30 mars 2004


Myriam Bédard ne veut plus collaborer avec l'arbitre, Me Michel G. Picher.
photo : Tom Hanson, Presse Canadienne

VIA RAIL : un arbitre enquêtera sur les
circonstances du départ de Myriam Bédard

François Cardinal

À la demande de VIA Rail, un arbitre indépendant enquête actuellement sur les circonstances ayant mené en 2002 au départ de la championne olympique Myriam Bédard, afin que la direction choisisse ou non de la réintégrer à son poste. Depuis hier cependant, cette denière n'a plus confiance en ce processus.

La Presse a appris que Me Michel G. Ficher, arbitre de Toronto ayant de l'expérience dans le domaine ferroviaire, a été sélectionné il y a une dizaine de jours par VIA Rail afin de faire toute la lumière sur la controverse entourant la démission de Mme Bédard en janvier 2002, alors qu'elle travaillait au service de marketing de la société.

Myriam Bédard, qui avait approuvé le choix de Me Ficher après consultation de son curriculum vitae, a toutefois retourné sa veste hier. Un appel téléphonique fait à La Presse par Me Ficher ce week-end a choqué l'ex-biathlonienne au point de l'inciter à cesser toute collaboration avec lui.

« Me Picher, a-t-elle indiqué, m'a dit qu'il avait téléphoné à La Presse pour mettre la main sur la cassette de l'entrevue accordé par Jean Pelletier (l'ex-président du conseil de VIA qui l'a qualifiée de «pauvre fille qui fait pitié »). Je lui ai dit que tout ça n'a aucun lien avec les circonstances de mon départ ! Je ne sais pas ce qu'il cherche, mais je trouve ça louche. »

Myriam Bédard, qui a rencontré jeudi dernier l'arbitre pendant plus de deux heures, a aussitôt fait parvenir au ministre des Transports ainsi qu'au premier ministre Paul Martin une lettre où elle explique sa décision de ne plus répondre aux demandes de l'arbitre.

« J'arrête ma collaboration avec Me Piché (sic) et par la présente je vous demande que cette enquête soit réalisée tout le temps en présence de deux personnes, écrit-elle, soit Me Piché et une personne de votre bureau peut-être. »

Aussi, l'ex-médaillée olympique demande qu'une copie de chacun des documents colligés par l'arbitre lui soit envoyée. « C'est important, au cas où il détruirait des documents, par exemple », a-t-elle ajouté lors d'un entretien téléphonique.

Joint à Toronto, hier, Me Picher a refusé de répondre aux questions. « Je ne commenterai pas », a-t-il simplement dit.

Le 13 février, Myriam Bédard a fait parvenir une lettre au premier ministre Martin pour dénoncer l'« ambiance pas catholique » qui régnait chez VIA au cours de l'année où elle y a travaillé. Témoin de « surfacturation », elle affirme avoir été forcée de démissionner parce qu'elle a refusé d'être mutée chez Groupaction, une des firmes éclaboussées par le scandale des commandites.

À la demande expresse du ministre Tony Valeri, VIA Rail avait diffusé un énoncé le 1er mars dernier où la direction précisait qu'elle avait déclenché une enquête sur les allégations de Myriam Bédard. « L'enquête portera sur les inquiétudes de Mme Bédard concernant son passage à VIA Rail et les relations de VIA avec des agences publicitaires », ajoutait Paul Côté.

Le dépôt sur le bureau du ministre Valeri du rapport de l'arbitre Michel G. Picher est prévu incessamment. En fait, ce dernier avait indiqué à Mme Bédard qu'il devait le terminer pour vendredi dernier, ce qui ne fut visiblement pas fait.



Serge Chapleau, 30 mars 2004


page mise en ligne le 30 mars 2003 par SVP

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