Cosmos! Cosmos! O déchirure de l'âme!FINITUDE
Vois ces pensées sanglantes et ces génies ployés,
Fascinés par ton regard de sphynx
Et ces portes secrètes sur tes chambres sacrées.O Finitude! Finitude!
Comme le coeur versé, doux miel,
Dans l'auge de la paix,
Comme le corps d'oiseau, lumière
Dans les vierges espaces qui portent,
Délicates et précieuses, ses ailes,
Telle eut été mon âme au sein de l'existence!
Calme pur et volatile,
Sans musique, sans silence,
Tout et rien, couleur de transparence!
Mais le mystère de l'essence bat
La mesure de l'esprit
Qui pleure et gémit aux portes du Cosmos.Car l'immense muraille des horizons terrestres
Est trouée de fenêtres en étoiles, percée
De boréales lucarnes, et de longues verrières
Y filtrent les couchants ou les soleils d'aurore.O dispersion! multiplicité vaine; le prisme
Du vitrail exfolie l'unité des couleurs,
Le cristal chasse les ombres;
Le rouge glisse et danse le rose,
Jeux de gammes: limites des teintes qui coulent en faisceaux.Comme est lourde l'existence bariolée
Soudain de l'essence. Et comme le fini
S'abat sur l'âme!O rêve! l'être s'appelle le rêve: dilatation
Des pierres jusqu'à la brisure du quartz;
Eclatement de marbre et de verre!
Cosmos dénoué par les mains tremblantes de l'homme,
Triste et terrible évasion, sans issue
Vers le réel... Car le mystère des horizons
Abolit le chaos de suprême contingence!
Claudette Fournier
une grande amie de mon adolescence