2 mars 2004
| �DITORIAL |
Mario Roy
Le pr�sident du conseil d'administration de VIA Rail et ex-chef de cabinet de l'ancien prermer ministre Chr�tien, Jean Pelletier, a �t� remerci� de ses services, hier. C'�tait couru. Rarement un homme investi d'une haute fonction publique aura-t-il �mis des commentaires aussi peu r�fl�chis que ceux qu'il a livr�s, il y a quelques jours, au sujet de la championne olympique Myriam B�dard.
Bien entendu, dans le contexte du scandale des commandites, Pelletier se trouvait d�j� au bord du pr�cipice. Ses propos oiseux lui auront fait faire un pas en avant...
Rappelons qu'il avait imput� � des probl�mes personnels pr�sum�ment v�cus par B�dard - des remarques � teneur �minemment sexiste - le fait que celle-ci ait d�nonc� des � choses pas catholiques � survenues au sein du service du marketing de VIA, en rapport avec les activit�s de la firme Groupaction.
Pelletier s'�tait par la suite excus�.
Mais �a ne pouvait suffire.
Car, au-del� de la petite et m�prisable politique politicienne constituant le fond de sauce, � la fois, du scandale dans son ensemble, et de l'intempestive sortie de Jean Pelletier en particulier, il s'agit bel et bien du baroud d'honneur d'une culture que l'on esp�re en voie de disparition.
Une culture de l'invincibilit�, devenu consubstantielle � un parti - et � ses proches - beaucoup trop habitu�, et depuis beaucoup trop longtemps, au pouvoir. Une culture de la petitesse intellectuelle, qui ne d�duit d'un effet donn� - en ce cas : une d�nonciation extr�mement morale - que des causes... petites, justement. Enfin, une culture de machisme ant�diluvien, disons-le, en vertu de laquelle une femme serait incapable d'agir par froide raison, mais uniquement en fonction d'un biais caract�riel.
C'est stupide. Pire : c'est ridicule.
Plac� devant tout cela, le premier ministre Paul Martin n'avait aucun autre choix que de d�mettre Pelletier, �videmment. Et �a n'a pas d� lui arracher le coeur... D'autant plus que Myriam B�dard ne faisait en quelque sorte que r�pondre � son appel : celui de d�noncer, puisqu'elle en avait connaissance, des activit�s douteuses au sein de l'appareil d'�tat.
Paul Martin a aussi parl� d'un � changement de culture � n�cessaire au sein de son � nouveau gouvernement �.
Il s'agit d'un projet de r�novation qui s'impose, c'est le moins qu'on puisse dire.
page mise en ligne le 2 mars 2003 par SVP