27 février 2004

Myriam Bédard ajoute
au scandale des commandites

par Randall Palmer

OTTAWA (Reuters) - Le scandale de corruption qui secoue le gouvernement canadien a repris de plus belle vendredi avec les déclarations de Myriam Bédard, double médaillée d'or aux Jeux olympiques d'hiver de 1994, qui soutient avoir été congédiée d'une société d'État pour avoir posé trop de questions.

La biathlonnienne a confié au quotidien La Presse dans son édition de vendredi que Via Rail, société de transport de passagers, n'avait pas apprécié ses interrogations au sujet des excès de facturation et l'avait ainsi licenciée en 2002.

Via Rail est l'une des compagnies épinglées dans l'accablant rapport de la vérificatrice générale du Canada au sujet du fonctionnement inacceptable du programme fédéral de commandites visant à promouvoir l'unité canadienne au Québec.

Le scandale prend racine dans les agissements de certains fonctionnaires qui ont transféré quelque 100 millions$ du programme à des firmes de marketing proches du Parti libéral.

Bédard a dit avoir "été tassée de son poste" après avoir été témoin de l'envoi à VIA de "factures gonflées" par la firme de publicité Groupaction.

Mais l'histoire de Myriam Bédard a créé des remous aussi en raison des propos du président du conseil de Via Rail, Jean Pelletier, qui s'est livré aux confidences lorsque rejoint par La Presse pour commenter l'affaire.

"Je ne veux pas être méchant pour elle. Mais c'est une pauvre fille qui fait pitié, une fille qui n'a pas de conjoint que je sache. Elle a la tension d'une mère monoparentale qui a des responsabilités économiques. Dans le fond, je trouve qu'elle fait pitié", a dit Pelletier, chef de cabinet de l'ex-premier ministre Jean Chrétien.

Le ministre des Transports, Tony Valeri, a peu apprécié.

"Si les commentaires sont exacts, ils sont entièrement inacceptables et nous prendrons toutes les mesures appropriées, incluant la suspension et les mesures disciplinaires", a-t-il dit aux médias.

Jean Pelletier s'est ensuite excusé par voie de communiqué vendredi après-midi, mais Via Rail a tenu à offrir sa propre version des faits.

"Il est faux d'affirmer que madame Bédard a été forcée de quitter VIA. Madame Bédard a été embauchée par le département du Marketing de VIA en janvier 2001, mais rapidement, il est devenu clair que sa relation de travail avec VIA ne répondait pas à ses besoins", a dit la compagnie.

Le premier ministre Paul Martin a promis dès le début de faire la lumière sur le scandale, notamment par l'entremise d'une enquête publique.

Le président de VIA Rail, Marc LeFrançois, a quant à lui été suspendu sans salaire et a jusqu'au 1er mars pour s'expliquer et convaincre Ottawa qu'il ne devrait pas être puni davantage.


page mise en ligne le 27 février 2004 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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