26 mars 2004
| LA BOÎTE AUX LETTRES |
L'immunité dont jouissent les témoins des commissions parlementaires ne doit pas être utilisée pour faire des révélations spectaculaires qu'ils ne sauraient prouver. La plupart des commentaires de madame Bédard sont faits sur la base du ouï-dire que les intéressés s'empresseront de nier. Madame Bédard a manqué de respect envers nos institutions parlementaires et mis en cause sa propre crédibilité. Ce genre de témoignage n'aide en rien la cause de la vérité dans l'affaire des commandites. J'espère que les prochains témoins arriveront mieux documentés. Sinon qu'ils se taisent.
Jean-Guy Saint-Martin
Déclarations farfelues
J'aimerais tout d'abord, au nom de tous les militaires et leurs familles, remercier le conjoint de madame Myriam Bédard pour avoir été celui qui a convaincu Jean Chrétien de ne pas participer à l'agression contre le peuple irakien il y a un an ! Trêve de plaisanterie, le « témoignage » de madame Bédard me laisse perplexe. Outre les « révélations » de cette ex-athlète, je m'interroge sur l'objet du travail de ce comité des Communes ainsi que sur la couverture médiatique du processus. On parle ici d'un programme de 250 millions de dollars où des agences de publicité, proches du parti au pouvoir, ont empoché plus de 100 millions de l'argent des contribuables canadiens ! Il ne s'agit pas ici de voir les maquettes 1es du projet MIMI de madame Bédard et de jauger le « rôle historique de son conjoint », mais de faire la lumière sur un immense scandale politico-financier. Les membres de ce comité préfèrent les déclarations farfelues d'une ex-athlète, des déboires de photocopieuses chez VIA Rail à un véritable travail pour nous représenter et trouver où notre argent est passé. J'espère que nous aurons un peu plus de sérieux avec la commission d'enquête, sinon ces élus(es) ne feront qu'avancer la cause du désenchantement envers les politiciens et la politique au pays.
Louis Martin
Montreal
Témoignage crédible
J'ai suivi sur RDI le témoignage de Mme Bédard. Courageuse : le mot est faible. Ceux qui ont été nommés vont tout nier, sachant que les preuves sont minces. Comme si la vérité n'existait pas quand les preuves sont manquantes. Bien sûr, selon la loi, les preuves sont nécessaires. Mais ici, il s'agit de « magouilleurs » qui ont bien pris soin de faire le moins de traces possible. Parole pour parole, dira-t-on. Pourtant, même en l'absence des preuves
que pourrait exiger le système judiciaire, les indices font pencher la balance du côté de Mme Bédard. Je suis certain que si, durant son témoignage, elle avait été équipée du détecteur de mensonge, elle aurait réussi le test, ce dont je doute pour ceux qu'elle a nommés. Qu'il y ait eu des erreurs dans son témoignage, cela est possible, mais ce n'est pas mensonge. Je crois vraiment qu'elle a dit ce qu'elle sait, et comme elle le pensait. Je crois en sa probité au point d'être convaincu que s'il lui arrive de se rendre compte d'une erreur, elle le reconnaîtra avec la même grandeur que celle manifestée dans son témoignage. Ce que je crains, c'est que dans un avenir pas trop lointain, on assiste à des séances de dénigrement. Elle sera surveillée, épiée, pour relever chez elle toute faille qui pourrait se retourner contre elle.
Jean Robillard
Saint-Damien-de-Brandon
page mise en ligne le 26 mars 2003 par SVP