sur les flots
vois-tu sur les
flots
ces voiles allant
au bout de l'horizon
fuyant leurs lots
peines, fardeaux
et garnisons
sur toute cette
eau
les vents tendent,
galbent la toile
en coup de pinceau
vers leur
shangri-la, de nouvelles étoiles
vois-tu dans le
ciel
les sémaphores
strient l'azur
les nuages de miel
dirigent la barre
vers l'aventure
et bordent la voie
au-dessus des
côtes nord et sud
que tu sortes de
toi
des habitudes, des
turpitudes
vois-tu dans l'eau
la lutte
incessante pour la survie
tout y est faux
les poissons en
bancs s'envient
tout ne se réduit
à remplir un
ventre, l'autre ou le sien
la vie séduit
à moins d'avoir
une biographie de chien
vois-tu sous le
fleuve
le doré des rayons
chauds et clairs
de la journée
neuve
il ondoie son
message dans la lumière
vois-tu une raison
les signes du
ciel, de l'eau le disent
en douce brise
va vers ton
horizon

Nos épreuves
communes dans cette traversée plient et replient la vie qui ourle la silice en
dunes.
Enfant, je me
contentais d’un carré de sable.
Adolescent,
j’avais la tête enfouie dans le sable.
Jeune adulte, j’étais
souvent déraisonnable.
Mais je me déplie
dans ce désert, cet horizon à 360 degrés imprenables, imprévisibles.
Mon visage était
couvert de hiéroglyphes étranges, de signes inconnus du lexique pyramidal. J’ai brisé la pierre de rosette prédictible
et, désormais désuète, inutile…
M’avez-vous
regardé depuis la pelle en plastique et les petites autos…?
Ce monde entre mes
deux oreilles, derrière mes yeux, qui vous était inconnu, je peux maintenant le
dire, l’écrire, le crier au besoin! Je
vous l’offre. N’interprétez plus, de
grâce… Écoutez…
M’avez-vous écouté
depuis ma réponse cœur et âme à cet appel de la sirène de silicone…?
J’ai changé. Votre œil exercé par des décennies
indiscernables ne voit encore que l’enfant aux genoux pleins de sable, l’adolescent
rêveur et replié sur lui ou le pitonneux indécrottable.
J’ai changé assez
pour frotter mes genoux, déplier l’origami dans ma tête et ne pitonner que mon
âme.
J’ai changé. M’aimez-vous encore…?
Vous avez
changé. Et je vous aime toujours, tous,
sans condition et sans limite, autant qu’il y a de grains de sable dans tous
les déserts et les carrés de sable de la Terre.
Nos épreuves
communes dans cette traversée plient et replient la vie qui ourle la silice en
dunes.
Je franchis un
erg. Je vous tends la main. Vite!
La vie, le sable meuble, coule et s’écroule sous nos pieds. Vite!
Le prochain monticule nous attend!
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