VENTS
VARIABLES
1.
Entraînée
par le souffle de l'indifférence,
La vie
coule sinueusement en un lent
Débit de
vagues à l'âme débilitant ;
Vacuité,
absence dans toute sa puissance.
Ballottée,
ramollie de cruels clapotis,
Dans un
ressentiment dur où germe l'acide,
L'expression
s'avachie, le visage aplati
Tout
contre un miroir qui ne renvoie que le vide.
Porte
grande ouverte aux indignes règlements,
Aux
interrogations, aux graves excroissances.
Vagues
solvantes de sa propre existence.
Dressé
par la force du vent, un monument :
Empilade
où on ne compte plus les suicides
Pas plus
que les nombreux délaissés apatrides.
2.
La vie
s'écoule sinueusement en un lent débit de vagues à l'âme prise dans les remous
envoient à fond la vase des bulles d'air remontent les échelles des algues
s'accrochent aux menés aux crapets-soleil aux achigans à grande bouche mangent
les petits mangent les plus petits que nous mangeons indistinctement de la
taille de la race et de la religion et évacuons dans la lie-berté alors que les
bulles restées prisonnières comptaient sur ces mêmes poissons pour voyager et
envoyer des cartes postales décrivent des paysages courbés avec des reflets
nuisibles à notre compréhension de la situation globale sur cette terre mais
surtout de la situation gloubale des poissons dans l'eau.
3.
la vie
s'écoule sinueusement en un lent débit
de vagues
à l'âme prise dans les remous
du fond
de la vase,
des
bulles d'air remontent les échelles des algues
au ventre
des poissons,
nourris
de poissons plus petits nourris de poissons
encore
plus petits,
les
écailles cueillent les bulles
mais il y
a toujours un poisson plus gros...
dans le
ventre des poissons, prisonnières,
les
bulles accrochées au ventre des poissons avalés
si
l'animal éructe,
il
libèrera les bulles ;
mais qui
a jamais entendu un poisson roter ?
si la
bête est pêchée,
quelqu'un
ingèrera les bulles mais,
pris dans
la sienne propre,
les
évacuera dans l'indifférence,
perdues
il est
préférable d'accrocher sa bulle au plus gros poisson possible,
les bulles
pourront éventuellement prendre l'air
mais,
dans la tourmente,
est-ce
qu'on peut choisir son poisson ?
4.
Un oiseau
sur sa branche
Dans la
lumière blanche.
Et son
chant au coeur m'atteint.
Oh
! Son chant au clair matin !
Tendu au
pied du bouleau,
Je
regarde tout là-haut.
Une
brindille craque.
Ses yeux
vers moi se braquent.
Je ferme
les miens bien dur.
L'oiseau
pourrait y lire
Comment
mon coeur délire
Pour ses
airs soyeux et purs.
L'oiseau
plonge, se pose,
Léger sur
mon épaule.
Puis,
d'un trille morose,
S'envole
vers un saule.
(extrait
de "Ariettes du moment - Vacuité", avril
2002)
5.
la vie se
déroule
bise des
vagues à l'âme
vent
d'indifférence
6.
le vent
de l'indifférence soulève les vagues du silence
- ondes
de choc isolantes
le vent
de l'indifférence soulève les grains de sable
-
picotement des membres engourdis
le vent
de l'indifférence soulève la foule, désagrège la personne
- masse
indiscernable, nez en l'air, front offert aux nuages
le vent
de l'indifférence soulève les différends
- destruction
de la disruption, couture des commissures
le vent
de l'indifférence soulève les problèmes
- dureté
pour le moral, contrainte à la morale
le vent
de l'indifférence soulève...
- ah, et
puis zut !