photo : P. Packwood

 


sur les flots

 

vois-tu sur les flots

ces voiles allant au bout de l'horizon

fuyant leurs lots

peines, fardeaux et garnisons

sur toute cette eau

les vents tendent, galbent la toile

en coup de pinceau

 

vers leur shangri-la, de nouvelles étoiles

 

 

vois-tu dans le ciel

les sémaphores strient l'azur

les nuages de miel

dirigent la barre vers l'aventure

et bordent la voie

au-dessus des côtes nord et sud

que tu sortes de toi

 

des habitudes, des turpitudes

 

 

vois-tu dans l'eau

la lutte incessante pour la survie

tout y est faux

les poissons en bancs s'envient

tout ne se réduit

à remplir un ventre, l'autre ou le sien

la vie séduit

 

à moins d'avoir une biographie de chien

 

 

vois-tu sous le fleuve

le doré des rayons chauds et clairs

de la journée neuve

il ondoie son message dans la lumière

vois-tu une raison

les signes du ciel, de l'eau le disent

en douce brise

 

va vers ton horizon

 

 

 

 

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Désert

 

Nos épreuves communes dans cette traversée plient et replient la vie qui ourle la silice en dunes.

 

Enfant, je me contentais d’un carré de sable.

Adolescent, j’avais la tête enfouie dans le sable.

Jeune adulte, j’étais souvent déraisonnable.

 

Mais je me déplie dans ce désert, cet horizon à 360 degrés imprenables, imprévisibles.

 

Mon visage était couvert de hiéroglyphes étranges, de signes inconnus du lexique pyramidal.  J’ai brisé la pierre de rosette prédictible et, désormais désuète, inutile…

M’avez-vous regardé depuis la pelle en plastique et les petites autos…?

 

Ce monde entre mes deux oreilles, derrière mes yeux, qui vous était inconnu, je peux maintenant le dire, l’écrire, le crier au besoin!  Je vous l’offre.  N’interprétez plus, de grâce… Écoutez…

M’avez-vous écouté depuis ma réponse cœur et âme à cet appel de la sirène de silicone…?

 

J’ai changé.  Votre œil exercé par des décennies indiscernables ne voit encore que l’enfant aux genoux pleins de sable, l’adolescent rêveur et replié sur lui ou le pitonneux indécrottable.

J’ai changé assez pour frotter mes genoux, déplier l’origami dans ma tête et ne pitonner que mon âme.

J’ai changé.  M’aimez-vous encore…?

 

Vous avez changé.  Et je vous aime toujours, tous, sans condition et sans limite, autant qu’il y a de grains de sable dans tous les déserts et les carrés de sable de la Terre.

 

Nos épreuves communes dans cette traversée plient et replient la vie qui ourle la silice en dunes.

Je franchis un erg.  Je vous tends la main.  Vite!  La vie, le sable meuble, coule et s’écroule sous nos pieds.  Vite!  Le prochain monticule nous attend!

 

 

 

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