17 juin 2004


«Il faut que Myriam se réveille et au plus vite. Il faut qu’elle sorte de l’emprise de cet homme-là.»
Éric Thibault
En entrevue au Journal hier, Pierre Bédard a lancé un cri du cœur à l’endroit de sa fille, qu’il a dit ne pas avoir vue depuis deux ans et demi, «sauf à la télé», et à qui il «peut à peine parler quelques minutes au téléphone, aux trois mois».
Le père de la championne olympique a dit espérer que l’enquête de la Sûreté du Québec sur des allégations de vol de tableaux impliquant sa fille et son conjoint, Nima Mazhari — aucune accusation n’a été portée mais le dossier est sous étude par la Couronne — puisse «s’arranger au plus vite».
Inquiet
«Ça m’attriste bien gros. Je suis inquiet. […] Myriam n’est pas une fille qui fait des mauvais coups. C’est une fille généreuse, ricaneuse. […] Mais là, elle est sous l’emprise de Mazhari. Elle ne voit plus sa famille, ni ses amis. Je suis sûr qu’elle est très malheureuse. […] Si elle veut m’appeler, si elle a besoin d’aide, je vais l’aider. J’aime tous mes enfants. […] On vit un cauchemar depuis deux ans et je suis sûr qu’elle le vit elle aussi. Je trouve ça épouvantable», a confié Pierre Bédard.
M. Bédard a lui-même collaboré avec les enquêteurs dans cette affaire, en affirmant qu’il a entreposé une vingtaine de toiles de l’artiste Ghitta Caiserman chez lui, à Québec, au printemps 2001, à la demande de Myriam Bédard.
Il en a pris quatre en photo — que les policiers ont récupérées — parce qu’il «les trouvait belles» et voulait «les garder en souvenir».
Signature
Or, sa fille a nié que des Caiserman comptaient parmi les toiles qu’elle lui a confiées. Et Nima Mazhari — qui a partagé un atelier avec Caiserman — maintient qu’il n’a jamais eu ces tableaux en sa possession.
Là-dessus, Pierre Bédard reste formel, d’autant plus que des témoins pourraient venir confirmer ses dires. «Je ne suis pas un expert mais quand c’est signé dans le bas des toiles, toujours avec le même nom, c’est difficile d’inventer. Je suis capable de reconnaître une signature. Je n’ai pas perdu la mémoire. J’aime pas ça mais…»
Par ailleurs, Jean-Marc Saint-Pierre, l’ex-agent de Myriam Bédard, a déclaré en entrevue qu’il endossait «à 100%» M. Bédard. «Ce qu’il fait, il le fait parce qu’il aime sa fille comme peu de pères aiment leur fille.» M. Saint-Pierre, qui fut l’agent de la biathlète pendant neuf ans, a ajouté qu’il avait «encore énormément de respect» pour elle. Ce n’est pas le cas envers Nima Mazhari. «Il est en train de faire déborder le vase», a-t-il laissé tomber.
page mise en ligne le 17 juin 2004 par SVP