avant et de conquérir le
ciel par la force et d'avoir en mon cœur de l'amour pour ceux qui nous ont fait
subir contrariétés et mépris. Avec Ta grâce on peut tout ! 1620. 1er mars 1938. Retraite d'un jour. J'ai compris dans la méditation, qu'il faut se cacher le plus profondément
possible dans le Cœur de Jésus, méditer Sa douloureuse passion et pénétrer les
sentiments de Son divin Cœur rempli de miséricorde pour les pécheurs ; pour
leur obtenir cette miséricorde, je vais m'anéantir à chaque moment, vivant de la
volonté de Dieu. 1621. Pendant tout ce Carême, je suis une hostie dans Ta main, Jésus !
Sers-Toi de moi, pour que Tu puisses entrer Toi-même chez les pécheurs !
Exige ce qui Te plaît ; aucun sacrifice ne me semblera trop grand lorsqu'il s'agit
des âmes ! 1622. Tout ce mois-ci, sainte messe et sainte Communion à l'intention du Père
Andrasz pour que Dieu lui fasse connaître plus profondément encore, Son
amour et Sa miséricorde. 1623. Ce mois-ci, j'exercerai les trois vertus que la Mère de Dieu m'a
recommandées : l'humilité, la pureté et l'amour de Dieu, acceptant, avec une
profonde soumission à la volonté de Dieu, Tout ce qu'Il m'enverra. 1624. J'ai commencé le Saint Carême comme Jésus le désirait, m'en remettant
complètement à Sa sainte volonté et acceptant avec amour tout ce qu'il me
donnera. Je ne peux pas pratiquer de plus grandes mortifications, car je suis très
faible. Ma longue maladie a complètement détruit les forces. Je m'unis à Jésus
par la souffrance. Lorsque je médite Sa douloureuse Passion, mes douleurs
physiques diminuent. 1625. Le Seigneur m'a dit : « Je te prends à mon école pour tout le Carême, je
veux t'apprendre à souffrir. » J'ai répondu : « Avec Toi Seigneur, je suis prête à
tout », et j'ai entendu cette voix : « Il t'est permis de boire au calice que je bois ;
je te donne aujourd'hui cet honneur exclusif. » 1626. J'ai ressenti aujourd'hui la Passion de Jésus dans tout mon corps et le
Seigneur m'a fait connaître la conversion de certaines âmes. 1627. Pendant la sainte messe, j'ai aperçu Jésus étendu sur la croix - Il m'a dit :
« Mon élève, aie un grand amour pour ceux qui te font souffrir, fais du bien à
ceux qui te haïssent. » J'ai répondu : « Ô mon maître Tu vois bien que je n'ai pas
de sentiment d'amour pour eux, et cela me peine ! » Jésus m'a répondu : « Le
sentiment n'est pas toujours en ton pouvoir ; tu reconnaîtras que tu as de l'amour
lorsque après avoir éprouvé des contrariétés et des contradictions, tu ne perds
pas ton calme, mais tu pries pour ceux qui t'ont fait souffrir, et tu souhaites leur
bien. » Quand je suis revenue… 1628. JMJ Je suis une hostie dans Ta main, Ô Jésus, mon Créateur et mon Seigneur, Paisible, cachée, sans beauté ni charme, Car toute la beauté de mon âme a été imprimée au-dedans ! Je suis une hostie dans Ta main, ô Divin Prêtre, Fais de moi ce qu'il Te plaît ! Je suis toute livrée à Ta volonté, Seigneur, Car elle est le délice et la parure de mon âme ! Je suis en Ta main, ô mon Dieu, comme une blanche hostie, Je T'en supplie, transforme-moi Toi-même en Toi, Que je sois toute cachée en Toi, Enfermée dans Ton Cœur miséricordieux, comme dans le ciel ! Je suis dans Ta main comme une hostie, ô Prêtre éternel, Que l'hostie de mon corps me cache à l'œil humain ! Que seul Ton œil mesure mon amour et mon dévouement, Que mon cœur soit toujours uni à Ton divin Cœur ! Je suis dans Ta main, ô divin Médiateur, comme une hostie expiatoire, Et je brûle sur l'autel de l'holocauste, Moulue et broyée par la souffrance, comme les grains de froment, Et cela pour Ta gloire, pour le salut des âmes ! Je suis une hostie, qui demeure dans le tabernacle de Ton cœur, Je marche à travers la vie, noyée dans Ton amour, Et je n'ai peur de rien au monde, Car Toi seul, Tu es pour moi - bouclier, force, défense !. Je suis une hostie déposée sur l'autel de Ton Cœur, Pour brûler du feu de l'amour dans tous les siècles, Car je sais que Tu m'as élevée uniquement par Ta seule miséricorde, Et je change donc tous les dons et les grâces pour Ta gloire. Je suis une hostie dans Ta main, ô Juge et Sauveur, Dans la dernière heure de ma vie, Que la toute puissance de Ta grâce m'amène au but, Qu'éclate Ta pitié envers le vase de miséricorde ! 1629. Mon Jésus, affermis les forces de mon âme, pour que l'ennemi ne gagne
rien. Sans Toi, je ne suis que faiblesse, sans Ta grâce, que suis-je sinon un
abîme de misère. La misère est ma propriété. 1630. Ô plaie de la miséricorde, Cœur de Jésus, cache-moi dans Ta profondeur
comme une goutte de Ton propre sang et ne m'en laisse pas sortir pour l'éternité
! Enferme-moi dans Tes profondeurs et enseigne-moi Toi-même comment
T'aimer ! Amour éternel, façonne Toi-même mon âme pour qu'elle soit capable
d'un amour réciproque pour Toi. Ô Amour vivant, rends-moi capable de
T'aimer toujours ! Je veux éternellement répondre à Ton amour par la
réciprocité. Ô Christ, un seul de Tes regards m'est plus cher que des milliers de
monde, que le ciel entier ! Tu peux, Seigneur, rendre mon âme telle qu'elle
puisse te comprendre dans toute Ta plénitude, tel que tu es. Je sais et je crois
que Tu peux tout, puisque Tu as daigné Te donner à moi si généreusement, je
sais que Tu peux être plus généreux encore ; fais-moi entrer dans Ton intimité
aussi loin que peut l'être la nature humaine !… 1631. JMJ Les désirs de mon cœur sont si inconcevables et si grands, Que rien ne peut combler l'abîme de mon cœur. Même toutes les plus belles existences du monde entier, Ne sauraient Te remplacer pour moi, pas même pour un instant, ô mon Dieu ! D'un seul regard, j'ai embrassé le monde entier, Et je n'ai pas trouvé d'amour semblable à celui de mon cœur, C'est pourquoi j'ai tourné mon regard sur le monde éternel, Car celui-ci m'est trop petit Mon cœur a désiré l'amour de l'Immortel ! Mon cœur a senti que je suis un enfant royal, Que je me suis trouvée en exil, en terre étrangère, J'ai compris que ma maison est le palais céleste. C'est là seulement que je me sentirai comme dans ma propre patrie. C'est Toi-même, qui as attiré vers Toi mon âme, Seigneur, Ô Seigneur éternel, Toi-même, Tu T'es abaissé vers moi, Donnant à mon âme une plus profonde connaissance de Toi ! Voilà le secret de l'amour pour lequel Tu m'as créée ! L'amour pur m'a rendue forte et courageuse, Je n'ai peur ni des Séraphins, ni du Chérubin debout avec le glaive Et je passe sans contrainte là où d'autres tremblent, Car il n'y a pas de quoi craindre là où l'amour est guide ! Et soudain le regard de mon âme s'arrête sur Toi, Ô Seigneur Jésus-Christ, étendu sur la croix, C'est mon amour, avec lequel je reposerai dans mon tombeau, C'est mon bien-aimé, mon Seigneur et mon Dieu inconcevable ! (ici il y a une longue pause) 1632. 10 mars 1938 - Des souffrances physiques continuelles. Je suis sur la
croix avec Jésus. Une fois la mère supérieure m'a dit : « Ma sœur, c'est chez
vous un manque d'amour du prochain, vous mangez quelque chose, puis vous
souffrez et vous dérangez les autres pendant le repos de la nuit. » Cependant, je
sais que ces douleurs dans mes entrailles ne sont pas du tout prolongées par ce
que j'ai mangé, le médecin a constaté la même chose, mais ce sont des
souffrances qui viennent plutôt de l'organisme ou plutôt de la volonté de Dieu.
Cependant, après cette remarque, j'ai pris la résolution de davantage souffrir en
cachette et de ne plus demander d'aide, car de toute façon elle n'a aucun résultat
; car je rends avec des vomissements les médicaments que l'on me donne, et j'ai
réussi à surmonter quelques attaques dont seul Jésus est au courant. Ces
souffrances sont si violentes et si fortes qu'elles me font perdre connaissance.
Lorsque je m'évanouis sous leur pression, et qu'une sueur froide m'inonde, alors
elles commencent peu à peu à se relâcher. Elles durent parfois jusqu'à trois
heures ou plus encore. Ô mon Jésus, que Ta sainte Volonté soit faite, j'accepte
tout de Ta main ! Si j'accepte les ravissements et les transports de l'amour
jusqu'à l'oubli de ce qui se passe autour de moi, il est juste que j'accepte aussi
avec amour ces souffrances que me font perdre ma lucidité. 1633. Quand le médecin est venu, je ne pouvais pas descendre le voir au parloir
comme les autres sœurs, mais j'ai demandé qu'il vienne chez moi, car pour une
certaine raison je ne pouvais descendre ; au bout d'un moment, le médecin est
venu dans ma cellule, et après m'avoir examinée, il dit : « Je dirai tout à la sœur
infirmière. » Quand la sœur infirmière est venue après le départ du médecin, je
lui ai dit la raison pour laquelle je ne pouvais descendre au parloir ; cependant
elle se montra fort mécontente. Et quand je lui ai demandé : Ma sœur , qu'est-ce
que le médecin a dit de ces douleurs - elle m'a répondu qu'il n'avait rien dit, que
ce n'était rien ; il a dit que la malade faisait des caprices et elle s'en est allée.
Alors j'ai dit à Dieu : Christ donne-moi force et vigueur pour souffrir, donne à
mon cœur un amour sincère envers cette sœur. Après cela, elle ne vint plus du
tout me voir de toute une semaine. Cependant les souffrances revinrent avec une
grande violence et durèrent presque toute la nuit, il me semblait que c'était la fin.
Les supérieures décidèrent d'aller chez un autre médecin, et celui-ci constata
que l'état était grave, il me dit : « On ne peut plus redonner une nouvelle santé.
On peut encore remédier, çà et là, mais il n'est pas question de recouvrer la
santé ». Il a prescrit un remède pour ces douleurs et depuis les plus fortes
attaques ont disparu. « Et si vous venez ici ma sœur, nous tâcherons alors de
rapiécer cette santé si cela est encore possible. » Il souhaitait vivement que j'aille
là-bas pour une cure. Ô mon Jésus, comme Tes décrets sont étranges !. 1634. Jésus m'ordonne d'écrire tout ceci pour la consolation des autres âmes
qui seront parfois exposées à des semblables souffrances. 1635. Bien que je me sente très faible, je suis allée chez ce médecin car telle
était la volonté des supérieures. La sœur désignée pour m'accompagner partait
bien mécontente. Elle me l'a montré plusieurs fois, enfin, elle m'a dit : « Que
va-t-il se passer, j'ai trop peu d'argent pour le fiacre ? »Je n'ai rien répondu. »Et
peut-être qu'il n'y aura pas de fiacre ? Comment ferons-nous un tel chemin ? »
Elle disait cela et beaucoup d'autres choses pour m'inquiéter, car les chères
supérieures avaient donné assez d'argent pour tout : il n'en manquait pas. Ayant
compris intérieurement toute cette affaire, j'ai ri et j'ai dit à la sœur, que j'étais
tout à fait tranquille, ayons confiance en Dieu. Mais j'ai vu que mon profond
calme l'irritait. 1636. Alors j'ai commencé à prier à son intention. Ô mon Seigneur, j'accepte
tout pour Toi, afin d'obtenir la miséricorde pour les pauvres pécheurs ! A mon
retour, j'étais si fatiguée, que j'ai dû me coucher tout de suite ; mais c'était le jour
de la confession trimestrielle, j'ai tâché d'y aller, car j'avais besoin non seulement
de la confession, mais aussi des conseils du directeur de mon âme. J'ai
commencé à me préparer, mais je me sentais si faible, que j'ai résolu de
demander à la mère supérieure la permission de passer avant les novices car je
me sens faible. La mère supérieure me répondit : « Allez chercher la sœur
maîtresse, si elle vous permet de passer avant les novices - c'est d'accord. »
Cependant, il n'y avait plus que trois sœurs pour la confession, j'ai donc attendu,
car je n'avais pas la force d'aller chercher la sœur maîtresse. Lorsque vint mon
tour, je me sentais si mal que je ne pus rendre compte de l'état de mon âme, à
peine ai-je pu me confesser. Ici j'ai compris combien on a besoin de l'esprit, la
lettre seule ne fait pas croître l'amour. 1637. Ce jour-là, il y avait quelques malentendus entre la supérieure et moi. La
faute n'était ni de son côté ni du mien ; mais la souffrance morale est restée, je
ne pouvais pas mettre les choses au point, car c'était un secret ; c'est pour cela
que je souffrais, bien que j'eusse pu d'un seul mot prouver la vérité. 1638. 20 mars 1938. Aujourd'hui, j'accompagnais en esprit une âme
agonisante. Je lui ai obtenu la confiance en la miséricorde divine. Cette âme était
proche du désespoir. 1639. Cette nuit n'est connue que de Toi, Seigneur ! Je l'ai offerte pour les
pauvres pécheurs endurcis, pour leur obtenir Ta miséricorde. Cingle-moi ici,
brûle-moi là, pour que Tu me donnes les âmes des pécheurs et particulièrement
!… Ô Jésus, rien ne périt chez Toi : prends tout, et donne-moi les âmes des
pécheurs ! 1640. Pendant l'adoration, au cours de l'office des quarante heures, le Seigneur
m'a dit : Ma fille, écris que les fautes involontaires des âmes ne retiennent pas
mon amour pour elles, ni n'empêchent de m'unir avec elles, mais les fautes,
mêmes les plus petites mais volontaires, sont une entrave à mes grâces et je ne
peux répandre mes dons sur de telles âmes. 1641. Jésus m'a fait connaître comment tout dépend de Sa volonté, en me
donnant une profonde paix en ce qui concerne toute cette œuvre. 1642. Ecoute ma fille, bien que toutes les œuvres qui naissent de ma volonté
soient exposées à des grandes souffrances, vois cependant, l'une d'elles a-t-elle
été exposée à de plus grandes difficultés, que l'œuvre qui dépend directement de
moi, l'œuvre de la rédemption. Tu ne dois pas trop prendre à cœur les
contrariétés. Le monde n'est pas aussi fort qu'il semble l'être, sa force est
strictement limitée. Sache, ma fille, que lorsque ton âme est pleine du feu de mon
pur amour, alors toutes les difficultés fuient comme le brouillard devant les
rayons du soleil, et elles ont peur d'aborder une telle âme et tous les adversaires
ont peur d'agir contre elle, car ils sentent que cette âme est plus forte que le
monde entier… 1643. Ma fille, fais dans cette œuvre de la miséricorde autant que l'obéissance
te le permet, mais soumets clairement mes moindres désirs à ton confesseur, et
ce qu'il décidera, il ne t'est pas permis de t'en écarter, accomplis tout fidèlement,
autrement je n'aurais pas de prédilection pour toi !… 1644. 25 mars 1938 - J'ai vu aujourd'hui le Seigneur Jésus souffrant qui s'inclina
vers moi et me dit tout bas : Ma fille, aide-moi à sauver les pécheurs. Soudain
un feu d'amour pour secourir les âmes entra dans mon âme ! Quand je repris
connaissance, je savais par quels moyens je devais secourir les âmes, et je me
suis préparée à de plus grandes souffrances. 1645. Aujourd'hui la souffrance a augmenté, outre cela, j'ai senti des plaies aux
mains, aux pieds et au côté, je l'ai supporté avec patience. Je sentais la colère
de l'ennemi des âmes, mais il ne m'a pas touchée. 1646. 1e avril 1938 - Je me sens de nouveau plus mal aujourd'hui. Une grande fièvre commence à me consumer. Je ne peux recevoir de nourriture, j'ai envie de quelque chose de rafraîchissant à boire et il est même arrivé de n'avoir même pas un peu d'eau dans ma cruche. Tout cela, Jésus, pour obtenir ta miséricorde pour les âmes ! Quand j'ai renouvelé mon intention avec plus d'amour , alors une des novices
entra et me donna une grosse orange envoyée par la sœur maîtresse. J'y ai vu la
main de Dieu. Cela s'est répété encore plusieurs fois. Pendant cette période,
bien qu'on connaisse mes besoins, je ne recevais jamais rien de rafraîchissant à
manger, je l'avais pourtant demandé ; je voyais cependant que Dieu exige les
souffrances et le sacrifice. Je ne décris pas ces refus en détail, car ils sont très
délicats et difficiles à croire, et pourtant Dieu peut exiger même de tels
sacrifices. 1647. Je voulus dire à la mère supérieure que j'avais très soif et lui demander la
permission d'avoir dans ma cellule quelque chose à boire pour apaiser ma soif,
mais avant que je l'aie demandé, la mère m'a dit elle-même : « Ma sœur,
finissez-en une bonne fois avec cette maladie, d'une façon ou d'une autre. Il vous
faudra faire une cure ou autre chose, car cela ne peut durer de la sorte. » Quand
après un moment je suis restée seule, j'ai dit : Christ que faire ? Te demander la
santé ou la mort, je n'ai pas d'ordre clair, je me suis donc agenouillée et j'ai dit :
Que pour toi se fasse Ta sainte volonté, fais de moi Jésus ce qu'il Te plaît ! A ce
moment je me suis sentie comme si j'étais toute seule et différentes tentations
m'assaillirent, cependant, j'ai retrouvé le calme et la lumière dans une prière
ardente, et j'ai compris que la supérieure voulait seulement m'éprouver. 1648. Je ne sais pas comment cela se fait, mais la chambre où j'étais couchée
était si négligée, que parfois elle n'était pas nettoyée pendant plus de deux
semaines. Souvent personne n'allumait le feu dans le poêle, et à cause de cela
ma toux augmentait, parfois je le demandais, mais parfois je n'en avais pas le
courage. Quand une fois la mère supérieure est venue me voir et qu'elle m'a
demandé s'il ne faudrait pas chauffer davantage, je lui ai répondu que non, car il
faisait déjà plus chaud dehors et la fenêtre était ouverte. 1649. Premier vendredi du mois. Quand j'ai pris le messager du Sacré-Cœur et
que j'y ai lu la canonisation de saint André Bobola, en un instant une si grande
nostalgie envahit mon âme pour que chez nous aussi il y ait une sainte et je me
suis mise à pleurer comme un enfant, pourquoi n'y a t'il pas de sainte chez nous,
et j'ai dit au Seigneur : Je connais Ta largesse, mais il me semble que maintenant
Tu es moins généreux pour nous - et j'ai recommencé comme un petit enfant. Et
le Seigneur Jésus me dit : Ne pleure pas, car toi, tu en es une ! Alors la lumière
divine inonda mon âme et il me fut donné de connaître combien j'allais souffrir,
et j'ai dit au Seigneur : Comment cela arrivera-t-il ? Tu m'as pourtant parlé d'une
autre congrégation. Et le Seigneur me répondit : « Il ne t'appartient pas de savoir
comment cela arrivera, mais il faut être fidèle à ma grâce et faire toujours ce qui
est en ton pouvoir et ce l'obéissance te permet … 1651.Une sœur est entrée chez moi aujourd'hui et m'a dit que telle religieuse se
dorlote dans sa maladie, et elle me dit que cela l'agace -« Je lui passerais bien un
savon, mais je ne suis pas de cette maison. » Je lui ai répondu que j'en suis
étonnée : comment pouvez-vous même penser cela, ma sœur, pensez seulement,
ma sœur, combien cette malade a de nuits blanches et de larmes… Alors la
sœur a changé d'avis. 1652. JMJ Exalte, ô mon âme, la miséricorde du Seigneur ! Réjouis-toi en Lui, mon cœur entier, Car tu es choisie par Lui Pour propager la gloire de Sa miséricorde ! Personne n'a sondé Sa bonté, personne ne la mesurera, Sa pitié est incommensurable, Chaque âme qui l'approche le ressent, Il l'abritera et la pressera contre Son sein miséricordieux Heureuse l'âme, qui a fait confiance à Ta bonté, Et s'est abandonnée complètement à Ta miséricorde, Son âme est remplie de la paix et de l'amour, Tu la défend partout, comme Ton enfant ! Ô âme, qui que Tu sois en ce monde, Quand bien même tes péchés seraient noirs comme la nuit, Ne crains pas Dieu, faible enfant, Car grande est la puissance de la miséricorde divine ! 1652. JMJ Dans la clarté d'en haut, où règne mon Dieu, C'est là que mon âme soupire, C'est là que mon cœur ressent, Et tout mon être est tendu vers Toi. J'avance vers l'autre monde, vers Dieu seul, Dans la clarté inconcevable, dans le feu lui-même de l'amour, Car mon âme et mon cœur sont créés pour Lui Et mon cœur L'aime depuis ma plus tendre jeunesse Là-bas dans l'éclat de la clarté de Ta Face Mon amour languissant se reposera, Car la vierge agonise en exil loin de Toi, Car elle ne vit que lorsqu'elle est unie à Toi. JMJ .Ma journée est à son déclin, Je sens déjà Ton éternel éclat, mon Dieu ! Personne ne saura ce que sent mon cœur, Mes lèvres se tairont dans une grand humilité. J'avance déjà vers les noces éternelles, Dans le ciel éternel, les inconcevables espaces, Je ne soupire ni après le repos, ni après la récompense Le pur amour de Dieu m'attire au ciel. Je vais déjà à Ta rencontre, éternel Amour, Avec un cœur languissant, qui Te désire. Je sens que Ton pur amour, mon Dieu, est l'hôte de mon cœur, Et je sens mon éternelle prédestination dans le ciel. Je vais déjà chez mon Père dans le ciel éternel, De la terre d'exil, de cette vallée de larmes. La terre n'est pas capable de retenir plus longtemps mon cœur pur, Et les hauteurs du ciel m'ont attirée vers elles. Je viens, mon Bien-Aimé, pour voir Ta gloire, Qui déjà maintenant comble mon âme de joie, Là où le ciel entier se plonge dans Ton adoration, Je sens que mon adoration T'est agréable, malgré mon néant. Dans le bonheur éternel je n'oublierai pas les hommes sur terre. J'obtiendrai par mes prières la miséricorde divine pour tous, Et je me souviendrai particulièrement de ceux qui étaient chers à mon cœur. Et même ayant complètement sombré en Dieu, je ne les oublierai pas. Je ne sais pas parler avec les hommes en ces derniers moments, En silence, je T'attends seulement, Seigneur. Je ne sais que viendra l'instant où chacun comprendra l'œuvre divine dans mon âme, Je sais que telle est Ta volonté, et il en sera ainsi. 1653. JMJ Ô vérité, ô vie pleine d'épines ! Pour te traverser victorieusement, Il faut s'appuyer sur Toi, ô Christ, Et être toujours près de Toi !. Sans Toi, ô Christ, je ne saurais souffrir Seule, de moi-même, je ne saurais me mesurer à l'adversité ! Seule, je n'aurais pas le courage de boire à Ton calice, Mais Toi, Seigneur, Tu es toujours avec moi et Tu me conduis par des chemins
mystérieux. Et faible enfant, j'ai commencé le combat en Ton nom. J'ai combattu vaillamment, bien que parfois sans résultat. Et je sais que mes efforts Te sont agréables. Et je sais que c'est seulement l'effort que Tu récompenses éternellement. Ô vérité, ô combat à la vie, à la mort ! Quand je me suis levée pour combattre, chevalier inexpérimenté, J'ai senti que j'ai le sang d'un chevalier, mais que je suis encore enfant, C'est pourquoi, ô Christ, il me fallait Ton aide et Ta protection ! Mon cœur ne se reposera point dans l'effort et le combat, Jusqu'à ce que Toi seul me rappelles du champ de bataille, Je me tiendrai debout devant Toi, non pour des récompenses et pour des tapis somptueux, Mais pour me plonger en Toi dans la paix pour les siècles. 1654. Ô Christ ! Si l'âme savait d'un coup ce qu'elle va souffrir pendant toute sa
vie, elle mourrait de frayeur à cette seule vue, elle ne tremperait pas ses lèvres
au calice d'amertume ; mais comme on le lui a donné goutte à goutte, elle l'a vidé
jusqu'à la lie ! Ô Christ, si Tu ne soutenais pas Toi-même l'âme, que
pourrait-elle toute seule ? Nous sommes forts, mais de Ta force : nous sommes
saints, mais de Ta sainteté ; et seuls, que sommes-nous ? Plus bas que néant… 1655. Mon Jésus, Tu me suffis en tout ce monde. Si grandes que soient mes
souffrances, Tu me soutiens ! Si terribles que soient les délaissements, Tu les
adoucis ! Et si grande soit ma faiblesse, Tu la changes en force ! Je ne sais
décrire tout ce que je souffre ; et ce que j'ai déjà écrit jusqu'à présent, n'est
qu'une goutte. Il y a des moments de souffrances que vraiment je ne sais décrire.
Il y a aussi des moments dans ma vie, quand ma bouche reste silencieuse et ne
trouve aucun mot pour sa défense, et se soumet complètement à la volonté de
Dieu, alors le Seigneur Lui-même prend ma défense et revendique même de
l'extérieur. Cependant lorsque je vois Ses plus fortes revendications qui se
manifestent par le châtiment, alors je le supplie ardemment d'avoir miséricorde
et de pardonner. Mais je ne suis pas toujours exaucée, le Seigneur agit
étrangement avec moi. Il est des moments où Lui-même permet de terribles
souffrances ; et il y a aussi des moments où il ne permet pas de souffrir et
éloigne tout ce qui pourrait attrister l'âme. Telles sont Ses voies insondables et
incompréhensibles pour nous ; à nous de nous soumettre toujours à Sa sainte
volonté. Il y a des mystères que la raison humaine n'approfondira jamais ici sur
terre, l'éternité nous les dévoilera. 1656. 10 avril 1938 - Dimanche des Rameaux. J'ai été à la Sainte Messe, mais
je n'avais pas la force d'aller prendre les rameaux. Je me sentais si faible que je
pus à peine tenir jusqu'à la fin de la Sainte Messe. Pendant la Sainte Messe
Jésus me fit connaître la douleur de Son âme et j'ai nettement ressenti comme
ces hymnes, Hosanna, éveillaient un écho douloureux dans Son Très Saint
Cœur. Mon âme fut également envahie par un océan d'amertume et chaque
Hosanna me perçait le cœur. Mon âme toute entière fut attirée auprès de Jésus.
J'ai entendu la voix de Jésus : « Ma fille, ta compassion pour moi m'est un
soulagement, ton âme revêt une exceptionnelle beauté par la méditation de ma
Passion. » 1657. J'ai communié à l'étage car il m'était complètement impossible de
descendre à la chapelle, car j'étais très affaiblie par de fortes sueurs et quand les
sueurs passaient un peu, des frissons de fièvre me saisissaient. Je me sentais
complètement faible. Aujourd'hui l'un des pères jésuites nous a apporté la Sainte
Communion. Lorsqu'il donna le Seigneur à trois sœurs, puis à moi, croyant que
j'étais la dernière, il me donna deux hosties, et une des novices était alitée dans
la seconde cellule et il en manqua pour elle. Le prêtre revint une seconde fois et
lui apporta le Seigneur ; pourtant Jésus me dit : J'entre à contrecœur dans ce
cœur ; tu as reçu deux hosties parce que je diffère mon entrée dans cette âme
qui résiste à ma grâce. Mon séjour dans cette âme ne m'est pas agréable. A cet
instant mon âme fut attirée dans Sa proximité et j'ai obtenu une profonde lumière
intérieure qui m'a permis de comprendre en esprit toute la miséricorde. Ce fut un
vol d'un éclair, mais plus net que si je l'avais regardé des heures entières de mes
yeux de chair. 1658. Cependant pour écrire quoi que ce soit, je dois utiliser des mots, bien
qu'ils ne puissent rendre complètement tout ce qui a réjoui mon âme, voyant la
gloire de la miséricorde divine. La gloire de la miséricorde divine éclate déjà
malgré les efforts des ennemis et de Satan lui-même, qui a une grande haine
pour la miséricorde de Dieu, et cette œuvre lui arrachera plus d'âmes, c'est
pourquoi l'esprit des ténèbres tente parfois impétueusement les personnes
bonnes afin qu'elles entravent cette œuvre. Cependant j'ai reconnu clairement
que la volonté divine s'accomplit déjà - et qu'elle s'accomplira jusqu'à la
dernière goutte. Les plus grands efforts de ses ennemis ne peuvent faire échouer
le plus petit détail de ce que le Seigneur a décidé. Peu importe qu'il y ait des
moments où il semble que l'œuvre est complète - elle se console alors. 1659. Mon âme fut remplie d'une paix si profonde que je n'en ai jamais
ressentie auparavant. C'est une assurance divine que rien ne peut effacer, une
paix profonde que rien ne peut troubler, même si je devais passer par les plus
grandes épreuves. Je suis tranquille, Dieu Seul dirige cela !. 1660. J'ai passé toute la journée en action de grâce et la reconnaissance
inondait mon âme. Ô mon Dieu, que Tu es bon, que Ta miséricorde est grande,
Tu me visites avec de si grandes grâces ; moi, qui ne suis qu'une véritable
poussière ! Tombant à Tes pieds le visage contre terre, ô Seigneur, je confesse
dans la sincérité de mon cœur que je n'ai en rien mérité la plus petite de Tes
grâces, et si Tu me les accordes si largement, c'est Ton inconcevable bonté,
voilà pourquoi plus grandes sont les grâces que reçoit mon cœur, plus il
s'enfonce dans une profonde humilité. 1661. Ô Christ, souffrir pour Toi est un délice pour le cœur et l'âme !
Prolongez-vous, mes souffrances, à l'infini, pour que je puisse ainsi Te prouver
mon amour. J'accepte tout ce que me tendra Ta main. Ton amour, Jésus, me
suffit ! Je veux Te louer dans l'abandon et les ténèbres, dans le tourment et la
crainte, dans la douleur et l'amertume, dans la torture de l'âme et l'amertume du
cœur, Sois béni en tout ! Mon cœur est tellement détaché de la terre que Toi
seul, me suffit complètement. Il n'y a plus un moment dans ma vie pour
m'occuper de moi-même. 1662. Jeudi Saint. Aujourd'hui, je me suis sentie assez forte pour prendre part
aux cérémonies à l'église. Pendant la sainte messe, Jésus se tint debout devant
moi et me dit : Regarde en mon cœur empli d'amour et de miséricorde pour les
hommes et particulièrement pour les pécheurs. Regarde et entre dans ma
Passion. En un instant, j'ai ressenti et j'ai vécu dans mon propre cœur toute la
Passion de Jésus ; j'étais étonnée que ces supplices ne m'enlèvent pas la vie. 1663. Pendant l'adoration, Jésus me dit : Sache ma fille, que ton amour ardent
et ta compassion furent une consolation pour moi au Jardin des Oliviers. 1665. Pendant l'heure sainte le soir, j'ai entendu ces paroles : Tu vois ma
miséricorde pour les pécheurs qui se révèle en ce moment dans toute sa
Puissance. Vois, comme tu as peu écrit sur elle, ce n'est seulement qu'une
goutte. Fais ce qui est en ton pouvoir, pour que les pécheurs connaissent ma
Bonté. 1665. Vendredi Saint. J'ai vu le Seigneur Jésus supplicié, mais Il n'était pas
cloué sur la croix, c'était encore avant le crucifiement, et Il m'a dit : Tu es mon
cœur, parle aux pécheurs de ma miséricorde. Et le Seigneur me donna la
connaissance intérieure de tout l'abîme de Sa miséricorde pour les âmes et j'ai
appris que ce que j'ai écrit n'est vraiment qu'une goutte. 1666. Samedi Saint. Pendant l'oraison, le Seigneur m'a dit : Sois tranquille, ma
fille, cette œuvre de miséricorde est mienne, il n'y a rien en elle qui vienne de toi ;
cela me plaît que tu accomplisses fidèlement ce que je t'ai demandé, tu n'as
ajouté ni enlevé un seul mot. Il me donna la lumière intérieure et je connus qu'il
n'y avait pas un seul mot venant de moi ; malgré les difficultés et les adversités je
faisais toujours Sa volonté, telle qu'il me la faisait connaître. 1667. Résurrection. Avant la Résurrection je me sentis si faible que j'ai perdu
l'espoir de pouvoir prendre part à la procession qui a lieu dans l'église, et j'ai dit
au Seigneur : Jésus si mes prières Te sont agréables fortifie-moi pour ce
moment, pour que je puisse prendre part à cette procession. Au même moment,
je me suis sentie forte et sûre que je pourrais y aller avec les sœurs. 1668. Quand la procession se mit en marche, j'ai aperçu Jésus dans une clarté
plus grande que l'éclat du soleil. Jésus m'a regardée avec amour et il m'a dit : «
Cœur de mon Cœur, emplis-toi de joie ! » Au même instant mon esprit sombra
en Lui… Quand j'ai repris connaissance, je suivais la procession avec les sœurs,
mon âme toute plongée en Lui… 1669. Pendant la sainte messe j'ai remercié le Seigneur Jésus d'avoir daigné
nous racheter et pour ce don le plus grand, c'est-à-dire d'avoir daigné nous
donner Son amour dans la sainte Communion, c'est-à-dire Lui-même. A ce
moment, j'ai été attirée au sein de la Très Sainte Trinité et j'ai été plongée dans
l'amour du Père du Fils et du Saint Esprit. Il est difficile de décrire ces moments. 1670. A cet instant, je priais le Seigneur pour une certaine personne et le
Seigneur m'a répondu : « Cette âme m'est particulièrement chère. » Je m'en suis
énormément réjouie. Le bonheur d'autres âmes m'emplis d'une nouvelle joie, et
quand j'aperçois dans une âme des dons supérieurs, d'une nouvelle adoration,
mon cœur s'élève vers le Seigneur. 1671. 19 avril 1938 - Pendant la récréation, une des sœurs a dit : « Sœur
Faustine est si faible qu'elle marche à peine, mais qu'elle meure plus tôt car elle
sera sainte. » Une sœur directrice prend alors la parole : « Qu'elle mourra, nous
le savons, mais quand à être sainte voilà la question. »Alors ont commencé des
allusions acérées à ce sujet. Je gardais le silence, j'ai dit un mot, mais voyant que
la conversation devenait plus agitée, j'ai de nouveau gardé le silence. 1672. Je reçois maintenant des lettres de consœurs qui sont dans d'autres
maisons et qui étaient avec moi au noviciat, parfois j'en ris et m'en amuse
beaucoup. En voici un exemple : « Ma chère Sœur Faustine, nous sommes bien
tristes de vous savoir si gravement malade, nous nous réjouissons cependant,
car quand le Seigneur Jésus vous prendra, ma sœur, vous pourrez prier pour
nous, car vous pouvez beaucoup auprès du Seigneur. » Une sœur s'exprima
ainsi : « Quand vous mourrez ma sœur, veuillez m'entourer d'une protection
particulière, car vous pouvez le faire pour sûr. » Une autre sœur écrivit ainsi : «
J'attends tellement le jour où le Seigneur Jésus vous prendra, ma sœur, car je
sais ce que sera et je désire beaucoup la mort pour vous. » Je voulais lui
demander ce qu'elle pensait de ma mort mais je me suis mortifiée et j'ai répondu
: « Il en sera de même pour moi pécheresse, que pour les autres pécheurs si la
miséricorde divine ne protège pas. » 1673. 20 avril 1938 - Départ pour Pradnik. Je m'affligeais beaucoup d'être
dans une salle commune et d'être exposée à différentes choses ; si ce n'était que
pour une semaine ou deux, mais c'est si longtemps, deux mois et peut-être plus !
Je suis allée le soir chez le Seigneur Jésus pour une plus longue conversation.
Quand j'ai aperçu Jésus, j'ai épanché tout mon cœur, toutes mes difficultés, mes
frayeurs et mes craintes. Jésus m'a écoutée avec amour, et puis il a dit : « Sois
tranquille, mon enfant, je suis avec toi, pars dans le plus grand calme. Tout est
prêt, j'ai donné l'ordre à ma manière qu'on te prépare une chambre individuelle !
» Calmée et emplie de gratitude, je me suis rendue au repos. 1674. Le lendemain, Sœur Félicie m'a conduite. Je partis dans un calme profond
et avec une parfaite liberté d'esprit. A notre arrivée, on nous dit : « Pour sœur
Faustine, il y a une chambre individuelle. » Quand nous sommes entrées dans
cette chambre, nous fûmes étonnées que tout soit si joliment préparé, si propre,
couvert de nappes, garni de fleurs, les sœurs avaient posé un joli agneau pascal
sur la petite armoire. Aussitôt sont arrivées trois sœurs du Sacré-Cœur qui
travaillent dans ce sanatorium, que j'ai connues auparavant, elles m'accueillirent
chaleureusement. Sœur Félicie s'étonna de tout cela, nous nous sommes dit
adieu chaleureusement et elle est partie. Quand je suis restée seule à seul avec le
Seigneur Jésus, je L'ai remercié pour cette grande grâce. Jésus m'a dit : « Sois
tranquille, je suis avec toi ! » Fatiguée, je m'endormis. 1675. La sœur qui s'occupe de moi est venue le soir - « Demain vous n'aurez pas le Seigneur Jésus, ma sœur, car vous êtes très fatiguée, et plus tard nous verrons comment cela sera. » Cela m'a fait extrêmement mal, mais très calmement j'ai répondu : « Bien ! ». M'en remettant complètement au Seigneur, je tâchais de m'endormir. Le lendemain matin je fis ma méditation et me suis préparée à la Sainte Communion, bien que ne devant pas avoir le Seigneur Jésus. Or, quand mon désir et mon amour arrivèrent au plus haut degré, je vis soudain près de mon lit un Séraphin, qui me donna la sainte Communion, en prononçant ces paroles : « Voilà le Seigneur des anges ! » Après avoir reçu le Seigneur, mon esprit se plongea dans l'amour divin et l'étonnement. Cela se répéta pendant treize jours, cependant je n'avais pas la certitude que le lendemain il me l'apporterait, mais m'en remettant à Dieu, je faisais confiance à la bonté divine ; mais je n'osais même pas penser si demain je recevrais la sainte Communion de la même manière. Une grande clarté entourait le Séraphin, la divinité et l'amour divin se reflétaient
en Lui. Il portait un vêtement doré, recouvert d'un surplis transparent et d'une
étole transparente. Le calice était en cristal couvert d'un voile transparent. Dès
qu'il m'avait donné le Seigneur il disparaissait. 1676. Quand une fois j'eus un certain doute qui s'éveilla en moi un peu avant la
sainte Communion, alors le Séraphin apparut avec le Seigneur Jésus. J'ai
cependant interrogé le Seigneur Jésus et n'ayant pas de réponse, j'ai dit au
Séraphin : « Ne pourrais-tu pas me confesser ? » - Et il me répondit : « Aucun
esprit au ciel n'a ce pouvoir. » Au même instant la sainte Hostie reposa sur mes
lèvres. 1677. Dimanche, la sœur qui s'occupe des malades me dit : « Eh bien !
Aujourd'hui le prêtre vous apportera le Seigneur Jésus, ma sœur.» J'ai répondu :
« C'est bien ! » Et il me L'apporta. Après quelques temps, j'ai reçu la permission
de me lever et j'allais donc à la Sainte Messe et chez le Seigneur. 1678. Après le premier examen, le médecin constata un état grave. « Nous supposons, ma sœur, que vous avez ce dont vous m'avez parlé, mais Dieu tout-puissant peut tout. » Lorsque je suis rentrée dans ma chambre, je me suis plongée dans une oraison
d'action de grâce pour tout ce que le Seigneur m'a envoyé pendant toute ma vie,
je me suis complètement soumise à Sa sainte volonté. Une immense joie et une
paix profonde ont inondé mon âme. Je sentais un calme si profond que si la mort
était venue à ce moment-là je ne lui aurait pas dit - attends, car j'ai encore des
affaires à régler. Non, mais je l'aurais saluée avec joie, car je suis prête à la
rencontre du Seigneur, non seulement aujourd'hui, mais depuis le moment où j'ai
mis toute ma confiance en la miséricorde divine, m'en remettant complètement à
Sa sainte volonté pleine de miséricorde et de pitié. Je sais ce que je suis de
moi-même… 1679. Dimanche de Quasimodo. Je me suis offerte au Seigneur à nouveau aujourd'hui en holocauste pour les pécheurs. « Mon Jésus, si la fin de ma vie approche déjà, je Te supplie en toute humilité, accepte ma mort en union avec Toi, comme l'holocauste que je t'offre aujourd'hui en toute lucidité et avec toute ma volonté, dans un triple but : Premièrement - pour que l'œuvre de Ta miséricorde se répande dans le monde entier, et que cette fête de la Miséricorde divine soit approuvée et célébrée. Deuxièmement - pour que les pécheurs recourent à Ta miséricorde, éprouvant les inexprimables effets de cette miséricorde, et surtout les âmes agonisantes. Troisièmement - pour que la totalité de l'œuvre de Ta miséricorde se réalise d'après Tes désirs, et aussi pour une certaine personne qui dirige cette œuvre… Accepte, très miséricordieux Jésus , cette pauvre offrande que je Te fais
aujourd'hui en présence du ciel et de la terre. Que Ton Très Saint Cœur plein de
miséricorde complète ce qui manque à mon offrande et qu'Il l'offre à Ton Père
pour la conversion des pécheurs. J'ai soif des âmes, ô Christ ! » 1680. A cet instant la lumière divine me pénétra et je me sentis la propriété
exclusive de Dieu, et j'ai ressenti la plus entière liberté d'esprit, dont je n'avais
aucune idée auparavant ; et au même moment, j'ai aperçu la gloire de la
miséricorde divine et des inconcevables multitudes d'âmes qui glorifiaient Sa
bonté. Mon âme entière s'abîma en Dieu et j'ai entendu ces paroles : « Tu es ma
fille la plus chère. Cette présence sensible de Dieu dura pendant toute la
journée. » 1681. 1er avril 1938. Ce soir, Jésus m'a dit : « Ma fille, na manques-tu de rien ?
» - J'ai répondu : « Ô mon Amour, quand je T'ai, j'ai tout ! » Et le Seigneur
répondit : « Si les âmes s'en remettaient complètement à moi, je me chargerais
seul de les sanctifier et les comblerais de plus grandes grâces encore. Il y a des
âmes qui font échouer mes efforts, mais je ne me décourage pas ; à chaque fois
qu'elles se tournent vers moi, je me hâte de les secourir, les abritant de ma
miséricorde, et je leur donne la première place dans mon cœur plein de pitié. 1682. Ecris pour les âmes religieuses que mon délice est de venir dans leur cœur
par la sainte Communion, mais si dans ce cœur, il y a quelqu'un d'autre, je ne
peux le supporter et j'en sors au plus vite, emportant avec moi tous les dons et
les grâces que j'avais préparées pour elle, et l'âme ne s'aperçoit même pas de
ma sortie. Après quelques temps un vide intérieur et le mécontentement
attireront son attention. Oh ! Si elle pouvait se tourner alors vers moi, je
l'aiderais à purifier son cœur, je ferais tout dans son âme, mais à son insu et sans
son consentement, je ne puis gouverner en son cœur ! » 1683. Je suis souvent en relation avec des âmes à l'agonie, leur obtenant la
miséricorde divine. Oh ! Comme la bonté de Dieu est grande, plus grande que
ce que nous pouvons concevoir. Il y a des moments et des mystères de la
miséricorde divine à la vue desquels les cieux sont surpris. Que cessent nos
jugements sur les âmes car la miséricorde divine envers elles est étonnante ! 1684. Aujourd'hui pendant l'heure sainte, j'ai prié le Seigneur Jésus de daigner
m'instruire sur la vie intérieure. Jésus me répondit : « Ma fille, observe fidèlement
les paroles que je vais te dire : ne donne pas une trop grande valeur à aucune
chose extérieure même si elle te paraissait très chère. Quitte toi-même, et
demeure sans cesse avec moi ! Confie-moi tout, ne fais rien à ta guise et tu
vivras toujours dans une grande liberté d'esprit, aucune circonstance, ni aucun
événement ne sera capable de te la troubler ! Ne fais pas attention aux paroles
humaines, permets à chacun de te juger à son gré ! Ne t'explique pas, cela ne te
fera pas de mal ! Rends tout à la première demande, même si c'étaient les
choses les plus nécessaires ; ne demande rien avant de m'avoir consulté !
Permets qu'on te prenne même ce qui te revient de droit : la considération, la
bonne renommée ; que ton esprit soit au-dessus de tout cela ! Et ainsi libérée de
tout, repose-toi près de mon cœur, ne permets à rien de troubler ton calme !
Mon élève, médite les paroles que je t'ai dites ! » 1685. « Ô mon Amour, mon Maître éternel, comme il est bon d'obéir, car avec
l'obéissance pénètrent dans l'âme la vigueur et la force d'agir ! » 1686. J'ai vu aujourd'hui le Seigneur Jésus crucifié. De la plaie de Son Cœur se
répandaient des perles précieuses et des diamants. Je voyais quelle multitude
d'âmes ramassait ces dons, mais il y avait une âme qui était proche de Son
Cœur, elle ramassait avec une grande générosité non seulement pour elle-même
mais pour les autres aussi, connaissant la valeur du don. Le Sauveur m'a dit : «
Voilà les trésors de grâces qui coulent sur les âmes, mais toutes ne savent pas
profiter de ma largesse ! » 1687. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « Ma fille regarde en mon cœur miséricordieux et reflète sa pitié dans ton propre cœur et dans tes actes, pour que toi, qui annonces au monde ma miséricorde, tu en brûles toi-même. » 1688. 8 mai 1938. J'ai vu aujourd'hui deux poteaux plantés dans la terre, très
grands, j'en avait planté un, et une autre personne, S.M., le second, par un effort
inouï, avec peine et difficulté ; en plantant ce poteau, je m'étonnai moi-même
d'où me venait une telle force. J'ai reconnu que je ne l'avais pas fait avec mes
propres forces, mais par la force d'en haut. Les deux poteaux étaient aussi
proches l'un de l'autre que la dimension de cette image, et j'ai vu cette image
suspendue très haut sur ces deux poteaux. En un instant un grand sanctuaire se
dressa sur ces deux poteaux en dedans et au dehors. J'ai vu une main qui
finissait ce sanctuaire, mais je n'ai pas vu la personne. Une multitude de gens
étaient à l'extérieur et à l'intérieur de ce sanctuaire et des torrents sortant du
Cœur miséricordieux de Jésus se déversaient sur tous. 1689. Aujourd'hui, après la sainte Communion, Jésus m'a dit : « Ma fille,
donne-moi les âmes ; sache que ton devoir est de me conquérir des âmes par la
prière et le sacrifice, par l'encouragement à la confiance en la miséricorde » 1690. Oh ! Comme je désire la gloire de Ta miséricorde, pour moi l'amertume
et la souffrance. Quand je vois la gloire de Ta miséricorde, je suis heureuse
outre mesure. Que toute l'infamie, l'humiliation et l'avilissement retombent sur
moi, pourvu que retentissent la gloire et l'honneur de Ta miséricorde, cela me
suffit ! 1691. Le Créateur et la créature Je T'adore, Créateur et Seigneur, caché dans le Très Saint Sacrement. Je
T'adore pour toutes les œuvres de Tes mains dans lesquelles apparaissent tant
de sagesse, de bonté et de miséricorde. Ô Seigneur, Tu as semé tant de beauté
par toute la terre, et elle me parle de Ta beauté, bien qu'elle ne soit que Ton
faible reflet, inconcevable beauté ! Quoique Tu Te sois caché et dissimulé et que
Tu aies dissimulé Ta beauté, mon œil illuminé par la foi T'atteint et mon âme
reconnaît son Créateur, son Bien suprême, et mon cœur sombre dans la prière
de louange. Mon Créateur et mon Seigneur, Ta bonté m'a encouragé à Te
parler. Ta miséricorde fait disparaître l'abîme qui existe entre nous, qui sépare le
Créateur de Sa créature. Parler avec Toi, ô Seigneur, est le délice de mon cœur
; je trouve en Toi tout ce que mon cœur peut désirer. Là Ta lumière éclaire mon
esprit et le rend capable de Te connaître toujours plus profondément. Là, sur
mon cœur se déversent des torrents de grâces, là mon âme puise la vie éternelle.
Ô mon Créateur et mon Seigneur, au-dessus de tous ces dons, Toi, Tu te
donnes Toi-même à moi, et Tu t'unis étroitement avec Ta misérable créature !
Ici nos cœurs se comprennent au delà des mots ; ici personne n'est capable
d'interrompre notre conversation. Ce dont je parle avec Toi, ô Jésus c'est notre
secret, que les créatures ne connaîtront pas, et les anges n'ont pas l'audace de le
demander. Ce sont de secrets pardons que seuls Jésus et moi savons - c'est le
secret de Sa miséricorde qui enveloppe chaque âme en particulier. Pour cette
inconcevable beauté je T'adore, mon Créateur et mon Seigneur, de tout mon
cœur et de toute mon âme. Et quoique mon adoration soit si pauvre et si petite,
je suis cependant en paix, car je sais que Toi Tu sais qu'elle est sincère malgré
son incapacité… 1692. En écrivant ces mots, j'aperçus Jésus penché sur moi - et Il demanda : «
Ma fille qu'écris-tu ? » J'ai répondu : « J'écris à Ton sujet, Jésus, que Tu es
caché dans le Très Saint Sacrement, sur Ton inconcevable amour et Ta
miséricorde envers les hommes. » Et Jésus me dit : « Secrétaire de mon plus
profond mystère, sache que tu es avec moi dans une intimité exclusive ; ton
devoir est d'écrire tout ce que je te fais connaître à propos de ma miséricorde
au profit des âmes qui en lisant ces écrits seront consolées et auront le courage
de s'approcher de moi. Je désire donc que tu me consacres tous tes moments
libres à écrire ! » « Ô Seigneur, mais aurais-je toujours au moins un petit
moment pour écrire ? » Et Jésus me répondit : « Ce n'est pas Ton affaire d'y
penser, fais seulement tout ce que tu peux ; j'arrangerai toujours les
circonstances de manière à ce que tu puisses remplir facilement ce que j'exige
de toi. » 1693. Aujourd'hui est venue me voir une personne laïque à cause de laquelle
j'avais eu de grands désagréments, elle avait abusé de ma bonté en disant
beaucoup de mensonges. Lorsque je l'ai aperçue, au premier instant, mon sang
s'est glacé dans mes veines, car tout ce que j'ai dû souffrir à cause d'elle se
présenta à mes yeux, bien que j'eusse pu m'en délivrer par un seul mot. L'idée
me vint de lui faire connaître la vérité catégoriquement et immédiatement. Mais
au même moment la miséricorde divine se présenta à mes yeux et j'ai résolu
d'agir envers elle comme Jésus aurait agi à ma place. J'ai commencé à lui parler
avec douceur et quand elle a exprimé le désir de me parler seule à seule, alors je
lui ai clairement fait connaître le triste état de son âme d'une manière très
délicate. J'ai vu sa profonde émotion, bien qu'elle le cachât devant moi. A ce
moment une autre personne entra et notre conversation seule à seule prit fin.
Cette personne me demande un verre d'eau et encore deux autres choses, ce
que j'ai fait volontiers. Mais sans la grâce de Dieu, je n'aurais pas été capable de
me conduire de la sorte envers elle. Quand ces personnes sont parties, j'ai
remercié Dieu pour la grâce, qui m'a soutenue durant tout ce temps. 1694. Soudain j'ai entendu ces paroles : Je me réjouis de ce que tu aies agi
comme ma vraie fille. Sois toujours miséricordieuse, comme moi je suis
miséricordieux. Aime tout le monde, pour l'amour de moi, même tes pires
ennemis, pour que ma miséricorde puisse se refléter dans toute sa plénitude en
ton cœur. 1695. Ô Christ, quoiqu'il faille faire tant d'efforts, avec Ta grâce on peut tout ! 1696. Aujourd'hui, je me sens assez bien et j'étais contente de pouvoir faire
l'heure sainte. Quand j'ai commencé l'heure sainte, au même instant mes
souffrances physiques augmentèrent à tel point que je fus incapable de prier.
Quand l'heure sainte fut finie, mes souffrances cessèrent aussi ; et je me plaignais
au Seigneur, parce que je désirais tant me plonger dans Son amère passion et
que ma souffrance ne me l'avait pas permis. Alors Jésus m'a répondu : « Sache,
ma fille, que lorsque je te fais ressentir et connaître plus profondément mes
souffrances, c'est ma grâce ; mais lorsque ton esprit s'égare et que tes
souffrances sont grandes, alors tu prends véritablement part à ma passion et je
te rends complètement semblable à moi. Il t'appartient de te soumettre à ma
volonté à ces moments-là plus qu'à n'importe quel autre moment !… » 1697. J'accompagne souvent les âmes agonisantes et je leur obtiens la confiance
en la miséricorde divine, je supplie Dieu de leur donner toute la grâce divine, qui
est toujours victorieuse. La miséricorde divine atteint parfois le pécheur au
dernier moment, d'une manière étrange et mystérieuse. A l'extérieur c'est comme
si tout était perdu, mais il n'en est pas ainsi ; l'âme éclairée par un puissant rayon
de la grâce suprême, se tourne vers Dieu avec une telle puissance d'amour,
qu'en un instant elle reçoit de Dieu le pardon et de ses fautes et de leur
punitions, et à l'extérieur elle ne nous donne aucun signe de repentir ou de
contrition, car elle ne réagit plus aux choses extérieures. Oh ! Que la
miséricorde divine est insondable. Mais horreur - il y a aussi des âmes, qui
volontairement et consciemment rejettent cette grâce et la dédaignent. Bien que
cela soit déjà l'agonie, Dieu miséricordieux donne à l'âme ce moment de clarté
intérieure, et si l'âme le veut, elle a la possibilité de revenir à Dieu. Mais parfois,
il y a chez les âmes un tel endurcissement, qu'elles choisissent consciemment
l'enfer ; elles font échouer toutes les prières que d'autres dirigent vers Dieu à leur
intention, et même les efforts de Dieu… 1698. JMJ Solitude - mes moments préférés Solitude - mais toujours avec Toi, Jésus et Seigneur Près de Ton Cœur mon temps passe agréablement Et près de Lui mon âme trouve son repos ! Lorsque le cœur est comblé de Toi et plein d'amour, Et que l'âme brûle d'un feu pur, Alors au milieu du plus grand abandon, l'âme n'éprouvera pas la solitude Car c'est sur Ton sein qu'elle repose ! Ô solitude, moments de la plus haute présence, Quoique délaissée par toutes les créatures, Je plonge entière dans l'océan de Ta Divinité Et Toi Tu écoutes mes confidences avec douceur ! 1699. Ce soir, le Seigneur m'a demandé : N'as tu pas quelque désir en ton cœur
? - J'ai répondu : J'ai un très grand désir, c'est de m'unir à Toi pour les siècles. -
Et le Seigneur me répondit : Cela arrivera bientôt. Mon enfant la plus chère,
chacun de tes mouvements se reflète en mon cœur ; mon regard repose avec
bienveillance sur toi avant de se poser sur les autres créatures. 1700. J'ai demandé au Seigneur aujourd'hui qu'Il daigne m'instruire de la vie
intérieure, car de moi-même je ne puis rien comprendre, ni penser de parfait. Et
le Seigneur m'a répondu : « J'étais ton maître - je le suis et le serai ; tâche de
rendre ton cœur semblable à mon cœur doux et humble ! Ne revendique jamais
tes droits. Tout ce qui t'arrive, supporte-le avec calme et avec patience ; ne te
défends pas quand toute la honte tombera injustement sur toi ; permets aux
autres de triompher. Ne cesse pas d'être bonne quand tu t'apercevras que l'on
abuse de ta bonté ; lorsque ce sera nécessaire, je revendiquerai tes droits
moi-même ! Sois reconnaissante pour ma plus petite grâce, car cette
reconnaissance me contraint à t'accorder de nouvelles grâces !… 1701. Vers la fin du chemin de croix que j'étais en train de faire, Jésus commença à se plaindre des âmes religieuses et sacerdotales , du manque d'amour chez les âmes choisies. « Je permettrai que les couvents et les églises soient détruits ! » J'ai répondu : « Jésus, mais il y a tant d'âmes qui Te louent dans les couvents ! Le Seigneur répondit : « Cette louange blesse mon cœur, car l'amour est banni des couvents. Ce sont des âmes sans amour et sans dévouement, des âmes pleines d'égoïsme et d'amour propre, des âmes orgueilleuses et présomptueuses, des âmes sournoises et pleines d'hypocrisie, des âmes tièdes qui ont à peine assez de chaleur pour se maintenir vivantes elles-mêmes. Mon cœur ne peut supporter cela. Toutes les grâces que je déverse sur elles chaque jour, s'écoulent comme sur un rocher. Je ne peux les supporter car elles ne sont ni bonnes ni mauvaises. C'est pour sanctifier le monde que j'ai suscité les couvents ; c'est d 'eux que doit jaillir une ardente flamme d'amour et de sacrifice. S'ils ne se convertissent pas et ne brûlent pas de la flamme du premier amour, je les ferai disparaître de ce monde… Comment pourront-ils siéger, comme il leur a été promis, pour juger le monde
lorsque leurs fautes sont plus lourdes que les fautes du monde - ni pénitence, ni
réparation… Ah ! Cœur qui m'a reçu le matin, à midi contre moi tu brûles de
haine sous toutes ses formes. Ah ! Cœur particulièrement choisi par moi, est-ce
pour que tu m'affliges plus de souffrances ? Les grands péchés du monde
blessent mon cœur comme à la surface, mais les péchés de l'âme choisie
transpercent mon cœur… 1702. Quand je voulus intercéder pour eux, je ne pouvais rien trouver pour les
justifier et ne pouvant, sur le moment, rien imaginer pour les défendre, mon cœur
se serra de douleur et j'ai pleuré amèrement. Alors le Seigneur m'a regardée
avec bienveillance et consolée par ces paroles : Ne pleure pas, il y a encore un
grand nombre d'âmes qui m'aiment beaucoup, mais mon cœur désire être aimé
de tous et parce que mon amour est grand, je les menace et les punis. 1703. Combat contre certaine tentation. Il y avait une personne qui me
provoquait constamment par de petits mots flatteurs et elle savait quand je
sortais pour aller à la chapelle ou à la véranda, et alors il me barrait le chemin, et
n'osant pas s'approcher seul, il choisit un compagnon semblable à lui, mais
aucun d'eux n'osait approcher. Me rendant à l'office du mois de mai, j'ai vu ces
personnes qui se tenaient déjà debout, là où je devais passer ; avant d'arriver à
leur hauteur - j'entends des mots flatteurs à mon adresse. Et le Seigneur me
permit bien de connaître les pensées de leur cœur, qui étaient mauvaises. Je
sentais bien qu'à la sortie de la chapelle, ils me barreraient le chemin et que je
devrais alors parler avec eux, car jusqu'à présent il n'y avait pas eu un mot de
ma part. Lorsque je suis sortie de la chapelle, je vis ces personnes résolues et
attendant déjà mon passage, cette fois elles suscitèrent en moi la peur. Alors
Jésus se trouva près de moi et dit : « N'aie pas peur, je suis avec toi ! » Tout de
suite j'ai senti dans mon âme une force que je ne puis exprimer et quand je fus à
quelques pas d'eux, j'ai dit à haute voix et avec audace : Loué soit Jésus Christ !
Et eux, se rangeant de côté répondirent : « Pour les siècles des siècles. Amen ! »
Comme frappés par la foudre, ils baissèrent la tête, n'osant même pas me
regarder. Après mon passage fusèrent des mots méchants. Depuis ce moment
cette personne a toujours pris la fuite en me voyant pour ne pas me rencontrer,
et moi, grâce au Seigneur, j'étais tranquille… 1704. Quand après la Sainte Messe je suis allée au jardin pour faire ma
méditation, et comme à cette heure il n'y a pas encore de malades au jardin,
j'étais donc libre. Alors que je méditais sur les bienfaits de Dieu, mon cœur
s'enflammait d'un amour si fort qu'il me semblait que ma poitrine allait exploser.
Soudain Jésus se tint debout devant moi et dit : « Que fais-tu si tôt ici ? » » « J'ai
répondu : Je pense à Toi, à Ta miséricorde et Ta bonté pour nous. Et Toi,
Jésus, qu'est-ce que Tu fais là ? » « Je suis venu à Ta rencontre, pour te convier
à de nouvelles grâces. Je cherche des âmes qui voudraient accepter ma grâce. » 1705. Aujourd'hui pendant les vêpres, le Seigneur m'a fait connaître combien un
cœur pur et libre Lui plait. J'ai senti que c'est le délice de Dieu de regarder un tel
cœur… Mais ces cœurs sont des cœurs chevaleresques, leur vie est un combat
constant… 1706. Lorsque j'allais vers la véranda, je suis entrée un moment dans la petite
chapelle. Mon cœur se plongea dans une profonde prière de louange glorifiant
l'inconcevable bonté divine et Sa miséricorde. Alors j'ai entendu ces paroles
dans mon âme : « Je suis et je serai pour toi tel que tu me loues ; déjà dans cette
vie, tu éprouveras ma bonté et toute plénitude dans la vie future. » 1707.Ô Christ, c'est mon plus grand délice de voir que Tu es aimé, que Ta
gloire et Ton honneur retentissent, et tout particulièrement la gloire de Ta
miséricorde ! Ô Christ, je ne cesserai de glorifier Ta bonté et Ta miséricorde
jusqu'au dernier moment de ma vie ! Par chaque goutte de mon sang, chaque
battement de mon cœur, je glorifie Ta miséricorde. Je voudrais me transformer
tout entière en un hymne de louange pour Toi. Quand je serai sur mon lit de
mort, que le dernier battement de mon cœur soit un hymne d'amour glorifiant
Ton insondable miséricorde. 1708. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « Tu feras trois jours de retraite avant la
venue du Saint Esprit ! Je vais te guider moi-même. Tu ne vas t'en tenir à aucune
des obligations qui sont de règle pendant les retraites, ni utiliser de livres pour la
méditation. Tout ce que tu as à faire est de prêter une oreille attentive à mes
paroles. Comme lecture spirituelle, tu liras un chapitre de l'Evangile de saint
Jean. (dans l'original du journal il y a ici une interruption d'une demi-page) 1709. 26 avril 1938 - J'ai accompagné aujourd'hui le Seigneur Jésus quand il est
monté au ciel. C'était un peu après-midi, une si grande nostalgie de Dieu
m'envahit. Chose étrange, plus je sentais la présence divine, plus ardent était
mon désir de Lui. Soudain je me vis au milieu d'une grande foule de disciples et
d'Apôtres, et la Mère de Dieu ; Jésus leur disait d'aller dans le monde entier,
enseignant en mon nom - il a étendu les mains, les a bénis, et Il disparût dans un
nuage. J'ai vu la nostalgie de la Très Sainte Vierge. Son âme languissait de toute
la force de Son amour pour Jésus, mais Elle était si calme et s'en remettait à
Dieu, que dans son cœur il n'y avait pas un seul frémissement qui ne soit tel que
le veut Dieu. 1710. Lorsque je suis restée seule à seule avec le Très Sainte Vierge - elle
m'instruisit de la vie intérieure. Elle me disait : « La vraie grandeur de l'âme, c'est
d'aimer Dieu et de s'humilier en Sa présence, s'oublier complètement soi-même,
se sentir comme un rien, car le Seigneur est grand, mais Il ne se complaît que
dans les humbles, Il s'oppose toujours aux orgueilleux. » 1711. Quand la personne dont j'ai déjà parlé ailleurs est de nouveau venue me
voir, et lorsque j'ai remarqué qu'elle s'enfonçait dans le mensonge, je lui ai fait
connaître que je savais qu'elle mentait - elle en a éprouvé une grande honte et
elle s'est tue. Alors je lui ai parlé des grands jugements de Dieu, je lui ai aussi fait
remarquer qu'elle entraînait des âmes innocentes sur des chemins dangereux. Je
lui ai dévoilé tout ce qu'elle avait caché dans son cœur, car je devais me forcer
pour parler avec elle ; afin de prouver au Seigneur Jésus que j'aime mes
ennemis, je lui ai donné mon goûter. Elle est partie avec de la lumière dans
l'âme, mais elle est encore loin de la mise en pratique… 1712. Il est des moments où le Seigneur Jésus exauce mes moindres désirs.
Aujourd'hui j'ai dit que je désirais voir des épis de blé, mais on ne les voit pas
dans notre sanatorium. Un des malades a entendu cela, le lendemain il est sorti
dans les champs et m'a apporté quelques beaux épis. Ma chambre est toujours
garnie de fleurs fraîches, mais mon esprit ne trouve de contentement en rien, je
languis de plus en plus après Dieu. 1713. Aujourd'hui j'ai prié très ardemment Jésus pour notre maison, pour qu'il
daigne ôter la petite croix dont il a affligé le couvent. Le Seigneur m'a répondu :
Tes prières sont acceptées pour d'autres intentions, je ne peux pas ôter cette
petite croix jusqu'à ce qu'on reconnaisse sa signification. Cependant je n'ai pas
cessé de prier. 1714. Une forte tentation. Quand le Seigneur m'a fait connaître combien un cœur pur Lui est agréable, une plus profonde connaissance de ma misère me fut accordée ; et quand j'ai commencé à me préparer à la sainte confession, de fortes tentations contre les confesseurs m'ont assaillie. Je n'ai pas vu Satan, mais je le sentais, sa terrible méchanceté. - Oui s'accuser de ses péchés n'est pas difficile, mais dévoiler les plus secrets replis de son cœur, rendre compte de l'action de grâce divine, parler de chaque chose que Dieu exige, de tout ce qui se passe entre Dieu et moi - parler de cela à un être humain, c'est au-dessus de mes forces. Je sentais que je combattais contre les puissances et j'ai crié : « Ô Christ, Toi et le prêtre - çà fait un, je viens pour me confesser à Toi et non à un homme. » Quand je me suis approchée de la grille, j'ai commencé par dévoiler mes difficultés. Le prêtre a dit que je ne pouvais pas mieux faire que de dévoiler mes grandes tentations pour commencer. Cependant après la confession, elles se dissipèrent toutes et mon âme se réjouit d'une grande paix.
1715. Une fois, pendant la récréation, une sœur directrice déclara que les sœurs
converses n'avaient pas de sentiments, qu'on peut donc les traiter avec rudesse.
Cela m'a attristée de voir que les sœurs directrices connaissent si peu les sœurs
converses et qu'elles ne les jugent que d'après les apparences. 1716. J'ai parlé aujourd'hui avec le Seigneur qui m'a dit : « Il y a des âmes dans
lesquelles je ne peux rien faire ; ce sont les âmes qui observent constamment les
autres et ne savent pas ce qui se passe dans leur propre intérieur. Elles parlent
constamment des autres même pendant le temps de silence strict qui est destiné
à converser avec moi ; pauvres âmes, elles n'entendent pas mes paroles et leur
intérieur reste vide, elles ne me cherchent pas à l'intérieur de leur propre cœur,
mais dans le bavardage où je ne suis jamais. Elles sentent leur vide, et pourtant
elles ne reconnaissent pas leur propre faute, et les âmes dans lesquelles je règne
pleinement sont pour elles de constants remords de conscience. Au lieu de se
corriger, la jalousie grandit dans leur cœur et, si elles ne reviennent pas à la
raison, elles s'enfoncent plus encore. Le cœur jusque-là jaloux, commence à
devenir haineux. Elles se trouvent déjà au bord de l'abîme, elles sont jalouses de
mes dons pour les autres âmes, tandis qu'elles-mêmes ne savent pas et ne
veulent pas les accepter. » 1717. Demeurer à tes pieds, Dieu caché, C'est le délice et le paradis de mon âme, Ici Tu me permets de Te connaître, Inconcevable, Et Tu me dis doucement : Donne-moi ton cœur, donne ! Une conversation silencieuse, avec Toi, seule à Seul, C'est vivre les instants réservés aux habitants célestes Et dire à Dieu : « je Te donne mon cœur, Seigneur, je Te le donne ! Et Toi, grand et inconcevable, Tu l'acceptes aimablement ! L'amour et la douceur, sont la vie de mon âme, Et Ta présence permanente dans mon âme. Je vis sur cette terre en constante extase Et comme un Séraphin, je répète : « Hosanna » ! Ô caché, avec Ton corps, Ton âme et Ta divinité, Sous la simple apparence du pain, Tu es ma vie, de Toi jaillit pour moi une multitude de grâces, Tu surpasses pour moi les délices célestes ! Lorsque dans la communion Tu viens T'unir à moi, ô Dieu, Je sens alors ma grandeur inconcevable Qui découle de Toi sur moi, ô Seigneur, je l'avoue humblement, Et malgré ma misère, avec Ton aide, je puis devenir sainte ! 1718. Pendant la Sainte Messe j'ai appris qu'un prêtre ne faisait pas grand
chose dans les âmes, car il ne pense qu'à lui, donc il est seul : la grâce de Dieu
fuit. Il se base sur des choses extérieures et futiles qui n'ont aucune signification
aux yeux de Dieu ; et si fier, il rabâche de creux bavardages, se fatiguant
lui-même sans profit. 1719. Il y a des moments que Jésus me fait comprendre dans l'âme, et alors tout
ce qui existe sur terre est à mon service : les amis et les ennemis, les succès et
les insuccès ; tout doit concourir à me servir, qu'on le veuille ou non. Je n'y
pense pas du tout, je tâche d'être fidèle à Dieu, de L'aimer jusqu'à l'oubli
complet de moi-même. Lui-même a soin de moi et combat mes ennemis. 1720. Après la Communion, lorsque j'ai fait entrer Jésus dans mon cœur, je Lui
ai dit. Mon Amour règne dans les plus secrets replis de mon cœur, là où
commencent mes plus secrètes pensées, dans le sanctuaire caché où Toi seul as
le droit d'entrer, là où la pensée humaine n'est pas capable de pénétrer.
Demeures-y, Toi seul, et que tout ce que je fais extérieurement vienne de Toi,
j'aspire à ce que Tu Te sentes chez Toi dans ce sanctuaire. 1721. J'ai entendu ces paroles : « Si tu me liais pas les mains, j'enverrais
beaucoup de punitions sur la terre : ma fille, ton regard désarme ma colère ; bien
que tes lèvres se taisent, tu m'appelles si puissamment que tout le ciel en est
remué. Je ne peux fuir devant ta demande, car tu ne me poursuis pas au loin
mais dans ton propre cœur. » 1722. Quand l'âme d'une certaine demoiselle est venue chez moi dans la nuit,
elle m'a fait sentir sa présence en me faisant savoir qu'elle avait besoin de ma
prière. J'ai prié un moment, mais son esprit ne me quittait pas. Je lui ai dit alors
en pensée : « Si tu es du bon esprit, laisse-moi en paix et les indulgences que je
gagnerai pour toi demain seront pour toi. » A ce moment, cet esprit a quitté ma
chambre ; j'ai compris qu'elle est au purgatoire. 1723. Aujourd'hui, j'ai ressenti plus intensément que d'autres fois, la Passion du
Seigneur dans mon corps. J'ai senti que c'était pour un pécheur mourant. 1724. Aujourd'hui à nouveau le Seigneur m'a appris comment je dois recevoir le
sacrement de pénitence : « Ma fille, de même que tu te prépares en ma
présence, de même c'est aussi à moi que tu te confesses ; je me dissimule
seulement derrière le prêtre. N'analyse jamais quel est le prêtre derrière lequel je
me suis dissimulé, ouvre ton âme en confession comme tu le ferais devant moi,
et je comblerai ton âme de ma lumière. » 1725. Christ et Seigneur, Tu me conduis au-dessus de tels abîmes que lorsque
je les regarde, la frayeur me prend, mais au même instant je m'emplis de paix en
me serrant contre ton Cœur ! Près de Ton Cœur je n'ai peur de rien. Dans ces
moments dangereux j'agis comme un enfant porté dans les bras de sa mère :
quand il voit quelque chose de menaçant il enserre plus fortement le cou de sa
mère et il se sent en sûreté. 1726. Parfois je vois des pièges tendus pour elles-mêmes par des âmes qui ne
devraient pas le faire. Je ne me défends pas, mais je me confie plus totalement à
Dieu qui voit dans les cœurs, et je vois comme ces âmes s'enferrent elles-mêmes
dans ces pièges. Ô mon Dieu, que Tu es juste et bon ! 1727. Ecris : Je suis trois fois saint et j'ai dégoût pour le plus petit péché. Je ne
peux aimer une âme souillée par le péché, mais lorsqu'elle se repent, il n'y a pas
de limites à sa largesse que j'ai envers elle. Ma miséricorde l'enveloppe et la
justifie. Je poursuis de ma miséricorde les pécheurs sur tous leurs chemins et
mon cœur se réjouit quand ils reviennent à moi. J'oublie les amertumes dont ils
abreuvent mon cœur, et je me réjouis de leur retour. Dis aux pécheurs qu'aucun
n'échappera à ma main. S'ils fuient mon cœur miséricordieux, ils tomberont dans
les mains de ma justice. Dis aux pécheurs que je les attends toujours, je prête
une oreille attentive aux battements de leur cœur quand il bat pour moi. Ecris
que je leur parle par leurs remords de conscience, par les insuccès et les
souffrances, par les orages et la foudre, je leur parle par la voix de l'Eglise, et
s'ils font échouer toutes mes grâces, je commence à me fâcher contre eux, les
abandonnant à eux-mêmes, je leur donne ce qu'ils désirent. 1728. Ô mon Jésus, Toi seul, connais mes efforts ! Je suis soi-disant mieux,
c'est-à-dire que je peux sortir sur la véranda et ne plus rester au lit. Je vois et
me rends clairement compte de ce que se passe avec moi ; malgré la sollicitude
des supérieures et les soins de médecins, ma santé disparaît et s'enfuit, mais je
me réjouis énormément de Ton appel, mon Dieu, mon Amour, car je sais qu'au
moment de la mort, ma mission commencera. Oh ! Comme je désire être
détachée de mon corps ! Ô mon Jésus, Tu sais que dans tous mes désirs, je
veux toujours voir Ta volonté ! De moi-même, je ne voudrais ni mourir une
minute plus tôt ni vivre une minute de plus, ni que mes souffrances diminuent, ni
qu'elles augmentent, mais je désire seulement que tout se fasse selon Ta sainte
volonté, quoique de grands enthousiasme et grands désirs enflamment mon
cœur, mais jamais avant Ta volonté. 1729. Je recours à Ta miséricorde, Dieu clément, Toi qui seul est bon !
Quoique ma misère soit grande et mes fautes nombreuses, j'ai cependant
confiance en Ta miséricorde, car Tu es le Dieu de miséricorde, et dans tous les
siècles on n'a pas entendu dire, le ciel ni la terre ne se souviennent, qu'une âme
confiante en Ta miséricorde ait été déçue. Ô Dieu de pitié, Toi seul peut me
justifier et Tu ne me rejetteras jamais, lorsque, contrite, je reviens à Ton Cœur
miséricordieux qui n'a jamais refusé personne même le plus grand des pécheurs
! 1730. Aujourd'hui, un violent orage m'a réveillée, le vent faisait rage, il pleuvait à
torrents, les coups de tonnerre éclataient à chaque instant. J'ai commencé à prier
pour que cet orage ne fasse aucun dégât, alors j'ai entendu ces paroles : «
Récite le chapelet que je t'ai appris et l'orage cessera. » J'ai commencé tout de
suite à réciter ce petit chapelet et je ne l'avais même pas fini quand l'orage cessa
soudain, et j'ai entendu ces paroles : « Par ce chapelet tu obtiendras tout, si ce
que tu demandes est conforme à ma volonté. » 1731. Quand je priais pour la Pologne, j'ai entendu ces paroles : « J'aime
particulièrement la Pologne, et si elle obéit à ma volonté je l'élèverai en
puissance et en sainteté. D'elle sortira l'étincelle qui préparera le monde à mon
ultime venue. » 1732. Salut, Amour caché, vie de mon âme. Je Te salue, Jésus sous la simple
apparence du pain ! Salut ma très douce Miséricorde, qui se répand sur toutes
les âmes ! Salut, Bonté infinie, qui partout sème des torrents de grâces ! Salut,
Lumière des âmes ! Salut, source de l'inépuisable miséricorde, Source la plus
pure, d'où jaillissent pour nous la vie et la sainteté ! Salut, Délice des cœurs purs
! Salut, seul espoir des âmes pécheresses ! 1733. Ô mon Jésus, Tu sais qu'il y a des moments où je n'ai ni pensées élevées,
ni élan de l'esprit ; je me supporte patiemment moi-même et j'avoue que c'est
vraiment moi, car tout ce qui est beau est une grâce de Dieu. Alors je m'humilie
profondément et T'appelle à mon aide, la grâce de la visitation ne tarde pas à
venir dans un cœur humble. 1734. Ô Vierge, fleur de beauté, Tu ne resteras plus longtemps en ce monde, Oh ! que Ta beauté est exquise, Toi, ma pure épouse ! Aucun nombre ne pourra te contenir, Combien ta fleur virginale m'est chère. Ta clarté que rien n'assombrit Est courageuse, forte et invincible. L'éclat même du soleil de midi Faiblit et s'assombrit à côté d'un cœur virginal. Au-dessus de la virginité, je ne vois rien de grand, C'est une fleur tirée du Cœur divin. Ô Vierge douce, rose parfumée, Quoiqu'il y ait beaucoup de croix sur la terre, L'œil n'a pas vu, l'esprit n'a pas conçu, Ce qui attend une vierge au ciel ! Ô Vierge, lis blanc comme neige, Tu ne vis tout entière que pour Jésus Et le pur calice de ton cœur Est une agréable demeure pour Dieu Lui-même ! Ô Vierge, personne ne peut chanter ton hymne, Dans ton chant, l'amour de Dieu est caché, Les anges eux-mêmes ne comprennent pas Ce que les vierges chantent à Dieu ! Ô Vierge, fleur du paradis, Tu éclipses tous les éclats de ce monde. Et quoique le monde ne puisse comprendre, Il baisse cependant humblement son front devant toi. Quoique le chemin d'une vierge est jonché d'épines, Et sa vie hérissée de nombreuses croix, Qui est aussi vaillant qu'elle ? Rien la brisera, elle est invincible ! Ô Vierge, ange terrestre, Ta grandeur est célèbre dans toute l'Eglise, Devant le tabernacle tu montes la garde, Et comme un séraphin, tu te changes tout en amour ! 1735. Un jour, sur la véranda j'ai su qu'une certaine personne était tourmentée
par de grandes tentations concernant la sainte confession : il lui semblait que ce
n'était pas un secret ; je connaissais l'état de cette âme, mais je n'entamais pas la
conversation. Lorsque nous sommes restées seule à seule, elle s'est confiée et
m'a tout raconté. Après un moment de conversation, elle m'a dit : « Je suis déjà
tranquille, mon âme a reçu beaucoup de lumière. » 1736. Aujourd'hui, Jésus me fait connaître que je dois peu parler avec une
certaine religieuse. Une grâce particulière m'a soutenue pendant cette
conversation qui, autrement, n'aurait pas été à la gloire de Dieu. 1737. Le Seigneur m'a dit : « Entre souvent au purgatoire, car on a besoin de toi
là-bas. » Je comprends, ô mon Jésus, le sens de ces paroles que Tu me dis,
mais permets-moi d'abord d'entrer dans le trésor de Ta miséricorde ! 1738. « Ecris, ma fille, que je suis la miséricorde même pour l'âme contrite. La
plus grande misère de l'âme n'allume pas ma colère, mais mon cœur frémit d'une
grande miséricorde pour elle ! » 1739. Ô mon Jésus, donne-moi la force d'endurer les souffrances pour que ma
bouche ne grimace pas lorsque je reçois le calice d'amertume ! Aide-moi
Toi-même, pour que mon sacrifice Te soit agréable ; que mon amour propre ne
le souille pas, même s'il dure depuis des années déjà ! Que la pureté de
l'intention le rende frais et vivant ! Un incessant combat, un constant effort, telle
est ma vie, pour accomplir Ta sainte volonté, mais que tout ce qui est en moi Te
glorifie, ô Seigneur, et la misère, et la puissance ! 1740. L'infinie bonté de Dieu dans la création des anges Dieu, qui en Toi-même es bonheur et qui n'a nul besoin des créatures pour ce
bonheur, car Tu es en Toi-même la plénitude de l'amour, cependant dans Ton
infinie miséricorde Tu appelles à l'existence les créatures et Tu leur donnes part
à Ton bonheur éternel et à Ton éternelle vie intérieure dont Tu vis. Un seul Dieu
en Trois Personnes. Dans Ton insondable miséricorde, Tu as créé les esprits
angéliques et Tu les as admis dans Ton amour, dans Ta divine intimité. Tu les a
rendus capables de l'amour éternel ; quoique Tu les aies comblés, Seigneur, si
généreusement de l'éclat de la beauté et de l'amour, Ta plénitude n'en a pas été
diminuée pour autant, ô Dieu, et leur beauté et leur amour ne l'ont en rien
complété, car Tu es tout en Toi-même ! Et si Tu leur as donné part à Ton
bonheur et Tu leur permets d'exister et de T'aimer, c'est uniquement l'abîme de
Ta miséricorde. C'est Ta bonté insondable, pour laquelle sans fin ils Te
glorifient, se prosternant aux pieds de Ta majesté, ils chantent leurs hymnes
éternels : Saint, Saint, Saint… 1741. Sois glorifié, Un dans la Saine Trinité, Dieu miséricordieux, Insondable, incommensurable, inconcevable Et se noyant en Toi, leur esprit ne peut Te comprendre, Ils répètent sans fin leur éternel - Saint … ! Sois glorifié, notre miséricordieux Créateur et Seigneur, Tout-puissant, mais plein de pitié, inconcevable ! T'aimer est la tâche de notre existence, Chantant notre hymne éternel - Saint … ! Sois béni, Dieu miséricordieux, Amour éternel, Tu es au-dessus des cieux, des zéphyrs et des firmaments, Ainsi Te loue la foule des purs esprits De son hymne éternel - trois fois Saint ! En Te regardant face à face, mon Dieu, Je vois que Tu pourrais appeler d'autres créatures avant eux. C'est pourquoi je me prosterne devant Toi dans une très grande humilité, Car je vois bien que cette grâce vient seulement de la miséricorde Un des plus beaux esprits n'a pas voulu reconnaître Ta miséricorde, Aveuglé par l'orgueil il en attire d'autres à sa suite. Bel ange il devient Satan, Et en un instant, il est précipité des hauteurs du ciel en enfer. Soudain les esprits fidèles crièrent : Gloire à la miséricorde divine, Ils ont survécu à l'épreuve du feu. Gloire à Jésus, Christ plein d'humilité ! Gloire à sa Mère, Vierge humble, pure ! Après ce combat, ces purs esprits se plongent dans l'océan de la Divinité, Méditant ils adorent les profondeurs de Sa miséricorde, Ils se noient dans Sa beauté et ses multiples lumières, Ayant connaissance de la Trinité des personnes, mais de l'Unité de la Divinité. 1742. L'infinie bonté de Dieu dans la création des hommes. Dieu, qui par Ta miséricorde a daigné appeler le genre humain du néant à
l'existence, Tu as comblé des largesses de la nature et de la grâce ! Mais cela
paraissait encore trop peu pour Ta bonté. Toi Seigneur, dans Ta miséricorde,
Tu nous donnes la vie éternelle ! Tu nous admets à Ton bonheur éternel et Tu
nous fais participer à Ta vie intérieure, et Tu le fais uniquement à cause de Ta
miséricorde. Tu nous combles ainsi de Ta grâce, uniquement parce que Tu es
bon et plein d'amour. Nous n'étions pas du tout nécessaires à Ton bonheur,
Seigneur, mais Tu veux partager Ton propre bonheur avec nous ! Mais l'homme
n'a pas résisté à l'épreuve ; Tu pourrais le punir comme les anges, en le rejetant
pour l'éternité, mais ici apparaît Ta miséricorde et Tes entrailles se sont émues
d'une grande pitié et Tu as promis de restaurer Toi-même notre salut. C'est par
l'abîme inconcevable de Ta pitié que Tu ne nous as pas punis comme nous le
méritions : que Ta miséricorde soit louée, ô Seigneur ; nous allons la louer durant
tous les siècles ! Les anges ont été stupéfaits par la grandeur de Ta miséricorde
que Tu as témoignée aux hommes… 1743. Sois adoré, notre Dieu miséricordieux, Notre Créateur et Seigneur tout-puissant, Nous Te rendons gloire avec la plus profonde humilité, Nous plongeant dans l'océan de Ta Divinité ! Mais l'homme n'a pas résisté à l'heure de l'épreuve , A l'incitation du mal il devint infidèle envers Toi , Il a perdu la grâce et les dons, il ne lui est resté que la misère, Larmes , souffrances, douleur, amertume - jusqu'à ce qu'il repose dans la tombe. Mais Toi, ô Dieu miséricordieux, Tu n'as pas laissé périr l'humanité, Et tu lui as donné la promesse d'un Rédempteur ! Tu ne nous permets pas de désespérer, si grandes que soient nos colères, Tu envoies tes prophètes à Israël ! Cependant, nuit et jour l'humanité T'appelle, De son abîme de misère, de péchés et de toutes douleurs. Entends ses gémissements et ses pleurs, Toi qui règnes dans le ciel, Dieu de grande miséricorde, Dieu de pitié ! L'homme s'est rendu coupable, mais il n'est pas capable de demander pardon, Car un gouffre infini s'est ouvert entre Dieu et l'homme, Par la voix de sa misère il crie : envoie-nous Ta pitié, Mais Yahvé se tait… et les siècles passent l'un après l'autre. De toute l'humanité s'accroît la nostalgie, De celui qui lui était promis. Viens Agneau de Dieu, effacer nos colères, Viens éclairer nos ténèbres, comme un rayon de lumière ! Et l'humanité T'appelle sans fin, Seigneur des Seigneurs, Elle appelle Ton insondable miséricorde et Ta pitié. Ô grand Yahvé, permets-nous d'obtenir le pardon ! Souviens-Toi de Ta bonté et pardonne nos colères ! 1744. L'infinie bonté de Dieu dans le fait de nous envoyer Son Fils unique Dieu, qui n'as pas quitté l'homme après sa chute, mais dans Ta miséricorde, Tu
lui as pardonné, pardonné d'une manière divine, c'est-à-dire non seulement Tu
lui as remis sa faute, mais encore Tu l'as comblé de toutes les grâces. La
miséricorde T'a poussé à daigner descendre jusqu'à nous et à nous tirer de notre
misère. Dieu descendra sur la terre, le Seigneur au-dessus de tous les Seigneurs,
l'Immortel s'abaissera. Mais où descendras-Tu Seigneur ; est-ce dans le temple
de Salomon ? Ou bien feras-Tu bâtir un nouveau temple où tu envisages de
descendre ? Ô Seigneur, quel sanctuaire Te préparons-nous, car toute la terre
est Ton marchepied. Tu T'es préparé, Seul, un sanctuaire : la Sainte Vierge. Ses
entrailles immaculées Te sont une demeure, et l'inconcevable miracle de Ta
miséricorde a lieu, ô Seigneur. Le verbe s'est fait chair : Dieu a habité parmi
nous, le Verbe Divin, la miséricorde Incarnée. Tu nous as élevé vers Ta Divinité
par Ton abaissement ; c'est là l'excès de Ton amour, c'est l'abîme de Ta
miséricorde. Le ciel s'étonne de cet excès de Ton amour, mais plus personne
maintenant n'a peur de s'approcher de Toi, Tu es le Dieu de miséricorde, Tu as
pitié de la misère. Tu es notre Dieu et nous, Ton peuple. Tu es notre Père et
nous, Tes enfants par la grâce : que Ta miséricorde soit louée parce que Tu as
daigné descendre chez nous ! 1745. Sois adoré, Dieu miséricordieux, Parce que Tu as daigné T'abaisser du ciel jusqu'à la terre ! Nous Te louons en grande humilité, Pour avoir daigné élever tout le genre humain. Insondable et inconcevable dans Ta miséricorde, Tu prends un corps, par amour pour nous, D'une Vierge Immaculée, qui ne fut jamais effleurée par le péché, Car telle était Ta prédilection depuis les siècles. La Vierge Sainte, ce lis blanc comme neige, Adore la première la toute-puissance de Ta miséricorde. Pour la venue du Verbe, Son cœur pur s'ouvre avec amour, Elle croit aux paroles du Messager divin et s'affermit dans la confiance. Le ciel s'est étonné que Dieu se soit fait homme, Qu'il y ait sur terre un cœur digne de Dieu Lui-même. Pourquoi ne T'unis-Tu pas à un Séraphin, mais à un pécheur ? Oh ! Car c'est un mystère de Ta miséricorde, Malgré la pureté du cœur virginal ! Ô mystère de la miséricorde divine, ô Dieu de pitié, Tu as daigné abandonner le trône céleste, Et Tu T'es abaissé vers notre misère, vers la faiblesse humaine, Car ce n'est pas aux anges, mais à l'homme que la miséricorde est nécessaire ! Pour exprimer dignement la miséricorde du Seigneur, Nous nous unissons à Ta Mère Immaculée, Car notre hymne Te sera plus agréable alors, Car elle est choisie d'entre les anges et les hommes. Par Elle, comme par un pur cristal, Ta miséricorde est passée jusqu'à nous, Par elle, l'homme est devenu agréable à Dieu, Par elle s'écoulent sur nous les torrents de toutes grâces. 1746. L'infinie bonté divine dans la rédemption de l'homme Dieu, qui pourrais d'un mot sauver des milliers de mondes, un soupir de Jésus
donnerait satisfaction à Ta justice, mais Toi, ô Jésus, Tu T'es chargé Toi-même,
uniquement par amour pour nous, d'une si terrible passion ! La justice de Ton
Père aurait été fléchie par Ton seul soupir, et Ton anéantissement est
uniquement l'œuvre de Ta miséricorde et de Ton inconcevable amour. Toi, ô
Seigneur, en quittant cette terre, Tu as voulu rester avec nous, Tu T'es laissé
Toi-même dans le sacrement de l'Autel, et Tu nous as largement ouvert Ta
miséricorde. Il n'existe pas de misère qui puisse T'épuiser ; Tu as appelé tout le
monde à cette source d'amour, à cette source de divine compassion. C'est là le
temple de Ta miséricorde, là le remède de nos faiblesses ; c'est vers Toi, source
vive de miséricorde, que tendent toutes les âmes : certaines assoiffées de Ton
amour comme des cerfs, d'autres pour laver la blessure de leurs péchés,
d'autres encore pour puiser des forces affaiblies par la vie. Au moment de Ton
agonie sur la croix, à ce moment même, Tu nous as ouvert l'inépuisable source
de Ta miséricorde ; Tu nous as donné ce que Tu as eu de plus cher : le sang et
l'eau de Ton Cœur. Telle est la toute-puissance de Ta miséricorde, d'elle
provient toute grâce pour nous ! 1747. Sois adoré, Dieu, dans l'œuvre de Ta miséricorde, Sois béni par tous les cœurs fidèles Qui sont sous Ton regard, Et qui vient de Ta vie immortelle ! Ô mon Jésus de miséricorde, Ta sainte vie sur terre fut douloureuse, Tu finiras Ton œuvre dans le terrible supplice de la Passion. Suspendu au bois de la croix Et tout cela par amour pour notre âme ! Dans un amour inconcevable Tu as permis d'ouvrir Ton saint côté, Et des torrents de sang et d'eau jaillirent de Ton Cœur. C'est la source vive de Ta miséricorde, Ici les âmes ressentent consolation et soulagement Tu nous as laissé Ta miséricorde dans le Très Saint Sacrement Voilà ce que Ton amour a daigné accorder, Pour qu'allant par la vie, les souffrances et les peines, Je ne doute jamais de Ta bonté ni de Ta miséricorde Car même si les misères du monde entier pesaient sur mon âme, Il nous est défendu de douter un seul moment, Nous devons avoir confiance en la puissance de Ta miséricorde divine, Car Dieu accueille tendrement une âme contrite. Ô inexprimable miséricorde de notre Seigneur, Source de pitié et de toute douceur, Espère, espère ô mon âme, quoique tu sois souillée par le péché, Car lorsque tu t'approcheras de Dieu, tu n'éprouveras aucune amertume ! Car il est le feu brûlant du grand amour. Lorsque nous nous approchons sincèrement de Lui, Nos misères disparaissent, nos péchés et nos colères, Il règlera nos dettes quand nous nous remettrons à Lui. 1748. L'infinie bonté divine, parant le monde entier de beautés pour rendre
agréable à l'homme son séjour sur la terre. Ô Dieu, avec quelle largesse Ta miséricorde est-elle répandue, et Tu as fais tout
ceci pour l'homme ! Oh ! Combien Tu dois aimer cet homme, puisque Ton
amour est si actif pour lui ! Ô mon créateur et Seigneur, je vois partout les
traces de Ta main et le sceau de Ta miséricorde qui entoure tout ce qui est créé
! Ô mon très compatissant Créateur, je désire Te rendre hommage au nom de
tous ces créatures et êtres sans âmes, j'appelle l'univers entier à l'adoration de
Ta miséricorde ! Ô Dieu, que Ta bonté est grande ! 1749. Sois adoré notre Créateur et Seigneur ! Univers entier, loue humblement Ton Seigneur, Remercie ton Créateur autant que tes forces le permettent, Et loue Son inconcevable miséricorde divine ! Viens toute la terre verdoyante, Viens aussi toi, mer insondable, Que ta gratitude se change en un chant agréable Et chante comme est grande la miséricorde divine ! Viens beau et rayonnant soleil, Viens devant Lui limpide aurore, Unissez-vous en un hymne, que vos voix pures Chantent harmonieusement la grande miséricorde divine ! Venez montagnes et plaines, bois bruyants et fourrés, Venez ravissantes fleurs matinales, Que votre parfum unique Glorifie la miséricorde divine ! Venez, toutes les beautés de la terre Dont l'homme ne s'étonnera jamais assez, Venez adorer Dieu en harmonie, Louez l'inconcevable miséricorde divine ! Viens, beauté impérissable de toute la terre, Dont l'homme ne s'étonnera jamais assez, Venez adorer Dieu en harmonie, Louez l'inconcevable miséricorde divine ! Viens, beauté impérissable de toute la terre, Et adore très humblement ton Créateur, Car tout est contenu dans Sa miséricorde, Tout dit d'une voix puissante combien est grande la miséricorde de Dieu ! Mais au-dessus de toutes ces beautés, Une âme innocente et pleine d'enfantine confiance, Qui par la grâce s'unit étroitement avec Lui, Est une adoration plus agréable à Dieu. 1750. Ô Jésus, caché dans le Très Saint Sacrement de l'Autel, mon amour et
mon unique miséricorde, je Te recommande tous les besoins de mon âme et de
mon corps ! Tu peux me secourir, car Tu es la miséricorde même, en Toi, j'ai
mis toute ma confiance ! (Ici, dans l'original, il y a une longue interruption - toute la page est blanche.)
1750. Ô Jésus, caché dans le Saint Sacrement de l'autel, mon amour et mon unique miséricorde, je Vous recommande tous les besoins de mon âme et de mon corps ! Vous pouvez me secourir, car Vous êtes la miséricorde même. En Vous j'ai mis toute ma confiance. (Ici, dans l'original, il y a une longue interruption. Toute la page est blanche.) J.M.J. Cracovie-Pradnik, 2. VI. 1938 1751. Retraite de trois jours, sous la direction du Maître Jésus, qui m'a Lui-même ordonné de faire cette retraite. Il a Lui-même précisé les jours de la retraite : ce sont les trois jours précédant la Pentecôte. Il m'a dirigé Lui-même pendant cette retraite J'ai cependant demandé à mon confesseur, si je pouvais faire cette retraite et j'ai reçu sa permission. J'ai prié aussi la Mère Supérieure de m'en donner la permission, et je l'ai reçue. J'avais résolu de ne pas faire de retraite si je n'obtenais pas la permission des Supérieures. J'ai commencé une neuvaine au Saint-Esprit et j'attendais la réponse de ma Mère Supérieure. Il me fallait commencer la retraite aujourd'hui et je n'avais encore reçu aucune nouvelle sur l'opinion de la Mère Supérieure. Le soir je suis allée à l'office et pendant les litanies j'ai aperçu Jésus : « Ma fille, nous commençons la retraite.» J'ai répondu : « Jésus, mon très cher Maître, je vous demande bien pardon, mais je ne ferai pas de retraite, car je ne sais si la Mère Supérieure me le permettra. » - « Sois tranquille, Ma fille, la Supérieure l'a permis. Tu le sauras demain matin, cependant nous commençons la retraite ce soir » Et en effet, la Mère Supérieure avait téléphoné le soir à la Sœur qui me soigne,
pour me dire qu'elle me permettait de faire la retraite. Mais la sœur avait oublié
de me le dire. Ce n'est que le lendemain matin qu'elle m'en a fait part, en me
demandant pardon de n'avoir rien dit la veille. Je lui ai répondu : « Soyez
tranquille, j'ai déjà commencé la retraite d'après le désir de la Supérieure. » 1752. Le premier jour. Le soir, Jésus m'a donné les points de la méditation. Au premier moment la peur
et la joie ont pénétré mon cœur. Je me suis alors serrée contre Son Cœur. La
peur a disparue et la joie est restée. . Je me suis sentie toute entière enfant de
Dieu et le Seigneur m'a dit : « N'aie peur de rien, ce qui est défendu aux autres,
t'a été donné à toi. Tu es nourrie chaque jour, comme de pain quotidien, de
grâces que d'autres âmes ne peuvent pas voir, même de loin. 1753. Considère, Ma fille, qui est Celui auquel ton cœur est étroitement uni par
les vœux ! Avant que j'eusse créé le monde, Je t'aimais de l'amour que ton cœur
éprouve aujourd'hui. Et durant les siècles, Mon amour ne changera jamais. » 1754. Application : Au seul souvenir de Celui qu'a épousé mon cœur, mon âme
entra dans un profond recueillement et l'heure passa comme une minute. Dans
ce recueillement les attributs de Dieu m'ont été révélés. Dans cet état
d'embrasement intérieur de l'amour, je suis sortie au jardin pour me rafraîchir et
quand j'ai regardé le ciel, une nouvelle flamme d'amour m'inonda le cœur. 1755. Alors j'ai entendu ces paroles : « Ma fille, as-tu épuisé les points que Je
t'ai donnés à méditer ? Je te donnerai de nouvelles pensées. » - J'ai répondu : «
Ô Majesté inconcevable, l'éternité ne me suffira pas pour Vous connaître
!…Cependant mon amour pour Vous est devenu plus puissant. Comme preuve
de ma gratitude, je dépose mon cœur à Vos pieds, comme un bouton de rose.
Que son parfum charme Votre divin Cœur maintenant et durant l'éternité !…
Quel paradis habite l'âme lorsque le cœur sent qu'il est tellement aimé par Dieu
!… » 1756. « Aujourd'hui tu liras l'Evangile de Saint Jean chapitre quinze. Je désire
que tu lises très lentement. » Seconde méditation 1757. « Ma fille, considère la vie divine, confiée à l'Eglise, pour le salut et la
sanctification de ton âme ! Considère comment tu profites de ces trésors de
grâces, de ces efforts de Mon amour !» 1758. Application : Ô Très charitable Jésus, je n'ai pas toujours su tirer profit de
ces inappréciables dons, car je ne faisais pas attention au don lui-même, mais je
faisais trop attention à l'instrument par lequel Vous me présentez Vos dons. Cela
va changer maintenant, mon Maître plein de douceur. Je vais tirer profit autant
que mon âme en sera capable. La foi vive va me soutenir. Sous quelque aspect
que Vous m'envoyez la grâce je l'accepterai directement de Vous, sans tenir
compte de l'instrument par lequel Vous me l'enverrez. S'il ne m'est pas toujours
possible de l'accepter avec joie, je l'accepterai toujours avec soumission à
Votre Sainte Volonté. 1759. Conférence à propos du combat spirituel. - « Ma fille je veux t'instruire
du combat spirituel ! N'aie jamais confiance en toi-même, mais abandonne-toi
complètement à Ma volonté ! Dans le délaissement, les ténèbres et dans les
différents doutes, aie recours à Moi et à ton directeur ! Il te répondra toujours
en Mon nom. N'écoute jamais aucune tentation ! Mais enferme-toi aussitôt dans
Mon Cœur et dévoile-là à ton confesseur dès que l'occasion s'en présentera !
Mets l'amour-propre à la dernière place, pour qu'il ne souille pas tes actions !
Supporte-toi toi-même avec grande patience ! Ne néglige pas les mortifications
intérieures ! Justifie toujours en toi-même l'opinion de tes Supérieures et de ton
confesseur ! Fuis comme la peste, ceux qui murmurent ! Que les autres agissent comme ils veulent, toi, conduis-toi comme Je te le demande ! Observe la règle très fidèlement ! Lorsqu'on t'a fait de la peine, pense à ce que tu pourrais faire de bon à la personne qui t'a fait souffrir ! Ne te confie pas à l'extérieur ! Tais-toi quand on te réprimande ! Ne demande pas à tout le monde son opinion, mais seulement à ton directeur ! Sois avec lui franche et simple comme une enfant ! Ne te décourage pas à cause de l'ingratitude ! Ne scrute pas curieusement les voies par lesquelles Je te conduis ! Lorsque l'ennui et le découragement menaceront ton cœur, fuis de toi-même et cache-toi dans Mon Cœur ! N'aie pas peur du combat : le courage seul intimide souvent le tentateur et il n'ose pas nous attaquer ! Combat toujours avec la profonde conviction que Je suis près de toi ! Ne te laisse pas dominer par le sentiment, car il n'est pas toujours en ton pouvoir ! C'est dans la volonté que se trouve tout le mérite. Soumets-toi toujours à tes supérieurs ! C'est dans la volonté que se trouve tout le mérite. Soumets-toi toujours à tes Supérieures, même dans les plus petites choses ! Je ne veux pas te leurrer avec la paix et ses consolations. Prépare-toi donc à de
grands combats ! Sache que tu es maintenant sur la scène et que la terre et le
ciel te regardent ! Combats comme un chevalier pour que Je puisse te
récompenser ! N'aie pas trop peur, car tu n'es pas seule ! Le second jour. 1760. « Ma fille, considère aujourd'hui Ma douloureuse Passion, dans toute son
immensité ! Médite-la comme si elle n'était endurée que pour toi ! » 1761. Application. Lorsque j'ai commencé à me plonger dans la Passion Divine,
la grandeur de l'âme humaine et la méchanceté du péché se sont dévoilées à
moi. J'ai compris que je ne savais pas souffrir. Pour avoir quelques mérites par
mes souffrances, je vais m'unir étroitement à la Passion de Jésus, Lui demandant
grâce pour les âmes des agonisants, afin que la miséricorde divine les soutienne
en ce grave moment. 1762. Seconde méditation. « Ma fille, considère la règle et les vœux que tu as faits devant Moi. Tu sais
comme Je les apprécie, et toutes les grâces destinées aux âmes religieuses sont
en relation avec la règle et les vœux. » 1763. Application. Ô mon Jésus, je constate ici beaucoup de manquements !
Mais par Votre grâce je ne me rappelle pas de transgressions conscientes et
volontaires de la règle ou des vœux religieux. Gardez-moi à l'avenir, ô mon
Jésus, car de moi-même je suis faible ! 1764. « Aujourd'hui, Ma fille, comme lecture, tu prendras le chapitre
dix-neuvième de l'Evangile de Saint Jean. Et lis non seulement des lèvres, mais
avec ton cœur !... » 1765. Pendant cette lecture un profond repentir envahissait mon âme. J'ai
compris toute l'ingratitude des créatures envers leur Créateur et Seigneur. J'ai
prié pour que Dieu me préserve de l'aveuglement spirituel. Conférence au sujet du sacrifice et de l'oraison 1766. « Ma fille, Je veux t'instruire sur la manière dont tu dois sauver les âmes
par le sacrifice et l'oraison ! Tu sauveras plus d'âmes par le sacrifice et l'oraison
qu'un missionnaire n'en sauverait seulement par des enseignements et des
sermons. Je veux voir en toi l'offrande de l'amour ardent qui, seul, a de la
puissance à Mes yeux. Tu dois être anéantie, détruite, vivant comme si tu étais
morte dans ta plus secrète existence. Tu dois être détruite dans ce lieu secret où
l'œil humain ne peut atteindre. Alors tu seras pour moi une offrande agréable, un
holocauste plein de douceur et de parfum. Ta force sera puissante si tu pries
pour quelqu'un d'autre. Au dehors ton offrande sera cachée, silencieuse,
imprégnée d'amour, pétrie d'oraison. Ma fille, j'exige de toi que ton offrande soit
pure et pleine d'humilité, pour qu'elle Me soit agréable ! Je ne vais pas ménager
Mes grâces, pour que tu puisses accomplir ce que J'attends de toi. Je vais maintenant t'instruire de ce qui doit composer cet holocauste dans ta vie
quotidienne, pour te soustraire aux illusions. Tu accepteras toutes les souffrances
avec amour. Ne t'afflige pas si ton cœur éprouve souvent répugnance et dégoût
pour ce sacrifice. Toute sa puissance est contenue dans la volonté. Donc ces
sentiments contraires non seulement ne diminuent pas ton offrande à Mes yeux,
mais ils l'accroissent. Sache que ton corps et ton âme seront souvent en proie au
feu. Quoique à certaines heures tu ne sentes pas Ma présence, je serai toujours
près de toi. N'aie pas peur, Ma grâce sera avec toi !… » Le troisième jour. 1767. « Ma fille, dans cette méditation considère l'amour du prochain, et si c'est Mon amour qui dirige le tien vers ton prochain ! Pries-tu pour tes ennemis ? Souhaites-tu du bien à ceux qui t'ont, d'une manière ou d'une autre, attristée, offensée ? Saches, que tout le bien que tu feras à une âme quelconque, je l'accepterai
comme si tu Me l'avais fait à Moi-même ! 1768. Application. Ô Jésus, mon amour, Vous savez que ce n'est que depuis
peu de temps que j'agis de la sorte que c'est Votre amour qui dirige mes
relations avec mon prochain ! Vous seul connaissez les efforts que j'ai faits.
Aujourd'hui cela me vient plus facilement, mais si Vous n'allumiez pas
Vous-même cet amour dans mon âme, je ne saurais persévérer. Votre Amour
Eucharistique m'enflamme chaque jour. Seconde méditation. 1769. « Maintenant tu considéreras Mon amour dans le Saint Sacrement. Ici Je
suis tout entier à ta disposition, Ame, Corps et Divinité, comme ton Epoux. Tu
sais ce qu'exige l'amour : une seule chose, la réciprocité… » 1700. Application. Ô mon Jésus, Vous savez que je désire Vous aimer d'un
amour tel que jusqu'à présent aucune âme ne Vous a aimé. Je désirerais que le
monde entier se change en amour pour Vous, Mon Bien-Aimé. Vous me
nourrissez du lait et du miel de Votre Cœur, depuis mes plus tendres années.
Vous m'avez élevée pour Vous seul, pour que je sache maintenant Vous aimer.
Vous savez que je Vous aime, car Vous seul connaissez la profondeur de
l'offrande que je Vous présente chaque jour. 1771. Jésus m'a dit : « Ma fille, as-tu quelques difficultés dans cette retraite ? »
J'ai répondu que je n'en avais pas. Mon esprit pendant cette retraite est comme
un éclair. Je pénètre avec une grande facilité tous les mystères de la foi. Mon
Maître et mon chef, toutes les ténèbres disparaissent de mon esprit sous les
rayons de Votre lumière. 1772. « Aujourd'hui, comme lecture spirituelle tu prendras l'Evangile de Saint
Jean, chapitre 21 ! Parcours ce texte plutôt avec ton cœur qu'avec ton esprit ! » 1773. Pendant l'office du mois de juin, le Seigneur m'a dit : « Ma fille, j'ai établi
Ma prédilection dans ton cœur ! Lorsque le Jeudi Saint, Je Me suis donné
Moi-Même dans le Saint Sacrement, tu étais nettement présente à Ma pensée. » 1774. À ces mots, mon amour s'efforça de Lui exprimer ce qu'Il est pour moi.
Mais je ne pouvais trouver de paroles et dans mon impuissance, je me suis mise
à pleurer. Jésus a dit : « Je suis pour toi la miséricorde même. C'est pourquoi je
te prie, offre-Moi ta misère et ton impuissance et tu réjouiras Mon Cœur ! 1775. Aujourd'hui une flamme d'amour très vive pénétra mon âme. Si elle avait
duré plus longtemps, j'aurais brûlé dans ce feu, me dégageant des liens du temps
présent. Il me semblait qu'un petit instant encore et je me noierai dans l'océan
d'amour. Je ne sais décrire ces traits d'amour qui transpercent mon âme. 1776. Conférence sur la miséricorde. « Sache, Ma fille, que Mon Cœur est la Miséricorde même. De cet océan de miséricorde, les grâces se répandent sur le monde entier. Aucune âme qui s'est approchée de Moi, ne M'a quitté sans consolation. Toute misère se noie dans Ma Miséricorde, et toute grâce jaillit de cette source salutaire et sanctifiante. Ma fille, Je désire que ton cœur soit la demeure de Ma miséricorde. Je désire que cette miséricorde se répande sur le monde entier par ton cœur. Que quiconque t'approchera ne te quitte pas sans cette confiance en Ma miséricorde que Je désire tant voir dans les âmes ! Prie autant que tu le peux, pour les agonisants : obtiens-leur la confiance en Ma miséricorde ! Car ce sont eux qui en ont le plus besoin et qui en ont le moins. Sache que la grâce du salut éternel pour certaines âmes dépend de ta prière. Tu connais tout l'abîme de Ma miséricorde ! Puise donc pour toi et spécialement pour les pauvres pécheurs ! Je préférerais
laisser le ciel et la terre retourner au néant plutôt que de laisser une âme
confiante échapper à Ma Miséricorde. 1777. Ma résolution est la même pour l'avenir : m'unir au Christ-Miséricordieux 1778. Clôture de la retraite. Dernière conversation avec le Seigneur. Merci, Amour Eternel, pour Votre inconcevable bonté envers moi qui Vous
porte à Vous occuper seul, directement, de ma sanctification. « Ma fille, que
trois vertus ornent particulièrement ton âme : l'humilité, la pureté d'intention et
l'amour ! Ne fais rien de plus que ce que J'exige de toi. Et accepte ce que t'offre
Ma main ! Tâche de vivre recueillie, pour que tu entendes Ma voix qui est un
murmure ; seules les âmes recueillies peuvent l'entendre !» 1779. Je n'ai pu dormir avant minuit. J'étais tellement émue par le
renouvellement des vœux qui aura lieu demain. La grandeur de Dieu envahit tout
mon être. Pentecôte. La rénovation des vœux. 1780. Je me suis levée beaucoup plus tôt que d'habitude, et suis allée à la
chapelle, m'abîmant dans l'amour de Dieu. Avant de communier j'ai renouvelé à
voix basse mes vœux religieux. Après la Sainte Communion, un inconcevable
amour de Dieu m'enveloppa. Mon âme était en relation avec le Saint-Esprit, qui
est le même Seigneur que le Père et le Fils. Son souffle combla mon âme d'un tel
délice que mes efforts seraient vains pour donner la moindre idée de ce que mon
cœur a vécu. Pendant toute la journée, la présence de Dieu m'accompagna, où
je me trouve, et quel que soit la personne à qui je parle. Mon âme se noyait
dans l'action de grâce pour ces grandes grâces. 1781. Aujourd'hui je suis sortie au jardin. Le Seigneur m'a dit : « Retourne dans
ta chambre, car je vais t'y attendre. » Lorsque je suis revenue, tout se suite
j'aperçus Jésus qui était assis près de la table, m'attendant. . Avec un regard
bienveillant, Il me dit : « Ma fille, Je désire que tu écrives maintenant, car cette
promenade ne serais pas conforme à Ma volonté. » Je suis restée seule, et je me
suis mise à écrire. 1782. Lorsque je me suis plongée dans l'oraison et que je me suis unie à toutes
les Saintes Messes qui se célébraient à ce moment-là dans le monde entier, j'ai
imploré Dieu par toutes ces Saintes Messes d'avoir miséricorde pour le monde
et particulièrement pour les pauvres pécheurs qui à ce moment-là étaient en
agonie. Au même instant j'ai reçu intérieurement la réponse de Dieu que mille
âmes avaient obtenu grâce par l'intermédiaire de la prière que j'avais offerte à
Dieu. Nous ne savons pas le nombre d'âmes que nous devons sauver par nos
prières et nos sacrifices, nous devons donc toujours prier pour les pécheurs. 1783. Aujourd'hui, au cours d'une longue conversation, le Seigneur m'a dit : «
Comme Je désire vivement le salut des âmes ! Ô mon aimable secrétaire, écris
que Je désire répandre Ma vie divine dans les âmes humaines et les sanctifier,
pourvu qu'elles veuillent seulement accepter Ma grâce. Les plus grands
pécheurs arriveraient à une haute sainteté, si seulement ils avaient confiance en
Ma miséricorde. Mon Cœur déborde de miséricorde et elle est répandue sur
tout ce que j'ai créé. C'est Mon délice d'agir dans l'âme humaine, de la combler
de Ma miséricorde et de la justifier. Mon Royaume sur terre c'est Ma vie dans
l'âme humaine. Ecris, ma secrétaire, que Je suis Moi-même personnellement le
Directeur des âmes. Je les dirige par l'intermédiaire du prêtre et je mène
chacune à la sainteté par une voie qui n'est connue que de Moi. » 1784. La Mère Supérieure est venue me voir aujourd'hui, mais pendant un court instant seulement. Lorsqu'elle a regardé tout autour, elle m'a dit : « Tout est trop beau ici ! » C'est vrai que les Sœurs tâchent de me rendre le séjour au sanatorium agréable. Mais toute cette beauté ne diminue en rien mon sacrifice que Dieu seul voit et qui ne cessera qu'au moment où mon cœur cessera de battre. Aucune beauté terrestre ni céleste n'effacera le supplice de mon âme, qui est douloureux à chaque instant, quoique intérieur. Il ne finira que lorsque Vous seul direz : « Assez ! », Vous l'Auteur de mon,
supplice. Rien ne saurait amoindrir mon offrande ! Le premier vendredi après la Fête-Dieu. 1785. Tout de suite, le vendredi après la Fête-Dieu, je me suis sentie si mal que
je croyais que le moment désiré approchait. Une forte fièvre me prit et la nuit j'ai
eu un grand crachement de sang. Je suis cependant allée le matin recevoir Jésus,
mais n'ai pu assister à la Sainte Messe. Dans l'après-midi, ma température
tomba soudain à 35°,8. J'étais si faible qu'il me semblait que tout mourait en
moi. Cependant, lorsque je me suis plongée dans une profonde oraison, j'ai
compris que ce n'était pas encore le moment de la délivrance, mas un appel plus
proche du Bien-Aimé. 1786. Quand j'ai rencontré le Seigneur, je Lui ai dit : « Vous me décevez Jésus ! Vous me montrez la porte du Ciel ouverte, et de nouveau Vous me laissez sur terre. » Le Seigneur m'a dit : « Lorsque tu verras au Ciel les jours présents, tu te réjouiras et tu voudrais en voir encore plus. Je ne M'étonne pas, Ma fille, que tu ne puisses pas le comprendre maintenant, car ton cœur est abreuvé de douleur et se languit de Moi. Ta vigilance Me plaît. Ma parole doit te suffire : il n'y en a plus pour longtemps. » Et mon âme se trouva de nouveau en exil. Je me suis unie amoureusement à la
volonté divine, m'en remettant à ses miséricordieux décrets. 1787. Les conversations que j'entends ici, concernant les choses mondaines, me
fatiguent tellement que je me sens prête à défaillir. Les Sœurs qui me soignent
s'en sont aperçues. Cela se voit au dehors. 1788. J'ai vu aujourd'hui la gloire de Dieu se répandre par cette image.
Beaucoup d'âmes obtiennent des grâces, même si elles n'en parlent pas
publiquement. Bien que les vicissitudes de cette image soient de toutes sortes,
Dieu en retire de la gloire. Et les efforts de Satan et des méchants se brisent et
sont anéantis. Malgré la méchanceté de Satan la miséricorde divine va triompher
sur le monde entier et être adorée par toutes les âmes. 1789. J'ai compris que l'âme doit renoncer à toute action d'après sa propre
volonté pour que Dieu puisse agir en elle. Autrement Dieu ne réalisera pas en
elle Sa volonté 1790. Alors qu'un grand orage approchait j'ai commencé à réciter ce petit
chapelet. Soudain j'ai entendu la voix d'un ange : « Je ne peux pas m'approcher
dans cet orage, car la clarté qui sort de sa bouche me repousse, moi et l'orage.
» Ainsi l'ange se plaignait à Dieu. Alors j'ai compris quels grands dégâts il devait
opérer par cet orage. Mais j'ai compris aussi que cette prière était agréable à
Dieu et quelle est la puissance de ce petit chapelet. 1791. Il m'a été révélé qu'une certaine âme qui est très agréable à Dieu, malgré
toutes sortes de persécutions, a été revêtue par Dieu d'une nouvelle et plus
haute dignité. Mon cœur en fut profondément heureux. 1792. Les moments les plus agréables pour moi sont ceux que je passe en
conversation avec le Seigneur dans mon cœur. Je tâche de mon mieux de ne pas
le laisser seul, Il aime être toujours avec nous… 1793. Ô Jésus, Dieu Eternel, je Vous remercie de Vos innombrables grâces et
bienfaits ! Que chaque battement de mon cœur soit un nouvel hymne d'action de
grâces pour Vous, mon Dieu ! Que chaque goutte de mon sang circule pour
Vous Seigneur ! Mon âme est un hymne de louange à Votre miséricorde. Je
Vous aime, mon Dieu, pour Vous-même. 1794. Mon Dieu, quoique mes souffrances soient grandes et qu'elles traînent en
longueur, je les accepte de Votre main comme des dons magnifiques ! Je les
accepte toutes et même celles que d'autres âmes n'ont pas voulu accepter. Vous
pouvez tout m'apporter mon Jésus, je ne Vous refuserai rien. Je Vous supplie
seulement de me donner une chose : Donnez-moi la force de tout supporter et
faites que tout soit méritoire ! Voici, Vous avez tout mon être ! Faites de moi ce
qu'il Vous plaira ! 1795. Aujourd'hui, j'ai vu le Sacré Cœur de Jésus dans une grande clarté dans
le ciel. De Sa Blessure sortaient des rayons qui se répandaient sur le monde
entier. 1796. Aujourd'hui le Seigneur est entré chez moi et m'a dit : « Ma fille, aide-Moi
à sauver les âmes ! Tu iras chez un pécheur mourant et tu vas réciter ce petit
chapelet Ainsi tu lui obtiendras la confiance en Ma Miséricorde, car il est déjà
au désespoir. » 1797. Soudain je me suis trouvée dans une chaumière inconnue où un homme âgé agonisait déjà dans de terribles supplices. Autour du lit, il y avait une multitude de démons et la famille qui pleurait. Dès que j'ai commencé à prier, les esprits des ténèbres se sont dispersés avec un sifflement et en me menaçant. Cette âme se tranquillisa et pleine de confiance se reposa dans le Seigneur. A cet instant, je me suis retrouvée dans ma chambre. Comment cela arrive-t-il ?
Je ne le sais pas. 1798. J.M.J. Je sens qu'une puissance me défend et me cache contre les traits de l'ennemi.
Elle me garde et me défend, je le sens bien. Je suis comme abritée à l'ombre de
ses ailes. 1799. Mon Jésus, Vous seul êtes bon ! Mon cœur fait des efforts pour décrire
au moins une petite parcelle de Votre bonté, mais je n'en suis pas capable. Cela
dépasse toutes nos pensées. 1800. Un jour pendant la Sainte Messe, le Seigneur me fit comprendre plus
profondément Sa Sainteté et Sa Majesté et en même temps j'ai pris conscience
de ma misère. J'étais contente de cette connaissance et mon âme plongeait toute
entière dans Sa miséricorde. Je ressentis un immense bonheur. 1801. Le lendemain, j'ai perçu des mots distincts : « Vois-tu, Dieu est Saint et tu
es pécheresse ! N'approche pas de Lui et confesse-toi chaque jour ! » Mais de
fait, je n'ai pas manqué la Sainte Communion et j'ai résolu de me confesser au
temps prescrit n'ayant aucun empêchement spécial. Quand le jour de la
confession arriva, j'avais préparé toute une liste de péchés pour m'en accuser.
Cependant, quand je me suis approchée de la grille, Dieu me permit de ne
m'accuser que de deux imperfections, malgré mes efforts pour me confesser
comme je m'y étais préparée. Lorsque je suis sortie du confessionnal, le
Seigneur m'a dit : « Ma fille, tous ces péchés que tu voulais confesser ne sont
pas péchés à Mes yeux. C'est pourquoi Je t'ai ôté la possibilité de les exprimer.
» J'ai compris que Satan, voulant troubler mon calme, me donne des pensées
exagérées. Mon Sauveur, comme Votre bonté est grande ! 1802. Un autre jour où je me préparais à la Sainte Communion, voyant que je
n'avais rien à Lui offrir, je suis tombée à Ses pieds, appelant toute Sa
miséricorde pour ma pauvre âme. Que Votre grâce qui s'épanche de Votre
Cœur charitable sur moi, me donne des forces pour le combat et la souffrance,
afin que je Vous reste fidèle. Bien que je sois une telle misère, je n'ai pas peur
de Vous. Rien ne m'intimidera devant Vous, mon Dieu, car je connais Votre
Miséricorde. Et la connaissance que j'en ai est bien au-dessous de la réalité, je
le vois clairement. Ici finit le sixième et dernier cahier des notes de Sœur Faustine Kowalska, religieuse professe perpétuelle de la Congrégation de la Divine Mère de la Miséricorde
J.M.J. Cracovie 10.I.I938 MES PREPARATIONS A LA SAINTE COMMUNION Sœur Marie Faustine Du Très Saint Sacrement Congrégation des Sœurs de la Divine Mère de Dieu de la Miséricorde Archives de la Servante de Dieu S (oeur) M(arie) Faustine Kowalska 1803. Le moment le plus solennel de ma vie est le moment où je reçois la Sainte communion. Je languis après chaque Sainte Communion et pour chacune d'elles, je rends grâce à la Sainte Trinité. Les anges, s'ils le pouvaient seulement, nous envieraient deux choses : la
réception de la Sainte Communion et la souffrance. 1804. Aujourd'hui je me prépare à Votre arrivée, comme une fiancée attendant son fiancé. C'est un grand Seigneur que mon Fiancé. Les cieux ne peuvent Le contenir. Les Séraphins, qui se tiennent le plus près de Lui, voilent leur face et répètent sans cesse : Saint, Saint, Saint. Ce grand Seigneur, c'est mon Epoux. C'est pour Lui que chantent les Chœurs des anges. C'est devant Lui que s'agenouillent les Trônes et devant Sa clarté le soleil pâlit. Et cependant, ce Grand Seigneur est mon Epoux. Ô mon cœur, sors de cette profonde méditation sur la manière dont les autres L'adorent. Tu n'as plus assez de temps, car Il s'approche et déjà Il est à ta porte. Je sors à Sa rencontre et je l'invite dans la demeure de mon cœur, en m'abaissant profondément devant Sa Majesté. Mais le Seigneur me soulève de la poussière et m'invite comme Son épouse à m'asseoir auprès de Lui et à Lui dire tout ce que j'ai dans le cœur. Et moi, encouragé par Sa bonté, j'incline la tête sur Sa poitrine et je Lui parle de
tout. D'abord, ce que je ne dirais jamais à aucune créature. Ensuite des besoins
de l'Eglise, des âmes des pauvres pécheurs et combien ils ont besoin de Sa
Miséricorde. Mais le temps passe vite. Jésus je dois m'en aller remplir les
devoirs qui m'attendent. Jésus me dit qu'il y a encore le temps de prendre
congé. Un profond regard réciproque et, pour un instant, nous voici séparés, en
apparence, mais jamais en réalité. Nos cœurs sont perpétuellement unis. Même
si extérieurement, je suis distraite par mes devoirs, la présence de Jésus me
plonge continuellement dans un profond recueillement. 1806. Aujourd'hui, ma préparation à la venue de Jésus est courte, mais
empreinte d'un amour ardent. Je suis toute pénétrée de la présence de Dieu qui
enflamme mon amour pour Lui. Point de mots, seulement une intelligibilité
intérieure. Je me plonge toute entière en Dieu, par amour. Le Seigneur
s'approche de la demeure de mon cœur. Après avoir reçu la Sainte
Communion, il me reste juste assez de présence d'esprit pour retourner à mon
prie-Dieu. Au même moment, mon âme s'abîme complètement en Lui et je ne
sais plus ce qui se passe autour de moi. Dieu me donne une connaissance
intérieure de Son Etre divin. Ces moments sont courts, mais pénétrants. L'âme
sort de la chapelle profondément recueillie et il n'est pas facile de la distraire.
Dans ces moments-là, c'est comme si je ne touchais terre que d'un pied. Aucun
sacrifice, en ce jour n'est difficile ni dur. Tout n'est que l'occasion d'un nouvel
acte d'amour. 1807. Aujourd'hui, j'invite Jésus dans mon cœur comme Amour. Vous êtes
l'Amour-même. Le Ciel entier s'enflamme pour Vous et se remplit d'amour.
Mon âme Vous convoite, comme une fleur désire le soleil. Jésus, hâtez-Vous de
venir en mon cœur. Car Vous voyez que comme la fleur se tourne vers le soleil,
ainsi mon cœur s'élance vers Vous. J'épanouis la corolle de mon cœur pour
recevoir Votre amour. 1808. Quand Jésus entra dans mon cœur, mon âme toute entière frémit de vie et de chaleur. Jésus, prenez l'amour de mon cœur et versez-lui le Vôtre : un amour chaleureux et rayonnant, qui sait porter chaque offrande, qui sait s'oublier totalement. Toute ma journée d'aujourd'hui est empreinte de sacrifice… 1809. Je me prépare, aujourd'hui à l'arrivée du Roi. Qui suis-je et qui êtes
Vous, ô Seigneur, Roi de gloire, de gloire immortelle ? Ô mon cœur, te rends-tu
compte de Celui qui vient aujourd'hui chez toi ? Oui, je le sais, mais cet
étonnant, c'est inconcevable pour moi. Oh ! Si c'était seulement un roi ! Mais
c'est le Roi des Rois et le Seigneur des Seigneurs ! Devant Lui, tremblent toute
puissance et autorité. Il vient aujourd'hui dans mon cœur. Maintenant, j'entends
qu'Il s'approche. Je vais à Sa rencontre et je L'invite. Quand Il entra dans la
demeure de mon cœur, un si grand respect s'empara de mon âme que celle-ci
s'évanouit d'effroi et tomba à Ses pieds. Jésus lui tendit la main et permit
gracieusement qu'elle prenne place auprès de Lui. Il la rassura : « Vois donc, J'ai
quitté Mon trône céleste pour M'unir à toi. Ce que tu vois c'est à peine un coin
du voile soulevé et déjà ton âme défaille d'amour. Mais quel étonnement pour
ton cœur quand tu me verras dans toute Ma gloire ! 1810. Et je veux te dire que cette vie éternelle doit commencer ici, sur cette terre par la Sainte Communion. Chaque Communion te rendras plus capable de communier avec Dieu pour toute l'éternité avec Dieu.» « Eh bien, mon Roi, je ne vous demande rien, bien que je sache que Vous pouvez tout me donner. Je réclame une seule chose : Restez pour tous les siècles le Roi de mon cœur. Cela me suffit.» Je renouvelle aujourd'hui la soumission à mon Roi par la fidélité aux inspirations
intérieures. 1812. Aujourd'hui je ne m'efforce pas à une préparation spéciale. Je suis
incapable de penser tant mes sentiments sont multiples. Je languis après le
moment où Dieu viendra dans mon cœur. Je me jette dans ses bras et Lui parle
de mon insuffisance et de ma misère. Je déverse toute la douleur de mon cœur,
douleur de ne pouvoir L'aimer autant que je désire. Je pénètre mon âme des
actes de foi, d'espérance et de charité. Et c'est ainsi que je vis toute la journée. 1813. Aujourd'hui, ma préparation est courte. L'amour fort et vif déchire
presque le voile de la foi. La présence de Dieu pénètre mon cœur comme un
rayon de soleil pénètre le cristal. Au moment où je recevrai Dieu, tout mon être
s'enfoncera en Lui. La stupéfaction et l'admiration s'emparent de moi quand je
contemple la grande majesté divine, qui S'abaisse jusqu'à moi qui suis la misère
même. J'éprouve une immense gratitude envers Lui pour toutes les grâces qu'Il
m'accorde et surtout pour la grâce de la vocation à Son service exclusif. 1814. Aujourd'hui je désire dans la Sainte Communion m'unir très étroitement à
Jésus. Je désire Dieu si vivement qu'il me semble que le moment où le prêtre me
donnera la Sainte Communion ne viendra jamais. Mon âme défaille à cause de
son désir de Dieu. Quand je l'ai reçu dans mon cœur le voile de la foi s'est
déchiré. 1815. J'aperçus Jésus qui me dit : « Ma fille, ton amour Me récompense de la
froideur de beaucoup d'âmes. » Après ces mots je restai seule. Mais toute la
journée durant je vécus en esprit de réparation. 1816. Aujourd'hui, je sens dans mon âme l'abîme de ma misère. Je désire m'approcher de la Sainte Communion comme d'une source de miséricorde et de me noyer toute dans cet océan d'amour. Quand j'ai reçu Jésus, je me suis jetée toute en Lui, comme dans l'abîme de l'impénétrable miséricorde. Et plus je sentais que je suis la misère même, plus augmentait ma confiance en Lui. Dans cet abaissement je passais toute la journée. 1817. Aujourd'hui, mon âme a la disposition d'un enfant. Je m'unis à Dieu,
comme l'enfant à son Père. Je me sens, en plénitude, enfant de Dieu. [1818-1827 édition numérique par Thierry G.] 1818. Quand je reçus la Sainte Communion, j'ai eu une plus profonde connaissance du Père Céleste et de Sa paternité par rapport aux âmes. Je vis aujourd'hui en glorification de la Sainte Trinité. Je remercie Dieu qu'Il
daigne nous admettre, par la grâce, au nombre de Ses enfants. 1819. Aujourd'hui je désire me transformer toute entière en amour de Jésus et m'offrir avec Lui au Père Céleste. Pendant la Sainte Messe, j'aperçus le petit Jésus dans le calice qui me dit : « Je
demeure ainsi dans ton cœur comme tu Me vois dans ce calice.» 1820. Après la Sainte Communion, je sentis dans mon propre cœur les
battements du Cœur de Jésus. Quoique depuis longtemps, j ai la conscience que
la Sainte Communion subsiste en moi jusqu'à la Communion suivante : toute la
journée aujourd'hui, j'adore Jésus dans mon cœur et je Le prie pour qu'Il
protège, par Sa grâce, les petits enfants du mal qui les menace. La vive
présence de Dieu se laisse ressentir même physiquement. Elle dure toute la
journée et ne me trouble nullement dans mes occupations. 1621 Aujourd'hui, mon âme veut d'une manière toute spéciale, manifester mon amour à Jésus. Quand le Seigneur entra dans mon cœur, j'ai jeté mon cœur à Ses pieds comme un bouton de rose. Je désire que le parfum de mon amour s'élève sans cesse au pied de Votre Trône. Daignez voir Jésus, dans ce bouton de rose tout mon cœur pour Vous. Non seulement en ce moment où mon cœur est brûlant comme une braise, mais pendant toute la journée. Je Vous donnerai des preuves de mon amour par la fidélité à la grâce divine. Aujourd'hui je saisirai avec empressement toutes les difficultés et souffrances
que je rencontrerai, comme des boutons de roses, pour les jeter aux pieds de
Jésus. Qu'importe que la main ou plutôt le cœur saigne… 1822. Aujourd'hui mon âme se prépare à la venue du sauveur qui est la bonté et l'amour même. Les tentations et les distractions me tourmentent et ne me permettent pas de me préparer à la venue du Seigneur. C'est pourquoi je désire Vous accueillir plus chaleureusement. Mon Seigneur, car je sais que quand Vous viendrez, Vous m'affranchirez de ces tourments. Et si Votre volonté est que je souffre, et bien ! Fortifiez-moi pour la lutte ! Jésus Sauveur, qui avez daigné venir dans mon cœur, chassez ces distractions qui m'empêchent de parler avec Vous ! Jésus me répondit : « Je veux que tu sois comme un chevalier exercé à la lutte, qui sache au milieu du fracas des balles, donner des ordres aux autres. Ainsi toi, Mon enfant, sache te maîtriser dans les plus grandes difficultés et que rien ne t'éloigne de Moi, pas même tes chutes. » Aujourd'hui, j'ai lutté durant toute la journée avec une certaine difficulté que
Vous connaissez Jésus… 1823. Aujourd'hui mon cœur tremble de bonheur. Je désire beaucoup que Jésus vienne dans mon cœur qui languit et s'enflamme d'un amour grandissant. Quand Jésus arriva, je me suis jetée dans ses bras, comme un petit enfant. Je
Lui ai raconté ma joie. Jésus prêtait l'oreille à mes épanchements d'amour. Je lui
ai demandé pardon de ne pas m'être préparée à la Sainte Communion. Mais
continuellement je pensais goûter cette joie le plus vite possible. Jésus me
répondit qu'une telle préparation Lui est agréable, « ainsi que la joie avec
laquelle tu M'as reçu dans ton cœur aujourd'hui. Aujourd'hui, d'une manière
toute spéciale, je bénis ta joie. Rien, tout au long de ce jour, ne troublera ta
joie… » 1824. Aujourd'hui, mon âme se prépare à l'arrivée du Seigneur qui peut tout,
qui peut me rendre parfaite et sainte. Je me prépare soigneusement à Son
accueil, alors surgit une difficulté. Comment me présenter à Lui ? Et voilà que
j'ai tout, de suite, rejeté. Je me présenterai comme mon cœur va me le dicter. 1825. Quand je reçus Jésus dans la Sainte Communion, mon cœur s'écria de toute sa force : « Jésus, changez tout mon être en une autre hostie Je veux être une hostie vivante pour Vous. Vous êtes le Seigneur, grand et Tout-Puissant. Vous pouvez m'accorder cette grâce. » Et le Seigneur me répondit : « Tu es une vivante hostie agréable au Père Céleste. Mais prends en considération ce qu'est l'hostie : Le sacrifice, eh bien !... » Ô mon Jésus, je comprends la signification de l'hostie, je comprends la signification du sacrifice. Je veux être devant Votre Majesté une hostie vivante, cela veut dire un vivant sacrifice, qui tous les jours brûlera en Votre honneur. Quand mes forces commenceront à faiblir, c'est la Sainte Communion qui me soutiendra et me donnera la force. Vraiment, je crains le jour où je ne recevrai pas la Sainte Communion. Mon âme puise une force étonnante dans la Sainte Communion Ô vivante hostie, Lumière de mon âme ! 1826. Aujourd'hui mon âme se prépare à la Sainte Communion comme à un
banquet nuptial où tous les convives resplendissent d'une étrange beauté. Et moi
aussi je suis invitée à ce banquet. Mais je ne vois pas en moi, cette beauté, mais
un abîme de misère. Et quoique je ne me sente pas digne de me mettre à table,
pourtant je vais me glisser sous la table aux pieds de Jésus et je vais ramasser au
moins les miettes qui tombent sous la table. Comme je connais Votre
miséricorde, je m'approche de Vous, Jésus, car ma misère manquera avant que
ne s'épuise la pitié de Votre Cœur. Aujourd'hui je vais donc éveiller ma
confiance dans la miséricorde divine. 1827. Aujourd'hui, Sa Majesté divine m'enveloppe. Je ne sais que faire pour me
préparer mieux. Je suis généralement plongée en Dieu. Mon âme s'enflamme de
Son amour. Je sais seulement que j'aime et que je suis aimée. Cela me suffit.
Pendant la journée je tâche d'être fidèle à l'Esprit Saint et de répondre à Ses
exigences. Je cherche le silence intérieur pour pouvoir entendre Sa voix. Concordat cum originali Cracovie, 18 septembris 1968 Curia Metropolitana Cracoviensis Vice Cancellarius Curiae fin du Petit Journal de Sainte Faustine, apôtre de la Miséricorde Divine.
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