Bribes.

Mes peurs, mes doutes, mes haines, mes déceptions, mes hontes, ce que j’ai découvert lors de mes études et que mes rêves d’adolescent n’avaient pas prévu.

Les dépenses de santé
La vie du patient au quotidien
Les patients des urgences et leur misère, leur enfer, chaque jour
Le salaire des soignants, qu’ils soient médecin, infirmière, aide-soignante…
Le manque d’infirmières, chronique, prévisible depuis longtemps, prévu par les statistiques, mais jamais envisagé…
Le manque de médecins, chronique, prévisible depuis longtemps, prévu par les statistiques, mais jamais envisagé…
L’attente dans les services d’urgence
L’attente avant d’avoir une consultation chez un spécialiste
Certains professeurs qui paradent devant les caméras
La paie des étudiants, de leurs gardes et de leurs matinées au CHU.
La contrainte imposée aux carabins : les heures passées dans les amphithéâtres, à la bibliothèque, à leur bureau, dans les salle de travaux dirigés ; au lieu de passer ces mêmes heures dans les chambres des malades, dans les couloirs des hôpitaux, en garde au contact de la misère, dans la rue au contact des blessés, ces traumatisés de l’extérieur
Les étudiants qui sèchent les cours
Les étudiants qui sèchent les stages
Les étudiants qui rédigent au lieu d’observer .Qui tournent les pages au lieu de palper.
L’importation d’infirmières, de médecins, espagnols, roumains, libanais, algériens, russes, hongrois pour palier au manque de personnel dans les hôpitaux de France.
Parce que l’on a pas envisagé ce qui était prévu, ce qui se disait tout bas, et pas dans les journaux.
Le manque de médecins en France où les étudiants ont à passer deux concours pour devenir médecin
En France où les infirmières ont à passer un concours avant de devenir des infirmières. Et où il manque tant d’infirmières.
C’est tellement plus facile et moins cher de ne pas nous former et de se fournir dans les pays étrangers. Ces pays étrangers plus misérables que la France : où les gens sont plus miséreux, où les gens ont d’avantage besoin de soutien et de soin . Ces pays où les médecins sont vraiment mois payés que dans notre pays. Qui sont heureux de venir en France, parce que même sous-payés par les hôpitaux, il le sont d’avantage que dans leur pays. Ils abandonnent leur misère à eux pour venir soulager la notre.
Les aides-soignantes qui font le boulot d’ASH.
Les enfants malades de vivre avec des parents qui n’en sont pas, ou plus, ou qui n’auraient pas du l’être.
Maxime, nouveau-né. Maman a dix-neuf ans : un avortement à treize ans, une fausse couche à quinze ; un enfant à seize, d’un premier père, enfant placé dans une famille d’accueil ;un second à dix sept ans et demi, d’un second père, enfant placé dans une autre famille d’accueil ; un troisième enfant, Maxime, d’un troisième père. Bébé est gravement malade du cœur - transposition des gros vaisseaux -  opéré. Hospitalisé. Maman quitte papa pour partir soudainement en vacances – à Ibiza – avec un autre homme. Pas de nouvelle d’elle. Elle n’appelle pas pour prendre des nouvelles de Maxime. Papa, sans travail, dans un  appartement insalubre selon l’aide à l’enfance. Bébé doit bientôt sortir. Papa appelle le procureur pour avoir la garde. Maman partie, revient – tout sourire- la main de papa dans la sienne. Réconciliation. Retour à domicile. Bébé revient. Maman repartie. Que faire de Maxime ?
La cigarette pour payé les dépenses de santé qui paie les trente-cinq heures
Les trente cinq heures
Les fonctionnaires et la sécurité sociale.
Les indemnités de chômage et le manque de main d’œuvre dans tous les milieux.
L’interdiction de donner un antalgique a un patient qui présente une péritonite, avant qu’il soit vu par l’externe, puis l’interne, avant qu’il ait eu un ASP, un scanner, pour qu’enfin quand le senior de garde l’examine enfin, les antalgiques n’aient pas masqué la symptomatologie.
L’alcool
La mort
Les souvenirs de gardes difficiles qui collent à la peau
 La division pour mieux régner
 Des médecins non solidaires
Les généralistes et les spécialistes
Les grèves du milieu médical qui ne rassemblent pas tous les médecins, pas toutes les infirmières
Le plan Juppé
Le plan Aubry
Les malades imaginaires
Les vrais malades
L’internat
La mise à mort programmé du secteur privé
Les génériques, il n’y a pas cent cinquante laboratoires pharmaceutiques dans le monde, à fortiori en France, le prix des médicament est fixé par l’agence du médicament, orchestré par le même gouvernement que celui qui tape sur les doigts des médecins qui prescrivent des médicaments trop chers
Les médecins-conseils
Le silence des hôpitaux la nuit
Le nivellement par le bas de la population pour mieux tout contrôler
Le drame des transfusés par les politiques et leurs fausses économies et leur silence et leur conscience silencieuse ou tue par la corruption
Les professeurs qui ne passent plus de temps auprès de leur malade car réunion, car articles, car gestion,  car études.
Ces mêmes professeurs qui officient dans les amphithéâtres et qui sont si loin du quotidien du soignant
Les faux nouveaux médicaments et le mensonge de ceux qui les présentent.
L’odeur du sang mélangée à celle de l’alcool.
Le travail immense des policiers non respectés, sous payés, maltraités
Les cités et leurs dégâts corporels
Les écorchés vifs
La violence des malades
La violence des médecins
La violence des médicaments
La violence à soi-même pour taire sa propre douleur quand le malade hurle de la sienne.
L’hypocrisie des révoltés
Les non révoltés hypocrites
Les farines animales
Le moment où l’on doit ingurgiter les cours de médecine, les digérer, les recracher, à l’instant où l’on faibli, où l’on fatigue …
La haine de celui qui a blessé, du violent
La peur de sa propre haine quand on est face à eux, ces particuliers, ces non-respectueux, ces menteurs, ces sans-amour, ces provocateurs
Les RMO
Les visites professorales où l’on entre à quinze dans la chambre d’un patient. Qu’on le regarde comme une bête curieuse. Que chacun pose une question à lui, le patient – seul ; que chacun lui palpe le ventre, - à tour de rôle et sans agitation s’il vous plaît, par respect pour le patient. Les larmes à l’annonce du diagnostic, puis du pronostic, qui rappellent les larmes à l’interrogatoire lors que le patient a avoué son homosexualité, sa toxicomanie, son alcoolisme, se rapports non protégés, son goût pour la bonne chaire – dans le secret professionnel de quinze blouses blanches.
L’ironie.
L’envie d’une cigarette quand le paquet est vide et qu’il reste trois heures de garde, ou qu’il est deux heures du matin
L’absence de séance de ciné à deux heures du matin quand on a terminé de lire/apprendre/rabâcher/ingurgiter/recracher – encore - ses cours.
Le sommeil qui vient pas quand la fatigue est trop lourde, trop présente.
Le sommeil qui vient à l’heure de l’examen, à l’heure de l’opération, à l’heure de la décision importante
Le regard des infirmières à l’arrivée des nouveaux externes. Leur étonnement quand l’un d’eux propose de les aider ou les aide sans qu’elles n’aient à réclamer.
L’ambulance du SMUR dévalisée au cours d’une intervention.
Les pneus crevés de la grande échelle pendant que des pompiers combattent les flammes.
Bernard Kouchner.
Droite. Gauche.
Les moqueries bêtes et méchantes du chirurgien qui opère sous anesthésie générale la femme de (- avant d’aller faire des courbettes en salle de réveil à la femme de -) Monsieur le Député Maire.
J’ai besoin « d’un genou » pour mon études sur les lésions du ménisque : si « une douleur des membres inférieurs » arrive vous m’appeler immédiatement. Et « la pauvre entorse bénigne du genou » qui débarque quand le faiseur d’études lui annonce la nécessité absolue d’opérer rapidement. Mais n’ayez crainte, il n’y aura pas de séquelles. (Faut bien qu’ils se forment, les chefs de clinique)
Appeler les patients par leur numéro de chambre ou leur diagnostic
Le nom des maladies qui est celui des médecins qui l’ont découvert et non celui des patients qui les ont (sup)portées.
Quatre mois comme externe dans un service de chirurgie digestive. Au staff. Au bloc. En consultation. Dans le service. Au contact des internes, des chefs, des praticiens, des patrons. A la fin du stage, l’un des patrons de ce service est de garde aux urgences. Appelé par l’externe en question pour une péritonite, descend, décide d’opérer. A besoin de l’externe. Un fois au bloc dialogue entre le patron et l’externe. « Vous vous débrouillez bien jeune homme. – Merci, Monsieur. – Vous avez déjà fait des stages en chirurgie ? – Euh (étonnement) oui ! – Ah, et où, s’il vous plaît ? – Presque quatre mois dans votre propre service. – Silence.
 

Mais il y a d’autres réalités belles à pleurer

Les souvenirs de gardes difficiles qui collent à la peau
 L’accouchement
 Les femmes
 Les femmes qui allaitent
 Donner la vie
Sourire. Le donner .Le recevoir.
Merci.
Certains cours. Certains professeurs.
Le secourisme
Le jour
Transmettre son savoir
Recevoir des connaissances
Se sentir utile ; être utile.
La mort qui soulage
Laver un patient qui ne le peut plus et qui sent bon après.
Les hommes
Un papa. Une maman.
Les amoureux
L’extubation
L’insolite
La nuit
Avoir franchi toutes ces étapes sans trop de dommage jusque-là
Aimer ; être aimé
Le silence des hôpitaux la nuit
La maladie de Sachs
Apprendre
L’espoir de réussir et de franchir ces choses de la vie avec parfois le sentiment d’être invincible, ou modeste
L’humilité
Celui qui se réveille pour un instant, un instant seulement, le temps de dire au revoir à ceux qu’il a aimé, avant de repartir pour un dernier sommeil …
Les vieux qui parlent de « dans le temps », un sourire à peine visible sur leur visage ridé, une larme scintillante au coin des yeux.
Les souvenirs peropératoires de la femme de Monsieur le Député Maire opérée par le chirurgien moqueur. L’entrée collégiale du chirurgien moqueur et des internes en salle de réveil, et son désarroi au moment des premières courbettes lorsque la femme de Monsieur le Député Maire lui répète les mots prononcés pendant l’intervention.
Les sorties de garde le dimanche matin, quand le soleil vient se mêler au sommeil sur nos yeux enfermés depuis vingt-quatre heures, et que nous rentrons, fourbus mais heureux, prendre un petit déjeuner dans une boulangerie parfumée, avant de rentrer chacun de notre coté prendre un peu de sommeil au jour qui se lève.
La complicité entre certains étudiants.
La main d’une amie sur mes épaules.
Etre reconnu dans la rue par une infirmière du service.
Etre reconnu dans la rue par un patient qui passe.
Maxime. Maxime le sourire. Maxime qui tend les bras. Le besoin d’amour de Maxime. Maxime le préféré. Maxime à la table des infirmières lors des transmission. Maxime le malheureux qu’on voudrait adopter.
L’urgence et son tresse. La réanimation et sa technique.
Le SAMU
Les infirmières de réanimation – Marie- et toutes les infirmières.
Les besoins de piano, insolites au cours d’une intervention chirurgicale quand on tient les écarteurs.
Retrouver des collègues, internes, chefs, infirmières en dehors de l’hôpital.
 
 

                                                                          B.
 
 

        Les réactions : Grégoire
Boris

 
  Accueil                                                                Sommmaire
Les autres témoignages
 
Vous voulez proposer un texte ? ou réagir à l'un de cette liste ?
[email protected]

 
 
Hosted by www.Geocities.ws

bribes
Bribes.

Mes peurs, mes doutes, mes haines, mes déceptions, mes hontes, ce que j’ai découvert lors de mes études et que mes rêves d’adolescent n’avaient pas prévu.

Les dépenses de santé
La vie du patient au quotidien
Les patients des urgences et leur misère, leur enfer, chaque jour
Le salaire des soignants, qu’ils soient médecin, infirmière, aide-soignante…
Le manque d’infirmières, chronique, prévisible depuis longtemps, prévu par les statistiques, mais jamais envisagé…
Le manque de médecins, chronique, prévisible depuis longtemps, prévu par les statistiques, mais jamais envisagé…
L’attente dans les services d’urgence
L’attente avant d’avoir une consultation chez un spécialiste
Certains professeurs qui paradent devant les caméras
La paie des étudiants, de leurs gardes et de leurs matinées au CHU.
La contrainte imposée aux carabins : les heures passées dans les amphithéâtres, à la bibliothèque, à leur bureau, dans les salle de travaux dirigés ; au lieu de passer ces mêmes heures dans les chambres des malades, dans les couloirs des hôpitaux, en garde au contact de la misère, dans la rue au contact des blessés, ces traumatisés de l’extérieur
Les étudiants qui sèchent les cours
Les étudiants qui sèchent les stages
Les étudiants qui rédigent au lieu d’observer .Qui tournent les pages au lieu de palper.
L’importation d’infirmières, de médecins, espagnols, roumains, libanais, algériens, russes, hongrois pour palier au manque de personnel dans les hôpitaux de France.
Parce que l’on a pas envisagé ce qui était prévu, ce qui se disait tout bas, et pas dans les journaux.
Le manque de médecins en France où les étudiants ont à passer deux concours pour devenir médecin
En France où les infirmières ont à passer un concours avant de devenir des infirmières. Et où il manque tant d’infirmières.
C’est tellement plus facile et moins cher de ne pas nous former et de se fournir dans les pays étrangers. Ces pays étrangers plus misérables que la France : où les gens sont plus miséreux, où les gens ont d’avantage besoin de soutien et de soin . Ces pays où les médecins sont vraiment mois payés que dans notre pays. Qui sont heureux de venir en France, parce que même sous-payés par les hôpitaux, il le sont d’avantage que dans leur pays. Ils abandonnent leur misère à eux pour venir soulager la notre.
Les aides-soignantes qui font le boulot d’ASH.
Les enfants malades de vivre avec des parents qui n’en sont pas, ou plus, ou qui n’auraient pas du l’être.
Maxime, nouveau-né. Maman a dix-neuf ans : un avortement à treize ans, une fausse couche à quinze ; un enfant à seize, d’un premier père, enfant placé dans une famille d’accueil ;un second à dix sept ans et demi, d’un second père, enfant placé dans une autre famille d’accueil ; un troisième enfant, Maxime, d’un troisième père. Bébé est gravement malade du cœur - transposition des gros vaisseaux -  opéré. Hospitalisé. Maman quitte papa pour partir soudainement en vacances – à Ibiza – avec un autre homme. Pas de nouvelle d’elle. Elle n’appelle pas pour prendre des nouvelles de Maxime. Papa, sans travail, dans un  appartement insalubre selon l’aide à l’enfance. Bébé doit bientôt sortir. Papa appelle le procureur pour avoir la garde. Maman partie, revient – tout sourire- la main de papa dans la sienne. Réconciliation. Retour à domicile. Bébé revient. Maman repartie. Que faire de Maxime ?
La cigarette pour payé les dépenses de santé qui paie les trente-cinq heures
Les trente cinq heures
Les fonctionnaires et la sécurité sociale.
Les indemnités de chômage et le manque de main d’œuvre dans tous les milieux.
L’interdiction de donner un antalgique a un patient qui présente une péritonite, avant qu’il soit vu par l’externe, puis l’interne, avant qu’il ait eu un ASP, un scanner, pour qu’enfin quand le senior de garde l’examine enfin, les antalgiques n’aient pas masqué la symptomatologie.
L’alcool
La mort
Les souvenirs de gardes difficiles qui collent à la peau
 La division pour mieux régner
 Des médecins non solidaires
Les généralistes et les spécialistes
Les grèves du milieu médical qui ne rassemblent pas tous les médecins, pas toutes les infirmières
Le plan Juppé
Le plan Aubry
Les malades imaginaires
Les vrais malades
L’internat
La mise à mort programmé du secteur privé
Les génériques, il n’y a pas cent cinquante laboratoires pharmaceutiques dans le monde, à fortiori en France, le prix des médicament est fixé par l’agence du médicament, orchestré par le même gouvernement que celui qui tape sur les doigts des médecins qui prescrivent des médicaments trop chers
Les médecins-conseils
Le silence des hôpitaux la nuit
Le nivellement par le bas de la population pour mieux tout contrôler
Le drame des transfusés par les politiques et leurs fausses économies et leur silence et leur conscience silencieuse ou tue par la corruption
Les professeurs qui ne passent plus de temps auprès de leur malade car réunion, car articles, car gestion,  car études.
Ces mêmes professeurs qui officient dans les amphithéâtres et qui sont si loin du quotidien du soignant
Les faux nouveaux médicaments et le mensonge de ceux qui les présentent.
L’odeur du sang mélangée à celle de l’alcool.
Le travail immense des policiers non respectés, sous payés, maltraités
Les cités et leurs dégâts corporels
Les écorchés vifs
La violence des malades
La violence des médecins
La violence des médicaments
La violence à soi-même pour taire sa propre douleur quand le malade hurle de la sienne.
L’hypocrisie des révoltés
Les non révoltés hypocrites
Les farines animales
Le moment où l’on doit ingurgiter les cours de médecine, les digérer, les recracher, à l’instant où l’on faibli, où l’on fatigue …
La haine de celui qui a blessé, du violent
La peur de sa propre haine quand on est face à eux, ces particuliers, ces non-respectueux, ces menteurs, ces sans-amour, ces provocateurs
Les RMO
Les visites professorales où l’on entre à quinze dans la chambre d’un patient. Qu’on le regarde comme une bête curieuse. Que chacun pose une question à lui, le patient – seul ; que chacun lui palpe le ventre, - à tour de rôle et sans agitation s’il vous plaît, par respect pour le patient. Les larmes à l’annonce du diagnostic, puis du pronostic, qui rappellent les larmes à l’interrogatoire lors que le patient a avoué son homosexualité, sa toxicomanie, son alcoolisme, se rapports non protégés, son goût pour la bonne chaire – dans le secret professionnel de quinze blouses blanches.
L’ironie.
L’envie d’une cigarette quand le paquet est vide et qu’il reste trois heures de garde, ou qu’il est deux heures du matin
L’absence de séance de ciné à deux heures du matin quand on a terminé de lire/apprendre/rabâcher/ingurgiter/recracher – encore - ses cours.
Le sommeil qui vient pas quand la fatigue est trop lourde, trop présente.
Le sommeil qui vient à l’heure de l’examen, à l’heure de l’opération, à l’heure de la décision importante
Le regard des infirmières à l’arrivée des nouveaux externes. Leur étonnement quand l’un d’eux propose de les aider ou les aide sans qu’elles n’aient à réclamer.
L’ambulance du SMUR dévalisée au cours d’une intervention.
Les pneus crevés de la grande échelle pendant que des pompiers combattent les flammes.
Bernard Kouchner.
Droite. Gauche.
Les moqueries bêtes et méchantes du chirurgien qui opère sous anesthésie générale la femme de (- avant d’aller faire des courbettes en salle de réveil à la femme de -) Monsieur le Député Maire.
J’ai besoin « d’un genou » pour mon études sur les lésions du ménisque : si « une douleur des membres inférieurs » arrive vous m’appeler immédiatement. Et « la pauvre entorse bénigne du genou » qui débarque quand le faiseur d’études lui annonce la nécessité absolue d’opérer rapidement. Mais n’ayez crainte, il n’y aura pas de séquelles. (Faut bien qu’ils se forment, les chefs de clinique)
Appeler les patients par leur numéro de chambre ou leur diagnostic
Le nom des maladies qui est celui des médecins qui l’ont découvert et non celui des patients qui les ont (sup)portées.
Quatre mois comme externe dans un service de chirurgie digestive. Au staff. Au bloc. En consultation. Dans le service. Au contact des internes, des chefs, des praticiens, des patrons. A la fin du stage, l’un des patrons de ce service est de garde aux urgences. Appelé par l’externe en question pour une péritonite, descend, décide d’opérer. A besoin de l’externe. Un fois au bloc dialogue entre le patron et l’externe. « Vous vous débrouillez bien jeune homme. – Merci, Monsieur. – Vous avez déjà fait des stages en chirurgie ? – Euh (étonnement) oui ! – Ah, et où, s’il vous plaît ? – Presque quatre mois dans votre propre service. – Silence.
 

Mais il y a d’autres réalités belles à pleurer

Les souvenirs de gardes difficiles qui collent à la peau
 L’accouchement
 Les femmes
 Les femmes qui allaitent
 Donner la vie
Sourire. Le donner .Le recevoir.
Merci.
Certains cours. Certains professeurs.
Le secourisme
Le jour
Transmettre son savoir
Recevoir des connaissances
Se sentir utile ; être utile.
La mort qui soulage
Laver un patient qui ne le peut plus et qui sent bon après.
Les hommes
Un papa. Une maman.
Les amoureux
L’extubation
L’insolite
La nuit
Avoir franchi toutes ces étapes sans trop de dommage jusque-là
Aimer ; être aimé
Le silence des hôpitaux la nuit
La maladie de Sachs
Apprendre
L’espoir de réussir et de franchir ces choses de la vie avec parfois le sentiment d’être invincible, ou modeste
L’humilité
Celui qui se réveille pour un instant, un instant seulement, le temps de dire au revoir à ceux qu’il a aimé, avant de repartir pour un dernier sommeil …
Les vieux qui parlent de « dans le temps », un sourire à peine visible sur leur visage ridé, une larme scintillante au coin des yeux.
Les souvenirs peropératoires de la femme de Monsieur le Député Maire opérée par le chirurgien moqueur. L’entrée collégiale du chirurgien moqueur et des internes en salle de réveil, et son désarroi au moment des premières courbettes lorsque la femme de Monsieur le Député Maire lui répète les mots prononcés pendant l’intervention.
Les sorties de garde le dimanche matin, quand le soleil vient se mêler au sommeil sur nos yeux enfermés depuis vingt-quatre heures, et que nous rentrons, fourbus mais heureux, prendre un petit déjeuner dans une boulangerie parfumée, avant de rentrer chacun de notre coté prendre un peu de sommeil au jour qui se lève.
La complicité entre certains étudiants.
La main d’une amie sur mes épaules.
Etre reconnu dans la rue par une infirmière du service.
Etre reconnu dans la rue par un patient qui passe.
Maxime. Maxime le sourire. Maxime qui tend les bras. Le besoin d’amour de Maxime. Maxime le préféré. Maxime à la table des infirmières lors des transmission. Maxime le malheureux qu’on voudrait adopter.
L’urgence et son tresse. La réanimation et sa technique.
Le SAMU
Les infirmières de réanimation – Marie- et toutes les infirmières.
Les besoins de piano, insolites au cours d’une intervention chirurgicale quand on tient les écarteurs.
Retrouver des collègues, internes, chefs, infirmières en dehors de l’hôpital.
 
 

                                                                          B.
 
 

        Les réactions : Grégoire
Boris

 
  Accueil                                                                Sommmaire
Les autres témoignages
 
Vous voulez proposer un texte ? ou réagir à l'un de cette liste ?
[email protected]

 
 
Hosted by www.Geocities.ws

bribes
Bribes.

Mes peurs, mes doutes, mes haines, mes déceptions, mes hontes, ce que j’ai découvert lors de mes études et que mes rêves d’adolescent n’avaient pas prévu.

Les dépenses de santé
La vie du patient au quotidien
Les patients des urgences et leur misère, leur enfer, chaque jour
Le salaire des soignants, qu’ils soient médecin, infirmière, aide-soignante…
Le manque d’infirmières, chronique, prévisible depuis longtemps, prévu par les statistiques, mais jamais envisagé…
Le manque de médecins, chronique, prévisible depuis longtemps, prévu par les statistiques, mais jamais envisagé…
L’attente dans les services d’urgence
L’attente avant d’avoir une consultation chez un spécialiste
Certains professeurs qui paradent devant les caméras
La paie des étudiants, de leurs gardes et de leurs matinées au CHU.
La contrainte imposée aux carabins : les heures passées dans les amphithéâtres, à la bibliothèque, à leur bureau, dans les salle de travaux dirigés ; au lieu de passer ces mêmes heures dans les chambres des malades, dans les couloirs des hôpitaux, en garde au contact de la misère, dans la rue au contact des blessés, ces traumatisés de l’extérieur
Les étudiants qui sèchent les cours
Les étudiants qui sèchent les stages
Les étudiants qui rédigent au lieu d’observer .Qui tournent les pages au lieu de palper.
L’importation d’infirmières, de médecins, espagnols, roumains, libanais, algériens, russes, hongrois pour palier au manque de personnel dans les hôpitaux de France.
Parce que l’on a pas envisagé ce qui était prévu, ce qui se disait tout bas, et pas dans les journaux.
Le manque de médecins en France où les étudiants ont à passer deux concours pour devenir médecin
En France où les infirmières ont à passer un concours avant de devenir des infirmières. Et où il manque tant d’infirmières.
C’est tellement plus facile et moins cher de ne pas nous former et de se fournir dans les pays étrangers. Ces pays étrangers plus misérables que la France : où les gens sont plus miséreux, où les gens ont d’avantage besoin de soutien et de soin . Ces pays où les médecins sont vraiment mois payés que dans notre pays. Qui sont heureux de venir en France, parce que même sous-payés par les hôpitaux, il le sont d’avantage que dans leur pays. Ils abandonnent leur misère à eux pour venir soulager la notre.
Les aides-soignantes qui font le boulot d’ASH.
Les enfants malades de vivre avec des parents qui n’en sont pas, ou plus, ou qui n’auraient pas du l’être.
Maxime, nouveau-né. Maman a dix-neuf ans : un avortement à treize ans, une fausse couche à quinze ; un enfant à seize, d’un premier père, enfant placé dans une famille d’accueil ;un second à dix sept ans et demi, d’un second père, enfant placé dans une autre famille d’accueil ; un troisième enfant, Maxime, d’un troisième père. Bébé est gravement malade du cœur - transposition des gros vaisseaux -  opéré. Hospitalisé. Maman quitte papa pour partir soudainement en vacances – à Ibiza – avec un autre homme. Pas de nouvelle d’elle. Elle n’appelle pas pour prendre des nouvelles de Maxime. Papa, sans travail, dans un  appartement insalubre selon l’aide à l’enfance. Bébé doit bientôt sortir. Papa appelle le procureur pour avoir la garde. Maman partie, revient – tout sourire- la main de papa dans la sienne. Réconciliation. Retour à domicile. Bébé revient. Maman repartie. Que faire de Maxime ?
La cigarette pour payé les dépenses de santé qui paie les trente-cinq heures
Les trente cinq heures
Les fonctionnaires et la sécurité sociale.
Les indemnités de chômage et le manque de main d’œuvre dans tous les milieux.
L’interdiction de donner un antalgique a un patient qui présente une péritonite, avant qu’il soit vu par l’externe, puis l’interne, avant qu’il ait eu un ASP, un scanner, pour qu’enfin quand le senior de garde l’examine enfin, les antalgiques n’aient pas masqué la symptomatologie.
L’alcool
La mort
Les souvenirs de gardes difficiles qui collent à la peau
 La division pour mieux régner
 Des médecins non solidaires
Les généralistes et les spécialistes
Les grèves du milieu médical qui ne rassemblent pas tous les médecins, pas toutes les infirmières
Le plan Juppé
Le plan Aubry
Les malades imaginaires
Les vrais malades
L’internat
La mise à mort programmé du secteur privé
Les génériques, il n’y a pas cent cinquante laboratoires pharmaceutiques dans le monde, à fortiori en France, le prix des médicament est fixé par l’agence du médicament, orchestré par le même gouvernement que celui qui tape sur les doigts des médecins qui prescrivent des médicaments trop chers
Les médecins-conseils
Le silence des hôpitaux la nuit
Le nivellement par le bas de la population pour mieux tout contrôler
Le drame des transfusés par les politiques et leurs fausses économies et leur silence et leur conscience silencieuse ou tue par la corruption
Les professeurs qui ne passent plus de temps auprès de leur malade car réunion, car articles, car gestion,  car études.
Ces mêmes professeurs qui officient dans les amphithéâtres et qui sont si loin du quotidien du soignant
Les faux nouveaux médicaments et le mensonge de ceux qui les présentent.
L’odeur du sang mélangée à celle de l’alcool.
Le travail immense des policiers non respectés, sous payés, maltraités
Les cités et leurs dégâts corporels
Les écorchés vifs
La violence des malades
La violence des médecins
La violence des médicaments
La violence à soi-même pour taire sa propre douleur quand le malade hurle de la sienne.
L’hypocrisie des révoltés
Les non révoltés hypocrites
Les farines animales
Le moment où l’on doit ingurgiter les cours de médecine, les digérer, les recracher, à l’instant où l’on faibli, où l’on fatigue …
La haine de celui qui a blessé, du violent
La peur de sa propre haine quand on est face à eux, ces particuliers, ces non-respectueux, ces menteurs, ces sans-amour, ces provocateurs
Les RMO
Les visites professorales où l’on entre à quinze dans la chambre d’un patient. Qu’on le regarde comme une bête curieuse. Que chacun pose une question à lui, le patient – seul ; que chacun lui palpe le ventre, - à tour de rôle et sans agitation s’il vous plaît, par respect pour le patient. Les larmes à l’annonce du diagnostic, puis du pronostic, qui rappellent les larmes à l’interrogatoire lors que le patient a avoué son homosexualité, sa toxicomanie, son alcoolisme, se rapports non protégés, son goût pour la bonne chaire – dans le secret professionnel de quinze blouses blanches.
L’ironie.
L’envie d’une cigarette quand le paquet est vide et qu’il reste trois heures de garde, ou qu’il est deux heures du matin
L’absence de séance de ciné à deux heures du matin quand on a terminé de lire/apprendre/rabâcher/ingurgiter/recracher – encore - ses cours.
Le sommeil qui vient pas quand la fatigue est trop lourde, trop présente.
Le sommeil qui vient à l’heure de l’examen, à l’heure de l’opération, à l’heure de la décision importante
Le regard des infirmières à l’arrivée des nouveaux externes. Leur étonnement quand l’un d’eux propose de les aider ou les aide sans qu’elles n’aient à réclamer.
L’ambulance du SMUR dévalisée au cours d’une intervention.
Les pneus crevés de la grande échelle pendant que des pompiers combattent les flammes.
Bernard Kouchner.
Droite. Gauche.
Les moqueries bêtes et méchantes du chirurgien qui opère sous anesthésie générale la femme de (- avant d’aller faire des courbettes en salle de réveil à la femme de -) Monsieur le Député Maire.
J’ai besoin « d’un genou » pour mon études sur les lésions du ménisque : si « une douleur des membres inférieurs » arrive vous m’appeler immédiatement. Et « la pauvre entorse bénigne du genou » qui débarque quand le faiseur d’études lui annonce la nécessité absolue d’opérer rapidement. Mais n’ayez crainte, il n’y aura pas de séquelles. (Faut bien qu’ils se forment, les chefs de clinique)
Appeler les patients par leur numéro de chambre ou leur diagnostic
Le nom des maladies qui est celui des médecins qui l’ont découvert et non celui des patients qui les ont (sup)portées.
Quatre mois comme externe dans un service de chirurgie digestive. Au staff. Au bloc. En consultation. Dans le service. Au contact des internes, des chefs, des praticiens, des patrons. A la fin du stage, l’un des patrons de ce service est de garde aux urgences. Appelé par l’externe en question pour une péritonite, descend, décide d’opérer. A besoin de l’externe. Un fois au bloc dialogue entre le patron et l’externe. « Vous vous débrouillez bien jeune homme. – Merci, Monsieur. – Vous avez déjà fait des stages en chirurgie ? – Euh (étonnement) oui ! – Ah, et où, s’il vous plaît ? – Presque quatre mois dans votre propre service. – Silence.
 

Mais il y a d’autres réalités belles à pleurer

Les souvenirs de gardes difficiles qui collent à la peau
 L’accouchement
 Les femmes
 Les femmes qui allaitent
 Donner la vie
Sourire. Le donner .Le recevoir.
Merci.
Certains cours. Certains professeurs.
Le secourisme
Le jour
Transmettre son savoir
Recevoir des connaissances
Se sentir utile ; être utile.
La mort qui soulage
Laver un patient qui ne le peut plus et qui sent bon après.
Les hommes
Un papa. Une maman.
Les amoureux
L’extubation
L’insolite
La nuit
Avoir franchi toutes ces étapes sans trop de dommage jusque-là
Aimer ; être aimé
Le silence des hôpitaux la nuit
La maladie de Sachs
Apprendre
L’espoir de réussir et de franchir ces choses de la vie avec parfois le sentiment d’être invincible, ou modeste
L’humilité
Celui qui se réveille pour un instant, un instant seulement, le temps de dire au revoir à ceux qu’il a aimé, avant de repartir pour un dernier sommeil …
Les vieux qui parlent de « dans le temps », un sourire à peine visible sur leur visage ridé, une larme scintillante au coin des yeux.
Les souvenirs peropératoires de la femme de Monsieur le Député Maire opérée par le chirurgien moqueur. L’entrée collégiale du chirurgien moqueur et des internes en salle de réveil, et son désarroi au moment des premières courbettes lorsque la femme de Monsieur le Député Maire lui répète les mots prononcés pendant l’intervention.
Les sorties de garde le dimanche matin, quand le soleil vient se mêler au sommeil sur nos yeux enfermés depuis vingt-quatre heures, et que nous rentrons, fourbus mais heureux, prendre un petit déjeuner dans une boulangerie parfumée, avant de rentrer chacun de notre coté prendre un peu de sommeil au jour qui se lève.
La complicité entre certains étudiants.
La main d’une amie sur mes épaules.
Etre reconnu dans la rue par une infirmière du service.
Etre reconnu dans la rue par un patient qui passe.
Maxime. Maxime le sourire. Maxime qui tend les bras. Le besoin d’amour de Maxime. Maxime le préféré. Maxime à la table des infirmières lors des transmission. Maxime le malheureux qu’on voudrait adopter.
L’urgence et son tresse. La réanimation et sa technique.
Le SAMU
Les infirmières de réanimation – Marie- et toutes les infirmières.
Les besoins de piano, insolites au cours d’une intervention chirurgicale quand on tient les écarteurs.
Retrouver des collègues, internes, chefs, infirmières en dehors de l’hôpital.
 
 

                                                                          B.
 
 

        Les réactions : Grégoire
Boris

 
  Accueil                                                                Sommmaire
Les autres témoignages
 
Vous voulez proposer un texte ? ou réagir à l'un de cette liste ?
[email protected]

 
 
Hosted by www.Geocities.ws

1