25 février 2004


David Norona et Louis Grenier représentent les extrêmes des calibres de fondeurs présents à la Traversée de la Gaspésie.
Pour les retrouver sur la même photo, il n'y avait qu'une solution, les immortaliser avant le départ de Rivière-Madeleine.
Du plus lent au plus rapide, un dénominateur commun,
l'amour de l'hiver et du ski de fond.
PETITE-VALLÉE, Gaspésie - Rien ne sert de courir, il faut partir à point.

Jean de La Fontaine aurait été bien inspiré pour pondre sa fable du lièvre et de la tortue s'il avait pu rencontrer Louis Grenier et David Norona.
Le premier est président fondateur de Kanuk et s'est fait surnommer Petou, Petou parce que son rythme ultra-lent lui fait franchir la ligne d'arrivée plus tard que quiconque.
« J'adore l'hiver, le froid, la neige, alors comme je reste dehors plus longtemps, je suis celui qui savoure le plus tous ces éléments et j'en profite pour tester des produits », déclare cet homme qui aura 51 ans la semaine prochaine et qui fabrique depuis 30 ans des vêtements pour lutter contre le froid.
« Chaque année, je vais dans les monts Torngat en avril pour allonger mon hiver ... »
En participant depuis deux ans à la Traversée de la Gaspésie, Grenier retrouve ceux quel appelle sa « ligue du vieux poêle » du plein air et de l'hiver québécois.
« Pierre Gougoux, Odile Dumais, Claudine Roy, François Tardif... c'est ma gang de granoles du début des années 1970 qui ont été mes premiers clients, affirme-t-il. Ça fait bien plaisir de les revoir en Gaspésie. »
Ses premiers défis de vêtement adapté à l'hiver québécois ayant été reliés au ski de fond, Louis Grenier boucle la boucle.
Le lièvre colombien
À l'extrême opposé dans l'échelle du calibre des participants, on retrouve David Norona, un athlète de 33 ans. Ce résidant de Vancouver Nord qui gagne sa vie depuis une dizaine d'années en gagnant des raids d'aventure, les épreuves de la série Sea2Summit, entre autres.
Seul unilingue anglophone de la Traversée, David n'a pas tardé à faire parler de lui, car il skie à vitesse « grand V».
« Je roule habituellement à 20 km/h parce que je me sens confortable à ce rythme », dit-il.
Norona s'est rendu compte que les gens avaient l'impression qu'il ne comprenait pas la philosophie de la Traversée en skiant à une telle vitesse. Il a ralenti la cadence. Les Traverseurs lui parlent plus depuis...
« Je suis venu faire la Traversée parce qu'il n'y a pas d'événement du genre en Colombie-Britannique », explique celui qui est une des cinq personnes à avoir parcouru à ski la piste de la fameuse course de traîneau à chiens Iditarod, un trajet de près de 1800 kilomètres entre Anchorage et Nome.
« Ça, c'est le plus bel exploit de ma vie », dit celui qui a aussi skié les plus grandes courses européennes, de la Marcialonga italienne à la Engadin suisse en passant par la légendaire Vasaloppet suédoise.
Entre David le lièvre et Louis la tortue, l'éventail des calibres fait que les fondeurs s'égrènent comme les grains d'un chapelet dans la forêt gaspésienne. Chacun à son rythme mais pour tous, la découverte d'un pays et l'amour de la glisse.
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page mise en ligne le 25 février 2004 par SVP