5 mars 2004
Joël-Denis Bellavance
OTTAWA - Après avoir congédié le président du conseil d'administration de VIA Rail, Jean Pelletier, lundi, le gouvernement Martin s'apprête à montrer la porte à Marc LeFrançois, un autre dirigeant de la société d'Etat éclaboussée par le scandale des commandites.
M. LeFrançois, président et chef de la direction de VIA Rail, est déjà sous le coup d'une suspension sans salaire depuis presque deux semaines. Le ministre des Transports, Tony Vaieri, devrait confirmer la décision du gouvernement Martin aujourd'hui après plusieurs jours de réflexion.
M. LeFrançois avait remis au ministre Valeri lundi une lettre dans laquelle il expliquait pourquoi le fédéral ne devrait pas le démettre de ses fonctions malgré les vives critiques de la vérificatrice générale, Sheila Fraser, à l'endroit de VIA Rail, dans son rapport dévastateur sur le programme des commandites.
« La décision du gouvernement de congédier M. LeFrançois est prise. Il ne reste plus qu'à signer le décret pour qu'elle entre en vigueu r», a confirmé hier une source libérale sous le couvert de l'anonymat.
Dans son rapport, Mme Fraser a révélé que le ministère des Travaux publics avait eu recours à des agences de communication de Montréal proches des libéraux afin de transférer de l'argent du programme de commandites à des sociétés d'État telles VIA Rail, Postes Canada et la Banque de développement du Canada. Ces agences ont donc touché de généreuses commissions simplement pour remettre un chèque aux sociétés d'État en question.
Quant à Jean Pelletier, il a été congédié lundi pour les propos désobligeants qu'il a tenus à l'endroit de la médaillée olympique Myriam Bédard après que cette ancienne employée de VIA Rail eut dénoncé des cas de malversations impliquant la société d'État et Groupaction. L'ex-chef de cabinet de l'ancien premier ministre Jean Chrétien songe sérieusement à intenter une poursuite contre le gouvernement fédéral.
Maintenant eil a décidé de démettre M. LeFrançois de ses fonctions, le gouvernement Martin devra aussi statuer sur le sort du président de la Banque de développement du Canada, Michel Vennat, sous le coup d'une suspension sans solde depuis deux semaines pour son rôle dans la ruineuse bataille juridique opposant la société d'État à son ancien président, François Beaudoin.
Le cas de M. Vennat, qui a aussi remis lundi une lettre à la ministre de l'industrie, Lucienne Robillard, dans laquelle il explique pourquoi il ne devrait pas être congédié, est plus complexe à trancher, a-t-on affirmé hier soir. Tout indique que le gouvemement Martin ne statuera sur son sort que la semaine prochaine.
page mise en ligne le 5 mars 2003 par SVP