GUERRE ET PAIX AVEC NOS MÈRES
Ah! les mères, les mères!
Comme vous êtes MARQUANTES!
Nous avons beau dire,
Nous avons beau faire,
nous révolter, fuir, partir - et parfois même
au plus tôt,
mener notre vie propre, à notre aise,
selon nos conventions,
Nous marier même, s'il le faut!
Nous pensons seulement pouvoir nous dégager
de vous,
Victimes que nous sommes de l'amour inconditionnel
qui est le nôtre à votre égard!
Femmes trop aimées, - même mal,
Vous qui hantez nos rêves d'adultes-enfants
Toujours prisonniers de votre pouvoir insoupçonné,
Vous, à la fois bourreaux et victimes
Des victimes que nous sommes,
Peu importe ce qu'il vous apparaît:
Nous vous semblons loin?
Voire même "indifférentes"?
Ce n'est que notre amour pour vous
Qui nous fait vous délaisser,
Ce n'est que notre amour pour vous
Qui vous veut tant indépendantes, libres, enfin vous-mêmes!
Car notre liberté, mères, est liée
à la vôtre!
Car notre bien-être, mères, dépend du vôtre!
Qu'on vous trouve "tannantes", fatigantes, "pognées",
On vous aime! On vous aime pareil!
Et on vous le dit, à notre manière,
À distance, avec humour, en vous pointant,
mais!
Mais au fond, c'est d'une tout autre façon
Qu'on voudrait vous le dire!
C'est une tout autre relation qui hante notre désir!
C'est sur un pied d'égalité
Que désormais nous voulons vous parler!
C'est d'égale à égale,
Entre amies, - oui,
Que désormais nous voulons nous comprendre!
Pouvoir, mères, vous dire "je t'aime"
Sans gêne et sans barrières,
Pouvoir mères, vous dire enfin "je t'aime"
En vous serrant dans nos bras!
Thérèse-Isabelle Saulnier