Jean-Luc Courthial
PRAGELATO - Le ski de fond fran�ais n'a jamais �t� aussi proche de d�crocher sa premi�re m�daille olympique. Il compte surtout sur son champion du monde Vincent Vittoz, qui entre en lice dimanche dans la poursuite.
Le Fran�ais de 30 ans vient de prouver sa forme �clatante � Davos, o� pour la premi�re fois de sa carri�re il est mont� sur un podium de Coupe du monde en style classique.
� Je suis tr�s bien �, d�clare Vittoz, qui estime qu'apr�s les JO de Salt Lake City en 2002 le renforcement de la lutte contre le dopage a chang� la donne. D�sormais, tout le monde est � �galit� au d�part �, explique Vittoz, devenu � Oberstdorf en 2005 le premier Fran�ais champion du monde de ski de fond.
� La lutte contre le dopage me permet d'�tre ici avec des ambitions de m�dailles �, ajoute-t-il.
Vincent Vittoz pourrait pourtant en vouloir � la lutte antidopage. Annonc� positif au furos�mide, un diur�tique interdit il y a un an, il avait �t� innocent� trois semaines plus tard apr�s analyse de l'�chantillon B de ses urines. Il avait dans la foul�e remport� en Allemagne le titre mondial de la poursuite.
� Il y a eu erreur sur l'�chantillon A. Il y a peut-�tre des choses � revoir dans cette lutte, mais l'important c'est qu'il n'y ait plus de choses anormales �, dit-il.
En 2002 � Salt Lake City, Johan M�hlegg, l'Allemand naturalis� espagnol avait d� rendre ses trois m�dailles conquises dans le 50km classique, le 30km libre et la poursuite, apr�s avoir �t� convaincu de dopage � la darb�po�tine.
� En 2002, j'avais essay� de suivre M�hlegg dans le 30km et j'avais explos�. S'il n'�tait pas parti aussi vite, je n'aurais pas explos� �, estime Vittoz. La gestion des efforts sera primordiale sur le trac� de Pragelato situ� � l'altitude de 1.650 m�tres.
� Cette piste olympique est difficile �, explique-t-il. � En mass start, la diff�rence se fera dans les trois derniers kilom�tres. Il y a deux mont�es de 2.30 minutes exigeantes �, explique-t-il. � L'autre sp�cificit� de cette piste, c'est le fartage qui doit �tre optimal car elle est � la fois � l'ombre et au soleil �.
Selon Jean-Pierre Burdet, le directeur du fond fran�ais, le fartage et le mat�riel en g�n�ral ont pris une place pr�pond�rante.
� Ce qui est plus compliqu� qu'avant, c'est que les athl�tes entre eux sont plus resserr�s au niveau physique. Comme ils sont plus proches, c'est souvent sur le mat�riel que va se faire la diff�rence �, explique-t-il.
� Avant, il y a avait des grandes marques de fart, maintenant des petits artisans font des choses tr�s pointues. Si on n'arrive pas � avoir ces choses-l�, on est battu sur certaines neiges. C'est devenu un peu de la Formule 1. Quand j'ai invit� Jean-Paul Pierrat (ancien champion fran�ais des ann�es 80) l'an dernier � la Coupe du monde de Pragelato, il avait �t� sid�r� par le nombre de paires de ski dont disposent les athl�tes pour chaque type de neige �, poursuit Burdet.
Vincent Vittoz dispose ainsi d'une soixantaine de paires de ski, trente pour le classique et trente pour le skating.
� Certaines paires ont des rainures, ce qu'on appelle les structures. Il y en a des grosses pour les neiges mouill�es, des fines pour les neiges poudreuses �, commente le �patron� du fond fran�ais.
D�sormais bien �quip�, m�me s'il plaisante en disant que l'�quipe tricolore � a les moyens de bien faire en bricolant � la fran�aise �, Vincent Vittoz a soif de revanche. Il se rappelle qu'� ses premiers Jeux � Nagano en 1998 personne ne lui parlait tant le ski de fond fran�ais �tait anonyme.
Le travail de fond entrepris par Burdet et l'entra�neur Roberto Gal ont port� leurs fruits sur le long terme.
� Salt Lake, Vittoz avait obtenu comme meilleur r�sultat une 8e place en relais, ce qui serait consid�r� comme un d�sastre � Turin. Car en quatre ans, il est devenu l'un des t�nors du fond, craint par la concurrence. � Je suis plus fort car mentalement je sais que tout est possible. �
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