Alain Leauthier
Vincent Vittoz ne sourit pas tout � fait. Le fondeur fran�ais a �chou� hier dans sa qu�te de premi�re m�daille olympique, terminant sixi�me de la poursuite 30 km. Sans trop de regret, car le licenci� de La Clusaz a men� grosso modo la course tr�s tactique � laquelle il songeait. �La partie finale sera cruciale, annon�ait-il jeudi. Celui qui attaquera fort au d�but le payera cher.� Bien vu. Le vainqueur, le Russe Eugeni Dementiev, outsider que peu de commentateurs avaient imagin� rafler la moindre m�daille, a navigu� pendant les trente kilom�tres au milieu des trente premiers concurrents.
� Les crampes �
� l'inverse, le Tch�que Lukas Bauer, les Allemands Tobias Angerer et Jens Filbrich, ou encore le Norv�gien Anders Aukland, qui ont anim� la course en se portant r�guli�rement aux avant-postes, se retrouvent derri�re Vittoz. Lequel a remont� prudemment le peloton au fil des huit boucles, plus incisif dans la seconde partie �libre� (apr�s changement de mat�riel d�sormais autoris�), sa sp�cialit�, qui lui a valu d'�tre onze fois couronn� en Coupe du monde : �Bien s�r que j'avais pr�vu d'attaquer dans la derni�re mont�e mais j'ai senti les crampes, �a saturait, je n'�tais clairement pas au mieux de ma forme.� Incapable de produire l'effort n�cessaire pour combler son retard, il n'a jamais �t� en mesure d'emporter la d�cision au sprint, comme lors des championnats du monde d'Oberstdorf (Allemagne) l'an dernier. �Sixi�me, c'est quand m�me pas si mal. Cette course va nous servir pour la suite. On a pu v�rifier que l'air sec et l'altitude, ajout�s au trac� tr�s casse-pattes, font souffrir. Le canap� et le kin�, voil� ce que je veux dans l'imm�diat. �
Bien pr�par�
Sauf surprise, Vittoz s'alignera sur les quatre prochaines courses. Dont le 15 km classique qu'il ne redoute plus apr�s sa 3e place � Davos. Le fondeur a, en tout cas, bien pr�par� son rendez-vous olympique et s'est install� dans une maison bordant le site de la comp�tition. Trac�e sur un coteau bois�, en partie expos�e au soleil rayonnant en ce moment sur le Pi�mont, mais avec des secteurs dans l'ombre, la piste de Pragelato compte d'ext�nuantes mont�es � encha�ner en quelques minutes.
Vittoz connaissait le menu : lors de leur ultime stage � Montgen�vre, les Fran�ais sont venus rep�rer les lieux. Et l'encadrement a soign� les op�rations de fartage. Sergent � l'Ecole militaire de haute montagne de Chamonix, Vittoz a la r�putation de ne pas laisser grand-chose au hasard. Rigoureux, appliqu�, un rien maniaque. En d�but de saison, il glisse sur pas moins d'une cinquantaine de paires de skis. Le �parc� emmen� en Italie est � peine plus modeste : six ou sept paires pour le classique, une dizaine pour le skating. Pour l'heure, il manque juste une victoire.
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