28 janvier 2004


Jean-Philippe Le Guellec est devenu, à 18 ans, le premier champion du monde masculin
dans l'histoire du biathlon canadien. Suivant les traces de Myriam Bédard, qui a mis ce sport à
l'avant-scène il y a une dizaine d'années, Jean-Philippe a récolté les fruits d'un travail assidu.
photo : Thierry Guillot, Le Dauphiné Libéré

« Il s'est entraîné à fond
de train pendant tout l'été »

Myriam Bédard est heureuse de voir la relève s'illustrer

Double médaillée d'or aux Jeux olympiques de Lillehammer, Myriam Bédard n'en revenait pas de la performance de Jean-Philippe Le Guellec lors de l'épreuve de sprint des Championnats du monde jeunesse et junior de biathlon.

Réal Labbé

« Extraordinaire, j'en tombe à la renverse, s'est-elle exclamée. Et on voit bien que ce n'est pas de la chance parce qu'il s'est entraîné à fond de train pendant tout l'été. D'ailleurs, sa quatrième place de dimanche, à l'épreuve individuelle, laissait déjà prévoir de bons résultats à ces championnats. »

Myriam Bédard a failli assister en personne à cette prestation. « J'ai eu une invitation pour ces Championnats mais je n'ai pas pu m'y rendre. Ce n'est pas trop évident de voyager en Europe de ce temps-ci. »

Elle s'est rappelée qu'il y a dix ans, c'était à Lillehammer qu'elle donnait au Canada deux médailles d'or. « C'est drôle, on dirait que le sport ici fonctionne par cycle de dix ans. Gaétan Boucher avait réussi son exploit lors des Jeux de Sarajevo en 1984 et il a fallu attendre une dizaine d'années, en Norvège, avant que des patineurs canadiens de longue piste ne reviennent avec des performances de haut niveau. C'est la même chose en biathlon avec le cycle de dix ans. »

L'ex-biathlonienne avait participé à des championnats mondiaux juniors en 1989. « C'était la première fois que l'IBU organisait des Mondiaux juniors et j'étais allée à Voss, en Norvège. J'ai terminé au cinquième rang dans l'épreuve du 5 km et je peux dire que c'était une compétition très relevée car on y retrouvait toutes les filles qui se sont démarquées pendant cette décade sur la scène internationale. L'année d'avant, j'avais fait les championnats seniors car il n'y avait pas de juniors. »

Si les exploits de Myriam Bédard ont soulevé les passions des Québécois, ceux réalisés par Jean-Philippe Le Guellec sont tout aussi valables. « Du côté masculin, au Canada, il n'y a jamais rien eu de pareil, ajoute-t-elle. Quand tu es capable de remporter une médaille d'or ou même de faire un podium à ces championnats juniors, ça veut dire que tu as un certain potentiel et que tu feras ensuite ta place sur la scène senior internationale. »

Pour Myriam, la victoire de Le Guellec prouve que le programme de développement est bien organisé et que l'entraînement suivi par les quatre Québécois est le bon. « Je les rencontre quelques fois l'été quand je vais au centre qui porte mon nom, et j'ai vu comment ils mettaient d'efforts dans leur entraînement. L'an dernier, Jean-Philippe avait terminé 33e mais il ne s'est pas découragé, au contraire. Ça l'a motivé plutôt que de l'abattre et il s'est remis à travailler encore plus fort. Il a bien appris, comme on le voit par ses résultats. »


page mise en ligne le 28 janvier 2004 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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