j'ai froid il reste si peu de chemins détrempés par les roues de la
pluie que le corps très haut de mon chien pénètre et des épaules si
peu de cet esprit peuplé de lampes à qui offrir dans un matin les
roues de cette pluie comme question
si peu de questions en fait
et comme une jambe se glisse sous la peur
je prends mon sac de mer
ou encore c'est vous
ma longue plainte mon lissement de soie où j'oublie de vous dire
jamais apaisée
il y a une table dont le marbre est chaud
qui me rappelle
quand vous me soignez quand l'étale
et le coeur
j'ouvre toutes mes branches avec mes cordes
et puis il faut tes sons pour me couler dehors
entendre
pas un chien
pas une pluie
tant de moments que je suis durement pliée dans l'aube froide
avec mon sac de mer sur des épaules
Non il n'y a pas de rochers sur la mer nous savoir de tendresse
déposés l'un en l'autre paisiblement comme simplement une halte je ne
sais pas comment donner ce cercle des bras sans tension et mes lèvres
qui osent reprendre souffle juste au dessous des seins les étoffes
mouillées des algues d'une couleur très noire autour des jambes un
grand livre embrassé
De tous mes murs il ne reste que toi
Et dans leurs pierres sèches roulent des âmes de maison caressées de
pieds nus sur le sol qui viennent du couloir serrés très fort contre
le cœur les traits de chair de ta présence du manque inconsolé de toi
même de toutes les barrières infranchissables vers ta poitrine même
des aciers dont tu parles et à l'intérieur sous l'ombre verte
immensément verte du plus grand arbre les marbres glacés du jardin ne
disent que tes mains chantées vers le soleil
je ne sais pas si tous ces gens qui sont à mes côtés en dansant
ont remarqué la différence entre notre lave
coulant le long des rues
et le silence immanent de la ville
c'est peut-être l'orage
qui terrasse
et donne aux goélands sur le port
une voix menaçante
******
le plus aride est la confiance
cela demande d'être nu
non pour le corps
qui aime cet état de respiration nocturne
mais pour les brumes étirées du reste
toujours environnées d'écharpe
et de texture énigmatique
je m'en sors avec de l'encre
soigneusement
sur mon poignet j'écris
qu'un amour est possible
******
le combat entre la faiblesse d'un annulaire
et trois résonances simultanées
dans un petit appartement
est inégal
figure obstinément précise
l'ordonnateur du geste
a raison de mes phalanges
elles se plient
vaguement sous les croches
Nancy promène une promesse de café
son ventre s'est arrondi
elle n'a pas encore atteint le moment du dire
******
ce soir j'ai décidé
de commencer par les épaules
et la chair du milieu
de concentrer mes forces
il est aussi bouleversant
de parvenir à la hauteur de tes cheveux
que de descendre jusqu'à terre
je te regarde
sans escale
au risque violent de mon coeur
1.
Clara
fait des yeux noirs
étalés sur la vitre
un bleu de Gênes
envoie sa boîte à notes
vers le ciel
un claquement de doigts
ensuite
on ramasse les morceaux
et sur la peau chiffonnée
d'un eucalyptus
on dort
avec un lac de violoncelle
Aujourd'hui
quelque chose a changé
elle fixe une ligne asiatique
aux deux accents
elle s'imprègne et peint toute merveille bue
leur noyau de brûlure
moi je repose la machine
à redescendre
nous plongeons
les cheveux sous la pluie
ceux-là n'ont pas besoin de joie
ni celle intense
à être simplement
derrière mon cœur
Tu sais cette nuit-là je suis montée si haut vers ton visage tant
aimé tes courts yeux clairs tes angles purs et l'intellect aigu si
fin du vulnérable un état éveillé de moi-même en quelque sorte
eh bien cet étage était vraiment supérieurement inaccessible
croire qu'il s'agissait de ma maison de la vraie de l'antre chaud de
tous mes corps relevait du chamane d'un de ces hommes dangereux
arêtes mauves traverseurs en vrai j'étais trop lisse
puis toutes ces tromperies en chemin : dans les deux aires identiques
deux maisons identiques des marches identiques deux paliers puis mon
erreur de ne jamais savoir ni cette nuit ni autrement et tu sais il y
a je l'entends sous la porte un mannequin de rire aux dents de fauve
déchirure un tissu noir une falaise un meurtre
et sur le toit de l'univers il n'y a pas de porte il est inaccessible
il ne s'en vante pas il reste là tout bête à me parler comme une
étoile ou bien ces troncs des terres rouges et j'ai de toi un tableau
nu
tes bras ouverts
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