Né à L’Assomption au tournant des années
70, j’ai grandi dans cette ville. Je l’ai vu se transformer
au fil du temps pour le meilleur ou pour le pire. Je me rappelle du dynamisme économique
qu’elle possédait. Jetons un petit regard sur le passé ...
Rappelez-vous les pharmacies Gagnon et Payette, les bijouteries Amstrong
et Rose, les trois concessionnaires automobiles (Dodge, Ford, GM) qui
bordaient le boulevard L’Ange-Gardien, les épiceries Marché Richelieu
et Marché Vézina, sans compter les commerces récemment
fermés : de nombreux restaurants, six boutiques cadeaux, deux
clubs vidéo, Librairie L’Embellivre, Location d’outils
L’Assomption, Quincaillerie Renaud et la surprenante fermeture
du supermarché Métro, ce qui fait du IGA le seul supermarché pour
une ville de 16 000 h. Du jamais vu pour une ville située dans
une zone que l’on dit en pleine croissance. Finalement nous nous
retrouvons dans une ville amputée de plusieurs services, une ville
qui a vu une cinquantaine de commerces fermés depuis 15 ans et
une ville où on n’y retrouve aucune agence de voyage, boulangerie,
librairie, etc.
L’arrivée du Théâtre Hector-Charland a profondément
changé le visage de notre ville. Nous vivons un virage économique
de plus en plus axé sur la culture, une industrie souvent déficitaire.
Par exemple, cette année on a versé près de 100
000$ en subvention au théâtre, payé par les contribuables
de la ville. De plus, cette industrie favorise plutôt la restauration,
un secteur de faible création d’emploi et peu rémunérateur.
Il n’est donc pas souhaitable de baser une économie sur
la restauration. Avons-nous abandonné le secteur commercial et
industriel au profit du divertissement ? Avons-nous abandonné le
combat contre la MRC des Moulins et ses grandes surfaces ? L’administration
municipale a t’elle commise une erreur en utilisant la culture
comme principal levier de notre économie ?
Sans abandonner le domaine culturel, serait-il profitable
de mettre plus d’effort sur le développement industriel et commercial
? Cela favoriserait l’arrivé de nouveaux résidents
pour atteindre un taux de croissance démographique plus acceptable.
Il faut se rappeler que L’Assomption n’a eu qu’une
croissance de 2,5% depuis 1996, comparativement à 12,7% pour Lavaltrie,
11,3% pour Terrebonne, 8,9% pour Mascouche, 7,9% pour la Paroisse de
L’Épiphanie, 3,7% pour Repentigny et 2,9% pour la Ville
de L’Épiphanie. De plus, la croissance a été de
8,7% pour la Rive-Nord de Montréal et de 3,2% pour le Québec
en général. L’Assomption n’a pas su profiter
de la forte et exceptionnelle croissance des mises en chantier au Québec,
ce qui aurait diminué le fardeau fiscal de ses citoyens. À noter
qu’il s’est construit en 2003 plus de 1300 maisons neuves à Terrebonne
et environ 250 maisons à Repentigny, contrairement à L’Assomption
qui en a eu seulement 40. C’est peut-être une des raisons
pourquoi L’Assomption a connu une augmentation de taxes de presque
40% en 5 ans. Le taux de taxation résidentielle en 2004 a atteint
1,39$/100$, ce qui est nettement plus élevé qu’à Repentigny
(1,14$/100$), et autres villes de la Rive-Nord de Montréal. Est-il
normal de payer autant de taxes qu'à Terrebonne, qui est pourtant
la métropole de la région de Lanaudière avec ses
85 000 habitants ?
Finalement, le virage culturel est-il vraiment la bonne
alternative pour combattre l’essoufflement de notre économie
locale et devons nous continuer d’avoir la culture comme principal
levier économique
? Sur ce, je vous laisse sur ses grandes questions qui demandent le temps
que l’on si attarde.
Stéphane Kenny, L’Assomption
Homme d'affaire
Propriétaire de La Maison du Progrès
Administrateur de Fort L'Assomption
Secrétaire de Télévision Rive-Nord
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