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COMUNICADO
À EQUIPE DA CARCASSE: Estou publicando
isto aqui unicamente porque o verbete “vampires” do Dictionaire Philosophique
(1764) não possui as notas de rodapé que só aparecem na primeira edição
da Enciclopédia (a partir da segunda edição elas foram excluídas).
Impressionou-me sobremaneira o fato de que uma destas notas contém uma
cópia do documento que De Marcilly, em nome da Sorbone, enviou a Dom
Calmet autorizando a publicação do “Tratado das Aparições”. Enfim, eu
espero sinceramente que me perdoem por ainda achar que essas anotações
extra são importantes e crer que não prejudico o trabalho de ninguém
divulgando em mais uma página o mesmo texto de domínio público que pode
ser baixado livremente da biblioteca virtual SHROUDEATER
sobre a qual nenhum de nós tem o menor controle. Enfim, se Rob Brautigam
não irá manter o principal em segredo eu francamente não vejo porque
deveria calar-me para sempre sobre as notas acessórias que vocês, amigos,
nunca quiseram usar para nada. No mais, não creio que nenhum leitor
vá deixar de preferir a excelente tradução de Luciana Pelliciari publicada
no livro VOIVODE a este original francês ininteligível para a grande
maioria dos brasileiros. Eu espero sinceramente que o conhecimento do
original incite o interesse do público pela tradução e venha a buscar
por esta. Obrigado pela compreensão. – Shirlei Massapust. |
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Vampires[1] "Quoi ! c'est dans notre dix-huitième
siècle qu'il y a eu des vampires ! C'est après le règne des Locke, des
Shaftesbury, des Trenchard, des Colins; c'est sous le règne des d'Alembert,
des Diderot, des Saint-Lambert, des Duclos, qu'on a cru aux vampires;
et que le révérend père dom Augustin Calmet, prêtre, bénédictin de
la congrégation de Saint-Vannes et de Saint-Hidulphe, abbé de Sénone,
abbaye de cent mille livres de rentes, voisine de deux abbayes du
même revenu, a imprimé et réimprimé l'histoire des vampires avec l'approbation
de la Sorbonne, signée Marcilly[2]! Ces vampires étaient des morts qui sortaient la nuit de leurs cimetières pour venir sucer le sang des vivans, soit à la gorge ou au ventre, après quoi ils allaient se remettre dans leur fosses. Les vivans sucés maigrissaient, pâlissaient, tombaient en consomption, et les mors suceurs engraissaient, prenaient des couleurs vermeilles, étaient tout-à-fait appétissans. C'était en Pologne, en Hongrie, en Silésie, en Moravie, en Autriche, en Lorraine, que les morts fesaient cette bonne chère. On n'entendait point parler des vampires à Londres, ni même à Paris. J'avoue que dans ces deux villes il y eut des agioteurs, des traitans, des gens d'affaires, qui sucèrent en plein jour le sang du peuple, mais ils n'étaient point morts, quoique corrompus. Ces suceurs véritables ne demeuraient pas dans des cimetières, mais dans des palais fort agréables. Qui croirait que la mode des vampires nous vint de la Grèce ? Ce n'est pas de la Grèce d'Alexandre, d'Aristote, de Platon, d'Epicure, de Démosthènes, mais de la Grèce chrétienne, malheureusement schismatique. Depuis long-temps les chrétiens du rite greg s'imaginent que les corps des chrétiens du rite latin, enterrés en Grèce ne pourissent point; parce qu'ils sont excommuniés. C'est précisément le contraire de nous autres chrétiens du rite latin. Nous croyons que les corps qui ne se corrompent point sont marqués du sceau de la béatitude éternelle. Et dès qu'on a payé cent mille écus à Rome pour leur faire donner un brevet de saints, nous les adorons de l'adoration de dulie. Les
Grecs sont persuadés que ses morts sont sorciers; ils les appellent
broucolacas ou vroucolacas, selon qu'ils prononcent
la seconde lettre de l'alphabet. Ces morts gregs vont dans les maisons
sucer le sang des petits enfans, manger le souper de pères et mères,
boire leur vin et casser tous les meubles. On ne peut les mettre à la raison qu'en les brûlant,
quand on les attrape. Mais il faut avoir la précaution de ne les mettre
au feu qu'après leur avoir arraché le coeur que l'on brûle à part. Le célèbre Tournefort, envoyé dans
le Levant par Louis XIV, ainsi que tant d'autres virtuoses, fut témoin
de tous les tours attribués à un de ces broucolacas, et de cette cérémonie. Après la médisance, rien ne se
communique plus promptement que la superstition, le fanatisme, le
sortilége, et les contes des revenans. Il y eut des broucolacas en
Valachie, en Moldavie, et bientôt chez les Polonais, lesquels sont
du rite romain. Cette superstition leur manquait; elle
alla dans l'orient de l'Allemagne. On n'entendit plus parler que des
vampires depuis 1730 jusqu'en 1735; on les guetta, on leur arracha
le coeur, et on les brûla: ils ressemblaient aux anciens martyrs;
plus on en brûlait, plus il s'en trouvait. Calmet enfin devint leur historiographe,
et traita les vampires comme il avait traité l'ancien et le nouveau
Testament, en rapportant fidèlement tout ce qui avait été dit avant
lui. C'est une chose à mon gré très-curieuse,
que les procès-verbaux faits juridiquement concernant tous les morts
qui étaient sortis de leur tombeaux pour venir sucer les petits garçons
et les petites filles de leur voisinage. Calmet rapporte qu'en Hongrie
deux officiers Délégués par l'empereur Charles VI, assistés du bailli
du lieu et du bourreau, allèrent faire enquête d'un vampire mort depuis
six semaines, qui suçait tout le voisinage. On le trouva dans sa bière
frais, gaillard, les yeux ouverts et demandant à manger. Le bailli rendit sa sentence. Le bourreau arracha le coeur et le brûla;
après quoi le vampire ne mangea plus. Qu'on ose douter après cela des
morts ressuscité, dont nos anciennes légendes sont remplies, et de
tous les miracles rapportés par Bollandus, et par le sincère et révérend
dom Ruinart! Vous trouverez des histoires de
vampires jusque dans les lettres juives de ce d'Argens que les jésuites,
auteurs du journal de Trevoux, ont accusé de ne rien croire. Il faut
voir comme ils triomphèrent de l'histoire du vampire de Hongrie; comme
ils remerciaient Dieu et la Vierge d'avoir enfin converti ce pauvre
d'Argens, chambellan d'un roi qui ne croyait point aux vampires. Voilà donc, disaient-ils, ce fameux
incrédule qui a osé jeter des doutes sur l'apparition de l'ange à
la Sainte-Vierge; sur l'étoile qui conduisit les mages; sur la guérison
des possédés; sur la submersion de deux mille cochons dans un lac;
sur une éclipse de soleil en pleine lune; sur la résurrection des
morts qui se promenèrent dans Jérusalem : son coeur s'est amolli,
son esprit s'est éclairé, il croit aux vampires. Il ne fut plus question alors que d'examiner si tous les morts étaient ressuscités par leur propre vertu, ou par la puissance de Dieu, ou par celle du Diable. Plusieurs grands théologiens de Lorraine, de Moravie et de Hongrie, étalèrent leurs opinions et leur science. On rapporta tout ce que Saint-Augustin, Saint-Ambroise et tant d'autres saints avaient dit de plus inintelligible sur les vivans et sur les morts. On rapporta les miracles de Saint-Etienne qu'on trouve au septième livre des oeuvres de Saint-Augustin; voici un des plus curieux. Un jeune homme fut écrasé dans la ville d'Aubzal en Afrique, sous les ruines d'une muraille; la veuve alla sur-le-champ invoquer Saint-Etienne, à qui elle était très-dévote. Saint Etienne le ressuscita. On lui demanda ce qu'il avait vu dans l'autre monde. Messieurs, dit-il, quand mon ame eut quitté mon corps, elle rencontra une infinité d'ames qui lui fessaient, plus de questions sur ce monde-ci que vous ne m'en faites sur l'autre. J'allais je ne sais où, lorsque j'ai rencontré Saint-Etienne qui m'a dit : Rendez ce que vous avez reçu. Je lui a répondu : Que voulez-vous que je vous rende, vous ne m'avez jamais rien donné ? Il m'a répété trois fois : Rendez ce que vous avez reçu. Alors j'ai compris qu'il voulait parler du credo. Je lui ai récité mon credo, et soudain il m'a ressuscité. On cita surtout les histoires rapportées par Sulpice Sévère dans la vie de Saint-Martin. On prouva que Saint-Martin avait entre autres ressuscité un damné. Mais
toutes ces histoires, quelque vraies qu'elles puissent être, n'avaient
rien de commun avec les vampires qui allaient sucer le sang de leurs
voisins, et venaient ensuite se replacer dans leur bières. On chercha si on ne trouvait pas dans l'ancien Testament ou dans la mythologie
quelque vampire qu'on pût donner pour exemple; on n'en trouva point.
Mais il fut prouvé que les morts buvaient et mangeaient, puisque chez
tant de nations anciennes on mettait des vivres sur leurs tombeaux. La difficulté était de savoir si c'était
l'ame ou le corps du mort qui mangeait. Il fut décidé que c'était
l'un et l'autre. Les mets délicats et peu substantiels, comme les
méringues, la crême fouettée, et les fruits fondans, étaient pour
l'ame; les rost-bif étaient pour le corps. Les rois de Perse furent, dit-on, les premiers qui se firent servir à manger après leur mort. Presque tous les rois d'aujourd'hui les imitent; mais ce sont les moines qui mangent leur dîner et leur souper, et qui boivent le vin. Ainsi les rois ne sont pas, à proprement parler des vampires. Les vrais vampires sont les moines qui mangent aux dépens des rois et des peuples. Il est bien vrai que Saint-Stanislas1, qui avait acheté une terre considérable d'un gentilhomme polonais, et qui ne l'avait point payée, étant poursuivi devant le roi Boleslas par les héritiers, ressuscita le gentilhomme; mais ce fut uniquement pour se faire donner quittance. Et il n'est point dit qu'il ait donné seulement un pot de vin au vendeur, lequel s'en retourna dans l'autre monde sans avoir ni bu ni mangé. On agite ensuite la grande question,
si l'on peut absoudre un vampire qui est mort excommunié. Cela va
plus au fait. Je ne suis pas assez profond dans
la théologie pour dire mon avis sur cet article; mais je serais volontiers
pour l'absolution, parce que dans toutes les affaires douteuses, il
faut toujours prendre le parti le plus doux. Odia restringenda, favores ampliandi. Le résultat de tout ceci est qu'une
grande partie de l'Europe a été infestée de vampires pendant cinq
ou six ans, et qu'il n'y en a plus; que nous avons eu des convulsionnaires
en France, pendant plus de vingt ans, et qu'il n'y en a plus; que
nous avons eu des possédés pendant dix-sept ans, et qu'il n'y en a
plus; qu'on a toujours ressuscité des morts depuis Hippolyte et qu'on
n'en ressuscite plus; que nous avons eu des jésuites en Espagne, en
Portugal, en France, dans les Deux-Siciles, et que nous n'en avons
plus." [1] Questions sur l' Encyclopédie,
neuviéme partie 1772 (B) [2] Le livre de dom Calmet est intitule Dissertation sur les apparitions
des anges, des démons et des esprits, et sur les revenants et vampires
de Hongrie, de Bohéme, de Moravie et Silésie. (Paris, 1746, in-12). L' approbation est ainsi,
conçue: «Jai lu par odre de monseigneurs le chancelier un manuscrit Qui apour titre: Dissertations sur le apparitions des anges, des demons et des espirits, et sur le revenants et vampires. Cette matiere demantoit de la recherche et de la critique. L' auteur, si connu dans la république des lettres, paroit n'avoir traite. Ses sages réflexions prouveront également as judicieuse critique. Elle mettra sans pyrrhonism dangereux Qui porte à douter de tout. «En Sorbonne, le 16 decembre 1745.» «De Marcilly.» 1 Ce
saint Stanislas fut é véque de Cracovie au XI siécle; né en 1030,
il fut exécuté en 1079, et canonisé en 1253. |