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20 f�vrier 2006

Vincent Defrasne, un quidam devenu hors normes

La progression tranquille du Jurassien depuis sept ans s�est sold�e samedi par une m�daille d�or de la poursuite 12,5 km. La cinqui�me breloque pour les Tricolores.

Lionel Venturini

Les carabiniers ne les contiennent plus. Venus de Pontarlier (Doubs), les fans de Defrasne surgissent sur la piste de biathlon. � Viinceeent ! � Le petit gars du pays est port� en triomphe sur le podium olympique par deux plus costauds que lui, deux l�gendes : le Norv�gien Ole-Einar Bj�rndalen, quadruple m�daill� d�or aux Jeux de Salt Lake City, l�Allemand Sven Fischer, frais champion olympique du sprint. Mais c�est bien le Fran�ais le plus grand ce samedi-l�.

Quatre balles pour cinq cibles
Car �tre champion, c�est ne pas r�p�ter ses erreurs. Au coude � coude avec le Norv�gien, Vincent Defrasne tr�buche � trois cents m�tres de l�arriv�e, perd trois m�tres d�un coup, s�accroche, remonte Bj�rndalen et le d�pose dans le sprint final. En 2004, � Oberhof, il n�avait pas su doubler le Norv�gien roublard, et avait d� prendre la neige fra�che, celle o� l�on glisse le moins, pour tenter de le passer. Il avait pris la quatri�me place derri�re Bj�rndalen. Quand il revient en Allemagne en janvier 2006, c�est pour signer sa premi�re victoire en Coupe du monde.

Progression t�tue de Jurassien dur au mal, plusieurs fois quatri�me depuis sept saisons pass�es en Coupe du monde, mais rarement plac�. Sauf que cette fois, la t�te a pr�c�d� les jambes. � Dix minutes seulement apr�s l�arriv�e du sprint jeudi (qui d�termine l�ordre des d�parts de la poursuite), j�avais dans les tripes cette poursuite, je savais que cette course serait pour moi �, a repris Vincent Defrasne. Qui admet qu�on peut �tre champion olympique en ayant commis une � erreur de d�butant � : il n�y avait que quatre balles dans le chargeur du second tir couch�, pour cinq cibles � atteindre. Quand le tir manqu� se solde par 150 m�tres de plus � courir, on mesure le sel du biathlon : la course semblait alors jou�e en faveur du Norv�gien, excellent skieur, qui, � Salt Lake City, avait doubl� biathlon et ski de fond.

� Un type bien de A � Z �
On a cherch�, on n�a trouv� personne pour faire la moue devant Defrasne, � un type bien de A � Z �, s�enflamme l�entra�neur du tir, Jean-Pierre Amat, plut�t avare de mots. � G�n�reux dans l�effort �, ajoute Alex Hugonnard-Bruy�re, l�un des deux kin�s de l��quipe de France. Un athl�te qui n�oublie pas de rendre un hommage sinc�re � l�encadrement, parce que � pour gagner une m�daille individuelle en biathlon, il faut toute une �quipe engag�e � 200 % derri�re vous �. Et une famille compatissante, parce qu�avoir � un sportif de haut niveau dans sa famille, ce n�est pas un cadeau. � No�l, on dit "bonjour, au revoir" et on repart � l�entra�nement �. Ce qu�il a fait pour sa course f�tiche, la mass start. � Celle-l�, je l�adore, disait-il au d�but des Jeux. Mais �a m�emb�te de devoir attendre le dernier jour pour �tre motiv�. � Voil� un poids de moins � porter.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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