29 février 2004


Myriam Bédard
photo : André Pichette

Un envoyé de Martin
fera le point
avec Myriam Bédard

François Cardinal

Parce qu'il prend « très au sérieux » les allégations de la médaillée olympique Myriam Bédard au sujet du scandale des commandites, le premier ministre Paul Martin a dépêché d'urgence à Montréal un de ses plus proches collaborateurs. Francis Fox rencontrera ainsi l'ex-biathlonienne demain matin afin d'en savoir davantage sur « l'ambiance pas catholique » qui régnait selon elle chez VIA Rail en 2001.

La Presse a appris que, tard en soirée vendredi, M. Fox a eu une discussion téléphonique avec Mme Bédard au nom du premier ministre. Après avoir indiqué que M. Martin « sympathisait beaucoup » avec elle, il a demandé à la voir le plus rapidement possible.

Cette rencontre fait suite aux accusations de « gonflements de factures » impliquant la firme Groupaction Marketing et la société d'État VIA Rail portées par Mme Bédard. Cette dernière affirme que, après avoir été témoin de telles choses pendant qu'elle était employée au service de marketing de VIA Rail, en 2001, elle a été forcée de travailler chez Groupaction, l'agence chargée des communications de la société d'État, ou de démissionner. La direction de la société d'État a qualifié ces déclarations de « mensonges ».

Mme Bédard a porté à notre connaissance certaines informations et M. Fox a été envoyé pour en savoir davantage à ce sujet, a indiqué une source au cabinet du premier ministre Martin. Nous voulons surtout savoir comment passer ces informations aux autorités compétentes.

Aussi, a-t-on indiqué, M. Martin souhaite envoyer un message clair aux Canadiens qui voudraient se lever debout et dénoncer des choses dont ils ont été témoins concernant l'affaire des commandites : »Mme Bédard, qui a répondu à l'appel du premier ministre (lancé le 12 février), et tous les gens qui veulent parler auront un appui indéfectible », assure-t-on.

En savoir plus
Pour la championne olympique, cette rencontre vient à point nommé puisque, en plus des accusations portées contre son ancien employeur, elle souhaite convaincre l'entourage du premier ministre de lui redonner son poste chez VIA Rail, perdu en janvier 2002, Comme elle le demande dans une lettre qu'elle fait parvenir à M. Martin le 13 février dernier.

«C'est la question depuis le début, a indiqué Mme Bédard lors d'un entretien, hier. Mais je ne sais pas précisément de quoi veut me parler M. Fox puisque nous n'en avons pas encore discuté. »

Mais il appert que M. Fox, numéro 2 au cabinet du premier ministre, souhaite davantage creuser les accusations de Mme Bédard que de lui rouvrir les portes de la société d'État. « La question de son emploi chez VIA Rail est plus compliquée, confie-t-on au cabinet Martin. Puisque VIA est une société indépendante (arms lenght), le gouvernement n'a pas de rôle à jouer dans sa gestion quotidienne. »

On explique que la balle est maintenant dans le camp du président et chef de direction par intérim de VIA Rail, Paul Côté. D'autant plus que le ministre des Transports, Tony Valeri, qui est également responsable de la société d'État, a transmis la missive de Mme Bédard à M. Côté afin qu'il « la considère très sérieusement » et qu'il entreprenne « des actions appropriées ».

Par ailleurs, le Bloc québécois a réclamé une fois de plus hier la tête du président du conseil d'administration de VIA, Jean Pelletier, pour ses propos « inqualifiables » à l'endroit de Mme Bédard. Jeudi, M. Pelletier avait déclaré à La Presse que la biathlonienne était une « pauvre fille qui fait pitié ». Le lendemain, à la demande du premier ministre, il a cependant présenté ses excuses à Mme Bédard.


page mise en ligne le 29 février 2004 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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