SUR UN MÉGOT D'ENCENS
Poussière dans la nuit,
Une fumée douce à l'odeur d'encens
Coule, coule,
Lumière dansante
Soudain s'éteint
Ne laisse que cendres.

Un bout de serpent jaune
S'est dessiné là
Qui perdit un anneau,
Flamme alors noire
Et soudain fumée
Qui se jette
Et s'éparpille
A la face de mes
Cheveux.

L'astre qui soudain luit
Laisse en sa queue
Comète
Et soudain se perd
Dans l'infini
D'un espace
Réduit
Dont une lance a jailli.

Une hélice de feu
A tourné sur
Vous, tous
Et s'en est moqué.
D'une heure tardive
Et lasse, lasse
Ainsi, elle a marqué
Le Temps, un temps
Où tournent des rondes
A petits points...
Fermés.

J'aime, j'aime
Marqués à la flamme
Comme de tous petits riens
Des bouts de poussière
Tombés  ça, là,
Vestiges et tombes
Secrètes
Apparences fragiles
D'un caché d'argile
Lynx foudroyant
D'un regard
Tombé,
Coule, coule...
Il est précipité.

Victoire! Victoire!
Et vaincue l'énigme
Secret abominable
Et - comment donc!
Inutile.

Secret divin,
Enlacé de mille voix,
Criant, bêlant,
Adoucissant,
Secret fauve
A la face du
Blême.

Qui donc résolut l'énigme
Dont l'oeil se ferma,
Puis l'autre,
Et perdit tout?

Oedipe-roi,
La misère de l'homme
Se porte à tes genoux,
Et qui donc a compris
Le don de la souffrance!

Fixe, fixe
A l'aurore
Dessinée,
La flamme a rejailli,
Se colle et reste,

Oh! Viens, viens
Qu'enfin je te prenne
Et allons
Par la main

On nous attend.
 
 

Thérèse-Isabelle Saulnier
 
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